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 [Q] - La cuisine de l’enfer

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Typhon Gargantua
~ Eversha ~ Niveau V ~

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◈ Parchemins usagés : 917
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◈ Activité : Chasseur [Rang III] & cuisinier [Rang III]
Typhon Gargantua
Dim 14 Juin 2020, 17:42



Un mentorat démoniaque


Partenaire : aucun
Intrigue/Objectif : Apprentissage. Après avoir participé à une deuxième aventure orchestrée par la force derrière son pouvoir des Portes, Dhavala est à nouveau capturé. Il s’agit cette fois de Démons qui imposent au voyageur une servitude où il doit cuisiner pour un maître démoniaque particulièrement exigeant.

Note : puisque la Porte des contes (dans le RP dirigé Les Portes II) ne dure qu’un instant, ce RP est une suite à mon message d’introduction, ainsi que le message de conclusion.


Dhavala reprit conscience dans son propre corps après son aventure dans la porte des contes. Le jeune homme était de retour exactement là d’où il était parti. Il s’agissait d’une première depuis que Dhavala avait franchi son tout premier halo de lumière. Cela dit, seulement quelques instants s’étaient passés entre son passage au monde des portes par le halo de lumière et son retour. Résultat, la lueur de la pleine lune allait sous peu inciter le changeur de forme à adopter sa forme de tigre géant. Ce n’était vraiment pas le moment d’être confus.

L’Eversha compris rapidement que cette dernière aventure l’avait changée. Comme sa première excursion dans le monde des portes l’avait introduit aux horreurs de la guerre, cette deuxième avait momentanément fait du jeune homme un chef de meute. Cette fois-ci, toutefois, le changement n’était pas que dans sa tête. D’abord, il avait maigri. Son obésité, infligée par sa capture auprès des Hesshas Pery de l’Antre des marais, semblait s’être résolue. Surpris, le jeune homme se leva et se dévêtit pour chercher à comprendre ce qui lui était arrivé. Dhavala remarqua dès lors qu’il n’avait pas seulement maigri, mais aussi grandit.

Le soulagement d’ainsi retrouver une meilleure forme physique fut de courte durée. D’abord, le jeune homme était devenu maladroit à cause du soudain changement. Ensuite, ses vêtements devaient être refaits. Finalement, le changeur de forme était toujours affamé et son ventre plus spacieux ne cherchait qu’à être comblé. Pour couronner le tout, la pleine lune était imminente, ce qui était le pire moment pour un Eversha de ne pas être en contrôle de son corps.

Du mouvement à proximité alerta Dhavala. Pour couronner le tout, il n’était pas seul. Déjà nu, l’Eversha eut dès lors le réflexe de prendre la forme de son Totem, celui du tigre, seulement pour réaliser que l’animal aussi avait grandi et n’était pas en plein contrôle de ses moyens. Si le changeur de forme n’avait rien perdu de sa force, son manque d’habileté fut la principale cause de sa défaite.

L’espoir que la lueur de la lune permettrait au voyageur de retrouver sa liberté fut de courte durée. Les assaillants entraînèrent Dhavala dans une cavité sous-terrain, où seul le feu illuminait les lieux. La lune n’avait ici aucun droit et le jeune homme était devenu trop maladroit pour se libérer et atteindre l’extérieur. C’est donc malgré lui que le changeur fut préservé du gigantisme qu’il bénéficiait lors de la pleine lune.

Le bon côté, c’était qu’il ne ferait de mal à personne en cherchant à se nourrir sous la forme d’un animal géant. Le mauvais côté, c’était que Dhavala était, encore, fait prisonnier contre son gré. Le changeur de forme fut tenté de dès lors, se téléporter ailleurs grâce au pouvoir des portes, mais il se rappela que la dernière fois qu’il utilisa le halo de lumière, Dhavala était revenu pile au même endroit. Si ce devait être encore le cas, le prisonnier n’allait qu’aggraver son cas.

***

Toujours dans sa forme féline, Dhavala fut laissé seul devant le souverain de la caverne. Il s’agissait d’un grand Démon particulièrement obèse. Maître chez lui, la créature maléfique ne prenait pas la peine de cacher son apparence démoniaque. Si l’Eversha était le plus grand, avec un Totem atteignant maintenant les quatre mètres de long, il faisait pâle figure devant le Démon visiblement plus lourd que l’imposant animal. C’était peu dire, le changeur de forme pesait dans les 360 kilos dans sa forme de tigre, alors que le Démon donnait une centaine de kilos supplémentaires. Était-il seulement capable de marcher ?

