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 [Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées

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Maximilien Eraël
~ Humain ~ Niveau III ~

~ Humain ~ Niveau III ~
◈ Parchemins usagés : 2461
◈ YinYanisé(e) le : 18/09/2016
◈ Activité : Charpentier | rang II ; Ébéniste | rang II ; Soldat | rang II
Maximilien Eraël
Lun 03 Oct 2022, 00:02


Epées couronnées

Aurel se tourna vers le conseiller lorsqu'il reprit la parole. Une partie ? Il y avait encore autre chose de caché alors ? Les yeux du rouquin pétillèrent d'enthousiasme à cette idée. C'était toujours un peu triste quand on réussissait une chasse au trésor, parce que ça voulait dire que le jeu était fini. Alors qu'on lui annonce que ce n'était pas le cas ici, il n'en était que forcément ravi. Il adressa un large sourire à la petite Orine avant à nouveau porter son attention sur Phelip qui expliqua que ce devrait être Eiko cette fois-ci qui devrait ouvrir le chemin. Ainsi se laissa-t-il guider par elle, refermant tendrement sa main sur la sienne lorsqu'elle s'en empara une nouvelle fois, confiant par la même l'épée au conseiller. Elle était trop grande pour lui et sur l'espace de quelques pas il s'était déjà empêtré trois fois avec. Puis ce fut un regard curieux qu'il posa sur la brunette. « Une chanson ? Hum... D'accord ! » même s'il n'avait pas la moindre idée de ce qu'ils pourraient chanter. Celles qu'il connaissait étaient surtout des comptines et beaucoup en Alikir. Ce qui ne serait pas un problème vraisemblablement au vu de ce que lui proposait la petite. « Oh ? D'accord. ». C'était un exercice auquel jamais il ne s'était prêté auparavant, improviser une chanson. Ça devait être drôle. Pourtant, une fois qu'elle lançât le couplet, Aurel mît une bonne seconde à comprendre que c'était à son tour, aussi se trouva-t-il bien ennuyé : il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pourrait chanter ! Puis soudain, un éclair de génie ! Son sourire ravi s'élargit avant répondre à la rime. « On va bien s'amuser ça c'est sûr ! ». Ainsi il reprit la marche avec plus d'entrain encore, emporté par la mélodie improvisée. « C'est très rigolo, de trouver un trésor ! » - « Surtout quand il est caché dehors ! ». Il profita que la parole soit à son amie pour sautiller au-dessus des racines des arbres, jusqu'à manquer chuter une nouvelle fois et trébuchant à nouveau. « Oups... » laissa-t-il échapper en se rattrapant de justesse, ce qui n'eut aucun effet sur sa bonne humeur pour autant. « Suivons leur trace avec les libellules ! » continua-t-il la chanson en constatant la présence de nombre de ces insectes à proximité. « Si nous sommes ici, c'est que Zhaqani nous a choisi ! » - « S'il nous a choisi, c'est qu'on a été gentil ! » compléta-t-il en jetant un œil sur Eiko. Il était content. Malgré son inexpérience, il avait l'impression de plutôt bien s'en sortir même s'il mettait plus de temps que la petite Orine pour trouver quoi raconter. « C'est la surprise, qu'allons-nous trouver ? » - « Le plus grand trésor qui peut– ! » chantonnait-il, un large sourire aux lèvres et le regard perdu dans les rêveries, sans pouvoir finir son vers toutefois. « Whoaaa ! » s'exclama-t-il plutôt, surprit de l'arrêt soudain d'Eiko. À peine son attention se porta-t-elle sur le cours d'eau qu'il vit la petite Orine détaler vers un petit bassin formé de la réunion de trois petits ruisseaux. « Ah ! Attends moi ! ». C'était un appel du cœur qui sortait. Elle n'était pas bien loin et pourtant cette courte distance lui suffisait pour qu'il craigne être séparé d'elle. C'était d'ailleurs quelque chose qui le travaillait, surtout après ce que lui avait expliqué son papa. Il se trompait peut-être, pourtant il gardait profondément en lui le souvenir de cet oiseau doré qui avait chassé l'oiseau noir. Il la rejoint ainsi rapidement, se postant à ses côtés presque collé à elle. À son tour il baissa les yeux, laissant un « Oh ! » surprit lui échapper. « Tu crois c'est ça le trésor ? ». Il n'y avait qu'une façon de le vérifier, ce que s'empressa de faire la brunette. En découvrant l'objet, ses yeux s'agrandirent. « Ouiiiiiiiiii ! » s'exclama-t-il en sautillant sur place. « Félicitation. Vous avez trouvé les trésors secret de Zhaqani. ». Aurel prenait à peine garde aux mots du conseiller qui paraissait tout aussi heureux que les enfants qu'il accompagnait. « Viens on l'essaye ! » proposa le rouquin à Eiko en lui mettant sur la tête. Un éclat de rire lui échappa comme la couronne, trop grande, glissa sur la tête de la petite. « Toi t'es la reine ! Et moi je serai ton chevalier ! » reprit-il, lançant déjà un nouveau jeu. « Et on dirait je te protégeais des méchants qui voulaient t'embêter ! » continua-t-il en donnant des coups d'épées invisible dans l'air, laissant Eiko décider des actes de son rôle. Il en profita pour récupérer l'arme des mains du conseiller dont le visage illuminé détaillé affectueusement les deux enfants enjoués. « Garde, vilain ! » clama le garçonnet, répétant les mots des histoires qu'on lui racontait et se positionnant comme il avait pu voir les soldats faire comme il tourna sur lui-même pour faire face à l'ennemi.
©gotheim pour epicode


Post III | Mots 820 (j'ai conclu, tu me dis si ça te va ?)


We were never welcome here ~ Night time or morning time, we're going strong

Don't you tell me what you think that I can be

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Ikar Pendragon
~ Sirène ~ Niveau I ~

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Ikar Pendragon
Mar 04 Oct 2022, 13:28



[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées - Page 2 Js9b

Epées Couronnées, avec Susannah  nastae


Assis dans mon fauteuil, je regardais la Reine en tentant de ne pas rire à chacun de ses commentaires. Pour être honnête, je craignais qu’elle le prenne mal. C’était la raison pour laquelle je me retenais. Ça ne m’empêchait pas de trouver cette fille inutilement bruyante et exigeante. Je pensais qu’elle surjouait peut-être, pour se donner un air. Je l’espérais pour elle.

Je savais que nous étions tous les deux les souverains de l’île mais je ne me sentais pas plus Roi qu’hier. J’étais juste là, à tenter de répondre au statut que les gens de Malyë voulaient me donner. Néanmoins, on ne m’avait jamais appris à être Roi. Pour moi, c’était une idée vague qui flottait très loin de mes préoccupations quotidiennes. Je ne m’étais jamais posé pour me demander « Tiens, et si je devenais Roi ? ». Certainement pas. Je me demandais d’ailleurs si certains le faisaient. Pour moi, ça venait presque comme ça, par la force des choses. J’aimais bien le penser : qu’un jour, on se réveillait et qu’on se disait qu’il était temps de faire quelque chose, de monter sur le trône pour une cause noble ou quelque chose dans cet esprit. Je ne savais pas trop.

Mon rang social n’était pas à plaindre mais je n’étais ni le fils d’un Roi ni celui d’un noble. Mon père était juste riche et célèbre. Il devait être influent aussi mais on parlait surtout de lui par rapport au sexe. À partir de là, c’était déjà trop pour moi. Je préférais ne pas écouter parce que c’était gênant.

Lorsque nous nous retrouvâmes seuls, j’enlevai mes chaussures et hissai mes pieds sur l’assise du fauteuil. C’était une position que j’aimais bien, même si elle finissait par me faire immanquablement mal. Je l’oubliai néanmoins quand la fille se mit à me fixer. Nos préoccupations étaient à des millénaires les unes des autres. Je me contentais de vivre alors qu’elle avait l’air de réfléchir à toutes sortes de stratégies à n’en plus finir. Qu’avait-elle, à gratter la table ainsi ? Se prenait-elle pour un rongeur ?

« Ah ? »

D’accord, si elle voulait. Ça me faisait une belle jambe.

« Si tu le dis. »

Elle était vraiment bizarre cette fille. Tellement bizarre que j’avais hâte de ne plus être avec elle. Malheureusement, puisque nous devions cogérer l’île, il me semblait que l’évitement ne serait pas une solution. Après… nous pouvions peut-être la séparer en deux ? Elle prenait l’est et je prenais l’ouest. Avec une frontière précise, ça pourrait peut-être marcher. Parce que, qu’on se le dise, je n’avais pas non plus envie de l’épouser. Elle était trop étrange et, surtout, je n’avais pas envie ni de me marier, ni de faire des bisous. C’était la porte ouverte vers le reste et je ne voulais pas ressembler à mon père.

Mon regard descendit sur mon bassin lorsqu’elle parla de mettre des crabes dans mon lit, avant de remonter vers elle et son index accusateur.

« T’es drôle toi en fait. »

Je souris, avant de lui attraper l’index. J’enroulai mes doigts autour de ce dernier, sans pour autant forcer. De toute façon, je n’avais jamais eu une force prodigieuse. La suite de mon adolescence m’aiderait peut-être à me développer physiquement mais, pour le moment, ce n’était pas ça. J’assumais. Ça m’était égal. Loin de la séduction qui avait cours entre les garçons et les filles de mon âge, je me sentais bien. Je préférais faire des trucs plus intéressants et constructifs que rouler des pelles à Hélène ou Blu.

« Moi non plus je ne t’aime pas. »

Je remis mes jambes correctement avant de me lever à mon tour. Je lui disais ça mais je la trouvais surtout bizarre. Je n’avais aucun sentiment particulier pour elle. Je ne la connaissais pas plus que ça.

« Mais bon, c’est pas une fatalité. »

Je m’approchai.

« En plus… Si je suis vraiment un pervers, tu devrais éviter de venir trop près de moi. Je pourrais te pousser sur cette table et… qui sait ? »

Ma phrase ne ressemblait pas à une menace parce que j’étais bien incapable d’en proférer. Je disais ça plus par jeu, sans vraiment m’attarder sur les conséquences éventuelles. Je savais bien, moi, que je n’étais pas comme ça. Jamais je ne la pousserais sur cette table pour m’unir à elle. Ça me semblait aussi dégoûtant qu’incongru. Dégoûtant, peut-être pas. Je n’étais pas vraiment franc, c’est vrai. Mes hormones se réveillaient et il m’arrivait d’avoir, de temps en temps, du désir. Mais je le refoulais parce que je ne voulais rien avoir à voir avec mon père. C’était ma hantise, d’être aussi léger que lui, léger et irresponsable.

« Mais bon, je suppose que tu as déjà un petit-ami qui t’obéit au doigt et à l’œil. Quoi que… vu ton caractère… c'est pas gagné... »

806 mots

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Susannah
~ Sirène ~ Niveau I ~

~ Sirène ~ Niveau I ~
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Susannah
Mar 04 Oct 2022, 23:34

[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées - Page 2 Cc8d
Épées couronnées
Avec Ikar sur Malyë



☙ Stela Cole - No Man's Land (Tu reprendras bien un peu de subtilité.)

