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 [Event Septembre & Octobre] - Les Jeux de Sahōdara

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Mitsu
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Mitsu
Dim 21 Aoû 2022, 15:16

Les jeux de Sahōdara


Image par Evgeny Dvoretckiy


La Dēśadrōhi se plaça devant Lhéasse et ouvrit les bras, afin de lui montrer la salle où ils pourraient observer le déroulement du jeu. Sur son front, elle avait tracé un croissant de Lune Noire en l'honneur de son invité. « C’est d’ici que nous verrons les candidats. » Le Chancelier des Ténèbres étudia l’emplacement des banquettes et, surtout, l’immense bar qui couvrait la totalité de l’un des murs. Assis dans un fauteuil, un homme était déjà présent. La jeune femme fronça les sourcils et s’apprêta à intervenir pour dégager l’intrus. « Excuse… » Lhéasse lui barra la route d’un geste précis dès qu’il reconnut les mèches brunes et le profil qui dépassaient du dossier. Il se pencha à son oreille et murmura quelques mots. « Je vois… » murmura-t-elle, peu désireuse de créer un incident diplomatique. Le Monarque Démoniaque avait été clair : pour l’instant, les Démons et les Sorciers coopéraient. C’était la meilleure chose à faire pour assurer l’avenir, bien que cela coûtât à Aodh. Ils se vengeraient plus tard, et surtout pas selon les méthodes habituelles. Il suffisait de se renseigner sur les actualités pour comprendre qu’attaquer sans une tactique bien ficelée ne portait pas ses fruits. Il allait donc concocter quelque chose de plus sophistiqué pour l’avenir, au cas où l’alliance finît par tourner d’une façon indésirée. « Altesse Taiji, je suis désolée. Je vous ai pris pour un indésirable. » Il sourit. « Ne vous inquiétez pas, je suis généralement peu désiré. » Ses paroles flottèrent étrangement dans l’air, comme si elles attaquaient le silence et l’empêchaient de reprendre ses droits. Les trois protagonistes furent ensuite laissés dans un vide gênant qui s’étira.

La Dēśadrōhi finit par reprendre le fil de la conversation. « Bien sûr, les lieux sont sécurisés. Nous ne sommes pas au même endroit. Et tout a été conçu pour que nous puissions profiter du spectacle tout en nous divertissant. Il y a des salles plus privées même si… » Elle sourit. « Vous savez, les Démons sont moins pudiques que les Sorciers. J’espère que vous ne verrez pas d’inconvénients à notre façon de profiter. » Lhéasse réfléchit rapidement à la meilleure façon de répondre sans paraître grossier. « Si nous ne sommes pas dans l’obligation de profiter d’une façon similaire à la vôtre, nous n’y verrons pas d’inconvénients. » Ce que la Dēśadrōhi ne disait pas explicitement et qu’il avait compris en sous-texte, c’est que l’endroit risquait de rapidement ressembler à une orgie. « Très bien ! Nous porterons tous des masques afin de préserver l’anonymat, au cas où certains déraperaient à cause de l’ambiance un peu trop festive. » « Au cas où. » répéta le Chancelier des Ténèbres, de moins en moins enthousiaste. « J’ai vu sur la liste que vous aviez invité Aliénor Vaughan. » « Oui, effectivement. » Et il regrettait son zèle, à présent.





Aliénor songeait à la lettre qu’elle avait reçue, la première. Lorsqu’elle avait lu la seconde, elle s’était dit qu’elle tenait là une opportunité de réaliser les vœux contenus dans la première. Ce serait risqué mais… « Oui, j’en ai entendu parler. » affirma-t-elle à propos des étranges phénomènes stellaires, en hochant la tête. Son masque la grattait légèrement. Ne pas voir le visage de Lhéasse la gênait. Il lui semblait plus impressionnant, derrière le mur de l’anonymat. Il se tenait, avec une élégance qu’il avait quelque peu remisée en arrière-plan, à l’époque où il vivait avec elle. Il lui semblait presque étranger. « Les journaux ne parlent que de ça, à vrai dire… » « C’est vrai. De quoi effacer la victoire écrasante des Sorciers sur les Réprouvés. » Elle avait eu peur. Elle avait eu si peur. Pourtant, la missive de Priam était vraie. Elle l’avait reçue et il vivait. « Duc Taiji… » « Oui ? » Elle se pinça les lèvres. « J’aurais un service à vous demander… » Il planta ses yeux dans les siens. Elle détourna le regard. « Dîtes-moi. » « Il se trouve que j’ai un ami qui aimerait que nous nous voyions. Hum… J’apprécierais que vous m’aidiez à arranger mon absence... » « Vous voudriez que je vous couvre, en d’autres termes. » précisa-t-il d’un ton qui excluait le doute. « … Oui. C’est ce que j’aimerais. » Il passa son index sur son menton. Il avait deviné l’ensemble du problème mais décida de jouer un peu. Il prit un air de circonstance. « Dîtes-moi, votre ami est-il à ce point problématique pour que vous me demandiez une telle faveur ? Pourquoi ne pas l’inviter à Amestris, s’il n’a rien à se reprocher ? » Parce qu’il était clair que l’ami dont elle parlait était brun et pourvu de deux ailes blanches. « Il… Je ne pense pas qu’il soit le bienvenu, en effet. » « Pourquoi donc ? » demanda-t-il. Elle soupira, se mordit la lèvre et finit par répondre. « Il semblerait qu’il ait participé à la guerre… dans le camp adverse. » Il sourit. « Si vous voulez un conseil, Dame Vaughan… vous devriez changer d’ami. » Il lui semblait ténébreux. Elle inspira et tenta tout de même. « Est-ce que vous m’aiderez quand même ? » « Huumm… peut-être. Tout dépend de ce que j’aurai en échange. » « En échange ? » Les lèvres du Sorcier s’étirèrent lentement.

869 mots
Je vais faire plusieurs messages avec les deux affreux 8D
Et oui, Lhéasse et Jun parlent avec la même couleur mais vu l’unique phrase de Jun, je me suis dit que ça irait xD

Explications


Bonjour ♪

Bienvenue dans cet événement !

Je le poste tout de suite par mesure de sûreté ^^ Le rp va arriver o/

Alors, que se passe-t-il ? 8D

Jun, pour acquérir Laëth en tant qu'esclave, a promis aux Mayfair d'organiser un jeu en coopération avec les Démons, afin de booster l'économie et, pourquoi pas, de ramener quelques esclaves 8D Votre personnage est la cible de ce jeu. Pour l'amener jusqu'aux alentours de Sahōdara (qui est la grande cité des Terres Arides), les Démons (parce que les Sorciers ne se mouillent pas) vont droguer et enlever les candidats choisis afin de les trainer, dans un état plus ou moins conscient au jeu.

Pour tout le monde (oui parce que les Sorciers et les Démons n'ont pas beaucoup de race, même vis-à-vis de leur propre peuple), deux cas de figure :

La tentative d'enlèvement échoue : Votre personnage réussit à contrer le Démon venu l'enlever d'une façon ou d'une autre, soit parce qu'il est plus puissant et le marave soit parce qu'une succession d'événements font que le Démon va abandonner (je ne sais pas, votre personnage était censé être seul et, finalement, il a invité son petit ami à boire un verre). Dans ce cas là, votre rp décrira la tentative d'enlèvement. Là c'est pour les joueurs qui veulent participer à l'Event, sans trop trop traumatiser leur personnage ^^

La tentative d'enlèvement réussit : Votre personnage, drogué assez sévèrement, se retrouve donc dans le jeu. Il s'agit d'une sorte d'Escape Game géant, avec plusieurs malus que vous allez devoir inventer. Sincèrement, j'imagine bien quelque chose à la SAW, où le personnage va devoir faire des choix et où il est peu probable d'en ressortir avec le sourire ou sans au moins avoir blessé quelqu'un d'autre, voire soi-même. Le jeu est chronométré et si le personnage n'en sort pas à temps, il finit en esclavage. S'il meurt, il... meurt. S'il sort, il est libre mais devra retrouver son chemin au cœur des Terres Arides (qui n'est pas franchement l'endroit le plus fun de la terre).

Pour les Sorciers et les Démons : Soit vous n'avez pas de chance et votre personnage a été sélectionné pour faire partie des "candidats". Soit vous avez pu participer à la confection du jeu et, pour les Démons, à l'enlèvement des candidats. Enfin, les membres des deux peuples peuvent observer le jeu depuis une salle de réception secrète et qui se trouve dans l'Antre des Damnées. Pour ceux qui ont vu Squid Game, vous êtes les vieux moches qui regardent les autres souffrir dans une ambiance bien vicieuse [Event Septembre & Octobre] - Les Jeux de Sahōdara 950593777 Donc dans votre salle de réception, vous pouvez vous adonner à tous les vices (surtout que c'est chez les Démons donc, ne vous inquiétez pas, ils vont utiliser La tentation du Diable en folie 8D Vous pouvez parier sur votre candidat favori par exemple 8D

PS : L'image est le logo du jeu 8D Elle est donc présente assez souvent au cœur de ce dernier.

Chronologie : Cet événement se passe après l'apparition des gemmes géantes >> Voir ici ; Il commence à y avoir quelques rumeurs sur d'étranges plantes dans les océans mais ça reste anecdotique.

Vous pourrez poster dans ce rp du 1er septembre 2022 00h01 au 31 octobre 2022 23h59

Gains


Pour ceux pour qui l'enlèvement échoue :
- Un message unique de 900 mots minimum : 1 point de spécialité

Pour ceux pour qui l'enlèvement réussit :
> Qui ne réussissent pas à sortir :
- Un message unique de 900 mots minimum : 1 point de spécialité + la réduction en esclavage chez un Sorcier ou un Démon éventuellement (oui c'est pas un gain mais ça peut faire du jeu /sbaf).
> Qui réussissent à sortir :
- Un message unique de 1000 mots minimum : 1 point de spécialité + la popularité nationale démoniaque + la popularité nationale sorcière (et d'éventuelles emmerdes pour la suite parce que la popularité c'est jamais très cool 8D)

Pour les Sorciers et les Démons qui ne participeraient pas au jeu en tant que candidats et leurs éventuels esclaves et associés :
- Un message unique de 900 mots minimum : 1 point de spécialité  

Si jamais vous voulez le faire en plusieurs messages pour jouer coopération, vous pouvez faire plusieurs messages de 720 mots minimum chacun. Dans ce cas, vous obtiendrez un point de spécialité tous les deux messages dans la limite de quatre messages par personnage. (Exemple : je fais quatre messages avec Sympan : j'obtiens 2 points de spécialité ; j'en fais trois, j'obtiens 1 point de spécialité). Pour les personnages qui réussissent à sortir, vous ajoutez les deux popularités nationales ^^  

Bien sûr, faire le mode "coop" en plusieurs messages exclut le mode "message unique" avec le même personnage. Vous choisissez, soit l'un soit l'autre ^^

Si vous avez des questions, n'hésitez pas ^^

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Priam & Freyja
~ Ange ~ Niveau III ~

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Priam & Freyja
Dim 04 Sep 2022, 07:56



by Evgeny Dvoretckiy

Les Jeux de Sahōdara

Evènement | Styvan & Dastan



Quand il s’agit de noyer ses démons, l’alcool est plus efficace que l’océan. Les uns après les autres, Dastan alignait les verres. La brutalité des liquides lui rongeait la gorge et les boyaux, mais elle assommait tous les soubresauts de son subconscient. Il évitait le sommeil comme la peste, parce qu’il traînait dans son noir sillage les terribles sensations de la guerre ; les images, les sons, les odeurs le poursuivaient à travers la plaine morne et sordide de Nementa Corum. Il avait retrouvé la majorité de ses proches, pourtant, ce n’était pas suffisant. Les bras de Draegr n’aspiraient pas systématiquement son épouvante, sa colère et sa tristesse. Aucune étreinte, aucun baiser n’en était capable – il errait de couche en couche tel un fantôme de tombe en tombe. Les repas de famille créaient à peine l’illusion du vrai – il y avait du mensonge partout. Les travaux des champs lui paraissaient être d’une vacuité désespérante – la vie avait un goût absurde. Même dans les tavernes, l’ambiance était morose. On n’avait rien à fêter. On avait tout perdu. La bataille martelait tous les esprits. Les regrets et les accusations pleuvaient. De la bouche de ceux qui avaient voté contre l’attaque s’extirpaient des mots gorgés de fiel. Ceux qui y étaient allés brandissaient désespérément leur innocence et leur courage, sans trop y croire. Même ici, même loin des remparts d’obsidienne de la Vorace, on s’écharpait. On affrontait la défaite avec toutes les armes du désespoir. On haïssait les Sorciers et on les maudissait. On jurait qu’une revanche serait prise, sans savoir comment la mener, conscient de l’écrasante puissance des Mages Noirs. Même l’apparition de cette étrange gemme jaune n’avait pas écarté les nuages orageux qui planaient au-dessus de Lumnaar'Yuvon. Bien au contraire.

Et pour Dastan, il n’y avait pas que ça. Ses tourments se poursuivaient bien au-delà de la guerre. L’ancien Prince Noir le hantait. Chaque fois qu’il y pensait, sa gorge se nouait. Il serra le poing autour de son verre, puis se leva vivement et sortit de l’auberge, sans faire attention aux exclamations de ses partenaires de beuverie. La disparition d’Érasme et la probable venue de Val’Aimé l’énervaient autant qu’elles le terrifiaient. Si un Archimage pouvait apparaître au cœur des champs d’or sans en être inquiété, alors les Manichéens n’étaient pas en sécurité. Pourquoi les enfants d’Ethelba ne s’octroieraient-ils pas le droit de venir les achever ? Cette réflexion suffisait parfois à elle seule à le maintenir éveillé. Le moindre craquement le faisait sursauter : il voyait déjà les hordes de mages déferler sur Bouton d’Or. Pourtant, ça n’était pas tout. Il y avait aussi son baiser, leur baiser. Leurs échanges chez Lucius et dans la tour du palais. Parfois, quand des lèvres rejoignaient les siennes, il pensait à la caresse de la bouche du Prince Noir, à cet échange impulsif, incertain et interdit. Il ne parvenait pas à donner un sens à son action. Son souvenir le torturait. Le grand bleu perçait ses cauchemars, ses rêves et ses éveils. Alors, pour le renvoyer d’où il venait, dans ces eaux sombres et troubles où croupissent tous les dangers, il buvait et se laissait bercer par la haine des siens. Toute leur ire enflait autour de lui, éructait sa détestation des Sorciers et se répercutait dans tout son corps. Il le haïssait. Il le haïssait au point d’être obnubilé par son absence. Il voulait le savoir mort. Tout était de sa faute. S’il ne s’était pas tenu au beau milieu du champ de bataille d’Arcadia, Shezira ne serait jamais morte, et les deux millions de Réprouvés qui avaient suivi non plus. Tout était de sa faute.

Il buvait tant et si bien qu’il ne trouva rien d’anormal au fait de s’évanouir brutalement, face contre terre et en plein cœur des champs. Cela lui arrivait, parfois. Les excès se payaient toujours. Cette fois, il était pourtant bien loin de pouvoir se figurer le prix à payer.

