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 [Event Juin & Juillet 2022] - Lorsque les Royautés se multiplieront | Le Monde des Songes

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Mitsu
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Mitsu
Dim 05 Juin 2022, 16:15

Lorsque les Royautés se multiplieront


Image par Exellero


« À l’intérieur du Monde des Songes, tout est réalité et tout est illusion à la fois. »

« J’ai rêvé que le monde était différent, plus beau. Lorsque je me suis réveillé, j’ai voulu y retourner. La réalité n’avait plus aucune saveur et, petit à petit, je n’ai plus existé que pour dormir. »

« Nous faisons de leurs croyances des réalités. Nous les confortons dans leur quête d’identité. Nous les bordons dans leurs certitudes erronées. Nous leur murmurons qu’ils seront libres une fois que nous les aurons aidés à vaincre leurs ennemis. Pourtant, en s’en remettant à nous, ils deviennent les esclaves de leurs fantasmes et de nos dons. Nous alimentons les espoirs stupides des Rêveurs afin qu’ils oublient que leur seul ennemi s’illustre en eux-mêmes. »

« Ce Monde voudrait vous faire croire qu’il ressemble à ce que vous espérez depuis toujours. En réalité, il n’est que le chemin qui vous mènera dans un enfer bien plus cruel et pernicieux que l’Enfer lui-même. »

« Il est dit que le Monde des Songes inspire le Destin lui-même. »




« Rares sont les Rêveurs qui parviennent à se servir du Monde des Songes à leur avantage. La plupart le subisse. » « C’est pour ça que cette expérience sera intéressante, en plus d’être bénéfique à ton peuple. » Le Mârid ne souriait pas mais la situation l’amusait. Ils avaient déjà eu une discussion sur les frontières entre Djinns et Ætheri. Dans l’esprit des Rêveurs, elles pouvaient rapidement devenir poreuses. Un Génie puissant était capable de réaliser de véritables miracles. Il y avait souvent une contrepartie mais les Dieux n’étaient pas dénués d’intérêts personnels, eux non plus ; surtout celui-ci. Il jouait néanmoins avec le feu, ce qui n’était pas pour lui déplaire. « Pourquoi tu leur permets de se prendre pour des Rois ? » « Parce que ça vous permettra de vous prendre pour des Dieux. » Ils avaient longuement échangé au sujet de cette expérience. Il s’agissait de choisir quelques Rêveurs et de leur conférer un morceau de rêve qu’ils pourraient modeler à leur manière, seul ou à plusieurs. Les Génies, Maîtres du Monde des Songes, pourraient y pénétrer et y intervenir, que ce fût pour semer le chaos dans la construction ou, au contraire, pour répondre à des attentes. Jun fixa son interlocuteur et rit. « Peut-être que quelqu’un détrônera Edelwyn dans sa maîtrise de l’environnement onirique. » Parce qu’elle avait façonné un véritable Royaume dans le Monde des Rêves, y attirant des Rêveurs qu’elle avait conditionné pour répondre à ses attentes dans la réalité. Le Monde des Songes était un monde d’illusions certes, mais il était également un monde qui pouvait modeler le réel en ancrant dans l’esprit d’autrui des messages qu’il suffisait de réactiver ensuite pour les plus subtiles. Encore fallait-il en prendre conscience et trouver les clefs pour en jouer.




Adriæn plissa les yeux. C’était la première fois qu’il prenait conscience d’être dans un rêve. Jamais, auparavant, il n’avait ne serait-ce que songé que cette conscience pût exister. Autour de lui, il n’y avait qu’un vide fait de blanc. C’était étrange. Il savait, pourtant, être en train de dormir. Il aurait pu penser être n’importe où : perdu au milieu de rien, drogué au milieu d’un tout illusoire. Ça aurait été possible. Sympan lui faisait parfois consommer des substances douteuses. S’il n’était jamais d’accord, l’Ygdraë ne cessait de faire preuve d’ingéniosité pour arriver à ses fins. Il n’arrivait donc pas à tout prévoir et contrer, même si sa plus grande victime restait Johannês.

L’Ondin s’avança dans cet étrange endroit. Il ne se sentait pas inquiet. Il aurait pu passer sa vie ici, à errer jusqu’à la fin. Pourtant, une forme d’attente gonflait son cœur. Il savait, au fond, qu’il n’était pas là pour rien, que quelque chose apparaîtrait. Et l’événement se produisit. Son regard fut attiré par un bruit. Sur un sol inexistant, un objet roulait. Il le reconnut rapidement, comme étant une couronne dorée, sur sa tranche. Elle dévalait une pente sans réalité. Elle s’approcha de lui et lorsqu’elle atteignit ses pieds, s’immobilisa un court instant. Il fronça les sourcils d’incompréhension mais ne put aviser plus que cela. La masse disparut de son champ de vision pour venir s’installer sur son crâne. Adriæn était un garçon ambitieux. Devenir Roi lui paraissait être un futur souhaitable, une ambition de toujours. Chez les Ondins, la chose était interdite pour les hommes mais il entendait bien révolutionner les mœurs, quitte à faire s’élever tous ses semblables contre les femmes. Il voulait être Roi des Abysses, non par volonté de préserver les siens, mais par volonté de les dominer. Nulle raison ne le tenait. Il se rêvait en Souverain tyrannique. Il ne souhaitait pas qu’on le respectât. Il souhaitait qu’on le craignît. À la question « Être craint ou être aimé : lequel des deux un prince doit-il rechercher ? »* il aurait répondu la crainte sans hésitation.

Lorsqu’une autre forme s’imposa à lui, il leva les yeux vers elle et reconnut immédiatement sa sœur, postée à quelques centaines de mètres de là. Elle paraissait aussi proche qu’éloignée et, bientôt, elle fut presque collée à lui. Il se trouva légèrement étourdi, comme après une téléportation. « Lana. » Il sentait comme une évidence à sa présence ici mais également une confrontation, comme si elle avait le pouvoir de l’entraver rien qu’en pensant différemment. Le fait qu’elle fût une femme et lui un homme rendait leur relation conflictuelle de base. Elle voulait garder son pouvoir, il voulait le lui arracher à son profit. Il n’y avait pas que ça entre eux. Il remarqua qu’elle portait également une couronne. « Sais-tu ce que nous faisons là ? » Parce que, lui, n’en savait rien pour le moment.

962 mots
* Le Prince, Nicolas Machiavel

Explications


Bonjour ♪

Bienvenue dans la suite de la Prophétie qui énonce des Royautés multiples.

Votre personnage va être attiré dans une zone du Monde des Songes que les Génies nommeront par la suite "Le Rêvarium", qui est, en gros, un espace aménagé pour l'observation des Rêveurs (oui, ils prennent vos personnages pour des petites souris de laboratoire xD)

Un pouvoir spécial va être conféré à votre personnage, à savoir que peu importe ses spécialités, il sera conscient dans cet espace qui lui sera dédié. Il pourra donc modeler à sa guise l'environnement (et lui-même). Un Génie peut venir le voir pour lui dire qu'il est Roi (ou pas) mais il sera reconnu comme Roi d'un royaume du Rêvarium par l'ensemble de la race (Roi ayant plutôt le sens de cobaye pour les Génies pour le coup mais passons xD).

Dans cet espace, même si votre personnage est "tout puissant", sa puissance de création se heurte à deux choses :
- Un personnage plus puissant et lucide dans le Monde des Songes (parce qu'il a une intelligence ++) qui passerait par là par hasard [Aussi, je le mets là mais un personnage lucide dans le Monde des Songes de base, n'a pas besoin de l'expérience pour faire un Royaume s'il le désire. Il peut le faire de lui-même =)]
- Les Génies qui gardent la maîtrise de la zone et qui sont considérés dans le "roman inconscient" comme des Dieux. [et bien sûr, les Dieux eux-mêmes mais, dans le Monde des Songes, il n'y en a pas tant que ça qui se promènent et Jun n'interviendra pas de toute façon].

Le reste est libre.

Petit à petit, votre personnage apprendra à maîtriser l'environnement et à créer de plus en plus de choses. Il se peut aussi qu'il y ait une forme d'addiction au Monde des Songes.

Ensuite, j'ai parlé rapidement d'Edelwyn et du fait qu'elle conditionnait les Rêveurs. Je l'ai évoqué dans >> ce rp << (la deuxième partie, celle qui commence par "AH !"). Bon, je ne vais pas vous expliquer l'impact que peuvent avoir les rêves IRL (que ce soit les cauchemars qui vous réveillent en sursaut et vous empêchent de dormir de nouveau, que ce soit des pensées qui vont vous hanter, des souvenirs que vous aviez oublié etc etc). Sur le forum, les songes (rêves/cauchemars) peuvent avoir un impact beaucoup plus important puisqu'ils ont aussi une dimension magique. Un personnage lucide + intelligent peut donc comprendre que des gens réels peuvent être amenés à traverser son royaume. S'il comprend que les rêves ont une incidence sur la réalité, il peut aussi comprendre que ça peut servir ses intérêts. Bon, après, généralement, c'est un processus assez long à comprendre et à mettre en œuvre mais disons que les Contes de Faes comme les Songes ont un fort potentiel de conditionnement/manipulation de masse. Après d'autres questions se poseront à votre personnage comme : comment faire en sorte que les bonnes personnes puissent atterrir dans son Royaume etc. Bon, ça, clairement, il faudra acquérir des pouvoirs ou faire des souhaits avec contrepartie aux Génies.

Là, pour l'instant, l'objectif c'est surtout de débuter l'intrigue, de prendre conscience qu'il y a d'autres royaumes dans la zone du Rêvarium etc. Après, ce sera un peu comme avec Maggie, je vous ferai des petits rps de temps en temps (je pense d'ailleurs que je ferai des Event qui mêleront les trois : Monde des Rêves/Monde des Contes/Maggie) pour vous donner du grain à moudre mais il faudra que vous développiez ça aussi de votre côté =)

Pour les joueurs qui ont des Génies : Vous pouvez faire ce rp et guider un personnage Roi =)

Chronologie : Cet événement n'a pas de chronologie particulière car le Monde des Rêves n'est soumis ni au Temps ni au Destin. Votre personnage peut donc rêver il y a dix ans, maintenant ou dans cinq ans.

Vous pourrez poster dans ce rp jusqu'au 06 août 2022 23h59

Gains


Pour un message unique de 900 mots minimum :
- 1 point de spécialité au choix
- Le titre de Roi du Royaume des Songes (ou Reine du Royaume des Songes)
- Un espace du Monde des Songes dans lequel le personnage est conscient et considéré comme un Roi ou une Reine. Généralement, il suffit qu'il y pense avant de s'endormir pour y arriver.

Pour 900 mots chez les Génies :
- 1 point de spécialité au choix
- Le titre de Guide du Rêvarium

Si vous avez des questions, n'hésitez pas ^^

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Eiko
~ Orine ~ Niveau I ~

~ Orine ~ Niveau I ~
◈ Parchemins usagés : 248
◈ YinYanisé(e) le : 14/11/2020
◈ Âme(s) Soeur(s) : Aurel
◈ Activité : Manger des mochis avec Papa Jun, chanter, danser, et remanger des mochis
Eiko
Ven 10 Juin 2022, 12:11


Images par Sainker_ & RDJlock
Royaume des rêves
Ihsan & Eiko
Eiko marchait aux côtés de l'adulte qui l'avait abordé, sa main glissée dans la sienne, beaucoup plus grande. Elle observait l'étendue lisse qui s'étirait jusqu'à l'horizon. Après quelques secondes de silence, la fillette ne tint plus et finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres : « C'est où ici ? » demanda-t-elle. La silhouette baissa la tête vers elle, un léger sourire étirant ses lèvres. Malgré sa mine bienheureuse, l'aura dégagée était loin d'être chaleureuse et la petite Hanatsu ne pouvait s'empêcher de ressentir un malaise qui contractait désagréablement son ventre. Elle se mordilla la lèvre inférieure, nerveuse, lorsque l'inconnu s'accroupit pour être à sa hauteur. « N'as-tu pas deviné ? » La fillette secoua la tête. « Tu es dans ton nouveau royaume. » « Mon royaume ? » Ce terme faisant écho à son titre princier sur l'archipel de Maggie, la fillette toisa de nouveau les alentours, à la recherche d'un paysage familier, d'une envolée de bulles gracieuses ou bien de la frimousse solaire de son Sūrya. Mais il n'y avait rien d'autre que la surface plane sur laquelle ils avaient avancés en silence. « On n'est pas sur Segmaë... » contredit la petite reine. Lorsqu'elle reporta son attention sur l'homme, ce dernier tenait entre ses mains une couronne d'argent, parfaitement adaptée à sa taille d'enfant. Elle était composée de fleurs entremêlées d'animaux sauvages, rappelant les Yinshô de son folklore natif. Les cœurs des plantes étaient sertis de pierres précieuses brillantes. « Non, ce n'est pas Segmaë. » approuva le mystérieux guide. « Tu es plongée au milieu du monde des rêves, et cet endroit pourra devenir ce que tu en veux. » promit-il. « Tu n'auras qu'à le souhaiter très fort pour que tout devienne réalité. » « Donc... Si je veux qu'il y ait une rivière en chocolat... » A peine eut-elle terminé sa phrase que la fillette poussa un cri enthousiaste : à côté d'elle, un fleuve brunâtre aux effluves de cacao était apparu, comme par magie. Ce n'était pas le résultat de sa propre volonté. Elle n'avait pas encore appréhendé ce nouvel environnement pour être en mesure d'en faire ce qu'elle imaginait. Cependant, l'Enfant de Pandore était sensible à ses pulsions  créatrices et puisque son objectif était de lui donner le goût de rester dans ce royaume, il ferait ce qui serait nécessaire pour la convaincre de revenir. Ce ne serait pas une tâche ardue. « Tout ce que tu veux. » insista l'inconnu. Puis, captant de nouveau l'attention de sa disciple, il plaça l'objet qu'il tenait sur la tête de la brunette. L'objet avait été façonné pour elle : il lui seyait à la perfection.

