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 Des ailes noires comme l'ébène | Couronne des Péchés

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Sam 28 Jan 2023, 17:45



Des ailes noires comme l'ébène


Rp précédent : Nuit une : je crois que je suis coincé avec un cassos

Les yeux fermés, j’écoutais le son de mes propres pensées se bousculer dans mon esprit. Le bois de mon bureau soutenait mon front, si bien que le meuble me semblait presque faire partie de moi. Depuis combien de temps étais-je ici, avachi contre le plateau ? Des heures, à n’en point douter. Le jour avait fait place à la nuit et la nuit avait fini par s'enfuir derrière les bâtiments rosés de Caelum. Le bruit de la porte ne me fit pas relever la tête, ni même les pas discrets qui se dirigèrent vers moi. Je n’aurais jamais dû lui dire ça. J’étais fautif. Pourquoi avais-je fait ça ? Je poussai un soupir exaspéré. « … Duc Paiberym ? » La voix ne paraissait pas troublée outre mesure. Il s’agissait plutôt d’une hésitation amusée. Mon buste se releva et mes yeux s’ouvrirent. Il me fallut quelques secondes avant de m’habituer à la lumière ambiante. Une fois que ce fut fait, je découvris un jeune homme brun au visage jovial et aux yeux aussi curieux que pétillants. « Avez-vous un quelconque lien de parenté avec Jun Taiji ? » demandai-je, après avoir constaté l’existence de longs cheveux bruns et d’un sourire qui n’était pas sans me rappeler celui de mon père. « Pas que je sache, non. Je suis Mézaël Chanteclair, votre assistant. » « Chanteclair… » Il me sourit. « Ma famille est petite et très peu connue. Nous sommes cordonniers de génération en génération. » « Et vous avez décidé de vous affranchir ? » Il sourit encore et ses yeux pétillèrent. « Au prix d’efforts et de patience. Ma mère n’est toujours pas convaincue et elle a la particularité extraordinaire de pouvoir me houspiller durant des heures sans s’arrêter. » « Charmant. » « N’est-ce pas ? Je vous la présenterai si vous le désirez. Elle fait des lasagnes à se damner. » Mes lèvres s’étirèrent légèrement et mon regard s’attacha à son visage. Il y eut un moment de flottement. « Oui, donc… » Sa magie pulsa et fit apparaître un parchemin bleuté devant lui. « L’Empereur Noir, Cyrius Windsor, désire un entretien. Il propose d’organiser un concert sur Lagherta afin que vous puissiez jouer ensemble et discuter de la suite à donner concernant l’entente entre les deux peuples. » Plusieurs secondes s’écoulèrent. Je le fixai. « Continuez. Je vous donnerai les directives à la fin. » « D’accord… La Marquise Mirabelle Vaughan aimerait que vous l’accompagniez à un bal organisé par son bon ami, le Comte Ferdinand de Tournelle. Sa mère sera présente. Adam Pendragon vous invite à un salon artistique en sa demeure dans l’objectif de… Oh. » Il me fixa, gêné. « Les Déchus… » fis-je, en levant les yeux au ciel. « Vous avez également reçu tout un tas d’invitations à des festivités diverses et variées. Je vous en ai dressé la liste exhaustive. Seul point notable : cette enveloppe qui vous est destinée. Elle porte le sceau du Monarque Démoniaque et je n’ai pu l’ouvrir. Peut-être serait-il plus prudent de la faire examiner ? » « Non. Je vais m’en occuper. Donnez-la-moi. » Le Monarque Démoniaque était un problème considérable.

Lorsque la lettre fut en ma possession, le sceau se détacha. Je l’ouvris, la lus rapidement et réfléchis. Finalement, je relevai la tête vers Mézaël. « Acceptez l’invitation de l’Empereur Noir mais dîtes-lui bien que je ne participerai à aucun concert macabre. Refusez l’invitation de la Marquise Vaughan, en lui précisant que je manque malheureusement de temps. Demandez-lui si elle désire que mon assistant me représente à son bras. » Je souris devant sa mine déconfite. « Dîtes à Adam Pendragon que… » Je passai mon pouce distraitement sur mes lèvres. « … j’espère que nous pourrons illustrer à l’avenir le parfait exemple de ce que devrait être un rapprochement réussi entre Déchu et Magicien. Acceptez son invitation et notez la date. » Il me tendit la liste des événements à venir. Je ne la regardai pas. « Mandatez des Magiciens qui me représenteront. Le Monarque Démoniaque désire une entrevue et je ne peux ignorer son invitation. » Je n’étais pas sûr qu’il s’agît d’une réelle entrevue. Il n’y avait qu’un lieu de rendez-vous et une date basée sur la position des lunes. « Je vous prie également de trouver une date où mes enfants seront tous disponibles afin que nous nous réunissions pour un déjeuner de famille dans ma demeure principale. » Je restai silencieux un instant, avant qu’un sourire n’apparût sur mon visage. « Envoyez un bouquet de roses blanches à Laëth Belegad, chez Adam Pendragon, ainsi qu’une robe et une invitation au bal du Comte de Tournelle. » « Vous n’y serez pas, vous avez dit. » J’appuyai mon menton sur la paume de ma main et souris encore, un éclair de malice zébrant mon regard. « Précisément. »

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Sam 28 Jan 2023, 23:13



Des ailes noires comme l'ébène


Rp précédent : Nuit une : je crois que je suis coincé avec un cassos et Jeux d'ombres