Lorsqu’il revint à lui, la chaleur qui s’engouffra dans ses poumons lui donna l’impression d’étouffer. Il lui suffit d’ouvrir les yeux pour comprendre qu’il se trouvait bien loin de Lumnaar’Yuvon. Sourcils froncés, le Réprouvé se dressa sur ses jambes. Un paysage de terre brûlée s’étendait devant lui, jusqu’à converger vers le sommet culminant d’une haute montagne. Il ne connaissait pas ce lieu. Une main d’angoisse attrapa sa gorge et la serra. Dastan, tel un prédateur acculé dans le rôle de la proie, jeta des regards éperdus et hargneux autour de lui. Derrière lui, une cité se dressait, menaçante. Ce n’était pas Amestris. Un autre individu était présent : il le dévisagea intensément. C’était un garçon d’environ son âge, blond et plutôt chétif. Les mâchoires crispées, le roux tenta de démêler la situation. Au bout d’une ou deux secondes de souvenirs fumeux, il abandonna et pivota vivement vers le blond. Il aurait pu faire deux mètres de haut et trois fois la largeur du Belegad que sa réaction aurait sans doute été la même. En quelques enjambées décidées, il fut sur lui. « Hé, toi ! » Il l’attrapa par le col de sa chemise pour rapprocher son visage du sien et le forcer à la confrontation. Il n’avait pas le temps de jouer et espérait une réponse immédiate. « C’est quoi ce foutoir ? On est où là ? » Il ne fit nullement attention à la grosse horloge qui apparut derrière lui, suspendue dans les airs, ni à leur première épreuve, qui se dessinait lentement dans son dos. « Bienvenue aux Jeux de Sahōdara. » annonça une voix aussi éthérée qu’elle était profonde.



Message I – 927 mots

Comme on dit : puisse le sort vous être favorable [Event Septembre & Octobre] - Les Jeux de Sahōdara 1628




[Event Septembre & Octobre] - Les Jeux de Sahōdara 1628 :


[Event Septembre & Octobre] - Les Jeux de Sahōdara 2289842337 :
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Styvan Khanis
~ Vampire ~ Niveau II ~

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Styvan Khanis
Dim 04 Sep 2022, 22:27




La drogue, c'est mal.


Partenaire : Dastan
Intrigue : Événement.




Quoi de mieux qu’un désagréable bol d’air humide et étouffant dans la forêt de Myngrimu pour se relaxer après une interminable semaine de stress ? Styvan était sorti afin de chasser une paire de gibiers à rapporter aux chefs du manoir. Ces derniers temps, il, pour ne pas dire sa panse, s’était découvert une vénération envers ceux qui créaient des amuses-bouches à partir de son breuvage préféré. Sa chasse était enfin véritablement récompensée puisque ses papilles gustatives se délectaient de mets plus subtils que ce foutu nectar de lapin qui commençait à perdre de sa saveur. Les oreilles à l’écoute du moindre bruit de pas, le nez à l’affut du moindre fumet alléchant, ce petit génie de la traque n’allait évidemment pas mettre très longtemps avant de trouver la matière première. Protégé de tout prédateur derrière des épais buissons, un groupe de sanglier s’abreuvaient tranquillement dans l’une des nombreuses rivières du sentier. Ce n’était pas le sang qu’il estimait être le plus savoureux, loin de là, mais sa bedaine, qui lui faisait office de seconde cervelle, avait décidé de privilégier la quantité à la qualité. Quatre de ces porcs devraient amplement suffire ! pensa-t-il, la soif plus grosse que les reins. Aussi silencieux qu’un serpent commençant son étreinte, il s’approcha assez de ses proies pour être sûr d’agripper l’une d’entre elles du premier coup. Il se jeta sur la malheureuse bête qui avait été désignée comme la première victime et enfonça ses canines dans sa nuque. Il ne lui avait pas laissé la moindre chance de comprendre ce qui était en train de lui arriver. Dans son sacrifice, elle eut au moins l’honneur de permettre à ses copains de décamper en direction du nord. « Je viendrai te chercher juste après. Je vais chercher tes amis. Reste là. » balança-t-il ironiquement au goret qui agonisait sur le sol. Il suivit la trace de ses proies qui avaient fui étrangement en direction de l’orée de la forêt. Il n’avait pas l’habitude de s’aventurer aussi près de la frontière de Myngrimu mais le gout de sang qui était resté dans son gosier lui avait quelque peu fait perdre son bon sens. À nouveau à une bonne distance de ses victimes, il intercepta une de ses proies en pleine course. « J’ai trop soif. Toi, tu vas être rien que pour moi. » exalta-t-il. Il était assis sur la bête et son corps frissonnant n’attendait plus qu’une seule chose : vider cette saleté de cochon puant. L’adolescent ne le savait pas encore, mais il devait prendre des forces, il allait bientôt en avoir besoin.

Alors qu’il était en train d’avaler goulument son repas âprement obtenu, une douleur vive se fit ressentir le long de son avant-bras. « Qu’est-ce… que qu’il… Qui êtes..» Sa vision se troubla, son rythme cardiaque venait de chuter considérablement et ses yeux se gorgèrent de sang. Après un maigre instant de lutte, il s’écroula sur le sol et perdit connaissance. Lorsqu’il reprit ses esprits, il regretta presque l’air humide de sa forêt. L'asticot était étalé comme un étron séché sur un sol aride qui ne présageait pas de bons souvenirs entre amis. Ce sable lui brulait le peu de couenne qu’il n’avait pas protégé avec des vêtements. Il lui était quasiment impossible d’ouvrir les yeux entièrement, de toute manière sa tête tournait déjà bien trop comme ça pour se rajouter de la difficulté. Malgré sa fatigue indescriptible, il tenta de se relever. Il y allait graduellement tel un grand-père atteint d’innombrable hernie discale. Après une bonne minute de lutte, il se tenait sur ses deux guibolles et même s'il arrivait à paraitre droit, ses vertiges qui ne s’étaient pas calmés n’étaient pas loin de le renvoyer au tapis. Malgré l'incompréhension et la peur, il tenta tout de même d’observer les environs. Je suis dans une sorte de désert… Il y a une monta… Tiens, j'ai grandi de quelques centimètres ? il ne s’était pas rendu compte qu’un inconnu venait de l’attraper par le col. Le brouhaha que l’enragé émettait fit grimacer le blondinet. « Eh oh… Doucement… J’ai mal au crâne, peux-tu parler moins fort s’il te plait ? » demanda poliment et sans animosité l’adolescent. Son petit ton provocateur n’était pas intentionnel, peut-être aurait-il été plus doux s'il n’était pas stressé à l’idée de finir cuit d'ici à quelques heures. Puis, il se calquait un poil trop sur sa génitrice quand il s’agissait des relations humaines et cette dernière n’était pas la plus douce des femmes.

Toujours surélevé à deux trois centimètres au-dessus du sol, une autre voix vint couper court à leur rencontre. « Bienvenue aux Jeux de Sahōdara. » cette voix effrayante avait au moins eu le mérite de situer Styvan sur une carte. Sahōdara… aucune idée d’où c’est… abandonna le jeune vampire destiné à mourir ici une fois le soleil venu. « Si vous êtes ici, c’est que vous avez été choisis pour participer à cette fabuleuse aventure. J’espère que vous vous rendez compte de la chance inouïe que vous avez de vous retrouver là, devant tous ces invités d’exception. » Des invités ? Où ça ? Il eut beau chercher autour de lui, il ne vit personne. Malgré la peur d’être observé, l’opportuniste profita du monologue du détraqué afin de se détacher de l’étreinte de l’homme surexcité. « Vous allez devoir réussir plusieurs épreuves dans le but d'obtenir le chemin qui vous mènera à votre liberté, mais attention, le temps joue contre vous. L’horloge derrière vous, vous indique le temps qu’il vous reste. Si vous ne sortez pas avant la fin du temps imparti, j’ai bien peur que vous ne soyez contraint de devenir des esclaves. Je suis persuadé que certains de nos invités seraient ravis de s’occuper de vous personnellement. » « Comme si j’allais me laisser faire. » répondit discrètement l’adolescent à l’humeur rebelle. Deux tables étaient apparues derrière les deux hommes. « Voici la première épreuve, une fois terminée elle vous donnera un indice sur la suite. Rassurez-vous, ceci n’est qu’une mise en bouche. Alors qu’allez donc vous faire ? Coopérer ou vous entretuez. En tout cas, divertissez-nous ou mourrez. » Styvan se mit devant une des deux tables avant de lire la feuille expliquant à voix haute le principe de cette première épreuve. « Vous pouvez voir devant vous une pince ainsi qu’un bol rempli d’eau. Pour obtenir le premier indice, il voudra simplement faire dons de trois ongles chacun. » Le blondinet déglutit, ses mains tremblèrent, en était-il seulement capable ? Ressaisis-toi bon sang. Allez ! s’encouragea-t-il en attrapant la pince devant lui. Il ne jeta même pas un coup d’œil vers l’autre homme. Sûrement de peur de le regarder faire une chose ignoble. Il resserra l’outil de torture sur le bout de son pouce, prêt à arracher son premier ongle de toutes ses forces. Encore fallait-il qu’il en ait de la force. Après plusieurs tentatives à hurler comme une truie et se mordre la langue. Il lui était impossible d’y arriver, il n’avait surement pas la condition physique nécessaire pour faire une telle chose, ou alors était-ce mental ? « D’accord. Bon le musclé, je m’appelle Styvan. Je suis un vampire. Voilà pour les présentations. Maintenant, arrache-moi les ongles s’il te plait. » demanda-t-il, les larmes aux yeux, tendant sa main vers l’inconnu.






Post I. 1278 Mots
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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Lun 05 Sep 2022, 22:54



Les Jeux de Sahōdara


C’était la première fois que je sortais de la chambre que le Duc Val’Aimé Taiji m’avait assignée, chez lui. Mes protestations ne servaient à rien. Il n’était pas revenu depuis qu'il m'y avait enfermé ou continuait de m’ignorer. Ma rage à son égard était immense. Entre les quatre murs de ma prison, je ne cessais de le maudire. Pourtant, lorsqu’il revint, ma pensée s’inversa. Je le préférais loin de moi, tant sa puissance m’écrasait. Ma magie seule semblait s’harmoniser à la sienne, vouloir la rejoindre dans une étreinte de noirceur. Tout mon être l’abhorrait autant qu’il le craignait, si bien que j’en oubliai immédiatement toutes mes revendications. Il me toisa. « Votre père m’a chargé de vous informer qu’il sera retenu en dehors d’Amestris un temps certain. Cyrius Windsor ne pouvant plus être votre tuteur du fait de ses fonctions, j’ai été nommé pour le remplacer. » Je déglutis. Je suivais Cyrius depuis mon enfance, si bien que sa puissance me semblait bien plus mesurée que celle de Val’Aimé. Les deux hommes étaient si différents qu’il était difficile de les comparer. Là où le blond avait ricané à chaque fois que j’avais assassiné Réta, j’imaginais que le brun n’aurait eu aucune pitié quant à la sanction d’un tel acte. Je le connaissais mal mais je savais qu’il appréciait le sang, que ce fût celui de ses ennemis étalés sur le sol ou que ce fût la préservation de celui de sa lignée. Comment me considérait-il, en sachant que je n’étais pas de sang royal, que j’étais un bâtard adopté par l’ancien Empereur Noir ? Ce tutorat lui avait-il été imposé ou l’avait-il choisi ? Et, si oui, pourquoi ?

Comme je restais muet, il enchaîna. « Nous allons nous rendre en territoire démoniaque, en compagnie de votre fiancée, la Princesse Sundara Baran, afin d’admirer les jeux de Sahōdara. » « Quels jeux ? » « Des jeux qui devraient vous ravir. » Val’Aimé ne souriait presque jamais, si bien qu’il était difficile de savoir s’il était sincère ou s’il usait de sarcasme ou d’ironie. « Nous profiterons des jeux pour signer votre contrat de mariage. Après ces derniers, vous resterez ensemble dans des appartements plus spacieux afin de concevoir votre premier enfant. » Il s’approcha d’une table et fit glisser un parchemin. « Qu’est-ce que c’est ? » demandai-je. « Signez. » Mon regard parcourut les lignes. Je déglutis, encore. Forcément. Elias m’avait prévenu. L’enfant, l’Oracle du Chaos, serait ma première femme. Le mariage devait être conclu avant celui avec Sundara pour qu’une Sorcière fût à mes côtés dans le cas où je deviendrais à mon tour Empereur Noir. « Signez. » répéta-t-il, d’une façon plus autoritaire. Je pris la plume qu’il me tendait et m’exécutai. « Votre descendance devra être nombreuse. » articula-t-il. La phrase pouvait paraître anodine, un simple rappel des règles qui régissaient la société sorcière, mais venant d’un homme qui n’avait aucun enfant tout en étant Chancelier des Ténèbres, elle avait un autre sens. Il attendait de moi que je cessasse mes égarements. Je ne dis rien. Il n’y avait rien à rétorquer. Je devrais devenir père.

« Et l’Empereur Noir ? » interrogeai-je finalement, dans un excès de zèle, après plusieurs secondes. Cyrius n’avait pas d’enfants non plus. Il posa sa main à plat sur la table et me fixa si froidement que je le crus capable d’aspirer ma vie par la seule force de ses prunelles. Je baissai les yeux sur les stries noires que sa présence traçait sur la peau de mes mains. « Préparez-vous. » me répondit-il.

_____________

Les mots de Sundara s’effacèrent lorsque le roux apparut sur nos écrans de magie. Val’Aimé s’était installé après avoir salué quelques personnalités et profitait du spectacle naissant avec l’air sauvage et maléfique qui le caractérisait. Sa magie semblait si carnassière que peu osaient faire le déplacement jusqu’à lui. Parfois, il nous observait. Je sentis ses yeux sur moi lorsque la silhouette de Dastan se matérialisa mais le sentiment était trop fort pour que je pusse mimer l'indifférence. Je sentis mon cœur s’emballer et la panique me gagner. Était-ce pour cette raison qu’il m’avait convié à ces jeux ? Était-ce pour voir le Réprouvé périr ? « Érasme ? » Je ne l’écoutais pas. J’avais envie de vomir. Mes doigts tremblaient sur ma coupe de champagne. La Princesse le remarqua et suivit la direction de mon regard. « Tu le connais ? » Elle n’avait que faire de mon état, au fond. C’était une Démone. Elle se nourrissait du mal et des Péchés qu’elle pouvait inspirer. Elle sourit. « S’il survit, je l’inviterais bien pendant notre nuit de noce vu que tu bandes mou à chaque fois que j'écarte les cuisses. Ça t'exciterait peut-être de me voir avec un autre. » Elle mesura ma réaction ou, plutôt, mon absence de réaction et continua, curieuse. « Que dirais-tu de parier sur sa survie ? » J’avais envie de l’étrangler. « S’il meurt… je m’arrangerai pour que tu puisses violer à ta guise la Magicienne, là-bas. Je suis sûre que tu as envie de prendre ce qui appartient à ton père. » Elle ricana. Elle parlait d’Aliénor Vaughan. Elle n’avait pas tort, dans une certaine mesure. Néanmoins, ses femmes ne m’intéressaient pas pour des raisons que je n’étais pas prêt d’avouer. « S’il survit, tu me le présenteras. J’espère juste qu’il aura encore sa queue. Il n’y a que ça de grand et d’intéressant chez les Réprouvés. » « Non. » m’entendis-je refuser en bloc. Quel crétin. Pourquoi était-il ici ? Val’Aimé l’avait-il capturé ? Sale connard de Réprouvé. J’avais l’impression qu’il s’employait à me gâcher la vie. Et c’était qui, ce type, avec lui ? Je me mis à espérer qu’il s’en détournât. Je ne voulais pas qu’il lui fît du mal, ni du bien. Ni l’un ni l’autre.

