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 [Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées

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Mitsu
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Mitsu
Dim 21 Aoû 2022, 20:20

Complots, plantes et épées couronnées


Image par Johannes Holm


Maurice approcha son bâton de la masse grouillante de mouches. Ça puait. Ça puait et il n’était pas sûr de savoir ce que c’était. Était-ce des déchets, qui avaient été déposés là dans la nuit ? Il lui sembla voir plusieurs masses sur la plage. Trois ou quatre, quelque chose dans cet esprit. Il écarta les plantes. Son sursaut fut celui de la surprise. Entre les feuilles, il venait de distinguer un crâne. Par endroit, il restait de la peau. Il étudia la silhouette, malgré son mauvais pressentiment. En tant que pêcheur, il avait l’habitude de tuer. Cela dit, il ne tuait pas les humanoïdes. Parfois, il était obligé de se débarrasser des Sirènes mais c’était une question de vie ou de mort. Il descendit. La chose avait des écailles. Pourtant, aucune lumière ne s’alluma dans son cerveau. Ça lui semblait ressembler à une sorte d’Eversha plante ou… un Lyrienn de nature qui aurait mal fini ? Il n’était pas sûr. Peut-être devrait-il en parler et montrer ça aux autres villageois, au cas où…





Clauswitz fixait l’éclat violet qui contrastait avec le ciel nocturne. Cela faisait des jours qu’il tentait, avec la nouvelle Iskahrin Zul Douria, de refroidir l’objet céleste, en vain. Néanmoins, durant la journée, et sans explications, la chaleur s’était dissipée. « Qu’en penses-tu ? » La jeune femme qui l’accompagnait était d’une intelligence accrue. « … Je n’ai jamais rien vu de tel. Peut-être… » Elle s’interrompit. « Peut-être les pylônes de Delix… » Clauswitz et elle étaient particulièrement vieux, assez pour avoir vécu cette Ère ancienne, celle où un Ange avait réussi l’exploit d’implanter des pylônes sur les Terres de Sympan. Les pylônes avaient commencé à aspirer l’énergie des maléfiques, les réduisant à si peu de choses. Néanmoins, l’Aile Blanche avait commis une grave erreur de conception, car les objets avaient fini par se retourner contre tous les êtres, quel que fût leur alignement. « La matière n’était pas la même mais je vois ce que tu veux dire… Ce n’est pourtant pas ça. Et cette femme, à l’intérieur… » Ils étaient perchés tous les deux sur une branche d’arbre, au plus proche de la gemme. « Si nous découvrons à quel peuple elle appartient, peut-être en saurions-nous plus… » « Un peuple venu des cieux ? » Le blond savait des choses qu’il préférait ne pas révéler à la Douria. Avant d’être Vampire, il avait été Rehla. Il s’était rebellé contre le Destin. À son humble avis, s’il était encore vivant, c’était parce qu’il jouait exactement le rôle que ce dernier avait bien voulu lui assigner. Peut-être. Peut-être pas. C’était bien l’une des seules choses qu’il désirait ne pas savoir.

Son regard finit par se poser sur sa semblable. Altëis le capta directement. « Qu’y a-t-il, Clauswitz ? » « Je me disais… » Il prenait un risque en lui confiant ses pensées. Néanmoins, depuis qu’il travaillait sur le phénomène – et par le passé également – ils s’entendaient à la perfection. Il la soupçonnait d’être du même avis que lui sur bien des éléments. Après un silence, il reprit sa phrase. « Je me disais que les choses étaient bien trop calmes, entre les lignées. » « Tu m’en diras tant. » dit-elle, tout en restant prudente. « Les choses n’ont jamais été aussi calmes que depuis que l’Empereur a retrouvé son hégémonie. » Elle ne parlait pas de bien ou de mal. Néanmoins, il comprit à son ton qu’il pourrait réussir à la convaincre. « L’Empereur pourrait la perdre de nouveau… » C’était une évidence. Si le cas s’était déjà présenté par le passé, il pouvait se présenter de nouveau aujourd’hui. « Comment ? » « Je n’en ai pas la moindre idée. Néanmoins… » Il sourit, d’un air vague. « Néanmoins, rien ne nous empêche de faire du tri dans les Lignées avant de trouver comment avoir raison de la Couronne. » « Ce ne serait pas raisonnable. » « Je te rappelle que j’ai creusé des labyrinthes sous Utopia contre l’avis de l’Impératrice de la Nuit de l’époque. Je ne suis pas raisonnable, malgré ce que l’on dit de moi. La question, maintenant, est plutôt de savoir si tu vas m’aider ou si tu as trop peur pour tenter quelque chose d’aussi risquer. » Dans sa phrase, il y avait une menace sous-jacente. Bien sûr, elle pourrait toujours tenter de le donner au Roi. Néanmoins, elle serait bien en peine de prouver quoi que ce fût. Aussi, si elle refusait, rien ne l’empêchait, lui, de s’en prendre à la Lignée de Douria. Après un silence, elle finit par se décider. « Si j'accepte, et je dis bien si j'accepte, je vais avoir besoin de sérieuses garanties, Clauswitz. »




Læn était bougon. Depuis l’apparition de cette putain de machine, au-dessus de Basphel, tout le monde ne parlait plus que de ça. Ça lui tapait sur le bourichon. Apparemment, il y avait une fille à l’intérieur et des rumeurs circulaient même sur le fait qu’il faudrait peut-être évacuer l’école, par mesure de précaution. Il n’avait aucune envie de rentrer chez lui. Pour retrouver sa sœur ? Non merci. Elle allait encore l’amener à un foutu thé dansant ou à une réunion des pervers anonymes liseurs de livres érotiques. Très peu pour lui.

Il soupira et motiva son corps à monter les escaliers menant à son dortoir malgré la flemme qui le tenaillait. Il n’avait même pas sommeil, il était juste soûlé. Pieris devait encore roupiller, à cette heure-là. Il fit la moue, contrarié. Il avait envie d’être seul et Basphel n’était pas le meilleur endroit pour ça. Il espérait juste ne pas tomber sur Lana dans les couloirs. Il avait autant envie de se la faire que de lui refaire le portrait à chaque fois qu’il la voyait. S’il appréciait plus ou moins la deuxième envie, la première le faisait chier. Elle n’était même pas belle. Elle ressemblait à un poisson des abysses, avec l’ego d’une chatte de race. « Pfff. » fit-il.

Il tendit la main, prêt à ouvrir la porte de sa chambre. Cependant, le couloir de Basphel se mua en zone jaune-orangée.  « … » Il connaissait cet endroit. C’était Shakrii.

1014 mots

Explications


Bonjour ♪

Je le poste là par mesure de sécurité, je m'attèle à finir tranquillement 8D

Cet Event se divise en trois thèmes différents. Les deux premiers sont ouverts à tout le monde et le dernier est uniquement ouvert aux Rois et Reines de Maggie. Vous pouvez en faire un ou deux ou trois avec le même personnage (bien sûr, en répondant aux conditions du thème trois ^^). Vous pouvez aussi joindre le thème un et le thème deux dans un seul message si vous le souhaitez.

Partie Sirènes : Je divise en deux, suivant que votre personnage est une Sirène/quelqu'un ayant accès à la connaissance ou non. L'événement se passe après ce rp.
- Pour les Sirènes et les personnages instruits/puissants : Il y a de plus en plus de bruits qui courent sur des cadavres de Sirènes, retrouvés par ci par là, des corps mutilés/déformés par une invasion de plantes. Le phénomène est encore mal connu dans les milieux non-Ondins mais il commence à être certain qu'il se passe quelque chose dans les fonds marins. Des scientifiques sont sur le coup et commencent à sortir des études sérieuses sur une invasion d'une forme de sauge. Pour les Sirènes, il y a une forme de panique qui s'installe puisqu'il semble impossible - sur terre (et c'est là que votre personnage doit être à partir de maintenant xD) - de communiquer avec les Ondins qui se trouvent sous l'eau. On ne revoit pas non plus les Sirènes qui essayent de se rendre sous la surface ou alors celles-ci reviennent paniquées, en expliquant qu'une barrière de plantes barre la route/que les personnes qui les accompagnaient sont mortes en approchant ladite barrière.
- Pour les autres : Votre personnage peut entendre des rumeurs sur des corps retrouvés par ci par là, appartenant à des races que l'on croie diverses et variées mais liées aux plantes. Il y a aussi de plus en plus de rumeurs sur d'étranges choses/plantes dans l'eau, même dans les milieux qui n'ont rien à voir avec la pêche/l'océan. Tout ça s'accentue mais les journaux ne titrent pas franchement sur l'hypothèse des Sirènes. Parfois oui, parfois non. On entend un peu tout et rien, de l'hypothèse la plus crédible à l'hypothèse la plus farfelue, tout ça noyé dans l'état du ciel, les gemmes, la guerre entre les Réprouvés et les Sorciers, les anciennes actualités et les dernières frasques de Bidule ou Machin.

Partie Vampire & Gemme : Alors, deux choses :
- Sur les Vampires : Il n'y a rien à faire de particulier mais si vous avez un personnage Vampire, avec artefact ou lié aux Vampires, je vous invite à aller vous exprimer dans ce sujet.
- Sur les Gemmes : Ce qu'il se passe à Myngrimu se passe partout. C'est à dire que les gemmes, jusqu'ici inaccessibles puisqu'elles dégageaient une chaleur trop importantes, sont à présent approchables de plus près. La chaleur a disparu mais rien ne se passe en particulier. Les gouvernements concernés vont sans doute essayer de faire quelque chose - de les détruire, de les étudier etc - et les rumeurs vont bon train. Pour le moment : rien ne peut les détruire et les recherches ne donnent rien du tout, ce qui donne lieu à beaucoup de rumeurs et d'interprétations diverses et variées. Le ciel s'est un peu calmé mais, parfois, des étoiles filantes impressionnantes et colorées passent. Vous pouvez donc faire un message sur les rumeurs, sur les mesures prises si votre personnage est important/a un pouvoir décisionnel, etc.

Partie Maggie : Alors ! Cette partie, si je ne me trompe pas, est réservée à : Susannah & Ikar, Idril, Typhon, Adriæn & Læn, Alcide & Lucius, Bae & Natsumura, Adam & Kaahl, Mancinia & Neah, Dorian & Eibhlin, Daé, Astriid & Eméliana, Alþjófr, Priam & Aliénor, Eiko & Aurel et Dastan & Erasme.
D'ailleurs, j'en profite : si je n'ai pas mis la deuxième particularité de votre île ou que vous ne me l'avez pas donnée, j'aimerais bien que vous le fassiez à la fin de votre message =)
DONC ! Votre personnage est amené sur son île, avec son binôme (quand il en a un) ou non. Un PNJ de là-bas va lui expliquer que c'est le faaaaameux jouuurrr de la graaannddeee chassseee aux tréssooors (c'est fabuleux, n'est-ce pas ?). Seuls les Rois et Reines ont le droit de participer. Il s'agit de chercher une épée et une couronne. Techniquement, il y en a deux de chaque par île mais votre personnage ne peut trouver qu'un seul artefact, soit une épée, soit une couronne (cf l'image de mon message ^^). Ce sont des symboles (cf les gains 8D). Donc, soit en s'entraidant, soit chacun de son côté, vos personnages vont aller chercher leur trésor. Ils peuvent, bien sûr, refuser, mais dans ce cas là, vous n'aurez pas de gains o/

Chronologie : Cet événement se passe après l'apparition des gemmes géantes >> Voir ici ; L'événement de Maggie se produit après l'événement Les Jeux de Sahōdara.

Vous pourrez poster dans ce rp du 1er septembre 2022 00h01 au 31 octobre 2022 23h59

Gains


Partie Sirènes : Tout le monde peut faire cette partie.
- Un message de 900 mots minimum = 1 point de spécialité

Partie Vampire & Gemme : Tout le monde peut faire cette partie.
- Un message de 900 mots minimum = 1 point de spécialité.