« Drôle ? » Répéta Susannah en se hérissant aussi vite qu'un porc-épic. Mais qu'est-ce qu'il allait inventer ? Aussitôt, elle imagina une dizaine de scénarii où l'effronté ne la trouverait plus si drôle tout compte fait. La majorité des Sirènes de sa famille travaillant dans la législation, son enfance avait été bercée par les sentences diverses et variées que l'on faisait subir à ceux qui ne prenaient justement pas assez au sérieux les avertissements. S'il croyait pouvoir passer entre les mailles du filet, il se fourrait le doigt dans l'oeil. D'ailleurs, elle était prête à lui enfoncer l'index dans l'oeil elle-même jusqu'à ce qu'il la prenne par surprise en le lui attrapant. Elle s'en étouffa presque et tira vivement dessus pour ramener sa main à elle comme s'il avait des choses indécentes avec. Qu'est-ce qu'il n'avait pas compris ? Il quitta sa position nonchalante pour se mettre debout et la Lyrium croisa les bras en le toisant. « Ah oui ? Je m'en fiche. » Mentit-elle. Le rejet n'était agréable pour personne, et en ce qui la concernait, il lui donnait envie de se jeter toutes griffes sur lui pour le punir de la pointe de déception qui avait égratigné son coeur. Ce n'était pas qu'elle ressentit quoi que ce soit pour le Pendragon, mais elle aurait apprécié que pour une fois dans sa vie, quelqu'un lui soit soumis même lorsqu'elle se comportait comme la dernière des garces. Une adoration inconditionnelle, comme elle le lisait dans les romances Ondines qu'elle avait chipé dans les tables de chevet de ses cousines pour les dévorer. C'était toujours le même schéma, un homme pauvre mais impertinent qui se trouvait au service d'une jeune et belle Sirène au caractère froid et distant qui passait la majorité de l'intrigue à le traiter avec cruauté. Puis, par un procédé qu'elle n'avait pas encore réussi à déchiffrer, mais qui incluait souvent un sauvetage haletant du mâle aux portes de la mort, celui-ci, pour montrer sa gratitude à celle qui l'avait vaillamment protégé, s'offrait à sa maîtresse. Ensuite, c'était moins intéressant, ils se confessaient leur amour et le livre s'achevait sur cette finalité un peu trop mièvre à son goût. La partie où il se soumettait à elle était bien plus croustillante. Ça l'excitait même terriblement quand elle y repensait le soir dans son lit, mais jamais aucun garçon ne l'avait contemplée béatement comme il était décrit dans les livres, jamais aucun n'avait cherché son attention ou craint son courroux. Elle était invisible et ça ne faisait qu'attiser sa haine pour les autres. Et pour couronner le tout, les garçons sur terre n'avaient aucun respect. Ils étaient sales et grossiers, inconscients de leur infériorité. « J'ai pas peur de toi. » Siffla la bleue en plissant les yeux sans lui faire le plaisir de reculer. « Et puis, t'en serais pas capable. » Elle éclata d'un rire moqueur qui se tarit bien vite. « Tu... Comment ?! » Croassa-t-elle, les yeux exorbités, rougissant jusqu'à la racine des cheveux. « Qu'est-ce que t'en sais d'abord, petit galeux ? Parce que tu penses être mieux que moi ? Tu... Tu ne prends rien au sérieux ! » Elle commençait à être à court d'arguments et ça ne faisait qu'ajouter à son ire. Sa désinvolture la crispait et ses plaisanteries ne lui tiraient aucun rire. Elle prit un air digne, bien décidée à être assez sérieuse pour deux. « De toute façon, ça ne m'intéresse pas. » Un second mensonge. Autour d'elle, dans le dortoir des filles, ça ne faisait que jacasser de ça. Susannah faisait comme si elles étaient toutes trop idiotes à ne penser qu'à ça, mais en réalité, elle n'en ratait pas une miette et le contenu de ses rêveries commençaient à s'en ressentir, à sa grande honte. Le conseiller revint sur ces entrefaites et Susannah s'empressa de lui emboîter le pas, ravie de pouvoir échapper à cette discussion.

Enfermée dans un silence boudeur, la bleue finit par lâcher un juron en trébuchant à nouveau sur une racine. Quand avaient-ils quitté le chemin pour s'enfoncer dans cette jungle ? Elle n'en avait pas la moindre idée, mais elle le regrettait à chaque seconde qui passait. Chaque arbre ressemblait à son voisin, et des moustiques gros comme son poing s'acharnaient sur sa peau moite de sueur. Le paysage paradisiaque s'était vite mué en cauchemar où tout se dressait pour l'empêcher de progresser avec aisance. Elle jeta un coup d'oeil à son camarade. Au moins semblait-il galérer autant qu'elle, constata-t-elle avec satisfaction. Elle s'arrêta pour porter son outre à sa bouche, puis s'essuya la bouche après avoir tendu le récipient à Ikar. « Est-ce que tu crois qu'il y a autre chose que cette jungle sur cette île ? Je ne veux pas être la Reine des Plantes. Ils m'ont prise pour une fichue Ygdraë. » Rouspéta l'adolescente avant de regarder à nouveau la carte qui leur avait été fournie. « Je comprends rien à ce truc. Et j'ai chaud. » L'inventaire de ses plaintes était loin d'être terminé, mais elle était trop fatiguée pour continuer. Elle se laissa choir le long d'un tronc et se mit à masser ses mollets, les sourcils froncés. Quand on lui avait parlé de royauté, elle s'était imaginée un palais resplendissant, un sceptre incrusté de gemmes scintillantes, des domestiques à ses petits soins dont le souci premier serait son confort. Parler de déception était trop faible pour exprimer son ressenti. Son ventre gargouilla. « J'ai faim. » Se lamenta-t-elle.

Message II | 967 mots


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Merci Jil  [Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées - Page 2 009 :
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Styvan Khanis
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Styvan Khanis
Mer 05 Oct 2022, 22:17




Nous devons partir.




Mon regard se posa envieusement sur Styvan qui s’en allait chasser en compagnie de quelques domestiques. L’agacement me fit gratter nerveusement l’arrière de mon crâne. Pourquoi ne me proposait-il plus de l’accompagner lors de ses sorties en forêt ? Nous étions inséparables avant qu’il n’apprît mon passé de sorcier. Non, mon esprit me jouait sûrement des vilains tours. Il m’avait répondu que cela ne lui posait aucun problème et qu’il n’avait jamais été intéressé par cette rivalité de son vivant de magicien, alors il n’y avait aucune raison qu’il m’eût menti. Je ne pouvais pas lui en vouloir et puis, de toute manière, je n’aimais pas tant que ça la chasse. Ce que j’aimais surtout, c'était de m’amuser avec lui. Je soupirai en voyant sa silhouette disparaitre dans l’obscurité de ces bois insipide. Debout devant la fenêtre de ma chambre, j’observais telle une commère les moindres faits et gestes de la faune qui s’aventurait dans nos jardins. Je m’ennuyais et j’attendais patiemment qu’un héros vînt me sauver de cet enfer qu’était l’ennui. J’obtins une réponse rapidement, puisque la porte de ma chambre s’ouvrit. Je me retournai, soulagé d’enfin pouvoir communiquer avec un être humain. « Ton père est rentré et il veut te voir dans son bureau. Maintenant. » me balança son assistant avant de claquer la porte. Un léger sourire contrarié se dessina sur mon visage. Il avait fini par de se rappeler qu’il avait un enfant ? J’enfilai paresseusement mes pantoufles et sortis voir ce qu’il pouvait bien me vouloir. Il avait intérêt à avoir un bon alibi pour cette longue absence.

Ma main frôla la porte du cabinet de mon père avant de se rabattre vers ma joue. J’hésitai durant quelques secondes à toquer. Peut-être était-ce grave ? Il venait de revenir d’un long voyage, et ces derniers temps, rares eurent été les fois où il était rentré de bonne humeur. Avant que je pusse hésiter plus longtemps, un boucan vint retentir à l’intérieur de son bureau. J’ouvris la porte en panique. « Que se passe-t-il ? » demandai-je en observant la pièce de fond en comble. Mon père était affalé, au milieu d’une pile de livre, sur le tapis au pied de son bureau. Je me précipitai vers lui, je levai délicatement sa tête et la détendis calmement sur mon avant-bras. Il ouvrit péniblement les yeux, je ne l’avais jamais vu si fatigué. Il avait même l’air d’avoir vieilli. « Oh mon garçon, tu es là. Ne t’en fais pas, ce n’est rien. J’ai tellement de travail que j’en oublie de me nourrir, voilà tout. Après un bon en-cas, je devrais m’en remettre. Aide-moi à me relever et emmène-moi jusqu’à la cuisine, veux-tu ? » Je l’aidai à se relever après que mes mains eurent été positionnées sous ses aisselles. Son bras s’enroula autour de ma nuque afin que je pusse l’aider à se mouvoir jusqu’à la cuisine. Après quelques mètres, il put se détacher de mon aide et continua sa route, sa main accrochée à mon biceps. Ma main tenait tout de même la sienne, j’avais bien trop peur qu’il ne glisse. « Vous vouliez me voir père ? » demandai-je en descendant les marches à ses côtés. « En effet. J’ai quelque chose à te montrer mon garçon. D’abord, allons manger. » Je le suivis jusqu’à la réserve de sang.

Nos panses bien remplies, nous sortîmes par la grande porte principale. Comme à mon habitude, après avoir rassasié ma soif, je tirais la tronche d’un condamné à mort. J’avais encore craqué et bu une dizaine de poches. Je n’arrivais pas à accepter que cette pulsion animale me contrôlât à ce point. C’était d’autant plus difficile que j’étais le dernier à être sa proie dans cette famille. Styvan avait réussi à se détacher de cette aguicheuse et je n’avais pas eu la force de le suivre lors de son sevrage. « Que vouliez-vous me montrer ? » « Ceci. » Le coin de la forêt qu’il me montra avait une inhabituelle teinte violine. Je m’approchai, guidé par ma curiosité, en direction de la foule qui fixait l’anomalie. Un cristal gigantesque violet transperçait les feuillages des arbres. Je n’avais jamais rien vu de tel. C’était à la fois intriguant et terrifiant. La ou des gens s’émerveillaient, moi, je ne pus m’empêcher de m’inquiéter. « Qu’est-ce que cela veut donc dire père ? » « Nous n’en savons rien mon garçon. Des personnes ont tenté de la détruire. Malheureusement, toute tentative fut vaine. Maintenant, les érudits de notre race tentent de l’étudier. Apparemment, il y en aurait d’autres éparpillés un peu partout dans le monde. » Je me faufilai entre deux grands gaillards qui gênaient mon observation. Une silhouette féminine se crayonnait à l’intérieur de cette pierre. Était-ce de la sorcellerie ? Un coup des dieux ? Une malédiction qui allait s’abattre sur Myngrimu ? Je me retournai vers mon père, paniqué à l’idée que ma troisième idée fût la bonne. « Nous devons partir d’ici ! Immédiatement ! Où est Styvan ? » « Calme-toi. Nous allons en discuter tous ensemble. Rejoignons-les, ils doivent être à l’orée de la forêt à présent. »




914 Mots
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Jämiel Arcesi
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Jämiel Arcesi
Ven 07 Oct 2022, 10:20

SHUWU par G xy
Les épées couronnées

La plume en suspens, Èibhlin détaillait un à un les Alfars avec qui elle était censé former un groupe le temps des travaux dirigés. Censé. Car moins on lui demandait son avis, mieux c'était. Elle n'était même plus outrée de ce genre de comportement. Le temps passant les choses n'avaient fait qu'empirer. Sans oublier cette période où elle avait été la risée de tous, ces quelques temps où elle avait été déchue de son statut de Dame Noire en devenir. La putain du Roi, avait-elle même pu entendre une fois. Elle n'en prenait plus ombrage. Du moins elle n'en montrait rien. Elle les comprenait de toute façon. Elle aurait réagi de la même façon à leur place. Mais, et surtout, viendra un jour où elle se donnera à cœur joie de rendre le retour de tout ces coups de bâton qu'on se plaisait à lui donner. Elle se rendait ainsi simple spectatrice du travail devenu débat entre les membres de son groupe, les uns affirmant que les figuiers étrangleurs pouvaient parfaitement se développer sur un support autre qu'un arbre, les autres défendant l'idée que c'était impossible car si l'hôte meurt avant le développement du figuier, lui aussi allait mourir. Èibhlin faisait partie de ce groupe-ci, bien qu'elle n'en dît rien. Un arbre avait besoin d'un apport énorme en eau et en nutriment. Il n'y avait donc qu'un autre arbre qui pouvait les lui fournir. Qui plus est, un être vivant a toujours moyen de se débarrasser des parasites. Toutefois elle ne pouvait nier que l'idée supposant une autre forme de croissance possible était à creuser. « Le mieux c'est encore de voir en condition réelle. » lâcha-t-elle donc après un raclement de gorge pour attirer leur attention après plusieurs minutes passées muette. On la fixa un instant, comme s'ils avaient oublié sa présence, avant que l'un ne rétorque avec dédain. « En condition réelle y a pas de figuier étrangleur qui pousse sur autre chose qu'un arbre. Ça se saurait. » - « C'est vrai quand ils poussent de façon naturelle. ». Un silence ponctua la remarque. Il n'avait pas été difficile pour le groupe de deviner le sous-entendu. Les meurtres n'étaient cependant pas ce qu'il y avait de plus courant dans cette partie de Mornhîngardh. Personne dans le groupe n'avait d'ailleurs encore souillé ses mains du sang d'un autre. Sauf une. Èibhlin jeta un œil à sa montre. Il allait bientôt être l'heure. « Tu vas où comme ça ? On a pas fini. » s'indigna un autre en la voyant ranger ses affaires. « Tu expliqueras ça au Senthandas Mævan pour moi alors. » répliqua-t-elle en passant la lanière du sac sur son épaule. Ne recevant que le silence pour toute réponse, elle tourna les talons pour rentrer chez elle et rejoindre son Mentor.