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Priam & Freyja
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Priam & Freyja
Mer 07 Sep 2022, 19:20



by Evgeny Dvoretckiy

Les Jeux de Sahōdara

Evènement | Styvan & Dastan



Sahōdara. Dastan avait déjà entendu ce mot. Il l’avait entendu de la bouche de ses pairs, de celles des traîtres qui quittaient la patrie pour rejoindre ceux qui, à défaut de les aimer et de les avoir élevés, leur ressemblaient. Il fronça d’autant plus les sourcils. Qu’est-ce que c’était que cette merde ? Qu’est-ce qu’il foutait à Sahōdara au beau milieu de la nuit avec un inconnu ? Cette putain de magie qui leur avait fait perdre la guerre… Il serra les dents, mais son poing s’assouplit autour du col du blond. Il ne chercha même pas à le rattraper lorsqu’il se dégagea de sa prise. Ses yeux plissés, suspicieux, scrutaient le paysage. Il n’y avait personne. Ils étaient seuls, absolument seuls. Des visages moqueurs se terraient-ils derrière les murs de la cité ? Il pivota vers celle-ci et scruta ses reliefs. Toute sa bonne volonté n’aurait pas suffi ; la nuit dévorait les détails et sa vue lui faisait défaut. Alors, il chercha autour de lui le ou la propriétaire de la voix destinée à les accueillir, mais ce fut en vain aussi. Ils étaient désespérément seuls, avec cette lourde horloge d’or et d’ébène, qui frappait le temps comme la mort les vivants, avec ce tranché implacable. Elle jouait contre eux ses menaces d’esclavage et de mort et ses promesses de liberté et de vie. Un rictus amer tordit la bouche du Réprouvé. S’ils se trouvaient chez les Démons, il se pouvait bien qu’ils ne fussent pas les seuls à se délecter de leurs tourments. Il planta à nouveau ses iris bronze sur la cité. Les territoires sorciers demeuraient les lieux où l’on trouvait le plus d’asservis. Une tornade de rage enfla dans sa poitrine. Ne leur avait-il pas suffi de massacrer son peuple ? Fallait-il en plus qu’ils s’amusassent à les introduire dans leurs jeux malsains ? Peut-être imaginait-il des choses qui n’étaient pas, mais la simple idée que ce fût possible le mettait hors de lui. Ses muscles tremblaient de colère, de désarroi et de douleur. Ses émotions vibraient contre sa peau, prêtes à exploser. Érasme était-il présent ? Ce fils de chien se délectait-il de sa situation ? Souriait-il en le voyant écumer d’ire et poussé au pire ? Fantasmait-il déjà l’éventualité qu’il pût lui passer une corde au cou de la même façon qu’ils le faisaient aux bêtes ? Il méritait de crever.

« Nutaar’kra. » (Putain.) cracha-t-il en quittant enfin Sahōdara des yeux. Il fit volte-face vers le blond, déjà prêt à se mutiler pour le bon plaisir de leurs spectateurs. S’arracher les ongles. Il possédait en lui les mêmes ombres que les Démons. Il vivait avec certains d’entre eux. Pour leurs cœurs sombres, la souffrance arborait des airs de délice et frôlait la passion. S’arracher les ongles, comme l’avait annoncé la voix, n’était qu’une mise en bouche. Les imaginations débridées étaient autorisées à envisager le pire pour la suite. Dastan jeta un coup d’œil au bol d’eau avant de reporter son attention sur l’inconnu. Impassible, il regarda la pince se refermer lentement sur l’ongle de son pouce. Il n’allait quand même pas faire ça, ce con ? En même temps qu’il s’étonnait de sa docilité, une part de lui espérait bien qu’il se ferait du mal. Il avait envie de l’entendre hurler et de voir son sang jaillir au bout de ses phalanges, douloureux et sensible. Il lui semblait que sa souffrance pourrait apaiser sa colère, à l’instar d’un sacrifice calmant la véhémence d’un Dieu. Le Réprouvé croisa les bras sur son torse. Il aurait préféré qu’Érasme fût à sa place. Il aurait adoré le voir triturer ses mains pour en extraire la corne protectrice. Il se serait moqué de sa faiblesse, de ses cris de cochon et de l’humidité de ses yeux. Un sourire mesquin étira les coins de ses lèvres, puis il se mit à pouffer par le nez. Quel gros imbécile. Mais pourquoi s’étonner, finalement ? Il avait la corpulence de ceux qui ne survivaient pas. Il était à peine taillé pour porter son propre poids. Son mental servile suivait simplement la même voie. Il allait claquer ici.

Néanmoins, l’amusement et le mépris de Dastan disparurent lorsque le dit Vampire se tourna vers lui, main tendue. Il releva le nez vers sa figure. Il le dépassait d’au moins une tête. « S’il te plaît. » répéta-t-il, ses yeux fixés dans les siens. Durant quelques secondes, il ne montra aucun signe de refus ou d’acceptation. Puis, un éclat de rire brisa la barrière de ses lèvres et se répéta en écho dans sa gorge. La franchise du rire ne suffit cependant pas à saper sa hargne ; aussitôt qu’il se tût, le Manichéen attrapa la main de Styvan et le tira vers lui. Il se saisit de la pince et la cala autour de l’ongle qu’il avait tenté d’arracher. Lentement, doucement, il tira, sans chercher à déloger la plaque de kératine. Ses yeux bruns remontèrent vers ceux du blond. Un rictus mauvais, aussi narquois que dédaigneux, ourla ses lèvres. « T’es con ou tu le fais exprès ? S’ils te demandent de te planter une pioche dans le crâne, tu vas le faire ? De te couper une main et de la manger ? Hein ? » Ses prunelles sondèrent les siennes. « Les faibles comme toi finissent toujours par crever. Bêtement. » Il s’inclina un peu vers lui. « Apprends à résister. » siffla-t-il. Avec brutalité, il le lâcha. Puis, il attrapa la coupelle d’eau et, avec la pince, la jeta par terre. De la feuille d’instruction, il fit une boulette qu’il envoya aussi au sol. Le Réprouvé redressa la nuque et planta ses pupilles sombres sur les remparts de Sahōdara. « Je sais pas pour qui vous vous prenez, bande de trous du cul, mais faut être sacrément con pour croire que des gens vont jouer à votre jeu de merde pour vos beaux yeux. » Il fallait probablement aussi être sacrément con pour ne pas avoir envisagé qu’ils eussent les moyens de contraindre quiconque s’opposerait à leurs désirs. C’était pourtant exactement ce qu’il était en train de faire. Déterminé, il avança d’un bon pas vers la ville, jusqu’à se heurter brutalement à ce qui aurait pu être un mur. Le nez en sang, le Réprouvé recula en jurant. « C’est quoi cette merde ? » pesta-t-il en essuyant le carmin d’un revers de sa manche. Il envoya un poing rageur contre la surface plane. La douleur qui remonta jusque dans son épaule lui arracha une grimace. « Nutaar’kra ! » (Putain !) Il fit volte-face et se dirigea de l’autre côté, contournant Styvan. La main devant lui, il rencontra la même étendue dure et froide. Il regarda l’horloge, à sa droite. Elle ne tenait pas en l’air par magie. Elle était accrochée à un mur. Ses yeux filèrent vers le sol. La terre n’avait pas absorbé l’eau, et pour cause : peu à peu, l’illusion disparaissait, démasquant un carrelage noir, des murs rouge sombre et un plafond d’une teinte similaire. Aucune lumière n’apparaissait, néanmoins, la pièce était suffisamment lumineuse pour qu’ils y vissent tous les deux. Pour le peu qu’il en savait, la ville aperçue au loin n’était peut-être pas Sahōdara. C’était peut-être juste un mensonge, dont le dévoilement consistait à miner leur moral. Un pic d’angoisse perça le cœur et les poumons du Belegad, accélérant sa respiration. « Bordel de merde. » Peut-être n’y avait-il même pas de spectateurs ? Peut-être étaient-ils véritablement et totalement seuls ? Peut-être que c’était comme cette fois-là, dans le temple souterrain ? Un jeu de Dieux et de Mortels.

Il serra les poings, à s’en enfoncer les ongles dans les paumes. Son regard se posa sur Styvan, perdu dans un écrin de réflexion. Impossible de savoir où celle-ci l’aurait mené, car une fumée orange apparut aux quatre coins de la pièce et commença à serpenter sur le carrelage. Dès qu’elle frôla sa cheville, le Bipolaire bondit sur le côté en criant. « Putain, ça brûle ! » Là où la brume était passée, son vêtement avait fondu, et des boursoufflures rougeâtres crépitaient sur sa peau. L’évidence était là : s’il n’agissait pas, ils allaient atrocement souffrir tous les deux. Après avoir poussé un grognement, il se dirigea rageusement vers la pince. Les langues d’éther cuivré qui le touchèrent lui arrachèrent plusieurs grimaces de douleur. Il dût plonger le bras dedans pour récupérer l’outil, et le ressortit les larmes aux yeux : çà et là, son épiderme suintait. En essayant d’esquiver au mieux la fumée qui montait désormais jusqu’à ses genoux, il déchira un pan de son haut et retourna vers le Vampire. Il plia le tissu en quatre et le lui tendit. « Mords là-dedans. » ordonna-t-il en lui attrapant les doigts. Il serra la pince autour du premier ongle et tira d’un coup sec. « Faudra que tu fasses pareil pour moi. Tu places bien la pince et tu arraches d’un coup. D’accord, Styvan ? »



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Styvan Khanis
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Styvan Khanis
Ven 09 Sep 2022, 01:04




Vous voulez du divertissement hein ?


Partenaire : Dastan
Intrigue : Événement.




« Crois-moi… En ces terres, il n’y a que des fous à lier. » lui rabâchait souvent sa mère lorsqu’il s’intéressait aux autres races peuplant le continent dévasté. Si seulement il s’était souvenu de cette phrase plus tôt. Jamais il ne se serait aventuré à demander une telle chose à un étranger. Ce rire… ce foutu rire venait de confirmer les paroles de sa génitrice. Ce souvenir allait tourmenter longtemps l’esprit du vampire. Comme si un potentiel public ne suffisait pas, ce sadique de roux était en train de s’amuser avec lui. Ce visage… Il le regarda fermement, mémorisant chaque recoin afin d'être sûr de ne jamais l'oublier. Ce gars prenait son pied en trifouillant comme un détraqué son pouce déjà bien amoché. Quel gâchis de se dire que ce monstre avait toujours son reflet pour se regarder dans le miroir. Pour qui se prenait-il avec ces grands airs ? Il avait osé le sermonner avec son haleine de chacal ? L’adolescent, dont l’honneur avait été anéantie, refusa formellement de baisser les yeux lorsque la brute le défia du regard. S'il espérait qu’il hurle afin d’assouvir ses pulsions abjectes, il pouvait s'astiquer le poireau en regardant l’horloge défiler. Ce n’était pas l’envie de crier qui lui manquait, il avait envie de le supplier à genou d’arrêter, de toutes ses forces même, mais il ne fallait pas qu’il lui donne ce plaisir. Pas seulement pour lui, mais aussi pour honorer l’éducation de sa créatrice. Il était né encore plus faible que ça. Alors cet arrogant pensait vraiment lui apprendre quelque chose de nouveau ? Y était-il pour quelque chose ? Il avait croisé le chemin d’une femme qui l'avait sauvé de la mort en le transformant en vampire. Depuis, terminée la vie de magicien, il était un suceur de sang censé être intrépide et charismatique. Une personnification de la virilité qu'il n'aimait pas du tout. Jeté contre le sol comme un vulgaire trognon de pomme, il était complètement détruit mentalement. Le jeune vampire tenait sa main mutilée en dissimulant ses pleurs du mieux possible. En y repensant, son bourreau, bien qu'il était un individu ignoble et sans pitié, ne s’était pas trompé à son sujet. L’adolescent n’avait même pas oscillé une seconde à faire ce que l’on voulait de lui. Il n’avait pas fait en sorte de fuir ou même de se battre. Rien, juste de l’obéissance pure et dure. Peut-être n’était-il tout simplement pas fait pour la brutalité de ce monde ? Peut-être devait-il mourir ici ?

Le blondinet, vidé de toute volonté, ne s’était même pas rendu compte de la modification soudaine de l'environnement. Toujours amorphe sur le sol, une fumée dense était en train de l’assiéger. « Qu’est-ce que c’est que ça ? » il pointa son index vers la vapeur orange qui lui rongea brusquement l’épiderme. L’adolescent hurla d’affolement en se relevant violemment. Cette fumée était bien trop ardente. Son doigt était complètement couvert de cloque ensanglantée. « Putain mec ! ça monte vite ! » Ce brouillard était à peine arrivé qu'il était déjà en train de lui bouffer la peau de ses chevilles. Il n'allait pas finir grillé ici tout de même ? Face à cette idée, son instinct de survie lui fit chercher l'outil fougueusement.  Où avait-il bien pu jeter cette foutue pince ? Manifestement, l’autre gars, qui avait eu la même idée que lui, l'avait trouvé. En un regard, ils s'étaient compris. Si ces pervers voulaient des ongles, ils allaient être traités comme des rois. Tant pis si ce fou avait un plan de fuite, ils auraient le temps d’y penser après. « Vaji ! » prononça-t-il le tissu fourré dans son bec. Il sentit la peau de son pouce s'écarter afin de laisser le premier ongle se faire extraire. Face à la découverte de cette nouvelle douleur, il brutalisa le carrelage du pied. C’était encore pire que ce qu’il avait pu imaginer et dire qu'il lui en restait deux autres. Dès le second ongle, un de ses nombreux beuglements fit sombrer le tissu dans la brume. Ses larmes s'assimilèrent à la sueur qui coulait de son visage. « Vas-y arrache le dernier ! » hurla-t-il dans la souffrance. De la salive tombait sur le sol. Il lui était impossible de savoir ce qui lui était le plus douloureux entre sa main et ses guibolles qui devaient s'apparenter à des brochettes cuites au feu de bois. Comment pouvait-il encore être lucide ? Lorsque le dernier ongle fut déraciné, sa tête se mit à tourner dans tous les sens. Alors qu’il n’eut même pas le temps de reprendre ses esprits, la pince était déjà dans sa main droite. Donc, comme ça, ce bipolaire voulait se faire arracher les ongles ? Où était donc passée la condescendance dont il avait fait preuve jusqu'ici ? Après une microseconde à se délecter de ce moment, le vampire enferma l’extrémité du pouce du roux dans l’outil de torture. « Prépare-toi ! » hurla-t-il en tirant de toutes ses forces. Chaque mouvement qu’il faisait afin de gagner en puissance lui brulait le lard. Son corps était en alerte. Il n’était plus capable d’entendre un son, tout ce qu’il voyait, c'était la main ensanglantée en face de lui. Avec plus de difficulté que son camarade, il arracha le premier ongle. Malgré l’envie de vomir, il replaça hâtivement la pince sur l’index afin de s’exécuter à nouveau. Il n’avait de toute manière pas le temps de reprendre son souffle, la fumée commençait à arriver vers ses cuisses et il était bien plus petit que l’autre grande perche. L’adolescent ne sentait même plus ses jambes. Ses récepteurs avaient dû cesser de fonctionner à cause du trop grand nombre d’informations que ses nerfs leur envoyaient. Avant de lui arracher son dernier ongle, il tenta de le distraire pour l’aider à encaisser la douleur qui allait suivre. « T’as dû en rencontrer beaucoup des malades comme eux pour avoir la rage comme ça, je commence à te comprendre. » souligna l’adolescent, un sourire sadique dessiné sur le visage. Son regard scrutait celui du roux, c’était comme un pari sur celui qui tiendrait le plus longtemps dans cette position. Cette vengeance… il se régalait. Il posa délicatement la pince sur le majeur du rouquin. Une fois celui-là extrait, tout cela serait terminé. C’est avec cette pensée qu’il délogea de toutes ses forces la dernière griffe de la patte de ce chien. « Voilà ! On a arraché nos ongles ! C’est bon ! » aboya-t-il en brandissant la pince vers le ciel.