« Asseyez-vous, je vous en prie. » Je m’immobilisai un instant devant le visage de Résaire Monteverdi, avant de prendre place dans le fauteuil en face de lui. « Je ne pensais pas vous revoir. » me dit-il. « Moi non plus. » lui répondis-je. « Chancelier d’Ivoire… Peut-être devrais-je vous féliciter ? » « Les circonstances de ma prise de fonction sont bien trop macabres pour que des félicitations soient de mise. » « Vous avez raison. Nous ne nous croisons que lorsque des drames surviennent. » Il avait été mon psychologue après l’assassinat de Constantine.  « Comment se porte votre magie ? » « Bien. La création n’est pas une chose aisée. » La destruction me seyait bien mieux. Je n’aurais jamais cru la chose possible mais je ressentais un manque de plus en plus important. Comme un drogué, les ténèbres m’appelaient. Je n’arrivais pas à les atteindre. « Je ne doute pas de vos capacités à la maîtriser rapidement. » Un mince sourire courba ses lèvres. « Arrivez-vous à dormir ? » Je soupirai. « Je crains que non. Ma dernière véritable nuit date du Fessetival. » « Je ne savais pas que vous vous y étiez rendu. » « J’ai veillé à cacher mon identité. » « J’imagine que vous ne désirez toujours pas prendre un remède qui vous aiderait ? » « En effet. » « Et une magie qui vous permettrait de rester éveillé sans ressentir les effets du manque de sommeil ? » « J’ai déjà essayé. » dis-je, vaguement. Je ne pouvais pas me permettre de ne pas dormir du tout et je voulais ressentir les effets de mes insomnies. « Pour être honnête, j’ai trouvé quelque chose d’efficace mais je ne peux pas l’utiliser tout le temps. » « Qu’est-ce que c’est ? » Je le fixai un instant. « Dîtes-moi, êtes-vous tenu au secret professionnel ou allez-vous répéter mes propos au Nylmord ? » « Il ne m’a pas mandaté pour cette mission. Quant à ma dernière, je n'ai fait que le tenir au courant de votre état, sans lui révéler vos propos. Donc oui, je suis tenu au secret professionnel… dans les limites du raisonnable. Si vous m’annoncez avoir décapité des nourrissons, je pourrai briser le secret. » Je souris. « Je vais garder mes histoires de décapitation pour moi alors. » Je laissai ma tête reposer sur le dossier et fixai le plafond. « Il m’arrive de demander à un Déchu de contrôler mes sens jusqu’à l’épuisement. » « Vous parlez d’Adam Pendragon ? » « Oui. » « Comment vous sentez-vous par rapport à lui ? » « C’est-à-dire ? » « Je ne sais pas trop. Il y a des rumeurs sur l’existence d’une relation entre vous… » Il se redressa. « Enfin, je suppose qu’il vaudrait mieux discuter de ce qu’il s’est passé en Enfer. C’est pour cette raison que je suis ici. » « Non. Nous pouvons parler d’Adam Pendragon. » « C’est ce que vous voulez ? » « Oui. » « Est-ce un moyen de fuir l’Enfer ? » « Non. J'ai simplement l'impression d'avoir besoin d'en parler. » « Vous êtes bien plus coopératif que la première fois… » Je passai mon index sur la zone située entre mes sourcils. « Disons plutôt que je suis bien plus fatigué que la première fois. »

Après un instant de flottement, je croisai ma jambe droite sur ma jambe gauche. « Les rumeurs sont vraies. J’ai effectivement une relation avec Adam Pendragon. Je me sens… bien, par rapport à celle-ci. Je pense. La plupart du temps. Parfois ce n’est pas le cas. » « Pourquoi ça ? » « C’est un Luxurieux. L’exclusivité n’est pas son fort. » « Le vôtre non plus, non ? » « C’est différent. » « En quoi ? » « Ce que je fais ne le dérange pas. » « Lui non mais vous aviez… ou avez ? une relation avec Laëth Belegad. J’imagine qu’elle n’était pas au courant au début. À moins que vous ayez commencé à côtoyer Adam Pendragon après ? » Il s’interrompit et ajouta : « Comprenez bien que je ne porte aucun jugement. Je cherche à comprendre. » « J’étais déjà avec Adam lorsque j’ai commencé à côtoyer Laëth. Elle n’était pas au courant. Elle l’a été plus tard, lorsqu’il lui en a parlé. » « Et s’il ne lui avait rien dit, vous l’auriez fait ? » « Non, probablement pas. » « Pourquoi ? » « Je préfère compartimenter ma vie. » « Vous lui en avez voulu, à Adam ? » « Je ne suis pas sûr. J’ai tendance à lui pardonner facilement. » « Par rapport à Laëth ou de façon générale ? Par rapport aux personnes qui vous entourent ? » J’expirai par le nez. « Par rapport à Laëth, c’est une certitude. » « Pourquoi cette différence de traitement ? » « Je… hum… Je pense que c’est une question de construction. » « De construction ? » « Je comptais me marier et fonder une famille avec elle. Il n’a jamais été question de ça avec Adam. » « Pourquoi est-ce que vous me parlez de ça ? » « De ? » « Du fait que vous comptiez fonder une famille avec elle. Ce n’est pas anodin vu notre conversation. » Je me tus, déglutis et réfléchis. « Disons que nous nous sommes séparés parce qu’elle m’a trompé avec une personne de ma famille. » « De votre famille ? » « Tout comme. » « C’est une Ange alors j’imagine qu’elle… » « C’est exact. » le coupai-je. « Et que ressentez-vous vis-à-vis de ça ? » « De la colère. » « Et si ça n’avait pas été une personne similaire à un membre de votre famille ? » Je fermai les yeux. « Je ne sais pas. Je pensais qu’elle me tromperait avec Adam du fait du Lien. » « Et avec Adam, qu’auriez-vous ressenti ? » Je serrai les dents. « Je ne sais pas. » répétai-je, maintenant agacé. « Vous avez le droit de ne pas être tolérant à ce genre de choses. Tout le monde n’a pas la même facilité à accepter certaines pratiques. Peut-être que votre éducation sorcière joue ? » « Comment ça ? » « Généralement, les hommes ont plusieurs femmes. L’inverse est presque inexistant. Peut-être que votre éducation vous prédispose à avoir plusieurs partenaires, sans accepter que vos partenaires puissent en avoir plusieurs de leur côté ? L’amour des Sorciers est très possessif. Il est sans doute possible de parler d’appartenance, même. » « De domination. » « Peut-être vous faudrait-il travailler là-dessus ? Y réfléchir ? » « Peut-être. » Ou juste osciller entre la volonté de la rejoindre et de lui pardonner et celle de lui faire perdre patience et de l’exaspérer jusqu’à ce qu’elle n’en pût plus. « Et qu'avez-vous ressenti pendant la guerre ? »