Si vous mélangez la partie Sirène et la partie Vampire & Gemme dans un seul message :
- Un message de 900 mots minimum = 1 point de spécialité

Partie Maggie : Accessible aux Rois et Reines de Maggie.
> En solo : un message unique de 1000 mots minimum pour :
- 1 point de spécialité
- 2 carrés à répartir pour améliorer votre île
- L'épée (qui en plus d'être une vraie épée, fait que votre personnage est considéré comme le Protecteur de l'île) OU la Couronne (qui en plus d'être une vraie couronne, fait que votre personnage est considéré comme le Stratège de l'île). Ca veut dire que dès que les PNJ auront besoin de protection pour x ou y raison, ils iront s'agglutiner autour votre personnage. De même, avec la couronne, dès qu'ils auront un problème, ils iront demander des conseils à votre personnage. [Ce sera chiant ? Ptêtre /sbaf]

OU

> En coopération : tous les deux messages de 720 mots, dans la limite maximale de 4 messages :
- 1 point de spécialité
- 2 carrés à répartir
Et, quoi qu'il en soit, l'épée ou la couronne.
(donc si vous faites 4 messages en coopération, votre personnage remporte 2 points de spécialité + 4 carrés + l'épée ou la couronne et son partenaire - qui a fait 4 messages aussi - remporte la même chose)

Note : Vos personnages peuvent tous les deux avoir une couronne ou une épée. Ce n'est pas obligatoire qu'ils aient chacun un artefact différent ^^

Si vous avez des questions, n'hésitez pas ^^

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Eiko
~ Orine ~ Niveau I ~

~ Orine ~ Niveau I ~
◈ Parchemins usagés : 248
◈ YinYanisé(e) le : 14/11/2020
◈ Âme(s) Soeur(s) : Aurel
◈ Activité : Manger des mochis avec Papa Jun, chanter, danser, et remanger des mochis
Eiko
Ven 09 Sep 2022, 18:22


Image par Walker Paulsen.
Épées couronnées
Aurel & Eiko
« Et puis là, et bah tu sais quoi ? Et bah il s'est mis à bouger, même que ! » Eiko laissa une légère pause, le temps pour Aurel de bien prendre la mesure de la situation qu'elle venait de lui décrire. « Tu te rends compte ? » C'était vraiment quelque chose d'extraordinaire ! Toute l'expression de la pipelette était abasourdie, comme si elle-même n'y croyait pas tout à fait encore. Ses grands yeux mauves s'étaient rivés à ceux de son interlocuteur, ses sourcils étaient rehaussés et ses lèvres ne s'étaient pas tout à fait refermées. Pourtant, elle savait ce qu'elle avait vu, elle en était certaine. La gourmande piocha la dernière cuillère de son dessert et l'enfourna dans sa bouche avant de continuer sans prendre le temps de mâcher correctement. « Maman pense que, peut-être, c'est parce qu'il reconnait ma voix et qu'il y réagit quand je lui parle. » Un sourire rêveur se dessina sur ses lèvres. Cette explication lui allait à ravir et la petite gardienne avait redoublé d'amour et d'attention à l'encontre de l’œuf du Bilhelie dont elle s'occupait depuis maintenant plusieurs mois. C'était de lui que la petite Hanatsu s'était mise à parler avec passion depuis les dix dernières minutes. Son intérêt pour les animaux égalait celui pour le chant et la musique. En réalité, la petite Orine se découvrait de plus en plus de loisirs ces derniers temps, ce qui compliquait la tâche des adultes pour identifier l'Art Divin vers lequel la diriger. Elle était encore jeune, cependant, et il restait encore beaucoup de temps et d'opportunités pour l'éveiller au domaine qui lui correspondrait. « Et toi, Sūrya, est ce que tu as des copain animaux ? » La brunette était, comme à chaque fois qu'elle retrouvait son partenaire, collée contre lui, à croire qu'elle avait peur qu'il s'éloigna trop d'elle. Elle ne pouvait s'empêcher de laisser traîner une mains sur son coude, de poser sa tête sur son épaule, ou bien de venir jouer avec ses doigts. En cet instant, ils étaient installés l'un en face de l'autre, en tailleur, et leurs genoux se frôlaient suffisamment pour qu'elle ne ressentit pas le besoin d'envahir davantage son espace personnel.

Phelip s'approcha, un sourire attendrit et bienveillant au visage. « Mes altesses, avez-vous déjà entendu parler du Trésor de Zhaqani ? » Le visage d'Eiko s'était muté en une moue espiègle. « Un trésor ? Quel trésor ? » Les histoires d'aventure avaient le don de raviver sa curiosité, et un trésor, ça donnait drôlement envie d'aller explorer le monde ! L'hôte partit dans un rire enjoué devant l'enthousiasme de ses souverains et s'assit à leur côté pour commencer à leur conter la légende. « Zhaqani, la divinité protectrice de Segmaë, prédit qu'un jour un couple de souverains arriverait sur l'île pour protéger et aider ses habitants. » Se penchant avec un air de malice, il se mit à chuchoter. « C'était de vous, qu'il parlait. » confia-t-il. Eiko glissa un regard complice vers le rouquin. Elle était un peu intimidée par toutes ces histoires de royauté. Mais lorsqu'elle se trouvait aux côté de l'Humain, elle se sentait capable de tout faire. En particulier la tâche d'aider les villageois, l'entraide avait toujours été quelque chose de naturel au sein d'Onikareni : il lui semblait étrange qu'on pusse fonctionner autrement qu'en partageant tout à avec ses voisins et ses camarades. « Et, afin de les aider dans leur tâche, Zhaqani dissimula son précieux trésor, que seul ses élus seraient à même de retrouver, en le cherchant dans la nature de Segmaë. » Eiko, toujours pendue aux lèvres du précepteur, cligna des yeux, comme pour l'inviter à continuer. « Est ce que vous voulez partir à la recherche du Trésor ? » La fillette sauta sur ses pieds, les bras brandis au dessus de sa tête, se mettant à piétiner sur place dans une danse excitée. « Oh oui ! Hein Sūrya on y va hein ? Toi aussi tu veux venir dis, hein ? » Elle se replaça face à lui et attrapa ses deux mains entre les siennes. « Qu'est ce que tu penses que Zhaqani a laissé pour nous ? Et puis, où c'est que ça peut être ? » Phelip laissa son roi émettre son hypothèse avant d'intervenir. « Je n'ai pas la réponse pour votre première question, Reine Eiko, mais en ce qui concerne, mais je sais comment vous pourrez vous rendre jusqu'au Trésor : il vous suffira de suivre la trace des Bulles. » Il s'agissait, après tout, du symbole de leur divinité.
778 mots



[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées B6vi

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Maximilien Eraël
~ Humain ~ Niveau III ~

~ Humain ~ Niveau III ~
◈ Parchemins usagés : 2461
◈ YinYanisé(e) le : 18/09/2016
◈ Activité : Charpentier | rang II ; Ébéniste | rang II ; Soldat | rang II
Maximilien Eraël
Dim 11 Sep 2022, 14:47


Epées couronnées

Aurel n'avait pas vraiment comprit comment il s'était retrouvé sur l'île. Il était en train de jouer à cache-cache et d'un coup, pouf ! Il avait atterri ici. D'abord il avait été tracassé. Il s'en était allé sans prévenir son père ou Sharihzad, ils allaient s'inquiéter ! Et puis, comment il allait rentrer s'il ne savait même pas comment il était arrivé ? Mais ces sentiments n'eurent pas le temps de s'installer. Il avait apprit qu'Eiko était là elle aussi. La petite Orine avait le pouvoir étrange de rendre son monde beau et rassurant, qu'importait ce qu'il pouvait se passer autour. Tant qu'elle était à ses côtés tout ne pouvait que bien aller. « Woaaaaaah ! C'est trop bien ! ». En tailleur, les coudes sur les genoux brassant l'air à la manière d'un papillon, le garçonnet écoutait avec une impressionnante attention ce que lui racontait la petite Orine, les yeux brillants de ce qu'elle lui confiait. « Ouiiii ! On en a tout pleins ! » répondit-il en écartant largement les bras. « D'abord y a Ranginui. C'est un oiseau il est tout blanc. Et même des fois il a les plumes sur sa tête ça fait comme une crinière, comme ça ! » commença-t-il à développer en imitant ce qu'il énonçait de ses mains derrière son crâne, ses doigts déployés comme le faisait le kagou avec ses plumes. « Et puis y a Nebty, mais elle reste avec Sha' plus. Papa il dit ils ont éclot le même jour, Nebty et Ranginui, avec Kao. » dont il oublia totalement de préciser de quoi il s'agissait. « Et puis y a Haurvatât. C'est un Si-murgh. ». Il avait toujours du mal avec ce mot, aussi prenait-il chaque fois le temps de bien articuler au risque de fourcher. « Même qu'il peut faire la magie, même à la maison ! ». Même s'il ne l'avait vu que changer de taille, ce qui était déjà énorme au sein d'Utopia.  « Oh ! Et on a aussi un œuf ! Mais je sais pas ce que c'est dedans et papa il veut pas que j'aille le voir. » bouda-t-il finalement. Lui et Sharihzad avaient la stricte interdiction de l'approcher. C'était dangereux, disait son père. « Tu viendras je te les montrerai ! » conclut-il avec la ferme idée qu'elle reviendrait à Utopia. Aurel ne voyait pas ce qu'un œuf pouvait avoir de dangereux pourtant. Il s'apprêta alors à parler de cette petite bestiole logée dans le cou d'Eiko. C'était mignon. On dirait une petite peluche. Il avait l'air tout doux ! Mais Phelip s'approchant, ce dernier fut plus rapide à s'exprimer. Le visage tourné vers l'adulte, un large sourire illumina le visage du petit Humain à l'image des étoiles naissant dans ses prunelles. Se redressant pour s'installer sur les genoux, il trépignait déjà de la suite du conte. Nassima leur racontait beaucoup d'histoires avec des héros, des reliques et des terres sauvages. Maximilien aussi, et même que parfois c'était des histoires qu'il avait vécu. Et ça c'était encore mieux ! Ça voulait dire que lui aussi pouvait les vivres ! Aussi écouta-t-il Phelip, la tête légèrement penchée sur le côté, avec l'impatience de connaître le dénouement de l'histoire. À la mention de leurs couronnes, il se tourna vers Eiko un rire lui échappant qu'il réprima difficilement de ses mains plaquées sur sa bouche. Il n'avait pas vraiment prit conscience de ce qu'impliquait sa royauté, et ne s'en souciait que peu pour l'instant. Il était avec Eiko et c'est tout ce qui importait.