Il n'y avait eu aucun bruit de porte qui s'ouvre ni aucun son de mur qui s'écroule en récompense. Que dalle. La seule chose qu'ils avaient gagnée, c'était ce foutu brouillard qui continuait de gagner du terrain. Pourtant, ils avaient bien réussi la première épreuve. Leurs mimines atrophiées pouvaient en témoigner. Poil de carotte aurait-il humilié les responsables du jeu ? Avaient-ils pris la décision de les laisser crever suite à son refus d’obéir ? Cela avait du sens. Ils avaient dû vendre de la distraction à leurs convives et dès la première épreuve, un agité venait de ruiner leur engagement. Tout ce raffut n'était donc qu’une question de divertissement ? Ils prenaient tant de plaisir que ça à les voir souffrir ? Rigolaient-ils ? Se touchaient-ils ? Toutes ses pensées mirent hors de lui le vampire. « Sérieusement ?! Après tout ce qu’on a fait, vous allez nous laisser cramer ici ?! » Il se retourna vers la seule personne qui pouvait le consoler, des larmes de crocodile coulaient le long de son visage. « Tout ça, c'est… ta faute… Si tu n’avais pas décidé de jouer au plus con, on n'en serait pas là... » il avança dans sa direction, faisant mine d’être anéanti par la situation. De toute manière, ce connard se sentait-il seulement fautif d'avoir emmené un innocent avec lui dans la mort ? Au diable les émotions, il fallait qu’ils survivent, il fallait qu’il agisse et vite. Une fois arrivé devant la montagne de muscle, Styvan serra la pince dans sa main et lui asséna un coup violent directement dans la boite crânienne. Il savait très bien qu'avec la force qu'il possédait, son coup allait tout au mieux l'assommer quelques secondes. Grâce à la surprise de son assaut, il put monter sur son dos. Ses canines étaient positionnées à quelques centimètres de sa carotide. « Vous voulez vraiment priver vos convives d’un si beau spectacle ! Je suis sûr qu’on est les plus amusants de vos foutus jeux ! Vous allez réellement les laisser nous tuer sans m'avoir vu le vider de son sang ?! » hurla-t-il en espérant que quelque chose se passe. « C’est du bluff, si rien ne se passe, surenchéri. » chuchota-t-il dans l’oreille de l’homme qui avait surement déjà repris ses esprits. Il approcha ses crocs de sa peau, l’envie de planter sa chair était forte, mais cela ne servirait à rien.





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Aliénor Vaughan
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Aliénor Vaughan
Ven 09 Sep 2022, 16:44


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Les Jeux de Sahōdara



Les yeux d’Aliénor descendirent sur les lèvres de Lhéasse. L’avait-elle déjà vu sourire ainsi, par le passé ? Doucement, sa salive descendit dans sa gorge. Il y avait, chez lui, quelque chose de presque dérangeant. « C’est-à-dire ? » demanda-t-elle, lorsqu’elle vit qu’il restait silencieux. Leurs rapports avaient changé une première fois lorsqu’il avait été nommé Chancelier des Ténèbres. Il avait dû abandonner son précédent rôle et, quand elle y réfléchissait, son absence lui avait pesé longtemps. Passer d’une surveillance de jour comme de nuit à un néant total l’avait perturbée. Elle s’était habituée à son odeur, à sa respiration la nuit, lorsqu’il dormait non loin d’elle. Elle l’avait observé avaler des livres avec un intérêt inarrêtable. Il lui avait inculqué beaucoup de choses, même si ses rappels à l’ordre incessant lui avaient toujours glacé le sang. Entre eux, il existait une relation spéciale, quelque chose dont ils n’avaient jamais discuté mais qui n’en demeurait pas moins vrai. Elle n’avait jamais désiré en savoir plus. À présent, mille questions venaient se bousculer dans sa tête. Elle n’était plus la femme de l’Empereur Noir. En perdant son statut, elle avait peut-être perdu bien d’autres choses. Elias était-il à présent inférieur à Lhéasse ? Elle côtoyait depuis longtemps les Sorciers, assez pour savoir que plus un homme était haut placé, plus il tenait les autres dans sa poigne. Alors, forcément, elle se le demandait : que voulait-il obtenir d’elle ? Surtout, que pouvait-il obtenir ?

Il répondit, tout bas, en se penchant légèrement vers son oreille. « C’est-à-dire que je ne me vois pas prendre des risques gratuitement. Je ne suis pas contre vous aider mais si votre mari le découvre, vous ne serez pas la seule à en subir les conséquences. » Il se redressa et regarda droit devant lui. « J’imagine que vous comprenez. » Bien sûr, elle l’avait compris. Elle n’était pas sotte à ce point. Étrangement, elle eut l’impression qu’il tournait autour du pot. Elle se pinça les lèvres, hésitante. Elle en avait trop dit, à présent. S’il désirait s’entretenir avec Elias sur ses volontés, il pourrait le faire. Quitte à se mettre en danger, autant jouer le tout pour le tout. « Je comprends. Mais… » Elle prit son temps et plongea dans le lac des incertitudes. « … il se trouve que mon mari n’est plus Empereur Noir. Et vous… vous êtes Chancelier des Ténèbres. Il me semble que vous ne subiriez que des conséquences minimes… » Il sembla se retenir de rire. « Vous m’amusez beaucoup, vous savez. Votre bêtise n’a pas évolué d’un iota et, surtout, vous avez le culot de me prendre pour un idiot. » Il tourna le visage vers elle et la fixa. « Je sais qui est votre ami. Et je sais aussi qu’il n'est pas uniquement votre ami. Si vous désirez le rejoindre, je doute que ce soit pour boire un thé en parlant de la météo. Ne me prenez pas pour un crétin car c’est l’insulte que j’ai le plus de mal à accepter. » « Je ne voulais pas… » « Taisez-vous. » ordonna-t-il, sans que sa voix ne s’élevât pour autant. Son regard quitta Aliénor pour se poser sur l’autre Duc Taiji. Il salua Val’Aimé, ainsi qu’Érasme Salvatore. Aliénor l’imita et ils restèrent silencieux un moment, avant qu’il ne reprît le cours de la conversation.

« Sans même parler du statut de votre mari, qui est bien plus enviable que vous ne le supposez, si je vous aide à rejoindre un Ange, fils de Réprouvés, ce n’est pas la colère de ce dernier que je redoute mais davantage l’accusation de haute trahison. » Elle avait cessé d'y penser à partir du moment où Elias avait été évoqué. Pour elle, c’était devenu un problème matrimonial. Elle se morigéna intérieurement. « Je comprends. » susurra-t-elle, en baissant la tête. Depuis le début, elle tentait de faire abstraction de son environnement et de ce qui s’affichait devant elle. Elle se concentrait sur Lhéasse et ses mains. Avait-il déjà tué avec ces mains ? Serré ces doigts autour d’une gorge ?

Il finit par sourire. « Vous rappelez-vous cette fois où vous avez essayé de me séduire ? » Oui, elle s’en rappelait parfaitement. Elle avait pensé pouvoir obtenir des avantages en le faisant. Il l’avait remise à sa place avec tant de violence qu’elle ne pourrait sans doute plus jamais oublier cet instant. Elle ne s’y était plus essayée depuis. « Oui, c’était lors de la tempête… » « Vous étiez d’un ridicule… » dit-il, sans qu’elle ne vît où est-ce qu’il voulait en venir au juste. Le temps passa. Le hurlement de l’un des participants s’immisça entre eux. Elle frissonna d’horreur. Il finit par se pencher de nouveau, plus proche de son oreille cette fois. Elle tourna la tête vers lui lorsqu’il eut fini, incrédule. Il semblait d’un calme déroutant. « Faites-le. Ensuite, j’envisagerai peut-être de vous aider. »

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Dim 11 Sep 2022, 23:40




Vervallée était une cité magnifique. En ce sens, elle s'y sentait comme un parasite indésirable. Carmine se fit toute petite, plus qu'elle ne l'était déjà. Elle se fondait à merveilles dans la masse, puisqu'elle a troqué les mœurs vestimentaires d'Avalon pour des parures plus couvrantes, plus pratiques pour l'aventure et l'exploration. La moindre parcelle nue de sa peau s'apparentait à une honte. Tout comme, elle détestait rétracter ses ailes et les supporter en son être. Elle baissa la tête et fuyait le moindre regard à chaque croisement. Toutes ces personnes n'étaient que des Mages, mais la fascination qu'ils éprouvaient pour autrui risquait de lui attirer des ennuis. Fort heureusement, Isley ne l'avait pas convoquée aux Jardins de Jhēn ; là, la sortie aurait relevé de l'impossible. Malgré sa relative petitesse par rapport à la capitale Déchue, Vervallée empruntait des similarités dans l'agencement de ses infrastructures, à commencer par sa verticalité croissante, des rives jusqu'aux collines. Tout être ailé de sa trempe serait alors tenté de voguer par les cieux afin de rejoindre plus rapidement et aisément son centre d'intérêt. Hélas, si les Magiciens apercevaient l'ébène de ses plumes – pire, si Isley découvrait le pot-au-rose ! – toutes ses précautions partiront à vau-l'eau. La Zuriel préférait marcher de toute façon, l'exercice lui accordera au moins le mérite de brûler quelques calories.

Elle allait revoir Isley ! C'était insensé et inespéré à la fois. Depuis son soudain cran de le contacter, Carmine redoutait leurs retrouvailles. Allait-il vraiment comprendre qu'ils s'étaient déjà vus ? Que la Rousse et elle avaient permuté le temps d'une soirée et d'une nuitée consécutives ? Elle doutait qu'un Ange de son acabit ait fait grand cas de ce moment on ne peut plus gênant. De son côté, ce fut un merveilleux instant, une occasion précieuse de pouvoir côtoyer le Yuërell. Sans conclure quoi que ce soit, sans que leur relation ait pu dignement évoluer. Par Kinath, même la Rousse avait eu le droit de s'entraîner avec lui le lendemain. Cette chance de se confronter corps et âme au soldat, d'échanger toute leur énergie dans une parade ferrique… Aaah, rien que de dessiner les traits de son visage dans sa tête échauffait son esprit. Elle s'empara alors de sa gourde – renversée tantôt mais aussitôt remplie à la fontaine par un galant inconnu – et s'hydrata bien comme il faut.

Précautionneuse, la native d'Avalon se rapprocha de son objectif. D'un pas lent, ses prunelles observèrent la devanture des Milles Pages. Étant donné l'affluence au sein de l'établissement, elle comprenait pourquoi Isley mentionnât ce bâtiment spécifiquement comme repère. La rouquine s'écarta de l'attroupement des Magiciens afin de trouver la fameuse joaillerie, leur lieu de rendez-vous. La Déchue s'était plusieurs fois demandé pourquoi cette boutique de bijoux en particulier. Face à la vitrine, son reflet revêtait les joyaux emprisonnés. Elle serait si jolie avec ces boucles d'oreilles ou ce collier… Elle sourit en réajustant le bracelet de perles rouges autour de son poignet. Il se pourrait bien que le Yuërell fût féru de bijoux, notamment lorsqu'il était question de les offrir à une demoiselle. Elle ferma les yeux et s'imagina Isley lui passer le pendentif autour du cou. C'était enfantin et fantasmagorique, néanmoins cet interlude lui permit de restreindre son appétit.

" Combien de fois dois-je encore te poignarder ? "

Son palpitant manqua le tempo. De suite, ses yeux s'écarquillèrent face au cauchemar qui embuait sa vue. Dans le reflet de la vitrine, l'ombre menaçante du Démon ternissait l'éclat des gemmes. Aussitôt, la Gourmande pivota sur elle-même et se figea, cernée par non pas un seul mais bien trois engeances des Enfers. Pen'Garleon revêtait étrangement son apparence de Réprouvé d'antan, à l'exception de cet étrange cache-œil qui semblait endiguer une flamme incessante. Il pourrait passer inaperçu dans la foule, de ce fait, même si ses apparats ne transparaissaient point la gaieté Magicienne. Les deux autres, en revanche, plus chétifs que leur comparse, ne masquaient guère leurs faces de diablotins. Comment pouvaient-ils être aussi calmes alors que de nombreuses personnes empruntaient cette rue ? De surcroît en pleine journée ?

" Que… " Les mots peinèrent à franchir ses lèvres.

Sa gorge la brûlait soudainement, progressivement les effets de leur impie fourberie s'enracinaient sur son corps et l'empêchaient de fuir, encore moins de répliquer. Peu à peu, sa vue lui fit prendre conscience que la Zuriel ne se trouvait plus devant la bijouterie depuis quelques temps. Peut-être depuis qu'elle fermât les yeux, qui sait ? Le goût du contenu de sa gourde lui revint également en tête et alors, de fil en aiguille, Carmine comprit comment les griffes démoniaques s'étaient refermées sur elle.

Le meneur grogna face à leur proie. Il semblerait bien que la dose de sa drogue n'ait pas été suffisante. La Déchue aurait déjà dû s'évanouir, au lieu de demeurer dans un état faible et encore conscient. Les diablotins à son service – ou plutôt les larbins des Deiddrenth – suggérèrent avec une hargne insupportable qu'ils devraient l'assommer sur-le-champ, la tabasser un temps afin de se défouler, voire plus ! D'une voix autoritaire, Pen'Garleon fit taire ces énergumènes. Ressemblait-il vraiment à ces ignares, il y a peu en tant que Mādiga ?

" Elle doit être intacte ! Ne lui faites rien ou je vous réduits en cendre ! Il souleva le menton de la rouquine, ses yeux larmoyants. Elle désirait être une sportive de haut niveau, les jeux de Sahōdara lui plairont sans aucun doute… "

Le Saraṇi souhaitait poursuivre ses tourments, au moins pour lui faire payer l'humiliation qu'elle lui infligeât à Sceptelinôst, toutefois il ressentit sa présence le premier. Puis les Mādiga cessèrent leurs pitreries autour de Carmine à leur tour. Cette dernière rassembla ses forces pour focaliser son attention sur l'intervenant, nul autre que son chevalier blanc.

" Quelle surprise de te revoir, Bro (Frère). "

Malgré l'ironie de la situation, le ton employé pour ce surnom demeurait aussi sincère que lors de leur dernière – tumultueuse – rencontre. À dire vrai, le Démon s'était longuement demandé ce que cherchait à faire la Déchue en se rendant à Vervallée, alors que leur altercation s'avérait encore récente. Petit à petit, les pièces du puzzle s'étaient emboîtées dans son crâne et il était peiné de se retrouver dans une telle situation.

" Dis-moi, est-ce que les Vices d'Avalon te manquent ? Pen'Garleon haussa les mains, tout en s'écartant afin de lui désigner leur proie. Tu ne t'enticherais quand même pas d'une Déchue… "

Cruels mots, la Zuriel vit son unique espoir s'envoler telle une plume emportée par la tempête. Elle n'était pas faite pour ça, elle n'était pas faite pour supporter les atrocités du monde. Elle vivait avec les Péchés, et non pas contre eux. Abattue, Carmine se détourna du mieux qu'elle pût de la scène, souhaitant se soustraire de cette scélératesse une bonne fois pour toute.

" Maintenant que tu es au fait de son infâme nature, écarte-toi. "

Quoi qu'il arrivât, le Démon dégainait déjà son épée.