Craignant arriver en retard, la Sarethi escalada en vitesse l'escalier de l'immeuble pour retrouver son appartement et rejoindre Innasgardh. Ce fut pourtant la stupeur qui la frappa en ouvrant la porte de son habitat car ce n'était pas du tout son appartement qu'elle découvrît. Par réflexe elle referma et la rouvrit dans l'idée que ce n'était qu'une illusion et recommencer l'action la ramènerait chez ellle. Évidemment cela ne changea rien. Alors seulement elle fit un tour sur elle-même pour comprendre ce qu'il s'était passé et où elle était avant détailler sa porte. Le battant restait maintenu par le cadre qui, lui, reposait uniquement sur le sol terreux. Quelques branches tordues semblait jouer le rôle de stabilisateur alors que les murs s'était effacés. Autour d'elle, la jungle avait prit la place de ses meubles. Ce n'était cependant pas la forêt de Drosera. Son sac glissa de son épaule jusqu'à tomber au sol dans un bruit assourdi par l'humus. Il ne lui avait jamais été envisageable qu'elle remît les pieds ici avant quelques années. Elle aurait d'ailleurs préféré que ce soit le cas d'ailleurs. Encore que... Elle réfléchit un instant. Peut-être que ce n'était pas une mauvaise chose en vérité. Les choses commençaient à se bousculer dans le monde et les archipels de Maggie faisaient partie de ces lieux qui faisaient parler. Alors elle se ressaisit de son sac et quitta l'ombre de la forêt pour rejoindre le village qu'elle pouvait discerner à travers les branches épaisses.

« Maman regarde ! La Reine ! Elle est de retour ! ». La fillette avait été la première à s'exclamer, attirant de cette façon l'attention du reste des habitants alentour. Après un regard sur elle, Èibhlin se souvint. C'était cette petite qui était venue à sa rencontre la première fois qu'elle était venue. S'ils se rapprochaient tous pour l'accueillir, ils maintenaient tout de même vis-à-vis de l'Alfar une distance minimum pour montrer leur respect. Èibhlin, elle, offrait des sourires avenant à chacun, de ceux qu'Iseabail lui avait apprit à faire, bien que son esprit soit actuellement tourné vers Bran et Ophéclia. Eux devait savoir pourquoi elle était ici alors qu'elle aurait dû se préparer à retrouver Emrys. Le fait étant qu'elle n'eût pas à les chercher. La cacophonie extérieure avait dû les amener à s'intéresser à la raison de cette activité, ainsi Bran était déjà en train de la rejoindre, la saluant d'une révérence une fois à proximité. « Nous sommes ravis de vous revoir Majesté. Nous vous attendions avec impatience. ». Encore ? eut-elle envie de répondre au conseiller. Elle se retint cependant. « Sa Majesté le roi vient également d'arriver. » - « Dorian est ici ? » réagit-elle avec surprise. Évidemment qu'il était ici. Il n'y avait aucune raison à ce qu'on l'amène seulement elle de force sur l'île. « Oui, nous pouvons à présent les rejoindre, nous avons une annonce à vous faire. » - « Vous êtes optimistes à insister comme vous le faites alors même que la dernière annonce a fini en un fiasco pas possible. » souffla-t-elle en suivant le conseiller. S'il ne répondit rien, Èibhlin pu discerner une ride de crispation barrer son front. Il était visiblement encore contrarié de la tournure qu'avait prit les événements. « En quoi consiste cette annonce ? » l'interrogea-t-elle finalement en le suivant. « La prophétie a une suite. Elle dit qu'à l'ombre des couronnes dorment leurs alter. Que seuls les porteurs des couronnes originelles ont le pouvoir de les trouver. » - « Un alter. Une autre couronne ? » interrogea Èibhlin, piquée de curiosité. « C'est possible. La prophétie ne précise rien à ce propos. ». L'Alfar soupira. « Génial, nous voilà bien avancé. » souffla-t-elle alors qu'elle apercevait la silhouette du Vampire.
:copyright: ASHLING POUR EPICODE




Post I | Mots 1095
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Typhon Gargantua
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Typhon Gargantua
Mar 11 Oct 2022, 16:53



Les épées couronnées


[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées - Page 2 Jonath10
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Le retour de Typhon sur l’île de Sylmoé fut beaucoup moins mouvementé que lors de son départ. Le Coulapic amélioré, la nouvelle meute et le portail mis en place pour lier l’archipel de Maggie et l’Antre des marais facilitaient grandement les déplacements. Évidemment, le Grand Totem Rakel n’investissait pas autant de temps et d’efforts à maintenir un portail magique actif et stable pour la convenance de son nouveau collègue, mais pour mieux le surveiller. Lui-même devenu Grand Totem, Typhon représentait désormais la Déesse-Totem et ne répondait de personne d’autre. Il était donc logique que la concernée se soucie des faits et gestes de ses représentants.

L’environnement dépourvu de magie de Sylmoé était un boulet pour toute race magique. Il fallait donc user de créativité pour compenser ce défi. Pour les Evershas, un portail avait été établi en périphérie de l’archipel, tout juste en dehors de sa zone d’influence, afin que des changeurs de forme aux Totems d’oiseaux marins puissent aller et venir de l’archipel à l’Antre des marais, surveillant ainsi les évènements qui s’y déroulaient. Puisque même l’absence de magie ne pouvait sortir un Eversha de sa forme totémique, il y avait un va-et-vient constant d’espions-animaux, puis l’information était relayée au Rocher au Clair de Lune par des moyens magiques plus conventionnel.

Typhon s’était demandé pourquoi le portail ne menait pas directement au Rocher au Clair de Lune, mais son épouse eut tôt fait de répondre à cette curiosité. Un portail, aussi dissimulé fût-il, fonctionnait dans les deux sens. Alors plutôt que de compromettre la sécurité du Rocher au Clair de Lune, le portail menait au cœur de l’Antre des marais, un environnement bien plus hostile et moins compromettant. Car si n’importe qui pouvait arracher une terre à l’Antre des marais, la Guerre des Crocs avait démontré que les Evershas étaient des créatures obstinées qu’ils étaient les seuls maitres de ces terres marécageuses.

***

Rampant hors de sa cabine de l’imposant navire eversha, l’homme-serpent-tigre contempla le paysage désormais familier de son île à l’horizon. L’air marin était frais et le Coulapic avait le vent dans les voiles, alors il s’agissait d’une question de minutes, d’heures tout au plus, avant que le roi de Sylmoé ne foule à nouveau sa terre. S’étant immobilisé pour contempler le panorama, la reine s’impatientait à être contraint à la vu de l’arrière-train de son époux et commença à pousser pour essayer de se faufiler, mais le passage était trop étroit et elle ne réussit qu’à immobiliser son partenaire sous son corps de femme-serpent-chatte.
« Hé, hé, hé, s’esclaffa Typhon en se retournant pour enlacer sa partenaire d’un câlin. Embrasse-moi si tu veux passer !
Calme tes hormones, soupira Échidna en échappant malgré tout un court baisé pour satisfaire son mâle. Essayons de bien paraître pour une fois…
Comme tu le fais maintenant ? On ne serait pas coincé si tu n’avais pas essayé de me bousculer.
Ouais, ouais… Maintenant lâche-moi que je puisse passer. »

Avoir un corps serpentin en guise de jambes pouvait sembler être un handicap majeur dans la vie quotidienne, mais il s’agissait d’un lot d’avantages et d’inconvénients. Les principaux avantages relevaient de la stabilité et de la facilité à se mouvoir sur de nombreuses surfaces. Les principaux désavantages relevaient de vivre dans un monde conçu pour des jambes et la nécessité de plus d’espace pour manœuvrer. Une fois que Typhon se décida à laisser passer sa partenaire, Échidna pu prendre place sur le pont du navire et aida son partenaire à se « relever. » Geste inutile compte tenu de la morphologie serpentine, il se voulait plutôt de politesse et de bien paraître aux regards environnants.

***

Les deux conseillers royaux furent surpris de constater la nouvelle apparence de leurs souverains et de leur nouvel entourage, mais discipliné et professionnel, les conseillers prirent acte des changements et notèrent les nombreux changements à apporter pour offrir aux habitants de Sylmoé une vue favorable de leurs dirigeants.
« Monseigneur, madame, soyez les bienvenus, annoncèrent le conseiller. Nous espérons que votre voyage fut profitable.
On peut dire ça, répondit Typhon. Nous avons resserrer nos liens avec le peuple Eversha et ces nouvelles formes nous permettrons de mieux gérer l’absence de magie.
— Vous nous en voyez rassurés, déclara la conseillère. Puis-je me permettre de m’enquérir sur les accommodations qui devront être prioritaires ?
Il va nous falloir une nouvelle demeure, débuta Échidna en récitant les changements les plus importants à ses yeux. Typhon est trop lourd pour l’ancienne échelle et la cabane n’est pas assez solide pour nous héberger tous les deux. Et prévoyez plus de repas, disons… sept ? Allons-y pour huit avec la collation du soir. Et soyez généreux sur les portions. Il nous faut dans les 40 kilos, chacun et par jour. Enfin, je veux un lit, un vrai. Et qu’il soit solide. Ah oui, j’aimerais…
Nous allons nous débrouiller par nous-même et nous ajuster au fur et à mesure comme la dernière fois, coupa Typhon qui n’avait pas oublié à quel point les habitants de Sylmoé étaient dénués de compétences techniques. La meute va avoir besoin d’un plus grand territoire de chasse, alors assurez-vous que les habitants n’interfèrent pas. J’imagine que l’amphithéâtre extérieur est en bon état ? Préparez-vous à agrandir l’espace, nous allons à nouveau régulièrement recevoir des visiteurs.
— Fort bien, nous tâcherons de nous acquitter de ces demandes aussi tôt que possible. Si je peux me permettre, je vous suggère de vous préparer. Demain est le fameux jour de la grande chasse au trésor. Il s’agit d’une fête importante en Sylmoé, ou notre roi doit partir à la recherche des trésors royaux qui sont dissimulés sur l’île.
Seulement le roi, hein ? »
Tu as dû te disqualifier quand tu as essayé de me tuer !

***

Le lendemain, c’est l’ensemble de la meute des Marche-Tempêtes combina ses efforts pour trouver le trésor royal caché sur l’île, au grand déplaisir d’Échidna qui avait cru que la restriction de cette chasse au trésor, à savoir qu’elle était réservée au roi, lui aurait permis de se prélasser au soleil sur la plage. Mais c’était sans compter sur celui qui réfléchissait toujours en chef de meute plutôt qu’en roi. Enfin, ce n’était pas non plus comme s’il était logique à un roi de ne pas pouvoir se servir de ses sujets pour s’acquitter d’une tâche.
« Bon, ce n’est pas pour me plaindre, souffla Échidna en profitant d’une petite clairière pour se reposer confortablement adossé à un arbre tout en trempant sa queue serpentine dans le ruisseau non loin, mais tant qu’à briser la règle de chercher seul ton trésor, tu pourrais au moins nous faire nous disperser pour couvrir plus de terrain. Plus vite on trouve… le truc, plus vite on retourne profiter de la plage.
Je ne brise aucune règle, répondit Typhon en imitant son épouse et en donnant la permission au reste de la meute de faire de même.[/color] Il n’y a que moi qui cherche. Vous ne faites que m’accompagner ! Et puis, je veux que la meute apprivoise le territoire et ses dangers. Il faut qu’ils apprennent à affronter les périls de Sylmoé sans magie.
Ouais, ouais, mais en résumé, tu triches. Tu sais ce que j’adore de cette queue ? C’est fini les ampoules aux pieds !
Honnêtement, avec notre gigantisme, on devenait trop grands et trop lourds pour la forme humaine. Avec la magie, ça passait bien, mais c’était de plus en plus difficile de vivre sans.
Pas faux. Avec ou sans Rakel, on devenait de plus en plus monstrueux. Juste à nous regarder bouffer, on ne pouvait que nous qualifier d’ogres. Et je ne te parle pas de ce qui nous sortait par le cul. Là, c’est juste plus… confortable.
Bon, ce n’est pas tout, mais tu m’as ouvert l’appétit. Je passe devant, il y a plusieurs traces fraiches qui partent du ruisseau. Laisse-les se reposer et se baigner un peu et rejoignez-moi plus tard. »

S’éloignant de la meute qui profitait du répit pour se mettre à l’aise, Typhon s’enfonça dans la dense végétation et eut tôt fait de perdre de vu ses compagnons. Les Evershas étaient endurants, mais pour la plupart, c’était leur première expérience d’une expédition sans magie. Ils se découvraient donc beaucoup plus faibles et vulnérables qu’il leur était confortable. À l’inverse, Typhon avec son corps monstrueux était à peine fatigué. Évidemment, le Grand Totem dans la fleur de l’âge avait été nommé ainsi par son ascendant physique, magique et spirituel sur ses pairs. De plus, son corps serpentin et massif était à l’aise en terrain sauvage et accidenté.