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Kaahl Paiberym
Lun 30 Jan 2023, 09:23



Des ailes noires comme l'ébène


Rp précédent : L'appel du vide

« Elle a… quoi ? » Mézaël se pinça les lèvres. « Elle a refusé. » « À quel prétexte ? » « D’autres obligations. » Ah oui ? C’était comme ça ? D’accord. Bien. Ma main était posée contre ma joue. Mon index, qui soutenait ma pommette, me parut bien plus tranchant. Un instant, je pensai aux phalanges d’Elias. « Bien. Finalement, je vais me rendre au bal. Acceptez l’invitation de la Marquise Mirabelle Vaughan. Si son bras est toujours disponible, faites-lui savoir que je me ferai une joie de l’accompagner. » « » « Envoyez-lui des roses, rouges, et… » Je créai un parchemin et écrivis quelques mots dessus, des mots d’excuses pour mon premier refus, ainsi que mes volontés de reconnaître rapidement l’enfant. « … ceci. Faites également en sorte que ça se sache. » Il y eut un flottement. « Oui ? » « Rien. » Je le regardai, en attente d’une réponse. « Je pensais simplement que je n’aimerais pas être à sa place. » Je reculai mon dos afin qu’il entrât en contact avec le dossier de ma chaise. Un sourire vague m’habita. « Rassurez-vous, vous n’y serez pas. Vous n’êtes pas une Ange agaçante, à ce que je sache. » Son visage marqua toutes ses émotions. Il venait probablement de comprendre qu’il se trouvait au beau milieu d’un champ de bataille et que s’il ne jouait pas finement, il serait probablement la première victime de la guerre. « En effet. » confirma-t-il. « Ce sera tout ? » « Non. Écrivez pour moi une lettre à Laëth Belegad pour lui faire part de ma profonde tristesse quant à son refus. Faites quelque chose de protocolaire, ça suffira. »

_______________

« Elle a refusé mon invitation ! » fis-je, en entrant dans la pièce. Résaire leva les yeux vers moi. « Quelque chose me dit que nous ne parlerons pas non plus de la guerre ou de l’Enfer aujourd’hui… » soupira-t-il. « Qu’y a-t-il ? » Je m’assis, plantai mes mains dans les accoudoirs et fixai mes prunelles dans les siennes. « Laëth. Elle a refusé mon invitation au bal de l’autre connard de Tournelle. » « Connard est peut-être un peu exagéré… » plaça-t-il, avant de sourire. « Vous comptiez tenter un rapprochement ? » « Non. Je ne comptais pas y aller. » Il ouvrit la bouche et se gratta la commissure des lèvres avec son index et son pouce. « De mieux en mieux. » susurra-t-il. « Et comment vous sentez-vous par rapport à ce refus ? » « Très bien. » dis-je, avec ironie. Je le fixai. « Non, pas bien ! » rectifiai-je, de façon véhémente. Je lus dans son esprit une forme d’amusement. Sa pensée, portée à ma connaissance, avait la teneur d’un Et dire qu’il paraît si calme en temps normal… Je soupirai. « Pourquoi l’avoir invitée si vous ne comptiez pas vous rendre au bal ? » « Pourquoi pas ? » « Ce n’est pas une réponse. Si vous voulez progresser, vous ne devez pas vous retrancher derrière votre mur. Surtout que, entre nous, vous êtes un homme intelligent. Vous devez donc savoir que la mauvaise foi n’est jamais la solution. » « Peut-être, mais elle me sied actuellement. » Qu’importât que mon comportement fût illogique. Je m’en fichais. Je voulais qu’elle payât. Pour Jun. Pour le Fessetival. Pour son refus. Pour tout.