« Comment tu t'appelles ? » « Tu peux m'appeler Octavien. » Le génie se redressa et reprit la main de l'Orine pour l'attirer un peu plus loin. A regret, elle se laissa emporter loin de la rivière qu'elle venait d'invoquer. « Où est ce qu'on va maintenant ? » « Il est temps que je t'emmène rencontrer ton partenaire. » Devant la mine interrogatrice de la plus jeune, la déité précisa ses propos : « Tu ne seras pas seule à régner ici. Tu seras accompagnée d'un Roi. » Eiko, qui se réjouissait toujours à l'idée de faire de nouvelles rencontres, esquissa un sourire. « Chouette ! » Curieuse de découvrir ce nouveau roi, elle chercha à apercevoir sa silhouette mais, encore une fois, on ne pouvait qu'imaginer sa présence. Désormais, des nappes de nuages les entourait, rendant difficile voire impossible de voir à plus d'une dizaine de mètres. Le Djinn profita du chemin qu'il leur restait à parcourir pour délivrer les dernières informations à sa protégé - si l'on pouvait appeler ainsi les sujets de son expérimentation. « Votre royaume se trouve dans ce que l'on appelle le Rêvarium. C'est une partie très spéciale du monde des Songes. » Eiko ne l'écoutait qu'à moitié. Ses pensées avaient dérivé sur ce qu'elle pourrait créer, dans cet univers qui lui appartenais. Ici, une maison de poupées. Là-bas, un temple pour manier le sabre. Dans ce coin-là, un atelier pour préparer des mochi. Est ce que le Roi aimait les mochi ? C'était une question de la plus haute importance. Sur ce point de détail dépendrait peut-être la nature de leur relation. « Seuls quelques élus y auront accès de la même façon que toi. D'autres pourront vous rendre visite, mais ils ne seront pas maîtres de votre domaine. »

La Reine s'immobilisa. Derrière un nuage, une silhouette venait d’apparaître. « Bonjour ! » Eiko courut jusqu'à l'inconnu. « Comment tu t'appelles ? » Octavien ne lui avait pas révélé son identité. La brunette eut vaguement conscience de l'absence du génie : il s'était comme évaporé. Cela ne l'inquiéta pas outre mesure. Son attention était toute dirigée vers le nouveau venu. « Moi c'est Eiko ! » Elle avait placé sa main sur sa poitrine pour se désigner. « J'aime bien ta couronne. » remarqua-t-elle avec un sourire, avant de remarquer les deux ailes blanches qui se tenaient dans son dos, qui lui firent immédiatement penser à Shasha. « Oh, tu as des ailes ! » s'exclama-t-elle. « On peut aller voler, dis ? » demanda-t-elle en se rapprochant d'un pas. La fillette laissa un rire joyeux lui échapper. Elle l'aimait bien, c'était décidé.

909 mots



[Event Juin & Juillet 2022] - Lorsque les Royautés se multiplieront | Le Monde des Songes B6vi

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Invité
Invité

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Lun 13 Juin 2022, 11:27

Un nouveau Roi pour un nouveau Royaume
Alamar au royaume des songes


J’ai fait un rêve, un rêve étrange... J’aime bien rêver, mais en général on ne maîtrise rien, et les choses et les gens autour de nous agissent à leur guise, et il suffit parfois d’un rien pour que ça parte de vrille et que ça devienne du gros n’importe quoi. Cette fois-ci, j’ignore pourquoi, ce fut différent. Je m’aperçus très vite que je rêvais. C’est assez rare. La plupart du temps je suis pris dedans et je me crois dans la réalité. Cette fois-là, je savais. Et d’ailleurs était-ce à cause de cela ? Les choses ne se déroulèrent pas comme d’habitude : Je me retrouvai dans le ciel, enfin, j’appelle ça le ciel, parce que je flottais dans un brouillard blanc comme si j’avais volé dans un nuage. Sauf que je ne me déplaçais pas, et que ce n’était pas la blancheur d’un nuage mais la lumière la couleur de l’espace autour qui était blanche. Je ne voyais ni sol ni horizon, ni plafond, qu’un espace infini, nimbé et éclairé de blanc dans lequel je flottais en apesanteur.

Sondant l’espace, je sentis qu’en fait l’endroit était très vaste mais pas infini, contrairement à ce que la vue laissait à penser. J’en eus bientôt marre de flotter dans le vide. Aussitôt un paysage lointain apparut sous moi à travers la brume. Une vaste étendue, faite de verdure, de prairies, de forêts, de montagnes émergeant lentement du brouillard... c’était féerique ! J’eus envie de descendre pour le voir de plus près. A cette pensée, je commençai à tomber vers la terre ferme en douceur. J’atterris quelque instant plus tard, effleurant le sol d’une vaste prairie constellée de petits fleurs blues à clochettes. Je me demandais où était-ce ? Une voix douce me parla alors. Je ne sus si elle était féminine ou masculine. Elle venait de partout et nulle part à la fois. Elle me dit :
Ceci est ton Royaume. Forge-le à ta guise.
J’en fus surpris et flatté à la fois, car au fond de moi je me sentis anoblis, comme couronné. A cette pensée une couronne pesa sur ma tête. Je l’ôtai pour l’examiner. Elle était en tout point comme je l’avais imaginée en m’entendant déclarer roi. Je marchai dans l’herbe menue. J’étais pieds nus, je portais une tenue écrue ample et légère ; que la brise tiède d’un printemps éternel agitait. Je me demandai :
Mais ?  De quel genre de royaume veux-je être Roi ?
Telle était la question. J’y pensai un moment... Puis me souvins qu’en rêve, on peut tout modeler à sa guise.
J’ai donc tout pouvoir sur cet endroit ? Essayons !
J’imaginais alors une pagode - ma résidence privée royale - fermant les yeux, concentré, penché en avant, presque accroupis… mais je sentis alors que je ne modèlerai pas la matière ici instantanément comme dans certains rêves. Il y avait une résistance, un certain poids à soulever, qui empêchait ma pensée de se manifester instantanément. Une pagode apparut bien, mais... elle était miniature. Elle mesurait cinquante centimètres de haut. Je me penchai pour l’examiner en détail, j’en fis le tour... Tous les détails s’y trouvaient. Elle était magnifique ! Raffinée, colorée, parfaite, éclairée de lampions, comme les plus beaux bâtiments chez nous. Elle était digne d’un roi, mais d’un roi minuscule... Je l’avais imaginée plus grande. C’était pourtant bien moi qui l’avais faite. Je le sentais. J’en conclus que je manquais d’entraînement, que j’avais pouvoir sur cet endroit, mais encore pas la complète maîtrise de ce pouvoir.  Je soupirai et souris, décidant de me remettre à la tâche.

Je m’assis en tailleur dans l’herbe, et refermai les yeux, repensant à ma pagode Royale un long moment. Quand je les rouvris, elle avait grandit. A présent elle faisait ma taille. J’en sentir une grande fierté, j’avais fait une pagode aussi grande que moi ! A cette taille, j’en voyais encore mieux les détails et je pouvais observer l’intérieur par les balcons et les fenêtres ouvertes. J’eus hâte qu’elle fusse poussée à sa taille véritable, pour pouvoir y entrer et profiter de toutes les commodités qu’elle offrait. Je pouvais en effet apercevoir tout ce que j’aurais aimé y trouver : de bains, de lits, de serviteurs, de cuisines, de nourritures, de salle de musiques, d’instruments de musique, de conforts divers et variés.

J’eus une crainte à cet instant : que je me réveille ! Et que le rêve s’arrête. Je n’aurais alors qu’une hâte : Me rendormir et y revenir finir ma pagode, pour enfin pouvoir en profiter. Je  tachai de me rassurer : Rien de sérieux ne peut arriver, je ne suis qu’en train de rêver. Et je ne reverrai sans doute pas cet endroit. Il est bien rare en effet de retrouver et poursuivre un même rêve d’une nuit sur l’autre. En tout cas c’est un processus qu’on ne maîtrise pas. A cette pensée, la voix de tout à l’heure se fit entendre à nouveau et elle dit :
Détrompe-toi, tu pourras revenir ici et continuer ce que tu as commencé. Je te l‘ai dit : Ici tu es Roi, et Ceci est ton Royaume.
J’en fus très impressionné, et rassuré du même coup. Je laissais alors ma pagode, puisque je pourrai y revenir, et décidai de partir explorer un peu les environs, découvrir le paysage, voir s’ils s y trouvait des gens. Et puis que je m’attendais à en trouver, j’en trouvai. Je vis en effet des rizières, verdoyantes, fertiles, s’étendre sur une vaste zone, dans lesquelles travaillaient des paysans. Ils étaient bien habillés. Mieux que les vrais. C‘était mon royaume après tout ! Je ne tolérerais pas que quiconque y soit pauvre. Je leur souris et ils me saluèrent, en m’appelant Majesté avant de remettre au travail. Ça fait toujours sont petit effet. J’eus profondément le désir qu’ils soient heureux. Je me retournai vers mon intendant, qui apparut comme prévu dans mon champ de vision, et lui annonçai : Qu’on instaure une pause toutes les deux heures pour ces gens. Avec une personne par champ pour leur jouer de la musique pendant vingt minutes. Je veux aussi qu’ils disposent d’une collation et d’un Thé à la mi-matinée, et d’une autre à la mi-après-midi. Qu’il en soit ainsi ! Et le paysans m’acclamèrent.

A cet instant, je me réveillai, un peu étourdis, mais emplis d’un sentiment de grande satisfaction. Je souriais pensant : Quel endroit magique ! J’aimerais y retourner de temps en temps, finir ce que j'ai commencé… Si Harabella, l’Æther des Rêves le veut bien !



1080 mots


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Stanislav Dementiæ
~ Sorcier ~ Niveau II ~

~ Sorcier ~ Niveau II ~
◈ Parchemins usagés : 1372
◈ YinYanisé(e) le : 30/01/2016
◈ Âme(s) Soeur(s) : Aggripina, la seule, l'unique.
◈ Activité : Mangeur officiel de chaire fraiche
Stanislav Dementiæ
Lun 20 Juin 2022, 15:43


Le Royaume des Cauchemars
Kitoe & Stanislav


RP lié ; réponse de Kitou
Stanislav était allongé à même le sol. Il n'aurait su dire de quoi son environnement était fait. Il lui semblait presque flotter dans le néant, et pourtant, il avait conscience de cette étrange matière contre son dos, dans laquelle sa tête et ses membres s'enfonçaient légèrement. C'était comme d'être entouré de grains de sable chaud, roulant entre chaque aspérité pour venir se plaquer contre son corps, hormis qu'il savait que ce n'en était pas. Sa main s'enfonça dans l'étrange matière. Elle n'était ni humide ni sèche, et imprégnait une sensation tout à fait nouvelle pour ses sens, quelque chose qu'il n'avait jamais connu nulle part ailleurs. C'était doux et piquant à la fois. Le sorcier continua de fouiller au travers de cette substance, jusqu'à ce que ses doigts se heurtent à quelque chose de dur : un objet caché dans les profondeurs du domaine. Sans aucune crainte, le brun s'en empara et extirpa le trésor secret. Absent de toute surprise, il ramena devant son visage un ornement sinistre, qui lui correspondait tant en étrangeté qu'en apparence. L'anneau était aux dimensions parfaites pour épouser la circonférence de son crâne. Les ossements qui le constituait s'enchevêtraient à des plumes blanches tachetées de rouge et à une membrane noire rappelant des lambeaux de peau. L'objet était plus robuste qu'il n'y paressait. Le mage déposa la couronne sur sa tête après l'avoir inspecté succinctement.

Finalement, le Dementiæ se redressa puis se mit debout. Ses yeux clairs n'eurent aucune difficulté à s'adapter à l'étrange luminosité qui régnait tout autour de lui. Il était plongé dans une obscurité totale. Pourtant, il pouvait contempler parfaitement le vide qui s'étalait à perte de vue, dans toutes les directions. Il n'y avait aucune source de luminosité, aucune couleur pour attirer l’œil : tout n'était qu'un monochrome d'Hémoglobine, dont la rougeur avait pourtant disparut. Seule la conscience pouvait percevoir ce monde, avec une acuité particulière au lieu. Elle réinventait les sens, créant des textures, des sons, des odeurs, des visions et des goûts qui n'existaient qu'ici, dans ce Royaume.

Le Sorcier commença à marcher dans une direction aléatoire. Il ne se posait pas de question : tout lui semblait naturel. Lorsqu'une silhouette se matérialisa à quelques pas de lui, il ralentit son allure jusqu'à s'arrêter totalement à son niveau. Elle venait d’apparaître et pourtant, il lui sembla que sa place avait toujours été ici. Que celle qui se tenait désormais face à lui n'aurait jamais pu se trouver ailleurs. Un sourire étira ses lèvres et, avec une douceur qui lui était inhabituelle, il s'empara de l'une de ses longues mèches de cheveux, qu'il fit glisser entre ses doigts. « Bonjour. » la salua-t-il avant de s'approcher davantage, envahissant son espace personnel. « Es-tu prête ? » demanda-t-il en humant son parfum. C'était peut-être l'unique constante avec la réalité. L'odeur qu'elle dégageait lui était agréablement familière. « Es-tu prête à continuer notre jeu ? » Celui qu'ils avaient entamé lors du Bal de Lagherta, celui qui lui avait donné envie d'en apprendre plus sur elle, de la revoir. « Es-tu prête à débuter notre règne ? »

Une nouvelle danse les attendait. Une danse que personne n'avait encore jamais exécuté, une chorégraphie dont ils pourraient inventer les mouvements. Une mascarade merveilleusement cauchemardesque.