« Qu’avons-nous là, k’uhm ? Un Bélua ? Tu es bien loin de l’Antre des marais, gros matou, puisque te voilà dans l’Antre des damnés ! N’ait crainte, k’uhm, tu es mon invité. Reprend donc ta forme humaine et discutons autour d’une table bien garnie, toi et moi. »

Plusieurs serviteurs démoniaques apportèrent successivement la table et le repas que le seigneur Démon offrait de partager avec le voyageur. Même Dhavala pouvait comprendre qu’il y avait plus à ce repas qu’il y paraissait, mais sa récente croissance lui avait creusé l’appétit. La nourriture avait toujours été la plus grande faiblesse du jeune homme. Après une courte hésitation, le changeur de forme se soumit au seigneur de la caverne.

« K’uhm…  Voilà qui est mieux. Mange et profite de l’hospitalité de Gal’ulm le Gourmand, Eversha. Oui… k’uhm, sous cette odeur marécageuse, je sens la sauvagerie du Rocher au Clair de Lune. Voilà un invité bien particulier, k’uhm…
- Il va me coûter quoi, ce festin ?
- Directe et droit au but ? Fort bien, k’uhm. Je suis un grand amateur de cuisine exotique. En échange de mon hospitalité, tu vas donc cuisiner pour moi, k’uhm. Je veux “goûter” le Rocher au Clair de Lune.
- Je…
- Ne sais pas cuisiner ? K’uhm. Eh bien, tu n’es pas mon premier invité avec un tel… handicap, k’uhm. Malheureusement, l’on ne sort pas de l’Antre des damnés sans l’accord d’un Kāmada Byāran et pour ce faire, il te faudra la recommandation d’un Suḷḷu, k’uhm. En d’autres mots, j’ai bien peur qu’il ne te faille mériter ma recommandation. Mais bon, k’uhm. Laissons donc de côté la politique et mangeons !
- Je suis ton prisonnier.
- Prisonnier ? K’uhm… Un mot si lourd de sens. Je préfère inviter. Il sommeille en toi une créativité culinaire qu’il me tarde de découvrir, k’uhm. Tu vois, aussi raffinée soit la cuisine de mes subalternes, il leur manque cette “créativité,” cet exotisme qui ne peut s’enseigner, k’uhm. Tu es comme un diamant brut, qui n’attend que d’être taillé pour briller de mille éclats ! Allons, ne soit pas un étranger, k’uhm. Dis-moi qu’elle est ton nom, Eversha ?
- Dhavala Himsaru.
- Je t’en prie, Dhavala, prends tes aises. Mage et bois jusqu’à te rassasier. Parle-moi de ta contrée. Raconte-moi tes expériences, k’uhm. Voici ce que j’attends de toi. De jour, mes cuisiniers tâcheront de t’enseigner. Chaque soir, tu partageras mon festin et je goûterai le fruit de ton labeur. Lorsqu’enfin, tu m’auras préparé ton chef-d’œuvre, tu auras ma recommandation, k’uhm, et tu recevras un sauf-conduit jusqu’à Sceptelinôst, d’où tu pourras continuer ton voyage.
- Humph ! Et ça ne sera jamais à son goût. Tu vas me forcer à te servir pendant des années, Démon !
- Oh… j’ai hâte de goûter à cette obsession pour la liberté, k’uhm ! Mais non, mon nouvel ami changeur de forme. Pourquoi m’encombrer de serviteurs rebelles, comme toi ? Je suis un Démon honnête ! Qui plus est, si tu restes trop longtemps, ta cuisine va perdre tout son exotisme, k’uhm… Non, je ne pourrai vivre avec moi-même si par ma faute, un artiste culinaire ne devait jamais voir le jour. »

Dhavala voulut tenir tête au Démon, mais l’odeur alléchante du festin était trop pour son estomac qui criait famine. Il ne fallut guère plus de quelques encouragements supplémentaires et le jeune homme s’empiffrait de nourriture toute plus appétissante les unes par rapport aux autres. Assaisonnements, épices, viandes, fruits et légumes, il y avait de tout à la table de Gal’ulm le Gourmand et le Démon semblait déterminé à partager les richesses de sa table.