Il sauta soudainement sur ses deux pieds à la proposition de partir chercher ce fameux trésor. « Oh oui alors ! » confirma-t-il tout d'abord les propos de la petite Orine. « Peut-être c'est un animal ! ». Il n'en avait pas la moindre idée. Sa supposition était seulement orientée par la conversation qu'ils avaient eut plus tôt. Il avait eu une autre idée mais qu'il se doutait peu probable, ce qui ne l'empêcha pas l'exprimer de vive voix. « Ça serait trop bien que c'est des tonnes et des tonnes et des tonnes de bonbons ! ». Il laissa échapper un rire. Il ne connaissait pas cet Æther, Zhaqani. Mais peut-être n'était-il pas comme les autres dont il avait entendu parler et qui paraissaient trop sérieux. Il se garda ainsi le maigre espoir que le trésor contienne bel et bien des sucreries. « Les bulles ? ». Aurel leva le nez en direction des nuages où disparaissaient les innombrables formes translucides. Il réfléchit ainsi longuement. Ils pouvaient pas suivre les bulles qui volaient. Il leur aurait fallu des ailes pour ça. Lui n'en avait pas. Un léger "pop" se fit entendre à proximité. Un son des plus communs ici. « Hummmmm.... ». Jamais il ne s'était autant creusé la tête et rapidement il abandonna. C'était fatigant et ennuyant. « C'est quoi la trace des bulles ? » demanda-t-il alors. Parce que pourquoi s'embêter alors que le conseiller avait probablement la réponse ? « On dit que certaines bulles tracent un chemin. Si on fait attention, on peut le deviner. » - « Comme les pierres dans le Désert ? ». Phelip dévisagea le garçonnet. Cette fois c'était lui qui ne visualisait pas ce qui lui était dit. « Papa il dit que pour pas se perdre dans le Désert, y a Babelsba ils ont mis des pierres, comme ça on se retrouve ! » expliqua-t-il devant l'absence de réaction. « Oh, eh bien oui, dans ce cas c'est comme les pierres qui balisent le Désert. ». Un sourire élargit les lèvres du garçonnet. Il pensait comprendre, enfin. En allant à Aikisu il avait vu Maximilien faire. La différence étant que les pierres étaient érigés par intervalle entre les dunes, ce qui les rendaient plus facile à repérer. « Viens, je sais ! Il faut trouver les bulles pas pareilles que les autres ! » s'exclama-t-il en refermant ses deux mains sur celle d'Eiko, ses iris plantées dans les siennes. Le voilà à présent plus excité que précédemment. La chasse au trésor avait officiellement débutée. Ça ferait une super histoire à raconter en rentrant ça ! Il leva une nouvelle fois les yeux, parcourant le ciel à la recherche de ces bulles magiques. « Là ! » s'exclama-t-il après une bonne minute en tendant l'index devant lui. Parfois une bulle prenait la direction inverse des autres et venait s'écraser sur les obstacles au sol. Les arbres, les habitations, ou même simplement les gens. Il venait d'en voir une.
©gotheim pour epicode


Post I | Mots 1077


We were never welcome here ~ Night time or morning time, we're going strong

Don't you tell me what you think that I can be

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Kaahl Paiberym
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~ Sorcier ~ Niveau VI ~
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◈ YinYanisé(e) le : 25/06/2015
◈ Activité : Professeur
Kaahl Paiberym
Dim 11 Sep 2022, 23:46



Epée couronnée


En duo avec Adam


Je soupirai. Depuis le couloir, j’entendais les paroles de Pauline et de Minéphore. Ils s’inquiétaient. Laëth avait tenté à plusieurs reprises de me voir mais, à chaque fois, j’avais fait en sorte qu’elle repartît bredouille. Dans le salon, ils discutaient de théories diverses et variées. Avions-nous rompu ? Il y avait cette affaire avec Adam Pendragon qui n’était pas à négliger, selon eux, mais qui devait être un moindre mal comparé au séjour de l’Ange chez les Sorciers. Ils s’interrogeaient sur le traitement que la jeune femme avait reçu jusqu’ici. Était-ce la raison de mon silence ? Avait-elle été abusée ? Avait-elle changé ? De leur point de vue, j’aurais été incapable de la laisser tomber sans un mot si le problème résultait de son esclavagisme à Amestris. Ils ne cessaient de répéter qu’ils me connaissaient, que ce n’était pas mon genre et qu’il devait y avoir autre chose. Avait-elle commis une faute ? Nous étions-nous disputés ? Y avait-il un élément qu’ils ignoraient ? Dès qu’ils essayaient de me parler du sujet, le même silence que j’imposais à Laëth ponctuait la conversation. Je ne voulais pas en parler. S’ils le comprenaient, ils ne pouvaient pourtant pas empêcher une forme d’angoisse de grimper en eux. Ils ne m’avaient jamais vu comme ça, même après la mort de Constantine. Ma colère, alors, leur avait fait froid dans le dos. Pourtant, ils trouvaient que la colère était préférable au silence. En ne disant rien, ils devenaient impuissants.

Alors que je retournais lentement vers mes appartements, je me figeai d’horreur. Mes yeux s’écarquillèrent et, mon corps, comme possédé, se colla contre le mur le plus proche. Je fermai les yeux et inspirai. Il n’y avait aucune raison qu’un chat eût pénétré ici, surtout un chat avec cette apparence. Mon mal-être me faisait divaguer. À moins qu’il ne s’agît du Monarque Démoniaque ? Sa visite ici serait incongrue. De plus, la dernière fois que je l’avais vu, son image n’était pas celle-ci. Il ne possédait pas de bandelettes. Je passai ma langue sur mes lèvres. Je ne pouvais pas rester ici, immobile dans ma terreur. Je devais ouvrir les yeux et faire face. Je laissai l’air ressortir de ma gorge et fixai le couloir de nouveau. Rien. Il n’y avait rien. C’était peut-être pire. Mes prunelles cherchèrent dans la nuit une silhouette féline. Je l’imaginais sans mal bondir sur moi ou passer finement sa queue sur mes pieds. Les chats avaient ce petit côté sadique qui me déplaisait fortement. Moins on les aimait, plus ils venaient. Heureusement, une magie extérieure vint me sauver de la plus vile des créatures que le monde eût un jour portée.

Je me retrouvai devant une jeune femme brune aux yeux coincés entre le marron et le vert. Intérieurement, je grimaçai. Tout me rappelait Laëth et c’était insupportable. « Mon Roi ! » Je soupirai de soulagement en comprenant que je me trouvais sur Maggie, dans le corps d’Elias. Il me faudrait muer pour que le problème ne se posât plus à l’avenir. Le fait d’avoir tronqué ma véritable apparence contre celle de l’ancien Empereur Noir avait été nécessaire mais, à présent, l’entreprise s’avérait dangereuse. « Vous avez changé. » me fit-elle remarquer. « Pourquoi suis-je ici ? » demandai-je, sans expliquer ma silhouette. « Oh. Vous n’êtes pas le seul à être ici. Votre mari l’est également. Il est arrivé un peu avant vous et… je crois qu’il s’est enfermé avec Rachel dans la salle du conseil. » Un silence passa. « Quoi ? » articulai-je. Il était clair que j’avais parfaitement entendu. J’allais le tuer. J’allais le tuer, et j’allais le tuer maintenant. « Il s’est enf… » « C’est bon, merci, je m’en occupe. » sifflai-je. « Mais vous ne voulez pas savoir pourquoi est-ce… » « Après ! » aboyai-je, en me dirigeant vers la salle du conseil. Où était la salle du conseil ? Je me retournai, afin de poser la question. Ils allaient tous me rendre fou.

Une fois que j’eus ma réponse, je parcourus la distance nécessaire pour rejoindre le Luxurieux. J’entrai dans la pièce sans frapper. Je m’arrêtai totalement, en découvrant les deux protagonistes assis sagement autour de la table. Je passai ma langue sur mes lèvres, incrédule, et cherchai des preuves. N’importe quoi. Une chaussette. De la sueur. Une chemise froissée. Rien. Je soupirai, passai ma main sur mon front et tirai une chaise vers moi avant de m’asseoir dessus. « Est-ce qu’il y a à boire sur cette île ? » demandai-je, sans dire bonjour. Mes doigts vinrent se noyer dans mes cheveux. Mon comportement était stupide. Je savais qu’il bouffait à tous les râteliers. Un peu plus, un peu moins… Pourtant, à cet instant précis, je voulais qu’il n’y eût que moi dans ses pensées.

798 mots

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Eiko
~ Orine ~ Niveau I ~

~ Orine ~ Niveau I ~
◈ Parchemins usagés : 248
◈ YinYanisé(e) le : 14/11/2020
◈ Âme(s) Soeur(s) : Aurel
◈ Activité : Manger des mochis avec Papa Jun, chanter, danser, et remanger des mochis
Eiko
Lun 12 Sep 2022, 18:16


Image par Walker Paulsen.
Épées couronnées
Aurel & Eiko
La divinité regarda l'île qu'elle venait de faire apparaître, posant sur ses paysages un regard satisfait. Segmaë était un endroit paisible, à la nature abondante et accueillante. Mais c'était son ciel, en particulier, qui rendait son créateur si fier : telle une toile infinie, les camaïeux de couleurs se superposaient les uns aux autres pour donner vie à un coucher de soleil radieux. Bientôt, ce même soleil se lèverait sur le peuple qu'il laissait derrière lui. Il ne resterait pas seul bien longtemps : ses élus arriveraient bientôt, pour reprendre sa place au côté de ses protégés. Mais pour régner sur eux, ses descendants auraient besoin de son aide. Lentement, Zhaqani ôta la couronne qu'il portait sur la tête : il souffla dessus, et une bulle dorée apparue autour de l'objet, le faisant léviter. D'un geste similaire, il dégaina l'épée qu'il portait à la ceinture et l'enveloppa de la même protection. La déité souffla à plein poumons et, cette fois-ci, une bourrasque de vent porta au loin ses trésors, pour les dissimuler au sein de son île. « Je vous fait don de mon royaume, et de mes vœux les plus chers. » déclara le créateur. « A votre roi, je donne le don du courage. Venez à lui, lorsque votre cœur flanchera. Il sera le gardien de votre témérité et de la sécurité de cette île. » Aussitôt, une traînée de bulle, que seul le petit Prince saurait percevoir se dessina pour le guider jusqu'à son joyaux. « A votre reine, je fais don de ténacité. Venez à elle lorsque votre âme vacillera. Elle sera la gardienne de l'équilibre et de la prospérité. » Répondant aux mêmes lois que sa jumelle, une seconde traînée de bulles s'éleva, afin de guider la future Princesse.

Légende locale : les trésors de Zhaqani.


Eiko trépignait d'impatience. Elle ne savait quelle idée l'exaltait le plus : une montagne de bonbons ou un nouveau compagnon. La première lui garantirait un goûter mémorable, la seconde lui promettait une amitié sans faille. Il y avait encore tant d'autres possibilités qui faisaient rêver l'enfant, mais les deux propositions de son petit Soleil suffisaient à enhardir son excitation. Elle écouta les explications du conseiller et du Roi sans que son sourire ne s'efface, ou que le courant électrique qui la traversait ne s'amenuise : son corps tout entier vibrait à l'idée de trouver ce trésor secret. A croire que la légende prenait des airs de prophétie : tout son être s'éveillait de cet instinct primaire, de cette envie dévorante de découvrir ce présent qu'on avait laissé là à son attention.

La Hanatsu suivit son partenaire à l'extérieur pour mieux chercher ce mystérieux chemin dont leur avait parlé Phelip. L'Humain fut le premier à repérer la trace des bulles. « Où ça ? » demanda l'Orine, essayant de suivre du regard le chemin que lui indiquait son aîné. Pourtant, même sans connaître sa destination, elle n'hésita pas une seule seconde lorsqu'elle sentit la pression exercée sur ses doigts par son compagnon d'aventure. Elle se jeta à sa suite, laissant ses jambes la porter dans le sillage de l'explorateur. Aurel semblait savoir où il allait, aussi se laissa-t-elle guider à travers les cabanes où habitaient leur peuple, jusqu'au petit bois qui bordait le village. Là, leur marche ralentit quelque peu. Entre les troncs épais s'élevaient quelques racines qui, si on n'y prêtait pas attention, pouvait facilement vous faire un croche-pattes. Eiko fut donc forcée de ralentir son allure, sans toute fois diminuer son entrain. Elle ponctuait ses sauts de chats d'encouragements et de questions à l'encontre du rouquin : « Et ensuite, c'est où qu'il faut qu'on aille ? » « T'imagine, si le trésor c'est plein de bijoux ? Il faudra les montrer à madame Mancinia ! » « Tu crois qu'on a bientôt trouvé le trésor ? » « Dis, tu as déjà volé à dos de dragon, toi ? T'aimerais bien ? Moi j'aimerais bien. Ou alors sur le dos d'un griffon. » « Courage Sūrya, je suis sûre qu'on y est presque ! » Chaque fois que ses jambes étaient lourdes  ou qu'elle sentait un point de côté menacer de la faire flancher, la brunette repensait aux merveilles que pouvait renfermer ce mystérieux trésor et sa détermination s'en trouvait décuplée. Elle crapahutait alors avec plus d'entrain. « Oh ! » fit-elle lorsque l'enfant de Sympan, finalement, s'arrêta. « C'est le trésor ? » demanda-t-elle, curieuse, passant sa tête par-dessus l'épaule de son camarade pour mieux discerner ce qui se trouvait devant eux.
775 mots



[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées B6vi

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Stanislav Dementiæ
~ Sorcier ~ Niveau II ~

~ Sorcier ~ Niveau II ~
◈ Parchemins usagés : 1372
◈ YinYanisé(e) le : 30/01/2016
◈ Âme(s) Soeur(s) : Aggripina, la seule, l'unique.
◈ Activité : Mangeur officiel de chaire fraiche
Stanislav Dementiæ
Ven 16 Sep 2022, 13:24


