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 [Event Juin & Juillet 2022] - Les livres reflètent la beauté du ciel

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Sól
~ Réprouvé ~ Niveau II ~

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Sól
Mer 03 Aoû 2022, 10:14


Image par Alexander Tsaruk.
Les livres reflètent la beauté du ciel
Bellone


Le rire de l'Orine perça le calme de la nuit. Elle plaça une main devant sa bouche, comme pour essayer de contenir son hilarité ou au moins de la rendre moins bruyante. Ça n'eut pas grande utilité. Son amusement était proportionnel à la surprise qu'elle avait ressentit à l'entente des paroles d'Owen, et à peine l'éruption sonore avait-elle éclatée qu'elle s'était éteinte dans la foulée. Bellone passa ses bras autour de ses jambes, ramenée contre sa poitrine. Elle pencha la tête en arrière, comme pour observer le ciel obstrué par la canopée. Son regard verdoyant scruta les quelques brèches dans le feuillage, à la recherche des fameuses constellations. « Alors je dors quelques temps, et voilà ce qui arrive ? » questionna-t-elle d'une voix emplie de malice. Elle n'attendait pas de réponse. Certainement pas d'Owen, dont le sens de l'humour semblait inexistant - ou du moins, la brune n'avait jamais réussi à le percer. « Le ciel pleure des traînées de couleurs et les étoiles changent de place ? » Une légère brise passa dans le petit jardin où la fille de la nature était venue se réfugier, faisant virevolter ses longs filins d'ébène. L'Orine avait choisi de ne pas les couper. Elle les aimait bien, finalement. Elle reviendrait tôt ou tard à sa coupe originelle, mais elle avait décidé d'en profiter un peu avant. Les sensations étaient différentes. C'était amusant. Un peu dérangeant aussi, parfois. Souvent. Au final, la brune terminait par les tresser ou les rouler en chignon la plupart du temps. « On dirait que je me suis réveillée pile à temps pour assister à la fin du monde. »

« Tu n'es pas restée dormir quelques temps. » rectifia le Mur de sa voix désincarnée. Bellone retint un soupir. Elle avait espéré qu'il ne relèverait pas son euphémisme. « Tu es restée inconsciente durant plusieurs années. » Son intonation sonnait comme une accusation et son interlocutrice sentit son corps se raidir malgré elle. « Le maître s'est beaucoup inquiété. Il était préoccupé et ton absence l'a beaucoup tracassé. » La seule obsession de l'Hère était son jeune maître. Un point commun qu'il partageait avec la fautive, bien que l'habitude du monstre à réprimander la nouvelle arrivée avait le dont d'agacer celle-ci. La concernée rabaissa lentement le visage, dardant son regard sur la silhouette de son vis-à-vis. Une colère sourde grondait en elle. Elle le trouvait injuste, de lui reprocher son Sommeil. Elle n'était pas la responsable. Elle n'avait jamais souhaité une telle chose. Elle aurait cent fois préféré épargner tout le monde de ce fléau - elle la première, en toute franchise. Elle se souvenait de tous les cauchemars - beaucoup moins des rêves. Malgré son amertume, l'Orine inspira profondément, essayant de détendre ses épaules. Puis elle afficha un sourire qui se voulait serein. « Je prendrai garde à ne plus recommencer. » promit-elle l'air de rien. Si les génies se montraient coopératifs, elle pourrait tenir sa promesse. « Depuis quand n'as-tu pas dormi ? » Le sourire de la jeune femme se tendit légèrement. « Quelle drôle de question. » se défendit la brune. « Je t'ai entendu marcher de long en large pendant toute la nuit d'hier, et ce matin, je t'ai vu ramener tes tasses de café. » La créature pointa son doigt pour désigner les yeux de la brune. « Et puis, tu as de sacrées cernes. » L'accusée tourna le visage, comme pour dérober les preuves au regard acéré du Mur. Elle claqua sa langue contre son palais sans s'en rendre compte, imitant involontairement les manies de Jämiel. « Ce n'est pas la première fois que je te vois jouer à ça. Ce genre de jeu peu vite devenir dangereux si on ne contrôle pas ce que l'on fait. » mit-il en garde. « J'ai toujours pour mission de te garder à l’œil. J'ai besoin de savoir ce genre de choses. » insista l'homme.

Bellone relâcha ses jambes et les étendit devant elle, dans l'herbe fraîche de la nuit. Elle n'avait pas voulu se plaindre auprès de Jämiel, ne souhaitant pas lui créer d'inquiétude inutile. Elle savait ses réticences irrationnelles mais te parvenait à les taire. Si elle en discutait avec son subordonné, elle se doutait que celui-ci lui ferait un compte-rendu de ce qu'elle lui confierait... Mais elle pensait également qu'il ne lui révélerait que ce qui était nécessaire. Le Mur ne prendrait pas le risque de dévoiler des informations qui entraveraient son élu dans son élévation... L'Orine lâcha un soupir. De toute manière, il ne cesserait de l'interroger jusqu'à ce qu'elle daigne lui répondre. Autant abréger ses souffrances le plus tôt possible. Et puis, peut-être que parler lui ferait du bien. « Je ne veux plus dormir. Ou plutôt, j'ai peur de m'endormir... » lâcha-t-elle en basculant la tête en arrière - ses yeux se remirent à scruter la canopée, à la recherche des Etoiles. « J'ai peur de retourner là-bas, d'être de nouveau prisonnière et de ne plus pouvoir m'échapper. » Elle ne pouvait fuir le sommeil. La fatigue avait des effets trop puissants sur son corps. Mais la brune repoussait l'inévitable jusqu'au dernier instant. Parfois, lorsqu'elle se sentait partir, elle se réveillait en sursaut et reprenait une tasse de café, repoussant davantage ses limites. « Je reste active le plus longtemps possible, je bois des boissons excitantes, je mets des réveil... » La Sœrei soupira de nouveau. « Mais tous ces subterfuges ne m'empêchent pas réellement de dormir. Je finis toujours par sombrer, au moins quelques heures. » Chaque réveil devenait une véritable bénédiction, mais n'adoucissait en rien la crainte de ses prochaines nuits. Bellone désirait trouver un moyen plus efficace, qu'elle maîtriserait davantage. Elle savait que des potions prévues à cet effet circulaient chez les étudiants, afin de leur permettre d'étudier le plus efficacement possible. Peut-être pourrait-elle se renseigner pour s'en prodiguer également. Elle avait songé demander à Jämiel de la laisser dormir dans le monde des contes - là où elle aurait pu exiger un sommeil sans rêve - mais cela aurait signifié le mettre dans la confidence de ses tracas. Et puis, cette méthode reposait trop sur l'Alfar : la jeune femme cherchait une solution où elle seule pourrait garder le contrôle.

Owen, qui avait gardé le silence, finit par délivrer le fond de sa pensée en réalisant que l'Orine s'était plongée dans les siennes. « Tu as besoin de dormir. Alors dors. » ordonna-t-il avant de tourner les talons : de son point de vue, la conversation était close. Bellone esquissa un sourire taquin. Elle reprit le Xun et commença à souffler doucement dans l'instrument.




« Alors ? » Bellone avait été la première à se rendre compte du retour du Sarethi. Elle l'avait rejoint discrètement et avait passer son bras sous le sien. « Comment étaient-elles ? » demanda-t-elle avec curiosité et excitation. « Est ce qu'elles sont vraiment différentes d'avant ? » L'Orine était un peu jalouse de son Aisuru. Elle aurait souhaité pouvoir contempler les nouvelles constellations de ses propres yeux. Comprendre quels changements avaient été opérés. « Et c'est vrai, ce qu'ils disent ? Le ciel est parcouru de milles couleurs, même la journée ? » Il lui était difficile de se l'imaginer. Elle avait mille questions pour l'explorateur, et elle ne le relâcherait pas avant qu'il eut rassasié sa curiosité.
1259 mots
Owen : PNJ de Jämiel
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Isiode et Isley
~ Ange ~ Niveau III ~

~ Ange ~ Niveau III ~
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◈ Activité : Soldats
Isiode et Isley
Dim 07 Aoû 2022, 01:24



RP précédent : Inquiétudes

Isley quitta finalement mon appartement dans l’heure qui suivi et maintenant qu’il n’était plus présent, je me sentais léger, comme libéré du poids qui me comprimait l’estomac depuis tout ce temps. Dès que j’avais refermé la porte dans son dos, je m’étais alors permis de souffler une longue expiration, évacuant les craintes qui ébranlaient ma raison bien plus que mon palpitant. Nous ne savions que très peu de choses sur la créature qui s’était attachée à moi et l’un des scénarios que je souhaitais éviter à tout prix était qu’il choisisse de s’attaquer à un autre, moins puissant, moins en contrôle. Si j’avais failli succomber à sa dernière attaque – notamment parce que j’avais été au plus bas de ma vigilance – je ne m’imaginais pas le genre de catastrophes et de maux qu’il pourrait relâcher sur les plus instables et vulnérables. Ces derniers se briseraient en une seule frappe… Ce qui m’amenait, parfois, à me demander pourquoi, parmi tous les hères de cette île, avais-je terminé par attirer son attention. Si le but de la créature était d’emmener ses victimes au trépas, pourquoi s’attaquer à moi, plutôt qu’à une plus faible proie? Bien entendu, je ne le souhaitais pas, mais l’interrogation méritait tout de même d’être analysée. En m’asseyant sur le canapé de la salle de séjour, j’ouvris la lettre de Monsieur Nolann tout en théorisant sur cette question.

Toutefois, c’était avant qu’une soudaine voix ne vibre au creux de mon esprit : Isiode? Je redressais légèrement la tête. Est-ce que tu m’entends? Je ne m’étais pas attendu à percevoir sa voix de sitôt, d’où le délais dans ma réponse. Bonsoir Muramasa. Que se passe-t-il? Un incident s’était-il produit? Pourquoi utilisait-elle sa télépathie? Rien! Rien ne se passe. Je voulais simplement prendre de tes nouvelles, entendre ta voix. Encore une fois, je ne m’étais pas attendu à ça. Tu devrais plutôt profiter de ton voyage auprès de Dame Sunano, lui conseillais-je tranquillement. Elle est occupée avec les matelots, actuellement, et je peux te dire qu’ils apprécient énormément son aide sur le bateau. Une fois engagée sur le sujet, l’Orine ne parut pouvoir s’arrêter. Depuis le début de notre voyage, elle leur prête souvent main forte et elle en apprend beaucoup à leurs côtés. Je savais qu’elle s’intéressait beaucoup à la navigation, mais pas à ce point… même si son intérêt tourne énormément autour des différents nœuds marins et des cordages de manœuvres. À cette mention, un malaise descendit le long de ma gorge. En effet, elle a l’air très occupée. Pendant ce temps, que fais-tu de ton côté? Lui posais-je distraitement dans l’unique intention de changer de sujet. Je divertis les passagers avec mon erhu et d’autres musiciens, je m’entraîne du mieux que je peux malgré que nous voguions sur les flots, et je discute aussi avec d’autres passagers… Elle sembla réfléchir, avant de rajouter : À notre premier jour de voyage, nous avons rencontré deux Anges, tous deux parés de vêtements et d’armes typiquement orines. Nous avons fini par sympathiser avec eux – même si l’un des deux s’est montré plutôt… distant au début. Des Anges habillés comme des Orines? Il n’était pas commun d’en apercevoir, effectivement. Je suis ravi d’apprendre que vous allez bien. Cependant, une réflexion traversa mon esprit. Quand pensez-vous atteindre la pointe de Nementa Corum? La rousse ne me répondit pas sur-le-champ, tentant un calcul mental avant de s’avouer vaincue, bien trop inexpérimentée en la matière pour en être certaine par elle-même. Je ne peux pas te donner un chiffre précis, mais je dirais dans trois ou quatre jours peut-être…? Sûrement plus. Faudrait que je demande au Capitaine. J’enregistrais tout de même l’information dans ma tête. Mais il n’y a pas à s’inquiéter. Le Capitaine nous a dit que les eaux étaient désormais bien plus calmes aujourd’hui. La guerre entre les Sorciers et les Réprouvés est terminée et nous resterons plus près des côtes du Continent Naturel que du Continent Dévasté. Je l’imaginais hausser calmement des épaules. Les Mages Noirs ont certainement mieux à faire que de se préoccuper de notre petit navire. Nous ne risquons pas d’être soudainement agressés. J’opinais en silence, sans pour autant lui donner verbalement raison. Sais-tu ce qui m’intrigue, plutôt? Ce sont les étoiles. Par réflexe, mon œillade alla se perdre sur la toison nocturne que je pouvais admirer depuis la grande fenêtre de mon salon. C’est dommage que nous ne puissions pas dormir à la belle étoile sur le bateau, parce qu’autrement, je resterais le nez dehors tous les soirs. Il eut un silence durant lequel la rouquine se mit à divaguer dans son propre esprit, l’inflexion de ma voix coupant brusquement ses rêveries. Ce phénomène n’en reste pas moins très obscur, trop pour que je puisse simplement l’apprécier tel qu’il est, lui confiais-je sobrement, ce qui ne surprit guère la rouquine. La succession des événements me paraissait bien trop opportun : d’abord le changement radical dans la configuration des étoiles, la déchéance de l’Ordre d’Hébé, puis l’écrasante défaite des Bipolaires contre les Mages Noirs. Cela ne pouvait être une coïncidence ou le simple caprice des Dieux à vouloir magnifier les cieux de quelques explosions de couleurs et de corps célestes : quelque chose allait se produire, mais il m’était impossible en l’état de savoir si cela affecterait les Anges en bien ou en mal. Je comprends : ce n’est pas le temps de nous asseoir sur nos lauriers, n’est-ce pas? J’acquiesçais. Mais, dans le même temps, je suis certaine que l’Escadron Kahena a déjà mis en place tout un plan de défense et de protection si les choses tournent mal. Une fois de plus, je lui donnais raison, et pourtant… Nous ne sommes jamais trop vigilants. Muramasa ne rajouta rien de plus, consciente de ma Prudence et de ma naturelle méfiance. Et toi? Comment tu vas? Au timbre de sa voix, je sus de quoi elle voulait discuter, mais je fis comme si de rien n’était, l’informant plutôt sur les progrès de la Cavalerie. Les travaux pour l’établissement se sont conclus tout récemment et nous avons reçu les derniers équipements qui nous manquaient : à présent, pratiquement toute la pointe nord-ouest du Val du Mistral est occupée par nos installations. Après tout, au vue de la dimension moyenne des Thekēra, il était évident que les aménagements seraient tout aussi imposants. Avec l’Imperio McNuvelle, nous songeons à lancer, très bientôt, une campagne de recrutement afin de connaître qui seraient finalement prêts à rejoindre les rangs de la Cavalerie. À la suite de quelques sondages réalisés auprès de la population militaire, il nous avait été possible de remarquer l’intérêt qu’avait suscité le projet de la nouvelle Cavalerie. C’est pourquoi nous avions poursuivis le projet et que nous l’avions mené à termes. Toutefois, maintenant que nous arrivions au point culminant, il nous fallait désormais savoir si les intéressés étaient toujours partants à s’engager à nos côtés. Tu seras encore plus débordé que tu ne l’es déjà. C’est vrai. Je tâcherai de me reposer plus souvent. Me connaissant bien, Muramasa ne pût être bernée aussi facilement. Ne seras-tu pas plus vulnérable aux attaques de cette créature? Nous y voilà… Je serais prudent. Je te le promets. L’Orine resta muette plusieurs secondes. Je sais. De nouveau, un silence. D-Désolée. Je dois te laisser : Wakiya me fait signe de la rejoindre. Je ne la retenais pas. Prenez soin de vous et veille sur Dame Sunano. La rouquine acquiesça solennellement. Fais attention à toi. Je dirai à Isley de garder un œil sur toi pendant mon absence. Je soupirais. Ce ne sera pas nécessaire : il le fait déjà très bien tout seul. La jeune femme ne put retenir un rire à cette ravissante nouvelle. Alors je n’ai pas à m’inquiéter! Passe une belle soirée, murmura-t-elle, alors que le ton de sa voix s’abaissait et que, bientôt, le silence se fit complet au creux de mon esprit.