1217 mots ~
Provocation des sentiments chez Isley : la culpabilité



By Jil ♪
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Isiode et Isley
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Isiode et Isley
Jeu 15 Sep 2022, 09:25




Il était mort. Bien sûr, je n’avais jamais aperçu son cadavre, ni ne connaissais, en détails, les circonstances qui l’avaient mené à sa fin… Mais il était supposé être mort. C’est ce qu’on m’avait dit, c’est ce qu’elle m’avait écrit. Je n’étais pas suffisamment crédule pour lui avoir accordé ma foi absolue simplement en raison de quelques coups de plumes, mais après moults hésitations et relectures de son message, j’avais tout de même fini par accorder un certain crédit aux phrases qu’elle m’avait rédigé. Mots par mots, ces dernières réapparaissaient dans mon esprit, alors que je me revoyais, sur les Terres d’Iyora, en train de lire et de découvrir la terrible fatalité : Carmine – la Rousse, le Reflet de ma correspondante – et Pendrake étaient décédés. Le Choucas des Réprouvés n'était plus, et son meurtrier courrait toujours dans les rues. Parce que oui, tous les deux n’auraient pas connu une fin paisible. Si le quand, le comment et le pourquoi m’échappaient toujours, je ne doutais pas qu’il s’agissait forcément du passé du Hrafninn qui l’aurait rattrapé et lui aurait fait payer ses crimes. À l’image de son essence raciale, il n’avait jamais été tout blanc, ses fautes et ses méfaits ayant posé bien des adversités et des accidents sur son long et périlleux parcours. En somme, il avait récolté ce qu’il avait semé. À une époque, cela m’aurait réjoui; une nuisance en moins en ce monde. Pourtant, quand je considérais, aujourd’hui, le fait accompli, je ne pouvais m’empêcher de ressentir un étrange pincement qui serrait le creux de ma poitrine. Peu importe de quoi avait été fait notre passé commun, à lui et à moi, le Hrafninn avait fini par changer : s’il n’avait jamais été tout blanc, il n’avait pas été tout noir pour autant… À notre toute dernière rencontre, il m’avait dit s’être marié, attendre un enfant – qui, depuis le temps, devait désormais être né – et vouloir se ranger. Peut-être ne l’avait-il pas formulé ainsi, mais je croyais sincèrement qu’il souhaitait devenir un homme meilleur, un homme plus fiable et responsable, ne serait-ce que pour sa nouvelle réalité en tant que père de famille. Il s’agissait d’une noble volonté, d’un pas de géant pour un scélérat de sa catégorie, surtout lorsque l’on savait comment il avait, jusqu’alors, dirigé sa vie. Toutefois, avant même qu’il ait pu accomplir cette aspiration, ses efforts et sa résolution furent prématurément brisés… Ou auraient dû?

Oui, auraient dû, parce que si le Bipolaire avait réellement trépassé, comment se fait-il que j’eusse été en mesure d’apercevoir son corps rôder à travers les rues de Vervallée? Pourquoi était-il accompagné de ces deux petits hommes rabougris et de cette rousse aux traits familiers? Je n’avais rien compris sur le moment, paralysé par le choc, par la confusion. Je les avais suivi, traqué, peinant à croire ce que mes yeux me renvoyaient, ayant déjà profondément ancré dans mon esprit l’inévitable « vérité ».

Pourtant, Pendrake Hrafninn se tenait devant moi, en chair et en os. Bien vivant… Pendrake Hrafninn était bel et bien vivant.

« … C’est vraiment toi », laissais-je tomber après de longues secondes de réalisation.

Il était réellement le Choucas. Il aurait très bien pu s’agir d’un usurpateur, d’un sosie ou d’un clone, comme on en voyait parfois, mais aucun n’aurait eu l’idée de s’adresser à moi avec un tel surnom. Je n’étais pas fier de ce qui s’était produit à Avalon, mais cette péripétie s’avérait étrangement opportune à l’heure actuelle… Je n’y croyais pourtant toujours pas, un frisson remontant sur la longueur de mes bras. Durant une poignée de secondes, mon regard se détacha du brun pour observer la jeune femme que les trois hommes encerclaient. Elle était en larmes, terrorisée. Et elle lui ressemblait comme deux gouttes d’eau. Carmine, la Rousse, et Carmine Zuriel… Mes sourcils se froncèrent, l’océan de mon regard plongeant jusqu’au visage du Réprouvé.

« Hrafninn, qu’est-ce que ça veut dire? »

J’aurais pensé que ma voix serait devenue plus grave, plus détachée, mais pour une raison que j’ignorais complètement, elle m’apparut étrangement triste et chevrotante. Plus que ses propos concernant la rouquine, je ne comprenais pas ce que je voyais. Carmine, en présence d’un ressuscité, et ce dernier était suivi par ces deux… Si mon aversion naturelle pour ces engeances ne cessait de me faire trembler, mes poils s’hérissèrent plus encore maintenant que je posais directement mes yeux sur leurs figures.

« Certainement moins infâme que la tienne… Déchue, Orine ou Alfar : actuellement, ce n’était pas ma première préoccupation. Qu’est-ce que tu fais? Qu’est-ce que c’est que ce cirque? Il avait levé une arme et malgré cela, je ne dégainais pas la mienne. Il s’agit bien de Carmine, n’est-ce pas? Carmine Zuriel? Ou Carmine la Rousse? Je n’étais sûr de rien, confus : après tout, l’un semblait être revenu à la vie, alors pourquoi ne serait-ce pas le cas de la seconde victime? Pourquoi l’as-tu amené ici, et avec ces deux diables à tes flancs? Je grognais, mon cœur battant pourtant furieusement en le regardant. … On m’a dit que tu étais mort, que tu as été tué avec Carmine! Mes pupilles peinaient à garder le focus. Était-ce un mensonge? »

Discrètement, je tournais mon menton en direction de la jeune femme. Sans la fixer, je m’adressais tout de même à elle. Cependant, au même moment, l’un des Diables se jeta sur la rousse, allongeant l’un de ses bras pour la ramasser. Prise d’otage ou autres desseins, je réagis au quart de tour, filant à toute vitesse jusqu’à leur hauteur pour les séparer définitivement.

« N’approchez pas! » Vociférais-je en plaquant l’une de mes mains sur l’épaule de l’engeance, la repoussant de toutes mes forces pour la faire valdinguer au sol.

Si la chute fût brutale, le malin brailla pourtant de tous ses poumons, empoignant entre ses phalanges l’épaule que j’avais touché. Une chaleur perçait sa peau et il nous était possible d’entendre les sifflements de la brûlure ronger sa chair. Je les bannissais, ancrant solidement mes pieds au sol, arme au poing, tout en m‘assurant de rester entre la jeune femme et ses agresseurs.

« Reculez! »

Pour les dissuader d’avancer, j’invoquais deux Armures Enchantées. À nous trois, nous créâmes une imposante barricade. Encore une fois, je jetais un coup d’œil vers la rousse.

« Est-ce qu’ils vous ont fait quoi que ce soit? Finalement, qu’il s’agisse de l’Originale ou du Reflet importait peu : Hrafninn dépassait les bornes. Et toi! Criais-je à l’attention du Choucas. Réponds-moi! Qu’est-ce qui te prend? »

Tu étais censé devenir meilleur… Tu étais supposé avoir changé. J’étais dévasté et surtout, ne comprenais pas pourquoi tu réalisais tout cela. Tes ténèbres ne m’étaient pas encore visibles, parce que je croyais que les seuls qui exacerbaient ainsi mon humeur étaient tes deux larbins. Je n’avais pas encore saisi que le Réprouvé d’antan n’était plus qu’une simple apparence, un artifice pour les yeux aveugles.


1 154 mots | Post I | Provocation d’émotions avec Penpen : l’hystérie.

Isley utilise les pouvoirs suivants :
- Bannissement : Seuls les êtres d'alignement Bénéfique peuvent avoir ce pouvoir. Inflige des dommages physiques ou mentaux plus ou moins lourds aux créatures maléfiques ou faites de ténèbres. Des raies de lumières chatoyants viennent caresser la cible, les brûlant physiquement s'ils sont dotés d'un corps ou les torturant mentalement s'ils ne sont pas palpables.

- Les Larmes des Cieux : Si ce don permettait aux Anges de soigner les maux, aussi bien physiques que psychologiques, la guerre qu’ils perdirent contre les Démons leur permit de découvrir enfin les propriétés des Larmes d’Anges, ces pierres mystérieuses produites par les pleurs des créatures aux ailes immaculées. Ainsi, si ces dernières continuent à pouvoir utiliser la magie blanche comme bon leur plaît, il existe deux spécialisations au choix : « Les Armures Enchantées » et « La Clarté Divine ». La première permet à l’Ange d’utiliser une Larme d’Ange pour créer deux armures qui se battront à ses côtés, tels des guerriers qui l’appuieront, d’un niveau inférieur à lui.




It's a little price to pay for salvation
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[Event Septembre & Octobre] - Les Jeux de Sahōdara Signat20
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Stanislav Dementiæ
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Stanislav Dementiæ
Ven 23 Sep 2022, 13:13


Les Jeux de Sahōdara
Dorian & Thessalia

RP précédent ; La fertilité

La Mauvaise Foi consiste à affirmer des éléments comme étant vrais tout en sachant pertinemment qu’ils sont faux ou injustifiés.



Thessalia grimaça. Elle avait mal. A la tête, dont les tempes pulsaient chaotiquement. A ses quatre membres, qui étaient étirés de chaque côtés de sa silhouette. Le poids de son corps reposait sur ses bras, devenus engourdis sous l'effet de leur charge. Le sang semblait les avoir déserté : un fourmillement désagréable lui donnait l'impression que des centaines d'aiguilles s'enfonçaient dans ses mains, et remontaient ses avant-bras jusqu'à ses épaules. Elle essaya de bouger ses doigts pour faire remonter l'afflux sanguin mais ce simple geste lui arracha un geignement. Revenant peu à peu à la conscience, la Vampire essaya de s'appuyer sur ses jambes pour ménager ses bras : c'est là qu'elle remarqua que ses mouvements étaient entravés par des liens : un bruit métallique se répercuta en échos autour d'elle. Un mauvais pressentiment commença peu à peu à remplacer le vague qui flottait dans son esprit. La Vampire essaya de se rappeler ce qu'il s'était passé pour qu'elle se retrouva dans cette position : elle avait fuit avec Dorian, ils avaient chassé un daim et... Un frisson dévala sa colonne, comme si son corps percevait enfin le danger qui l'avait guetté. Il était trop tard pour y échapper, désormais. A grand renfort de grognements hargneux, la blanche ouvrit enfin ses paupières : elles étaient lourdes et ne se montraient pas coopératives, abaissant un voile opaque sur l'environnement dans lequel se trouvait la captive. A force d'obstination, elle parvint enfin à ouvrir les yeux, suffisamment pour capter ce qui l'entourait.

La salle était plongée dans l'obscurité. On n'y voyait guère plus qu'à un mètre... Pourtant, c'était dans cette absence de luminosité que les pupilles des Enfants de la Nuit y voyaient le mieux. La Louve devinait plus qu'elle ne voyait les silhouettes d'inconnus, disposés en cercle ; tous se trouvaient dans une position identique à la sienne, immobilisés par des chaines. Thessalia essaya une fois de plus de tirer sur ses liens, mais elle ne parvint qu'à se faire mal. « Do... Dorian... » croassa-t-elle d'une voix rauque. « Dorian, t'es là ? » insista-t-elle en essayant de faire courir son regard sur les silhouettes endormies. D'autres prisonniers commençaient à s'agiter et à émerger de leur sommeil - ou plutôt, de leur coma. Les yeux carmins de la femme se posèrent sur son voisin : le descendant de Douria semblait en aussi piteux état qu'elle. « Où est-ce qu'on est ? » grogna-t-elle, sans songer qu'il n'avait pas plus d'idées qu'elle sur leur localisation. D'autres questions fusaient dans l'abysse de la nuit : « Qui parle ? » « Que me voulez-vous ? » « Relâchez-moi. » La Rahzden les ignora toutes. Elle avait reniflé un peu trop fortement et le regrettait amèrement, maintenant que le mélange olfactif avait imprégné ses narines. Urines, transpirations, vomis, chien mouillé, terre, sang. Sang. Son rythme cardiaque s'accéléra de nouveau, ses canines s'allongèrent... La faim était toujours présente, tapie sous l'ombre, prête à resurgir à la moindre occasion. Malgré son état d'épuisement, la blanche commença à s'agiter de nouveau.

La lumière -blanche, vive, brûlante - aveugla la Vampire, qui ferma vivement les paupières, cachant son visage dans le creux de son épaule, essayant de se dissimuler derrière le rideau de ses cheveux. La douleur était parvenue à la détourner de sa Soif. « Bienvenue aux Jeux de Sahōdara. » La voix avait résonné dans la salle, sans venir d'une direction précise : elle semblait émaner de partout à la fois, se répercutant en échos sur les parois de roche. Les protestations s'étaient toutes tues : tous écoutaient cet interlocuteur anonyme. « Maintenant que tout le monde est réveillé, la première épreuve va pouvoir débuter. Les règles sont simples : répondez à la question qui vous sera posée, et vous serez libéré de vos emprises. Refusez ou mentez, et... » Les chaines se mirent à tirer sur les membres déjà tendus des prisonniers, arrachant des cris d'effroi et de douleur. Les réactions firent rire la voix. « Ceux qui n'auront pas répondu dans le temps imparti subiront un sort... navrant. » Thessalia, qui s'était de nouveau aventurée hors de sa cachette, plissa les yeux : elle vit en effet un sablier léviter au dessus d'une étrange mécanique. Un totem trônait au centre de la pièce, armé d'un bras de fer, paré telle une aiguille. Le totem arborait un étrange crâne au dessus d'une fleur de lotus. « Que les jeux commencent et, surtout, que les péchés vous étreignent. » Le bras métallique se mit à tourner dans un cliquetis sinistre ; le sablier se retourna, démarrant la course du temps. Mais la Blanche cessa de suivre sa progression : son regard s'était accroché à la silhouette familière de son cousin. Il était en piètre état, mais elle reconnu immédiatement sa face arrogante. « Dewey ! » appela-t-elle dans un mélange d'horreur et de soulagement.

« Thessalia Novikov. » A l'entente de son prénom, la blanche avait levé le visage en l'air, comme si la Voix venait du ciel. Constatant qu'il n'y avait que la voûte de cette grotte, elle regarda le totem... L'aiguille s'était immobilisée dans sa direction. La Vampire sentit son sang se figer. « Admettez-vous avoir pleinement embrassé votre nouvelle condition de Vampire, et de vous y complaire ? » La réaction fut si vive, si viscérale que la concernée ne s'était pas rendue compte qu'elle avait répondu. « Quoi ? Non ! Certainement pas ! » Les chaînes tirèrent sur ses bras et ses jambes, lui arrachant un couinement. A sa propre surprise, la punition ne s'était pas appliquée uniquement à elle : tous les autres participants avaient subi l'écartèlement. « Mauvaise réponse. Admettez-vous avoir pleinement embrassé votre nouvelle condition de Vampire, et de vous y complaire ? » répéta la voix. Thessalia, haletante, releva la tête en face d'elle. Une larme dévala le long de sa joue. Le regard du Coyote la toisait ardemment, avec un mélange de rage et de répulsion. Le regard réservé à une abomination.  L'accusée secoua la tête de droite à gauche. Non, elle n'appréciait certainement pas sa nouvelle condition. Elle la haïssait. La méprisait du plus profond de son âme. Et pourtant... Une petite voix au fond d'elle-même semblait s'agiter. N'avait-elle pas fini par admettre qu'il y avait davantage de similitudes entre les Eversha et les Vampires que ce qu'elle avait bien voulu admettre de prime abord ? N'avait-elle pas été grisée par la chasse ? Même si elle n'était plus sous sa forme animale, ce nouveau corps était plus robuste, plus adapté que le précédent. Elle se déplaçait plus vite, pouvait percevoir le gibier avec une étonnante facilité... Non ! Elle était devenue prisonnière de cette condition. Elle n'avait jamais demandé à devenir l'esclave de la Nuit et une paria du Soleil. Et surtout, elle n'admettait pas d'avoir perdu son clan... Pourtant... Pourtant, elle y pensait de moins en moins. Les jours passaient et elle s'habituait peu à peu à leur absence, remplacée par une nouvelle fratrie. Et qu'en était-il de cette bestialité qui s'emparait d'elle à chaque fois qu'elle s'approchait de sang, de ce besoin morbide qui la forçait à s'en prendre aux autres ? Elle l'avait détesté du plus profond de son être et pourtant, une part d'elle-même avait compris que cette dépendance n'était que temporaire. Du moins, l'état second dans lequel elle la plongeait pourrait être contrôlé, avec le temps... Finalement, la blanche avait commencé à accepter son Destin, sans plus songer à retrouver son ancienne vie. Pourtant, les mots refusaient de sortir. L'admettre tout haut paraissait être le plus atroce des crimes. Une fois prononcés, ils ancreraient une réalité qu'elle n'était pas prête à accepter. Une fois qu'elle l'aurait dit, elle ne pourrait plus faire machine arrière. Certainement pas lorsque Dewey serait témoin.