Image par Benjamin Ee.
Complots, plantes et épéess couronnées.
Stanislav | Partie I

« Tu as entendu ? » Egéas s'installa sur la chaise vacante, aux côtés de Stanislav. Il était le seul à daigner s'y asseoir. Lorsqu'il préférait rester en compagnie d'autres camarades, le mage noir se retrouvait alors seul. Ce n'était pas pour le déranger. Les deux garçons ne se tenaient compagnie qu'à cause de la nature de leur essence. S'ils n'avaient pas tous les deux appartenu au peuple des mages noirs, jamais ils ne se seraient entêter à faire connaissance. Les circonstances avaient fait qu'ils étaient les seuls Apôtres obscures de leur promotion et, puisqu'une fierté raciale les liait, ils se toléraient mutuellement. L'épanchement amical s'arrêtait là. Le Dementiæ le trouvait trop bavard, à toujours papoter pour rien. De plus, le Fynras n'appartenait pas à la gent féminine : il n'avait donc que très peu d'attrait aux yeux de son collègue masculin, qui se complaisait dans la contemplation de ces corps frêles mais délicieux. « Ils ont encore trouvé un nouveau corps, sur les côtes. » Stanislav ne daigna pas même lever la tête de son manuel d'anatomie. Il relisait l'un des chapitres d'angiologie. Il était persuadé que le système vasculaire jouait un rôle clé dans les échecs passés pour mener à bien son expérience. S'il avait d'abord été abattu par les résultats négatifs qui s'étaient enchaînés, ses nouvelles occupations avaient ravivé son engouement. Il était désormais persuadé de pouvoir trouver de nouvelles pistes pour mener à bien son projet. Bientôt, il serait capable de créer la femme parfaite. « Mmh. » grogna le brun pour laisser comprendre qu'il avait entendu l'intervention de son compatriote. Le sujet fascinait le sorcier et il suivait l'affaire de près. D'un peu trop près au goût de Stanislav, qui devait l'écouter jacasser sur les étranges dépouilles à chaque intercours. « Celui-ci était en piètre état. C'est un gamin qui jouait sur les côtes qui est tombé dessus. Il pensait chercher des crabes dans un tas d'algues, jusqu'à tomber sur des os, et qu'il comprenne enfin qu'il n'était pas en train de farfouiller dans un rocher mais dans les reste d'une carcasse... » Un rire sardonique s'échappa de la gorge du conteur. Il se délectait de la nouvelle, à croire qu'imaginer les traumatismes que subirait le marmot l'enchantait. Ce n'était sans doute pas loin de la vérité. Il était un fervent disciple d'Ethelba. « Il parait que le corps va être rapatrié à l'académie, pour que des scientifiques puissent étudier les restes correctement. » L'étudient en médecine frémissait d'impatience. « J'espère qu'on aura l'opportunité de l'autopsier aussi. »

« A ton avis, de quoi s'agit-il ? » « ... Ça ne m'intéresse pas. » « Des anthropologues ont avancé une nouvelle théorie. » Au grand désarrois de son auditeur, Egéas prenait ses silences pour une invitation à continuer son monologue. A contre cœur, Stanislav glissa un morceau de parchemin sur lequel il avait commencé à prendre des notes entre les pages de son livre puis s'appuya contre le dossier de sa chaise, sans  pour autant refermer le manuel. Il n'abdiquait qu'à moitié : s'il admettait ne pas pouvoir se concentrer pour continuer sa lecture, il profiterait de la moindre occasion pour couper court à la discussion et reprendre son étude. « Tu te souviens de la dernière fois, quand je te parlais des découvertes des médecins de Melohorë ? Et bien leur hypothèse est remise en cause. De nouveaux indices tendent à dire qu'il s'agirait en fait de Lyrienns. Ça t'impressionne aussi, hein ? Il paraîtrait que le corps ait subit une mutation particulière, qui les aurait fait fusionner avec ces plantes. Or, puisqu'il s'agit d'une sorte d'algue, elle aurait besoin d'eau. En d'autres termes, il s'agirait de Lyrienns hybrides, un mélange d'éléments : l'eau et la nature. Tu sais, comme les Elémentals. » L'ancienne appellation apportait une connotation différente au peuple des éléments, qui se consacraient dorénavant à une seule et unique divinité. « Ça a fait un sacré bruit à Aeden. Ils nient cette théorie par chez eux mais, en même temps, ces moins que rien refusent catégoriquement d'imaginer que quelqu'un d'autre que leur peuple soit digne de contrôler leurs si précieux éléments. » Comme pour illustrer ses propos, Egéas agita les doigts : un courant d'air tourna les pages du manuel. « Certains spécialistes pensent qu'il s'agit d'une mutation dû à un sortilège. On nous accuse déjà d'avoir voulu continuer des expériences sur des humanoïdes, et de les avoir métamorphosé en ces choses mi-humaines mi-végétales. Si tu veux mon avis, c'est fort probable mais je n'aime pas trop cette façon qu'ils ont de nous pointer du doigt sans aucune preuve, comme si nous étions des fautifs... La science n'avance pas sans rien, les sacrifices sont nécessaires. » La question pouvait alors se poser de l'identité des sacrifiés. La réponse semblait évidente aux mages noirs : toutes les vies ne se valaient pas. Certaines pouvaient regagner de l'intérêt ou devenir moins médiocres en servant une nobles causes comme la science. « Tous ces insolents feraient mieux de se souvenir qui ils sont en train d'accuser. Les dernières guerres ont prouvé qu'il n'était jamais bon de se frotter à nous. » La défaite des réprouvés venait s’additionner au génocide des démons. Bien évidement, quelques événements avaient remis en question la suprématie des mages noirs mais l'ordre était revenu après l'éclatante victoire contre les Manichéens.

« Tiens, si tu veux plus d'infos, tout est expliqué dans cet article. » Le bavard jeta un journal en travers du bureau. Stanislav le repoussa du bout du doigt avec une mine dégoûtée, comme s'il ne voulait pas être contaminé par la bêtise contenue entre ces lignes. « Je t'ai déjà dit que je n'étais pas intéressé par les inepties de ce torchon que tu t'entêtes à lire. »
1012 mots



Merci Kyky  nastae
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Adam Pendragon
~ Déchu ~ Niveau V ~

~ Déchu ~ Niveau V ~
◈ Parchemins usagés : 1023
◈ YinYanisé(e) le : 13/01/2015
Adam Pendragon
Lun 19 Sep 2022, 13:20



C'est un rp de Luxurieux
[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées 20yx

Epées couronnées, avec Kaahl ;D


À boire ? Je pouvais lui donner à boire moi.

Un petit sourire vint ourler mes lèvres. Je penchai légèrement la tête pour contempler sa silhouette. Il faisait la gueule ou… il avait cru des choses qui s’étaient avérées inexactes. Mon menton se posa dans la paume de ma main, sans que mon sourire ne s’efface. Que pensait-il ? Que j’étais en train de fourrer la jeune femme qui était avec moi ? Je n’allais pas dire que je ne l’avais pas envisagé mais je n’étais pas une bête : j’avais d’abord prévu de lui proposer d’en profiter avec moi. Néanmoins, vu sa tête, il me semblait entendre son refus d’ici. À cause de l’Ange sans doute.

J’abandonnai ma place en me levant et contournai la table. Une fois derrière lui, mes mains se posèrent sur ses épaules et je me penchai à son oreille.

« Dis donc… depuis quand tu ne dis plus bonjour à ton Roi ? »

Mes mains descendirent sur son torse sans que je ne cherche à le cacher aux yeux de Rachel. Elle aurait pu tout voir que ça ne m’aurait pas dérangé le moins du monde. Surtout que s’il continuait à bouder, j’allais devoir prendre sérieusement les choses en mains. Je partais du principe que si quoi que ce soit la gênait, elle prendrait l’initiative de partir. C’est ce que j’avais toujours fait. Généralement, les gens ne partaient pas. Ils se rapprochaient.

« C’est de gagner la guerre qui t’a rendu hautain ? Et alcoolique de surcroit ? »

J’aimais bien le taquiner, surtout en l’absence de magie. Il ne pouvait pas se venger, ou si peu. J’étais le plus fort physiquement et tout ce qu’il pouvait répliquer se comptait à coup de tactique. Néanmoins, je me fichais de sa tactique et j’adorais le voir à court d’arguments. Face à quelqu’un qui n’écoute rien, les arguments ne valent pas grand-chose. Il était trop sérieux, là où je ne l’étais tout simplement pas. Gérer un Luxurieux stupide était hors de sa portée. Il ne gérait qu’un monde de raison. De notre trio mal fagoté, j’étais de loin le plus insupportable, puisque j’arrivais à agacer l’Ange et à rendre muet le Mage.

En réalité, je voulais bien partager ma première place avec Freyja, à la condition qu’elle ne place qu’un pied sur ma place de podium. Une deuxième place et demi. Parfois, je le soupçonnais d’être masochiste. Il aimait se mettre en difficultés. Sinon, il aurait trouvé une Sorcière stratège, comme lui. Ils auraient parlé tactique à chaque seconde : en dînant, en marchant, en baisant. Ils auraient été pareils, moulés de la même façon. Mais non, le cœur de monsieur avait préféré choisir les inchoisissables.

Je le lâchai et me déplaçai vers un meuble. Bien sûr qu’il y avait à boire. Je comptais d’ailleurs le faire boire. Lorsque ses joues commençaient à chauffer, il était bien plus bavard et entreprenant. Vu ce qu’il s’était passé à Amestris, je doutais qu’il me parle si je ne l’y forçais pas de façon détournée. J’avais besoin de savoir. Vrael m’en avait déjà parlé. J’avais eu des échos. Mais je voulais l’entendre de sa bouche. Ça le détendrait de vider son sac. Je le viderais de partout.

Je posai la bouteille sur la table sans la lâcher. Je m’assis sur le rebord de celle-ci et me décalai pour me retrouver en face de lui. J’enlevai ma chaussure et posai mon pied entre ses cuisses.

« C’est drôle parce qu’on est ici pour une chasse au trésor. »

Très drôle, d’autant plus en considérant les objets en question.

« Il faut qu’on cherche une épée et une couronne. »

À ma mine, il pouvait se douter que, entre mes lèvres, épée et couronne n’avaient pas leur sens premier. Je déplaçai mon pied vers le haut, jusqu’à sentir ce qui m’intéressait.

« On a qu’à faire un jeu. Si je trouve l’épée et toi la couronne… »

Parce que c’était plutôt dans ce sens-là que ça marchait, en laissant de côté la symbolique de chacun de ces objets que lui ne connaissait pas pour ne pas avoir été informé.

« … tu m’obéiras jusqu’à notre départ de l’île. »

Je souris. J’allais tellement le faire parler, boire et crier qu’il en aurait pour des mois de gueule de bois, d’extinction de voix et de courbatures.

« Dans toutes les autres configurations, il y en a trois autres, ce sera l’inverse. »

Statistiquement parlant, je partais perdant. Mais j’aimais le risque et, surtout, j’étais convaincu que c’est ce qu’il se passerait.

Je pris la bouteille, enlevai le bouchon et bus directement comme ça. Passer du temps avec les Réprouvés n’avait pas arrangé mon cas mais je savais qu’il aimait ça.

« Tu veux boire ? »

Je bus de nouveau mais n’avalais pas. Je m’avançai vers lui et posai mes lèvres sur les siennes. Quelques gouttes s’échappèrent de nos bouches.

Il allait faire quoi, hum ?