« Mmh... C'est problématique. » répondit le sorcier. Un sourire s'était dessiné sur ses lèvres, laissant penser qu'il n'y avait, au contraire, rien d'embêtant mais plutôt qu'un avenir réjouissant. Pour eux, c'était le cas. Pour le vaurien qui s'était approprié ce qui n'était pas sien, en revanche, le sort qu'ils lui réservait serait loin d'être une partie de plaisir. L'idée des torture à faire subir l'enchantait. « Il va vite falloir remédier à cela. » continua le brun avant de se tourner vers la foule qu'avait désigné Kitoe. « Allons vite la récupérer dans ce cas. »

Le couple royal s'avança dans la fosse où succombaient leurs sujets. Par delà la musique résonnaient les gémissements de douleurs, les derniers souffles de vie, et le clapotis du sang s'écoulant des plaies béantes. Ces témoignages d'agonie étaient la plus douce des mélodies aux oreilles  du mage noir. Il était en parfaite compagnie pour la savourer. Sans aucune considération pour les victimes, il marcha sur les corps étalés sur le sol : le rouge imbiba ses souliers, remonta sur le bas de son pantalon, comme s'il buvait le liquide vital. Comme si l'immaculé de sa tenue ne pouvait rester aussi propre. La souillure devait teinter son être, jusqu'à ce monde des fantasmes. « Alors ? » Le sorcier s'était placé derrière la démone. Il s'était penché légèrement en avant pour pouvoir susurrer à son oreille. « Lequel est-ce ? » Il avait placé ses mains sur ses hanches. Il attendit qu'elle lui désigne quelqu'un à découper. Il espérait qu'elle n'accuserait pas immédiatement le vrai coupable. Il avait envie de jouer un peu. Il avait envie de faire un massacre. Il avait envie de danser avec la démone - une dance macabre qui ferait tomber les spectateurs dans une lente agonie. Dans la main droite du tueur, un hachoir était apparut. Parfait pour éviscérer. Ou décapiter.  Ou amputer. Il ne savait pas encore quel destin il réservait au fautif mais, pour sa reine, il se dépasserait.

Le Rêvarium. Un rictus se dessina sur le visage de Stanislav. Il trouvait ce nom amusant. Car cet endroit, fusion de leur conscience, n'avait rien d'un rêve pour ceux qui oseraient s'y aventurer. Ici débutait le règne d'un cauchemar sans fin.



Le souverain produisit un rire jubilatoire tandis qu'il observait sa partenaire sonder l'intérieur de l'accusé. La douleur éprouvée par la victime semblait se répercuter morbidement dans la lueur démente luisant dans le regard de ses assassins. Plus il témoignait de sa souffrance, plus le spectacle leur semblait séduisant. Ils auraient pu continuer ainsi toute la nuit. Le massacre s'éterniserait jusqu'à ce qu'ils s'en lassent - autrement dit, la fin était loin d'être proche. « Hum, dommage... » Le ton employé ne laissait aucune tromperie possible : le sorcier n'éprouvait aucun regret suite à cette erreur. Son regard courut le long de la silhouette féminine qui avait accompagné le défunt. « Si... Elle ment, c'est inscrit sur sa face. » Les femmes n'étaient que des vipères nuisibles ; des menteuses avides et manipulatrices. Si l'on ne prenait pas garde à leurs tempéraments mesquins, elles devenaient dangereuses, pour autrui mais surtout pour elles-mêmes. C'était inscrit dans leur nature. Les mages noirs l'avaient bien compris. C'était pour cela que la domination masculine s'était légitimement instauré sur le sexe faible. Par leur clairvoyance et leur force innée, les dominants étaient à même de prévenir les impairs causés par ces incapables. Rares étaient les femmes trouvant grâce aux yeux du sorcier. Laëth, par sa pureté immaculée, et Kitoe, en qui il avait trouvé une partenaire exquise, étaient les exceptions du moment. La femme qui se tenait devant eux, en revanche, ne trouvait aucunement de circonstance atténuante pour expier le pécher que constituait sa vie. Cela lui semblait évident maintenant : elle avait mentit, de peur pour sa vie... Mais quelle vie aurait-elle menée sans la direction de l'homme qui l'accompagnait ? Une vie de misère et de dépravation. Finalement, il lui faisait une faveur, en l'exécutant : elle n'aurait pas à subir sa propre déchéance. C'est ce que le bourreau conclut en lui enfonçant son hachoir dans la tête. La résistance du crâne au moment de l'impact ne fut pas suffisante pour épargner la cible. Le chasseur retira l'arme et asséna un second coup, visant cette fois-ci à découper le ventre de la voleuse, par une fente verticale. Une giclée de sang éclaboussa le boucher ; les viscères s'étalèrent sur le sol, le corps ne mis pas longtemps à suivre. « Hum... Elle a eut le temps de s'en débarrasser. » constata le tyran. Les souverains avaient décidé qu'elle avait été une menteuse. Cette volonté devenait vérité.

L'escapade des fuyards résonna comme l'explosion d'un feu d'artifice. Elle fit vibrer le sang du chasseur, l'excitation bouillait dans ses veines. Il avait du mal à contenir cette envie primaire de tuer. Son alliée aussi, visiblement, car elle l'entraîna à sa suite pour débuter leur valse meurtrière. Ensemble, ils tournoyèrent, voltigèrent au rythme des cris et des pleurs, des suppliques et des prières. Le couple trancha, éviscéra, éminça. Les cadavres tombaient un à un, preuve de leur passage. Bientôt, il n'en resta plus qu'un. « Hum, c'était donc toi le coupable. » fit Stanislav en toisant méchamment le futur décédé. Sans se concerter, les assassins lui assénèrent le coup de grâce. Pourtant, lorsqu'ils le fouillèrent, ils ne trouvèrent aucune trace de ce qu'ils cherchaient. « Hum... Où l'ont-ils cachés ? » Stanislav - qui était désormais barbouillé d'hémoglobine - marcha dans la marre carmine qu'ils avaient enrichie. Un éclat attira son œil. « Ah, la voilà. » Il se baissa pour la ramasser. Effectuant un demi-tour, il se planta face à la Démone. Il l'admira, dans toute sa beauté, dans sa splendeur unique. Elle était la seule à lui faire éprouver ce mélange d'excitation et de satisfaction pleine et profonde. Lentement, l'homme souleva l'objet et le plaça sur la tête de sa propriétaire. « Voilà pour ma reine. » dit-il.

« Longue vie à nous. » murmura-t-il, s'emparant de la main de sa concubine. Il y déposa un baiser. Il était à deux doigts de la dévorer de nouveau. « Que notre règne soit terrible. » Il se redressa et sonda l'étendue chaotique autour d'eux. Il n'y avait aucun doute. Ils sèmeraient la désolation dans cet univers imaginaire. « J'ai hâte de vous retrouver pour notre prochain jeu. » la salua-t-il.

La seconde suivante, le rêveur rouvrit les yeux dans la réalité. Il se réveillait dans ce monde morne et, aussitôt, il eut envie de retourner dans cet univers chimérique.
1719 mots



Merci Kyky  nastae
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Sól
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Sól
Jeu 23 Juin 2022, 16:35


Lorsque les Royautés se multiplieront
Elise & Sól

Sól agitait sa hache devant-elle, essayant de repousser l'ennemi. La lame, cependant, ne parvenait jamais à atteindre sa cible. Elle alourdissait progressivement les membres de sa manieuse : à chaque nouvel assaut, la guerrière sentait son corps s'engourdir, l'air dans ses poumons se faire fétides, comme si le miasme d'Amestris faisait flétrir ses poumons. Bientôt, ses bras se raidirent jusqu'à devenir pierre. Immobile, incapable de se défendre, la silhouette qu'elle essayait de tenir éloignée n'eut aucun mal à se frayer un chemin jusqu'à elle. Sól sentit son être s'affoler. Elle connaissait ce visage, ou du moins ce qu'il en restait. Elle avait connu l'homme à qui il avait appartenu. Il avait habité ses rêves durant des mois et, désormais, il venait hanter ses plus terribles cauchemars, la tourmentant encore et encore, la forçant à revivre le pire épisode de son existence. « Pourquoi, Sól ? » L'accusée haletait. Elle avait envie de pleurer mais tout se bloquait dans sa gorge : elle avait l'impression d'étouffer. Le poids dans sa poitrine se faisait de plus en plus insoutenable. Elle avait envie d'exploser pour délivrer la pression qui s'accumulait. La rédemption ne venait pas. « Pourquoi tu les as laissé me tuer ? » « Non... Non, je ne voulais pas... » La survivante parlait mais ne s'entendait pas. Elle n'était pas certaine que celui à qui ces paroles étaient destinées l'écoute. « Pourquoi les as-tu laisser m'utiliser ? » « J'ai essayé... Je n'ai pas pu... » Tout cela était vain. Elle le savait. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de lutter, d'essayer de se justifier. Elle voulait qu'il lui pardonne. Elle voulait oublier ce qu'il s'était passer. Elle voulait se réveiller et réaliser que la guerre n'avait pas encore eu lieu : que personne n'était mort. Que personne ne s'était sacrifié pour lui sauver la vie. « A cause de toi, j'ai tué nos camarades. Tous ces morts, c'est par ta faute. » « Non ! Ce n'est pas moi ! Ce sont ces foutus sorciers ! C'est eux qui ont - » « Ta faute ! » Les mains de Smoliin se nouèrent autour de son cou. Impuissante, la Kendov se sentit basculer en arrière. La haine qu'elle lu dans le regard du Kiir’Sahqon la figèrea sur place. Elle eut envie de pleurer. De s'excuser. De le serrer dans ses bras et de lui dire qu'elle l'avait aimé. Qu'elle l'aimait encore. C'était le poids de la culpabilité. Du manque. On ne réalise à quel point on tient aux autres qu'une fois qu'ils nous sont arrachés.

Le regard azuré capta un chemin. De chaque côté se dressait un champ de blé. Au bout, une arche de pierre d'où émanait une lumière éblouissante. Un échappatoire. La blonde se mit à courir dans cette direction. Elle voulait partir. Elle voulait fuir Amestris et ses horreurs. Laisser les cadavres derrière elle. Oublier ceux qu'elle avait abandonné sur le champ de bataille. Il lui semblait qu'elle n'avait jamais couru aussi vite. Pourtant, son salut ne lui avait jamais paru aussi lointain, inaccessible. Elle crut mourir des dizaine de fois mais, finalement, elle parvint à traverser l'arche.

Sól se tenait sur une étendue lisse, infiniment vierge. Elle venait de quitter un cauchemar pour entrer dans un rêve. Les réminiscences de son songe précédent la firent frissonner mais elle décida de les oublier. L'ancienne ange s'avança jusqu'à la seconde silhouette présente. « Qui es-tu ? » demanda-t-elle d'un ton autoritaire. « Et que fais-tu ici ? » invectiva-t-elle, presque agressive désormais. Elle avait l'impression de se faire envahir. D'être colonisée. Dans le contexte post-guerre qu'elle avait vécu, l'intrusion était presque aussi traumatique qu'une tentative de meurtre. Ce n'est qu'après avoir posé ses questions que la blonde remarqua la couronne qui ornait également le sommet du crâne de l'inconnue, de la même manière qu'une couronne de blé trônait sur sa propre tête. La guerrière s'adoucit légèrement, comprenant sous un soudain éclair de lucidité que la femme n'était pas une ennemie. Ici, elles étaient des partenaires. Les réponses de la jeune femme terminèrent d'apaiser la hargneuse. Le dialecte utilisé n'avait pas été du Zul'Dov, et pourtant, cela n'avait pas empêché la blonde de comprendre ce que disait l'inconnue. « Je suis Sól. » La concernée ne savait pas pourquoi elle s'était sentie obligée de se présenter à son tour. Peut-être qu'il était plus simple, désormais, de chercher des partenaires, des alliés, plutôt que de se faire de nouveaux ennemis. Et pourtant, comment pouvait-elle de nouveau faire confiance à qui que ce soit ? Lorsque tous les avaient abandonnés. Lorsque tous s'étaient esquivés et avaient préféré abdiquer face aux engeances du Chaos ? Aux yeux de la victime, l'Injustice était cuisante : tous devenaient fautifs de par leur passivité. Personne ne méritaient son Pardon, certainement parce qu'elle-même ne parvenait à se pardonner ses propres pêchers.

« Tu as de drôles d'yeux. » remarqua la Réprouvée. Elle s'approcha, attrapa la femme par le menton pour ancrer son regard céruléen au sien, bicolore. « Que voient-ils, dis-moi ? » Ces yeux-là lui rappelaient ceux de l'Edmund'Faasnu. Par association d'idée, Elise ne pouvait qu'être une combattante aguerrie. « Qui subira notre colère ? » voulut savoir la blonde, comme si elle présentait que ces iris disparates étaient capable de prédire leur avenir. Capable de décider du déroulement de leurs batailles.
935 mots
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Maximilien Eraël
~ Humain ~ Niveau III ~

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Maximilien Eraël
Ven 24 Juin 2022, 18:18

Lorsque les Royautés se multiplieront

Le brouillard s'effaça devant le Kaaiji qui leva une main pour protéger son visage de l'éclat naissant. Pourtant nul soleil ne se dessinait dans l'horizon ou dans les nues. Ni même aucune lune. Les astres étaient inexistant en ce lieu, ce qui éveilla la méfiance en même temps que la curiosité du rouquin. Pourquoi ? Ce n'était pas naturel. Ce n'était pas normal. Il repensa alors à ce qui s'était dit lors de la crucifixion de l'Empereur Noir. La Lune Noire aurait, au sens propre, explosé pour s'écraser sur la Dévoreuse. Une chose équivalente se serait-il passé ici ? « Non... ». Sa voix retenti en écho dans ce non-lieu vide de tout. Un chemin pavé fini par se dessiner devant lui. Droit et interminable. Il le suivit malgré tout. Il ignorait par où se diriger, autant prendre la direction qu'on lui indiquait. D'autant qu'il doutait que ce sentier soit apparu là par hasard.