Les chaînes s'étirèrent une fois de plus. Nouveaux cris. « Réponds bordel ! » Les voix s'impatientaient. « Mens, on en a rien à foutre ! Tu sais très bien ce qu'ils veulent t'entendre dire, alors crache le morceau ! » Les lèvres de Thessalia tremblèrent. « On a pas de temps à perdre, dit oui ! » Les plus observateurs avaient pu remarquer que le sablier était trop gros pour ne pouvoir compter qu'une seule personne - tout le monde aurait eu le temps de finir écarté en morceau avant que le dernier grain ne s'écoule. Il était cependant trop petit pour que tous les participants se permettent de tergiverser, hésiter ou mentir. Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose. Ceux qui n'auraient pas eu le temps de répondre finiraient écartelés une fois le temps écoulé. Les premiers étaient avantagés, et cette idiote perdait un temps qui leur était précieux. « Je... » La voix de la jugée se brisa. Elle détourna le regard. La douleur était trop vive, elle voulait s'en soustraire. Pourtant, parler lui semblait insurmontable. Elle s'en sentait incapable, surtout lorsqu'elle sentait le regard brûlant de l'Eversha. « C'est vrai... Je ne déteste pas être un Vampire. » croassa-t-elle, sentant les larmes chaudes couler de ses yeux. « Et je... Je commence à... à apprécier. » Les sangles autour de ses poignets et de ses chevilles se délestèrent : la jeune femme s'écroula au sol, soulevant un nuage de poussière.

Le souffle coupé par la force de l'impact, Thessalia lutta pour retrouver sa respiration. Là, elle se mit sur ses jambes tremblotantes et se dirigea vers le Coyote. « Dewey... » « Ne m'approche pas, monstre ! » « Dewey je... J'ai... » « BATS LES PATTES ! » Thessalia avait essayé de tirer sur les chaînes, comme pour délivrer son cousin. Celui-ci avait cependant refusé, donnant un coup de pied, comme pour chasser la traîtresse. Bien sûr, ses mouvements entravés n'eurent pas beaucoup d'effet mais la symbolique n'échappa pas à la blanche. Il ne voulait plus de son aide. « Dewey... » sanglota la Vampire d'un air implorant, comme pour s'excuser de l'affront qu'elle lui avait fait. Pour toute réponse, l'Eversha lui cracha au visage. La peine surpassa la fierté et, plutôt que de s'obstiner, la blanche recula d'un pas, tremblante de la tête aux pieds. « Thessalia ! » L'appel était venu de Dorian. Lui aussi était encore prisonnier. Et, contrairement à l'ingrat, il ne refuserait pas son aide.

1755 mots
Désolée pour le pavé. 8D



Merci Kyky  nastae
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Dorian Lang
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Dorian Lang
Sam 24 Sep 2022, 20:20

[Event Septembre & Octobre] - Les Jeux de Sahōdara Uzt0
Les Jeux de Sahōdara
Avec Thessalia



À mon plus grand regret, j'avais regagné ma conscience depuis quelques minutes déjà. Le front ceinturé par une douleur cinglante, je gardais les paupières soudées comme si cela pouvait convaincre ma migraine d'aller voir ailleurs. J'avais ouvert les yeux brièvement au début et un tour d'horizon avait suffit. Je savais reconnaître quand j'étais dans la merde. Nu comme un ver (merci Thessalia et tes idées de génie), j'essayais de bouger le moins possible pour oublier les bracelets métalliques entravant mes mouvements. Nous étions nombreux, même plus nombreux que je l'avais vu au départ, si j'en jugeais des respirations qui s'accumulaient dans la pièce ovale. Où étions-nous ? Je m'en fichais. J'en avais juste marre.

Mon nom écorcha mes oreilles. Je soupirai sans répondre. Comme il devait être reposant d'être mort. Finalement, je consentis à ouvrir les yeux. Un de mes carreaux de lunettes était fendu. « Reste calme. Paniquer ne sert à rien. » Je grimaçai. Parler ravivait la douleur sur mes tempes. J'avais d'abord pensé que les Fanatiques de Lubuska nous avaient mis la main dessus mais cela ne leur ressemblait guère de nous placer ici avec toutes ces autres personnes. Nous étions d'ailleurs les seuls Vampires, ma Soif avait pris bonne note de cette information, essentielle. Au moins, nous n'allions pas mourir de soif, songeai-je lugubrement.

Une vive lumière crue s'abattit sur mes yeux comme une massue et je jurai entre mes dents. Les enfoirés. Néanmoins, je tendis l'oreille. Les jeux de quoi ? Jouer ? C'était une plaisanterie ? Si jamais je trouvais l'auteur de cette voix... La pression subite sur mes membres mit un terme à mes menaces futiles et je serrai les dents pour retenir un gémissement. C'est là que je croisai des yeux d'un cyan qui aurait pu faire rougir le ciel de jalousie. Ma mâchoire se décrocha. Son visage séraphin avait blêmit sous l'effet de la peur et j'eus le sentiment qu'on écrasait un marteau sur mon torse pour mettre un terme aux palpitations qui le soulevaient. Il m'avait aussi reconnu et il prit aussitôt un air suppliant qui m'acheva. « Bae... » Je tirai sur mes liens et les chaînes s'enfoncèrent profondément dans la chair de mes poignets. Je cessai de lutter quand la voix reprit pour cibler ma congénère. Je l'avais oubliée momentanément, obnubilé par la présence du blond. Il paraissait si petit et chétif ici et une haine viscérale laboura mon ventre. Je ne pouvais rien faire pour lui.

Je me forçai à détacher mon regard de sa silhouette pour reporter mon attention sur l'immense sablier et sur Thessalia. Elle avait eu une question facile, et je repris espoir. À peine cristallisé, il explosa quelques secondes après sous la réponse de la Rhazdens. Les yeux ronds, j'étais ébahi. La réaction ne se fit pas attendre. « Abrutie ! » Crachai-je dans la douleur. Les veines saillaient sur mes bras et mes jambes et j'eus envie de tous les tuer. Lâchement, je refusai de regarder dans la direction de l'éphèbe, même lorsque le mécanisme s'enclencha une troisième fois face au silence de l'ancienne louve. Aurai-je été plus compréhensif en d'autres circonstances ? Probablement pas. Ses conditions de transformation avaient été particulières, mais je ne trouvais aucune compassion en moi pour cette Vampire ratée. Il aurait mieux valu qu'elle crève à cette guerre des crocs. Elle ne serait jamais loyale aux siens, et n'était pas en mesure de retourner à sa meute. Je me demandais ce que Lubuska pensait de tout ça, mais sans doute avait-elle mieux à faire que de surveiller les Rahzdens quand on voyait leurs chances de survie.

Après ce qui me parut un temps infini où chaque seconde consolidait ma rancœur, elle céda et fut libérée. Immédiatement, l'aiguille géante pivota sur ses gonds et désigna une autre victime. Je n'écoutai pas, mon attention rivée sur Thessalia. Peut-être allait-elle pouvoir se rendre utile. Si elle y arrivait, j'oublierai qu'elle avait accouru aux côtés de son Dewey en premier. « Aide-moi à me détacher. Tout ça a assez duré. On se casse. » J'irai ensuite libérer Bae. Alors que la Vampire s'évertuait sur mes chaînes, je cherchai une issue de sortie. Il y avait une porte close et le soulagement déferla en moi. « Dépêches-toi ! » Pressai-je ma comparse, agacé de sa lenteur.

« Dorian Lang. »

Je sursautai et me trouvai nez à nez avec la pointe de l'aiguille. L'autre avait donc confessé assez vite pour que nous ne souffrions pas. Je soufflai du nez. « Allez, qu'on en finisse. » Imperturbable, la voix enchaîna. « Admettez-vous avoir tué votre femme et être prêt à le faire à nouveau si votre Créatrice vous en donnait l'ordre ? » Un silence stupéfait accueillit la question, avant d'être brisé par un rire incrédule. Déplacé, il sortait de ma gorge sans que j'eusse conscience d'en être l'auteur. « Quoi ? » Je regardai à gauche, puis à droite, à la recherche de quelqu'un pour partager le ridicule de cette question. Les chaînes coulissèrent et un film de sueur froide me recouvrit en entendant les plaintes faibles provenir de là où était étendu Bae. La question flotta à nouveau dans l'air et j'eus un goût de bile dans la bouche. Elle me ramenait à un passé que j'avais réussi à laisser derrière moi et que je refusais d'affronter encore. « C'est grotesque. Jamais Laysa ne me demanderait ça. » Horrifié, j'entendis à nouveau le système fonctionner et une femme éclata en gros sanglots. Je la regardai, son épaule était déboîtée. Je fronçai les sourcils. Qui était le frappé qui avait conçu ces jeux ? Je n'obtins pas de réponse, uniquement la question, renouvelée, comme si j'avais pu l'oublier. Soumis à une avalanche d'avanies de la part des torturés, je fermai les yeux pour m'isoler. Je savais ce que je devais répondre. La réponse ne m'inspirait que du dégoût, pour moi-même et pour ce lien qui m'était imposé. Tout avait toujours été faux avec Laysa, du début quand elle m'avait envoûté, jusqu'à aujourd'hui où je n'étais qu'un pantin à sa merci. Et je l'aimais, inexplicablement et irrationnellement. « Oui. Je le ferai encore. » Je ne développai pas et quand les menottes s'ouvrirent, je me réceptionnai au sol. Le visage fermé, j'allai aussitôt jusqu'à Bae pour le défaire de ses liens et tenter de le rassurer. Blanc comme un linge, il tremblait sur sa planche et je me mis à ânonner des propos réchauffés, tant pour moi que pour lui, en lui promettant que tout allait bien se passer et que j'allais le sortir de là. Mais ceux qui se cachaient derrière ces jeux étaient malins et seule sa réponse à l'aiguille réussit à le libérer, ainsi que les autres participants.

« Tu vas bien ? » Je le palpai pour vérifier par moi-même et ce faisant, fronçai les sourcils. Je reniflai. « Je ne sais pas si c'est à cause de l'endroit mais ton odeur a changé. » Je ne parvins pas à cacher le ton accusateur et peut-être étais-je en train de sombrer dans la paranoïa. Il n'était pas question de le sucer pour apaiser mes soupçons, nous patientions tous, ou presque la suite des évènements. Certains commençaient déjà à se rigidifier, avec ce qu'il restait de leur corps, un simple tronc pour les derniers malchanceux. Si j'avais pensé que c'était une plaisanterie au départ, la conclusion de cette partie avait terminé de me convaincre du contraire. Je rapprochai Bae de moi et pris sa main. « Reste près de moi. » Lui ordonnai-je.

La porte s'ouvrit en grinçant et après une courte hésitation, nous pénétrâmes dans la nouvelle pièce. Je clignai des yeux. Il s'agissait d'une cuisine, mais assez vaste pour préparer un buffet pour plusieurs centaines de personnes. Plusieurs ilots étaient dispersés en son sein, dont la surface en métal luisait faiblement à la lueur des bougies. Je discernai des instruments sur chacun d'entre eux. Un mauvais pressentiment remonta le long de ma colonne vertébrale et je serrai les doigts du blond. Je jetai un coup d'oeil à Thessalia et fut pris de pitié. Seule depuis que son ancien ami l'avait rejetée, je l'avais complètement délaissée moi aussi. Maladroitement, je passai une main sur son épaule. J'ouvris la bouche mais ne trouvai pas quoi dire. Gêné, je la refermai.

« Félicitations aux survivants. » Déclara chaleureusement la voix haïe. « Vous commencez sûrement à comprendre le thème commun de ces distractions. Pour les plus lents d'esprit d'entre vous, nous avons préparé une nouvelle activité qui ne pourra que vous éclairer. » Elle marqua une pause et des lustres s'enflammèrent au dessus de chaque ilot. « Il y a un nom sur chaque plan de travail. La personne désignée possède une clé, une clé qui sera importante pour votre survie. Cette dernière est cachée dans son corps. Ce n'est pas précisé où, mais les instruments à votre disposition sont là pour vous mettre sur la voie. Comme nous sommes charitables, nous vous avons donné un petit coup de pouce que vous aurez le plaisir de découvrir par vous-mêmes. Prenez place, divertissez-nous et surtout n'oubliez pas, que les péchés vous étreignent. »

Message I | 1590 mots
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Dim 25 Sep 2022, 15:36



" "Tué" ? Il secoua la tête, une certaine migraine commença à s'enraciner au plus profond de son crâne. Pétrifiée par le poison en son être et par la présence écrasante de son agresseur, la Zuriel peina à soutenir le moindre regard. La Rousse est morte de mes mains. Le crépitement de l'argile se fit peu à peu entendre, sa peau se grisait à vue d'œil, alors que la flamme de son cache-œil léchait à présent ses mèches pour les rougir. Et par son sacrifice, j'ai enfin pu me débarrasser de ces Vertus qui aliénaient mon véritable nom. Il avait l'air un peu plus grand, les ténèbres s'extirpaient des fissures de son enveloppe apparemment vide. Pour toi, Bro, Pendrake Hrafninn est mort. Il esquissa un pas, sa longue chevelure termina son bain sanguinolent. Et de ses cendres se relève Pen'Garleon Deiddrenth. Ses iris brillèrent d'un doré malsain. Démon. "


La situation s'envenima. Cette perte de contrôle eût tôt fait d'irriter la fameuse engeance des Enfers. L'intervention d'un Ange – et plus particulièrement du Yuërell – n'était pas prévue. Dans le pire des cas, ils auraient tué quelques témoins Magiciens, mais un soldat de la Nith-Haiah… Cette véhémence remontait tout le long de ses fibres musculaires, s'insinuait dans ses nerfs et gorgeait son sang d'une effervescence intarissable. Il aurait dû rester calme – le seul cerveau de ce trio démoniaque après tout – pourtant, il n'y parvenait pas. Était-ce le contrecoup de sa nature, de se laisser emporter par ses Vices ? Il n'était plus un Mādiga. Il était plus que cela, il était destiné à plus ! Ne pouvait-il dès lors plus tolérer la moindre aura vertueuse ? Il serra les dents, enfouissant son visage derrière sa main, alors qu'Isley se démenait pour protéger sa nouvelle dulcinée. Ce n'était absolument pas prévu. Ce n'était pas dans ses plans et il allait corriger cela sur-le-champ.

" N-Non… Sous la protection du Yuërell, Carmine reprenait un peu plus contenance. Je n'arrive plus à me lever… " Elle était un poids, et Isley était seul contre trois !

Au cas où ses intentions ne furent point assez claires, Pen'Garleon laissa sa magie s'emballer et distiller ses macabres spores sur la moindre étincelle bienveillante. Une telle tentative ne saurait mettre à mal un authentique Ange, tant ses convictions demeureront fortes face à l'adversité éternelle. Au mieux, la Tentation du Diable chatouillera ses vains espoirs. Toutefois, ces ténèbres ne ciblaient pas le chevalier blanc en particulier : elles s'étendirent vers une proie bien plus réceptrice, une femme coutumière aux conséquences pécheresses. Un surplus de magie ne semblait point nécessaire, il suffisait d'une simple étincelle pour raviver la flamme d'une Corvus. Il fut déjà trop tard pour la Zuriel de comprendre le traquenard : son estomac grognait, soudain plus vorace et vidé de toutes ses réserves. Son ventre lui faisait mal, elle s'entortillait en position fœtale, affamée sur place et incapable de se débattre. Elle avait faim, si faim ! La Gourmandise brouilla sa vue et tout ce qu'elle aperçut comme solution se présente juste sous ses yeux… Dénuée de raison, Carmine mordit à pleine dents son propre membre et chercha à en arracher les premières couches d'épiderme.