824 mots


[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées Ezpg
[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées 1844408732 :
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Maximilien Eraël
~ Humain ~ Niveau III ~

~ Humain ~ Niveau III ~
◈ Parchemins usagés : 2461
◈ YinYanisé(e) le : 18/09/2016
◈ Activité : Charpentier | rang II ; Ébéniste | rang II ; Soldat | rang II
Maximilien Eraël
Lun 19 Sep 2022, 18:36


Epées couronnées

Régulièrement le garçonnet marquait des arrêts lorsqu'il venait à perdre la trace des bulles qui tombaient, avant repartir avec entrain lorsqu'il les retrouvait. Un entrain peut-être trop prononcé puisqu'à peine avait-il pénétré la forêt une racine se plaça sur son chemin, l'amenant à chuter et s'écraser le nez au sol. Ses yeux avaient commencé à briller de la douleur lorsqu'il se releva, mais la vue d'Eiko à ses côtés suffit à les réprimer. Alors, les mains terreuses et les genoux marron, il repartit de plus belle tout en prenant bien plus garde aux endroits où il posait les pieds. Cette initiative lui permit également d'entendre plus clairement les nombreuses questions de la petite Orine. Et entre deux réponses sur la direction à prendre, il ouvrit une première fois un visage surprit à la mention de Mancinia. « Waaah tu connais Matasif ? » s'étonna-t-il en marquant un arrêt. Il n'avait aucune idée de ce que Matasif pouvait signifier mais il avait toujours entendu son papa la nommer ainsi. Il se disait alors que ce devait être un surnom, même s'il ne voyait pas la ressemblance entre Mancinia et Matasif. « C'est trop de chance ! » s'extasia-t-il tout de même en se remettant en marche, un large sourire aux lèvres. Il aurait pu être jaloux. Mais pas avec Eiko. Elle lui était trop chère pour lui envier quoi que ce soit. La deuxième question qui le surprit était d'un tout autre genre. Alors il ralentit, le temps de la réflexion. « Huuuum... Nan je crois pas. Ça a l'air méchant en plus les dragons... ». Il trouvait leur bouche hérissée de crocs long comme sa main et large comme trois doigts particulièrement effrayante. Sans compter qu'on les disait géant. Ces créatures l'intimidaient un peu. Il n'en avait vu qu'en images, mais pour l'instant ça lui était suffisant. « Mais j'ai volé sur le dos d'Haurvatât déjà ! » ajouta-t-il avec plus d'enthousiasme. Il s'arrêta mais pour réfléchir cette fois. « Il ressemble un peu à un griffon je crois... Si tu veux on volera ensemble sur lui ! Tu verras c'est trop drôôôle ! » s'exclama-t-il alors, sautillant plein d'engouement sur place en s'imaginant déjà en situation, oubliant par là même qu'il fallait à l'Orine pour ça traverser à nouveau le désert. Ce ne fut pas la seule chose qu'il oublia toutefois. La présence du conseiller à leurs côtés le rappela à l'ordre alors que, pendant une seconde, il avait omit pourquoi ils s'étaient perdus ainsi dans la forêt. D'un tour sur lui-même, il balaya l'environnement à la recherche du chemin qu'il avait perdu des yeux. « C'est ici ! ». Puis, reprenant la main d'Eiko qu'il avait lâché le temps de l'échange, il reprit sa course, la fillette à ses côtés, jusqu'à finalement se retrouver dans une clairière verdoyante. Couverte par la canopée des arbres alentour, un rayon lumineux avait réussi à se frayer un chemin à travers les feuilles pour en éclairer le centre et ce qu'il s'y trouvait. Aurel papillonna des yeux avant détailler les alentours et répondre à la brunette. « Je crois. ». La trace du chemin semblait cesser ici. Il ne voyait pas d'autres bulles tomber que celles dans son dos. Il s'approcha alors lentement de leur découverte. Une épée flottait dans les airs, enfermée dans une bulle arc-en-ciel. Elle était belle. La poignée et sa garde, couvertes de feuilles d'or, étaient incrustées de rubis, d'émeraudes et de saphirs. L'étui de cuir clair était habillé d'un lacet plus foncé, tressant élégamment la protection. Il se tourna vers Eiko, indécis quant à ce qu'il devait faire. Ce n'était pas ce qu'il s'était imaginé comme trésor. Puis il se tourna vers Phelip, veillant toujours sur ses jeunes monarques. Enfin il reporta son attention sur la bulle et, après une moue intriguée, y tendit la main. Elle éclata à l'instant où sa paume entra en contact avec, laissant tomber au sol l'arme dans un tintement métallique. Curieux, il s'approcha de la lame étendue sur l'herbe. « Oh ! ». La prenant dans ses bras, il fut étonnement surprit du poids de l'arme : c'était léger. Il avait toujours cru que ça pesait une tonne et trouvait incroyable ceux capables de les manier. Alors un rire lui échappa tandis qu'il voulut partager son expérience avec Eiko. « Regarde ! C'est joli ! Tu crois elle sera contente Matasif si on lui montre ? ». À présent il voulait voir ce que cachait l'étui. Peut-être était-ce léger parce qu'il n'y avait rien dedans ? « Tiens attends. Tu peux tirer dessus ? » demanda-t-il en tendant la garde à la fillette. L'arme était trop grande pour ses petits bras seuls. Lorsqu'elle consentis à s'exécuter, un bruit métallique envahit l'air comme lui se trouva avec les bras encore plus allégés. Constatant le fer bien présent, le rouquin en déduit que c'était juste léger. Un œil dessus et il repéra une étrangeté. « Regardes y a un truc ! » fit-il remarquer en se rapprochant de l'Orine et l'épée qu'elle tenait. C'était un dessin, gravé à même le métal. Dans des traits minimalistes, on pouvait deviner une silhouette soufflant sur des bulles. Deux plus grosses devançaient leurs sœurs, l'une ornée d'une croix, la seconde d'un cercle. « C'est joli... » commenta le garçonnet dans un rire heureux. Ce n'était pas ce qu'il attendait, mais il avait hâte que son père voie le bel objet qu'il avait trouvé. Puis ils pourraient voir Matasif ensuite !
©gotheim pour epicode


Post II | Mots 920


We were never welcome here ~ Night time or morning time, we're going strong

Don't you tell me what you think that I can be

[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées 3881576816 Vous avez deux nouveaux messages [Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées 3881576816 :


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Kaahl Paiberym
~ Sorcier ~ Niveau VI ~

~ Sorcier ~ Niveau VI ~
◈ Parchemins usagés : 4077
◈ YinYanisé(e) le : 25/06/2015
◈ Activité : Professeur
Kaahl Paiberym
Mar 20 Sep 2022, 18:10



Epée couronnée

En duo avec Adam


Ses mains sur mes épaules avaient une saveur étrange. Le corps d’Elias était bien plus maigre que le corps qui avait été le mien avant ma Mue. Tout semblait plus sec, plus dur, moins rebondi et résistant. J’avais cette impression que mes os pourraient craquer sous sa poigne. Malgré tout, je tentai de retenir un sourire, les yeux fixés sur la fameuse Rachel sans qu’ils ne la regardassent pour autant. Elle ne m’intéressait déjà que peu au début mais lorsque les mains du Déchu privé de magie descendirent sur moi, mes préoccupations furent autres. Ma chance résidait dans l’absence de ses pouvoirs. Il me faisait un effet réel mais bien plus modéré que lorsqu’il s’aidait de ses dons. Cette fois, je souris, comme si la colère s’était évanouie d’un coup. « Pourquoi devrais-je dire bonjour à mon Roi, alors même qu’il passe sa vie chez mes ennemis ? » Je laissai quelques secondes passer et rectifiai. « Je devrais même dire : dans mes ennemis. » Je savais qu’il s’était rendu à Lumnaar’Yuvon et y était resté un temps conséquent. Je m’y étais également rendu, sans pour autant l’y rejoindre. J’aurais pu mais l’urgence de la situation excluait que je me détendisse. Tout ceci me paraissait presque lointain, alors que la situation était on ne peut plus présente. Je n'avais pas envie de lui parler de Freyja mais je supposais, à raison, qu’il voudrait savoir. Je réservai pourtant cette discussion pour plus tard. Que lui dire ? Que Jun avait gagné le procès et avait libéré l’Ange dès qu’il en avait eu l’occasion ? Qu’une version passée de lui l’avait rencontrée et qu’ils avaient fini par faire l’amour ? Le ressasser m’était insupportable et, lorsque je m’imaginais le formuler à voix haute, je trouvais ça ridicule. Je tentais de ravaler ma tristesse et ma colère comme je le pouvais mais je sentais que j’étais particulièrement sensible et irritable. J’avais la sensation qu’un pan entier de mon existence venait de s’écrouler. Adam constituait un autre pan, plus instable et plus stable à la fois. Il couchait avec tout le monde mais n’aimait personne d’autre que moi pour le moment. À moins qu’il n’aimât déjà Freyja et qu’il fût resté silencieux sur cette information ? Je ne voulais pas savoir. Quoi qu’il en fût, il restait égal à lui-même. « Et tu peux dire ce que tu veux, ce n’est pas moi qui étais ivre mort dans la piscine de Basphel. » C’était ainsi que les choses avaient commencé, lorsqu’il avait décidé de briser la distance et les convenances que je m’imposais et que tout le monde respectait en temps normal avec moi. Finalement, j’aimais un délinquant, un pourfendeur de bonnes mœurs.

« Qu’est-ce que tu fais ? » lui demandai-je, lorsqu’il posa son pied sur moi. J’avais beau jouer les ingénus, je savais parfaitement ce qu’il entreprenait. Je savais que son pied allait grimper. Je savais jusqu’où il allait grimper. Et ça m’excitait. « Je vois. Une épée et une couronne. » Et ce pied parfaitement placé et déplacé. Néanmoins, je lui fus reconnaissant de ne pas insister sur la guerre et de me laisser un répit en me changeant les idées. Son buste cachait Rachel et il m’était impossible de savoir ce que la jeune femme faisait. Si nous avions été chez les Déchus, j’aurais pu émettre quelques hypothèses. Là, je ne pouvais que supposer qu’elle restait droite, assise sur sa chaise, à attendre que ses Rois voulussent bien la considérer de nouveau. « Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée… » murmurai-je, en tentant de deviner la forme de son torse sous ses vêtements. Mes yeux remontèrent sur sa gorge. Pour une fois, le Vampire se taisait. Néanmoins, cela ne signifiait pas que je n’avais pas envie de planter mes dents à certains endroits. En réalité, je mourais d’envie de me redresser et de le pousser sur cette table. Je mourais également d’envie qu’il utilisât sa magie sur moi, pour anesthésier mes craintes et ma rage. Ici, ce ne serait pas possible. Quoi qu’il fît, je ne pourrais pas ignorer l’infidélité de Freyja. Objectivement, c’était injuste pour elle. Adam passait son temps à me tromper et je savais que mes espions tenaient le compte précis de ses conquêtes en pariant entre eux. Freyja, elle, ne m’avait trompé qu’une fois et, en cela, j’étais débiteur envers elle. Parce que je la trompais régulièrement aussi. Avec Adam, déjà. Néanmoins, subjectivement, mon cœur ne pouvait pas pardonner. Il restait coincé là, gonflé de souffrance et de ressentiment.

Je le vis boire de nouveau après sa question. « Non… » protestai-je, à la manière d’un enfant refusant de jouer à chat tout en voyant le chat fondre déjà sur lui. « Adam, non ! » Trop tard. Ses lèvres, l’alcool, le mince filet qui coula sur mon menton. Je le détestais. Je décalai son pied vivement et me redressai. Mes mains se refermèrent sur ses cuisses et je le regardai, on ne peut plus proche de lui. L'expression de son visage me fit inspirer et expirer. Je capitulai. « D’accord pour le pari. » soufflai-je. Une chance sur quatre qu’il gagnât, le risque était moindre pour moi. Et quand bien même, ce qu’il demanderait ne serait pas tant surprenant. Mes doigts vinrent chercher son menton. Mon pouce caressa ses lèvres et les miennes le substituèrent un court instant. Je me reculai, un sourire en coin ornant déjà ma bouche. « Allons-y. »

Je pris la bouteille, la refermai et tournai les talons. « Je prends ça, vu que t’es incapable de me désaltérer correctement. » dis-je, proche de la porte, sans faire grand cas de Rachel.

918 mots

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Min Shào
~ Orine ~ Niveau II ~

~ Orine ~ Niveau II ~
◈ Parchemins usagés : 291
◈ YinYanisé(e) le : 25/03/2022
◈ Âme(s) Soeur(s) : Elle m'attend quelque part.
Min Shào
Sam 24 Sep 2022, 22:50


Image par Mike Calandra
Choisir le bon appât
II. Suite de Premier mouvement : souffranzio

Wao passe la porte de la demeure familale Liën, entraîné avec hâte par Rubèn, le cadet de la famille. Les nuages crachent un filet de pluie et obscurcit l'horizon à peine illuminé par l'aube naissante, mais un domestique protège le duo de son parapluie. L'Orine hume les odeurs métamorphosées par la pluie. A Drosera, la végétation est omniprésente et ses effluves donnent à la ville un air agréablement naturel sous la pluie.