***

La proie convoitée mena Typhon jusqu’aux abords d’une étrange caverne. Elle était trop propre, trop nette et trop artificielle. C’était louche, mais Sylmoé tout entière défiait la logique. Délaissant la piste d’animaux sauvages qui évitaient soigneusement la caverne, le chasseur s’enfonça sous terre afin de découvrir quel secret y avait été placé. C’est dans ces lieux mystérieux que Typhon trouva une étrange épée. Au premier coup d’œil, l’épée avec une garde en croix n’avait rien d’extraordinaire. L’arme semblait de bonne facture, et son pommeau avait été soigneusement ouvragé par le forgeron. C’est au deuxième coup d’œil, et un point de vue plus rapproché, que l’arme se révélait surdimensionnée, pratiquement adapté au bras de Typhon. Il y avait du divin là-dessous, mais restait maintenant à savoir qui.

Offrir une telle arme n’était pas le style de Phœbe. Ça ne ressemblait pas non plus au style de Hrustr le Gigantesque, l’Archonte d’Isemli, qui préférait les conseils et les encouragements aux gestes tangibles. Faute d’une meilleure option, Typhon estima qu’il s’agissait probablement de l’œuvre de la divinité responsable de l’archipel de Maggie. Il supposa donc qu’il s’agissait du trésor royal de l’île et s’empara de l’épée afin de la présenter aux conseillers de l’île.

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Min Shào
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Min Shào
Mer 12 Oct 2022, 15:34


La gemme d'Aeden


« Et voici le palais de la Reine Gabriela Zhukov. » Jën écarta ses bras musclés pour me présenter le prestigieux édifice, joyau d'Aeden. Je descendis de notre monture commune et mes yeux s'élargirent en s'imprégnant du monument. Le palais de la Reine était énorme. D'épaisses colonnes soutenaient de solides murs de pierres, encadrés par un mur vivant : des innombrables gardes restaient immobiles ou patrouillaient, les sens en alerte. C'était une véritable forteresse. J'ouvris la bouche dans un cri de surprise muet. Il me fallut quelques minutes pour trouver les mots. « C'est gigantesque ! Le peuple Lyrienn est cache tant de richesses. » Je me tournai vers un garde immobile devant nous. Il ne nous regardait pas, comme si un mur invisible nous séparait. « Bonsoir, Monsieur ! » m'exclamai-je en m'approchant. Jën bondit à côté de moi et me pris par le bras pour me faire reculer, mais les yeux du garde s'étaient déjà portés sur ma personne. Soudain, la glace fondit dans son regard et il sourit. « Bonsoir, Madame. Puis-je vous aider en quoi que ce soit ? » Jën semblait surpris de voir la tournure que ce début de conversation prenait.

Moi, ces personnes me fascinaient. Je n'avais pas pu me retenir de les aborder. « M'aider ? Non ! Je suis simplement impressionnée par le Palais car c'est la première fois que mes yeux se portent sur ses pierres ancestrales. » Je me défis de l'étreinte de l'Aisuru de ma mère et m'approchai de lui. A côté, les autres gardes semblaient être intrigués par la situation. « Nous sommes fiers de défendre le Palais de la Reine suprême », dit-il cérémonieusement. Je poursuivis. « Mais je me demande... combien de temps restez-vous debout ainsi ? Y'a-t-il souvent des menaces à réprimer ? » - « Enfin, Chuan ! N'as-tu pas fini d'être indiscrète ? » Me réprimanda Jën, gêné. Mais le garde répondit avec un entrain non-dissimulé.

Nous discutâmes ainsi pendant des dizaines de minutes. Les deux gardes à côté de lui finirent par se joindre à la conversation. La guerrière que j'étais se montrait admirative de la formation stricte que ces gardes bravaient pour atteindre ce rang. Cela nous aidâmes à passer le temps : nous attendions que la nuit tombe pour aller voir la curieuse météorite qui avait atterri sur Aeden. Quand nous étions allés à son emplacement, nous n'avions rien vu de plus qu'un attroupement de Lyrienns qui cachait l'origine de notre curiosité. Ainsi, nous attendions que le crépuscule laisse place à la nuit pour y retourner et être plus tranquilles. Quand les lampes s'allumèrent et que les passants devinrent plus rares dans les rues, Jën décida qu'il était temps que nous partîmes. Les gardes me supplièrent de leur donner une énigme avant que nous partions : ils étaient, quant à eux, fascinés par le peuple des Orines. Alors je réfléchis quelques minutes et leur fis cadeau d'une charade.

« Mon premier lie les duos,
Et l'on ne boit pas mon deuxième rance.
Mon troisième est l'action des faux,
Et mon tout forme votre essence.
»

Ils réfléchirent longtemps et me donnèrent que des mauvaises réponses, alors je décidai de leur écrire la réponse sur un bout de papier plié que je leur tendis. « Pariez entre vous ! Et le premier qui trouve le gagnera. Merci pour cette conversation. » Je m'inclinai cérémonieusement alors que Jën montait déjà sur Stan, l'un des pégases de la famille Anephel. Je le rejoignis en sautillant, fière de ma charade improvisée, puis empoignai la main du Lyrienn. Quand ma main toucha la sienne, il m'envoya dans les airs pour monter sur le grand équidé. J'adorais ces moments où les Anephel contrôlaient les éléments en ma présence. Je me sentais en sécurité avec eux même quand je me trouvais à des centaines de mètres du sol. Le vertige n'était qu'un lointain souvenir.

« Bon... espérons que la foule autour de la météorite se sera dispersée. En avant, Stan ! » Jën caressa le flanc de Stan de telle sorte qu'il sut exactement quel ordre lui était donné. Il pris de la vitesse progressivement et déploya ses ailes. Ses sabots quittèrent le sol. Je sentis une secousse alors que le pégase s'envolait dans les airs. Cette sensation était toujours aussi grisante : je me sentais libre. Mes yeux se portèrent sur le sol qui devenait flou à mesure que Stan gagnait en altitude. Il me suffisait de sauter pour mourir. Cette sensation m'effrayait autant qu'elle me rendait plus vivante que n'importe quelle autre. Le vide m'aspirait. Je me voyais chuter et sentir l'air siffler dans mes oreilles. J'avais déjà vécu des chutes libres : c'était un passe-temps populaire dans la famille et j'adorais ça. « Plus hauuuut ! » m'écriai-je en m'agrippant à la crinière de Stan. « Regarde, Chuan ! » me répondit Jën dans une voix atténuée par le vent.



Je suivis la direction de son bras et repérai une lumière orange que nous approchions. Je vis la fameuse météorite qui s'était figée dans l'air alors qu'elle aurait pu s'écraser sur la ville... sauf qu'elle ne ressemblait pas du tout à une météorite. En bas, je remarquai grâce à la lumière de la lune que la zone avait été nettoyée et était encerclée par des gardes. Le pégase ralentit alors que la gemme se détaillait petit à petit. « Des gardes de toutes les îles sont rassemblés en bas ! » m'expliqua Jën. « Si la météorite tombe, elle ne fera aucun dégât. » Mais je ne l'écoutais plus qu'à moitié : mon regard était désormais happé par l'objet en suspension. Il s'agissait d'un cristal géant qui émanait une forte lumière orange, comme un soleil de crépuscule qui trônait au-dessus d'Aeden. Les frissons du vent nocturne avaient laissé place à une douce sensation de chaleur qui semblait venir directement du cristal. Mais à mesure que nous approchions, une autre chose retenait mon attention : une silhouette claire s'en détachait. Nous nous arrêtâmes à quelques mètres du cristal, alors que la chaleur devenait à peine supportable. « Chuan ! Regarde ! C'est une femme dans le cristal. Dessine-la ! » Je plissai les yeux et constatai qu'il avait raison. Une femme aux cheveux longs était comme endormie, les bras en croix. Qu'était-ce ce maléfice ? Je n'avais jamais rien vu de tel. A ce moment précis, je savais que cette vision serait à jamais ancrée dans ma mémoire.

Mais je n'étais pas venue pour constater cette vision moi-même : il fallait que je le partage à notre communauté de nomades. Et pour cela, je devais mettre mes talents de dessinatrice à profit. J'ouvris mon carnet et empoignai mon crayon. Jën m'embrassa de son étreinte et se concentra. Il modifia mes sens : soudain, les variations qui m'entouraient devinrent évanescentes. Je pouvais pleinement me concentrer grâce à sa magie. Je réalisai plusieurs croquis d'une main assurée. Le cristal. Puis la silhouette de la femme. Puis, enfin, un croquis montrant les deux, censés représenter le plus fidèlement la réalité. Je me concentrai particulièrement sur l'expression de la femme dans le cristal : elle semblait non pas morte, mais plongée dans un sommeil paisible. Enfin, j'écris des mots évoquant les sensations ressenties près du cristal : sa chaleur, sa lumière douce. Etrangement, je ne me sentais absolument pas menacée par lui. Mais l'expression de la femme m'apaisait. Déjà, des hypothèses plus folles les unes que les autres se tissaient dans mon esprit. J'inventais mille histoires à cette femme, sachant que des Lyrienns intelligents s'étaient déjà penchés sur le cas sans conclure à quoi que ce soit. Peu m'importait : moi, je n'étais pas là pour trouver des solutions. J'étais là pour Inspirer, et c'était exactement ce que cette vision d'un autre monde m'aiderait à faire dans les prochains jours.

Une fois satisfaite de mes croquis, je fis signe à Jën de me libérer de son étreinte. « Merci, Jën ! Retournons à Hava. » Nos restâmes quelques secondes à contempler le minerai en suspension, puis Stan se tourna et pris la direction de notre terre. « Au fait, Chuan... je crois avoir trouvé la réponse à ta charade. » Il me sourit. Le pégase avançait doucement sous les étoiles. « Elément. » Je hochai la tête, admirative. Le Lyrienn était habitué à nos énigmes, à moi et à ma mère. Il était devenu très fort pour deviner les réponses des miennes. Ou était-ce juste qu'il me connaissait par cœur ? « Félicitations. Tu es le meilleur ! » Je me lovai contre son ventre comme un chiot se terrait dans celui de sa mère. Nous venions de deux univers différents, mais il restait mon père. Et dans ces précieux moments partagés en toute intimité, mon cœur débordait d'affection pour le Lyrienn. Ce moment, lui aussi, resterait longtemps intact dans ma mémoire.

Mots : 1549
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Eiko
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Eiko
Jeu 13 Oct 2022, 14:21


Image par Walker Paulsen.
Épées couronnées
Aurel & Eiko


Eiko posa la couronne sur sa tête. Elle était encore un peu grande mais pas au point de lui tomber sur le nez - juste sur le front, plaquant sa frange et écartant ses oreilles. Elle fit écho au rire d'Aurel, posant fièrement ses poings sur ses hanches malgré son allure. Peut importait qu'elle ait l'air vaillante : la fillette ne faisait pas cas de son apparence. Pas lorsque l'amusement primait sur le reste. « Oui ! Et même que si tu les bats tous, eh bah je t'offrirai un trésor en cadeau ! Pour te remercier ! » Eiko s'empara d'une branche et commença à la manier telle une arme. Même si elle faisait confiance à son Chevalier, cela ne signifiait pas qu'elle devrait attendre passivement qu'il la délivre de la menace. Elle était assez grande pour faire ces choses là toute seule, seulement, c'était plus amusant de le faire ensemble... S'inspirant des chorégraphies qu'elle avait déjà observé chez les Huā  et les Zhēn, la Hanatsu se mit à tourner sur elle-même, brandissant son épée imaginaire au dessus de sa tête puis l'abattant sur un ennemi invisible. Elle avait déjà essayé de se prêter à cet art, mais les équipements d'entrainements étaient trop lourds pour qu'elle pusse les manier correctement. Cette brindille, cependant, était tout à fait à sa portée, et elle parvenait à enchainer des figures acrobatiques qu'elle imaginait impressionnantes mais qui étaient surtout décousues. Cela n'avait pas d'espèce d'importance : dans son imaginaire, elle était une combattante redoutable.  « Gardiennes ! » s'écria la petite fille en se retournant vers une nuée de bulles qui s'élevait de la rivière qu'elle n'avait pas quitté - sa tenue était à présent tout à fait trempée. « Il faut protéger le secret de l'île ! » La brunette se tourna vers son acolyte et, chuchotant à voix haute pour se faire discrètement entendre, comme pour marquer une pause dans son aventure, elle proposa : « Viens, on dit que l'île et bah elle cache un troupeau d'Oniyumis et de Hovatas ! » Une fois qu'elle eu récolté son avis, elle se replongea aussitôt dans la narration de leur épopée. « Gardiennes, attrapez-les tous ! »

Phelip, qui était resté à les observer pendant quelques instants avec un sourire bienveillant, s'approcha de ses souverains. « Mes Altesses, je crois que les brigands se dirigent vers le village... » dit-il pour ne pas les sortir de leur illusion. Eiko prit un air choqué : c'était ce que lui inspirait une telle idée. Elle s'était réellement attaché à l'endroit et elle ne souhaitait pas qu'on vienne importuner les habitants. « Oh non, ils pensent qu'ils sont cachés là-bas ! Vite, Chevalier Sūrya ! Il faut aller protéger nos amis ! » C'était ainsi qu'elle les considérait. Comme des amis, plutôt que des sujets ; des camarades, plutôt que des serviteurs. S'entraidant pour repousser les envahisseurs, le duo fit chemin inverse jusqu'à regagner le village qu'ils avaient quitté quelques heures plus tôt.