Accessoirement, ce fut la première fois que le jeune homme goûta au vin. Non, le Rocher au Clair de Lune n’était pas étranger à l’alcool, mais Dhavala était encore trop jeune pour apprécier ce genre de boisson quand il quitta son clan à 16 ans et l’opportunité ne s’était pas présentée depuis pour qu’il affine ce goût. Et donc, bien évidemment, l’inexpérience assouplit encore davantage les dernières retenues de l’Eversha. Il ne tomba pas ivre pour autant, heureusement, mais la boisson faisait son effet.

***

Le festin terminé, les serviteurs de Gal’ulm dévorèrent les restes de table, avant de nettoyer et de retirer celle-ci, laissant leur maître libre de s’étirer. Le Démon était trop gros pour se mouvoir sans faire usage de l’Autre, sa forme la plus puissante, alors le mobilier de la salle principale de la caverne était sans cesse changé selon les désirs du puissant Démon.

La caverne du gourmand dans son ensemble, n’était pas bien vaste. Outre la salle principale, les serviteurs Démons s’entassaient dans une salle au plus profond de la caverne. Entre la salle principale et le dortoir des Démons inférieurs, il y avait deux salles plus modestes. Dans l’un, était soigneusement rangé le mobilier de la salle principale, alors que l’autre servait de cuisine. Divers petits espaces avaient été aménagés dans toute la caverne pour entreposer et conserver la nourriture.

En tant qu’invité, Dhavala allait partager la salle principale avec le seigneur Démon. Il y passerait tout son temps, sauf pendant la journée, lorsqu’il cuisinait. Ainsi, Gal’ulm pouvait continuellement surveiller son invité. Le Démon n’avait que sommairement abordé les conséquences d’un départ hâtif pour l’Eversha, mais ce dernier s’imaginait que s’il ne cuisinait pas pour Gal’ulm, le Démon allait probablement le dévorer, lui.

Cela dit, il n’y avait aucune intimité entre les deux hommes et l’hospitalité du Démon s’avéra inclure la présence de jeunes Démones avec un physique de rêve, qui s’occupaient de la toilette du seigneur et de son invité et de compagnes de lit pour la nuit. Toujours sous l’influence de l’alcool Dhavala était beaucoup plus passif aux contacts qu’il ne l’aurait été normalement. Ce n’est que bien plus tard qu’il réalisa les « expériences » que les créatures démoniaques avaient voulu partager, peu avant qu’il ne s’endorme d’un mélange de fatigue, de plaisir et du contentement d’un ventre plein.

***

Ce matin-là, c’était la première fois que Dhavala ne fit pas sa propre toilette. Gal’ulm avait donné l’ordre qu’on prépare son invité à sa première journée de cuisine. Le jeune homme profita donc d’un bain savonneux bien chaud pour débuter la journée. L’Eversha ne saurait dire pourquoi la présence de trois Démones à ces côtés était « nécessaire » pour sa baignade. Elles semblaient y prendre beaucoup trop de plaisir d’ailleurs. Par la suite, le changeur de forme fut habillé de vêtement de soi particulièrement léger. Cette fois, le jeune homme ne fit aucun commentaire quant à l’idée qu’il pouvait s’occuper de lui, par lui-même. Les Démones avaient visiblement pour tâche de s’occuper « entièrement » de l’invité du maître des lieux.

En cuisine, sept Démons enseignèrent chacun une partie différente de leur savoir. C’était beaucoup trop pour que Dhavala se souvienne de grand-chose. Après ce bourrage de crâne intensif, l’Eversha fut assigné à un coin de la cuisine, afin qu’il puisse cuisiner sa partie du festin de la soirée. Dès lors, plus aucun Démon ne porta la moindre attention au changeur de forme. Il était livré à lui-même avec les instruments de cuisines et les divers ingrédients à sa disposition.

Toute la journée, Dhavala cuisina au mieux de ses capacités. Dès qu’il terminait un plat, un Démon l’y goûtait. Parfois, il prenait possession du plat pour l’apporter à un autre Démon qui embellissait la présentation et fournissait les accompagnements appropriés. La plupart du temps, toutefois, les Démons dévoraient la préparation de l’Eversha, lui disant de tout recommencé. Puisqu’il devait aboutir à un festin complet, Dhavala passa la journée en cuisine.