« C'est dans cette direction », indique Rubèn au domestique. Ils traversent des rues désertées par l'air matinal à pas rythmés vers le portail de téléportation pour se rendre aux docks. La raison ? Un article de journalisme. Avec l'Alfar, c'est toujours ce dont il est question. « Avez-vous bien votre carnet et de quoi écrire ? Bien. Hâtons-nous. » Perdu dans la solitude, Wao s'est réfugié dans l'ambassade des Orines en l'absence de son Aisuru potentiel. Pour essayer de se rapprocher de Rubèn, il lui rapporte tous les racontars : selon lui, il n'y a pas de petit sujet. Et la veille, une discussion à propos des mauvaises pêches récentes a fait mouche.

Car Rubèn donnerait tout pour encrer son nom dans le journal. Aujourd'hui, il n'est qu'assistant de rédaction ; un titre enjolivé pour désigner les relecteurs. Mais en-dehors de ses horaires de travail, il se tue à la tâche pour ramener des sujets et espérer éveiller l'intérêt de ses supérieurs. Wao admire son abnégation ; c'est, en général, une chose qui l'impressionne dans ce peuple. Mais c'est aussi ce qui l'effraie dans sa future vie avec Eöl. Acceptera-t-il que ces ambitions l'arrachent si souvent à son Aisuru ?

« Avez-vous déjà pris un téléporteur, Hanatsu ? » En songeant à son dernier voyage par ce moyen, Wao l'observe donner une modique somme pour utiliser l'outil magique. « Bien entendu. Les Orines voyagent sur tous les continents pour propager l'Art et la Beauté. Et ce dès leur plus jeune âge. » - « Tant mieux, je ne risque donc pas de retrouver du vomi sur mon manteau. » Devant le regard surpris de Wao, il poursuit: « Père garde encore un souvenir de ma première fois... » lui souffle-t-il sur l'air de la confidence. Wao s'esclaffe en se cachant avec la manche et prend note de cette nouvelle anecdote sur son futur Aisuru. « Allons-y. »

*

Entretien avec les Réprouvés des docks de la Griffe, notes de Wao :

Marins : mauvaise mine. Départ sur le bateau à l'aube. Les docks sont tristement vides. Six marins. Tous payés pour qu'on monte.
Jamie, 63 ans, capitaine : "Nos prises ont réduit de moitié depuis 7j. J'avais jamais vu ça de ma carrière. Une partie des poissons a disparu. D'autres sont déjà morts quand on les remonte au filet. Si ça continue, je vais plus pouvoir nourrir mes filles."
Janna, 44 ans, pêcheuse depuis 20 ans : "Je pense à changer de métier ... mon instinct me crie de me retirer vers les terres ... les poissons révèlent plein de choses sur ce qui est invisible pour nous. S'ils partent, alors moi aussi."

Vu des dauphins. Passé devant un dauphin mort qui flottait. Nageoire droite prélevée. Prise : la plus mauvaise depuis la "crise". Plein de cabillauds morts. Pris deux en échantillons.
Jamie dit, tout en ramendant un filet : "D'autres sont mourants et pourront plus être vendus à la criée. On trie plus ce qui se vend pas bien. Même si c'est mauvais, on les mange nous-mêmes." Goûté du merlan bleu. Beurk.
Jamie : "On a besoin d'aide. Aucun expert a répondu à nos lettres." Mine épuisée, regard vide. Joues creuses. Rubèn : "cb de temps vous pouvez tenir ?" Jamie : "On est déjà à bout. Paye trop cher les docks, couteau sous la gorge. Veulent pas réduire les frais." Alarmiste.
Intendant des docks refusé de ns parler. Autres marins aussi.


*

« Posez l'assiette ici, s'il vous plaît. Un peu plus à gauche... parfait. » Wao soupire en s'asseyant sur la table du salon Liën. Cette journée l'a épuisé. Après leur aventure dans le bateau de pêche, l'Orine a peint l'océan, médité puis s'est attelé à la cuisine. Par générosité envers ces pauvres pêcheurs, victimes des caprices de la nature, il a acheté une partie de leur prise à bon prix et a, dans la foulée, donné une leçon impromptue de cuisine aux domestiques. Mais son repos est de courte durée : la porte du foyer grince. Le cadet est rentré de sa journée de travail.

« Rubèn ! Venez-donc vous installer au chaud. Le dîner est prêt. » Comme tiré d'une profonde réflexion, l'Alfar détaille le festin du regard en se laissant retirer le manteau. « Serait-ce... le poisson de ce matin ? Il est... cru ? » Un domestique lui tire une chaise. Il s'assoit et regarde les baguettes sans savoir quoi faire. « Voici un dîner typiquement Orine. Si vous appréciez, nous pourrions organiser ces repas plus souvent. Votre père, en tous cas, approuvait ces mets. » A la mention de son père, l'expression de l'Alfar s'adoucit même s'il ne semble pas emballé par l'idée de manger du poisson cru.

Après un atelier baguettes, Wao lui pose la question qui lui brûle les lèvres. « Que vais-je voir dans le journal demain ? » Une façon de lui ouvrir une issue de secours si le sujet n'a pas fait mouche. « Les mêmes marronniers. Les mêmes sujets sensationnalistes. Mais rien de moi. C'est un sashimi, c'est ça ? C'est délicieux. » Wao s'apprête à répondre, mais l'Alfar reprend la parole... d'une façon bien curieuse. *Néanmoins, nous avons une piste.* L'Orine est tellement surprise d'entendre sa voix dans son esprit qu'elle en fait tomber une baguette. Le domestique la ramasse et court lui en rapporter une propre.

« Je... j'ai pris un peu trop de wasabi. » Wao est un très mauvais menteur, mais au moins, il a compris que Rubèn souhaite dissimuler cette partie de la discussion aux domestiques. *Le rédacteur en chef n'a que faire de l'état des océans, ni du gagne-pain des Réprouvés, tant qu'ils payent leurs taxes aux docks. Il m'a humilié devant toute la rédaction.* Ce dernier montre le plus grand calme en lui expliquant sa déconvenue par télépathie. *C'est là que quelque chose de très particulier est arrivé.* Une gorgée de thé. *J'ai reçu une lettre de menace. Apparue comme par magie dans mon ersatz de bureau.* Cette fois, un rictus s'étire sur ses lèvres : une réaction quelque peu surprenante à une menace. *Je pense que cette affaire est liée à quelque chose de plus grand. De bien, bien, plus grand.* Wao est tellement choqué qu'il en fait tomber sa seconde baguette parterre.

Mais cette fois, Rubèn interrompt la domestique. « Mylen ? » - « Oui, Messire ? » - « Vous avez bien travaillé aujourd'hui. Je vous libère et vous offre la matinée demain. » - « Je vous remercie ! » Une fois partie, Rubèn pose ses baguettes et vient se rasseoir près de Wao. Il regarde autour de lui, comme si les murs avaient des oreilles, et chuchote : « Une toile de manigances se tisse juste sous notre nez et nous ne sentons rien. Cette odeur putride... moi, je la sens s'approcher. » L'Orine le fixe intensément, les questions se bousculant dans son esprit. « Est-ce lié à l'éruption des étoiles ? » Finit-il par formuler. L'Alfar lui prend la main, comme pris de folie. « Non ! Justement ! C'est une distraction ! Tout cela est organisé dans un unique but ! » Wao ne peut réprimer un mouvement de recul. « Mais ce but... je ne le connais pas encore. Une chose est sûre : ce sont nous, les Alfars et Drosera, qui allons payer. Et ce qu'il reste des Réprouvés, peut-être. S'ils sont montés contre nous. »

Wao s'est perdu dans la discussion et en toute honnêteté, l'Alfar commence à l'effrayer. Il décèle sa peur et s'exclame en s'éloignant : « Mais si vous n'avez pas le courage de m'aider, alors, je percerai la vérité moi-même. » Il engloutit sa dernière bouchée. « Je... je vais y réfléchir. Nous, les Orines, ne prenons jamais de décisions à la hâte. » Surtout quand ces décisions peut avoir pour effet de s'exposer à de potentiels dangers. Surtout quand ces dangers rôdent dans un terrain inconnu. Sa raison le pousse à s'éloigner de cette affaire bancale. Mais le cœur, lui, le crie de suivre le fils de son Aisuru potentiel où qu'il aille. Car s'il est précieux pour la personne qu'il aime, alors il est aussi précieux pour lui. « Je vous confierai la tenue de mes réflexions dans une lettre, remise sous votre porte, demain matin. » En réalité, sa décision est déjà prise. Quoiqu'il fasse, la détermination de l'Alfar le conduira au bout de l'histoire, quelle qu'elle soit. Et sa famille, dont Wao, sera forcément concernée. Son meilleur pari sera de tempérer ses ardeurs en opérant au plus près du cadet Liën. Ne plus lui lancer d'appâts : leçon apprise.

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Adam Pendragon
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Adam Pendragon
Jeu 29 Sep 2022, 13:51



C'est un rp de Luxurieux
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Epées couronnées, avec Kaahl ;D


Non ? Oh si.

Lorsqu’il se leva pour faire œuvre d’autorité, un sourire malin s’installa sur mon visage. Vas-y, je n’attends que ça. Forcément, l’abandon en résulta. Je commençais à le connaitre par cœur. Son comportement avec moi suivait les mêmes schémas. Il me suffisait de l’acculer pour qu’il se retire. J’étais certain que Freyja n’y parvenait pas, sans doute parce qu’elle attendait trop de lui. Je n’attendais rien de particulier. Peut-être était-ce aussi et surtout une question d’assurance ? Là où j’étais certain qu’il ne me quitterait pas, l’Ange devait trembler à cette perspective. Je n’avais pas besoin qu’il me donne des preuves parce que la plus grande preuve, venant de lui, reposait dans son comportement, lorsqu’il me laissait prendre pleinement possession de son corps. Il se donnait totalement à ma magie. J’aurais pu le tuer si l’idée m’avait traversé l’esprit.

Longtemps, je m’étais dit qu’il devait m’aimer plus que je ne l’aimais mais il me semblait que ce n’était pas vraiment une question de ça. Les termes du contrat étaient juste clairs. Je comptais sur lui pour me faire connaître sa baisse d’intérêt lorsque celle-ci adviendrait. Si, un jour, il ne m’aimait plus… Je souris. S’il ne m’aimait plus, je ne doutais pas que j’en souffrirais mais je le laisserais partir, tout comme je le laissais faire tout ce qu’il voulait, à la condition qu’il ne s’en prenne jamais aux Déchus. C’était la seule chose, la seule condition à notre relation. Je me fichais qu’il me fasse mal. Je me fichais qu’il me néglige parfois. Je me fichais des questions sans réponse. Je n’en posais, de toute façon, pas vraiment. Enfin, à vue de nez, j’estimais être la personne à l’avoir vu pleurer le plus de fois, sans que je ne sache forcément pourquoi d’ailleurs. J’étais juste là, si besoin. Ça m’allait comme ça.

« Tu vas perdre. »

Je souris en lui dévoilant mes dents, faussement vantard mais cruellement espiègle. Je n’en savais rien, en réalité. Je le sentais plus qu’autre chose. L’épée me revenait, parce que j’étais celui qui transperçais l’autre le plus souvent. Également parce qu’il était bien plus stratège que moi. Je doutais d’être le protecteur idéal mais j’allais faire comme toujours : aviser.

Je le laissai m’embrasser et souris encore, après. Cette fois, il avait réussi. J’avais envie de lui pour de bon, raison pour laquelle je décidai qu’il était hors de question qu’il sorte de la pièce comme ça.

Je sautai de la table et avalai la distance à grandes enjambées. Avant qu’il ne sorte, je mis ma main sur la porte afin de la bloquer.