Lentement, je reportais mon regard jusqu’à la fenêtre, jusqu’au firmament moucheté d’étoiles. De cette position, je pouvais aisément apercevoir le ballet céleste qui se produisait au-dessus de nos têtes, l’étincelle de ses couleurs se joignant à l’éclat ardent de la Lune.

Derrière moi, façonnée par la lueur de l’extérieur, la silhouette de mon buste s’étendait sur une partie du salon. Ses formes et ses contours s’altéraient au défilé des astres et des comètes qui traversaient les cieux, dévoilant, au cœur de mon ombre, deux pupilles blanchâtres, globuleux, qui se fixèrent instantanément sur ma nuque.

1 405 mots



It's a little price to pay for salvation
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[Event Juin & Juillet 2022] - Les livres reflètent la beauté du ciel - Page 2 Signat20
Merci Mancy et Shanxi pour les cadeaux ♪:
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Dürdane Bēkara
~ Eversha ~ Niveau I ~

~ Eversha ~ Niveau I ~
◈ Parchemins usagés : 190
◈ YinYanisé(e) le : 09/01/2022
◈ Activité : Boulangère [Rang I]
Dürdane Bēkara
Jeu 11 Aoû 2022, 16:34




Allez ! Encore un cours seulement et c'est la pause repas. Tu peux tenir ! se donna mentalement du courage Dürdane.

Comme souvent, la matinée d'enseignement théorique à l'Askeri lui avait paru long et elle avait hâte de pouvoir se poser à la cantine et discuter de choses plus légères avec Erkan. Le cours précédent sur l'Histoire du Royaume de Qaixopia l'avait prodigieusement assommée. Non pas qu'elle n'aimait pas son pays mais plutôt parce que leur professeur était d'un ennui... Dürdane se demanda s'il avait conscience, ou non, de  l'affreux ton monocorde qu'il utilisait pour déblatérer son cours. Toujours est-il qu'il le récitait comme un interminable monologue ininterrompu et inintéressant qui avait fait décrocher la jeune fille. Elle allait avoir du mal à se concentrer pour le cours d'Astronomie qui arrivait.

Les minutes s’égrenèrent sans que les Appelés de Deuxième années ne voit leur professeur arriver, ce qui ne manqua pas de les ravir puisqu'ils en profitèrent pour relâcher quelque peu la discipline militaire qu'on leur imposait. Des discussions fleurirent un peu partout dans la classe, mais si d’abord elles s’étaient tenues à voix basse, elles avaient vite enflées pour atteindre un niveau de brouhaha assourdissant pour les oreilles sensibles de Dürdane.

– Chut, chut ! lança soudainement Illi assez fort pour être entendue par toute la classe. Je crois que j'entends du bruit dans les couloirs !

Cela eu pour effet de calmer instantanément les jeunes Appelés qui l'observèrent avec attention. Illi n’était pas la dernière pour les idioties et elle avait décidé de profiter de l'absence de surveillance en dessinant un visage souriant à la craie sur le tableau noir des enseignants. Néanmoins, elle venait de se précipiter vers la porte pour l'entrouvrir.

Sa curiosité va nous poser des problèmes, pensa avec dépit Dürdane en l'observant.

– Oh ! Je crois entendre le Professeur Zebbar. Il a l'air pas content... chuchota Illi en tendant l'oreille discrètement vers la porte. Mais taisez-vous, enfin, j'entends rien ! reprit-elle plus violemment à l'intention de ses camarades. Il y a aussi le Caporal Mokrani avec lui !

Illi fit la retranscription audio à la classe entière de ce qu'elle glana comme information dans les couloirs, alors que personne ne lui avait rien demandé. Mais en regardant les autres Appelés, Dürdane se rendit compte que la majorité était suffisamment curieux pour faire taire les récalcitrants et suivre avidement ce que Illi disait. Néanmoins bientôt, le volume des deux protagonistes à l’extérieur devint assez important pour être entendu par tous.

– Non, j'irais pas !

– Dois-je vous rappeler, Professeur Zebbar, que vous avez passé un contrat avec l'Āramī qui vous oblige à respecter vos engagements d'enseignement ? Vous n'avez pas le choix !

– Mais puisque je vous dis que ça ne sert plus à rien ! Débrouillez-vous tout seul, moi, je ne peux plus rien pour vous !

– Professeur Zebbar, si vous n'entrer pas dans cette classe immédiatement pour donner votre cours d'astronomie, je serais obligé d'en référer à ma hiérarchie et cela sera perçu comme un acte d'insubordination. Souhaitez-vous vraiment que nous en arrivions là ?

– Bien évidemment, puisque vous êtes si convaincant, je vais me rendre en cours, siffla l'astronome.

– Ils arrivent ! annonça Illi en dérapant vers son bureau et en s'y installant avec empressement pour ne pas être prise en flagrant délit d’écoute aux portes.

Néanmoins, le Professeur Zebbar entra dans la classe quelques instants plus tard en fulminant, sans rien remarquer. Il avait ouvert la porte avec une telle violence que Dürdane pu nettement voir de la chaux tomber du mur, là où la porte avait claquée.

– Chers élèves, laissez moi vous annoncer que nous allons tous mourir ! Voilà, c’était mon cours du jour. Vous êtes satisfait Caporal Mokrani ? clama le Professeur Zebbar en se tournant vers le référent des Appelés qui venait à son tour d'entrer dans la classe.

Des murmures interrogatifs s’élevèrent dans toute la salle : « comment ça, on va tous mourir ? », « il est devenu fou ? », « qu'est-ce qu'il raconte ? ».

– Professeur Zebbar ! le rappela à l'ordre le Caporal Mokrani. Mesurez vos paroles !

– C'est vous qui m'avez forcé à venir ici, Caporal Mokrani, alors payez en les conséquences ! Le monde court à sa perte et tout le monde s'en fout ! On m'ordonne de faire cours à une bande de mioches sans cervelle alors qu'il faudrait commencer à prier pour nos âmes !

Dürdane se recroquevilla sur sa chaise en souhaitant disparaître. Elle n'aimait pas quand les gens autour d'elle montraient de trop grands signes d'agressivité, comme l'astronome, cela la mettait toujours mal à l'aise.

– Excusez-moi, Professeur Zebbar, mais nous ne comprenons pas vraiment ce qu'il se passe... interrompit Erkan, toujours prêt à prendre la parole à voix haute lorsque personne autour de lui n'osait.

– Il se passe que le ciel est en train de s’écrouler ! Les étoiles ont bougées ! Les constellations ne sont plus reconnaissables ! Qu'est-ce que vous voulez que je vous enseigne moi maintenant, hein ?

Un nouveau vrombissement se fit entendre dans la classe : « mais les étoiles ne peuvent pas bouger comme ça, non ? », « j'en étais sûr, il est devenu fou ! », « c'est une blague, pas vrai ? ».

Aucun des Appelés ne quittait Qaixopia sans une bonne raison, donc aucun n'avait vu le ciel véritable depuis leur cours de monte de dromadaire, qui remontait à quelques jours à peine. Cela paraissait étonnant que la voûte céleste se soit métamorphosé à ce point en si peu de temps.

– Oh, mais je sais ! Rien de mieux que de voir les dégâts par soi-même pour bien comprendre à quel point le monde part à sa perte ! Suivez-moi ! s'exclama l'astronome en se dirigeant déjà vers la sortie.

– Halte, Professeur Zebbar ! ordonna le Caporal Mokrani. Vous ne pouvez pas emmener des Appelés de Deuxième années à l’extérieur sans autorisation !

– Eh bien donnez la moi dans ce cas ! Vous ne pouvez plus laisser ces jeunes dans l'ignorance ! Il l'apprendront bien un jour ou l'autre de toute façon !

À contrecœur, le gradé autorisa la sortie. C’était en partie de sa faute après tout s'ils avaient été mêlés à cette histoire de fou, songea Dürdane en se mettant en mouvement avec ses camarades.

Elle ne savait pas vraiment qu'en penser de cette situation. Le Professeur Zebbar semblait bien trop hystérique pour simplement leur faire une plaisanterie de mauvais goût. Mais en même temps cela lui semblait inimaginable que les étoiles se soient réorganisées toutes seules. Plus de constellation, ça voulait aussi dire plus de moyen de s'orienter. Les autorités en auraient forcément parlé, non ?

Tout le long du chemin, l'astronome bougonna et marmonna des paroles inintelligibles.

– Mais au fait, Professeur Zebbar, qu'est-ce que vous voulez qu'on voit à cette heure-là ? Il n'y a plus d’étoile en fin de matinée ! s’écria soudainement Erkan tandis qu'ils passaient les lourdes portes de Qaixopia.

C'est vrai ça, réalisa Dürdane en entendant les paroles de son ami.

L'astronome eu un petit rire nerveux avant de déclarer théâtralement en levant les bras au ciel :

– Ça...

Les Appelés venaient de quitter le goulet dans les falaises qui menait à Qaixopia pour déboucher dans l’étendue infinie de roches et buissons malingres. Qu'importe où ils posaient le regard, le ciel paraissait en feu. Des comètes le traversaient sans cesse dans tous les sens, laissant derrières elles des traînés de couleurs bleue, violette, ou encore rouge ou orange. Parfois, elles se percutaient même entre elles, créant des gerbes d’étincelles qui illuminait le ciel.

Le silence se fit instantanément dans les rang des Appelés, ils semblaient tous ébahis devant ce spectacle inconcevable.

– À quoi c'est dû ? souffla Erkan médusé.

– Par mes Ætheri, ce n'est pas naturel... marmonna Dürdane, mal à l'aise sous cette voûte en mouvement.

– Non, en effet, ce n'est pas naturel... lui répondit le Professeur Zebbar qui l'avait entendu. Peut-être qu'un Æther est en colère, qui sait ? Alors, mes enfants, priez vite et bien avant qu'une météorite ne nous tombe sur la tête !

1369 mots
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Ezechyel
~ Ygdraë ~ Niveau IV ~

~ Ygdraë ~ Niveau IV ~
◈ Parchemins usagés : 838
◈ YinYanisé(e) le : 27/08/2014
◈ Âme(s) Soeur(s) : Mircella Rumblee
◈ Activité : Stratège
Ezechyel
Ven 12 Aoû 2022, 23:47

[Event Juin & Juillet 2022] - Les livres reflètent la beauté du ciel - Page 2 Riza-a10
Image : shooting star by Riza Aguasin
Les livres reflètent la beauté du ciel
Unpainted - Takeharu Ishimoto


« En voilà une autre ! » s'écria le Vampire en bondissant sur place. « As-tu eu le temps de faire un vœu? » Espiègle, un sourire s'ourla sur ses traits, alors qu'Elyot relevait la tête vers le ciel. Son regard se heurta immédiatement au néant de la nuit sans y repérer la moindre étoile filante. S'apercevant de l'absence de corps célestes, le sylvestre étira une moue. « Ce n'est pas drôle, Halfdan. » C'était la seconde blague de la sorte que son partenaire s'amusait inexplicablement à lui jouer. Il prétendait d'abord voir une comète filer à travers le firmament pour capter son attention, et au dernier instant, dévoilait sa tromperie en riant aux éclats. Et comme l'autre fois, ce fut un rire qui trahit sa supercherie, mais le regard assassin que l'Elfe braqua dans sa direction mit promptement fin à son hilarité. « C'est juste une blague, d'accord? Ne te fâche pas, il y en aura d'autres. » lui promit-il, taquin. « Je l'espère, pour ton propre bien. » rétorqua-t-il sur le même ton. Par chance, dès que ses mots franchirent ses lèvres, une météorite zébra subitement l'espace au-dessus de leurs têtes. Flairant une opportunité, le Buveur de Sang réagit au quart de tour : « Tu vois ? Je te l'avais bien dit. » Une seconde plus tard, et un autre corps céleste s'élançait à la poursuite du premier, suivi d'un troisième, puis d'un quatrième. C'était à croire que l'Univers se réarrangeait spécialement afin de lui donner raison. Lentement, son regard céladon dévia vers la voûte spatiale, là où une pluie d'étoiles l'attendait. Face au spectacle, son sourire narquois se creusa. « Les gars de Sawhelia doivent être entrain de perdre la tête. » songea-t-il à voix haute. Elyot acquiesça en silence, même s'il s'agissait d'un euphémisme.