« K’uhm ! Tu appelles ça de la cuisine ? Moi, j’appelle ça de la viande réchauffée ! Ce n’est pas assez assaisonné. Les épices ne correspondent pas ! Pourquoi ? Mais pourquoi traiter la nourriture aussi vulgairement !?! »

Visiblement, le maître des lieux n’appréciait pas les fruits de cette première journée. Il ordonna donc que le changeur de forme prenne place à ses côtés, plutôt qu’à l’autre bout de la table. Les serviteurs forcèrent donc Dhavala à prendre place si près du gros Démon qu’il pouvait entendre une bonne partie de ce qui se passait sous la graisse abondante du ventre démoniaque.

« Dhavala, mon Dhavala, k’uhm… Mange avec moi le fruit de ton travail. Tu me diras, mais elle est bonne cette viande ! Et je te répondrai, non, k’uhm, elle est ordinaire, cette viande. Elle n’a de spécial que son manque total de spécialité. N’importe quel idiot aurait pu faire chauffer cette viande, k’uhm… Il n’y a aucune fougue, aucune sauvagerie ! Quand je mange cette viande, je ne ressens rien qui ne puisse me faire explorer le Rocher au Clair de Lune, k’uhm… »

Mangeant sa cuisine, le voyageur ne voyait pas le problème. C’était même mieux que ce qu’il mangeait normalement. Il avait appris, depuis le temps, à ne pas trop faire cuire la viande. Celle-là n’était ni trop cuite, ni pas assez, et il y avait quelques épices pour altérer un peu le goût. Voyant que son protégé ne comprenait pas, Gal’ulm le Gourmand insista pour qu’il mange, encore et encore, utilisant le vin pour mieux différencier les différents plats. Le Démon insista, jusqu’à ce que son invité dût se soulager la vessie.

« Oh, mon pauvre aspirant. Je suis si triste, k’uhm. Ton sens du goût à un grand besoin de raffinement. Tu ne goûtes pas, tu dévores… Ah, triste destin que celui du changeur de forme. L’animal en toi fait obstacle. Que cela ne tienne, k’uhm ! J’ai déjà goûté pire, alors c’est qu’il y a de l’espoir. Serviteurs ! Mon invité a besoin de développer son palais. Apportez-nous le désert, k’uhm ! »

Sous les encouragements du Démon, Dhavala ingéra un bon nombre de plats encore, avant d’atteindre sa limite. Le seigneur Démon ordonna donc qu’on prépare la salle principale pour la nuit.
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Typhon Gargantua
Lun 15 Juin 2020, 16:35



Un Pacte Démoniaque

L’Eversha se réveilla dans sa forme animale, caressé par trois Démones. Il n’avait aucun souvenir de la nuit, ou même d’avoir adopté la forme de son Totem. Dhavala n’avait pas l’habitude du maître Démon pour boire autant, mais il ne se sentait pas particulièrement mal. De ce qu’on lui avait dit, l’expérience et le poids jouaient pour beaucoup dans la tolérance à l’alcool. Le jeune homme n’avait certes pas l’expérience, mais il avait certes le poids pour compenser.

Cela dit, si le régime qu’offrait Gal’ulm était bien moins intense que celui d’Échidna, Dhavala sentait qu’il allait bientôt retrouver un son surpoids habituel. Le chasseur n’aimait pas être aussi mince. Il préférait avoir des réserves pour les temps durs de son voyage, ou des chasses peu fructueuses.

Retrouvant sa forme humaine, Dhavala voulut commencer sa toilette matinale, mais il fut vite interrompu par les Démones qui le côtoyaient. Celles-ci s’appliquaient avec dévotion à répondre aux besoins de l’invité de leur seigneur. Craignait d’offenser Gal’ulm, l’Eversha se résigna au traitement de faveur qu’il recevait. Au terme de la toilette, l’invité reçut des vêtements propres et il fut conduit jusqu’à la cuisine pour débuter son deuxième jour d’entraînement.