« Tu peux laisser ça là. »

Je parlais de la bouteille.

« Je vais m’occuper de combler ta soif tout de suite. »

Je tournai la tête vers Rachel. Si j’avais voulu, de base, que nous le fassions à trois, je n’avais à présent plus aucune envie de l’inclure. Je voulais qu’elle parte et que nous soyons seuls.

« Vous pouvez disposer. »

Je le regardai.

« On va jouer au Sorcier et au Réprouvé. Je suis le Sorcier. Tu es le Réprouvé. »

La suite, il la connaissait. Un camp s’était fait défoncer par l’autre. Simple et efficace.

**

Le sexe sans magie était toujours décevant. C’était comme d'avoir l’habitude de manger des noix sans effort et, soudainement, d'avoir à les décortiquer en devant en plus les partager avec toute une famille. En cela, je n’étais pas pressé de voir le Lien entre Freyja et moi s’intensifier. J’étais à peu près certain qu’elle ne voudrait jamais coucher avec moi si je n’étais pas Humain et, en Humain, les choses me paraîtraient sans doute fades. Je me demandais comment les autres faisaient, sans le contrôle des sens. C’était agréable mais sans plus, pour moi comme pour mon partenaire. Cette île en elle-même, puisqu’elle ne disposait d’aucune magie, était donc problématique. J'aimais trop les noix, en plus de ça.

Après m’être rhabillé, j’étais donc parti à la conquête de l’artefact qui voudrait bien de moi. Kaahl et moi n’avions pas pris le même chemin, ce qui, tout compte fait, ne m'allait pas. J’aurais préféré que nous le fassions, simplement pour pouvoir parler un peu de la guerre et du reste. Mais peut-être… Peut-être que je pourrais le rejoindre « par hasard ». Il me suffirait de réfléchir un peu à la position de l’île pour me figurer son emplacement actuel. Si, ensuite, je courais, c’était tout à fait possible. Voilà.

Trente minutes plus tard, j’aperçus sa silhouette. Je souris et fis l’effort de le contourner. Puis, je sortis des fourrés l’air de rien.

« Tiens… t'es là ? »

Je vins me mettre à côté de lui, un sourire taquin sur les lèvres. Je n’allais pas me justifier. Se justifier était toujours le début de la fin. Peut-être qu’il devinerait mon entreprise tout seul. Dans le doute, le silence était d’or.

« Alors ? »

Je ne dis que ça. J’étais essoufflé mais fis comme si de rien n’était. Le mieux, avec lui, restait de ne pas parler pour l’obliger à le faire. Si ça ne marchait pas, je passerais à un plan B que j’improviserais en temps voulu.

837 mots


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Eiko
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~ Orine ~ Niveau I ~
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◈ Âme(s) Soeur(s) : Aurel
◈ Activité : Manger des mochis avec Papa Jun, chanter, danser, et remanger des mochis
Eiko
Jeu 29 Sep 2022, 15:43


Image par Walker Paulsen.
Épées couronnées
Aurel & Eiko
« Matasif ? Mmh... Non, juste Madame Mancinia ! » Le titre lui était étranger. Même si sa mère en usait parfois, elle ne parvenait pas à comprendre ce mot et se contentait donc d'appeler l'Humaine par son prénom, une familiarité qu'on lui accordait dû à son âge. « On s'écrit des lettres et je lui ai offert un collier. » répondit elle, rêveuse. Elle porta instinctivement la main à son cou, se mettant à jouer avec le pendentif de coccinelle qu'elle avait l'habitude d'y trouver. Les échanges épistolaires avaient été motivés par la soudaine fascination qu'avait éprouvé la Hanatsu envers l'Art que maîtrisait la fille de Sympan. « Oh, tu trouves ? » fut-elle étonnée d'entendre au sujet des reptiles. Les principales interprétations de dragons dans le folklore Orine se cantonnaient aux Yinmaï* et illustraient une version apaisée de ces bêtes sauvages et brutales. Eiko les affectionnait. Pourtant, elle ne trouva pas la réaction d'Aurel étrange ou démesurée. D'une certaine façon, sans qu'elle ne puisse vraiment se l'expliquer, elle comprenait également son ressenti sans jamais avoir fait l'expérience de la peur à leur égard. « Oh oui, j'aimerais beaucoup voler avec toi sur ton Hovata. » dit-elle en essayant de s'appliquer sur le nom du Griffon, sans pour autant parvenir à la maîtriser. C'était la promesse d'une future retrouvaille.

Les babillages enfantins cessèrent pour laisser place à l'excitation de l'exploration. Il régnait, dans ce petit bois, une certaine quiétude. Les yeux ébahis de surprise, Eiko observa son petit soleil trouver l'épée et la ramasser. « Je suis sûre qu'elle adorera ! » s'enthousiasma la fillette au sujet de l'Humaine. Elle pourrait lui poser la question, la prochaine fois qu'elle la verrait. Ou bien peut être pourrait-elle lui en parler dans ses lettres. La petite artiste s'améliorait de plus en plus en dessin, même si elle avait encore beaucoup besoin d'aide : elle lui en ferait un pour lui montrer à quoi l'arme ressemblait. « Elle aime tout ce qui brille ! Et puis, peut être que Zhaqani eh bah il a demandé à la Ma-ta-sif - elle s'était de nouveau concentrée pour prononcer ce mot inconnu- de l'aider pour décorer son épée ? » l'imagination fertile de la petite fille prêtait milles et unes merveilles à la Sertisseuse. A la demande d'Aurel, elle s'empara de l'épée et tira dessus. « Regarde Aurel, je suis une chevalière ! » s'amusa-t-elle en tenant fermement l'objet de ses deux mains. « Oh, c'est quoi ? » questionna la fillette en se penchant sur les dessins. « C'est joli dis donc. » commenta-t-elle, impressionnée par le travail réalisé sur la lame. « Félicitation, jeune roi. » intervint Philip. « Vous avez trouvé une partie du trésor. » Eiko sourit à Sūrya et lui rendit l'épée, la rangeant dans son fourreau. L'attention du conseiller se tourna vers la brunette. « Il ne reste plus qu'à chercher la seconde partie. » A son regard persistant, Eiko comprit que c'était à elle qu'il s'adressait.  « C'est moi qui doit le trouver, tu crois ? »  « Zhaqani est une déité équitable. Elle a laissé un présent pour chacun de ses successeurs. »  « D'accord ! » La petite Orine s'empara de la main de son ami et se mit en marche. Elle n'avait pas de destination en tête, mais cela ne l'inquiétait pas.

« Et si on chantait une chanson ? » proposa-t-elle en se renfonçant entre les arbres. « Mmh... C'est moi qui commence, et toi, tu fais une phrase qui rime, d'accord ? » proposa-t-elle. Elle réfléchit quelques secondes avant de s'élancer, d'une voix fluette. « Partons tous ensemble à l'aventure ! » Elle avait marqué le tempo en enfonçant ses talons dans le sol. « C'est très rigolo, de trouver un trésor ! » Elle balançait sa main et celle de son duo en rythme. « Mettons nous en marche, sur la trace des bulles ! » Elle venait d'ailleurs d'en apercevoir une et se mit naturellement à la suivre. « Si nous sommes ici, c'est que Zhaqani nous a choisi ! » Régulièrement, elle glissait un regard bienveillant et encourageant en direction de son camarade. Son don ne fonctionnait pas ici, mais elle espérait malgré tout l'aider à trouver de l'inspiration. « C'est la surprise, qu'allons-nous trouver ? »

Le dernier vers fut inventé avant qu'Eiko s'immobilise. Elle venait de remarquer qu'ils avaient longer un petit ruisseau depuis plusieurs minutes. « Oh, je pense que c'est par ici ! » fit-elle avant de sautiller jusqu'à l'eau. Il y avait un petit bassin, avec plusieurs paliers. Sur l'un des rivages, un essaim de bulles s'échappait d'un amoncellement de pierres. Eiko s'y dirigea. L'eau, à cet endroit, semblait en ébullition : le remous de l'eau laissait s'échapper les bulles. Au fond du petit puits, la chasseuse de trésor vit quelque chose briller. Elle se baissa et récupéra l'objet, avant de le brandir fièrement. « Oui, on a trouvé le trésor ! »
850 mots



[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées B6vi

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Kaahl Paiberym
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~ Sorcier ~ Niveau VI ~
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◈ Activité : Professeur
Kaahl Paiberym
Sam 01 Oct 2022, 12:06



Epées couronnées


Ruelle - Self Sabotage
Alcide & Lucius

La maison paraissait sans prétention mais ses finitions étaient tellement bien réalisées qu’il ne faisait aucun doute qu’elle valait une petite fortune. Surtout, son emplacement était idéal. La fameuse Fleur-Ange Paiberym devait avoir des parents aisés pour pouvoir vivre si proche du Lac Bleu. Je les imaginais pourtant mal cohabiter tous ensemble sous le même toit. Vu de l’extérieur, il devait y avoir trois ou quatre pièces, plutôt petites. C’était une habitation bien différente de celles que possédaient les Vaughan, par exemple. Connus pour faire de nombreux enfants, les demeures étaient le plus souvent longues, sur deux étages environ. Ce que j’avais sous les yeux était un cube aux murs blancs et aux tuiles bleutées. Le portail était ouvert. Ensuite, il y avait une terrasse qui devait sans doute contourner la maison et amener à un petit jardin. Si je décrivais précisément ce que je voyais, ce n’était pas à cause d’un soudain goût pour l’architecture mais bien parce que j’étais anxieux. J’avais repéré le nom de Fleur-Ange sur la liste des étudiants ayant réussi leurs examens. J’étais curieux car je ne la connaissais pas. Si j’étais venu avec beaucoup d’aisance et sans me poser de questions, j’étais à présent peu convaincu de ma démarche. Elle me prendrait sans doute pour un fou.

J’attendis quelques minutes avant de me décider. Je fis teinter la cloche. L’attente ne fut pas longue. La porte s’ouvrit à la volée sur une jeune femme, déjà en train de parler. « Gaudéric, je t’avais dit de pas revenir putain ! » Mes yeux s’écartèrent lorsque je vis apparaître, en plus de ses cheveux blonds, une épée bâtarde. La lame faillit me toucher. Je ne sus pas ce qui me sauva : le fait que je m’écartasse ou le fait qu’elle s’aperçût que je n’avais pas la tête de Gaudéric. Nous nous regardâmes sans rien dire quelques secondes, avant qu’elle ne baissât son arme. « Tu n’es pas Gaudéric. » déclara-t-elle. Un rire à mi-chemin entre l’amusement et la nervosité s’échappa d’entre mes lèvres. « Non, pas que je sache. » « Hum. Et si tu n’es pas Gaudéric, t’es qui ? » « Lucius. » « Lucius ? » « Lucius Paiberym. » « Ah. » « Ouais. » « Et qu’est-ce que tu me veux, Lucius Paiberym ? » Cette question, posée ainsi, me troubla légèrement. Ce n’était pas courant, chez les Magiciens, d’être aussi direct. « Hum… J’ai vu ton nom sur la liste des étudiants qui ont réussi leurs examens… » « J’ai pas vu le tien. » fit-elle, avant qu’un sourire espiègle n’apparût sur ses lèvres. Elle ressemblait à une Réprouvée, c’est tout ce qui me vint. Je me détendis un peu. « Tu mens mal. Tu as aussi vu mon nom. » « Peut-être. Je ne suis pourtant pas aller chez toi… T’as eu comment mon adresse ? » « Ah euh… C’est… Oui… En fait… » « Laisse-moi deviner : t’es un putain de pervers qui a ses entrées à l’état civil ? » « Et toi une putain de parano qui garde son épée à la main en attendant la venue de Gaudéric ? » hasardai-je. Elle pencha la tête sur le côté. J’eus l’impression qu’elle mâchait quelque chose pendant deux secondes, en réfléchissant au sort qu’elle allait me réserver : m’assommer avec son épée ou me virer à coup de pied. Elle finit par sourire. « Gaudéric est le fils d’un Marquis et il est convaincu qu’on devrait se marier, juste parce que je l’ai dépucelé. Il essaye de jouer de son statut pour m’impressionner et il vient chez moi tous les jours. Une fois, je l’ai surpris à regarder par ma fenêtre. » « Je vois… Et tu ne l’as jamais frappé pour de vrai, du coup ? » Elle rit. « J’aimerais bien, mais mon oncle s’y oppose. » « Et tes parents, ils te disent quoi, eux ? » Elle passa sa langue sur sa lèvre inférieure, avant d’avouer. « Je n’ai que mon oncle. » « Ah. Désolé. » « T’inquiètes. Je n’ai jamais connu mes parents. Puis mon oncle est assez drôle alors ça va. » « C’est qui ? Je le connais peut-être. » « Il s’appelle Kaahl. » « Quoi ? » « Kaahl… Comme une cale de navire tu vois. C’est pas courant mais bon, on choisit pas son prénom. Si j’avais choisi, tu crois que je me serais appelée Fleur-Ange ? Pas franchement. »