Ce n'était pas seulement la Maison Sawhelia qui était dans tous ses états : l'Empire tout entier était en pleine ébullition. La nouvelle configuration du ciel avait sans conteste éveillé les passions, et il n'avait pas fallu attendre longtemps avant que les théories inondent les différents clans. En raison de leurs activités, la Maison Sawhelia avait devancé les recherches en élaborant une centaine d'hypothèses sur lesquelles les autres Maisons s'étaient fondées afin d'approfondir leurs réflexions. Le clan Smara, en particulier, s'était fixé comme objectif de prouver, par des méthodes empiriques, les origines et la signification du phénomène. Si la thèse de l'intervention divine était de loin la plus populaire, la Maison s'intéressait davantage à trouver un moyen de limiter les dommages que ces météorites menaçaient d'abattre sur terre qu'à philosopher sur les volontés des Dieux. Évidemment, l'Erärkas n'avait pas fait exception à la règle et s'était précipité dans cette ruée vers l'or pour ne pas perdre l'avantage contre leurs rivaux. L'Ygdraë avait assisté à la vague qui s'était emparée de l'équipage. Du jour au lendemain, de nombreux ingénieurs s'étaient auto-proclamés cartographes ou astronomes. Peu de temps après, la Captaine Hesjëmis avait ordonné que le Vaisseau quitte définitivement la mer afin de se propulser dans les nuages, faisant fi du danger afin de se rapprocher du cœur du maelstrom. Tel un raz-de-marée, l'euphorie avait emporté les esprits à travers toutes sortes de dérives qu'ils justifiaient au nom de la science, de la renommée et du bien commun. Le sylvestre était abasourdi par les décisions de ses pairs et peinait à comprendre l'intérêt nerveux qui gravitait autour des étoiles. Bien entendu, les changements du ciel l'intriguaient comme n'importe qui d'autre, mais la tension qu'il ressentait chez les Enfants de Yanna semblait... particulière. Comme si une guerre se préparait. Pas une guerre au sens traditionnel du terme – à l'image de celle qui avait opposé les Sorciers aux Réprouvés, mais plutôt comme un bastion dressé contre des envahisseurs. L'Empire redoutait-il de subir une attaque en provenance des étoiles? Au-delà des étoiles? Il n'en était pas sûr – peut-être qu'il s'imaginait même des choses, mais de toute évidence, cela ne laissait présager rien de bon...

Avisant au loin l'arrivée d'une nouvelle salve d'étoiles filantes, le Vampire pointa le doigt en direction du ciel. Un premier astre fendit l'obscurité en tirant derrière son sillage une traînée lumineuse. Muet, Elyot contempla son parcours jusqu'à l'autre bout de l'horizon, puis en suivit un autre, et un autre, et un autre, en tentant de les garder en vue parmi l'amas de corps célestes qui pleuvaient au-dessus des montagnes. À l'image de son partenaire, Halfdan admirait également cette valse stellaire, à mi-chemin entre la rêverie et le pragmatisme. Malgré tous les torts qu'il attribuait aux navigateurs de Sawhelia, son cœur restait profondément attaché à leurs valeurs. L'éclat qui dansait au creux de ses prunelles trahissait la passion qu'il portait envers le ciel. Bien qu'il fût incapable d'expliquer la nature du phénomène, son esprit passait en revue des dizaines de théories qui, l'espérait-il, permettrait d'en éclaircir les tenants et les aboutissants. Contrairement à lui, l'Ygdraë connaissait peu de choses sur les étoiles : elles ne l'intéressaient guère, et il ne prétendait pas s'y intéresser non plus. Pour autant, à force de prêter l'oreille aux rumeurs qui circulaient sur le navire, sa curiosité s'était inévitablement attisée. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle il avait saisi l'invitation du Vampire sans hésiter : l'opportunité s'était avérée idéale pour faire ses propres observations de la voûte céleste.

« Qu'est-ce que tu en penses ? » Elyot garda le silence pendant quelques secondes. Son esprit tournait au ralenti. Il savait à quoi le Vampire faisait allusion et pourtant, les mots n'arrivaient pas à prendre forme sur ses lèvres. Il avait une idée de la façon dont il souhaitait décrire ses réflexions, mais il avait l'impression de manquer cruellement d'imagination. Il aurait pensé que sa curiosité, ses impressions et ses connaissances l'aideraient à alimenter sa créativité afin de théoriser de long en large sur la signification du phénomène, mais étonnamment, la seule opinion qu'il était capable d'exprimer brillait par sa banalité aberrante. « C'est magnifique. » s'extasia-t-il à la manière d'un enfant. Une étincelle brillait au creux de sa rétine, émerveillée, captivée et innocente. À ses côtés, Halfdan souriait comme il n'avait jamais l'habitude de le faire : en dévoilant ses crocs. « Tu n'as pas tort. » souffla-t-il à voix basse. Ses mires avaient délaissé le ciel afin de redescendre sur terre. À l'insu de son compagnon, le Buveur de Sang avait cessé d'admirer les étoiles. Lentement, ses mains s'insinuaient sous le col de son uniforme, rabattant vers l'arrière les couches de vêtements qui recouvraient sa peau claire. Tandis qu'il repoussait les mèches rebelles qui tombaient sur ses épaules, son corps se collait graduellement au sien. Lorsqu'il finit par s'immobiliser, son visage était si proche que l'Ygdraë pouvait sentir son souffle se percuter contre sa peau. Un frisson courut sur son échine pour l'avertir du danger imminent, mais l'anticipation semblait le clouer sur place. Il déglutit. Plus que terrifié, il était par-dessus tout fébrile de braver un interdit, intoxiqué par les addictions de celle que l'on surnommait l'Impératrice. Puis, dans un élan fougueux, le Vampire plongea ses crocs à l'intérieur de sa chair. Au-dessus de leurs têtes, une pluie étoilée irradia le ciel d'un millier de couleurs.

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Kaahl Paiberym
~ Sorcier ~ Niveau VI ~

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Kaahl Paiberym
Lun 15 Aoû 2022, 13:22



La beauté du ciel


Je posai le manuel et amenai mes mains à mes yeux, comme si je cherchais à voir clair à nouveau. Dans le livre, il y avait une lettre de mon père, me sommant de retourner sur les terres magiciennes afin d’y passer mes examens. Il m’avait envoyé l’ensemble des cours dont j’aurais besoin pour réussir à obtenir mon diplôme. Une fois dans la poche, il me faudrait faire un choix entre les universités que les Mages Blancs reconnaissaient. Amestris était une option que je n’avais pas encore éliminée. Pourquoi ? Un adulte aurait avancé que j’étais en pleine crise d’adolescence. Peut-être. Les Sorciers piquaient ma curiosité, surtout deux en particulier : Érasme et Eméliana. Néanmoins, si je me rendais à Amestris, je risquais de payer cher le fait d’être un Magicien. Je n’étais même pas certain de croiser les deux autres, malgré le fait qu’ils ne fussent plus enfants de l’Empereur Noir. Revenir à Adraha serait bien plus délicat également. Chez les Mages Blancs, il y avait les pontons. Ils me permettraient de suivre deux cursus différents, deux modes de vie différents aussi. Je pourrais bénéficier d’un aménagement, ce qui ne serait probablement pas possible dans une autre université, comme celle de Seaghdha, bien qu’elle fût la moins loin géographiquement de toutes celles qui m’ouvriraient potentiellement leurs portes. Il me faudrait faire des dossiers. Je pouvais simplement envoyer ma candidature à toutes celles qui existaient et décider de mon avenir ensuite, en fonction d’où est-ce que je serais accepté. Ça dépendrait sans doute de mes résultats, bien que je susse déjà que les Palais de Coelya me seraient acquis. Il y avait, également, l’université de Lua Eyael qui me questionnait.

Las, je me laissai tomber en arrière. La nuit advenait et, avec elle, le ballet du ciel devenait de plus en plus étincelant. Je délaissai pour de bon mon manuel, afin de permettre à mon esprit de vagabonder vers d’autres considérations. Je songeai souvent à la dernière fois que j’avais vu Dastan et Érasme, au lien qui semblait les unir et à ce qu’il provoquait chez moi. Je ne m’étais pas confié à qui que ce fût depuis. Je n’arrivais pas à faire le tri dans mes émotions. Il y avait ce sentiment de haine viscérale qu’éveillait en moi le Sorcier. C’était pire dès qu’il se rapprochait du Réprouvé, bien que je ne fusse pas le plus réactif. J’avais envie de côtoyer Dastan davantage, rien que pour créer le malaise chez Érasme. Je désirais l’affaiblir, le mettre à genoux, voire le tuer… Peut-être. Je n’en étais pas sûr. Je n’étais sûr de rien le concernant parce qu’il y avait cette complexité : ma répulsion ne faisait pas disparaître l’attirance que je ressentais pour ce qu’il était et pour l’obscurité qui l’entourait.

« Je savais que je te trouverais ici ! » La voix était douce. Je levai les yeux vers la nouvelle venue. Elysée était légèrement plus jeune que moi mais nous avions commencé à nous côtoyer à son initiative. Son corps était gracile et son visage diaphane. « Oui… Je révise. » « Tu as plutôt l’air de rêvasser. » constata-t-elle, avec un petit sourire. Ses lèvres me donnaient envie de l’embrasser. Elle se déplaça et s’assit sur mon ventre. « Je pourrais t’aider à réviser, peut-être ? Comme la dernière fois. » Je passai ma langue sur mes lèvres. Güra ne m’aurait jamais aidé. Elle aimait l’amour sans grâce. Elle baisait, m’emmenait avec elle dans des coins à moitié dissimulé ou me poussait sur mon lit et s’invitait autour de moi. Elysée était différente. Elle aimait la mise en scène et les caresses. Passer d’une Réprouvée à une Magicienne avait changé drastiquement ma manière de concevoir les choses. « Tu pourrais. » répondis-je, désireux qu’elle le fît. Je n’apprenais pratiquement rien lorsqu’elle me faisait réviser. J’enlevai un vêtement lorsque je me trompais. Elle en enlevait un lorsque j’avais raison. L’un dans l’autre, nous nous retrouvions rapidement à moitié nus et nos pensées n’allaient plus réellement aux questions et aux réponses. « On pourrait faire ça ici… Il n’y a personne. » Nous nous trouvions sur une paroi rocheuse qui s’avançait vers un paysage enneigé. La magie maintenait encore l’air à température ambiante ici. C’était comme une frontière entre deux mondes, d’où le fait que j’aimasse m’y rendre. « Shür sait que je monte ici souvent. » « Je m’en fiche de Shür. » murmura-t-elle, à mon oreille. Pourtant, lui, ne s’en fichait pas d’elle. Il avait des vues très sérieuses sur Elysée. Je n’avais pas arrangé ses affaires en me détachant de Güra. Ça ne me dérangeait pas. Pour l’instant, elle était avec moi. Demain, elle serait peut-être avec lui. Je ne l’aimais pas plus que la première. J’étais juste la proie de mes hormones. Les filles m’intéressaient et, de façon inexplicable, elles s’intéressaient aussi à moi. J’en profitais. À Adraha, les mœurs étaient plus libérées que chez les Magiciens. En apparence, du moins. Il faudrait que j’essayasse en rentrant, même si les deux femmes chères à mon cœur me snobaient complètement. Il y avait Laëth, au-dessus de toutes les autres. Laëth que j’imaginais parfois, lorsque mon esprit se perdait au cœur de mes fantasmes. Et il y avait Eméliana, la glaçante Princesse Noire qui devait encore m’en vouloir de mes silences. Je n’étais ni Prince ni rien. Marquis en devenir, peut-être. Shür m’avait dit un jour que pêcher des poissons trop gros pour soi revenait à pécher par orgueil. En d’autres termes, il faudrait que je muscle mes bras avant d’arriver à en soulever un. C’était une façon très réprouvée de m’annoncer qu’Eméliana Salvatore était hors d’atteinte du fait de son rang. Quant à Laëth Belegad, il m’avait dit de l’oublier totalement. Le fait qu’elle fût avec mon père ne lui posait pas de réels problèmes mais baver sur une femme comme elle, revenait à désirer marcher sur la Lune Noire. C’était une guerrière reconnue et elle venait d’échapper à un procès sans issus. Avant qu’elle ne pût s’intéresser à moi, je devrais augmenter mon capital séduction. Il m’avait dressé une liste et, curieusement eu égard à son peuple, il n’avait pas oublié de me conseiller de me cultiver. Il avait conclu que si je réussissais à remplir tous les critères, j’aurais sans doute beaucoup de femmes, mais peut-être que ce serait insuffisant pour séduire l’élue. Il espérait que je changerais d’idée d’ici là, car si mon père était un Magicien, quelque chose lui disait qu’il n’hésiterait pas à me botter sérieusement le cul s’il apprenait mes projets. J’avais du mal à imaginer Kaahl violent mais quelque chose en moi, l'instinct peut-être, n’avait pas envie de courir ce risque.

Je levai les yeux vers le ciel. « Sinon… on peut oublier les révisions. » dis-je, soudainement très peu porté sur mes cours. « Oh non, Lucius Paiberym. Le réconfort ne s’obtient qu’après l’effort. » Elle me sourit, un brin mutine.