« Vous les avez trouvé ! » Douria s'était approchée, admirative et curieuse comme le reste des locaux. Eiko mis quelques secondes avant de comprendre qu'elle s'exprimait au sujet de l'épée et de la couronne. « Oui ! Ils étaient cachés, mais on a réussi ! » « C'est la preuve que vous êtes bien les élus de Zhaqani. » « Est ce qu'on pourra le rencontrer, un jour ? » Une mine nostalgique recouvrit le faciès de l'érudite. « Malheureusement, je craint qu'il ne nous ai quitté... » « Oh... » Eiko s'approcha d'Aurel et, naturellement, vint chercher sa main, comme pour obtenir du réconfort de sa présence et de sa proximité. Il avait cet effet apaisant sur elle. « C'est... Dommage... J'aurais bien voulu lui dire merci pour son cadeau... Oh, tu vas où Phelip ? » L'homme s'était retiré dans sa hutte, et la brunette s'empressa de l'y suivre. Le conseiller était en train de déplier un parchemin. « Qu'est ce que tu fais ? » Elle s'approcha de la table basse où l'adulte avait étendu ce qui ressemblait à une carte. « Je vais indiquer où se trouvaient les Trésors de Zhaqani. De la sorte, nous pourrons y ériger des temples en son honneur, afin d'aller le remercier pour les précieux miracles qu'il nous a laissé. » Eiko, qui détaillait les courbes d'encres, releva la tête vers le professeur. « Ça veut dire quoi, ériger ? »
745 mots



[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées - Page 2 B6vi

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Dorian Lang
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Dorian Lang
Ven 14 Oct 2022, 22:13

[Event Septembre & Octobre 2022] - Complots, plantes et épées couronnées - Page 2 N2mt
Les épées couronnées



« Ah ! Il est là ! » La voix pépia à travers la brume de mon inconscience. Je grognai et tournai le dos à la nuisance pour fuir les griffes qui déchiraient mes rêves. Une racine s'enfonça sans pitié dans mes côtes. « Putain... » Je me décalai pour trouver un creux plus confortable, les yeux obstinément fermés pour rester blotti dans les bras du sommeil. Je frottai ma joue sur la mousse humide qui me formait un oreiller moelleux, mais qui fleurait trop le renfermé pour que ce soit véritablement agréable. « C'est bon, j'arrive ! » Fit une voix grave vaguement familière. Ne pouvaient-ils pas la fermer ? Ils ? Racine ? J'ouvris grand les yeux et louchai sur le nœud dense d'un tronc entre deux racines aussi épaisses que moi. « ... » Un contact léger sur mon épaule me fit bondir et je jaillis hors de mon trou comme si j'étais monté sur ressors. En un quart de seconde, je fis appel à ma magie et restai sans voix face au grand vide que je trouvais à la place. « Votre Majesté ? Pardonnez-moi, je vous ai fait peur. » Hébété, je regardai autour de moi jusqu'à me fixer sur la silhouette d'une femme que je ne pensais pas revoir un jour. « Ophéclia. » « Je ne vous trouvais pas, j'ai eu peur ! Je suis très heureuse de vous revoir ! » Je clignai des yeux, puis levai une paume pour mettre un terme à d'additionnelles marques de joie. « Je ne comprends pas. Qu'est-ce que je fais là ? Je suis certain de m'être endormi dans mon lit. » « Votre lit vous attend, si vous souhaitez vous reposer. Mais il ne faut pas tarder, la forêt n'est pas très sûre la nuit. Le jour non plus, mais je pense que la Reine préférera certainement commencer les recherches tant que le soleil est encore suffisamment haut pour pouvoir voir où elle marche. » Je la fixai, laissant les secondes passer comme si le temps me donnerait davantage d'explications. « Ok. » Ce n'était pas "Ok" mais je n'avais manifestement pas mon mot à dire même, mon consentement purement négligé dans cette affaire, comme d'habitude. Ma réponse laconique parut ravir la conseillère d'Issë qui osa faire un pas dans ma direction. « Venez, j'ai eu des échos comme quoi la Reine était arrivée aussi, on a mis un peu de temps à vous trouver étant donné que - Attendez ne bougez pas, vous avez un peu de terre sur la joue. » Son parfum m'enveloppa alors qu'elle se penchait pour frotter ma joue avec sa manche avec un soin presque maternel mais je reculai instinctivement. Elle me regarda d'un air interrogateur. « J'ai faim. » Laissai-je tomber en guise d'explications. Si c'était vrai, j'étais aussi mal à l'aise. Désorienté, je n'étais pas sûr de savoir comment me comporter. Son accueil chaleureux m'apparaissait déplacé comparativement à mon départ précipité où j'avais juré à qui voulait l'entendre que je ne poserai plus jamais le pied ici. « Ce n'est rien ! Je vais demander aux cuisines de vous préparer quelque chose ! Myrtille fait le poisson à l'étouffée comme personne ! » « Merci, ça ira. Je vais me débrouiller. » de ma première visite sur l'île, j'avais conclus que leurs connaissances sur le reste du monde étaient nulles. Ils n'avaient pas plus conscience de la signification de ma nature raciale que du nom des véritables souverains qui gouvernaient le monde. Enfermés dans leur bulle sur leur île, rien d'autre n'avait d'importance que leur vie et nous-mêmes. Comme je voulais éviter de me les mettre à dos en leur apprenant que la fois où j'avais bu le sang d'une petite fille n'était pas une lubie perverse et déviante était un jour normal pour moi, je préférais me retenir tant que j'en étais capable, et jusqu'à pouvoir trouver une façon de revenir d'où je venais. Objectif simple à énoncer, plus difficile à mettre en pratique mais depuis quand la vie m'était facile ? Replongé dans de sombres réflexions, je suivis Ophéclia, l'air aussi joyeux qu'à des funérailles. « J'ai trouvé notre Roi ! » S'exclama la conseillère dès qu'elle fut à portée de voix des deux personnes qui nous attendaient. Je les reconnus sans peine, mais plus par déduction qu'en cherchant à percer leurs traits sur la distance.

Une fois arrivés près d'eux, un silence gênant nous enveloppa et je regardai ailleurs, feignant une subite passion pour la broderie sur la cape qu'Ophéclia m'avait donnée pour me protéger du soleil. La conseillère échangea un coup d'oeil angoissé avec Bran, puis toussa. « Vous avez été rappelés à nous afin d'accomplir la volonté de la prophétie. » Je ricanai, incrédule, mais la blonde poursuivit comme si elle n'avait rien entendu. « Vous vous en souvenez certainement, mais la forêt qui recouvre l'entièreté de l'île nous est hostile. Néanmoins, il vous faudra la braver et tâcher de la convaincre de vous livrer ses trésors. » « Des trésors ? » Je soufflai de rire. « Parce qu'il y autre chose que des horreurs et des champignons dans cette jungle infernale ? Non merci. Je pense que je vais plutôt vous prendre au mot, Ophéclia, et aller m'allonger en attendant que cette farce cesse. Èibhlin peut aller sautiller dans ses buissons si ça lui chante. » La conseillère blêmit légèrement mais elle s'était sûrement attendue à une telle réaction de ma part car elle s'approcha. Mon regard la dissuada de poser sa main sur moi et elle déclara d'un ton compréhensif. « Vous voulez que je demande à Myrtille s'il reste des galettes de céréales aux fruits rouges ? Vous serez sûrement mieux disposé à entrer dans la légende avec le ventre plein. » « Mais lâchez moi avec Myrtille. » Grognai-je. Je me voyais déjà lui arracher la carotide si elle persistait à me parler de nourriture. Un soupçon vexée, la blonde se raidit. « Très bien. Avec Bran, nous avions prévu une forme de protection pour votre quête. Nous ne sommes pas autorisés à vous aider en personne, mais la prophétie ne nous interdit pas de vous apporter les moyens de vous défendre. Ils ont été dressés pour les arènes face aux bêtes sauvages que nous avons réussi à capturer et se sont montrés brillants et particulièrement intelligents pour déceler les points faibles chez leur adversaire. » Pourquoi agissait-elle comme si je ne venais pas de refuser tout net de jouer leur comédie ? Je regardai l'Alfar pour partager ma consternation avant de me rappeler que je ne lui parlais plus. Les pieds ce serait, donc.

Lorsque les conseillers revinrent, ils étaient suivis par trois animaux qui s'apparentaient à des félins mais j'étais incapable de me souvenir avoir déjà vu une bête pareille. Leurs queues fouettaient l'air et leurs yeux jaunes aux pupilles largement dilatées se fixèrent sans hésitation sur nous. Je fronçai les sourcils et modifiai mes appuis inconsciemment mais leur regard glissa sur moi comme si je n'étais pas un adversaire digne de leurs griffes. À l'extrémité de leurs queues, d'épaisses griffes jaunâtres n'invitaient pas à l'envie de les caresser. Ce n'était pas ce qu'ils recherchaient car après nous avoir tourné autour, l'un d'eux alla jusqu'à me renifler la jambe, ils allèrent s'asseoir dans un coin, serrés les uns contre les autres. Nous n'existions apparemment plus mais je surpris le mouvement de leurs oreilles lorsque j'esquissais un pas vers les conseillers. « Qu'est-ce que c'est ? » Le torse de Bran se bomba fièrement comme s'il avait porté les bestioles dans son propre ventre. « Ce sont des Hlëbardhis. Il s'agit de notre portée la plus prometteuse, descendants d'une lignée constituée de nos combattants les plus féroces. Ils vous seront précieux, vous serez heureux de les avoir à vos côtés. Loin de moi l'idée de vous manquer de respect, mais vous ne ressortirez pas vivant sans eux. » « Comme c'est réjouissant. » Déclarai-je aigrement, et Bran haussa les épaules avec un air désolé. « Si vous vous perdez, ils vous aideront à retrouver votre chemin. Je vous déconseille de vous séparer cependant. Ces trois-là ne se sépareront pas pour suivre chacun d'entre vous. Ils ont été élevés ensemble et combattent ensemble. »

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Jämiel Arcesi
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Jämiel Arcesi
Sam 15 Oct 2022, 19:56

SHUWU par G xy
Les épées couronnées

Si elle s'attendait à du mépris ou de la colère de la part de Dorian à son endroit, Èibhlin ne s'était pas préparée à l'ignorance. Peut-être avait-il raison en vérité. Au moins ils ne risquaient pas se grogner dessus comme à chacune de leurs rencontres. Son œil se porta ainsi sur la forêt devant eux car, bien sûr, il aurait été étonnant que ce trésor soit facile d'accès. Ce fut la remarque du Vampire qui reporta l'attention de la clone sur lui. Les sourcils froncés, elle s'apprêta à lui rétorquer. Non, on ne sautillait pas dans les buissons de ce genre de forêt, à moins de chercher la mort. N'était-ce pas le genre de choses que l'on apprenait à Myngrimu ? À moins que la dangerosité de cette forêt soit surestimée. Tous ces mots elle les conserva pour elle finalement. Avec le temps elle commençait à comprendre quand un avis pouvait être partagé et quand il valait mieux faire acte de silence. L'irritation qui l'avait gagné fut néanmoins vite réprimée par l'échange se déroulant entre Ophéclia et Dorian. À la place, elle dut retenir un rire et cacher le sourire amusé qui l'accompagnait d'une main sur la bouche. La situation était trop comique pour ne pas réagir. D'autant plus suite à la réflexion qu'elle se fit : avec un tel nom, il ne lui serait pas étonnant que ce soit cette pauvre Myrtille qui devienne le casse-croûte du brun. Il lui fallut ainsi quelques secondes avant se concentrer à nouveau sur la conseillère et le sujet initial qui, semblait-il, était à l'origine de leur retour sur Issë. « Ils ? » les interrogea Èibhlin. La seule réponse qu'elle obtint fut un sourire mystérieux de la part des deux conseillers. Une moue ennuyée sur le visage, elle les fixa longuement, le temps qu'ils disparaissent derrière un mur et du champ de vision de l'Alfar. Alors elle exhala un soupir ennuyé comme elle croisa les bras, songeant à la façon dont elle expliquerait son absence à Emrys qui risquerait d'être bien trop courroucé pour qu'il accepte aisément ses excuses. Cherchant à oublier ce problème, elle tourna son regard vers Dorian. C'est là qu'elle le découvrit fuyant.