Les pas résonnait sur le chemin de pierres et, à chaque avancée qu'il faisait, un sentiment profond le saisissait. Celui du déjà-vu. Ce lieu ne lui était pas tout à fait inconnu. « Parce que tu as déjà été invité dans ce monde. ». Maximilien s'arrêta dès que la voix se manifesta, son regard balayant le paysage à la recherche de son origine. Il fut cependant incapable de la localiser. Elle était à la fois partout et nulle part. Pourtant, quoiqu'invisible, quelque chose lui disait que cette voix l'entendait. Elle avait bien été capable de lire dans ses pensées. Ainsi il continua le dialogue avec cette étrange entité qui paraissait plus a fait que lui de la situation. « Ce monde ? ». Une terre voulait-elle dire ? Il chercha dans sa mémoire. Il ne voyait pas. « Une autre partie alors en ruine du Monde des Songes. » indiqua la voix pour le mettre sur la piste. « Le Monde des Songes ? » répéta Maximilien à la recherche d'explications qu'il n'obtint pas. En même temps il se plongea à nouveau dans sa mémoire pour trouver de quoi elle parlait. Il lui fallut quelques secondes supplémentaires pour que le souvenir de cette ville misérable lui revint. Un étrange lieu où sa volonté avait suffit pour imbriquer les pierres et ériger des monuments. Cet endroit, bien que vide, le lui rappelait un peu, en effet. « Il y avait une ville à l'époque. » souffla-t-il un brin ennuyé de découvrir qu'elle avait disparue. « Elle existe toujours. Te voilà seulement en un autre lieu. Le Rêvarium. » - « Le quoi ? ». Une nouvelle fois sa question ne trouva que le silence comme réponse. Quelque chose brilla alors au loin. « Qu'est-ce que c'est ? » - « Tu le sauras si tu y vas. ». Incapable de deviner où pouvait se situer cette étrangère — quoiqu'à l'entendre, c'était lui l'étranger en ces lieux — Maximilien leva le nez où il découvrit l'absence de ciel. Du moins, était-il différent de ce qu'il avait jamais vu lui donnant cette aspect d'inexistence. Il y avait quelque chose d'angoissant à cette espèce de bulle de rien. Après une inspiration, il se décida tout de même à continuer son chemin afin d'obtenir lui-même réponse à ses questions puisqu'on refusait de les lui donner.

Là, brillante, à même le sol, clôturant le chemin qui avait mené le rouquin jusqu'à l'objet, une couronne gisait. Elle était épaisse, riche. Elle semblait lourde. Il dévisagea ainsi durant plusieurs secondes la tiare. La personne qui l'avait abandonné n'avait soit besoin de rien, soit manquait cruellement du plus essentiel : les sentiments. Alors il la ramassa, cherchant autour de lui une présence quelle qu'elle soit. La seule qu'il perçu provenait d'un volute obscur qui se matérialisa à l'endroit même où s'était trouvé la couronne. Il ne bougea pas, se contentant fixer l'apparition. Il avait fini par assimiler son existence et, depuis, il avait quitté ses nuits. Il posa un genou à terre pour se placer à hauteur de la créature dont la forme se dessina plus clairement. « Tu tombes bien. » commenta Maximilien en tendant une main contre laquelle l'Ira posa sa tête. C'était la première fois qu'il ressentait physiquement la créature. Jusqu'alors, ses apparitions étaient fantomatiques et impalpable. « On a pas encore eu l'occasion de réellement faire connaissance toi et moi. ». Le loup s'écarta, ses iris azurées fixant l'Humain que, contrairement à ce qu'il avait affirmé, lui connaissait. Mieux que n'importe qui même. Jusqu'à ce qu'une présence ne retienne l'attention de la créature. Un être comme lui, habitant les songes. La différence ? Il était maître de tout les rêveurs quand lui ne faisait que voyager dans les songes de Maximilien. Ce dernier passa d'ailleurs la tête par-dessus son épaule où il constata cette nouvelle présence. Alors il se redressa rapidement pour faire face à l'inconnue. « Quel négligence, faire si peu de cas d'un tel objet. » commenta la nouvelle venue en posant un œil sur la couronne à nouveau au sol. Cette voix... Maximilien plissa les yeux en reconnaissant la voix invisible. « Celui qui l'a abandonné est plus négligeant encore. » répliqua Maximilien, ce qui eut pour unique effet de faire rire l'anonyme. Il ne voyait pas ce qu'il y avait de drôle pourtant. « On peut savoir qui vous êtes ? » - « Ça n'a pas beaucoup d'importance. ». L'irritation saisit le rouquin qui se répercuta en miroir sur l'Ira à ses côtés. L'inconnue jeta un œil à celui-ci. Elle n'aimait pas comme cette créature s'immisçait dans son monde. Au moins elle n'était pas invasive outre-mesure. Son attention se reporta rapidement sur l'Obstiné, celui pour qui elle avait prit le temps du déplacement. « Ce qui est important, c'est l'identité de la personne voulant délaisser une couronne. ». Un nouveau rictus glissa sur les lèvres de l'anonyme. Dans un même temps, la couronne disparu dans un nuage de poussière dorée pour réapparaître la seconde d'après au sommet du crâne de Maximilien dont la surprise marqua immédiatement ses traits. Rapidement il s'en saisit pour s'en défaire, la tendant poing serré au nez de cette femme. « C'est quoi ce bordel ? ». C'était une bonne dizaine de questions qui se cachaient derrière ces quelques mots. Où étaient-ils exactement ? Que voulait-elle ? Qui était-elle ? Pourquoi étaient-ils là ? Comment lui s'y était-il trouvé ? « Chaque chose en son temps, Ô Roi du Rêvarium. » répondit avec cynisme celle qui n'avait toujours pas déclinée son identité. « D'autant que votre Reine semble être arrivée. » ria-t-elle tandis que sa silhouette se flouta devant lui. « Quoi ? ». Il ne comprenait absolument rien et cette femme ne l'aidait pas vraiment. Roi du Rêvarium ? C'était quoi cette connerie encore ? Sa reine ? Quelle reine ? Ça n'avait pas de sens. Aussi, pleins d'interrogations, il posa son regard sur la couronne qu'il tenait dans la main. Ça n'avait aucun sens. En même temps que cette pensée traversait à nouveau son esprit, le bruit de pas résonnant dans ce non-lieu se fit entendre derrière lui, ainsi fit-il demi-tour sur lui-même afin de découvrir l'identité de ce nouveau — ou plutôt cette nouvelle — venue.
©gotheim pour epicode


Mots 1199


We were never welcome here ~ Night time or morning time, we're going strong

Don't you tell me what you think that I can be

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Kitoe
~ Démon ~ Niveau II ~

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Kitoe
Dim 26 Juin 2022, 15:26

Kitoe & Stanislav
Lorsque les royautés se multiplieront
Sleep Token - The Offering


Dans son songe, elle avait attendu ce moment toute sa vie, alors que seule une journée les séparait de leur dernière rencontre. En apercevant Stanislav, Kitoe ne put s'empêcher de sourire. Elle était apparue, comme si elle avait toujours été là et lui aussi, et pourtant ils se retrouvaient. Ils étaient beaux, magnifiques, comme ce que l’on attendait de deux Souverains. Elle portait une robe légère. Seules de fines bretelles recouvraient ses épaules. Les voiles de la jupe semblaient flotter au vent alors qu’il n’y en avait pas. La tenue était blanche, mais cela ne jurait en rien avec le reste : elle n’irradiait pas la lumière et la pureté. En fait, tous deux savaient dans quel état allait terminer celle-ci… c’était le but. La Démone prêtait assez peu attention à ce qui les entourait. Elle n'avait pas besoin du moindre coup d'oeil pour savoir ce qu’il se passait autour. C’était son monde ; leur monde. Tout ce qu’il s’y passait était à eux, à leur portée. Et de toute manière, elle n'avait d'yeux que pour lui.

-Je suis toujours prête. Murmura-t-elle, le visage rieur.

Elle se sentait tellement calme. Elle ressentait une paix aussi infinie que les frontières de leur territoire, aussi évidente qu’ils étaient ici, tous les deux. Il y avait des gens autour d'eux. Ils venaient d'apparaitre, mais cela paraissait tout à fait normal. Certains étaient vivants, d'autres un peu moins. Pas mal d'entre eux agonisaient. Ils ressemblaient tous à des cadavres, des corps animés mais sans aucune âme à l’intérieur : c’était leurs sujets. Ils se trouvaient dans la grande salle de bal, au cœur de leur royaume, au cœur de leur somptueux palais. La salle n'avait pas de plafond, mais ne donnait pas sur le ciel non-plus : les colonnes s'enfonçaient dans l'obscurité la plus pure et étaient avalées par le néant et la désolation.

-Mais je n'ai pas ma couronne. Fit remarquer Kitoe en fronçant les sourcils.

Elle n'était pas tracassée pour autant, car elle avait déjà la réponse à la question silencieuse. Du doigt, elle désigna les danseurs.

-C'est eux qui l'ont. Elle est là, quelque part.

Il allait de soi qu'elle devait la récupérer, et Stanislav allait l'aider. Son dû était dans leurs entrailles. Ce n'était pas bien compliqué et ils avaient tout leur temps. Kitoe glissa ses mains dans les siennes et l'entraina avec elle, dans la foule trépassante. Il y avait de la musique et la Démone imaginait une nouvelle valse, où leurs armes déchireraient les chairs pendant qu'ils tournoieraient.

*

Kim Petras - Massacre


La Démone huma l'air avec délectation. Ça sentait le sang, la chair et la peur. Déjà, le bas de leurs vêtements se gorgeait de sang. Le liquide se frayait des chemins dans la fibre comme un épais réseau de veines se propageant autour d'eux. Kitoe le sentait aussi remonter le long de ses jambes. L’objectif ultime était qu’ils en soient recouverts. Ne serait-ce pas à partir de là que la cérémonie de leur couronnement s’achèverait officiellement ?

Stanislav était derrière elle. Elle avait posé les mains sur les siennes. Ainsi, elle avait l'impression qu'ils ne formaient plus qu'un seul être : ses yeux étaient les siens, leurs sens se confondaient. Ils n'avaient qu'un seul désir, qu'une seule pulsion à assouvir ici. Ils n'avaient pas besoin de se questionner pour savoir ce que voulait l'autre ; c'était évident. Toutes ces interrogations n’étaient que rhétoriques, elles faisaient partie du jeu, de la mise en scène.

Kitoe balayait du regard la foule de danseurs qui piétinaient leurs congénères sans y prêter attention. Elle leva le bras et pointa du doigt un homme qui valsait avec sa femme.

-Lui.

Ils l'atteignirent en deux pas. Ils n'avaient aucune difficulté à se déplacer, contrairement à leurs sujets qui pataugeaient dans cette mer d'entrailles.

-Ses Majestés ! Quel soirée splend-...

La bouche stupéfaite du cavalier ne se ferma jamais. Kitoe venait d'enfoncer sa main dans son estomac, comme dans du beurre. Elle fouilla quelques secondes, sous les râles rauques de sa victime et le bruit poisseux des viscères, avant de le laisser s'écrouler parmi ses congénères.

-Pas lui.

Sa main était dégoulinante de sang et de chairs. La femme du danseur ne parut pas plus choquée que ça par la perte de son être cher.

-Vous auriez vu ma couronne ? Lui demanda la reine.

-Pas le moins du monde, Votre Grâce.

Kitoe la jaugea une seconde, mais c’était seulement pour le jeu. Son choix était tout fait : il n’y en avait qu’un.

-Je pense qu'elle ment. Murmura-t-elle à son partenaire. Pas toi ?

Elle le laissa achever la misérable avant de se tourner vers le reste de la foule.

-Fuyez. Aussitôt, des cris de panique retentirent et leurs sujets se dispersèrent. Ce sera plus drôle comme ça, qu'en dis-tu ?

Elle prit Stanislav par la main et se mit à courir. Ils ressemblaient à des mariés au beau milieu d'une scène d'apocalypse. Un rire s'échappa de sa gorge. Un couteau était apparu dans sa main libre.

Tchac ! Tchac ! Tchac !

Sur leur passage, les corps tombaient. Le sang giclait. Et elle, elle riait un peu plus fort.

*

Bahari - Savage (bitmastr remix)


Dans leur danse macabre, Kitoe leva la tête en direction du ciel. Il pleuvait. Du sang. Il gisait des artères tranchées et perforées, volait à cause de la violence des coups infligés à leurs victimes. Ils en étaient recouverts à présent. Ils étaient le sang. Régulièrement, la Démone passait sa langue sur ses lèvres. Le goût la galvanisait un peu plus à chaque fois. Au contact de leur peau, le fluide semblait les laver de leurs doutes, de leurs peurs, de leur part de bien. Ainsi, ils épousaient leur nature tout entière et plus rien ne pouvait les arrêter.
Sa couronne gisait parmi les morts. Ils la retrouvèrent au creux d'un ventre béant. Les yeux de la Démone se mirent à briller face au joyau. Son dû était recouvert de sang épais, si bien que l'on ignorait la matière dont elle était faite, mais sa valeur n’en était pas moins grande, au contraire. Kitoe laissa Stanislav poser l'objet sur sa tête. Des pics tordus et macabres auréolaient son visage d'Ange.

-Merci mon Roi.

A présent, ils étaient souverains de leurs propres terres. Si elle avait su que cela pouvait être si facile...

-Longue vie à nous. Répéta-t-elle, émue.

Ses mains étaient fébriles. Kitoe contenait son euphorie pour respecter le côté solennel et officiel de la scène. C'était difficile de se retenir. Elle avait envie de rire encore, de sauter partout, d'enlacer le Sorcier et d'entamer une nouvelle danse. Leur règne serait si beau, si exquis, si parfait. Ici, rien ne leur serait impossible. Ils pourraient assouvir leurs pires idées, leurs pires fantasmes.

Lorsque Kitoe rouvrit les yeux. Les mots de son partenaire résonnaient encore dans sa tête, mêlés aux cris délicieux de leurs victimes. La bouche entrouverte, elle avait été sur le point de dire quelque chose avant qu'ils ne se quittent. Elle n'en avait pas eu le temps.

-Stanislav...

Les mots formaient une boule dans sa gorge. Si le rêve avait continué, elle aurait ajouté tellement de choses. Elle avait le sentiment de devoir lui dire tant sans pour autant savoir quoi. Dans son lit, la jeune femme pivota sur le côté et s'empara d'un oreiller, qu'elle serra fort contre elle. La frustration était grande et elle se demandait déjà quand est-ce que leur rêve pourrait continuer. Ils avaient encore tant à bâtir. Kitoe voulait explorer ce monde jusqu'à ses frontières. Elle voulait un palais plus haut que le ciel avec plus de salles qu'on ne pouvait en retenir ; deux immenses trônes faits des os et des chairs de leurs sujets ; un dédale ; et enfin un banquet énorme qu'elle partagerait avec son roi, comme ils l'avaient fait la première fois. Pourquoi les rêves passaient-ils toujours trop vite ?