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Priam & Freyja
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Priam & Freyja
Lun 15 Aoû 2022, 17:55



by Chris Chen

Les livres reflètent la beauté du ciel

En solo | Dastan, Priam, Freyja, Alcide, Hélène & Yngvild



Dastan gravissait une pente légère mais essoufflante, d’autant plus dans son état. Ses plaies suintaient de douleur contre ses vêtements. Il avait fouillé tout Lumnaar’Yuvon. La moindre grange avait subi un examen au peigne fin. Il n’y avait rien. Pas l’ombre d’un cheveu, pas la trace d’une chaussure, pas même quelques gouttes de sang. Il s’était volatilisé. Ce constat créait en lui des émotions ambivalentes. Sa part la plus réprouvée était ravie qu’Érasme eût foutu le camp. On n’avait pas besoin de Sorciers ici, surtout pas en ce moment. Il essayait de se rattacher à ce sentiment, parce qu’il lui semblait être le plus logique et le plus sain. Il le détestait, de toute façon. Il le détestait tellement, pour tout, et d’être parti aussi. Il avait tout préparé pour le sortir d’affaire. Il s’apprêtait à le rejoindre. À braver sa douleur et son alitement forcé. À inventer des excuses si son père et sa sœur revenaient avant lui. Et lui, qu’avait-il fait ? Il s’était fait passer pour Lucius auprès de sa sœur et avait appelé ce gros connard de Val’Aimé Taiji. Il avait fait venir Val’Aimé Taiji ici. Sur les terres de ceux qu’ils venaient de massacrer. Cette simple pensée lui brûlait les cornées et lui retournait l’estomac. Il les détestait tous les deux. Il les tuerait. Ils ne méritaient que cette mort qui les guettait ; surtout ce maudit Prince qui n’en était plus un. Ce maudit Prince qui lui retournait la tête et lui faisait perdre la raison. Le Réprouvé trébucha sur une motte d’herbe et s’écroula dans un juron. Il demeura ainsi, la joue droite contre l’herbe, le regard ancré sur la ligne sombre de l’horizon. Quand reviendraient-ils, les derniers survivants ? Y aurait-il sa mère, parmi eux ? Draegr ? Sól et Máni ? Il serra les dents. Il aurait aimé pouvoir tous les presser contre son cœur. Mais peut-être qu’à cause du maudit Prince Noir et de son Chevalier de malheur, ce ne serait pas possible. Peut-être qu’ils avaient tout détruit. Une larme solitaire roula au coin de son œil, se suspendit à l’arête de son nez, et tomba sur le tapis noirci par la nuit. L’adolescent renifla. Il resta ainsi un moment, avant de rouler sur le dos et de planter ses yeux bronze dans le ciel étoilé. Un trait de lumière zébra la toile d’ébène. Les sourcils froncés, le Manichéen se redressa sur ses coudes, malgré ses muscles et sa chair endoloris. Une autre traînée fila au-dessus de lui. Puis une autre, et elles s’accumulèrent sans plus cesser. Les yeux écarquillés, il scrutait les cieux sans rien y comprendre. « C’est quoi ce bordel… » souffla-t-il. Les étoiles qui dessinaient de nouvelles cartes ; puis le ciel qui se tranchait de coups de pinceaux colorés ? Il se mit assis, et ne bougea plus. Le spectacle l’aspirait tout entier.


À des milliers de kilomètres de là, assis au bord de l’eau, Priam scrutait le même ballet stellaire, le cœur lourd. Il pensait à Amestris, il pensait à la guerre, il pensait aux pertes, et il pensait à sa sœur. Sa poitrine s’effritait de ces pensées qui ne voulaient pas le quitter. Tout tournoyait, en boucle, nuit et jour. Son monde se dérobait sous ses pieds ; il ne se relevait que pour mieux retomber. Ses espoirs et ses croyances fuyaient la réalité. Il ne voulait croire à rien qui pût lui causer du mal. Il voulait oublier les mots de Freyja et ses regards à l’Empereur Noir. Il voulait oublier les cris des siens et l’odeur âcre des cadavres. Il aurait voulu qu’Aliénor fût là. Il l’aurait tenue contre lui. Il l’aurait serrée contre son cœur pour mêler ses battements aux siens et se fondre dans ce rythme vital. Il avait envie de lui faire l’amour de façon parfaitement désespérée, de se perdre avec elle dans une étreinte où plus rien n’aurait de sens que la danse de leurs corps enivrés. Il voulait la sentir autour de lui et entendre ses soupirs et ses cris près de son oreille. Ils auraient couvert tous les maux qui hurlaient dans son crâne. Tel était son plus grand pouvoir ; créer un monde où il n’existait plus que la musique endiablée de leurs cœurs amoureux. Il lui avait écrit une lettre dans laquelle il lui demandait discrètement si elle était en mesure de le retrouver. Il avait pris ses précautions, mais à dire vrai, il se moquait qu’on les découvrît. Il se moquait de la dangerosité de cet homme qui s’évertuait à massacrer sa vie. Il avait envie de le défier et de l’éliminer. Il soupira. Aliénor scrutait-elle l’étrange valse nocturne, elle aussi ? L’Ange se laissa tomber sur le dos. Le sable était froid. Des larmes glissèrent sur ses tempes. Il avait déjà beaucoup pleuré, mais il lui semblait qu’il était incapable de les empêcher de couler. Elles allaient et venaient, comme les vents et les marées.


Freyja ne pleurait pas. Lovée contre le corps d’Ezechyel, elle observait silencieusement la danse virtuose des cieux. Elle se questionnait sur ces myriades de couleurs venues enflammer la voûte. Celle-ci semblait en ébullition, en plein revirement artistique. C’était la seule réponse qui lui venait, avec tout ce qu’elle comportait de secrets. Elle aurait pu le réveiller et l’interroger. Peut-être qu’il aurait su quelque chose, ou peut-être qu’il aurait pu étayer ses hypothèses. Mais elle aimait écouter le rythme régulier de sa respiration et le battement long et lourd de son palpitant. Elle aimait observer la lueur faible des lucioles éclairer les reliefs de sa peau. Elle aimait tracer sur sa peau des arabesques imprégnées d’amour et dégager délicatement les mèches de cheveux qui venaient ombrager son beau visage, sans savoir qu’il aimait effectuer les mêmes gestes et observer les mêmes choses lorsqu’à son tour elle s’endormait. Elle se blottit un peu plus contre lui et embrassa tendrement son cou. Elle l’aimait lui, tout simplement. Elle respira son parfum, pour s’en imprégner encore. Elle l’ancrait en elle comme le reste. Elle avait trop peur de l’oublier, elle aussi, et malgré tout. L’Aile d’Acier inspira et tourna la tête pour se délecter encore du ballet des étoiles, pour se questionner encore sur cette anomalie enchanteresse. Ses yeux verts, rivés au ciel, se teintaient des éclats mystérieux de la nuit, et se nimbaient de touches plus délicates et sensibles. Les admirait-il, lui aussi ?


« Tu crois qu’on les voit partout, ou juste ici ? » demanda Alcide, penché par-dessus la balustrade de l’un des étages supérieurs de Basphel. Sous lui, un bosquet d’arbres s’épanouissait. Hélène haussa les épaules. « Je ne sais pas. C’est vraiment étrange, comme phénomène. » Toute la nuit durant, les couleurs du ciel avaient enjolivé le paysage nocturne. L’aube ne les avaient pas terni ; le grand soleil de ce début de matinée non plus. Les étoiles filantes déchiraient le fond bleu de la terre de leurs longues traînes brillantes. Ce spectacle captivait la majorité des habitants de l’île étudiante. « D’abord, les constellations qui changent, puis ça… » - « C’est magnifique. » souffla le petit Magicien. « C’est même plus beau que Boraür. » L’Humaine acquiesça doucement. C’était vrai. De sa courte vie, elle n’avait jamais rien vu d’aussi beau. « Je me demande comment… Il faudra que je demande au professeur d’astronomie. » Elle regretta de ne pas avoir suivi ses cours dès le début de l’année et résolut de le faire le plus tôt possible. « Tu viendras les regarder encore avec moi, ce soir ? » - « Oui. Je prendrai un cahier et un stylo pour noter nos observations. Peut-être qu’il y a une forme de récurrence… Dans les couleurs, ou dans les directions ? » - « Je n’en sais rien. » répondit le blond, un peu perplexe. Il détailla un instant l’adolescente. Elle avait de drôles de réflexions, parfois. Ça le faisait sourire. Il détourna le regard pour le ramener sur le ciel. « Moi, je me contenterai de profiter du spectacle. Je demanderai à Rose-Abelle si elle veut nous rejoindre, aussi. » La Paiberym acquiesça, songeuse.


« Papa, viens voir ! » Yngvild, le nez collé à la vitre, fixait l’extérieur. « C’est trop trop beau ! Y’a toutes les couleurs du monde dans le ciel ! » Vrael s’approcha de la fenêtre, les sourcils froncés. Il scruta le manteau noir de la nuit, parsemé d’éclairs lumineux. « Qu’est-ce que c’est que ça ? » grogna-t-il, méfiant. « Descends de là. » Il attrapa l’enfant, montée sur une chaise pour mieux observer, et la déposa sur le sol. « Mais c’est trop beau ! » - « Tais-toi. Où est ton frère ? » - « Il est sorti tout à l’heure. » répondit-elle, la mine boudeuse et les bras croisés. « Je vais le chercher. » Elle le suivit jusque dans l’entrée. « Tu crois que c’est quoi ? » - « Je ne sais pas. Peut-être les Zaahin. » Il arrêta de lasser ses chaussures et la regarda. Tous ces changements brutaux, couplés à l’issue de la guerre, l’inquiétaient. Néanmoins, il n’avait pas envie de faire peur à la gamine. Sa rencontre avec un Mage Noir l’avait suffisamment ébranlée. Ça ne le rassurait pas non plus. Que faire contre des ennemis qui pouvaient se téléporter chez vous sans en être inquiétés ? Qui était ce Lucius qu’il était venu chercher ? Ce phénomène astral était-il lié aux agissements des Sorciers ? Il en doutait, mais il le craignait. Il termina de lasser sa botte. « J’espère que c’est un bon présage. » Il s’accroupit et posa ses deux larges mains sur les épaules de la petite rousse. « Mais j’aimerais que tu restes là pendant que je vais chercher ton frère, et que tu ne t’approches pas trop des fenêtres. D’accord ? » Elle acquiesça vivement. « Oui, papa. » D’un geste affectueux, il ébouriffa sa tignasse, puis se leva et sortit de la maison. Aussitôt, Yngvild se rua vers la chaise, la gravit à nouveau et reposa ses deux paumes sur la vitre, hypnotisée par le spectacle des étoiles.



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Lun 15 Aoû 2022, 23:50



by Chris Chen

Les livres reflètent la beauté du ciel

En solo | Lana & Kiara



Kiara était rentrée chez ses parents pour la fin de semaine. Lana lui avait souhaité un bon séjour, mais en son for intérieur, elle espérait qu’elle n’y prendrait pas trop goût. Elle aurait détesté que son amie passât tous ses jours libres là-bas. Elle aimait l’avoir près d’elle. Elle avait pris soin de créer une relation de laquelle la Rehla dépendrait, une amitié-pilier qui ne souffrirait d’aucune concurrence. Elle avait effacé tout le reste, toutes les autres filles qui avaient pu vouloir se lier d’amitié avec Kiara. Elle les avait laissées faire, elle n’avait rien dit ; mais elle avait toujours fait sentir à chacune qu’elles n’étaient pas à la hauteur. Et c’était vrai. Qui pouvait se targuer de consacrer autant de temps qu’elle à leur amitié ? Qui pouvait prétendre être plus présente, plus à l’écoute et plus intime avec Kiara qu’elle ne l’était ? Qui serait capable de marquer son cou d’exquises morsures ? Personne, hormis Lana - cet Alban non plus ne saurait jamais rivaliser, tout petit Magicien de pacotille qu’il était. C’était l’histoire qu’elle se racontait et elle ne manquait pas de s’enorgueillir de ce petit exploit social. Cependant, elle avait de plus en plus conscience du fait que dans cette relation, elle perdait un peu de son contrôle tant chéri. Elle éprouvait aussi des choses qui contraignaient ses actions ou la poussaient dans une voie plutôt qu’une autre. Elle était attachée à Kiara, vraiment attachée. Un peu comme on est attaché à un animal de compagnie, quoi que ce fût encore plus complexe. Elle était véritablement son amie. Sa seule amie. Aussi, voir son frère tenter de s’en rapprocher l’agaçait un peu. Il ne lui ravirait évidemment jamais sa place. Néanmoins, il pouvait s’immiscer dans le cœur tendre de Kiara et leur voler du temps à toutes les deux. Elle exécrait cette idée. Elle voulait continuer à passer de longs moments avec la blanche. Elle désirait apprendre à connaître ce jumeau apparemment décidé à lui prouver sa valeur. Mais elle ne voulait pas mélanger les deux. Surtout pas. La vie était une série de rangements. Tant qu’elle compartimentait, elle contrôlait. Douce illusion que lui ferait perdre la vie. L’Ondine soupira. Elle croisa ses bras sur le rebord de la fenêtre et posa son menton dessus. Les yeux levés vers les étoiles, elle ébaucha des plans pour garder Kiara sous sa coupe et Adriæn à distance de son amie mais suffisamment proche d’elle-même. Elle pensa aussi à son abruti de copain, Johannês. Dès qu’elle le voyait, des envies délicates assaillaient son bas-ventre. Elle le haïssait pour cela, toutefois, elle n’hésitait jamais à en jouer. Quand ils se croisaient, elle lui servait toujours son plus beau sourire. Il était certaine qu’il éprouvait quelque chose aussi, parce que ses émotions faisaient preuve d’autant de discrétion d’un requin au milieu d’un banc de sardines. Elle avait cet avantage sur lui : elle accordait un soin tout particulier à l’image qu’elle renvoyait au monde, tandis qu’il se laissait emporter par des ressentis bouillonnants d’écume. Un mince sourire courba le lèvres de la Kælaria, avant qu’elle n’aperçût un phénomène étrange. Elle regarda dans la direction de l’éclat lumineux. Il n’y eut plus rien, puis un autre jet surgit, suivi de bien d’autres encore. Les yeux écarquillés, Lana scruta l’incroyable chassé-croisé d’étoiles filantes colorées qui s’effectuait juste au-dessus d’elle, dans le silence d’une nuit songeuse. À cet instant précis, elle ressentit plus durement l’absence de Kiara. Elle aurait aimé qu’elle fût là et qu’elle exprimât à haute voix ce qu’elle n’aurait jamais dit : « C’est magnifique ! »