« Si vous étiez un Déchu, vous pensez que vous seriez de quels Péchés ? » demanda-t-il. « La Colère. » répondis-je. C’était une question facile. « Uniquement la Colère ? » « Pourquoi ? Je vous semble répondre à d’autres critères ? » lui envoyai-je. « Je n’ai rien dit. Je vous demande simplement votre avis. » Il y eut un silence. « Pourquoi la Colère ? » Pourquoi la Colère ? Bonne question. « J’imagine que c’est ce qui me correspondrait le plus. » « Vous n’avez pas l’air d’être colérique pourtant. Hormis aujourd’hui. » « Ce n’est pas parce que je n’en ai pas l’air que je ne le suis pas. » « Vous vous pensez colérique en temps normal ? Si l’on écarte Laëth du débat ? » « Non. » « Alors pourquoi avoir répondu la Colère ? » « Pourquoi est-ce si important ? » « J’essaye de déterminer la vision que vous avez de vous-même. Il y a sept Péchés ancestraux et parmi ces sept Péchés, là où vous auriez pu répondre l’Avarice ou l’Envie, ou n’importe quel autre, vous avez répondu la Colère. » Je le fixai, poussai un soupir et me levai. « Je dois me préparer pour mon voyage. Je demanderai au Monarque Démoniaque ce qu’il pense du Péché dominant chez moi. » Il eut un mouvement vif. « Vous retournez en Enfer ? Les autres Archimages sont au courant ? » « Non, je ne vais pas en Enfer. J’ai un rendez-vous, dans l’Antre des Damnés. Mais ne vous inquiétez pas, je suis un grand garçon. Cela dit, si je ne reviens pas, je compte sur vous pour dire à Laëth que je continuerai de la hanter même après ma mort. » Je souris, lui fis un geste de la main et quittai la salle sans répondre à ses questions suivantes.

879 mots
« Alone, in the shower
Using my left hand so it feels like you »
Je ne ferai aucun commentaire sur les chansons que tu me files Des ailes noires comme l'ébène | Couronne des Péchés  2289842337

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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Ven 03 Fév 2023, 18:54



Des ailes noires comme l'ébène


« Bienvenue dans l’Antre des Damnés. » entendis-je. Ce qui n’était jusqu’ici qu’une voix au creux de la nuit devint une silhouette. Je détaillai la femme qui me faisait à présent face, tout en soignant mes blessures. Arriver jusqu’au point de rendez-vous avait été bien plus complexe qu’escompté. Néanmoins, l’endroit demeurait moins dangereux que l’Enfer. « Vous n’êtes pas le Monarque Démoniaque. » « J’imite à la perfection son style. » argua-t-elle. Elle me rappelait étrangement quelqu’un. Je la détaillai, à la recherche d’un détail. Elle ne me laissa pas l’opportunité de trouver seul. « Je suis la mère de Sundara. Je crois que vous connaissez ma fille, n’est-ce pas ? » Elle sourit et s’approcha. « Je suis également le nouveau Lucifer, si cela peut vous éclairer sur l’étendue de mes connaissances sur le monde et sur… » Son parfum était entêtant. Il le fut d’autant plus lorsqu’elle marqua cette courte pause, celle qui me laissa envisager qu’elle allait parler de moi. « … vous. » Bien sûr. Je lui attrapai le bras. « Je n’ai pas le temps d’entrer dans votre jeu. Si vous me connaissez si bien, vous savez que les femmes ne paraissent pas si attirantes à mes yeux. User de vos charmes ne vous aidera donc pas à obtenir quoi que ce soit de moi. Je suis venu ici dans l’optique de rencontrer le Bhūta Rāja, pas une Kāmada Byāran. » Sa main vint tranquillement se poser sur ma prise. « Vous devriez écouter mon offre. Aodh a beaucoup de choses à gérer depuis les défaites démoniaques. Néanmoins, nous savons tous les deux que vous êtes pour beaucoup dans ces échecs. » Je restai silencieux. « Combien de temps croyez-vous qu’il vous reste ? » Je plissai les yeux et m’approchai d’elle, jusqu’à sentir ma respiration ricocher sur ses lèvres pour mieux toucher les miennes. Je lui souris. « Et vous ? Combien de temps croyez-vous qu’il vous reste, à présent que je suis au courant de vos connaissances ? » « Je ne suis pas votre ennemie. Je veux la tête d’Aodh. » « Sa tête ou son trône ? » « Pourquoi pas les deux ? » « Alors prenez-les sans m’importuner. » Ce n’était pas la première fois que l’on me proposait une telle folie, celle qui consistait à orchestrer un régicide.

Ma magie possédait un ascendant sur la sienne. Le céruléen éclairait la nuit, ce qui faisait de moi la cible privilégiée des créatures difformes qui vivaient au cœur de l’Antre des Damnés. Elle rit. « Je ne vous demandais pas de l’assassiner pour moi mais de me seconder. Vous seriez bien incapable de tuer Aodh si vous deviez vous affronter en face à face, qu’il demeure terré en Enfer ou non d’ailleurs. » Je savais qu’elle avait raison. La forme démoniaque du Bhūta Rāja me le rendait inaccessible. De plus, tant qu’il resterait en Enfer, l’opération demeurerait impossible. « Je veux que vous serviez d’appât. » Elle avança ses lèvres. Je reculai les miennes. Le mouvement la fit rire. Elle s’écarta.