1308 mots



Bijin
nastae:
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Kyra Lemingway
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Kyra Lemingway
Mer 29 Juin 2022, 23:43

Lorsque les Royautés se multiplieront

Avec un geste leste, Oriane déposait le diadème sur son front non sans une certaine satisfaction. « Hum. Ce serait plus pratique avec un miroir. ». Miroir qui se forma immédiatement devant elle. Un sourire effleura ses lèvres en se dévisageant ainsi. D'or et finement ciselée, de fines pierres de diamant et de rubis habillaient le bijou. « Qu'en dites-vous ? » demanda-t-elle en s'observant sous toutes les coutures. « Je ne suis pas convaincue. » répondit-elle à la place du Génie. Ça ne s'accordait ni avec sa tenue, ni avec sa physionomie actuelle. « C'est possible d'avoir la même mais argentée ? Ou, non, quitte à faire, en or blanc. ». Son vis-à-vis arqua un sourcil. Voilà un étrange spécimen. Faire tant de chichi avec une couronne pourtant tendue sur un plateau d'argent. Ce n'était pas commun, surtout de la part de la plèbe. Un sourire dessina le visage de la Déchue lorsque la couronne se blanchie. « Hum, oui c'est bien mieux ainsi. Par contre on ne voit plus les diamants, c'est dommage. Et si on les remplaçait par... De l'émeraude peut-être ? Oui de l'émeraude. Et les rubis par de l'ambre, ça ira mieux. ». Son guide exhala un souffle. « Je vous ennuie ? » l'interrogea-t-elle en entendant son soupir. Il ne répondit que par un sourire étrange mais qu'elle comprit ne pas être de satisfaction. Quoi qu'il ne semblait pas agacé non plus en vérité. Elle n'imaginait pas qu'il était resté pour ce qui viendrait après. Il s'était contenté de lui expliquer ce qu'elle faisait là, le fonctionnement du lieu ainsi que la façon de s'y rendre, omettant seulement un léger détail qui pourrait s'avérer très amusant à observer. « Si je récapitule, j'ai été désignée reine d'une partie de ces terres, le Rêvarium. Je peux le façonner selon mes désirs et je n'ai qu'à rêver les choses pour qu'elles existent. Comme les altérations de cette couronne ou l'apparition du miroir. J'ai tout bon ? » reprit-elle la parole sans détacher son regard du miroir. Elle l'aimait beaucoup cette couronne. Elle l'aurait bien ramené avec elle mais, de ce qu'elle comprenait, ce qui se passait dans ces lieux restaient dans ces lieux. La même politique qu'avec les bordels en somme. Il lui arrivait d'ailleurs d'appliquer elle-même cette règle avec certains et certaines en quittant leur habitation. Parfois. Pas toujours. Généralement c'est lorsque son ou sa partenaire du jour possède déjà un compagnon soit non Déchu, soit Avare. Qu'ils étaient possessifs ceux-là. Elle n'aimait pas les scènes de ménages et le silence était le meilleur moyen de les éviter avec eux.

Son vis-à-vis se détourna de l'Abjecto. Ça y est, elle était arrivée. Un sourire en coin, il vola enfin la parole à la Déchue. « Il semblerait que votre compagne approche enfin. » - « Ma compagne ? ». Oriane chercha dans sa mémoire de qui il pouvait s'agir. Il y avait un certain nombre de femmes à qui elle avait tenue compagnie. Maëlia peut-être ? Depuis le temps qu'elle se disait qu'elle devait aller la voir. Elle se tourna donc à son tour pour découvrir qui était cette personne. Premier constat : tout chez elle paraissait trop sage pour qu'elle soit une Déchue. Dommage. Deuxième constat : elle ne semblait pas appartenir à l'un de ces peuples des forêts. Dommage encore. Elle commença alors à éliminer les races une à une. Démone ou Sorcière : impossible. Orisha ? Peut-être elle ne les connaissait pas tant que ça. Magicienne ? Probable. Ange ? Elle l'espérait pas. Orine ? Pourquoi pas, elle n'en avait cependant pas la physionomie. Elle décida mettre définitivement un terme à la question concernant l'appartenance raciale de l'inconnue en allant la rejoindre. Inconnue qui ne l'était pas tant en réalité. Elle l'avait déjà vu. Quand, où et dans quelles conditions ? Ça par contre... Mais son visage lui parlait, c'était certain ça. Ce qui ne put que l'étonner tandis qu'elle se retrouvât à une proximité suffisante pour qu'un désagréable picotement s'implante dans sa poitrine. Elle l'avait déjà ressenti par le passé. Principalement à Basphel, mais plus récemment également, avec l'Ange Belegad. « Une Ange, donc... » déduisit-elle. Le sourire du Génie s'élargit. C'était maintenant que les choses allaient être intéressantes. Oriane balaya du regard l'Immaculée, la détaillant de la tête aux pieds et dans chacune de ses réactions et attitudes. Sa compagne. Soit. Après un soupir, elle mit un terme à la distance les séparant encore pour se placer à côté de la Vertueuse et passer un bras autour de ses épaules. « J'imagine qu'on t'as déjà expliqué ce qu'il se passait ? » commença-t-elle en l'invitant à avancer. « D'ailleurs si on doit rester ensemble, ce serait bien de commencer par le début : je m'appelle Oriane, et toi ? Tu es une Ange, je ne me trompe pas ? Il va falloir qu'on discute un peu si tu veux mon avis. Histoire de mettre les choses au clair et éviter, hum, toute contrariété pouvant nuire à l'ambiance. ». Elle marqua un temps, suffisant pour que le souvenir d'une conversation lui vienne. « Quoi que chez nous on a tendance à dire que le sexe apaise les tensions, ce qui n'est pas tout à fait faux en soit quand on y réfléchit. » révéla-t-elle ce qu'elle avait en tête dans un rire. Même si une relation se déroulant après une dispute avait une toute autre saveur que celles se passant sous le signe de la seule libido à assouvir. Une lueur concupiscente s'immisça dans ses prunelles comme son pouce caressa ses lèvres avec une lascivité naissante. Alors elle s'arrêta, posant un œil rieur sur l'Ange. « Pardon ce n'est peut-être pas le genre d'expressions qu'on vous apprends chez vous. » sourit-elle, un brin moqueuse, à quelques centimètres du visage de sa vis-à-vis. « Montre voir ? ». Sans préciser davantage ses pensées, elle attrapa le menton de la Vertueuse pour forcer son attention sur elle et mieux la dévisager, réduisant un peu plus encore la distance qui les séparaient. Sans un mot, la Déchue resta ainsi à observer sa compagne. Enfin elle la relâcha dans un rictus comme elle la laissa respirer un peu en s'écartant. « Pure comme une enfant. » commenta-t-elle alors. Quoi que les enfants savaient se montrer plus sales qu'un de ces oiseaux trop blancs ; trop propres. « La vie doit paraître bien longue à suivre votre régime. Jamais d'excès. Tout dans la retenue. » continua-t-elle blasée. « Si ennuyant... » souffla-t-elle en tendant la main, faisant à nouveau face à l'Ange. Un verre de rouge y apparu. Arquant un sourcil, elle le porta à ses lèvres en fixant intensément la seconde reine, espérant qu'elle balaierait tout ça d'un revers de main dans ce monde. Cela leur simplifierait d'autant plus grandement les choses.
©gotheim pour epicode


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Min Shào
~ Orine ~ Niveau II ~

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Min Shào
Jeu 30 Juin 2022, 19:20


Image par Charlie Herve


*Pouf.* Lentement, la tête de Min tomba sur un oreiller de plantes. Au-dessus de lui, son regard se plongea dans un océan d’orange. Ce ciel n’était pas normal. Ni cet arbre, d’ailleurs, dont le tronc laissait couler un filet de sirop rose qui allait creuser un ruisseau délicieux. Curieux, Min se redressa et alla prendre un échantillon de sirop avec le doigt. Au toucher, la matière était tiède et épaisse, comme une espèce de miel. *Un liquide rose a peu de chances d’être toxique, non ? … allez. Après tout, je suis en plein rêve.* L’Orine enfourna son doigt dans sa bouche et goûta le sirop inconnu. Ses papilles se réveillèrent instantanément, comme si elles avaient subi un électrochoc. C’était la meilleure chose qu’il avait mangé de sa vie.

Résistant à l’envie de sauter dans le ruisseau pour boire tout le sirop, ce dernier se leva pour jeter un regard autour de lui. Le ciel orangé se confondait avec le sol, qui était entièrement couvert de tournesols. Mais ces derniers n’étaient pas tournés vers le soleil : ils étaient tous tournés vers lui. *Hmmmm…* Min entra dans le champ de tournesols et commença à marcher dedans, fasciné par les mouvements peu naturels des fleurs. Elles se tournaient sur son passage, comme s’il était un aimant. *ça alors ! Je n’ai jamais fait de pareil rêve. Il a l’air si réel.* Il toucha les fleurs ; elles étaient douces. Comme des vrais tournesols, mais plus confortables encore. En les caressant, l’Orine eut une envie soudaine de s’allonger. *Je vais m’imprégner de cette vue majestueuse.* Il sauta dans les tournesols. Au lieu de les écraser, les tiges s’écartèrent puis s’enroulèrent autour de son corps afin d’accompagner sa chute. *Waouh…*

En se posant, Min se rendit compte que ce rêve n’était comme aucun autre. D’une certaine façon, il avait l’impression d’en avoir le contrôle ; comme dans ces rêves qu’il faisait le matin avant de se réveiller, quand il était à moitié endormi. Mais cette fois, il avait l’impression que d’avoir un vrai contrôle, et pas seulement une vague conscience de son environnement. *Voyons voir. Que pourrais-je rêver de plus ?* Ce dernier se concentra fort en pensant à un xun. Il écarta ses mains pour mimer sa forme, espérant le matérialiser. Mais après quelques essais, rien n’apparut. *Allez, tu peux le faire, champion !* Il réessaya plusieurs fois. Et soudain, quelque chose lui tomba sur le ventre. « Oh ! » en levant la tête, aidé par les tiges de fleurs, il vit un objet qui ressemblait à un xun. Mais il n’était pas fait de bois ; il était formé par un amas de plantes, sans caisse de résonance à l’intérieur. Bon, c’était déjà un début !

Motivé par son brouillon de création, Min écarta les bras et s’imagina toutes sortes de choses qui pourraient égayer son rêve. Sa sœur, des mochi, une cascade, une grotte de diamant, des cerisiers… il n’arrivait plus à s’arrêter. *Tiens, et je pourrais ajouter ça ! Et une prison pour les maths ! Et une chorale.* Tous ses sens y passaient : des odeurs, de la nourriture, de beaux paysages. Autour de lui, rien ne changeait, mais il s’en fichait. Il était perdu dans son tourbillon d’imagination, oubliant déjà le nectar parfait qu’il avait goûté juste avant et les tournesols à son service.

*Et puis un bateau en graines de sésame… ou encore des Oniyumi qui parlent notre langue…* soudain, une sensation singulière le tira de ses pensées. Alors qu’un calme plat régnait au début autour de lui, il sentit une douce brise faire frémir ses cheveux et ses poils —s’aperçut-il en voyant qu’il était parfaitement nu. Au début, cela ne le dérangea guère. Mais la brise devint un vent, puis une rafale. *Mais qu’est-ce que…?* Inquiet, cette fois, il releva la tête. En voyant ce qui arrivait vers lui, sa mâchoire se relâcha. Devant l’Orine, une tornade était en train d’approcher. Elle était éblouissante, avec des couleurs vives qui la faisaient ressembler à un tourbillon d’arc-en-ciels. Et il pouvait entendre un capharnaüm de symphonies à l’intérieur. Fallait-il fuir ? Essayer de la résorber, la combattre ? Après tout, il était dans un rêve. *Je me demande bien ce que ça fait, d’être dans une tornade.* Résigné, Min se planta dans le champ et garda les bras écartés pour accueillir la source de son dérangement.

Quand elle arriva près de lui, Min fut doucement soulevé du sol, mais il était nullement malmené par la tornade. Elle aussi, semblait l’accueillir chaleureusement, comme le reste de l’environnement. Une fois à l’intérieur, il fut néanmoins assourdi par toutes les symphonies qui s’entrechoquaient ; et soudain, il fut frappé par un Xun, qui lui arriva en pleine face. A peine eut-il le temps de mettre la main sur son visage que des diamants vinrent s’écraser sur ses jambes. *Je dois sortir de là !* l’Orine commença à nager vers la sortie, mais soudain, quelque chose retint son attention. C’était une chose qui brillait en bas du tourbillon. Etait-ce la solution pour détruire cette tornade, avant qu’une grotte ou une cascade ne lui tombent dessus ? Il n’y avait qu’une solution pour le savoir. Min s’efforça de changer de direction. Mais soudain, il entendit la voix de Xue, sa nièce, s’approcher de lui à grande vitesse. En levant la tête, il eut à peine le temps de se reculer pour éviter une silhouette qui ne ressemblait pas du tout à la petite Orine. Décidément, son imagination n’était pas très efficace…

Ce dernier commença à battre des bras pour naviguer à travers la tornade pour en atteindre l’objet qui luisait de mille feux. Soudain, il se prit un boulier sur l’épaule. Mais l’objet ne lui fit pas mal ; l’impact fut assez violent pour altérer sa trajectoire, mais l’objet se désintégra ensuite à son contact. Min arrêta d’essayer de comprendre. Il reprit sa nage effrénée vers la relique, puis parvint enfin à l’empoigner. A son contact, les symphonies se turent d’un seul coup, pour ne laisser place qu’à une seule voix émise par l’objet. En fait, cet objet était une personne, ou plutôt une créature. Au début, il pensait que c’était un tournesol ; mais en fait, il ressemblait à un kappa, créature mythique de son folklore, mais sa peau était jaune au lieu du traditionnel vert de ces créatures. « Tu es le Roi de ce Royaume. Modèle-le à ta guise. Façonne ton art. Sois-en digne. » Quand il eut terminé sa phrase, le kappa ferma les yeux puis disparut, en ne laissant à sa place plus qu’une couronne de tournesols. La tornade s’arrêta, Min atterrit au pied de l’arbre au sirop. Sonné, il lui fallut quelques secondes avant de réaliser tout ce qu’il s’était passé. *D’accord.* Min jeta un regard à la couronne, puis la posa sur ses cheveux blonds. *ll y a beaucoup à faire.* Ce dernier recommença à s’imaginer des éléments pour façonner ce qui était devenu son fief, en s’empêchant de se faire une nouvelle fois submerger par ses innombrables idées.