« C’est magnifique ! » s’exclama Kiara, le visage levé vers les cieux et les cheveux rejetés en arrière. Ses parents, dans leur grand calme stupéfait, observaient la même chose qu’elle. La robe sombre de la nuit était ridée de longues traînées colorées. On aurait dit que quelqu’un avait attrapé un arc en ciel et en avait détaché les couleurs pour les jeter entre les étoiles. C’était étonnant de beauté. « Oh si les gens pouvaient voir ça... » Sa mère, qui tenait entre ses mains l’une de ses cartes du ciel en temps réel, lui apprit : « C’est comme ça partout. » - « Partout ? » - « Oui. » La jeune Rehla, bouche bée, imagina les réactions de ses proches et connaissances. Elle vit les yeux émerveillés d’Alban, qui ne manquerait pas de lui en parler dès son retour. Elle se figura l’admiration discrète, toute en retenue, de Lana, appuyée sur le rebord d’une fenêtre. Elle songea qu’Adriæn devait ressembler à sa sœur. Bien qu’ils n’eussent pas grandi ensemble, ils partageaient des postures, des mimiques et des fonctionnements. C’était souvent amusant à relever. Il était sans doute agréablement étonné mais retenait tout ce que ce ballet lui inspirait. Quant à Johannês, il devait pester face à cette anomalie qui n’annonçait sans doute rien de bon. Ou grogner parce que quelqu’un aurait osé le réveiller pour qu’il regardât. Un sourire presque nostalgique ourla ses lèvres. Elle pensait à eux comme si elle s’apprêtait à leur dire adieu. Elle se sentait ailleurs, arrachée à la réalité, au monde et à l’instant. Ses sensations existaient de façon ouateuse. Le spectacle de lumières se reflétait dans ses yeux dont le cœur semblait voguer vers de lointains rivages.



Message unique – 937 mots


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Mitsu
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Mitsu
Mer 17 Aoû 2022, 20:39

Les livres reflètent la beauté du ciel


Image par Borisut Chamnan


Eryos leva les yeux vers le ciel. Il ressemblait à un enfant fait de Magie Bleue au milieu de la nuit. Bien que sur terre, il aurait eu sa place parmi les couleurs qui zébraient le ciel. Il sourit.




À des kilomètres de là, sous le ciel de Tælora, les lignes brillèrent davantage puis s’éteignirent toutes en même temps. Pendant quelques minutes, la nuit fut noire, si noire que le monde sembla un instant avoir été englouti par les ténèbres. Puis, une lueur seule apparut, venant du lointain. À l’œil nu, il fut alors possible de constater qu’elle se rapprochait petit à petit. Elle ne se contentait pas de passer, de danser dans le ciel. Elle venait, comme attirée immanquablement par la terre ferme. N’importe quel individu présent sur Tælora fut bientôt capable de percevoir l’objet et, mieux, fut obligé de le voir. Son intensité éclairait comme aucune magie n’aurait pu le faire. Ni les cris ni les tentatives désespérées ne furent d’aucune utilité. Au beau milieu de la nuit, le sol d’Alès Palatium, d’Adraha et de Merhoneän trembla. À la frontière entre deux régions du continent, l’objet venait de s’écraser, au beau milieu de Valera Morguis, la cité secrète des Sorciers, la cité de toutes les expériences. Un calme plat succéda au brouhaha puis, dans les alentours, quelques explosions, bien moins assourdissantes se firent entendre. La terre craquela autour de l’impact et, dès que la fumée se dissipa, un cratère de plusieurs kilomètres de diamètre apparut avec, en son centre, un homme, debout et brillant d’une lumière orangée.

Quelques heures plus tard, commença à se déverser dans les nappes phréatiques le fruit des expériences sorcières. Quelques jours plus tard, plusieurs produits se rencontrèrent, l’air de rien, comme on revoit un vieux cousin après une séparation de plusieurs années. Quelques semaines plus tard, l’océan commença à se consteller, à quelques mètres en-dessous de la surface, d’une plante aquatique étrange. Les feuilles, semblables à celles de la sauge, commencèrent à émettre une lumière étrange, presque phosphorescente. Le phénomène, comme bercé par un sort de duplication, continua son œuvre, grignotant l’espace marin d’heure en heure, jusqu’à s’étendre aux eaux des autres continents, jusqu’à atteindre les Mers. Si les animaux marins purent se faufiler entre les feuilles espacées, la première Sirène à passer la barrière fut prise, dans les minutes qui suivirent, d’intenses crampes. Sa peau se craquela, laissant passer l’étrange plante qui la transperça de toute part. Elle mourut.




Sympan plaça la lanterne au-dessus de son cahier, afin d’essayer d’y voir clair. Il n’avait, normalement, pas le droit de se trouver dans les jardins à cette heure-là de la nuit. Néanmoins, comme dit le proverbe : la science n’attend pas. Ces phénomènes nocturnes inexplicables ne disaient rien qui valût à une très grande majorité d’individus. Lui, au contraire, se sentait frémir à chaque fois qu’il en était question. Il voulait savoir et, surtout, comprendre.

Alors qu’il notait ses observations sur son carnet, en essayant de ne pas se brûler avec la lanterne, le ciel s’éteignit un court instant. Quelques minutes, tout au plus. Il fronça les sourcils. Il ressemblait à une sorte de rongeur squelettique, à quatre pattes dans l’herbe, penché sur ses feuilles. Il leva la tête vers le ciel et écarquilla les yeux. Dans la pénombre, une lueur s’imposa. Il plissa les yeux. La lueur allait-elle percuter la terre ? Elle en avait tout l’air. Il se redressa, mû par l’excitation. Néanmoins, plus le temps passa et plus la peur remplaça son sentiment initial. Dans les derniers instants, il tomba par terre, convaincu de vivre-là ces derniers instants. Puis, comme figée par magie, la chose s’arrêta, à cent mètres de l’école. Complètement abasourdi, il resta de longues minutes immobile, incapable de bouger, tremblant de la tête aux pieds. Il ne remarqua pas vraiment les étudiants et les professeurs se réveiller, ni même les essais magiques de ces derniers pour détruire la chose. Rien n’y fit, elle resta là. La chaleur qui s’en dégageait rendit impossible l’approche par qui que ce fût. L’objet ressemblait à une gemme. Il était de couleur rouge et, à l’intérieur, il semblait y avoir quelque chose… mais quoi ? Après une fine observation magique, il apparut que le corps d’une femme semblait figé à l’intérieur de la gemme géante, les bras en croix, morte ou endormie. Et ce fut tout ce qu’il fut possible d’en tirer.

À des lieux de là, le même phénomène se présenta. Une gemme géante, comme figée et abritant une femme, avait fait son apparition au-dessus des Côtes de Maübee, puis une autre sur les Terres de Lua Eyael, et ainsi de suite, dans sept autres endroits.

776 mots

Explications


Bonjour ♪

Allez, c'est partie pour une petite suite.

L'explosion de Valera Morguis :
Valera Morguis est une cité secrète sorcière qui servait jusqu'ici de laboratoire géant aux expériences les plus folles. La cité se trouve sur le continent de Taelora. À ce titre, très peu d'individus vont être en mesure de savoir qu'elle a explosé. Néanmoins, les alentours (et notamment Alès Palatium, Adraha et Merhoneän) ont complètement tremblés sous le coup de l'impact. Donc si vous avez des personnages dans ces coins, ils pourront se poser des questions xD Si jamais, des expéditions peuvent même être lancées si ça vous dit d'en jouer.

Autre chose, une espèce invasive de sauge a commencé à grignoter les mers et les océans. Le phénomène est assez lent mais va progressivement gagner absolument toutes les Terres de Sympan. La barrière de sauge peut être franchie par des individus normaux. Il suffit d'écarter les plantes - sans magie sinon ça se met à proliférer d'un coup - pour passer momentanément mais la barrière se referme très vite. Les poissons peuvent se faufiler. Les Sirènes, en revanche, si elle entre ne serait-ce qu'un peu en contact avec les plantes, se font contaminer et meurent quelques minutes après, le corps transpercé par la plante qui prend racine en elles. [Oui, on commence à réformer les Sirènes 8D]. La barrière de plantes ne se trouve pas directement à la surface. Elle laisse quand même quelques mètres de profondeur libres. Il est donc encore possible de pêcher mais les changements sont visibles. Votre personnage peut donc les noter. Pour l'instant, ce n'est pas encore la panique chez les Sirènes mais ce sera le cas très bientôt (j'en reparlerai en septembre ^^).

Les "gemmes" :
Ce qui s'apparente à des météorites ont foncé sur dix lieux différents mais se sont stoppées à environ 100 mètres du sol (comme si le temps s'était figé pour elles). La chose ressemble à une grosse gemme => comme ça. Il est impossible de trop s'en approcher car la chaleur qui s'en échappe est très importante. Aucune tentative magique aboutit pour la faire baisser. Néanmoins, avec une magie qui permet de voir les détails (ou même en volant) il est possible d'apercevoir une femme à l'intérieur de la gemme, probablement morte ou endormie, les bras en croix sur la poitrine. Aucune tentative de destruction ne marche. C'est juste là. Les lieux en question sont :
- Côtes de Maübee = Gemme verte
- Basphel = Gemme rouge
- Lua Eyael = Gemme mauve
- Myngrimu = Gemme violette
- Megido = Gemme bleu foncé
- Terres du Lac Bleu = Gemme bleu clair
- Lumnaar'Yuvon = Gemme jaune
- Archipel d'Aeden = Gemme orange
- Terres de Melohorë = Gemme turquoise
- Continent des Glaces = Gemme blanche

Chronologie : Ce rp se passe après la guerre entre les Réprouvés et les Sorciers (les Réprouvés se sont fait défoncer) et les gemmes géantes commencent à apparaître pendant le Conseil des Chefs. La première est celle de Lua Eyael. Vient ensuite celle de Basphel, puis les Côtes de Maübee, puis Myngrimu, puis Megido, puis les Terres du Lac Bleu, puis Lumnaar'Yuvon, puis l'Archipel d'Aeden, puis les Terres de Melohorë et, enfin, les côtes habités du Continent des Glaces.

Vous pouvez poster dans ce rp jusqu'au 31 octobre 2022 23h59, en sachant qu'en septembre je reparlerai des gemmes et des Sirènes pour l'un des deux Event ^^

Gains


Cette suite du rp est uniquement accessible aux comptes qui ont posté précédemment, afin de vous remercier de votre participation. Je vous invite à réagir à mon message jusqu'au 31 octobre 2022, 23h59.

Pour un message unique de 500 mots minimum :
- 1 point de spécialité

Vous pouvez le faire plusieurs fois, si vous prenez un personnage différent par message ^^ (ou vous mettez vos deux personnages dans deux messages qui se suivent de 500 mots minimum chacun par exemple et vous prenez le gain pour l'un pour votre premier message et le gain pour l'autre pour votre deuxième message. Faut juste que ce soit des messages bien séparés). Etant donné que j'organise, j'estime que je peux poster avec qui je veux.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas ^^

Bien sûr, ceux qui n'ont pas participé précédemment peuvent toujours parler du phénomène dans des rps annexes, sous forme de quête par exemple ^^ Le barème des quêtes s'appliquera donc.

Et je vous donne rendez-vous en septembre pour la suite o/

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Stanislav Dementiæ
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Stanislav Dementiæ
Dim 21 Aoû 2022, 22:04


Image par Exellero & Ilya Ozornin.
Les livres reflètent la beauté du ciel
Thessalia


C'était une nuit parfaite pour s'entraîner à la chasse. Le vent soufflait une brise fraîche, apportant les effluves des gibiers et permettant de se dissimuler à condition de bien se positionner ; les courants d'airs n'en devenaient pas pour autant déstabilisant, n'encombrant pas inutilement l'ouïe des prédateurs. Le ciel dégagé apportait une clarté bienfaitrice pour traquer malgré la nuit tombée. Quoi que la forêt dense de Myngrimu ne permit pas d'observer la valse céleste qui se déroulait au dessus de la canopée : les branchages opaques cachaient aussi bien les rayons lunaires que ceux du soleil.

La leçon du jour avait bien débuté. Tu étais presque parvenue à localiser ce lièvre et à le piéger : tu ne l'avais manqué que de peu et, pour une fois, Lavinia n'avait pas éternisé ses remontrances. Ta nouvelle forme humanoïde exigeait de toi de nouvelles techniques de chasse que tu ne maîtrisais pas encore. Capturer du gibier sans muter en Louve était un exercice totalement différent et, si tu connaissais quelques bases élémentaires, les appliquer dans ce corps indisposé pour de telles activité se révélait plus complexe que tu ne l'avais imaginé. Ta Mère se moquait bien de ces difficultés : seul le résultat lui importait. Puisque ton échec était moins cuisant qu'à l'accoutumée, elle avait éconduit ses lamentation en guise de récompense, puis t'avais ordonné de recommencer. Tu en avais profité pour escalader le long d'un tronc, te hissant jusqu'à la cime de l'arbre pour pouvoir admirer les traînées colorées qui zébraient le ciel. Le mystère qui planait autour de ce phénomène t'obnubilait. Qu'est ce que ces manifestations pouvaient bien signifier ? Tu élaborais nombre de théories, durant la journée lorsque tu ne parvenais plus à trouver le sommeil, ou pendant la nuit, lorsque les enseignements de ta Mère t'ennuyaient.  La beauté du ciel rivalisait avec l'appréhension qui gangrenait tes tripes : les Evershas, eux, avaient sans doute déjà décrypté le message de Phoebe...