Après un long silence qui commençait à sérieusement devenir pesant, Èibhlin se prépara à ouvrir la conversation puisque lui ne semblait pas être disposé pour. La bouche ouverte, elle ne put prononcer le moindre mot, stoppée par le retour des conseillers. Et ils n'étaient pas seuls. Ils. Des animaux donc. Ils devaient faire la taille d'un jaguar au garrot. En les voyant, la Sarethi ne fut pas des plus rassurées contrairement à ce qu'Ophéclia avait affirmé plus tôt. Leurs pas silencieux, les ténèbres de leur pelage, l'ambré de leur regard, la sournoiserie qui y était dissimulée... Tous ces minuscules détails lui faisait terriblement penser aux Morgant de la Forêt des murmures. Le visage ranimé des oubliés. En cela, la panique envahit son être lorsqu'ils s'approchèrent d'eux et, même à distance, elle n'osa pas les détailler plus que cela, encore moins, croiser leurs pupilles. « Des Hlëbardhis ? » répéta-t-elle pour s'assurer avoir bien compris. Ce n'était donc pas des Morgant ? La Sarethi se détendit légèrement. Elle demeurait tout de même pas moins rassurée que ça. Est-ce qu'elle avait envie de les côtoyer bien qu'ils fussent domestiqués ? Rien n'était moins sûr. Son attention retournant sur la forêt, elle tenta de faire appel à sa magie. Ce fut sans succès, encore et à son grand dam. Les lèvres pincées, elle dût se rendre à l'évidence : il lui faudrait être accompagné de ces créatures pour avancer. Vint alors le deuxième problème de cette expédition : ils devraient la faire ensemble, à moins que l'un ne préfère rester hors de cette histoire et, par conséquent, de la forêt. Dorian, en l'occurrence car il était impossible pour l'Alfar de ne pas se saisir d'un artefact qu'elle imaginât de suite unique et puissante. « Ophéclia. Bran. Pouvez-vous nous laisser je vous prie ? ». Les deux interpellés se jetèrent un regard inquiet. Ce n'avait jamais été une réussite quand leurs souverains avaient échangé en privé. Ils ne pouvaient malheureusement pas contester un ordre direct de leur Reine. « Bien, votre Majesté. Si vous avez besoin de nous, nous ne serons pas loin. ». Èibhlin opina du chef avant attendre qu'ils ne disparaissent à nouveau de son champ de vision pour avancer de quelques pas vers la forêt. Elle se concentra plus intensément que précédemment pour user de l'Envoûtement, mais encore une fois rien de ne passa. Pas une racine qui se levât. Pas une branche qui s'écartât. Avec une moue contrite elle dut se résoudre à ne pas pouvoir compter uniquement sur elle-même. Alors elle exhala un souffle. « J'ai bien entendu que tu ne voulais pas partir à la recherche de ces trésors. » commença-t-elle à l'intention de Dorian, toujours dos à lui, suffisamment pour que son regard ne puisse toucher sa silhouette et bien assez pour garder les créatures à l'œil. « Quant à moi, je ne peux les ignorer. » continua-t-elle comme elle sentait sa poitrine se contracter à mesure de ses mots et de l'aveu qui allait en sortir. Il lui fallut plusieurs longues secondes avant pouvoir articuler la suite. « Et... Je ne t'ennuierais pas avec ça si seulement on pouvait user de la magie. ». Elle se préparait déjà à la réaction du Vampire. Elle dût cependant s'y reprendre à trois fois avant terminer. Ce fut les créatures se rapprochant à leur tour de la forêt — d'elle donc — qui la forcèrent à conclure. « Je ne peux pas voyager avec ces êtres. Pas seule. » admit-elle dans un souffle rapide comme elle se crispa sur place, les yeux fermés, le souffle de leurs queues battant l'air pour seul indice de leur proximité. Même en sachant pertinemment qu'ils étaient élevés pour la défense de la cité, la Sarethi était incapable d'ignorer leur ressemblance avec ce mauvais esprit. En cela, elle préférait jeter son orgueil en pâture que se plonger dans une forêt mortelle avec ces... Choses.
:copyright: ASHLING POUR EPICODE




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Isiode et Isley
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Isiode et Isley
Dim 16 Oct 2022, 20:10



« Bonjour Imperio, Capitaines d’Orhmior. Je suis ravi de constater que vous avez tous répondu présents pour la tenue de cette brève rencontre. »

Avec toute la déférence que nous devions lui témoigner, nous courbâmes l’échine devant l’Imperator de l’Île d’Orhmior, le Commandant Séraquiel Tarveras. Par le passé, l’officier était surtout connu sous l’appellation de Général des Armées de la Compagnie de Yüerell. Toutefois, lors de la fusion de cette dernière organisation aux forces de la Nith-Haiah, il dû rendre son titre afin de se plier à la nouvelle structure hiérarchique qu’était devenue l’Armée angélique. Cela étant dit, il était étrange de dépouiller un homme de sa réputation d’un tel rang. Il avait à son compte de nombreuses années de service pour l’ancienne Compagnie, possédait l’admiration de ses hommes, un sens des responsabilités sans faille, une expérience sans équivalent ainsi qu’un caractère qui était fort apprécié de la très grande majorité : s’il en attendait beaucoup de ses subalternes et associés, il était tout aussi – voire plus – exigeant envers lui-même que n’importe qui. À ce titre, les Consuls avaient décidé, à la majorité, qu’il serait bon de lui assurer une fonction tout aussi importante que son grade déchu, et c’est ainsi qu’il fût posté à la tête de la Région militaire d’Orhmior en tant qu’Imperator, faisant de lui l’intendant et le protecteur de cette nouvelle terre angélique.

« Dide ke! (Repos!) À la puissance de sa voix, nous fîmes ce qui nous fût ordonné, redressant nos visages et nos torses dans la foulée. Vous pouvez prendre place. »

Puis, comme un seul homme, nous nous installâmes sur le siège qui nous avait été assigné, fin prêts à entendre ce pourquoi nous avions été convoqués. Cependant, à l’instar de l’Imperator, trois militaires restèrent debout et le Tarveras leur fit signe de prendre la parole. Je les reconnus sur-le-champ : il s’agissait de l’Imperio du Troisième Bataillon de l’île, du Capitaine de l’Escadron Omidọti – les forces maritimes de la Nith-Haiah – ainsi que du Capitaine de l’Escadron Isra, les patrouilleurs frontaliers de la Nith-Haiah. Tout naturellement, le sujet de la réunion se ficela dans mon esprit, alors que je m’appuyais plus fermement au dossier de mon siège. Puis, comme une évidence, le Maître de Bataillon entama la discussion :

« Comme vous devez déjà le savoir, depuis un certain temps, nous sommes confrontés à l’apparition d’une espèce végétale envahissante dans nos eaux littorales. Si elles n’ont toujours pas touché terre, leur densité s’accroit pourtant à grande vitesse, et ce, au-delà même de nos mers. »

En effet, puisque, selon les rapports, la fameuse plante aurait également été détectée à des profondeurs insoupçonnées de l’Océan, en plus d’avoir été aperçue sur une grande majorité des côtes continentales et insulaires des Terres de Sympan. À la manière d’une toile tentaculaire, la plante semblait étendre sa suprématie en dépit des courants et des caprices de l’Océan, s’alimentant de sa fureur et de son sel pour poursuivre, inlassablement, sa progression. À ce rythme, le titre « d’envahisseur » ne serait plus qu’un euphémisme.

« Cependant, le problème ne s’arrête malheureusement pas ici… »

À ses côtés, les Capitaines d’Omidọti et d’Isra déposèrent plusieurs fiches et dessins sur notre table de réunion afin que tout le monde puisse jeter un coup d’œil sur leurs rapports. Seulement, la pesanteur d’un soudain silence nous écrasa tous en même temps, alors que nos pupilles se braquaient, inflexibles, sur les fines lignes des illustrations que nous avions sous les yeux.

« Depuis quelques jours, nos patrouilleurs retrouvent ces corps qui se sont échoués sur nos plages. Les visages qui avaient été dessinés paraissaient souffrir bien au-delà de l’encre et du papier. Moins d’une dizaine de victimes a déjà été recensée, et ce matin encore, un cadavre a été extirpé des eaux par l’une de nos équipes. »

Le portrait de la dernière victime ne ressemblait strictement à rien, en dépit de la précision et des détails qu’avait esquissé le dessinateur avec soin.

« Chaque corps qui a été retrouvé sur nos berges présente ce type de blessures, intervint le Capitaine des Sentinelles d’Argent en pointant quelques faciès déformés et perforés. Comme s’ils avaient été transpercés de tous les côtés par cette plante. »

Lentement, quelques regards se soulevèrent en direction des trois protagonistes qui se tenaient devant nous, à l’exception du Commandant Tarveras, qui écoutait avec attention, sans participer plus que cela à la discussion.

« Ces plantes présentent donc un véritable danger! Il faut les éliminer!

- La situation est plus complexe que cela. Il prit une inspiration. Nous travaillons présentement en étroite collaboration avec l’Escadron Imuō (l’Escadron des Sciences et du Développement militaire) afin d’étudier et d’en apprendre davantage sur ce mystérieux végétal, et il s’est avéré que cette plante serait une espèce de sauge.

- De la sauge?

- C’est exact. Seulement, lorsque nous avons apporté nos échantillons dans leurs laboratoires, nos scientifiques nous assuraient que c’était la première fois qu’ils posaient les yeux sur une telle variété. »

Que diable se passait-il dans l’Océan?

« Savez-vous pourquoi cette plante s’est soudainement mise à proliférer de cette façon? »

Après tout, les Régions militaires des Jardins de Jhēn et des Terres d’Iyora nous rapportaient, elles aussi, la présence de cette plante invasive sur leurs mers côtières.

« Des études sont en cours afin de répondre à cette question.

- Et est-ce que nos citoyens sont en danger? Quelles répercussions cette invasion aura sur notre économie de la mer?

- Nous en sommes encore à des hypothèses, mais selon nos études, cette plante n’a, à priori, aucun effet sur nous – sur nous ou bien sur la faune marine locale. Il émit une pause. En revanche, elle affecte ces gens. »

La majorité de l’assemblée avait déjà fait plusieurs liens entre les différentes informations qui venaient de nous être communiquées.

« … Qui sont ces gens? Demanda pourtant l’Immaculé en haussant l’un de ses sourcils.