Mais rien de plus n’apparut à part un triste plafond de bois. *Que…* Min cligna des yeux, en retrouvant petit à petit les sensations de son corps matériel. Il se releva et toucha sa tête, où la couronne avait disparu. « Les meilleurs rêves sont toujours les plus courts… » En se levant, Min fit le deuil de ce rêve. Il avait envie de retourner au lit et de le poursuivre. Mais il savait que c'était éphémère ; déjà, dans une heure, il aurait oublié ces événements à jamais. Du moins, c'était ce qu'il pensait.


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Jämiel Arcesi
~ Alfar ~ Niveau II ~

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Jämiel Arcesi
Jeu 30 Juin 2022, 23:16

supernova par F3LC4T
Lorsque les Royautés se multiplierons

Ses pas résonnaient dans cet espace ouvert rempli de rien. Ses iris s'attardaient tout autour de lui à la recherche de quelque indice que ce soit pouvant lui faire deviner où il se trouvait. Où on l'avait — encore — emmené. Car il était absolument certain que sa présence en ces lieux ne relevaient pas de sa propre volonté. Comme cette fois où il s'était retrouvé sur Omi'Ake. Ou quand on l'avait inclus dans la création de ce conte. Mais cette fois quelque chose était différent. D'abord, il n'y avait personne d'autre. Lui et seulement lui. Pas de portes le menant en un territoire inconnu non-plus. Et personne pour l'accueillir et lui parler de la situation dans laquelle il se trouvait. Seulement un indice qui lui donnait une petite idée de ce qui l'attendait. Par de micro gestes circulaire, Jämiel faisait tourner la couronne autour de sa main. La dernière fois qu'il en avait tenu une entre ses mains il avait fini Roi du Monde des Contes. Cessant jouer avec la tiare, il s'arrêta alors au milieu de la route — si tant est qu'il y ait seulement un milieu — lorsqu'une pensée fit vagabonder son esprit sur ces terres færiques. Suzume. Peut-être son paternel avait-il raison. Peut-être devrait-il passer à autre chose. Le temps commençait à se faire long et l'idée que jamais elle ne se réveillât s'imposait de plus en plus à lui. Un rire retentit dans un écho lointain, ramenant l'Alfar à l'instant présent. Il ne vit cependant personne ni n'entendit plus rien. Ça ne dura qu'un instant. Le même rire retentit derrière lui, bien plus proche et concret. Dans un volte-face Jämiel se retrouva face à l'inconnu ayant brisé sa solitude, le détaillant avec méfiance et intérêt. Qui était-il ? Était-il celui qui l'avait amené ici ? Qu'y avait-il de si drôle pour qu'il se dévoile de cette façon et s'affiche si moqueur ? Jämiel ne savait pas par quelle question commencer. Il n'eut toutefois pas à faire le choix, l'inconnu prenant le premier la parole. « Bienvenue dans le Rêvarium. » déclara-t-il avec une révérence trop exagérée et un ton trop rieur pour être sincèrement affable. « Le Rêvarium ? Je n'ai jamais entendu parler de cet endroit. ». Qui plus est ce nom sonnait comme "vivarium", ou tout autre lieu de détention animalier, et lui laissait ainsi le désagréable sentiment d'être comme ces serpents enfermés dans des boîtes simulant leur habitat naturel, leur offrant ainsi le sentiment illusoire de bien-être. « Le commun des mortels ignore même le lieu où se trouve cet endroit. ». Sur ces mots il disparu pour réapparaître dans le dos de l'Arcesi. « Mais certains trouvent amusant d'y amener des petits êtres comme vous sur nos terres pour en faire des simulacres de rois et de reines. » souffla-t-il à l'oreille de Jämiel, ses mains se posant avec une délicatesse menaçante sur ses épaules. « Je ne suis pas tout à fait de cet avis. » siffla-t-il alors, grinçant, le Sarethi se dégageant de l'emprise d'un coup d'épaule sec pour à nouveau lui faire face le corps en alerte. Son vis-à-vis semblait être plus au courant que lui de sa situation et ne semblait pas apprécier qu'il se trouve là tandis que lui n'avait aucune idée de comment il était arrivé ni comment il pouvait sortir. Une différence de pouvoir flagrante qui laissait planer sur son esprit le doute de la puissance, à l'évidence limité, que pouvait conférer cette couronne. « Mon avis est qu'il est plus amusant encore d'inviter des personnes déjà attachés d'une façon ou d'une autre aux songes. » ajouta l'inconnu avec un sourire en coin. Et il ne parlait pas de la présence récente du Sarethi à Somnium. En même temps qu'il dévoilait le fond de sa pensée, un nuage se forma derrière lui. D'abord petit, il commença à s'agrandir significativement formant une large fenêtre aux rebords brumeux. Suzume ! Ses yeux s'écarquillèrent face à la scène révélée. Une fenêtre sur un autre songe où son Orine accaparait tout les regards tandis qu'elle effectuait un spectacle de marionnettes aussi beau que morbide. Elle brillait de ces sombres lumières envoûtantes et effrayantes. Une splendide rose aux pétales plus ténébreuses que les ténèbres même. Il aurait voulu tout laisser, abandonner ce "Rêvarium" et plonger dans cette autre dimension pour retrouver cette autre partie de lui, évadée depuis trop longtemps à présent. Il n'en fut rien, évidemment, car sitôt que l'idée germa dans son esprit, le nuage disparu et la scène avec. C'est donc avec une amertume certaine qu'il retrouva les iris de l'homme, son poing se serrant sur la couronne. C'est une lueur de malveillance qu'il découvrit cependant dans le regard du Génie. Cette Orine était leur propriété à présent. Leur jouet. Déjà par le passé ils avaient échoués à le tenir éloigné d'elle, ce monde qu'ils avaient conçu autour d'elle s'effritant alors en partie. Il ne laisserait pas la chose se réitérer et risquer définitivement la perdre. « À présent les choses deviennent réellement amusantes. » conclu l'anonyme en disparaissant définitivement de l'endroit. Jämiel siffla de mécontentement. La façon dont il s'était montré, ce qu'il lui avait dit... La connaissance qu'il avait du lieu où se trouvait son Orine et, plus encore, savait qu'il était son Aisuru alors même qu'ils ne s'étaient jamais vus et qu'il arborait un physique que même Suzume n'avait encore eu l'occasion de voir. Quelque chose lui susurrait qu'il devait être au moins en partie coupable de sa léthargie. Le pire dans tout ça ? Il ne pouvait rien y faire.

Sa solitude retrouvée ne dura pas longtemps. Cette fois ce ne fut pas un rire mais le bruit de pas approchant. Un soupir ennuyé lui échappa. Qu'est-ce que ce pouvait être encore ? C'est à peine s'il se retourna pour découvrir qui était ce nouvel intru. Il lui fit totalement face lorsqu'il découvrit son appartenance raciale. Une Alfar. Il se demanda alors lequel de ses deux visiteurs était le pire. Le premier semblait surtout s'amuser de la déchirure que lui procurait le sommeil de Suzume. Qu'en serait-il d'elle ? L'avantage c'est qu'à partager la même essence, il pouvait se faire une idée de ce qui pouvait traverser son esprit. Le désavantage c'était que cette théorie était valable dans les deux sens. C'est alors que quelque chose attira son attention. Une couronne. Elle aussi en possédait une. Elle était donc dans une situation équivalente à la sienne ? Au moins ils n'auraient pas à se battre pour ça, voilà une première bonne chose. Ce demeurait cependant encore qu'une supposition. « Bonjour. Ou bonsoir, on ne sait pas trop ici. » l'aborda-t-il, une pointe de cynisme dans la voix. Du menton il désigna la tiare de sa vis-à-vis. « Moi qui pensait être seul. » ironisa-t-il en même temps. Après tout, son précédent visiteur avait parlé de rois et de reines, au pluriel qui plus est. Il n'était finalement pas si étonné de sa présence.
:copyright: ASHLING POUR EPICODE




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Stanislav Dementiæ
~ Sorcier ~ Niveau II ~

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◈ Âme(s) Soeur(s) : Aggripina, la seule, l'unique.
◈ Activité : Mangeur officiel de chaire fraiche
Stanislav Dementiæ
Ven 01 Juil 2022, 10:33


Lorsque les Royautés se multiplieront
Maximilien & Sylbille

Sylbille avançait d'un pas déterminé. Sa marche s'éternisait depuis si longtemps qu'elle avait perdu toute notion du temps. Cela aurait pu être des heures, des jours ou des mois qu'elle s’entêtait dans ce pèlerinage. Peut-être même des années : elle avait la sensation d'avoir marché toute sa vie. Peut-être aurait-il été plus simple de s'arrêter et d'attendre, de voir ce qu'il adviendrait alors. Pourtant, à chaque fois que la pensée lui effleurait l'esprit, l'urgence resurgissait : elle devait aller quelque part. Elle ne savait pas où exactement - ou peut-être avait-elle simplement oublié sa destination. Peu importait. Elle savait qu'elle était attendue quelque part et qu'elle devait s'y rendre. Ce n'était pas un choix. C'était un besoin viscéral, comme un instinct de survie. Alors, malgré sa lassitude et son désir d'arrêter cette lente procession, la brune redoublait de vitesse et s'emballait, fonçant avec plus d'ardeur droit devant elle. Elle n'avait pas la moindre idée de la longueur du chemin qu'il lui restait à parcourir. Elle avançait, encore et encore, sans fin, jusqu'à ce qu'elle atteigne enfin sa destination. Elle le saurait lorsqu'elle y serait. C'était certain : elle le sentait au fond de ses tripes. Ce n'était simplement pas encore le cas. La vagabonde ne s'était ni arrêtée pour se reposer, ni pour manger ou boire, ni pour réfléchir. Malgré cela, elle ne se sentait pas fatiguée ; ses membres ne lui semblaient pas lourds ; mis à part ce besoin compulsif d'avancer, ses idées s'ordonnaient clairement dans son esprit.

La femme revêtait sa tenue de Chasseuse. Toute de noir vêtue, des pieds à la tête. Elle incarnait ainsi à la perfection le totem de la confrérie : les Corbeaux, au plumage d'ébène. Certains y voyaient un présage de mort, l'incarnation d'Ezechyel. L'Orisha, elle, avait développé un attachement pour l'oiseau. Plutôt que de le voir comme une menace, elle le percevait comme un message de liberté, une délivrance face à des prédateurs qui la restreignaient. Était-ce ce qu'elle serait, ici aussi ? Une libératrice ? Certains s'étaient déjà amusés de souligner ce trait particulier de sa personalité, et liaient sa vision à ses origines raciales. Si ce trait de sa personnalité était induite par ses gènes, sans doute ne pourrait-elle jamais s'en défaire. Il semblerait donc qu'elle deviendrait, ici aussi, la personnification de cet idéal. Elle l'incarnerait volontiers. Se battre pour ses convictions ne l'effrayait pas. La guerre avait quelque chose de brutal, d'effrayant, mais en se définissant comme une Chasseresse, elle ne se positionnait plus en possible victime. Elle devenait une conquérante. Elle n'avait rien à craindre, il n'y aurait ni victoire ni échec. Simplement un objectif à atteindre.

Sylbille s'immobilisa. Un soulagement la submergea. Elle avait enfin atteint son but. Devant elle se tenait un homme à la chevelure incandescente. Le regard bichrome de l'exploratrice s'abaissa jusqu'à la silhouette du canidé à ses pieds. Un étrange sentiment de malaise l'imprégna : son instinct lui dicta de ne pas s'approcher de la bête, bien qu'elle ne se montra pas hostile envers elle. Les prunelles de la nouvelle venue glissèrent ensuite vers l'objet à ses propres pieds. Elle se baissa pour le ramasser. La couronne était étonnement légère. Elle était faite d'un matériau noir, comme s'il absorbait toute la lumière alentour. Malgré son apparence banale, des gravures représentaient des créatures monstrueuses qu'elle avait affronté. Les formes semblaient se mouvoir, racontant une histoire. Ses batailles. Malgré tout, la brune ne se concentra pas davantage sur la tiare : son regard s'était de nouveau focalisé sur la silhouette qui se tenait face à elle. L'inconnu possédait une couronne semblable à la sienne. « Que sommes-nous supposés faire de ça ? » demanda-t-elle, bien qu'elle connut parfaitement la réponse. A chaque fois qu'une interrogation se formait dans son esprit, une étrange voix, qui ne lui était pas propre, résonnait dans sa tête pour y apporter des réponses. Elle savait donc qu'elle se trouvait dans le Rêvarium. Et qu'elle était ici pour y régner avec cet homme. Cet inconnu... qui lui semblait pourtant familier. « Tu ressembles à Nir. » constata la brune. Il y avait quelque chose de similaire chez l'enfant et l'adulte. Peut-être quelque chose dans ce qu'ils dégageaient tous les deux. Et, comme les pièces d'un puzzle qui s'assemblaient enfin, elle n'eut plus aucun doute : « Tu es Maximilien, n'est ce pas ? » La fameux père de son enfant. C'était étrange de penser à cela. La brune n'avait jamais porté le réprouvé dans son corps, mais sa présence récurrente à l’Althiass avait fini par nouer un attachement envers le minot. C'était étrange d'enfin rencontrer l'homme dont il lui avait tant parlé. « C'est un plaisir de finalement faire ta connaissance. » Le silence de son vis à vis l'amusait. Aussi taciturne qu'un bicorne. Sans s'offusquer le moins du monde, elle esquissa un sourire. « J'espère que l'on fera un bon travail ensemble, ici. » Elle avait désigné leur environnement vierge. « Je me demande ce que notre collaboration pourra donner. »

Sylbille papillonna des yeux. Nir venait de la secouer vigoureusement par le bras, la réveillant soudainement. « Maman, c'est l'heure, tu m'as promis de m'aider à m'entraîner ! »



Merci Kyky  nastae
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Kitoe
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Kitoe
Ven 01 Juil 2022, 22:56

Helsinki & Oriane
Lorsque les royautés se multiplieront
Nash Descends Into Parcher's World - James Horner


Elle sentait une brise légère caresser son visage. C'était doux et agréable. Le vent était tiède. Helsinki se trouvait dans une plaine. L'herbe était tendre, une mer de verdure brassée par l'air. C’était perdu, loin de tout et curieusement, la jeune femme n’avait pas peur. C'était un havre de paix dans lequel elle se sentit tout de suite bien, alors même qu'elle ne connaissait pas l'endroit.