En cuisine, les Démons assignèrent le changeur de forme à des tâches annexes. Dhavala devait tailler, éplucher, nettoyer et surveiller les divers plats cuisinés pour le festin du soir. Il ne cuisina rien du tout, mais entre deux tâches, l’un des Démons lui expliquait ses méthodes. Cette deuxième journée d’apprentissage était donc beaucoup plus intense que la précédente. L’invité devait bouger et manipuler beaucoup plus d’outils de cuisine, surtout des couteaux, que la veille. L’Eversha buvait et suait beaucoup sous la chaleur ardente de cette cuisine démoniaque. Lorsqu’il prit place à la table de Gal’ulm, Dhavala était épuisé et affamé.

« Dite donc, k’uhm, mon invite à travailler bien fort aujourd’hui, de ce que je peux voir. Tant mieux, k’uhm ! Tu vas pouvoir te régaler avec les plats que tu as aidé à préparer. Il est important pour un artiste culinaire de faire la différence entre un plat ordinaire et un chef-d’œuvre. »

Cette fois, la place de Dhavala était si près du Démon que ses jambes étaient en contact avec le ventre surdimensionné du seigneur Démon. Ainsi, Gal’ulm pu poser sa main boursouflée sur l’épaule de son protégé, ce qu’il ne manqua pas de faire pour retarder le début du festin.

« Remarque la présentation des plats, mon aspirant cuisinier, voit comment on voit tout de suite quels plats tu as aidés à préparer et lesquels tu n’as eus aucune influence. Vois comment tes tranches sont grossières. Vois comment ton épluchage à martyriser ces pauvres légumes. Voit le résultat de ton manque de dédicacions… De la nourriture dans cet état me rend triste, mais je garde espoir, k’uhm !

Oui, j’ai espoir, mon Dhavala ! Je sais qu’en toi se cache le plat qui me fait tant rêver ! Je suis sûr que tu me feras goûter au Rocher au Clair de Lune. Cela dit, soyons réalistes, k’uhm, mon matou. Tu as passé deux jours dans ma cuisine, qu’en penses-tu ?
»

Si prêt du Démon, l’Eversha n’avait aucun mal à déchiffrer les signes non verbaux. Le Démon voulait le dévorer. Gal’ulm prenait beaucoup trop bien soin de son invité pour le laisser partir sans obtenir quelque chose en retour. Soit Dhavala réussissait, par un quelconque miracle, à cuisiner un plat capable de satisfaire les exigences du Gourmand, ou se serait lui, le plat final.

« J’en pense que je ne deviendrai pas maître cuisinier sans des années d’entraînements.
- Tout juste, k’uhm ! Oh, comme je suis déchiré. Je vois en toi, Dhavala, un artiste qui ne cherche qu’à s’exprimer, mais je suis faible, k’uhm. Je suis trop faible pour attendre… Que faire, que faire, k’uhm…
- Si tu ne fais que me dévorer, tu ne goûteras pas au Rocher au Clair de Lune.
- K’uhm ? Je t’en prie, mon savoureux félin, va au bout de ta pensé. Tu as éveillé ma curiosité, k’uhm !
- Le Rocher au Clair de Lune, est le domaine de Phœbe. Il est sauvage, indomptable. Je suis ton invité, ton prisonnier. Si tu me fais tuer et cuisiner, que vas-tu manger ?  
- Oh ! Continue, mon chaton, k’uhm ! Tu as l’inspiration culinaire, je le sens dans mes tripes… Que proposes-tu ? Je suis tout ouïe, k’uhm !
- Dans moins d’un mois, ce sera la pleine lune. C’est alors que Phœbe investit les Eversha d’une partie de son pouvoir. Si tu veux goûter pleinement au Rocher au Clair de Lune, tu dois m’affronter lors d’une nuit de pleine lune et me dévorer vivant, alors que je m’efforce de faire de même.
- Quel frisson, k’uhm ! J’en salive déjà… Un mois, c’est long, mais comment pourrais-je me priver d’un tel chef-d’œuvre, k’uhm ? J’ai pris ma décision ! Dhavala, mon Dhavala, nous allons faire un pacte, toi et moi.

Je vais continuer de t’enseigner l’art de la cuisine et te faire profiter de mon hospitalité. Tu as jusqu’à la pleine lune pour me démontrer que tu mérites de vivre assez longtemps pour épanouir ton art gastronomique. Si tu réussis, nous nous retrouverons à l’apogée de ta carrière de cuisinier, afin que tu cuisines pour moi ton magnum opus.