Les agresseurs profitèrent de cette distraction pour attaquer les Armures Enchantées. Chaque diablotin cherchait à abattre les invocations, tandis que le Démon supérieur disparaissait de la vue de tous. Il réapparut aux côtés d'Isley, l'invisibilité cessant de faire effet lorsque ce dernier se rendit compte de sa présence. Pen'Garleon serra les dents et para l'attaque à temps. La fourberie s'avérait inutile sur le Yuërell, il était beaucoup trop vigilant et bien au fait de la nature sournoise de son adversaire. Dans ce cas, il ne restait bien qu'une seule alternative : s'engager au front. La différence d'éducation martiale était nette : le Démon dessinait des assauts archaïques et sans réelle logique, tout droit emprunté de sa survie au beau milieu des malfrats, tandis que l'Ange travaillait la moindre de ses attaques, afin de percer à travers les défenses de son ennemi. Jusqu'à aujourd'hui, ni l'un ni l'autre n'avait croisé le fer. Et leurs natures respectives en redemandaient encore, d'annihiler une bonne fois pour toute cette facette opposée de la pièce. Plus Pen'Garleon répliquait, plus sa hargne se décuplait. Ce n'était pas bon, cette fureur risquait de lui faire commettre un écart fatal. Être un renard, redevenir un renard. Il se focalisa sur cette idée, fit grincer le fil de sa lame sur celle d'Isley et, de sa main libre, déploya le lacet étrangleur. Le filin traça sa route autour du cou de l'Ange et le Démon profita de la surprise pour se décaler derrière lui et tirer sur sa gorge. Le fourbe maintint sa prise et lui susurra, fébrile, à l'oreille.

" Tu te débats pour cette chose ?! Carmine était en sang et ses larmes abondantes se mêlaient à la plaie qu'elle dévorait avec avidité. Tue-la, elle est corrompue par les Péch— GAAAH ! "

Il recula de quelques pas, libérant par la même occasion le cou de l'Ange. Son nez s'effrita au même titre que son enveloppe démoniaque et pissait le sang. Ses crocs se resserrèrent davantage, incapable de pouvoir maîtriser cette épine dans le pied. L'une des gargouilles avait réussi à se débarrasser d'une Armure, mais l'autre s'était faite aisément embrocher, victime du pénible sort de l'Immaculé.

" Toi… Un grognement guttural remonta le long de sa gorge. Vous tous… "

Comme libérée du maléfice, Carmine cessa sa folie et s'éloigna aussitôt de son méfait, roulant sur le côté pour rester derrière son protecteur. Tant d'états l'accablaient en un instant : le dégoût, l'envie de vomir, l'adrénaline, la fatigue grandissante, le souhait de se réveiller de ce cauchemar. Mais le plus prédominant était celui-ci : la peur. Parce que cette pression sur ses épaules, elle l'avait déjà ressentie à Sceptelinôst. La Zuriel savait ce dont était capable le Deiddrenth dès l'instant où il prononçait ces mots, dès le moment où il se redressait ainsi et qu'il paraissait aussi silencieux que la Mort. La Déchue resserra son étreinte sur le bracelet ; cette fois, elle ne capitulera pas.

" Isley ! Faites attention ! "

De la coquille démoniaque s'échappa un brouillard glacial, opaque et oppressante. Fils de la Ville Corrompue, son ombre se déplaça à travers la fumée et créait des arabesques monstrueuses, des illusions sonores et implacables. La dernière Armure vola en éclats. Il fondit sur l'Ange, lui asséna plusieurs coups bien plus forts que tout à l'heure. Il était prêt à tout pour le tuer, c'était bien ce qui luisait en son âme et ce qu'Isley pouvait percevoir.

Du moins, c'était ce qu'il croyait. Puisqu'une fois Pen'Garleon "éliminé", le brouillard se dissipa et le Démon se pencha sur la rousse ; sa lame s'enfonça dans ses entrailles. Je te poignarderai, encore et encore.


1193 mots ~

- La Tentation du Diable : Don qui perdit plus d’un être, la Tentation du Diable est un pouvoir qui entraîne les êtres au cœur du vice. Il permet aux Démons de distiller les Péchés où ils passent et, ainsi, de créer la violence et le chaos. Le Démon peut user de la Tentation du Diable de façon globale lorsqu’il a atteint le niveau de magie suffisant. Cependant, si le pouvoir s’infiltre dans les brèches des êtres, il ne pourra le faire que si ces dernières existent. Essayer de tenter un homme exempt de toutes pensées luxurieuses par le Péché de la Luxure ne produira, de ce fait, aucun effet. Il est donc évident que les Anges sont les créatures les plus difficiles à tenter, ces derniers n’ayant que très peu de failles, voire aucune.

- Sceptre des Ombres : Invisibilité

- L'ombre d'Amilakash : C'est un pouvoir qui crée un brouillard glacé autour de l'utilisateur. Les spectateurs les plus fragiles peuvent percevoir des mouvements effrayants dans le brouillard et en ressentir de l'effroi.



By Jil ♪
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Stanislav Dementiæ
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Dim 25 Sep 2022, 18:18


Les Jeux de Sahōdara
Dorian & Thessalia

La Cruauté correspond au plaisir éprouvé à voir un être souffrir ou à le faire souffrir.



Thessalia essuya ses larmes d'un geste rageur : aussitôt, de nouveau sillons déferlèrent sur ses joues humides. Les ignorant, elle s'approcha du Vampire et, comme elle l'avait fait pour le Coyote, elle commença à tirer sur les chaînes. Elles étaient solidement ancrées à la terre et malgré ses efforts, ne semblèrent pas vaciller un instant. Changeant de stratégie, la blanche s'intéressa aux lanières de cuir qui encerclaient les chevilles du prisonnier. Il n'y avait pas de boucle : il s'agissait d'un bracelet parfait, sans doute adapté magiquement aux tailles des captifs. La femme-bête tira dessus. Voyant que cela n'avait pas d'autre effet que de faire grimacer le brun, elle essaya de le lacérer de ses ongles, puis de tirer dessus avec ses dents. Elle avait beau décharger sa hargne et son amertume, le ruban de cuir était totalement intact. On ne voyait pas même la trace de ses dents. « Je fais de mon mieux ! » répliqua-t-elle, agacée par l'impatience de son camarade. Son échec ne faisait que raviver sa fureur. Elle se sentait dépassée par la situation. Elle craignait de regarder Dewey, imaginant le regard meurtrier qu'il dardait sur elle. Si elle ne pouvait pas compter sur l'Eversha, Dorian devenait sa seule accroche. Elle ne désirait pas le voir mourir, pas maintenant, pas quand elle avait encore désespérément besoin de lui. Dans ce monde hostile, il devenait son meilleur moyen de s'en sortir. Et pourtant, elle se révélait incapable de le libérer. Thessalia lâcha un cri frustré, tirant de toutes ses forces sur la lanière, en vain. Elle se retourna et donna un coup de pied dans le sol poussiéreux, avant d'essayer de revenir à son collaborateur. L'aiguille se remit à tourner sur elle-même. Derrière le totem, une autre personne avait été libérée de ses liens. Lorsque la voix désigna Dorian, la blanche lâcha un soupir rassuré. Il n'avait plus qu'à admettre la vérité, et il serait sauf. Son échec à elle ne lui serait pas fatal. Soulagée, la Louve reporta son attention sur leur prison, prenant soin de tourner le dos à Dewey. Lorsqu'elle aperçut la porte, elle se dirigea dessus et essaya de forcer l'ouverture, sans plus de résultat que pour son entreprise précédente.

Le temps s'égrena, les réponses s'arrachaient une à une, entrecoupées des lamentations et des cris torturés de ceux subissant les dénégations et les silences, impuissants face à leur traitement. Les corps tombaient, mais pas assez vites : bientôt, les épaules commencèrent à ses déboîter, les os à craquer dangereusement, les gens à tomber dans des états comateux sous l'effet de la douleur. Et le sablier qui s'écoulait, avec une vitesse qui semblait s'accélérer à mesure que les prisonniers s'échappaient, comme s'il tenait à piéger quelques âmes innocentes. « Dewey... Dewey, laisse moi t'aider, je t'en supplie ! » Thessalia était retournée auprès de son cousin. « Plutôt mourir ! » grogna-t-il. Et, comme une prière qu'on exhausse, le dernier grain s'écoula. Les chaînes tirèrent avec une vigueur brutale : les corps éclatèrent tels des ballons de baudruche. Les yeux ébahis, la bouche ouverte sur un cri muet, la blanche fut éclaboussée par le torrent rouge du sang qui se rependait tel une pluie diluvienne. Une fois de plus, le Monstre pris le contrôle et, malgré la répulsion qu'elle éprouvait à l'idée de se repaître du sang de l'un des siens, elle ne pu s'empêcher de se jeter sur le morceau de viande. Avec ses membres sectionnés, Dewey hurlait comme s'il souhaitait qu'on l'acheva. Les cris ravivaient l'instinct de chasseresse de la Louve, et son appétit sembla grandir. La bête qu'elle était devenue feula lorsqu'elle sentit une paire de bras l'encercler et la traîner hors de portée de son festin. Deux mains encadrèrent son visage ensanglanté. « Il n'y a plus de sang. Tu n'as pas soif. Tu te comportes normalement. » Thessalia sentit une drôle de sensation l'engourdir, lutter contre ses sens, se heurter à ses envies et ses pulsions. C'était quelque chose de similaire à ce qu'elle ressentait lorsque Lavinia lui donnait un ordre direct. L'hypnose parvint à évincer le sang de son esprit, mais l'image de son cousin se faisant écarteler s'était imprimé sur sa rétine. Thessalia sentit son corps trembler et, la seconde suivante, elle se plia en deux pour régurgiter son repas. « Est ce que ça va ? » La voix appartenait à une jeune femme à l'air épuisé mais bienveillante. Elle passa une main dans le dos de la blanche. « Je me suis doutée que... quelque chose comme ça risquait d'arriver... » Elle avait anticipé la réaction de la Rahzden. La Vampire se redressa. « Ca va. » déclara-t-elle d'une voix qui ne lui ressemblait pas. Tel un fantôme, les yeux rivés en direction de la porte, elle se dirigea vers la sortie, essayant d'effacer de ses pensées le souvenir du corps meurtri, de la sauvagerie avec laquelle elle s'était jeté sur lui, de la culpabilité qui lui bouffait les entrailles. Elle rejoignit son seul point d'ancrage. Dorian était aux côtés du blond qu'il s'était précipité de rejoindre une fois libéré de ses chaînes. La Novikov le toisa avec une pointe d'amertume. Une jalousie malsaine la rongeait. Pourquoi était-il vivant, lui, et pas Dewey ? Thessalia aurait préféré que l'aiguille le désigne à la place de ce chétif garçon. Le Coyote aurait pu se révéler utile pour la suite des épreuves, contrairement à ce fragile bout d'homme. La main que posa le brun sur son épaule détourna son attention. Elle le regarda, avec une pointe de ressentiment. Serrant les points, elle tourna la tête pour essayer de masquer sa rancœur.

La voix résonna de nouveau. Encore anesthésiée par la scène qu'elle venait de vivre, Thessalia ne parvint pas à s'émouvoir. Ils avaient besoin de ces clés, et elle avait la ferme intention de les récupérer. Elle comptait sortir de cet enfer. Fuir ses souvenirs. S'échapper de cette maison des horreurs. Et pour cela, elle ferait tout ce qui serait nécessaire. Ses émotions étaient engourdies par un bourdonnement qui ne faisait que dissimuler la tornade qui grandissait dans son subconscient. Telle un automate, elle se dirigea vers l'îlot le plus proche d'elle. Le nom inscrit lui parut familier. Elle se tourna vers l'Orine. Bae. C'était lui, elle avait entendu le nom échapper à Dorian. Sans état d'âme, elle empoigna l'un des outils posés sur la paillasse puis fit face au garçon, levant sa main comme pour commencer à le charcuter. Le Zvyar s'interposa, menaçant. Il était intimidant. Thessalia sentit son ventre se contracter mais son instinct de survie la poussa à riposter, sur un ton également agressif. « Il nous faut cette clé. » argua-t-elle d'un ton d'évidence implacable. « Elle est en lui. Il faut la trouver et la récupérer. » continua-t-elle, ignorant les protestations du brun, son timbre de voix augmentant pour rivaliser avec celui de son opposant. Finalement, le blond posa une main timide sur l'épaule du Vampire. « Dorian, elle a raison... » fit-il d'une voix timide, qui s'imposa pourtant avec une simplicité déconcertante dans ce capharnaüm chaotique - beaucoup s'étaient lancés dans des querelles similaire à celle-ci, d'autres essayaient de retourner sur leur pas, car le nom indiquait l'une des personnes qui n'avait pas passé l'épreuve précédente. « Il nous faut ces clés pour continuer. » L'éphèbe déglutit. Il avait peur, cela était évident. Il puait la terreur. Pourtant, il inspira profondément et planta le céruléen de ses yeux dans ceux de son partenaire. « Je peux le faire. » assura-t-il avec une conviction toute feinte. « Mais... Mais j'aurai besoin de ton aide... » Le rouge empourpra ses joues. « Est ce que... tu voudrais bien rester auprès de moi pendant que... » Il ne termina pas sa phrase, lorgnant d'un air éloquent sur le scalpel que tenait toujours fermement la charcutière.

« Bien, déshabille-toi. » ordonna la Louve. « Peut-être que tu as une cicatrice qui pourra nous indiquer où ils ont planqué cette putain de clé. » Bae acquiesça puis obtempéra, glissant régulièrement des coups d’œil face au brun, comme si cela lui donnait un peu de courage. La blanche - quoi que le sang avait recouverte la pâleur de ses cheveux et de sa peau, craquelant lentement à mesure qu'il séchait sur son épiderme - se mit à examiner chaque parcelle de peau du jouvenceau. Aucune trace ne témoignait cependant de la zone à charcuter. « Allonge-toi. » Le condamné s'exécuta. La bourrelle se mit à tâter la chaire, pour essayer de sentir l'objet. Après plusieurs palpations, elle s'immobilisa. « La chaire est plus dure, ici. » Sans prévenir, la chirurgienne improvisée fit une première incision, sans s'encombrer de délicatesse. « Ne bouge pas. » râla-t-elle alors que ses doigts s'enfonçaient dans l'entaille réalisée, fouillant à travers les tripes. « Oh... Je crois... Je crois que je l'ai touché. Mais elle est plus profonde. » La Vampire reprit son scalpel et élargit l'ouverture. Elle éprouvait une certaine satisfaction à savoir l'éphèbe de l'autre côté de son arme. Comme une justice divine qui s'abattait sur lui : de la sorte, lui aussi souffrait, et par son biais Dorian en devenait victime. Elle savait ce besoin de les voir souffrir injuste mais ne pouvait les refréner.