« Vous comprenez bien que je n’ai rien à gagner à cette opération, hormis le fait que le meurtre du Bhūta Rāja le fera taire à jamais. Quant à vous, rien ne vous garantit que je ne vous tuerai pas ensuite. » « Votre magie trahit votre alignement. » « Justement. Les Démons ne sont pas connus pour être les alliés du bien. » « Mais vous, vous êtes connu pour être pragmatique et je n’ai pas que la mort d’Aodh à vous offrir. » Elle ne semblait pas encore au courant de mes comportements récents. Ma réputation d’être raisonnable en aurait pâti affreusement. « Dîtes-moi. » « Cyrius Windsor, Lhéasse Taiji et vous-même n’êtes pas les seuls rescapés de l’Enfer. Deux Archimages sont toujours vivants. » « Qui ? » demandai-je, en modulant mes émotions. Évoquer l’Enfer était délicat. Je n’avais pas revu Cyrius depuis, hormis dans le rêve que j’avais fait durant le Fessetival. « Un Sorcier et un Magicien. Je vous aiderai à les sortir de là. » Je me revis à mon réveil, lorsque j’avais accepté de devenir l’Ashiril. Je n’avais toujours pas reçu Mirabelle Vaughan au Temple de Lyre. À présent qu’elle me servait d’instrument de vengeance, l’entreprise me semblait pouvoir attendre. Cependant, j’étais convaincu que la bonté qu’elle avait pu posséder en tant que Magicienne avait fait place depuis longtemps à la cruauté propre aux Sorciers. « Le Yavinor ? » Il n’y avait que lui. « C’est exact. » La situation ne me plaisait pas. Le Yavinor était censé être mort mais je n’avais eu aucune confirmation de la part de Cyrius. Beaucoup de questions étaient restées en suspension. Le Fessetival avait été mon échappatoire mais, à présent, il me fallait replonger dans les affres de ce que j’avais laissé derrière moi. « Vous gagneriez beaucoup à ramener les deux Mages vivants. » « Certes, mais je ne vous fais pas confiance. Les paroles n’engagent à rien et, surtout, ne démontrent rien. » « Je peux vous prouver mes dires mais nous allons devoir nous rendre en Enfer. » « Hors de question. » « Et avec ceci ? » demanda-t-elle, en faisant apparaître entre ses doigts un objet qui me sembla familier. « Aodh ne fait pas attention aux Démons qui foulent l’Enfer. » précisa-t-elle. Je regardai la Couronne. Elle sembla murmurer un nom en deux syllabes. Judas.

901 mots

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Kaahl Paiberym
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Ven 03 Fév 2023, 21:07



Des ailes noires comme l'ébène


Rps précédents : Lettres aux multiples identités et Le Roi est mort, vive le Tyran

Je fixai mes mains. Ses mains. Le Duc Kaahl Paiberym avait des doigts fins, propres et dénués d’aspérités. Ses mains n’étaient pas semblables aux miennes, bien plus caleuses et entraînées. Mon pouce caressa mon annulaire. La douceur de sa peau était semblable à celle des nourrissons qui n’avaient encore jamais tenu une épée. Pourtant, je savais que ce n’était pas son cas. Son corps était entrainé et suffisamment musclé pour mener un combat et le gagner. Néanmoins, en prenant conscience de son être, je prenais aussi la pleine mesure de sa véritable puissance : sa magie. Cette magie m’était inconnue. Je ne l’avais jamais utilisée jusqu’ici et le monde de la Lyrienne ne m’en avait donné qu’un aperçu flou. « Duc Paiberym ? » Je relevai les yeux vers la créature de l’Enfer afin de l’évaluer. La conversation précédente me revint clairement. Il y avait une parfaite porosité entre lui et moi. Ce qu’il avait vécu me nourrissait avec délice. Contrairement à Gyzyl, Kaahl était influent. Il gouvernait les Sorciers, caché dans l’ombre de Cyrius Windsor. Son idée d’unir les Mages me plaisait, au-delà de toute considération de bien ou de mal. Je ne pouvais que l’approuver, à une exception près : nous unirions tous les peuples sous notre seul joug. « Lucifer. » dis-je, en prenant pleinement conscience du rang de cette poule. La question restait de savoir si elle méritait son statut. Si tel n’était pas le cas, alors je l’éliminerais. Puisque mon objectif était de gouverner tous les peuples, il valait mieux commencer à faire le ménage tout de suite. Conquérir en éliminant les faibles me semblait être une excellente idée. Dans le creux de mes mains, je détenais déjà l’armée des Mages Noirs. Si je suivais le raisonnement de Kaahl, bientôt, je détiendrais également l’armée des Mages Blancs. Il n’y avait pas que ça. Cachés à l’ombre de ses hésitations, des Momies attendaient leur maître. Contrairement à lui, je n’hésitais jamais. J’agissais. La blonde avait mal posé sa question. La question adéquate était plutôt : combien de temps resterait-il au monde, à présent que j’étais incarné ? « Veuillez m’excuser, c’est cet objet. » dis-je, en désignant mon crâne. La Couronne n’y était plus. Dissimulée à l’abri des regards indiscrets, elle avait fait du Magicien un Démon et me maintenait en vie. Je pensai brièvement à Persée, qui ne manquerait pas de profiter de mon absence pour reprendre du terrain. Néanmoins, je balayai ces considérations. Ce Monde ci me paraissait bien plus excitant et vaste. J’aurais tout le loisir de finir le Sorcier lorsque je rentrerais au sein de l'esprit détraqué de l'étudiante de Basphel.

Je ne tins pas compte du regard scrutateur de la blonde. La peau de mon dos se craquela, percée par les rémiges de mes ailes. Longues et larges, elles s’étendirent de chaque côté de ma silhouette. « Intéressant. » émis-je, pour moi-même. Réfléchir à ce qu’était Kaahl me permettait de mieux m’ancrer dans sa réalité. Lui-aussi possédait des ailes. Il savait les utiliser et, par conséquent, sa connaissance commença à infuser mon ignorance. Les secrets du Monde qui étaient en sa possession m’étaient accessibles comme un livre ouvert. Les Esprits qu’il entendait m’étaient également audibles. Je souris. Comment est-ce qu’un homme qui détenait autant d’informations pouvait-il rester bien sagement en haut de sa tour d’ivoire à comploter longuement pendant que le temps s’écoulait ? Les minutes qu’il perdait à réfléchir à une stratégie étaient autant de minutes offertes à ses opposants. Il en avait eu peu jusqu’ici mais son identité était à présent menacée et le serait de plus en plus. Le fait qu’il prît du temps pour jouer avec cette Ange me semblait ridicule. Sa tromperie n’aurait jamais dû le mettre dans un tel état. J’émis un rire, en songeant qu’il ne valait mieux pas que je croisasse Freyja. Son joli petit cul en prendrait un sacré coup. Avec moi les choses seraient simples : soit elle écarterait les cuisses de son plein gré, soit je les lui écartèlerais de force. Soit elle soutiendrait mon entreprise comme une alliée, soit je la soumettrais à mon autorité.