Si tu échoues, k’uhm, nous nous affronterons. Je te libérerai sur mon territoire et je viendrai te chasser sous ta forme épanouie par Phœbe. Tu seras entièrement libre et au meilleur de ta forme. Je n’aurai alors de cesse de te pourchasser, jusqu’à ce que l’un de nous dévore l’autre.  
»

Gal’ulm fit dès lors venir un serviteur bien particulier. C’était un Démon bien plus richement vêtu et avec des manières de loin plus soignées que le reste du lot. Visiblement, ce Démon avait une grande importance pour le maître des lieux. Le serviteur rédigea alors le Pacte Démoniaque, un document plutôt long, dans la langue maternelle de l’Eversha, afin qu’il puisse le lire et le signer. Ce serviteur mentionna rapidement la nature magique du contrat, stipulant que tant qu’il sera actif, Gal’ulm le Gourmand allait pouvoir connaître l’emplacement exact de Dhavala Himsaru et même de s’y téléporter à tout instant. En échange d’un mois de mentorat et d’hospitalité, Gal’ulm devait recevoir le meilleur plat de la carrière culinaire de l’Eversha, sans égard pour le temps nécessaire à atteindre ce niveau. Le contrat arrivait autrement à terme si l’un des signataires dévorait l’autre.

Dhavala compris vite que le Démon avait l’intention de se lier à lui jusqu’à la mort. Un maître de métier régressait rarement dans son art. Ce faisant, Gal’ulm se donnait l’opportunité de continuellement visiter son protéger et de réclamer son dû. La seule échappatoire, c’était de mourir, ou de dévorer Gal’ulm. Le jeune homme avait des réticences, mais il était également affamé et le seigneur Démon insistait pour que le contrat soit signé avant le festin. L’Eversha fini par accepter.

***

Gal’ulm observait avec envie son invité dormir en compagnie de ses servantes. Le ventre gonflé de l’Eversha était exposé à la vue du Démon, caressé par les Démones. Le jeune homme était si maigre à son arrivée. C’était bien qu’il prenne du poids. S’il devait être dévoré, Gal’ulm désirait être pleinement satisfait. Le Démon n’avait toutefois pas envie de patienter un mois, il souhaitait réclamer dans l’instant son dû. Cela dit, il n’en fit rien.

L’auteur du Pacte se présenta à nouveau au seigneur des lieux, le précieux contrat en main. Gal’ulm traitait ce serviteur avec beaucoup d’estime. C’était bien le seul. Les autres n’étaient que des charognards. Ce servant-là, il était important, puisqu’il était le premier Démon qui fut lié à Gal’ulm par un Pacte. Depuis, les deux êtres maléfiques ont uni leurs forces pour s’élever toujours plus haut dans la hiérarchie des démons opposés au Roi.

« Qu’en dites-vous, Roself, k’uhm ? Soyez franc, surtout.
— Selon moi, ce Pacte a peu de valeur. Ce non-Démon est un vagabond. Il n’a ni influence ni richesse. Libre à vous de le tourmenter, mais il sera au crépuscule de sa vie avant que sa cuisine ne vous apporte une véritable satisfaction.
Ah, triste réalité des races inférieurs, k’uhm.
— Si je peux me permettre, honorez votre engagement et laissez partir l’Eversha. Peut-être ce pacte gagnera-t-il en valeur un jour et profitera vos desseins.
J’admire votre perspicacité, mon humble serviteur. Toutefois, k’uhm, vous connaissez mon appétit insatiable. Ma curiosité est trop forte. Je dois goûter à ce mets qui n’est disponible que lors des nuits de pleine lune.
— Fort bien. Dans ce cas, je recommande d’ajouter quelques exercices à la routine de l’Eversha. Une proie trop grasse représentera bien mal la sauvagerie du Rocher au Clair de Lune. »

Satisfait, le Démon obèse permit à Roself, son serviteur, de retourner à ses occupations principales, ce qui permet à une douzaine de Démones de venir prendre place sur leur maître pour passer la nuit.

***

Les jours qui suivirent, Dhavala continua d’apprendre à cuisiner, sous les conseils des Démons et des nombreuses critiques de Gal’ulm. La progression de l’Eversha était lente. Il lui fallait apprendre les notions de base. Il lui fallait apprendre à se servir des outils culinaires. C’était loin de la créativité que recherchait le seigneur des lieux dans ses repas. Tout ce que faisait Dhavala était trop fade à son goût.