La main de la jeune femme trembla légèrement. Elle venait de remarquer la couleur carmine qui maculait ses paumes... Une migraine barra son front et la fit grimacer. Pourtant, l'hypnose perdait en intensité. Bientôt, il fut impossible pour la suceuse de sang d'ignorer le buffet qui se tenait juste sous ses yeux. Sous ses doigts. Elle commença par amener sa langue à ses phalanges, qu'elle lécha goulûment - sa tête se fit plus douloureuse mais pas assez pour réprimer ses besoins primaires. Puis elle se pencha au dessus de la coupure, qu'elle essaya de goûter également : une poigne s'empara cependant de sa chevelure, la retenant violemment de s'approcher. Avant qu'elle n'ait compris ce qui venait de lui arriver, sa tête venait d'être ravagée par une nouvelle souffrance. Elle venait de perdre connaissance.

1741 mots
Désolée pour le pavé.²



Merci Kyky  nastae
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Dorian Lang
Sam 01 Oct 2022, 22:41

[Event Septembre & Octobre] - Les Jeux de Sahōdara Uzt0
Les Jeux de Sahōdara
Avec Thessalia



TW : C'est un peu gore donc si vous êtes mal à l'aise avec le sang et autre, je vous déconseille la lecture o/



« C'est hors de question. » Sans une seconde d'hésitation, je poussai Bae dans mon dos et toisai Thessalia de tout mon haut. Les rubis rougeoyant dans mes yeux se durcirent avec sévérité et je me penchai imperceptiblement sur elle, modifiant mes appuis dans l'éventualité où elle réagirait en sautant sur moi. Je ne souhaitais pas me battre mais s'il fallait en arriver là, j'étais prêt à lui arracher la gorge sans sourciller. « Je m'en fous. » Rétorquai-je, les dents légèrement dénudées. Je bloquai son poignet et imprimai une pression jusqu'à ce qu'elle cède d'un pas avec son instrument de mort. « Recule. » Grondai-je. Je lus la peur dans ses yeux, couplée à une détermination dont je pris bonne note. J'allais brûler cette dernière. Avec l'intention de briser son poignet, j'accentuai lentement mais sûrement la pression jusqu'à ce qu'une main se pose sur mon épaule, accompagnée de la voix flûtée de l'éphèbe. Un profond soupir soulagea mes poumons et je fermai les yeux, refusant de croiser le regard du blond ou celui de Thessalia, de peur de succomber à mon envie de meurtre. Ma mâchoire se crispa. « Je n'aime pas ça. Il doit y avoir un autre moyen. » Relâchant la Vampire, je pivotai pour faire face à Bae. Unis dans les mêmes affres de cette sinistre maison, mon impuissance me mettait hors de moi. Serrant les dents, je me contentai de hocher la tête en silence.

Une fois qu'il se défit de ses vêtements et se fut installé sur la table, je me plaçai près de sa tête et posai une paume que j'espérai réconfortante contre sa joue. Ainsi étendu, blême et nu, il évoquait davantage un poisson qu'on s'apprête à vider qu'à l'homme qui s'était audacieusement offert à ma morsure. Autour de nous, d'autres binômes avaient déjà entamé les festivités et des cris et des gémissements suffoquèrent lourdement l'oxygène. L'odeur métallique du sang et celle, moins agréable, des viscères exposées saturèrent l'air. Voyant Bae devenir livide, mon autre main vint s'appuyer sur son épaule et mes doigts effleurèrent sa clavicule. « Je suis là. Concentre-toi sur moi. » Je tentai de conserver mon regard verrouillé sur le sien mais les mouvements de la blanche ne cessaient de me distraire et je lui lançai parfois des œillades méfiantes. Elle le tâtait sans ménagements et je grognai. « Fais doucement ! » La lame se para de reflets argentés avant de s'enfoncer dans les flancs de la victime et je l'entendis retenir son souffle. Regrettant de ne pouvoir faire davantage, je laissai Bae me broyer les doigts avec toute la force dont il disposait.

Thessalia farfouillait désormais dans l'ouverture pratiquée et je m'assombris en voyant que dans sa hâte, son nez s'était rapproché de la plaie. « Hey. » Commençai-je. Un pressentiment me gagnait, transformé bien vite en conviction alarmante. J'eus envie de me gifler. Quel gigantesque crétin. Comment avais-je pu ne pas penser à ça ? « Non. » Je forçai le blond à détacher ses doigts pour arrêter tout. Absorbée par les gouttelettes carmines roulant sur ses doigts, elle avait cessé de chercher la clé et son expression était devenue animale, ses yeux vides de tout ce qui n'était pas la soif. J'arrivai sur elle au moment où la Rahzdens penchait son visage directement sur l'abdomen ouvert. Une décharge de rage me traversa et j'empoignai sa chevelure coagulée du sang de sa précédente victime. Je la forçai à se cambrer violemment en arrière puis sans lui laisser le temps de réagir, ma main prit appui sur l'arrière de son crâne et je fis faire à sa tête le chemin inverse et accompagnai le mouvement pour y ajouter de la vitesse jusqu'à lui fracasser le visage sur le coin de la table. Un craquement retentit, peut-être son nez, je m'en fichais. Elle devint toute molle et s'effondra sur les genoux puis sur le côté. Je la poussai du pied sans ménagement. Je me retins à grand peine de ne pas l'achever. Mon coeur battait à grands coups brutaux et j'avais le souffle court. Je posai une main sur le bras de Bae, autant pour me calmer que pour le rassurer. Il tremblait sous ma poigne mais je bâtis une forteresse autour de mon coeur. Ce n'était pas le moment de flancher. « Je vais prendre la suite. C'était une mauvaise idée de la laisser faire. Elle est encore jeune et je n'arrivais plus à réfléchir correctement. » Le teint crayeux, le torturé se contenta d'acquiescer faiblement. Il était un piètre acteur, sa douleur se lisait dans chaque muscle tendu, chaque membre raidi et ses lèvres devenues pâles.

Sa plaie malmenée par les mains rudes de l'ancienne Eversha s'épanouissait sur la peau séraphine de Bae en une amaryllis qui pleurait abondamment des larmes de sang. Mû par un réflexe inconscient, j'en récoltais une sur mon doigt, portai ce dernier à hauteur de mon visage. Une grimace tordit mes traits. J'avais rarement autant haï ma condition. J'étais plus doué que Thessalia pour maîtriser mes pulsions mais j'étais bien loin de savoir me tenir avec la rigueur souhaitée. Je suçai ma phalange et soupirai d'aise tout en refoulant une vague de nausée. Le goût de l'interdit explosa dans ma bouche et je m'appuyai lourdement sur l'ilot pour trouver la force de ne pas recommencer, encore et encore, pour finalement reproduire ce que la Novikov avait commencé à faire. Mes doigts rampèrent jusqu'à trouver ceux du blond. « Pardonne-moi. » Empli de dégoût pour moi-même, et pour ce qu'on nous forçait à faire, je bloquai ma respiration et écartai en douceur les lèvres de la plaie. La sueur perlait à mon front alors que j'enfonçai un doigt, puis deux, à la recherche de l'anomalie métallique. Mon autre main à plat sur son torse me servait autant à le maintenir à plat pour maîtriser ses soubresauts qu'à essayer de le rassurer mais lorsque ma main disparut entièrement dans son abdomen, ses hurlements lacérèrent mon coeur en même temps qu'une montée de plaisir raidissait ma nuque. Je le sentais déjà s'accroître, en vagues étourdissantes de plus en plus marquées, à la lisière de ma conscience. Mes doigts caressaient ses viscères amoureusement et un frisson d'extase me traversait à chaque protestation de douleur de l'éphèbe. J'ignore à quel moment j'avais commencé à porter mes doigts à mes lèvres, mais le plaisir ressenti était si vertigineux que je perdais de vue la tâche donnée, j'oubliais où j'étais. Comme un mantra, mes excuses répétées à l'encontre du blond perdaient en sincérité et, ignorant les gémissements à peine audibles du supplicié, je me penchai pour embrasser la blessure ouverte, enfouissant mon nez là où le sang s'écoulait en abondance. C'était si bon que je ne discernai plus quel était le mal dans tout ça.

À force de persévérer, je finis par crocheter la clé, nichée entre les entrailles de l'éphèbe. Je l'extirpai en tremblant et m'aperçus au même moment que mon amoureux onirique ne bougeait plus. Un grand froid m'envahi, comme si l'obtention du trésor mettait froidement un terme à ma folie sanguinaire. Je déglutis et me penchai sur le corps roidissant du blond. Le ciel de ses yeux s'était grisé, fixé sur un point au plafond et aucun mouvement ne soulevait son torse. « Bae ? » Ma main se referma sur sa plaie pour épancher le saignement mais cette dernière semblait rire à gorge déployée de ma sottise. Mes ongles grincèrent sur le métal de la table. Un goût salé se mélangeait désormais au sang qui tâchait mes lèvres et un hoquet longuement refoulé finit par trouver sa délivrance. D'autres larmes roulèrent sur mes joues impitoyablement et j'entendis à peine la voix annoncer la fin de l'épreuve. Je me sentais vide. Je n'avais plus envie de poursuivre.

Message II | 1360 mots

HA HA HA *décède*

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Kitoe
Lun 03 Oct 2022, 11:44

Kitoe & Astriid
Les Jeux de Sahōdara
Sub Urban & Bella Poarch - INFERNO


-Pardon. Pardon. Oups, pardon. Désolée.

Kitoe essayait de leur frayer un chemin dans la foule. Elle n'avait pas pensé qu'ils seraient autant. Mais une chose était sûre : elle n'aimait pas trop ça. Ce n'était pas tant parce que ça l'angoissait, non. Si elle avait été seule, Kitoe aurait passé du bon temps dans cette effervescence qui n’attendait que la minute d’après pour sombrer un peu plus dans la décadence* et la folie. La Démone pensait plutôt à la personne qui l'accompagnait. Elle tenait cette dernière par le bras et ouvrait la voie en lançant des regards méprisants à ceux qu'elle n'aimait pas – ce qui était relativement arbitraire, en particulier dans l'anonymat imposé ici. Néanmoins, son ton restait calme, du moment que...

-HÉ ! TOI ! Pas touche ! C'est mon esclave !

Ce n'était pas un cri ; c'était un aboiement. Là, elle foudroyait l'individu qui s'était un peu trop intéressé à sa protégée, et sa paume se levait, menaçante, prête à lui donner la tatane de sa vie. Si elle avait été un chat, tout son pelage se serait dressé et elle aurait craché sur son adversaire, les yeux révulsés, grondant comme une furie. Le monsieur qui avait tenté de peloter son amie faisait deux fois sa taille, mais cela ne l'impressionnait pas. Elle était à la bonne hauteur pour l'éviscérer. L'énergumène dut sentir l'étendue de sa folie, car il ne chercha pas plus loin et s'éloigna. Ce n'était pas le premier prédateur qu'elle repoussait, alors elle commençait à être bien échauffée. Kitoe tourna ses yeux concernés vers Astriid, s'assurant qu'elle allait bien. Elle lui offrit un sourire rassurant, en espérant que cela suffirait à contrer le mélange explosif, et presque nauséabond tant il était concentré, de Tentation qui flottait dans l'air. Même si son esprit en était assez brouillé et qu'elle avait envie de s'adonner à quelques plaisirs, cela l'énervait suffisamment pour aussi avoir envie de casser des gueules. Elle espérait que son invitée tenait le coup.

-On est presque arrivé.

En soi, elles étaient déjà arrivées. Mais il paraissait que des pièces privées étaient disponibles pour ceux nécessitant un peu d'intimité. Kitoe essayait seulement d'en trouver une, et une vide. Elle en avait déjà ouvert deux : l'une pleine de Sorciers si austères que ça lui avait fait froid dans le dos ; l'autre où une orgie à huit-clos s'était organisée – pourquoi, alors qu'ils avaient la grande salle de réception à disposition ? Certains étaient vraiment tordus. Mais la Démone ne perdait pas espoir. Elle en était sûre : jamais deux sans tr… euh, non : la prochaine serait la bonne.

-Ouais !

Kitoe s'engouffra dans la pièce vide et entraina l'Ygdraë à sa suite.

-Voiiilààà !

Dès que la porte se referma, ses oreilles bourdonnèrent. La grande salle était une vraie ruche. Vite, la Vile sauta dans un fauteuil et s'y enfonça bien confortablement, invitant son amie à faire de même. Là, elle enleva le masque destiné à préserver son anonymat. Elles n'étaient que toutes les deux maintenant. Ça ne leur servait plus.

-Pffiouuuu. Désolée, de t'avoir traitée d'esclave, mais c'était la seule façon pour qu'on te laisse tranquille. Je ne pensais pas qu'il y aurait autant de monde ! J'espère que ça va. Les Démons sont un peu... Elle en parlait comme si elle n'en faisait pas partie. Sa main faisait des cercles, brassant l'air à la recherche du terme exact. Extravertis.

Elle laissa retomber des bras sur les accoudoirs et s'adossa. Ses yeux se fermèrent quelques secondes tandis qu'elle poussait un nouveau soupir de soulagement. Tous ses muscles se détendirent. Lorsqu'elle rouvrit ses mires, elle se pencha en avant.

-Je suis contente que tu sois venue avec moi. Pétillante, son visage devînt tout à coup plus sombre. Ses sourcils froncés témoignaient d'une réelle confusion. Mais, hmm... je ne me rappelle juste pas... Tu... veux bien du Pacte finalement ?

Le dernier souvenir bien solide qu'elle avait remontait à quelques jours plus tôt, dans la salle de bain d'Astriid, à Caelum. Elle se rappelait avoir pleuré parce que cette dernière ne souhaitait plus être son amie, et puis... et puis plus rien. Avant qu'elle ne reprenne conscience, des idées fabuleuses s'étaient immiscées en elle, relatant le changement d'avis d'Astriid et ce besoin soudain de l'emmener aux Jeux de Sahodara, qui constituerait une sortie fantastique pour les deux amies qu'elles étaient. L'idée d'aller aux Jeux lui avait semblé brillante et ne l'avait plus quittée. Ensuite, elle avait repris le contrôle du corps sans jamais se poser la question du pourquoi ou du comment. Elle avait avancée, guidée par ses pensées et des idées qui n'étaient pas les siennes, et... la voilà qui ne se posait des questions que maintenant. Prenant soudainement conscience du subterfuge, Kitoe décida de ne pas céder tout de suite à la panique. Il n'y avait pas de raison. Astriid était là avec elle et les Jeux, c'était chouette, non ? C'était qu'elle avait finalement accepté.

-Heureusement. Parce qu'autrement, j'aurais dû t'expliquer le problème et ça aurait pu être embarrassant. Ça aurait donné quelque chose du genre : "Dommage fromage, mais on ne rompt pas un Pacte comme on rompt une baguette de pain." Et ça aurait été super bizarre. C'est vrai en plus, on ne peut pas interrompre ça aussi facilement.

Une amie ? Des "jeux" ? Des expressions qui sortaient des abysses de son esprit tortueux ? Une gestuelle exagérée ? L'impression que la Démone était sous l'emprise d'une quelconque drogue ? Et une bonne dose de déni ? C'était forcément Lia qui partageait sa place avec Kitoe. Mais ce n'était absolument pas conscient.

-Franchement, c'est une galère et ça n'aurait arrangé personne, crois-moi.

Elle était plutôt satisfaite – et elle en croisa les bras – que les choses eussent bien tourné au final, même si leur conversation avait été difficile. Elle tourna la tête en direction du mur d'en face. Mais ce n'était pas le mur qu'elles voyaient. Elles avaient plutôt une vue d'ensemble sur l'arène.

-Au fait, voilà le spectacle ! On assiste aux Jeux de Sahodara ! En gros, des gens ont été capturés et mis dans cette arène. Maintenant, ils doivent en sortir. Et s'ils n'y arrivent pas dans le temps imparti, ils deviendront des esclaves !

Elle chercha dans le regard de l'Ygdraë le même amusement que ce qu'elle pouvait ressentir. L'entreprise divertissait Lia au plus haut point, qui était loin de se rendre compte que son comportement n'était pas normal.

1074 mots
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