Je relevai une nouvelle fois les yeux vers le Lucifer et changeai d’apparence pour adopter la mienne. En attendant d’engrosser l’Ange, je pourrais toujours engrosser la Démone à la fin de notre périple. Je m’approchai d’elle et amenai ma main rapidement à son cou. « Je vais t’aider à éliminer le Monarque Démoniaque… » lui dis-je, en ne faisant plus œuvre des marques du respect que je lui avais témoigné plus tôt. J’ajoutai : « … à la condition qu’on sorte le Sorcier ou le Magicien de l’Enfer aujourd’hui. » « Ce sera compliqué. » « C’est la condition. Elle n’est pas négociable. »

781 mots

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Sam 11 Mar 2023, 23:15



Des ailes noires comme l'ébène


« T’as pas de quoi payer, tu rentres pas, c’est compris ? » Il se remit à râper un fromage orangé qui empestait la muscade. J’inspirai. Je n’avais jamais été très friand des longues discussions. Les paroles tendant à me convaincre ne parvenaient jamais à leurs fins. Lorsque j’avais une idée fixe en tête, je la réalisais. Je partais du principe que les autres fonctionnaient de la même façon. Je ne parlementais donc jamais ou, lorsque je le faisais, il s’agissait de cas très particuliers. « Dégage maintenant, blanc-bec. » Un petit sourire étira mes lèvres. La bêtise était risible. Je la préférais néanmoins loin de moi. Soudain, mes doigts se refermèrent sur le gros crâne chauve et graisseux du tenancier. J’attrapai la râpe à fromage et lui abattis la face dessus. Après quelques va-et-vient pendant lesquels ses cris de goret réveillèrent jusqu’aux clochards qui dormaient dans la rue adjacente, je le lâchai. Il tomba sur le sol dans un grand fracas, les mains sur le côté droit de sa tête de porcin. Mes yeux cherchèrent les copeaux de chair. Je les réunis et les versai sur la tartine qu’il était en train de préparer avant mon arrivée. Je croquai dans cette dernière, en évaluai le goût et, enfin, reportai mon attention sur lui. « Ne me fais pas répéter. »

Finalement, une fois les présentations faites, il avait fini par me fournir un numéro de combattant. Je jetai un coup d’œil à ce dernier et m’inscrivis sur la liste. Les jeux démoniaques avaient un charme indéniable, même si j’étais là dans un objectif précis. J'en avais toujours un. Lucifer devait récupérer le Magicien. Je me chargeais du Sorcier. « T’es nouveau toi ! C'est ce qu'il faut. Y en a beaucoup qui meurent. Ce sera p'têtre ton cas. » me lança une combattante. Ses abdominaux étaient plus volumineux que les miens. Ses bras semblaient déborder tant ils étaient musclés. Son cul devait être bien ferme. Je laissai mes yeux glisser sans aucune pudeur sur celui-ci. Ils détaillèrent ensuite ses cuisses, taillées dans du roc. Elles ressemblaient à des cuisses de grenouille dépouillées de leur peau. Elle pratiquait sans aucun doute la musculation à outrance. Néanmoins, muscler son corps et savoir se battre étaient deux choses très distinctes. « T’es muet ? » « J’essaye d’éviter de gâcher ma salive pour n’importe qui. » répondis-je, afin de conclure l’échange. Elle haussa les sourcils et émit un rire désabusé. « J’espère que je serai contre toi dans l’arène, fils de pute. » Je l’ignorai et finis même par l’occulter totalement de mon esprit. Le Chancelier des Ténèbres que je cherchais serait le lot du gagnant, entre autres récompenses qui ne m’intéressaient pas le moins du monde. J’ignorais cependant duquel il s’agissait. La Sabnac ou le Dorak ? Ils étaient tous les deux restés avec Aodh d’après les souvenirs de Kaahl. L’un avait dû éliminer l’autre avant de se retrouver lui-même dans une position bien périlleuse. L’Enfer corrompt tout, même les Mages Noirs.

______

J’envoyai le marteau que je tenais dans la tête de mon adversaire. Le sang gicla. Autour de moi les gradins pulsaient. Des corps y baisaient. Des corps y perdaient la vie. Certains donnaient la vie aussi. La nourriture malsaine y passait de bouche en bouche et les silhouettes n’avaient pas toutes une forme humaine. Les cris retentissaient, frénétiques et puissants. Mon cœur semblait presque battre à l’unisson avec la foule. Je ris brièvement avant de saisir mon adversaire par les épaules. Je l’envoyai à terre. Elle avait voulu être dans l’arène contre moi ? Son vœu avait été exaucé. J’attrapai du sable avant de le lui faire gober. L’écarlate sur son visage rendait évidente sa mort à venir. Elle tentait de lutter mais son existence lui échappait. « Contracte bien, que tes muscles servent enfin à quelque chose. » lui dis-je avant de baisser ce qui restait de mon pantalon et de la choper par les hanches pour remonter ses fesses vers moi. Je me frayai un chemin en elle, offrant aux spectateurs ce qu’ils étaient venus chercher : l’illustration des vices. En plein acte, j’abattis de nouveau le marteau sur sa tête. Elle s’effondra pour de bon. Je libérai son corps quelques minutes après sa mort et me redressai. Finalement, les Archimages n’étaient pas considérés comme ayant de la valeur, en Enfer. À moins que mon gain eût été tellement usé qu’il ne valait plus rien ? « Toi ! » lançai-je à une femme qui devait être bientôt à terme. « Viens me finir. » J’adorais avoir l’impression de taper dans la tête de l’enfant à naître.