Ce n’était toutefois, pas tant l’Eversha qui était lent, mais plutôt le Démon qui était impatient. Dhavala n’était pas un virtuose né pour cuisiner, alors il apprenait à un rythme lent, mais constant, typique d’un apprenti normal. Le jeune homme était d’ailleurs motivé à satisfaire le gros Démon avant la pleine lune. Certes, Dhavala aimerait être débarrassé de Gal’ulm, mais un duel à mort avec un Démon ne permettait pas la fuite. Les interactions entre le seigneur des lieux et de son invité ne permettaient guère de juger l’un ou l’autre dans ses capacités martiales.

Bien entendu Gal’ulm était le plus confiant des deux. L’on ne devenait pas Suḷḷu sans prouver sa capaciter de tuer. L’apparence de gros bonhomme enjoué du Démon était ce qu’il désirait projeter de sa personne. Lorsque venait le temps de se battre, comme tout Démon qui se respecte, Gal’ulm utilisait sa forme de combat, l’Autre, qui décuplait ses capacités et lui redonnait sa mobilité perdue due à sa corpulence.

De son côté, Dhavala comptait sur la force de son Totem enhardi par la pleine lune pour se donner une chance de vaincre, mais il n’avait ni l’expérience ni la connaissance du terrain de son adversaire. Qui plus est, suite au Pacte, Gal’ulm savait toujours où se trouvait Dhavala. Lors de l’affrontement, le tigre ne pourrait pas se cacher. Le seigneur Démon était si confiant de sa victoire, qu’il permettait d’ailleurs à l’Eversha de profiter de ses serviteurs pour un entraînement physique quotidien, afin qu’il garde une bonne forme physique.

***

À la table du seigneur Démon, les tensions entre les deux hommes semblaient disparaître. Après la quotidienne série de critiques cinglantes, le Démon et l’Eversha profitaient simplement du repas, tout aussi gourmand l’un que l’autre. Il s’avérait que l’appétit des deux hommes était plutôt similaire. Gal’ulm maintenait sa forme obèse, mais le corps de Dhavala nécessitait une grande quantité de nourriture simplement pour subsister. Avec le vin qui coulait à flot lors de chaque festin, l’ambiance était des plus amicales, abstraction du fait que les deux hommes projetaient de s’entre-dévorer.

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Typhon Gargantua
Mar 16 Juin 2020, 16:17



Une nuit de pleine lune

Dhavala se leva en poussant une Démone un peu trop colleuse de son chemin pour aller se soulager dans un coin. Comme d’habitude, des Démons allaient nettoyer derrière son passage. L’Eversha n’avait pas le droit de sortir de la caverne, alors forcément, le jeune homme faisait comme il pouvait. Au début, il n’était pas confortable à s’exposer ainsi à la vue de tous, mais après un mois, l’habitude s’était installée. Il s’agissait là d’une habitude que l’Eversha espérait bien vite perdre.

Cela dit, c’était bien Gal’ulm qui était le plus dégoutant, puisque son poids lui imposait l’immobilité. Il fallait une dizaine de Démons pour soulever le seigneur de près de 500 kilos, alors que d’autres s’affairaient à nettoyer, le Démon et ses rejets. C’était un spectacle dégoutant, même après un mois à en avoir été témoin.

Malgré les exercices physiques, Dhavala avait lui aussi pris du poids. Sa corpulence était redevenue similaire à celle précédente sa capture dans l’Antre des marais. Il avait alors un ventre bien rond et une couche graisseuse équitablement répartie sur l’ensemble du corps, mais sans pour autant restreindre ses muscles ou affecter son équilibre. C’est ainsi que l’Eversha avait retrouvé son physique de chasseur, un entre-deux entre l’obésité et la maigreur. Du haut de ses deux mètres et lourd de 120 kilos, Dhavala avait aussi confiance en lui que lui permettait son expérience. Le changeur de forme ne pouvait qu’espérer que ce serait suffisant, puisque ce soir était le soir de pleine lune.