Pourtant, lorsque tu écartais les dernières branches au dessus de ta têtes, celles trop fines pour que tu puisses te permettre de grimper dessus, tes yeux s'écarquillèrent de surprise. Les cieux n'étaient plus parcourus de stries multicolores. Les météorites avaient été remplacées par une unique lueur violacée qui semblait foncer sur la forêt où tu te trouvais. Incrédules, tu observais le gigantesque cristal qui se dirigeait vers le territoire des Vampires. Était-ce là une punition de l'Aether de la Lune pour avoir osé défier ses enfants, en leur volant Durienrisda durant tout ce temps ? Tu sentis ton ventre se contracter de peur. La dimension de l'Astéroïde te semblait colossale : le point d'impact ne serait pas le seul à subir des dégâts. Ton instinct te le soufflait. Le cœur battant, tu observais, impuissante, l'étoile se rapprocher à une vitesse alarmante. Le temps semblait se figer et pourtant filer à toute vitesse. Lavinia, qui t'avait finalement retrouvé, t'appela à plusieurs reprises pour t'ordonner de redescendre. Tu l'ignoras, trop abasourdie par le phénomène qui se déroulait juste au dessus de ta tête, la forçant à te rejoindre sur ton perchoir.

« Qu'est ce que c'est que ça ? » souffles-tu finalement lorsque la Novikov t'a rejoint. Sa fascination, qui l'avait fait taire quelques instant dans ses brimades, se mua bientôt en préoccupation et en crainte : malgré la beauté du spectacle, le danger était trop grand pour qu'elle resta les bras croisés. Malgré l'altitude, plusieurs silhouettes semblaient s’atteler à stopper le projectile, sans effet notable. La gemme continuait de foncer sur Myngrimu. « Thessalia, redescends immédiatement. Retourne au manoir. » Les deux femmes ne s'étaient pas trop éloignées du domaine pour chasser, leur permettant de regagner sa protection en quelques minutes seulement. Là-bas, elles emprunteraient un portail magique pour retourner au Fjord, et ne reviendraient qu'une fois certaine que le cristal ne représentait aucun danger pour leur race.

656 mots
Merci Mitsu pour l'event.b nastae



Merci Kyky  nastae
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Lyz'Sahale'Erz
Jeu 08 Sep 2022, 22:42



Les livres reflètent


la beauté du ciel



Rp précédent : Objectif : sauver Dastan

Je regardais par la fenêtre depuis ce qui me semblait des heures. Mes journées se ressemblaient toutes, bien que mes rapports avec Dyonis eussent beaucoup évolué, à tel point que je n’étais plus certain de mon statut. D’invité j’étais passé à esclave et d’esclave j’étais passé à… élève ? Le regard de l’homme sur moi m’arrachait toujours des frissons de malaise mais il me portait une attention renouvelée. J’avais l’impression d’avoir pris dix ans en quelques semaines. Je savais à présent que la guerre était terminée, sans pour autant être au courant du sort qui avait été réservé à Dastan. Bien qu’il fût un hérétique, j’espérais vraiment qu’il s’en était sorti. Cependant, malgré mes demandes, les Esprits ne me donnaient aucune information sur le roux, comme s’il était de leur plaisir de me torturer. En revanche, j'avais appris que je n’étais pas le seul « invité » de la demeure. Érasme était également là, ce que le Sorcier semblait ignorer. Il parlait souvent du mystérieux invité de Val’Aimé, en restant flou. Si j'avais conscience que je ne devais pas lui dire ce que je savais, je le trouvais en réalité tellement beau qu’il m’était difficile de lui cacher quoi que ce fût. Heureusement, il devait être parti du principe que ce qu’il ne connaissait pas m’était également inaccessible.

À chaque fois qu’il quittait ma chambre, j’avais l’impression qu’un soleil s’éteignait, un soleil sombre. Je me mettais alors à réfléchir sur ce qu’il s’était passé durant les premiers jours de mon séjour. Plus j’y songeais, moins j'arrivais à m’en rappeler. Tout était fuyant, à l’exception de quelques sensations sur mon corps. Il n’en avait plus jamais reparlé depuis le retour de Val’Aimé et ce qu’il avait prononcé à mon attention : « Je n’ai plus le droit de me rapprocher de toi. C’est dommage, je t’aimais bien. ». J’avais été incapable de répondre et si j’avais pensé qu’il ne reviendrait plus jamais après ça, j’avais eu tort.

Mon visage se tourna vers la porte lorsque j’entendis le bruit de sa canne. Il entra sans frapper, comme à son habitude. Je l’observai et compris tout de suite que quelque chose n’allait pas. Il était livide. Il traversa la pièce à grands pas et se laissa tomber dans le fauteuil. Il avait l’air de celui qui réfléchit. Il était vraiment beau. Beau et froid, dangereux. « Comment est-ce que l’Empereur Noir a su ? » questionna-t-il, à voix haute, comme si je n’étais pas là. Il me considérait comme un meuble, sans doute à raison. Je n’avais aucun moyen de m’enfuir. Si j’y avais pensé, songer à son regard avait fini de me convaincre de renoncer. J’étais son prisonnier volontaire, prisonnier de cette beauté malsaine qui me donnait des sueurs froides. « Comment ? »

Mes yeux cherchèrent des réponses dans la pièce. Un esprit obèse le regardait avec amusement mais resta silencieux. « Qu’est-ce qu’il y a ? » Je parlais toujours avec un accent grossier mais il arrivait à me comprendre. Il hésita mais se décida. J’étais sa chose et quand bien même je venais à m’enfuir et à parler, personne ne me croirait. « Une météorite s’est abattu sur l’un de nos territoires. » « Une météorite ? » Je ne savais pas ce qu’était qu’une météorite. Je contemplais souvent les étoiles mais étais très loin de me douter que des objets pouvaient s’écraser sur le sol. Pour moi, tout était régi par les volontés des Ætheri. Si j’avais été témoin de la scène, j’aurais simplement déduit qu’un Dieu était en colère sans chercher à comprendre davantage. En cela, ma vie était en train de changer. Les Sorciers ne croyaient qu’en Ethelba, ou presque. Les sciences étaient bien plus développées, bien que la magie fût omniprésente. « Oui. Mais Cyrius Windsor l’avait prévu et a fait évacuer l’endroit il y a plusieurs semaines déjà. Beaucoup de Sorciers commençaient à en tirer du mécontentement. Maintenant, ils vont tous remercier l’Empereur d’avoir été prévoyant. La question reste de savoir comment est-ce qu’il a pu prédire les caprices du ciel. » « Les Ætheri murmurent peut-être à son oreille ? » Dyonis me fixa. « Ethelba. » rectifiai-je. Il m’avait déjà demandé de lui lister l’ensemble de mes croyances. Cette conversation avait duré plusieurs jours et, à la fin, il était resté silencieux un temps avant de décréter qu’il me faudrait croire uniquement en la Lune Noire pour mon propre bien. Les autres étaient tous de faux Dieux ou des sous-fifres de celle-ci. Je n’avais rien dit, sans pour autant adhérer. C’était tout bonnement impossible. Sa prestance avait beau m’hypnotiser, face aux Ætheri, il ne faisait pas le poids.

764 mots

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Isiode et Isley
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Isiode et Isley
Sam 17 Sep 2022, 14:06



RP lié : Le chant des baleines nous appelle

Je n’eus qu’à porter un premier regard sur le petit rassemblement pour savoir que quelque chose clochait. Pour m’en assurer, je me contraignis à faire un décompte des Soldats actuellement présents pour l’exercice de ce matin, mais compris bien vite que j’avais eu raison de croire en mon intuition.

« Où est le Soldat Humē? » Finis-je par me prononcer d’une voix posée, qui alarma toutefois l’ensemble du groupe qui se tenait devant moi.

Comme un seul homme, les Soldats cessèrent leurs activités afin de s’observer distraitement, l’examen se concluant pourtant en un échange visuel plutôt curieux – et silencieux – entre les membres de la faction. Cela étant, même après plusieurs secondes d’analyse, aucun ne formula quoi que ce soit de vive voix, mais la majorité des regards freinèrent leur course sur les épaules d’un individu en particulier. À mon tour, je dirigeais le céruléen de mes yeux jusqu’au noyau de toute cette attention, ce dernier se figeant instantanément lorsque nos pupilles se croisèrent inévitablement.

« Soldat Ophelia, sauriez-vous quelque chose? »

Maintenant que j’y pensais, il est vrai que les deux combattants étaient proches l’un de l’autre, et ce, depuis leur intégration au sein de la Cavalerie. De fait, je les voyais souvent s’entraîner ensemble ou discuter avec fougue, seul à seul, lorsqu’ils s’occupaient de leur Thekēra respectif.

« Je ne sais pas, Capitaine. Ce n’est pas dans ses habitudes d’être en retard… Il se tut pour réfléchir un instant. Quelque chose d’urgent l’a sûrement retardé, mais il devrait bientôt arriver, je ne m’en fais pas. Les battements de son cœur étaient aussi sincères que cet embarras qui se faisait entendre dans sa voix. Pensez-vous qu’il serait possible de l’attendre encore quelques minutes?

- Je n’y vois aucun problème, le rassurais-je avant de faire volte-face en direction du groupe, accordant ma voix sur un volume qui ne m’était guère coutumier, moi qui parlait habituellement plus bas : Tout le monde! Je décale notre départ de quinze minutes en attendant le Soldat Humē. Pendant ce temps, je ferai le tour du groupe afin de vérifier si vous avez correctement préparé votre Thekēra. »

D’un geste commun, les cavaliers en herbe acquiescèrent d’un hochement vigoureux de la tête, s’afférant aussitôt à terminer leurs derniers apprêts avec soin. Plusieurs d’entre eux reprirent tranquillement leur échange verbal auprès de leur Thekēra tout en ajustant les sangles et les étriers de leur selle. Les militaires du nouvel Escadron avaient rapidement été sensibilisés sur les bienfaits que leur voix apportait au comportement général de leur animal. Dès les premiers jours de leur formation, les Corvus Æris et moi leur avions assuré que parler calmement à l’oreille de la créature saurait plus aisément mettre celle-ci en confiance. De fait, chaque occasion était bonne pour renforcer le lien qui les unissait désormais, parce qu’aussi bien en entraînement qu’en patrouille, dans les écuries comme sur le champ de bataille, ces militaires et ces chimères apprendraient bien vite que leur binôme deviendrait alors leur compagnon le plus fidèle. Ils devront apprendre à s’entraider et à se soutenir, peu importe l’adversité, et en tant que Capitaine, il me fallait les épauler afin qu’ils puissent atteindre leur harmonie.

En comparaison, d’autres Soldats conversaient simplement entre eux dans l’attente que je vienne évaluer la finition de leurs préparations, ma foulée s’approchant d’un premier duo. Le militaire m’apparaissait relativement confiant et je me mis aussitôt au travail, le bourdonnement des discussions aux alentours allégeant le poids du silence qui nous englobait. Aussi concentré que je le fusse, mon ouïe percevait pourtant l’ensemble des rumeurs qui se partageaient aux quatre coins de la cour. De fait, lorsque je fis prendre conscience au Soldat que son tapis de selle était mal positionné, à proximité, la voix d’une écuyère s’entremêla à la mienne au creux de nos oreilles. Elle faisait état, avec son voisin, des derniers avertissements de l’Escadron Omidọti – les forces maritimes de la Nith-Haiah – quant à la prolifération inattendue d’une espèce végétale sur le littoral de l’île.

« Est-ce qu’on connait l’origine de l’invasion? Une bactérie? Un déversement accidentel peut-être? Entendis-je son collègue supposer.

- L’hypothèse de la bactérie me paraît plus plausible, parce qu’il semblerait qu’on commence à apercevoir la même plante sur les côtes des Terres d’Iyora. Il eut une courte pause dans leur échange, pendant laquelle je félicitais le cavalier devant moi, lui conseillant de ne pas négliger le confort de sa monture les prochaines fois. Peut-être qu’il s’agit d’un nouveau signe : avec le ciel qui rayonne de mille étoiles, même en plein jour, et l’apparition de ces étranges pierres flottantes… L’arrivée de cette plante dans nos mers ne doit pas être une coïncidence.

- Ce qui se produit actuellement dans les cieux de Phoebe et de Jeriel ne peut quand même pas influencer ce qui se produit dans le royaume des mers, si?

- Nous n’en savons rien, répliqua la jeune femme alors que je me rapprochais de leur position. Quoi qu’il en soit, pour l’instant, tout ce qu’Omidọti a confirmé, c’est que la plante ne semble pas affecter les populations maritimes de nos côtes. Il y a plus d’herbes, certes, mais rien qui saurait nuire à notre navigation et à nos activités commerciales… Oh! Bonjour Capitaine! »

Je les saluais, les militaires présentant aussitôt leur Thekēra avec fierté et légère nervosité. Cependant, dans la même seconde, un appel assourdissant les fit brusquement sursauter. Je me retournais calmement, mon oreille ayant perçu, depuis bien longtemps, le pas affolé du nouveau venu.

« Jayden! » Cria le Soldat Humē en descendant en trombe jusqu’au cœur de la cour.

Les bruits d’une course effrénée suivirent le cri alarmé, le militaire qui venait subitement d’apparaître fonçant droit vers le Soldat Ophelia en l’agrippant par les épaules.

« Euh… Salut? Q-Qu’est-ce qui se pas–

- Est-ce que tu as mangé les chocolats que je t’ai donné hier?

- Quoi?

- Est-ce que tu les as mangé?! »

En repoussant doucement la main du Soldat Humē, le prénommé Jayden se décala hâtivement.

« Mais qu’est-ce qui te prend?

- Ils sont empoisonnés! »

La confusion était de plus en plus visible sur les traits faciaux de l’Ophelia, mais également sur le visage de tous les militaires actuellement présents.

« Q-Quoi?