Si j’eus l’impression que mon étonnement avait happé une partie de son discours au début, je dus me rendre à l’évidence lorsque la silhouette de Fleur-Ange, ses révélations et sa maison ne furent plus que de l’histoire ancienne : je n’étais plus sur les Terres du Lac Bleu. Je regardai autour de moi et reconnus sans peine les couleurs pastel de mon île : Noroé. Dans le ciel, des dragons volaient, se fondant dans le décor enchanteur. Je me retournai, toujours sonné par les révélations de la blonde. Mon père, jamais, ne m’avait parlé d’elle et je doutais également qu’elle fût la fille de Khaal ou de Kaalh. Alors, qui était-elle ? Une sœur qu’il désirait cacher ? Et, si, oui, pourquoi ? « Alcide ? » demandai-je, face au blondinet qui se trouvait là, encore pris dans mes interrogations. Au loin, un homme venait vers nous en courant, à grands cris de « Mes Rois !!! Mes rois !! »

899 mots
Particularité : Il y a des dragons (notamment des Dragons Chats et des Dragons Légendaires)

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Susannah
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Susannah
Sam 01 Oct 2022, 19:29

[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées Cc8d
Épées couronnées
Avec Ikar sur Malyë




Raide sur sa chaise, Susannah était plongée dans la contemplation des rainures sur la table rectangulaire. Dans un refus obstiné qui frisait le ridicule, elle ignorait superbement Ikar assis face à elle, dans un fauteuil aussi ouvragé que le sien, ce qui la faisait grincer des dents doucement. Cette égalité lui était difficile à avaler. Encore un peu pâle après la brusque téléportation, elle recouvrait ses esprits en piochant de temps en temps dans un bol de baies roses au goût acidulé. Toute son éducation et ses leçons de bienséances ne surent la protéger très longtemps du jus et l'extrémité de ses doigts ainsi que ses lèvres prirent une teinte rose à mesure qu'elle cédait à sa gourmandise. Bien qu'elle n'en donna pas l'air, elle écoutait attentivement le conseiller, un certain Laevör, leur exposer avec enthousiasme ce qu'il attendait d'eux. L'Ondine souffla par le nez et dressa le menton pour se grandir. « Et pourquoi ce serait à nous de chercher ces trucs ? Il n'y a pas des larbins ici pour s'en occuper ? » Son agacement était perceptible dans la moue boudeuse imprimée sur ses lèvres. Ça ressemblait trop à un devoir d'éducation physique élaboré par un professeur trop exalté pour que ça lui plaise. Le sourire de Laevör se fana légèrement. « Votre Altesse, c'est ce que je vous expliquais, il n'y a que les souverains qui puissent participer. C'est la tradition. Ils doivent chercher leur couronne et leur - » Susannah s'impatienta et lui coupa la parole. « Je ne comprends pas. Pourquoi je devrais aller randonner dans la jungle pour une couronne si je suis déjà Reine. » Ça puait l'arnaque à plein nez. « J'aurai dû me douter que tout ne serait pas aussi simple. » Râla la bleue en se renfonçant dans son siège, les sourcils froncés. Le conseiller eut la décence de prendre un air légèrement contrit avant de prendre congé lâchement. « Il y a des derniers préparatifs avant que vous ne commenciez la chasse au trésor. Je reviens vite ! » Il disparut prestement, laissant les monarques seuls dans la salle.

Pour la première fois depuis qu'ils étaient arrivés, Susannah consentit à rencontrer le regard de son camarade basphélien et s'y harponna. Aux dires de tous les petits sauvages qui formaient son peuple, il était le roi. Et elle étant la reine, ils étaient destinés à s'unir. C'était non. Jamais elle n'accepterait. En premier lieu, si couronne il y avait réellement, elle ne la partagerait pas avec ce freluquet. C'était un garçon, et il n'avait pas l'air assez fort pour supporter une brise de vent un peu trop entreprenante. Pathétique petite crevette. Il ferait mieux de retourner à la mer avant qu'elle ne s'occupe de son cas. Réprimant l'envie de piquer une nouvelle crise pour convaincre les conseillers de renvoyer Ikar d'où il venait, la capricieuse enfonça un ongle dans les veines de la table et gratta un peu plus ses irrégularités dans un bruit désagréable. « Je ne t'aime pas. » Déclara-t-elle de but en blanc, comme s'il était important de clarifier l'évidence. Sans qu'il lui demande la raison, la Lyrium la lui fournit. « Je sais que tu caches ton jeu. » C'était dans son sang, après tout. Son livre de chevet, trouvé un soir par hasard, dressait une liste non exhaustive de toutes les frasques de son père, et c'était révoltant. Il n'y avait pas d'hommes comme ça chez les Sirènes, pour la simple et bonne raison qu'ils étaient bien dressés. Ikar avait peut-être une chance de prendre une meilleure voie, il était encore jeune. Pris à temps, peut-être qu'on pouvait encore le sauver du destin tracé pour lui dès sa naissance. Peut-être, mais Susannah n'avait pas envie de bouger le moindre muscle pour cette entreprise. Pourquoi l'aurait-elle fait ? Aider un garçon ? Et puis quoi encore ? Avec une assurance coulée au plomb, elle se leva et glissa le long de la table pour venir jusqu'à lui. Là, elle brandit son index sous le nez d'Ikar et poursuivit ses allégations. « Tu es un vicieux. Mais lève ne serait-ce qu'un seul doigt sur moi, et je glisserai des crabes dans ton lit pour qu'ils viennent te pincer. » Elle ne précisa pas ce que le crabe pincerait, son regard l'explicita pour elle. Convaincue de lui avoir mis les points sur les i, l'adolescente souffla de satisfaction. Il lui plaisait de laisser libre court à ses pensées. Sa véritable nature s'épanouissait loin de Basphel et de ses règles terriblement ennuyeuses de tolérance raciale. Son sexisme lui avait été reproché à maintes reprises par ses professeurs, elle avait même été punie, une fois. Mais ici, chez qui Ikar irait-il pleurer si elle lui pinçait le pipou ?

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Styvan Khanis
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Dim 02 Oct 2022, 02:05




Gemmes pas ce qu'il se passe.




Styvan venait de rentrer d’une éreintante partie de chasse en compagnie des sbires de Niklaus. Il aimait bien courir à leurs côtés même s’il lui était impossible de tenir leurs allures. Ces salopards étaient laids, mais qu’est-ce qu'ils galopaient comme des étalons. L’effort physique lui fit franchir le seuil de la porte en chêne massif du manoir à moitié dénudé. Sa chemise était tombée depuis bien longtemps. Il ne la tenait que du bout des doigts et elle nettoyait le sol poussiéreux du grand hall principal pendant sa partie de cent pas. Ces derniers temps, plus personne ne nettoyait le manoir et de la crasse s’accumulait un peu partout. Une agitation globale rythmait l’ambiance de la maison sans qu’Herman et lui sussent pourquoi. Un mouvement vif de son avant-bras vint essuyer la sueur qui eut irrité ses yeux. Il soupira. « Mère ? Tu voulais me voir ? Je suis rentré ! » s’agaça-t-il en voyant que rien ne se passait. Il s'assit brutalement sur la première marche de l’escalier situé devant la porte d’entrée. Il repensa à toutes les erreurs de parcours qu’il avait effectué lors de sa partie de chasse. Si seulement il n’avait pas pris appui sur cette troisième souche après le buisson, il aurait pu attraper ce foutu domestique avec une approche différente. C’était épuisant et souvent frustrant, mais ce qu'il adorait ça. Cette impression d’état sauvage que lui procurait la traque d’une proie était jouissive. Malheureusement, ce jour-là, il avait dû écourter son plaisir, car sa mère souhaitait le voir et quand cette dernière désirait quelque chose, il ne fallait surtout pas la faire attendre.  « Oh non mon petit loup, relève-toi et enfile ta chemise. Nous sortons. » lui ordonna sa mère qui descendit les marches en trombe. Il eut envie de souffler, heureusement pour lui, il se ravisa. Vu le visage fermé de sa génitrice, il n’aurait pas fait long feu après un tel affront. Il enfila sa chemise blanche trempée de sueur après qu’il se fut relevé et suivit sa mère jusqu’à l’extérieur de la demeure.

Les deux tourtereaux avançaient ensemble dans la forêt. « Cela faisait un moment que l’on n'était pas sorti se promener tous les deux. Cela m’avait manqué. » dit-elle en attrapant fébrilement la main de son fils. Elle avait raison, depuis qu’ils étaient venus sur le continent dévasté, sa mère et lui s’étaient quelque peu éloignés. « À moi aussi mère. » Il serra la main de sa créatrice encore plus fort. Elle s’arrêta et regarda fixement son enfant dans les yeux. « Nous devons rester soudé. Tu m’entends ? Tu dois devenir fort. » Ce n’était pas dans ses habitudes d’emprunter une intonation si grave. Il se précipita de poser sa question. « Que se passe-t-il ? » Il était idiot, mais pas dupe en ce qui concernait les émotions de sa mère et là, elle était angoissée. Elle déglutit et reprit la route en direction de l’orée. Le garçon avait un petit être à huit bras qui jouait de la batterie à côté de son palpitant. Qu’est-ce qui tracassait à ce point sa toute-puissante mère ? Elle qui n’avait jamais fléchi les genoux même face à des suceurs de sang de hauts rangs la rabaissant au niveau d’enfant. L’orée de forêt se dessinait à l’horizon.

Bien qu’il ne risquât rien à sortir des bois, vu que la lune était de garde, il hésita de longues secondes avant de suivre sa mère dans les terres arides qui entouraient sa forêt bien aimée. Sa génitrice fixait le ciel étoilé. Il ne la savait pas du genre passionnée d’astronomie. Après tout, cela restait un spectacle anodin qui n’avait pas changé depuis des siècles. En levant les yeux à son tour vers la lune, ses yeux s’écarquillèrent. Que s’était-il passé durant sa vie dans les bois ? Qu’advenait-il des souvenirs qu’il avait de ce ciel étoilé ? Était-ce des faux ? Il n’avait pas vu ce foutu ciel depuis qu’il était entré dans Myngrimu. « C’est… Qu’est-ce que… » sa bouche s’ouvrit complètement à la vue d’une étoile filante violette. « C’est à la fois beau et inquiétant. Mais, ce n’est pas tout. » elle pointa dans la direction de la forêt. Un immense cristal violet dépassait des arbres pourtant connus comme colossaux. « Avant, la gemme était au-dessus des arbres, donc tu ne la voyais pas. Récemment, elle est descendue. Notre monde est en train de changer. Je ne sais pas ce qu’il adviendra de nous après. » Il n’arrivait pas à comprendre la gravité de la situation, la beauté du spectacle était trop attrayante pour qu’il pût en détacher sa concentration. « Je... Je ne sais pas quoi dire. » répondit-il en tournant sur lui-même afin de redécouvrir le ciel sous tous ses angles. Lilia s’assit et posa la tête de son enfant allongé sur ses genoux. Une légère brise qu’ils n’avaient pas ressenti depuis longtemps vint chatouiller leurs paupières. « Tu ne peux rien dire. Du moins, tu ne peux te rendre compte de ce que ça représente pour l’instant. » expliqua-t-elle en cajolant la chevelure blonde de son fils. « Patientons ici. Herman et Niklaus ne doivent plus être très loin à présent. »





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