- Les Sirènes. »



« […] C’est pourquoi il nous a été demandé de redoubler de vigilance durant nos patrouilles sur les côtes et d’immédiatement reporter, aux équipes de l’Escadron d’Omidọti et d’Isra, chaque corps que vous retrouverez. Un à un, mes Soldats hochèrent gravement de la tête, se passant ici et là les différentes copies qui nous avaient été distribuées à la conclusion de ma réunion. Nous vérifierons également si la prolifération de cette plante se cantonne aux mers et n’affectera pas nos sources d’eau douce. »

Plusieurs tiraient des grimaces de dégoût à la vue des différents portraits mutilés qui passaient sous leurs yeux, tandis que les autres essayaient de conserver un air des plus impassibles, à mon écoute. C’était plutôt difficile. Ces images nous donnaient l’impression que les plantes s’étaient tout bonnement développées à l’intérieur du corps des victimes. Mûrissant, se fructifiant, elles auraient grandi et grandi, jusqu’à ce que la chair de leur hôte devienne une barrière naturelle à leur continuelle croissance. Cependant, elles auraient continué de pousser, d’enfler, de s’amplifier, jusqu’à ce que l’espace se restreigne et ne soit trop petit pour leur fleuraison. Alors les plantes auraient alors commencé à tendre la peau de leur hôte, à forcer leur passage dans le moindre interstice qui leur était exposé. Jusqu’à leur transpercer les muscles, les bras et les jambes; les yeux, les oreilles, la bouche et les ongles…

« Selon les premiers rapports fournis par les équipes d’Imuō, cette plante n'affecterait pas les organismes autres que les Sirènes. Cependant, par précaution, je vous demanderais de ne pas toucher aux dépouilles si vous en croiser une, et d’établir un périmètre de sécurité afin qu’aucun civil ne soit en contact direct avec les cadavres : nous attendrons ensuite les directives des autres équipes. Prudence était mère de sûreté, et personne dans cette salle désirait voir l’un des nôtres achever son voyage de la même manière que ces femmes désarticulées. Cela conclue mon annonce pour aujourd’hui. Je balayais du regard tous mes cavaliers et cavalières. Des questions? »


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Dim 16 Oct 2022, 20:22



Depuis quelques heures déjà, la clameur citadine assujettissait mon ouïe à sa frénésie et berçait inconsciemment mon esprit dans son tumulte si familier. Des voix et des exclamations perçaient les murs de la chambre, des sabots et des bottes joignant leur son à la symphonie ambiante, et malgré cela, je me refusais à quitter les bras du sommeil. Au cœur de ce monde qu’avait bâti mon imaginaire, tous mes tourments et désarrois s’effaçaient, tandis que les affres du réel se perdaient pour ne plus jamais apparaître sous mes yeux. Je retrouvais mon quotidien, le rythme de ma musique, de mes entraînements, de tout ce qui avait, jusqu’ici, harmonisé ma vie. Cependant, tous les rêves avaient une fin, le claquement d’une porte me tirant violemment de ma torpeur, m’arrachant à la beauté du songe et à la douceur de la fiction. À la manière d’un miroir qui se brise, l’univers sous mes paupières se fractura et s’immergea de noir, mes oreilles prenant graduellement conscience du bourdonnement extérieur. Je battais des cils avec appréhension, de peur que la lumière de Jeriel transperce ma pupille, mais l’éclat était doux, pratiquement timide derrière l’épaisseur de mes rideaux. Je me redressais avec précaution, évitant de porter tout regard en direction de la fièvre urbaine. Je savais déjà ce que j’y verrais – et ce qui m’échapperais… Il était préférable que je sorte de mon lit, que je commence ma journée, moi aussi. Les draps furent rejetés et mes pieds, déposés sur le plancher. Pourtant, pendant de longues minutes, je me refusais à me lever, fixant la porte devant moi, cette même porte qui s’ouvrait sur la réalité. Elle me semblait si éloignée, que l’idée même de m’en approcher me paraissait absurde et futile. Je pouvais simplement rester ici, dans mon lit, et rêver : rêver de mon quotidien, de celui dont la mélodie ne s’était pas cassée, de celui dont le rythme continuait de jouer… Je le voulais, mais le pouvais-je seulement? La question me tarauda, me hanta, jusqu’à ce que mes doigts se crispent et que mes jointures rougissent à la pression de mon poing. Cette ancienne mélodie s’était brisée, mais je pouvais – et devais – me créer une nouvelle partition. Je ne pouvais m’éteindre ainsi, alors que l’on avait tout tenté pour me sauver la vie. Je devais m’accrocher, avancer, et écrire un nouveau rythme qui saurait s’adapter à notre nouvelle réalité. Avancer, un pas à la fois, comme le musicien qui accordait ses notes dans une mesure harmonieuse. Par réflexe, je m’arrêtais devant la porte et tendit tout naturellement le moignon de mon bras vers la poignée du battant…

Et dans ma poitrine, mon cœur me matraqua.



Les nouvelles allaient bon train depuis plusieurs jours déjà, les tabloïds se donnant à cœur joie avec les différents événements qui se succédaient. La mobilisation d’une importante équipe militaire avait attiré l’attention sur les berges du Port d’Orhmior, là où un cadavre aurait été aperçu, flottant à la dérive sur les eaux du littoral avant d’être repêché par un groupe de travailleurs. Sur le papier, l’auteur avait essayé de décrire l’état misérable et affreux de la dépouille, puisque cette dernière présentait un nombre important de blessures – et pas n’importe quelles lésions : la victime aurait été transpercée sur tout le corps, l’état de décomposition du cadavre ayant rendu bien difficile son identification par les différents témoins de la scène.

« L’Armée Céleste a pris l'affaire en main et nous vous tiendrons au courant pour tout nouveau développement concernant l'enquête », récitais-je d’un timbre à peine perceptible, en même temps qu’un soupir s’expira de mes narines.

Il n’y avait pas si longtemps encore, nous avions reçu des ordres clairs de nos Capitaines vis-à-vis de cette situation. Je tournais une nouvelle page, lisant sur le prochain entête, qui se voulait à titre sensationnel : « Les Gemmes descendues ci-bas ont emporté avec elles les étoiles de notre ciel! » Hum. L'article devait faire référence à la réduction des étoiles qui traversaient désormais notre firmament. Seulement, avant que j'eusse allé plus loin, une porte s’ouvrit dans mon dos.

« Bon matin! Sur mon visage, un sourire s’étira, alors que je me contorsionnais sur le sofa pour lui faire directement face. Bien dormi? »

La rousse souleva lentement son visage, comme si elle venait de prendre conscience de ma présence. Par automatisme, ses lèvres se fendirent en un sourire, mais aucun éclat ne brillait sur ses traits. La portion noircie, veineuse et défigurée de son faciès renforçait plus encore la trahison de sa comédie, alors qu’elle essayait de me faire croire que tout allait bien.

« Waki n’est pas là? Après le lui avoir confirmé d’un vague hochement de tête, son profil s’était tourné vers la chambre de la délicate.

- Elle vient de partir, il y a quelques minutes déjà », me sentis-je obligé de préciser en observant son expression se désagréger.

Muramasa gardait pourtant le silence, son port rivé en direction de la porte scellée. Je savais ce qu’elle ressentait, un mélange explosif de chagrin et de culpabilité, puisqu’elle croyait être la raison qui incitait la Sunano à ne plus être aussi présente que d’accoutumée. Ses épaules s’affaissèrent doucement jusqu’à ce que sa figure embrasse, de loin, la surface du plancher. L’air qu’elle arborait me semblait vide et désenchanté.

« Veux-tu prendre un petit-déjeuner? J’ai cuisiné des crêpes. »

Sans aucune passion, Ren acquiesça, traînant son corps jusqu’à la cuisine. Dans son chemin, elle percuta un vase qu’elle n’avait pu apercevoir, et le stabilisa maladroitement, les dents serrées. Puis, elle arriva dans la cuisine, où elle considéra, d’un air dubitatif, l’assiette qui lui avait déjà été servie : les crêpes avaient été soigneusement coupées et un coulis aux fruits était resté sur le comptoir. Elle me lança un bref regard par-dessus son épaule avant de s’asseoir, tendant par habitude son moignon droit vers les ustensiles… Bon sang… L’entendis-je pester mentalement. À mon tour, je lui jetais un coup d’œil, scrutant son dos et les légers frissons qui en naissaient. La jeune femme prit pourtant sur elle-même avant de finalement porter sa main gauche jusqu’à la fourchette. Elle piqua un premier morceau de crêpe et le porta à sa bouche, mastiquant lentement la pâte avant de l’avaler difficilement. Elle répéta le geste et le répéta, jusqu’à s’arrêter, à la moitié de son repas. Cette fois, tout son corps se mit à trembler avec violence. Je la rejoignis, abandonnant le journal derrière moi. Et dans une étreinte, je l’ancrais dans mes bras.

« Ça va aller. Avec tendresse, je caressais le dessus de son crâne. Nous trouverons une solution et tout reviendra comme avant. Je te le promets. »

Un jour, elle pourra rejouer de son erhu et reprendre en main son épée.


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Les épées couronnées



« Ravi d'apprendre que tu n'as pas perdu ton audition. » Marmonnai-je. Ça me faisait une belle jambe. On aurait presque dit qu'elle m'autorisait à rester dans ma chambre, trop charitable. L'Alfar se tenait dos à moi et je plissai les yeux. Si même ma vue l'insupportait, la suite ne pouvait s'avérer que désastreuse, plus encore qu'à nos premiers jours sur Issë. Cela dit, je l'ignorai également depuis nos retrouvailles. Un point partout, balle au centre. Puis je fronçai les sourcils à la suite de ses hésitations, cherchant à comprendre où elle voulait en venir. Pourquoi devait-elle toujours tourner autour du pot ? C'était comme s'il fallait lutter pour lui arracher un lambeau d'information et qu'elle ne délivrait le fond de sa pensée qu'à contrecoeur.

« Quoi ? » Je n'étais pas sûr de comprendre. Ou plutôt, si, j'avais réussi à saisir malgré tous les ronds de jambe qu'elle avait exécuté pour enrober une vérité difficile à admettre pour une femme qui avait la fierté de la taille d'un continent. « T'as la trouille, c'est ça ? » L'interrogeai-je avec une incrédulité ravie. Lubuska serait apparue en cet instant pour m'annoncer que j'étais l'Elu que je n'aurai pas été plus transporté de joie. Ce n'était pas une perche qu'elle me tendait, c'était un bâton clouté. « Et qu'est-ce qui te fait penser que je vais accepter de t'accompagner juste parce que t'as peur et que tu me le demande ? Je m'en moque. » Articulai-je avec un peu trop de gaieté dans la voix. Je croisai les bras. En mon for intérieur, je savais que j'allais la suivre, pour différentes raisons qu'il m'était difficile d'appréhender et d'admettre, et parce que je n'arrivais pas à lui tourner le dos. Mais j'allais lui en faire baver. Je poursuivis, aussi onctueux que possible. « De plus, je ne sais pas si je serai capable de te protéger d'eux, ou de quoi que ce soit qui se cache derrière la lisière des arbres. D'ailleurs, est-ce que j'en ai envie ? J'aurai même dû commencé par ça. Me mettre en danger pour toi ? On ne doit pas avoir le même souvenir de notre précédente conversation, Èibhlin. Tu sais, j'ai bien réfléchi depuis la dernière fois, et je crois bien que je serai bien mieux si tu étais morte. Quand tu es en vie, tu ne m'apportes pas grand chose, sinon des ulcères à force de me contrarier. J'avais cru qu'en me contentant de ne pas revenir ici, tout reviendrait à la normale et je finirai par oublier ton infecte existence, mais si ces téléportations se renouvellent trop, il va falloir trouver une autre solution. » Je haussai les épaules et mon regard s'égara sur la forêt. « Et si je n'ai pas besoin de lever le petit doigt pour ça en te laissant aller toute seule dans cette jungle, c'est encore mieux. Je suis pragmatique, j'aime les choses simples et efficaces. Sauf si tu as mieux à me proposer comme alternative ? Qu'est-ce que j'y gagne si je viens avec toi ? Je vais t'aider et énumérer pour toi ce que je désire : un minimum de respect, un peu d'honnêteté ne ferait pas de mal non plus et enfin, et surtout, ton sang. Oui, ça me paraîtrait équitable si, en échange de ma présence à tes côtés, tu me laisses boire ton sang. Il va me falloir de l'énergie si tu veux que je te protège. » Un sourire étira mes lèvres. « Alors, on y va ? »

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D'humeur légère, je marchais aux côtés d'Èibhlin. Je n'avais pas évoqué notre marché depuis tout à l'heure, et je la savais pensive. Dès que nous avions mis un pied dans la forêt, les trois Hlëbardhis s'étaient comme évaporés entre les arbres, leur fourrure d'ébène se fondant dans l'obscurité qui régnait sous les frondaisons, mais je voyais de temps en temps leurs yeux d'or fondu nous scruter de loin. J'estimais que tant qu'ils n'étaient pas agressifs envers nous, ce n'était pas eux que nous devions craindre. Cette pensée me ramena à la raison qu'avait évoqué l'Alfar pour me prier de l'accompagner, un moment délicieux que j'allais chérir longtemps. « Tu as peur des gros chats ? Je ne t'avais pas vu si troublée depuis que j'avais été à deux doigts de t'écraser la trachée la dernière nuit avant mon départ. » Je savais qu'elle saurait à quoi je faisais référence. La terreur que j'avais perçue dans le mauve de ses yeux cette nuit-là devait avoir laissé quelques séquelles, même si mes menaces en étaient restées là. Au moins savait-elle ce qu'il se passait quand elle me mettait en colère désormais.