- Excusez-moi, Soldat Humē? Mon approche convergea l’attention générale sur ma personne, les acteurs principaux suspendant aussitôt leur confrontation. D’abord, vous arrivez en retard, mais en plus, vous nous faîtes une scène. Serait-il possible de connaître les raisons de votre agitation? Je faisais confiance en la monotonie de mon timbre et à la sérénité de mon aura pour tempérer les ardeurs du jeune homme. Clairement et calmement de préférence.

- B-Bien sûr, Capitaine. Il relâcha aussitôt les épaules de son camarade, s’excusant maladroitement. Les chocolats que je t’ai donné, hier, ils sont empoisonnés.

- Comment ça « empoisonnés? » Il ne s’agissait pas d’un cadeau de la vieille Magicienne qui t’as hébergé?

- Si, mais elle les a reçu de son fils… Bon sang. Je vais reprendre depuis le début. »

L’histoire était pour le moins surprenante… Vivant à Caelum, le fils de Dame Erminia – la vieille Magicienne – aurait reçu de l’un de ses voisins – une apprentie chocolatière – un sac rempli de douceurs sucrées. Bien évidemment, il aurait accepté le présent avant d’en envoyer la moitié à sa mère, puisque tous deux partageraient un amour inconditionnel pour le sucre et le cacao. Or, le lendemain, le fils de Dame Erminia serait tombé gravement malade, souffrant d’un mal atroce qui aurait causé l’apparition d’horribles cloques grisâtres sur l’ensemble de son corps.

« La pauvre en a également mangé après ma visite, et elle a été confinée durant les jours qui ont suivis en raison de sa condition. Je vous rassure tout de suite : les responsables ont distribué un antidote et Dame Erminia, tout comme son fils, se portent beaucoup mieux. Mais à cause de son état de santé, je n’ai été averti de la nouvelle que ce matin – d’où mon retard – et j’ai aussitôt foncé aux écuries pour te prévenir. »

Sous l’insistance de son ancienne bienfaitrice, le Soldat Humē avait accepté les chocolats avant de les donner à son ami. Il les avait pris par gentillesse – il ne résistait pas au tendre sourire de la Magicienne – mais n’appréciait malheureusement pas ce qui était bonbons et confiseries, à l’opposé de son ami.

« … Mais qui distribue de la nourriture dans tout un quartier sans même l’avoir goûté?! »

La question fit écho à mes propres interrogations, tandis que le Soldat Humē secouait la tête d’un air impatient.

« Peu importe! Est-ce que tu as, oui ou non, mangé ces chocolats?!

- Non! Non! Je les avais complètement oubliés, pour tout t’avouer. Ils doivent encore être dans leur emballage.

- Excellent! Parfait! Que les Sept Vertueux soient loués! Il nous semblât que le jeune homme se permettait enfin de respirer après tout ce temps. Promets-moi que tu les jetteras dès que tu rentreras chez toi.

- Tu n’as pas à me le dire une deuxième fois… »

Le Soldat Ophelia avait frôlé, de peu, la catastrophe.

« Capitaine. Le cavalier se tourna vers moi, abaissant son buste en signe de pardon. Encore désolé pour mon retard.

- Ce… n’est rien. L’important, c’est que vous soyez présent et que tout le monde se porte bien. Je me râclais la gorge, reprenant contenance. S’il-vous-plaît, préparez la selle de votre Thekēra pour notre sortie, Humē.

- Entendu! »

J’avais l’impression que plusieurs Soldats au sein de la faction éviteraient désormais les chocolats pendant un moment.

« Les autres, je continue mes vérifications. »

Progressivement, la commotion s’apaisa, et nous fûmes finalement prêts pour notre première sortie. Mes hommes se dispersèrent dans la cour afin qu’aucun ne soit incommodé par les manœuvres de ses voisins. Profitant de cet instant de tranquillité, je clos mes paupières, expirant une respiration.

« Capitaine? »

Seulement, à l’heure du départ, mon corps se refusait à bouger, mes yeux obstinément fermés. Je pouvais sentir le regard des cavaliers sur mes épaules, curieux et insistant, et malgré cela, je ne réagissais toujours pas. J’en étais incapable, comme transis par un froid qui m’avait brusquement balayé, paralysé, puis étouffé. Jusqu’à ce qu’on me touche l’épaule, mes yeux s’ouvrant brusquement, une obscurité vibrante maquillant la gravité soudaine de mon expression. Le Soldat qui m’avait ainsi libéré de ma transe recula d’un pas en croisant mon regard et, avec hâte, je lui tournais le dos, leur faisant signe d’attendre un certain temps.

« C’est urgent », leur précisais-je sans leur fournir plus de détails.

D’une enjambée rapide, je m’éloignais de la cour, ignorant leurs murmures et leur perplexité. Il se passait quelque chose sur le bateau. Pourquoi avais-je aperçu Dame Sunano dans un tel état? Contre qui les marins étaient en train de se battre? Je n’aimais pas ce que j’avais vu et sollicitais aussitôt le soutien d’une alliée. Muramasa? Silence. J’attendis dix secondes, vingt secondes, trente secondes avant de réitérer mon appel. Cependant, une fois de plus, je ne fus confronté qu’à son silence. Le noir de mes pupilles tremblait dans l’azur de mes yeux. Muramasa! Ce n’était pas normal. Elle répondait toujours. Toujours, sans exception. Et, dans mon esprit, je revis l’expression de pure terreur qu’avait affiché la Sunano. Une sensation horrible naquit au creux de mon estomac, un pressentiment terrible… Est-ce que vous allez bien? Réponds-moi. C’était un ordre, un commandement et pourtant, encore et toujours, seul le silence résonna dans mes tympans. Jusqu'à ce que... I…siode…? Sa voix tremblante ne se taise à jamais.


1 925 mots

Isiode utilise le pouvoir suivant :
- Vision de l'autre avec Wakiya : Lorsqu'il ferme les yeux, votre personnage peut visualiser l'autre comme s'il se trouvait en hauteur (par exemple, au plafond d'une pièce). Il se peut que le pouvoir devienne un peu handicapant, notamment avant de s'endormir puisqu'il peut agir à sa guise et, de ce fait, votre personnage peut ne pas très bien le contrôler, condamné à regarder l'autre au moment de dormir. Si les deux individus utilisent le pouvoir en même temps, ils s'endorment et se retrouvent sur Somnium par une étrange magie, dans une petite habitation qui, visiblement, est à eux.




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Isiode et Isley
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Isiode et Isley
Sam 17 Sep 2022, 14:21



RP lié : Le chant des baleines nous appelle

Ils ont encore besoin de moi! Puis, le silence. La voix n’avait été qu’une brise, qu’un murmure à la surface de mes oreilles et pourtant, je l’avais perçu avec une clarté translucide, sans pareille. Je ne peux pas mourir maintenant! Puis, de nouveau le silence. J’en étais persuadé à présent. Il ne s’agissait pas seulement d’une illusion : elle communiquait réellement avec moi, et d’un ton si impuissant, si désespéré, si misérable… Au creux de ma poitrine, mon rythme cardiaque s’accéléra, mon cœur hurlant à plein poumons au fond de mes tympans. Pourtant, l’appel que je lui transmis fût bas, mais non sans ce puissant accent d’inquiétude et d’anxiété à son endroit. … Muramasa? Puis, le silence. J’avais réagi sans réfléchir. Je n’étais jamais parvenu à communiquer par télépathie avec l’Orine par le passé – alors que l’inverse avait toujours fonctionné – mais après de telles paroles, une telle détresse, l’inspiration n’avait point tardé à fuser hors de mon esprit, dans l’espoir qu’elle atteignit la concernée, peu importe où elle pouvait se trouver. Respirer… J’ai mal… J’ai mal! Un frisson courut le long de ma colonne vertébrale, la pointe de la plume que je tenais en main se figeant définitivement sur la blancheur du papier. Muramasa! Puis, le silence, alors que l’angoisse de ma respiration n’était plus que le seul fond sonore de ma conscience. Réponds-moi! Qu’est-ce qui t’arrive? Une seconde passa à peine, et sa voix résonna de nouveau entre mes deux oreilles : I…siode…? I-Isley? Par la suite, peu importe le nombre de fois que je l’avais appelé, le silence fût la seule sonorité qui me répondit.

« C’est une chose après l’autre, continuellement, ces derniers temps. Marchant tout près de sa collègue, l’Immaculée repoussa la porte du bureau des instructeurs militaires afin de pénétrer dans la salle. Maintenant, le ciel nous tombe véritablement sur la tête. »

Elle faisait référence aux différentes pierres qui s’étaient détachées des cieux pour descendre à toute vitesse jusque ci-bas. Par chance, elles n’avaient jamais percuté le sol et lévitaient désormais à plusieurs mètres au-dessus de la terre qui les accueillait. Impénétrables, intouchables, toutes les tentatives pour les détruire s’étaient soldées par des échecs, et nombreux avaient été ceux à avoir essayé d’en briser la surface. Cependant, aucun n’était parvenu à en morceler ne serait-ce qu’un fragment : les Magiciens et leurs nombreuses ressources n’étaient eux-mêmes pas venus à bout de la solidité de la pierre et cela, c’était sans compter l’intense chaleur qui irradiait des gemmes géantes et qui empêchait quiconque de s’en approcher de trop près. Le phénomène était curieux, mais les rumeurs sur la présence d’une femme à l’intérieur de la pierre l’étaient plus encore. Paisible et assoupie, rien ne semblait troubler le sommeil dans lequel elle avait été plongée, pas même les impacts magiques qui avaient été violemment projetés à la surface de son cocon pour l’éclater. Sur les Terres du Lac Bleu, on observait et théorisait sur cette énième anomalie, pendant que sur les différents territoires angéliques, l’Armée Céleste restait en alerte, sa vigilance constamment porté vers le ciel et les comètes qui en traversaient l’horizon. Nous ne souhaitions pas être les prochains.

« Isley? Les Anges m’aperçurent à mon bureau et refermèrent la porte dans leur dos. Est-ce que tu es malade? Tu es bien pâle… Je n’eus aucune réaction, si ce n’était de me lever et d’empaqueter le plus rapidement possible mes différents cahiers à l’intérieur de mon sac. E-Eh! Qu’est-ce qui ne va pas?

- Je dois partir! Je dépassais leur hauteur à toute vitesse, ouvrant promptement la porte sans une once de délicatesse. Vous avertirez le directeur que je ne pourrais pas donner mes cours!

- Isley! Attends! »

Mais je m’étais déjà précipité dans le corridor, filant à toute vitesse à travers les allées de l’établissement d’enseignement, et ce, jusqu’à ce que la lumière du Soleil perce la rétine de mes yeux. Et qu’à l’entrée de l’école, j’aperçus la silhouette si familière de mon frère jumeau. À sa vue, mon cœur rata un battement, le son de ses pas sur le carrelage de l’entrée me paraissant aussi lourd que mortel.

« J’ai eu une nouvelle vision. »

Il n’avait pas besoin de me préciser la nature de celle-ci, Isiode m’ayant déjà fait part de ces étranges épisodes où, en fermant les yeux, il pouvait être en mesure d’apercevoir Wakiya dans son train-train quotidien. Nous ne savions pas ce qui avait soudainement déclenché ces images au creux de son esprit – visions du futur ou connexion plus singulière? – mais ce que mon frère semblait avoir aperçu, aujourd’hui, ne devait pas être aussi tranquille et banal que toutes ses précédentes clairvoyances. Un peu comme ce que j’avais entendu…

« Il y a une attaque sur le bateau de Muramasa et de Dame Sunano. »

Ma poitrine se soulevait à toute vitesse, instable dans son rythme et sa sérénité.

« Une… attaque? Laissais-je tomber en fermant les yeux, priant pour que ma voix puisse, de nouveau, atteindre l’ouïe de la Muse aux cheveux flamboyant.

En vain. Ce silence était troublant, préoccupant, véritablement effrayant, et les ombres qui ternissaient l’expression d’Isiode n’en furent que plus inquiétantes sur les lignes de son faciès : lui aussi essayait de communiquer avec notre Orine tout en refermant ses paupières. En apparence, mon frère semblait calme, mais le froid qui figeait ainsi son visage m’apparaissait encore plus glacial.

« Est-ce que tu vois quelque chose?

- Non. Rien du tout. Son ton était impatient, le bleu de son regard encore plus perçant. L’Escadron Hēres… Ce ne fût qu’un chuchotement imperceptible sur le bout de ses lèvres, mais au déploiement de ses ailes, je sus qu’une idée venait de lui traverser l’esprit. Allons immédiatement à Prætoria, voir l’Escadron des Messagers. S’il s’est passé quoi que ce soit sur ce bateau, ils seront les mieux placés pour nous aiguiller. »

Il avait raison. Et sans attendre, je pris mon envol, suivant sa course à travers les cieux étoilés.


993 mots



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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Sam 17 Sep 2022, 14:47



La beauté du ciel


Je fixai les autres Magiciens. Devant moi, une foule compacte se massait devant des panneaux d’affichage. Nous allions recevoir un courrier chez nous mais je n’avais pas eu envie d’attendre. Après des mois à travailler, des jours à rédiger mes copies d’examen et des heures de frayeur, les minutes qui me séparaient de la liste de noms, accrochée à la verticale sur ce foutu mur, me paraissait être une torture. Plus loin, des étudiants ayant déjà été reçus discutaient des derniers sujets d’actualité. « Il y en a partout. Et ce n’est peut-être que le début ! » « Tu penses que c’est encore un coup des Sorciers ? » « Après les Réprouvés ? Je ne crois pas… Et puis, nous avons de nombreux accords avec eux. » « Des accords ne signifient rien pour eux. Ils sont fourbes ! » « Peut-être, mais si notre gouvernement est si proche du leur, je pense que c’est pour les surveiller. Puis, concernant les Réprouvés, c’est un peu de leur faute quand même… Qu’est-ce qu’ils sont venus faire à Amestris ? » « Ouais… Enfin, ce n’est pas parti de rien non plus. » « Enfin bon… la guerre c’est une chose mais ces trucs qui volent c’est autre chose. Les Sorciers seraient incapables de faire ça. En plus, c’est trop coloré pour venir d’eux. » Les autres rirent. « C’est vrai qu’ils sont à fond dans leur délire de noirceur ceux-là. Un peu de couleur, ça leur ferait du bien. » Ma langue claqua contre mon palais, ce qui me fit immédiatement penser à mon père. Il ne le faisait pas souvent mais, lorsqu’il était contrarié, le bruit résonnait, comme un avertissement. Le fait que je le fisse également m’agaçait par principe. J’étais dans une période compliquée, où je ne cessais de chercher le conflit avec le Baron, surtout lorsqu’il n’était pas présent. Je l’évitais la plupart du temps et, lorsqu’il était là, j’étais trop couard pour dire quoi que ce fût. Enfant, je n’avais jamais remarqué cette aura qui l’entourait et qui pouvait s’avérer être aussi accueillante que dissuasive. Lorsque je me rebellais, un seul regard de sa part produisait la chute de ma rébellion. J’étais incapable de continuer.