-Bonjour. Elle tourna la tête vers le Génie qui l'avait interpelée. Bienvenue dans votre royaume.

Helsinki fut surprise. Elle n'avait pas de royaume, n'en avait jamais voulu et n'avait pas les épaules pour. Son interlocuteur lui expliqua en quelques phrases, avant de lui tendre une couronne. Elle la prit entre ses mains, l'observa. Elle n’avait jamais tenu d’objet aussi riche : de l’or, des diamants et des rubis, le tout uni de manière à créer un bijou aussi complexe et raffiné qu’il était magnifique. Devait-elle la mettre sur sa tête ? En toute logique, oui, mais elle ne s’y résolvait pas. Elle n’avait rien fait pour arriver ici.

-Si elle ne vous plait pas, je peux vous proposer le même modèle que votre compagne.

Helsinki releva des yeux curieux vers le Génie.

-Ma compagne ?

Une tierce personne. Elle ne savait pas si elle devait s’en réjouir ou au contraire s’en inquiéter. Helsinki craignait les inconnus, mais s’alléger de toutes les responsabilités qu’impliquait la gestion d’un royaume ne pouvait que lui faire du bien.

-Elle vous attend. Vous devriez la rejoindre.

Elle acquiesça. Elle pensait à Shanxi. Et si c’était elle ? Cette seule idée lui prodiguait un bien fou. En se retournant, l'Ange prit conscience de l'existence d'un château. Elle s'y dirigea, entrainée par le courage de ses espoirs.

Ses pas la menèrent jusqu'à une grande pièce où se trouvait une autre femme. Ce n'était pas Shanxi. L'Ange détailla la rousse de la tête aux pieds avec méfiance. Elle n'avait jamais vu cette personne mais elle ne la sentait pas. Cette sensation se confirma à la conclusion condescendante de l'inconnue sur sa propre race. Elle-même en conclut qu'elles n'étaient pas faites pour s'entendre. Heureusement, il ne s’agissait pas d’une Démone, c'était déjà ça. Elle accueillit son bras avec nervosité.

-Helsinki. Se présenta-t-elle à mi-voix.

Elle ignorait comment prendre cette invitation à la discussion. C'était une bonne chose, probablement, mais ça lui faisait aussi peur. Elle ne pressentait rien de bon avec cette soi-disant compagne. Emprunte de nervosité, la blonde baissa la tête. Elle aurait aimé ne pas réagir au mot "sexe", mais c'était plus fort qu'elle : elle avait un problème avec cette notion. Le sexe n'apaisait aucune tension à son avis. Au contraire, elle trouvait cela dérangeant. Même si elle n'était pas dénuée de désir, elle trouvait cela dérangeant. Helsinki fut forcée de relever les yeux. Elle retînt son souffle. Un instant, elle crut que la Déchue allait l'embrasser, puis elle eut honte d'avoir envisagé une seule seconde cette hypothèse. L'Ange maintenait le contact visuel du mieux qu'elle pouvait, pour lui prouver, mais surtout à elle-même, qu'elle n'avait pas peur. Oriane avait une attitude provocante très désagréable et la savoir autant sur le faux lui donnait envie de lui tenir tête. Ce genre de comportement défiant, Helsinki se le connaissait depuis peu. Elle ne savait pas encore comment l'utiliser à bon escient alors généralement, elle ne l'utilisait pas, à moins d'être certaine que les bornes avaient été dépassées.

Leur vie, longue et ennuyante ? Il y avait du vrai. Si elle regardait le monde en tant que celle qu'elle essayait de ne plus être, Helsinki trouvait sa vie longue et ne se trouvait qu'assez peu d'intérêt. Maintenant qu'elle essayait de s'en sortir pour de vrai, c'était différent. Oriane n'avait pas la moindre idée de ce dont elle parlait. Et l’Ange se sentait le devoir de lui dire. Helsinki serra les poings. Elle avait tant matière à lui fermer le clapet. Elle devait lui dire. Mais elle avait peur de prononcer ces mots. Elle ne connaissait même pas cette femme, comment pourrait-elle lui dire quoi que ce fut ? Mais ce n'était qu'un rêve, non ? Il ne pouvait rien lui arriver. L'Ange observa les gestes de son interlocutrice en silence. Elle se mordait la langue. Ses tripes lui criaient de lui répondre. Le verre de vin et cette manière de la considérer finirent par avoir raison d’elle.

-Je ne suis pas pure.

Le silence retomba lourdement. Voilà ? Était-ce tout ce qu'elle avait à dire ? Pensait-elle que cela suffirait ? Formulé à haute voix, cela paraissait ridicule, mais ça n'en était pas moins vrai. Helsinki avait été souillée, violée et violentée. Elle avait des pensées tellement noires qu'elle pouvait s'y perdre. Elle était marquée du nom de son maître, qui avait une telle emprise sur elle qu'elle n'arrivait pas à le détester complètement. Parfois, la douleur et la sensation de faim lui manquaient et elle rêvait de s'infliger les pires horreurs, elle rêvait de se faire du mal tout en étant consciente du mal que cela ferait à Méryl ou à Shanxi.

-Si vous preniez le temps de connaitre un minimum les gens avant de les juger, vous n'auriez pas des propos aussi vides de sens.

Ça l'écœurait. Cette femme atteignait un niveau de prétention qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps. Se cantonner aux stéréotypes d'une race qu'elle ne connaissait visiblement pas, au-delà d'être idiot, était terriblement réducteur.

-Vous ne pouvez pas demander à avoir une discussion sur notre cohabitation, puis parler sur ce ton juste après.

N'était-ce pas la base de la communication ? Honnêtement, Helsinki n'en savait rien car elle était très mauvaise lorsqu'il s'agissait d'entretenir des relations sociales. Mais une telle bêtise, elle n'y avait jamais assisté aux Jardins. Oriane avait coupé court à l'échange d’elle-même et espérait tout de même quelque chose en retour.

-Faites ce que vous voulez. Je n'ai pas l'intention de ruiner votre ambiance et je ne veux pas de dispute. Laissez-moi tranquille et je vous laisserai tranquille. Je n'ai même pas envie d'être là, de toute manière.

-Ce n'est pas comme si vous aviez le choix. Intervint le Génie avec une pointe de sarcasme.

-Je sais. Répondit Helsinki en observant sa couronne. Elle l'avait toujours entre les mains.

L'Ange avait rarement eut le choix. On lui avait imposé la Terre Blanche, puis la vie aux Jardins. Par deux fois elle avait été téléportée dans des lieux sordides, et voilà que celui-ci était le troisième. Elle espérait que ce ne serait pas aussi affreux que ses deux précédentes aventures. Elle espérait qu'Oriane ne lui rendrait pas non plus ses rêves impossibles, auquel cas elle ne saurait plus quoi faire. Elle avait tellement besoin de se reposer.

1112 mots



Bijin
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Kyra Lemingway
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Kyra Lemingway
Mar 05 Juil 2022, 18:53

Lorsque les Royautés se multiplierons

Plusieurs fois il cligna des yeux doutant de la réalité de sa vision. Voilà un bien étrange lieu qui ne lui disait absolument rien. Il n'était donc ni sur la Terre de Feu, ni dans l'Edelweiss enneigé. Il n'avait parcouru qu'une partie de la chaîne montagneuse mais c'était suffisant pour qu'il devine le reste de sa géologie. Il n'était pas dans la Forêt des Murmures ou les Terres d'Émeraudes non-plus. Là aussi il n'en avait vu qu'une petite partie, bien assez pourtant pour comprendre que nul part en ces terres se trouvait un paysage comme ceux qu'il y avait observé. Ici, tout était terne, vide, silencieux. Trop. Il était habitué à l'animation rues troglodytes, au chant des forges brûlantes, aux rires dans les maisons, aux acclamations lors des matchs de fergy. Il n'y avait rien de cela ici. Pas une montagne qui y abriterait quelques grottes. Pas un rocher qui cacherait une masse de carbone. Pas un caillou avec lequel ricocher. Pas une poussière qui volait dans l'air. Rien. « Hey ho ! ». Son appel ne se répandit même pas en écho. « Mótsognir ? Þorinn ? Norðri ? ». Chaque nom prononcé était ponctué d'une pause de sorte à entendre une réponse qui ne lui vint jamais. « Án ? » conclu-t-il plus hésitant. Mais à nouveau il ne discerna une le vide. Un nœud commença à serrer son estomac. Prit par l'inquiétude, il se mit à avancer il ne savait encore trop où, à la recherche d'une issue ou même d'une présence. « Y a quelqu'un ? ». Seulement le silence, oppressant.

Après des secondes qui lui semblèrent des heures, un son brisa enfin ce silence étouffant. Un son qui lui était bien connu et lui réchauffa le cœur. Celui du métal martelé, de son écho sur l'enclume, de la cadence régulière du marteau qui frappait. Celui du râle des flammes et de l'expiration du soufflet les alimentant. Alors il changea de direction, accélérant l'allure à chaque pas qui l'approchait de la forge jusqu'à ce qu'elle soit à portée de vue. À peine son regard se posa sur le matériel que toute activité cessa, le ramenant à sa triste solitude pourtant moins pesante que précédemment. Cette forge était comme un phare lui évitant de se perdre ; une vieille amie rassurante. Il avait grandi avec et ne saurait vivre sans. Aussi, et malgré le silence, il continua à s'y avancer, à plus faible allure, prenant le temps de poser un œil curieux sur les différents éléments et, surtout, sur le métal brillant posé sur l'enclume. Le travail était inachevé mais la volonté se trouvant derrière demeurait reconnaissable. La couronne était encore brut et les traces du marteau visibles. Le cercle était imparfait. Il était nécessaire de la travailler encore un peu. D'un regard il balaya l'environnement pour tenter trouver le forgeron qui aurait abandonné son œuvre ainsi que le propriétaire de cette couronne. Sans succès. Tu ne les trouveras pas comme ça. La voix lui parvint en un chuchotement à peine audible. Il douta d'ailleurs un instant que ce fusse une voix et qu'il avait seulement imaginé ces mots à travers le souffle des flammes crépitantes. Pourtant... La couronne inachevée attira une nouvelle fois son attention. Comme ça ? Est-ce que ces personnes ne viendraient que comme lui, à la musique du métal frappé ? Il s'approcha pour se saisir de l'ouvrage et le détailler plus consciencieusement. Irisé de noir et d'argent, le motif comme la texture lui faisait penser à l'acier damassé. Il sourit. Il en voyait beaucoup dans l'atelier de son maître. Ginarr aimait le travail à fournir pour obtenir des lames de ce type. En cela il le travaillait également régulièrement. Demeurait toutefois une différence qu'il ne sut cependant déterminer. Les dessins étaient grossiers encore. Les strates assez visibles pour comprendre l'idée sans pour autant pouvoir en apprécier totalement la beauté. Un regard à gauche. Un regard à droite. Il était bien tenté de reprendre le travail. Le pouvait-il ? Évidemment qu'il le pouvait. Pas uniquement tenté par le défi, c'était cette chose inconnue qui semblait le suivre depuis le début qui le lui murmurait. Il expira un souffle long et profond. Puis, prenant la pince abandonnée au sol pour se saisir de la tiare, il ranima le feu du soufflet et y plongea l'œuvre une fois la température suffisamment élevée. On lui murmurait qu'il n'avait pourtant qu'à souhaiter la forme de l'objet. Il s'y refusait. Ce n'était pas ainsi qu'on lui avait appris à travailler le métal. La couronne imprégnée de la chaleur brillait d'une lumière immaculée au sortir de la forge. La plaçant à l'extrémité de l'enclume, il se mit à la frapper à son tour pour lui donner sa forme circulaire. Jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il voulait, il alternait entre l'enclume à marteler l'objet et la forge grondante où il le plongeait à nouveau une fois trop froid pour être travaillé.

Le Nain serait incapable de dire combien de temps il avait passé sur l'ouvrage. Entre le travail de forge, la ponce pour affiner ses bordures et la faire briller de l'éclat du damas, puis les finitions pour la sublimer un peu plus encore, ce devait bien être une bonne journée qu'il avait dû faire. Nul fatigue pourtant. Il aurait pu continuer encore des heures. D'autant qu'il n'avait aucune notion du temps ici. Ce pouvait être difficile sur la Terre de Feu également, mais demeurait toujours les pierres de Lune pour garder l'idée d'un cycle jour/nuit. Il leva l'ouvrage à hauteur de regard. Oui. C'était bien. Des vagues noires semblaient glisser sur le couronne au rythme des reflets qui la frappait. De minuscules pierre de vernil paraissaient comme l'écume lorsque la vague se fracassait sur elle-même et rejoignait la côte. D'où lui venait cette image si claire, comme s'il avait déjà assisté à ce spectacle alors qu'il ne lui était connu que par les livres et les Sages ? Il l'ignorait. Un autre problème plus important lui revint à l'esprit cependant. À quoi servait une couronne sans tête pour la porter. Il y en a une. En effet. Il n'avait pas osé cependant. Il n'était pas même Forgeron encore, quelle légitimité avait-il à pouvoir la posséder ? Un nouveau murmure lui souffla à l'esprit. Légitimité ? Il semblait se rire de ses réflexions, aussi Alþjófr répondit cette fois de vive voix, touché par la raillerie. « Oui. Légitimité. ». Un silence ponctua sa réplique. Puis... Il n'y a nul légitimité à être Souverain. Tout n'est qu'une question de chance et d'opportunités. Aucunement de choix. Et "Eux" ne semblaient pas le lui laisser. Une nouvelle voix qu'il n'avait jusqu'alors pas entendu se manifesta, plus intense, tant qu'il crût qu'on lui eût parlé à l'oreille. « Le temps viendra où tu l'assumera. Alors tu reviendras. ». Ce n'avait rien d'une supposition.