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Kaahl Paiberym
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Lun 13 Mar 2023, 18:31



Des ailes noires comme l'ébène


Rp précédent : L'Enfer corrompt tout

Je serrai les dents et gardai la tête haute, malgré la blessure qui avait arraché la peau de mon épaule. Mon regard se posa sur l’homme qui m’avait gagnée. Le sien descendit jusqu’à mon ventre avant de se porter devant lui. Je boitais. Ma grossesse se voyait. J’étais presque nue. Il s’agissait d’un outrage. Ma mine s’assombrit. Je le jurais : si je sortais un jour de l’Enfer, je ferais empaler le Monarque Démoniaque chaque jour, jusqu’à la fin de mon existence. Chaque matin, je fouillerais ses entrailles avec une louche, pour le simple plaisir d’entendre ses cris, avant de passer à l’étape suivante. Je le soignerais chaque soir, pour qu’il puisse songer à son châtiment à venir. Ainsi de suite, jour après jour, jusqu’à ce qu’il devînt fou, jusqu’à ce qu’il fût détruit à jamais. Mes narines se dilatèrent sous la puissance de la haine que je ressentais à son égard. Il était le responsable. L’Enfer lui avait obéi et avait corrompu nos esprits. Eustache et moi nous étions battus. Je fermai les yeux et me rappelai mes ongles arrachant la chair du Dorak. Je l’avais laissé, étalé sur le sol, en proie à des spasmes qui avaient fini par s’arrêter. Il était mort, j’en étais certaine. Je l’avais tué et, à vrai dire, dans cet univers de vices qu’était le Royaume des Démons, ce fait me procurait une joie significative. La suite, pourtant, m’avait rappelé la réalité de l’endroit. Après la jubilation ressentie lors de l’élimination de ce parvenu, ma descente avait été rude.

Je percutai le dos du combattant victorieux. Il venait de s’arrêter brutalement. Une grimace tordit mes lèvres. Je n’avais aucun doute quant à ce que ce dernier allait faire de moi. À mon cou, un collier était relié à sa main par une laisse. Comme tous ceux qui m’avaient gagnée avant lui, il me violerait avec tout ce qui lui passerait sous la main, percerait ma peau, m’exposerait, me traiterait de salope ou me tondrait une partie des cheveux. Il le ferait dans le seul objectif de s’amuser, tout en m’arrachant ma dignité. Ses ailes parlaient pour lui. Cet endroit parlait pour lui. Je me mis à rire tout bas. Mes lèvres étaient desséchées. Des peaux mortes pendaient mollement, ne demandant qu’à être arrachées. Peut-être le ferait-il ? Peut-être m’arracherait-il les ongles aussi, ce qu'il en restait ? Peut-être me ferait-il prendre par des Démons mineurs à l’apparence de chiens galleux ou de bébés énormes ? S’il savait… S’il savait. Je n’étais plus à ça près. Je voulais juste qu’il s’approchât, pour lui refourguer une maladie qui le tuerait à petits feux. J’allais cramer l’Enfer. Qu’il oubliât de me surveiller cinq minutes… et je lui arracherais les yeux. Si je sortais d’ici, à mon retour, ils mourraient tous. Quant à Eustache, son sang de Windsor s’était révélé, sans aucune surprise, bien médiocre. L’hégémonie des Salvatore reviendrait. Ce combat à mort entre lui et moi l’avait parfaitement illustré. Les Windsor finiraient dans la fange, là où ils étaient nés.

« J’espère pour vous que vous avez de quoi prouver votre identité, Gwendolène Salvatore. » entendis-je, en provenance de sa tête. Il se retourna. Je le défiai du regard. Je ne baisserais pas les yeux. Il pourrait me torturer autant qu’il le voudrait, je le regarderais pour lui faire comprendre qu’un jour, je reviendrais pour lui faire payer l’affront. Il tira sur la laisse d’un coup sec. Sa main vint se poser sur la mutilation qui m’avait été infligée. L’un de mes seins avaient servi à nourrir des araignées avides de chair. Elles avaient été parquées sur ce dernier, avaient rongé ma peau et pondu des œufs qui avaient éclos. Malgré ma faiblesse, j’avais réussi à les exterminer grâce à Lux in Tenebris. J’avais mis du temps, ma magie ayant été épuisée dans d’autres affrontements, pour d’autres sévices, afin de me maintenir en vie. Il fixa ses yeux dorés sur moi. « Vous pensez avoir vécu l’Enfer ? Ce sera pire lorsque vous rentrerez à Amestris. » J’écarquillai les yeux. « Q… Qu’avez-vous dit ? » Il sourit. « Ne vous emballez pas. Je ne fais rien gratuitement. Vous devrez me revaloir ça. » De lui se dégageait une aura d’assurance. Il semblait convaincu que je devrais payer ma dette. « Avez-vous tué Eustache Windsor ? » Ma bouche se déforma. « Je ne vois pas de quoi vous parlez. » mentis-je. Personne ne le saurait jamais. Néanmoins, les Démons, eux, comprendraient leur douleur dès l’instant où mes pieds sortiraient de cet endroit maudit.