Je soupirai. Cela faisait quelques semaines que j’étais de retour sur le territoire des Magiciens et j’avais eu des nouvelles d’Adraha, en particulier par Shür qui rédigeait des lettres à mon attention d’une écriture maladroite.  D’après lui, tout Adraha avait tremblé, ce qui avait provoqué une certaine panique chez les Dragons. Heureusement, la situation avait été maîtrisée mais il ne faisait aucun doute qu’un événement s’était produit sur le continent. Il m’expliquait également qu’Elysée se languissait de moi et que, malgré ses tentatives, elle n’avait pas souhaité qu’il la réconfortât. « Je sais qu’il y en a une qui est apparue à Basphel aussi. » « Ouais et chez les Lyrienns il me semble. Les journalistes ne savent plus où donner de la tête. » « C’est sûr que, ceux-là, dès qu’il se passe quelque chose, ils s’emballent. » « Jusqu’à oublier toute éthique parfois. » Des sortes de gemmes avaient fait leur apparition un peu partout. J’observais celle qui se trouvait au Lac Bleu depuis plusieurs jours, dans l’espoir de la voir bouger peut-être. J’ignorais ce que j’attendais d’elle. Des rumeurs commençaient à courir sur le fait que ces cristaux seraient, en réalité, habités. « Il se passe trop de choses en même temps en ce moment ! » « Ouais ! Enfin, je suis déjà content de savoir que je vais pouvoir aller à l’université. » « Ouais c'est clair, si les Palais de Coelya ne se font pas détruire par un objet venu du ciel… » « Mon père dit que, au moins, ça crée du tourisme. » « Ton père n’en a qu’après l’argent ! »

J’arrêtai de les écouter pour me concentrer sur les panneaux d’affichage. Il me fallait chercher mon nom. « P… » commençai-je, à voix haute. « Paiberym… » Je tombai sur un autre nom que le mien. « Flore-Ange… » Flore-Ange ? Je savais que certains Paiberym étaient devenus Magiciens, à l’instar de mon père, mais j’ignorais qu’il existait une Paiberym de mon âge. « Paiberym… Lucius. » lus-je, juste en dessous. Je soupirai de soulagement. Le monde me semblait partir en vrille mais, au moins, j’avais eu mes examens.

728 mots

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Sam 17 Sep 2022, 18:02



Les livres reflètent...


Je rangeai mon diplôme précieusement, après l’avoir observé longuement. Le premier cycle était à présent derrière moi, tout comme Érasme. Il ne s’était pas présenté aux épreuves mais, si j’en croyais les rumeurs, il avait tout de même participé. La preuve de la véracité des propos que j’avais entendus se trouvait devant moi. Pourquoi m’avait-on confier le parchemin ? Et, surtout, où était-il à présent ?

Je laissai l’air sortir tranquillement de ma poitrine et tournai les yeux vers le classeur qui avait été posé sur mon bureau. Avant son départ, j’avais reçu la visite d’Elias. Je ne savais qu’en penser. Sa voix avait eu la même sécheresse qu’à l’accoutumée mais il m’avait donné des opportunités. Deux Sorciers étaient à présent à mon service, en tant qu’instructeurs, dont un espion. Chaque jour, ils déposaient un classeur similaire sur mon bureau, classeur que je devais étudier afin de comprendre les actualités et tenter de les analyser. Derrière moi, d’importantes bibliothèques avaient été apportées. Elles contenaient des ouvrages d’un niveau supérieur. Il me faudrait retourner à Basphel pour terminer ma scolarité mais l’école des Îles Suspendues me paraissait loin. Un régime dérogatoire me serait accordé, à n’en point douter. Restait que, pour l’heure, je n’étais toujours pas Reine. Tant qu’Elias ne retrouverait pas sa place, mon avenir resterait suspendu au bon vouloir de l’actuel Empereur Noir. L’avantage était que devenir cultivée demandait des efforts. J’avais faim depuis des semaines. Mon esprit, trop focalisé sur la politique, ne s’intéressait plus aux calories que j’ingurgitais ou non. J’étais devenue fertile et je redoutais que mon Destin fût à présent lié à celui d’un vieil homme qui ne tarderait pas à me faire un enfant, si tôt le mariage contracté. Néanmoins, après réflexion, j’avais décidé de ne pas lutter. Je deviendrais l’épouse qu’il attendait. Contrairement à ce que j’avais d’abord pensé, à savoir qu’il me désirerait soumise et cultivée uniquement pour être en capacité de parler avec ses homologues étrangers, cette dernière conversation m’avait fait envisager une autre possibilité. Ce n’était pas une potiche qu’il voulait mais un esprit affuté. J’avais également compris qu’il ne désirait pas plus cette union que moi. Néanmoins, nous nous connaissions depuis de nombreuses années à présent. Peut-être que ce mariage nous profiterait autant à l’un qu’à l’autre. Il me fallait acquérir les capacités qu’il exigeait. Et il exigeait beaucoup.

Mes doigts attrapèrent le premier dossier. Il s’agissait de documentations sur ce qu’il s’était passé le jour de la Crucifixion. Les Églises étaient en pleine refondation. L’Assemblée des Justes avait perdu la plupart de ses membres lorsqu’Elias les avait fait crucifiés après avoir survécu lui-même à la sentence. La Lune Noire s’était effondrée, comme pour souligner l’outrage fait à la Royauté et Ethelba n’avait pas sauvé les religieux de la mort par la suite. Le message n’aurait pu être plus clair. Néanmoins, outre les déboires de l’Assemblée, la mort de l’Impératrice Noire et de sa fille unique, ainsi que les nombreux travaux de reconstruction qu’il avait fallu mener, il semblait à présent que la substance qui avait empoussiéré Amestris pendant plusieurs semaines possédait en réalité des propriétés magiques. Des tests étaient en cours et plusieurs grandes familles, déportées de Valera Morguis, travaillaient dessus.

Je tirai un autre dossier, celui consacré à l’économie maritime. Le phénomène était lié à l’explosion de Valera Morguis. Les déportés qui, jusqu’ici, se plaignait de la décision de Cyrius Windsor de faire évacuer l’endroit, étaient à présent silencieux, voire reconnaissants. Pour vivre à l’intérieur même des rouages de la Royauté, je savais que l’Empereur Noir n’aurait jamais eu une telle idée. Elias l’avait eue. L’ordre venait de lui puisque le blond n’était que sa marionnette de papier, son pantin de bois duquel il tirait les ficèles. La question était toujours la même : pourquoi Elias avait-il renoncé au trône ? Il aurait pu le récupérer après la Crucifixion. Pourquoi était-il parti, également ? Son histoire était très floue. Je savais que mon père, Niklaus, l’avait fait revenir de voyages en territoire inconnu. À moins que ce ne fût qu’un mensonge ? Mais pour cacher quoi ? Mes yeux lurent sans s’y attarder des informations sur une apparition étrange de plante dans les eaux proches de Valera Morguis. Dès que les espions avaient eu connaissance du tremblement des terres alentours, ils s’étaient rendus sur place et avaient constaté l’énorme cratère. Des analyses étaient toujours en cours mais la pollution de l’eau avait débuté sur les côtes de Tælora et, vraisemblablement, étaient impossibles à contenir. Puisque Valera Morguis était une région secrète, d’après les informations à ma disposition, il semblait que le gouvernement ne prendrait aucune mesure pour arrêter le phénomène. Le seul point qui pourrait être problématique était relié à la pêche. Pour le moment, nous ne manquions de rien et l’économie était aussi stable que l’année passée.

Le plus gros dossier concernait les manifestations astrales et l’apparition de corps étrangers au-dessus de certaines régions. Les Mages Noirs en étaient, pour le moment, dénués. Certains voyaient cela comme un cadeau d’Ethelba, d’autres comme une malédiction. Les objets ressemblaient à des gemmes et, par là-même, devaient avoir une certaine valeur économique. De plus, il semblait que des silhouettes fussent visibles depuis l’intérieur de ces cristaux colorés. Ce n’était pas une information anodine. Mes doigts caressèrent le bureau. J’étais pensive. Peut-être valait-il mieux qu’aucune de ces choses ne lévitât au-dessus de nos territoires. Après tout, si, finalement, elles s’avéraient intéressantes, nous pourrions toujours nous en emparer par la suite.

Je passai mes doigts dans mes cheveux que je venais de teindre sous les conseils de la Princesse Sundara et me levai afin de me diriger vers la fenêtre. Depuis les carreaux, j’apercevais la grande église et ses vitraux colorés. Sur la place, une exécution avait lieu, celle d’une ancienne Dame Noire. Vu la situation entre les Réprouvés et les Sorciers, sa présence était devenue intolérable, même si Elias n’était plus couronné. Val’Aimé avait donné l’ordre en l’absence de ce dernier. J’avais vu son sceau sur l’acte d’exécution. Je ne me détournai pas lorsque sa tête tomba et roula. De toute façon, cette femme n'était plus que l’ombre d’elle-même. C’était mieux ainsi. Les Réprouvés ne méritaient pas de vivre en dehors de l’esclavage.

Après un moment, je revins à mon bureau et sortis une copie vierge ainsi qu’une plume.

« À l’attention de Laëth Belegad,

J’aimerais que nous nous rencontrions.

Eméliana Salvatore. »

1055 mots

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Sam 29 Oct 2022, 17:08



by Chris Chen

Les livres reflètent la beauté du ciel

En solo | Alcide & Hélène



À la lumière d’une bougie, Alcide dessinait, paisible, dans la grande salle de la bibliothèque. Hélène se trouvait en face de lui. Penchée sur un manuel de littérature, elle paraissait concentrée. De temps à autre, elle prenait des notes sur un calepin posé à côté d’elle. Beaucoup, ici, toléraient de moins en moins sa présence. Son Ma’Ahid se développait, et avec lui, la magie des autres fluctuaient. La supportait-il parce qu’il avait été habitué à l’absence de sa propre fibre magique, sur Boraür ? Peut-être. Parfois, son arrivée causait un trouble chez lui, et il sentait quelque chose s’évaporer. Toujours, il prenait sur lui pour encaisser ce malaise et profiter de sa compagnie. Il ne se demandait jamais si cela pourrait un jour constituer un frein à leur amitié : il était convaincu qu’elle perdurerait au cours du temps. Il rebaissa la tête sur son dessin : il s’agissait d’un chevalier en armure, aux épaules duquel était accrochée une cape d’un bleu profond et éclatant. Il finalisait les détails de son épée, ses crayons de couleur brossant le papier dans un chuchotement serein.

Soudain, l’exclamation d’une autre étudiante lui fit relever le nez. « Regardez ! » Hélène se redressa à son tour et se retourna. Dehors, une nuit noire engloutissait le monde. L’Humaine se leva pour s’approcher des fenêtres. Son ami la suivit, intrigué. Quelques minutes s’écoulèrent, la voûte céleste dépouillée de tous ses fards. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » questionna Alcide. L’adolescente haussa les épaules. « Je ne sais pas. » Leurs cœurs battaient à l’unisson, en alerte. Ils n’avaient aucune certitude, sinon que ça n’était pas normal. « Oh, regarde, là. » Il indiqua de l’index un point dans les ténèbres. Une vive lumière descendait vers la terre, à une vitesse qui dépassait l’entendement. Elle semblait se diriger droit sur l’école. Un murmure inquiet parcourut les rangs d’élèves rassemblés devant les baies vitrées. Il mua rapidement en un brouhaha paniqué ; et la débandade fut déclenchée. Les uns et les autres s’éloignèrent des fenêtres et commencèrent à parler de chercher un refuge. La bibliothécaire et un professeur tentèrent de calmer les troupes et appelèrent à se réfugier sous les tables. Alcide attrapa la main d’Hélène et l’entraîna à sa suite sous l’une d’elles. Ses yeux, écarquillés, semblaient mus par la volonté d’aspirer le monde. Ne leur restait-il que quelques instants ? Il songea à Rose-Abelle. Était-elle toujours dans son dortoir ? Voyait-elle le même spectacle que lui ? Se trouvait-elle en sécurité ? « Il faut que j’aille voir Rosa. » dit-il, avant de s’extirper du couvert du bureau et de traverser la salle en courant. « Attends ! » L’Humaine s’était exclamée, avant de s’extraire de leur cachette et de courir derrière lui. La bibliothécaire cria quelque chose ; ils n’écoutèrent pas.

Leurs pieds martelèrent les couloirs, jusqu’à parvenir aux espaces réservés aux élèves. « Alcide ! Regarde ! » Elle le prit par le bras. Dehors, une énorme gemme rouge trônait au-dessus des jardins de l’école. « C’était ça ? » - « Peut-être. » Leurs regards hallucinés détaillaient l’étrange monolithe de rubis. Déjà, du monde s’amassait autour. « On n’a qu’à passer prendre Rosa et descendre. » Il acquiesça. « Viens. » Elle l’entraîna derrière elle, jusqu’à la chambre de leur amie.



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