Le chant des oiseaux arriva aux oreilles du Nain qui se fit éblouir des rayons matinaux à peine les yeux ouverts. Un voile fin recouvrait la fenêtre de ce qui paraissait plus être une cabane qu'une habitation, trop fin cependant pour le protéger de la pâle lumière du soleil. Enfin il se leva, traversant à pas fatigué la pièce. D'une main tirant le rideau il dévoila le paysage derrière. Il était tôt encore et le village peu actif pour l'instant. Son esprit s'éloigna dans les méandres de sa conscience, en proie à la réflexion. C'était il y a longtemps maintenant. Il avait oublié cet événement depuis lors. Sa venue à Ryvië en avait ravivé ce souvenir qui lui revenait par bribes.
©gotheim pour epicode


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Élise Iranor
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Élise Iranor
Mer 06 Juil 2022, 17:40


Illustration - Lilith

La Royauté des Songes


J'observais un endroit où l'inégalité n'existait pas. Il semblait s'étendre à perte de vue, à tel point que j'avais l'impression que progresser durant des heures me donnerait la sensation d'avoir parcouru quelques pas. C'était très différent de mon éveil dans l'Edelweiss Enneigée, où le blanc soulignait la délicatesse des courbes mortelles des montagnes déchirant les cieux, où le ciel gris vomissait un torrent de flocons, où quelques arbres semblant morts décoraient les pentes, mais où la vie, toujours, trouvait son chemin. Comme John avait conduit Enos sur ma piste, où Miles m'avait trouvé. Sans ça ... Je serai certainement morte de froid. Où étais-je ? Pourquoi ? Est-ce que ça recommençait ? C'était curieux ... avais-je le don de téléportation intempestive ? Était-ce pour cette raison que je m'étais retrouvée là-bas dans une tenue inadéquate et que la même chose se reproduisait ? Était-ce un accident magique si j'avais perdu tous mes souvenirs ? Je n'en savais rien. Je ne savais plus. J'avais mal à la tête. J'avais mal au pied. J'avais mal au coeur ... Ce n'était pas des douleurs réelles, mais le spectre de celles-ci me hantaient. Perdue dans mes pensées et me croyant de nouveau seule, abandonnée des cieux, je sursautais en entendant une voix féminine derrière moi.

... !

J'étais étonnée de ne pas être seule et ne savais pas quoi répondre exactement ... avant de me souvenir qu'il n'était pas très poli de ne pas se présenter.

Je suis Élise. Et ... Je ne sais pas  ce que je fais ici ...

J'étais dans l'ignorance de beaucoup de choses au quotidien. Je prenais le temps de détailler l'inconnue qui avait des yeux aussi tranchants qu'immuables. Ils étaient d'une couleur unique, à l'inverse des miens, qui étaient vairon, comme ceux de tous les Orishas. En arrivant à Ciel-Ouvert après avoir rencontré Miles, ses enfants et une partie de ses amis ... Je pensais même que c'était une norme au sein de la Cité des Chants. Je m'étais vite rendue compte par moi-même que ce n'était pas le cas. Autre particularité notable qu'on avait essayé de m'inculqué ; de par notre race, les mensonges nous étaient perceptibles. J'avais encore du mal avec cette curieuse notion. Je su donc que l'inconnue me déclinait son identité réelle. Devant le silence qui s'éternisait entre nous, je ne savais quoi dire ou comment agir. Est-ce qu'elle attendait quelque chose de moi ?  À nouveau, sa réaction me surprit lorsque ses doigts touchèrent mon menton, mais je n'esquissais aucun geste pour m'enlever de son emprise.

Je vois une puissante guerrière.

Je ne savais pas pourquoi ma langue s'était mise à être plus directe que mon cerveau.

Tous ceux qui nous causent du tort brûlent.

Je n'avais pas la sensation d'être moi-même en cet instant. Ou peut-être l'étais-je ? Peut-être étais-je devenue folle ? Cet échange plus qu'intense ne manquât pas d'être interrompu quelques instants plus tard. Cela m'avait paru être des mois. Cette idée me paraissait soudainement cohérente.

Sól ... Élise.
Vous êtes qui ?

J'avais tourné ma tête dans la direction du nouvel arrivant. Ma langue avait claqué contre mon palais, dans l'agacement d'avoir été interrompue dans cette conversation qui me semblait de la plus haute importance. Je voyais dans le regard de la personne qu'elle m'observait plus longuement que celle m'accompagnant. Je ne savais pas pourquoi cela me mettait mal à l'aise l'instant suivant cette réflexion, comme si notre interlocuteur n'était pas celui qui semblait être. Comme de l'instinct.

Je suis Tout et Rien.
Tourien, c'est noté.

Je savais parfois faire preuve d'humour. Un humour désastreux, parfois désagréable aux oreilles de mes interlocuteurs, mais je m'en moquais.

Je suis ici pour observer ce que vous allez faire de cet endroit.

Un de mes sourcils se rehaussait, mélange entre incompréhension et envie de le considérer comme un fou.

Tous vos Voeux prennent vie dans ce lieu.
Ah oui ?

Je souris avec une arrogance que je ne me connaissais pas.

J'aimerai surtout que Sól m'enseigne comment me battre.

Je ne savais pas pourquoi ces paroles étaient sorties. Seulement que cela m'intéressait et que sa présence à mes côtés me motivait à découvrir ce maniement qui m'était étranger. Et comme mû par ma volonté, l'endroit se transformait en une arène gigantesque et grotesque ... comme un théâtre ou une piste de danse où nous allions danser.



J'avais ouvert les yeux. Ils papillonnaient sur le bois du plafond tandis en reprenant conscience de mon environnement. Je sentais ma respiration calme, mon esprit aussi clair de l'eau s'écoulant sur la roche, avec les souvenirs très nets de ce ... rêve ? À la recherche d'une indication sur l'heure exacte, ma tête se tournait sur le côté en cherchant les contours de la fenêtre. Le Soleil semblait s'être levé et il fallait que j'en fasse de même. Enlevant les couvertures me couvrant, je sentis la morsure du froid picoter sur ma peau sans que cela ne me dérange outre mesure. Assise quelques minutes sur mon lit, je regardais mes mains. J'avais encore la sensation de la morsure du bois dessus, malgré l'absence de marques et de coups. Ça avait été si réel. Peut-être que je ... Je devrais peut-être apprendre à manier une arme ? Je pourrais sans doute le demander à Miles. J'avais pris mon temps pour guérir et me réhabituer à de nombreuses tâches anecdotiques pour certains. Je devais avancer et non pas me contenter de vivre comme ça pour le reste de mon existence. Je ne prenais pas encore conscience que quelque chose en moi s'éveillait en cet instant, titillé au contact d'une magie des plus pures.

940 mots


◊ DC de Mancinia Leenhardt ◊
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Babelda
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Babelda
Jeu 14 Juil 2022, 15:27


Lorsque les royautés se multiplieront
Babelda


Inspiration ; Image 30 - Elden Ring: Fanart - Nilian Animation Studio

« Et je peux faire de cet endroit ce que bon me semble ? » La rêveuse avait écouté patiemment les explications de l'étrange matérialisation qui se tenait à ses côtés. Elle n'avait pas pipé mot tandis qu'il lui racontait ce qu'était cet endroit et, surtout, ce que l'on attendait d'elle. « Absolument tout ce que vous désirez. » affirma l'inconnu. Babelda le toisa. Il ressemblait à ces descriptions que les villageois donnaient des fantômes, ces étranges silhouettes transparentes qui semblaient flotter, dont la voix rappelait un lointain écho plutôt qu'une mélodie humaine. Tout ceci n'était qu'un rêve, qu'une manifestation de son imagination et de son subconscient. Lui aussi devait être soumis à ce principe. Il n'était pas réel. Du moins, pas comme elle l'entendait habituellement. Pourtant, quelque chose intriguait la nouvelle Reine. Elle ne se connaissait pas une imagination suffisamment débordante pour parvenir à créer un tel univers, et particulièrement, pas des consignes aussi étranges. En plus de cela, la fille aux cheveux châtains, bien que convaincue d'être dans un rêve, avait conscience de l'endroit dans lequel elle se tenait. Elle se savait être capable de faire pousser un arbre ou de bâtir une cathédrale. Pourtant, en ce qui concernait cet être, une barrière semblait l'éloigner d'elle. Il y avait quelque chose de différent à son sujet. Elle n'avait aucune emprise sur lui ; il était hors d'atteinte et dégageait une aura de puissance et de supériorité. Comme s'il était le véritable maître des lieux, comme s'il était celui qui tirait les ficelles, derrière le rideau.

« D'accord. » La Rehla se détourna de l'homme et commença à marcher dans une direction aléatoire. Le vide autour d'elle commença à se combler. Comme un artiste recouvrant sa toile, Babelda remplissait l'espace qui l'entourait. Il s'agissait d'une réplique, plutôt fidèle, de la voie lactée, qui s'étendait tout autour d'elle. Ici, il n'y avait aucune gravité : on pouvait atteindre une lointaine lune d'un simple bond, s'emparer d'une étoile filante en étendant simplement le bras. Le sol était fait d'une étrange poudre argentée et scintillante - de la poussière d'étoile. La régente se baissa et en ramassa une poignée. Les cendres étaient douces, étrangement tièdes. La jeune femme les firent glisser entre ses mains. Elle répéta l'opération quelques fois avant de se saisir d'une grosse poignée et de se redresser. Là, elle lança le contenu de son poing dans les airs : le nuage de poussière sembla flotter un instant, comme une brune éparse. Puis, peu à peu, des points distincts se mirent à scintiller, dessinant une silhouette plus définie, jusqu'à ce que l'on puisse distinguer distinctement la forme d'un chien. Il avait une proportion gigantesque. L'animal frétilla et, bientôt, il commença à bondir de constellation en constellation. Ses aboiements résonnaient telle une mélodie apaisante. Bientôt, d'autres animaux l'accompagnèrent dans sa course : des hirondelles, des loutres, des baleines, des chevaux, des serpents... Le ciel était envahi de créatures étoilées, voguant librement dans cette mer astrale.

La Reine avait repris sa marche paisible. Son apparence avait légèrement changé. Ses vêtements avaient disparus, remplacés par cette matière scintillante qui recouvrait le sol, lui dessinant comme une seconde peau. Étrangement, elle n'attirait pas davantage l’œil : elle se fondait simplement dans ce décor. Ses cheveux avaient pris une teinte cendrée et s'étaient allongés, de telle sorte qu'ils lui arrivaient désormais en bas des reins. Si la jeune femme ne portait pas de couronne pour indiquer son statut, sa chevelure était parée d'éclats de diamants brillants, qui dessinaient subtilement les courbes dessinées par ses longs fils argentés, telle une mer agitée de vagues à chacun de ses pas. Sa peau, habituellement palote, était presque devenue translucide. On pouvait deviner le réseau de ses veines, ruisseaux bleutés et violacés courant sous son épiderme. Quant à ses prunelles, il s'agissait désormais d'un camaïeux de couleurs, une réflexion des étoiles. On aurait dit l'origine des arcs-en-ciels.

Les yeux multicolores se posèrent sur l'arbre qui avait poussé, au centre de cet univers personnel. L'arbre était plus immense encore que les créatures qui déambulaient dans l'espace. Il luisait d'une lumière dorée et chatoyante, comme un soleil chaleureux et protecteur. Sans se poser de question, la Caeli s'y dirigea. Lui aussi était fait d'une matière chimérique, intangible mais pourtant présente. On aurait pu passer la main à travers le tronc, s'y enfoncer entièrement. Quelques éclats d'or remontaient à travers les réseaux de sève, s'élevant jusqu'aux ramures des branches, jusqu'au feuillage qui se déliait dans l'espace. Les feuilles, comme portées par un vent imaginaire, flottaient dans les airs puis se fondaient aux constellations. Babelda assistait à la naissance des étoiles.

« C'est intéressant. » déclara l'homme. Il l'avait suivit silencieusement, la laissant créer ce qui deviendrait son royaume. En réalité, c'était lui qui était à l'oeuvre derrière toutes ces manifestations, mais il avait puisé son inspiration chez la Reine. Celle-ci l'observa plus intensément. « Qu'est ce qui l'est ? » Pour toute réponse, elle n'eu droit qu'à un sourire énigmatique. « Pourquoi moi ? » interrogea l'élue. « Pourquoi pas ? » rétorqua l'illusionniste. Devant le visage indéchiffrable de sa cible - elle n'était pas satisfaite de cette réponse - son sourire se mua, mutin, avant qu'il daigne continuer. « Je vous trouvais intéressante, je me demandais ce que cela pourrait donner de vous voir ici. Je ne me suis pas trompé. » déclara-t-il calmement. Le compliment ne sembla pas ravir la concernée. « Mmh... Je souhaite me réveiller. Comment faire ? » L'homme s'approcha du grand arbre et ramassa un fruit à la forme étrange, bosselée et ronde. « Mangez. » « Et comment reviendrai-je ici ? » « Il suffira de le désirer en vous endormant. » Babelda acquiesça silencieusement avant de croquer le fruit à pleine dent.
1003 mots


Merci Kyra nastae

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