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Kaahl Paiberym
Lun 13 Mar 2023, 20:04



Des ailes noires comme l'ébène

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Violence & sexe

Je fixai cinq secondes les deux corps des Chanceliers. Ils étaient étalés l’un à côté de l’autre sur le lit de la chambre d’hôtel que la Lucifer et moi-même avions réservée. Je remontai les yeux vers elle. Les lèvres de la Kāmada Byāran étaient magnifiées par un sourire satisfait. Ses lèvres demeuraient cependant moins appétissantes que son cul. « Nous avons un accord, n’est-ce pas ? » Je ris et changeai de sujet. « J’aimerais bien voir ta forme démoniaque. » J’étais au courant de l’existence de celle-ci mais n’avais pas réussi à la faire apparaître. La Couronne me donnait quelques difficultés. Kaahl savait utiliser la magie d’une façon précise mais ses connaissances théoriques ne suffisaient pas à faire de moi un mage compétent. Il allait me falloir pratiquer, à la condition qu’il me laissât faire. Pour l’instant, je ne ressentais que moi à l’intérieur de son enveloppe charnelle. Contrairement à la relation qu’il avait nouée avec Aimé, où il arrivait à voir à travers lui, j’avais l’impression qu’une muraille nous séparait. À moins que je ne le sentisse pas ? « Ne change pas de sujet. » Son ton était bien trop sec. « Sinon quoi ? » lui demandai-je, provoquant, tout en m’approchant d’elle. Je la choppai par la taille tout en la reluquant. « Est-ce que t’es une grosse chatte ? » Je vis le trouble dans son regard, sans  que ma question ne l’outrageât pour autant. Son peuple ne se prêtait pas à la pratique des bonnes mœurs. Néanmoins, elle ne comprenait simplement pas mon point. « Aodh est un chat alors… » « Oh. » Elle me sourit et passa ses bras autour de ma nuque. Elle devait se penser hors d’atteinte. Kaahl lui avait dit qu’il ne bouffait pas les chattes. Ce n’était pourtant pas mon cas. « Non… Je ne suis pas une grosse chatte. » Son sourire me colla la trique, chose qu’elle dut sentir sans avoir besoin de me toucher. Sa main glissa sur mon torse et attrapa mon entre-jambe par-dessus mon pantalon. « Avons-nous un accord ? » me demanda-t-elle encore. « Je ne crois pas. On parle d’un régicide et j’ai des besoins à assouvir autres que de ramener deux Mages estropiés au bercail. » Je les regardai. Ça n’avait pas été dur de les endormir. La faim leur avait fait oublier leur méfiance. Le Magicien ne l’était plus. L’Enfer avait corrompu son esprit et noirci son cœur. Je n’avais aucune idée de combien de temps prendrait sa réhabilitation. Quant à Gwendolène, le traitement que lui infligeraient les Sorciers risquait d’être rude. C’était une femme et la culture d’Amestris était impitoyable. Le fait que les femelles restassent impuissantes ne m’étonnait pas. Peu étaient les individus capables de se rebeller face à la tyrannie. Ils préféraient souffrir plutôt que de risquer mourir.

« Quoi comme besoins ? » « J’ai besoin d’héritiers pour commencer. » lui précisai-je. Je comptais bien ramener l’Ange sur le droit chemin et lui faire une tripotée de gamins. Le Magicien serait satisfait. Seulement, je ne pouvais pas me contenter d’une seule poule, pas dans ce monde qui regorgeait de possibilités. Il y avait plusieurs races et je les voulais toutes à ma merci. J’allais commencer par étendre mon arbre généalogique. « Et j’ai aussi besoin de garder l’artefact. » Ce point-là n’était pas négociable. Qu’elle écartât les cuisses était une idée comme une autre, une idée que je pouvais potentiellement enterrer. Cependant elle était puissante. Elle respirait la puissance en réalité, malgré son calme apparent et sa manie de jouer les chaudasses. Elle cachait bien son jeu. Mon goût pour les femmes de pouvoir était réel et, dans ma conception, il me fallait des conquêtes à mon niveau pour faire grossir correctement ma progéniture. Restait les amours du Mage que j’avais bien l’intention de sauvegarder et de faire fructifier. Puisqu’il était incapable de régler son problème avec sa poule, j’allais le régler pour lui. Le Déchu, quant à lui, était un levier conséquent. Son air nonchalant et détendu cachait probablement un futur Roi, pensai-je, alors que la blonde effectuait des va-et-vient sur mon sexe. Je soupirai d’aise. Elle en profita pour arrêter son geste. « J’accepte les deux conditions mais en rajoute une à mon tour : nous allons signer un contrat inviolable. » Dans ses yeux, je perçus la sagesse entrepreneuriale. Les affaires étaient les affaires. « C'est une idée mais il va falloir me convaincre. » lui précisai-je, en la guidant afin qu’elle se retournât. La situation m’arrangeait mais je n’avais pas l’intention de me brader. Je l’observai un moment, dans la position qu’elle avait prise : les deux mains appuyées sur la tête de lit. Les deux Mages endormis seraient nos spectateurs aveugles et sourds. Elle comme moi savions que la phase de pourparlers risquait de durer longtemps et qu’il allait falloir tout donner pour tenter d’arracher à l’autre l’accord le plus juteux possible. Tout n’était qu’une question de jus. J’allais lui en foutre partout. « Prends ta forme démoniaque. » lui murmurai-je à l'oreille.

814 mots
Fin

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