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Ammon Bethralas
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Ammon Bethralas
Lun 17 Oct 2022, 00:17


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Les épées courronées - Sirènes


Les cités cosmopolites battent au rythme des échos sans cesse renouvelés des rumeurs qui en battent le pavé. Dans la capitale déchu, le ragot est même érigé comme principe de vie, c’est un sport national que les ailes noires prennent un malin plaisir à les faire naître et à ébruiter de manière exponentielle dans toutes les strates de l’opulente cité.  Chaque vice y est allègrement représenté. De l’Avare puant en haillons ne pouvant s’empêcher de brailler qu’il a déniché un trésor, de l’Envieux cocu et jaloux à outrance dont l’épouse se fait trousser chaque matin par un luxurieux mieux pourvu que lui, de l’Orgueilleux si imbu de lui-même qu’il répand toutes sortes de rumeurs délibérément sensationnelles à son encontre pour déclasser ses opposants, du luxurieux frustré de s’être fait détrôner au palmarès du meilleur coup toutes catégories confondues, du colérique fulminant de rage sur les étals du marché des halles des Titans après avoir souffert de la comparaison avec un troll des cavernes, du Gourmand ayant mis le grappin sur le met le plus exquis n’ayant jamais existé en ce monde ou encore du Paresseux qui...non en fait, lui  reste le seul qui demeure totalement imperturbable dans sa fainéantise. Simples murmures à leurs origines, les promesses discrètes des rumeurs se débrident à mesure qu’elles prospèrent dans la bouche des colporteurs volubiles qui en détournent ou en amplifient le sens pour les rendre incontournables. Parfois, lorsque le bourdonnement d’une rumeur devient si imposant et si singulier qu’il se détache de la confusion du flot ininterrompu des autres, alors le ragot passe du simple commérage à un fait de notoriété publique.

Ammon se félicitait lui même d’être l’un des grands pourvoyeurs de rumeurs d’Avalon. Et c’était vrai. Pas une journée ne passait sans que l’Envieux ne répande des dizaines de ragots tapageurs sur ses congénères. Seulement, et au grand dam des efforts de l’Envieux, ses rumeurs à lui ne dépassaient jamais le stade du ouï-dire ou du petit bavardage insignifiant de vieilles pies lors de leur rencontre hebdomadaire de tricot. C’était outrageant et il était totalement persuadé qu’on œuvrait à son insu mais l’Envieux savait faire preuve de pugnacité lorsque le sort s’acharnait à ses dépens. Il l’avait fait toute sa vie et il continuerait encore jusqu’à son dernier souffle. Une différence notable demeurait à noter cependant. Le Corvus, lui, ne s’abaissait jamais à relayer les rumeurs puérils d’autrui, il créait les siennes de toutes pièces avant de les divulguer par courrier anonyme à toute une palanquée de racontars peu regardants.

L’expérience faisant, l’Écarlate prenait dorénavant grand soin de choisir les rumeurs dont il comptait donner libre cours. Le jour où il avait été l’instigateur du bruit selon lequel le célèbre et charismatique Proeliant à la renommée tapageuse Adam Pendragon avait, pour faire valoir le bien fondé de ses arguments, pilonné verticalement et sans la moindre once de répit une cohorte entière de collègues diplomates au cours de fastueuses réceptions, l’information s’était très rapidement révélé vraie après que celui-ci s’en soit vanté publiquement si bien qu’Ammon ne put jamais bénéficier des retombées médiatiques de cette affaire.  

Aujourd’hui, l’Envieux était très sceptique quant aux nouvelles qui se répandaient comme des traînées de poudre mais celle de la découverte de cadavres en putréfaction éparpillés aux abords des rivages avait pris suffisamment d’ampleur pour qu’il s’y attarde. Le dernier en date venait d’être mis au jour dans le lagon par des travailleurs des docks déversant sur les pontons leur pêche "miraculeuse". La dépouille désarticulée portait une multitude d’entailles de formes et de profondeurs variées ainsi que des traces de morsure d’espèces amphibie endogènes caractéristiques de la région. Cela devait bien faire au moins une semaine qu’il avait du s’échouer dans la rade avant d'être aspiré par les courants pour qu’on finisse par le remonter dans les filets. Si l’on ne pouvait clairement établir la cause du décès, une corrélation avec l’eau de mer semblait être l’une des pistes privilégiées par les érudits les plus émérites de la cité. La rumeur avait rapidement pris le pas sur les incertitudes des scientifiques et tout-un-chacun y allait de son petit commentaire pour interpréter cet état de fait.  Certains en appelaient à des signes avant coureur d’anciennes malédictions ancestrales, d’autres à des fléaux consécutifs à la guerre faisant rage entre Réprouvés et Sorciers. Ammon, lui, n’avait aucune conscience de tous ces éminents enjeux et pour ainsi dire, ils pouvaient bien s’entre-tuer jusqu’au dernier dans une boucherie à ciel ouvert. L'apport laissé à la postérité par les premiers relevait du grotesque et quant aux derniers, ils ne laisseraient comme tribut que mort et désolation dans leur sillage. Le monde ne se porterait que mieux après que ces engeances ait disparu de la surface de la terre.

'On soupçonne fortement l’action conjuguée d’espèces végétales comme étant à l’origine du funeste destin du corps inanimé retrouvé cet après midi ... '

"Qu’est ce que c’est encore que ce tissu d’âneries ? Ou est-ce que t’as pioché ce chiffon Balthazar ? Des plantes...et puis quoi ensuite ? Une putain d’espèce invasive de lierre qui vient paralyser les voies respiratoires des victimes ? Ca y est les oreilles pointues descendent de leurs arbres et se rebellent ?" mima t'il en plaquant ses phalanges derrière ses oreilles avant de les agiter de manière intempestive pour moquer celles des Ygdraé.

"C’est ce que je dois comprendre valet ? A moins que ce soit les autres prétentieux reclus dans leur forêt sinistre et si oubliés de tous que j’ai même finit par oublier leur existence ?"

"Les Alfars, Monsieur ?"

"Toute cette mascarade pue l’écaille à plein nez si tu veux mon avis Balhazar. Ils ont toujours eu le don pour se mettre dans les mauvais coups et réussir à faire porter le chapeau à qui sera assez idiot pour endosser le rôle."

"Pourtant rien jusqu’à présent ne laisse présager que les Ondins aient pu mettre au point pareil ..."

"Épargne moi tes jacasseries malvenues. Les rapports ne font pas état de cadavres de poiscaille ? Si ?"

"Eh bien non  mais c’est peut être un peu tôt pou-"

"Élémentaire Balthazar. Ton cerveau atrophié n’a pas les capacités suffisantes pour envisager toutes les possibilités induites par la situation, je le déplore mais il y a un ordre logique aux choses de la vie et mon ordre du moment c’est de t’intimer de... débarrasser le plancher ! et que ca saute !" tonna t'il avec un geste vengeur.

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Maximilien Eraël
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Maximilien Eraël
Lun 17 Oct 2022, 23:04


Epées couronnées


Le rouquin, qui donnait des coups dans le vide pour repousser l'ennemi, se faisait la majorité du temps emporter dans le mouvement de l'arme trop imposante encore pour lui. Mais il ne pouvait fléchir, même malgré cette déconvenue. Il était le premier rempart à sa reine qui mettait elle aussi à terre ceux qui arrivaient à parer et esquiver ses propres coups, ou simplement lorsqu'il détournait les yeux de l'ennemi pour observer la petite Orine se battre. Ça n'avait rien à voir avec ce qu'il voyait quand il allait espionner la caserne avec ses copains. Il y avait une fluidité qu'il n'observait pas chez les soldats. Pas comme celle-ci en tout cas. En fait, il avait plus l'impression qu'elle dansait plutôt qu'elle ne se battait. Il avait pu voir des mouvements qui ressemblaient à ceux des Devâdary plutôt. Ce fut l'exclamation de la brunette qui le remit dans le jeu. Il reprit correctement son épée en main, tournant la tête vers les Gardiennes que leur reine interpellait. Il était à nouveau prêt à affronter l'envahisseur et savait qu'ils ne pourraient jamais profondément pénétrer sur l'île puisque les Gardiennes l'accompagnaient et l'aidaient à présent. Une pause interrompit cependant la bataille avant qu'elle n'éclate. Alors le garçonnet papillonna des yeux. Des Oniyumis et des Hovatas ? Il n'avait pas la fichtre idée de ce qu'étaient ces choses. Mais ce n'était pas grave. Il lui demanderait plus tard. Il avait compris que c'était ça le secret de l'île et c'était largement suffisant pour l'instant. « D'accord ! » approuva-t-il ainsi l'idée dans un hochement de tête. Il retrouva alors sa posture de chevalier et répondit à l'ordre de sa reine. « En avant ! » ordonna-t-il à son tour en trottinant en avant pour partir au front, sans s'éloigner trop d'Eiko toutefois. La révélation de Phelip mit toutefois en arrêt son combat. Les voleurs avançaient vers le village ? Impossible. Sauf si... « C'était un piège ! Vite, on doit les sauver ! » répondit-il paniqué à Eiko qui semblait tout aussi désemparée que lui. Quels genres de personnes pouvaient être ces voleurs pour oser s'en prendre à des gens aussi gentils que ceux résidents ici ? Traînant l'épée derrière lui, Aurel se précipita à la suite de la petite Orine, marquant des arrêts réguliers pour se frayer un passage entre les vilains qui essayaient de lui barrer la route.

Ils arrivèrent enfin au village. Tout le monde semblait aller bien, ce qui soulagea de beaucoup les états d'âme du garçonnet. Ils étaient arrivés avant les voleurs, tant mieux ! Ils pourraient ainsi les empêcher de piller le village et blesser les gens. Il n'en eut pas l'occasion, le jeu prenant finalement fin. « On a fait comme Phelip il a dit, on a suivi les bulles ! » ajouta le rouquin suite à la fillette. Alors il bomba le torse, fier de ce que lui annonçait la conseillère. Il n'était pas certain de ce que ça signifiait d'être élu de quelqu'un. Il avait juste compris que c'était comme un compliment. Il songea alors qu'il avait hâte d'en parler à son papa. Déjà il avait maintenant une belle épée, comme lui, et en plus il était élu, comme lui aussi ! Sa joie s'effaça cependant à la révélation que leur fit Douria quant à Zhaqani. Il n'assimila cependant pas la signification exacte de son annonce. Il comprenait à l'expression qu'elle affichait que Zhaqani ne reviendrait pas sur l'île. Il n'avait cependant pas songé que c'était parce qu'il ne pouvait pas revenir. Néanmoins il ressentit la peine d'Eiko et ce fut suffisant pour que cette nouvelle l'atteigne de même. Alors, lorsque sa main vint à la rencontre de la sienne, il entremêla ses doigts aux siens, ce simple geste suffisant à apaiser la tristesse de son cœur. Il aurait alors bien complété la réplique de la brunette, si tant est qu'elle ne fût pas rapidement distraite. Plus désireux de la suivre qu'autre chose — il aurait encore l'occasion de demander à Douria où était parti Zhaqani — Aurel se pressa de rejoindre la petite Orine et Phelip qui surplombait un long parchemin sur lequel était dessiné... Quelque chose. Son regard se porta sur le conseiller lorsqu'il expliqua la raison pour laquelle il avait sorti ce dessin. « Vous pouvez traduire cela par "construire". Cependant "ériger" possède une valeur plus solennelle et spirituelle. » expliqua le conseiller à sa reine, bien que son roi soit tout aussi attentif et réactif. « Solennelle et siprituelle ? » - « Spirituelle. » corrigea Phelip, amusé par la curiosité de leurs petits souverains. « Ce qui est spirituel est détaché de la matière. ». Il constata bien vite que cela n'avançait pas plus les enfants. « Plus simplement, les dieux sont des êtres spirituels. Et les temples pour les honorer sont des lieux solennels. ». Aurel avait les sourcils froncés, cherchant à assimiler et comprendre correctement les explications du conseiller. Puis soudain il eut l'illumination. « Ah ! C'est comme pour l'Ōṇaṁaji ?! Quand on met de l'encens dans les maisons pour les prières la nuit, c'est ça ? » s'exclama-t-il, ravi d'avoir possiblement intégré les concepts de spiritualité et de solennité. « Un jour faudra tu viennes voir un Ōṇàṁaji ! » s'exclama-t-il à l'intention d'Eiko, ses deux mains s'emparant des siennes. « C'est rigolo, on danse et on chante et surtout on mange pleins de trucs trooooop bons ! Et on rigole beaucoup et même que c'est tout coloré ! » détailla-t-il l'événement en sautillant sur place, les yeux brillants. Il était certain que cette fête plairait à la petite Orine. « Toi aussi tu viendras hein ? Et avec Douria aussi ! Et touuuuuut le monde ici ! » ajouta-t-il en tournant le visage vers Phelip. Il aimait les habitants de l'île. Ils étaient gentils avec eux. Il voulait vraiment qu'ils participent tous à cette festivité. Et s'ils ne pouvaient pas tous venir, c'est lui qui allait la ramener ici.
©gotheim pour epicode


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