Jour après jour, Gal’ulm avait rejeté la cuisine de Dhavala. Ce soir il n’y aurait pas de festin à la table du maître des lieux. Le seigneur et son invité allaient s’affronter et le vainqueur devrait dévorer l’autre. C’est pourquoi aujourd’hui devait être une journée de repos. L’Eversha profitait alors d’un bain chaud, pendant que le Démon était soigneusement lavé par ses serviteurs. Malgré le sérieux des évènements à venir, les deux hommes n’hésitaient pas à continuer à discuter normalement.

« Pourquoi est-ce que tu veux tant me dévorer, Gal’ulm ?
- Dhavala, mon Dhavala, k’uhm, mon gros matou, mon invité… Entre nous, ta cuisine est mangeable. Tu n’es encore qu’un novice, k’uhm, mais tu peux te faire appeler cuisinier. Je n’aurai aucune honte à ce que tu te présentes comme mon apprenti.
- Ah ! Tu n’arrives pas à savoir ce que ça goûte un Eversha transformé durant la pleine lune. Tu n’as jamais eu l’intention de me laisser partir !
- Oh, mon félin compagnon, k’uhm. Jamais tu ne réaliseras à quel point je rêve de planter mes dents dans ta chaire… Or, que de malheur, puisque tu as triomphé de mon impatience en stimulant ma curiosité. K’uhm ! Je n’ai pas été aussi excité pour ce soir depuis des décennies !
- Tu sais que je ne me laisserai pas dévoré ?
- Mais, je l’espère bien, k’uhm ! Il y a bien plus à Gal’ulm le Gourmand que le beau Démon corpulent que tu vois. Tu n’es pas le seul changeur de formes, mon Eversha. Ce soir, tu découvriras comment je me suis hissé au rang de Suḷḷu, k’uhm. J’ai dévoré mes nombreux concurrents, tout comme je te dévorerai toi, mon corpulent et savoureux félin.
- Oh ? Quelle coïncidence ! J’ai moi-même dévoré la plupart de mes ennemis au Rocher au Clair de Lune.
- Je t’en prie, k’uhm… Tu me mets l’eau à la bouche. Je vais te dévorer. Je vais te digérer. Je vais absorber ta force, ainsi que celle de tous ceux que tu as dévorés jusqu’ici, k’uhm. Combien de décennies as-tu vécu ? Une ? Deux peut-être ? Ce magnifique ventre que tu contemples s’est bâti sur trois siècles, k’uhm !
- Tu es trop confiant, vieillard ! Ça va me donner l’avantage durant la chasse.
- Oh, oh, oh, oh, oh, k’uhm ! Elle est bonne… Dhavala, mon Dhavala, tu es ici chez moi, k’uhm. Mon domaine s’étend bien au-delà de ma modeste demeure. Je connais mon territoire, k’uhm, dans ses moindres recoins. Quant à toi, k’uhm, notre Pacte implique que je sais toujours où tu te trouves. Non, mon gros matou, tu n’as aucun avantage dans cette chasse. Je te suis entièrement supérieur. Tu n’es pour moi qu’un morceau de viande exotique. Tu ne mérites même pas d’engraisser mon glorieux ventre. Ce sont mes fesses que tu contribueras à accroître.
- Si tu le dis, Gal’ulm. Par contre, si c’est moi qui gagne, ce sont tes fesses que je compte dévorer en premier. »

La discussion se poursuivit entre les deux hommes, en argumentant sur la meilleure méthode pour se dévorer l’un l’autre. L’absence de tension étonnait les Démons inférieurs, qui servaient Gal’ulm le Gourmand. Ceux-ci s’occupaient des deux hommes depuis suffisamment longtemps pour sentir que la différence de capacités n’était pas aussi à sens unique que l’affirmait le maître Démon. Il était évident que Gal’ulm avait la plus puissante aura magique et qu’il était le plus fin stratège, mais Dhavala avait l’avantage de la force physique et de l’agilité. Peu doutaient de la défaite de leur maître, mais tous reconnaissaient que le combat n’était pas sans risque.

***

C’est en fin d’après-midi que Dhavala fut laissé à l’entrée de la caverne où résidait Gal’ulm le Gourmand. L’Eversha était alors nu et sans arme, tel qu’il avait été capturé à l’origine. Il avait jusqu’à la tombée de la nuit pour se préparer à la chasse dans le terrain accidenté du domaine rocheux du Gourmand dans l’Antre des damnés. C’était un environnement hostile et inhospitalier. Principalement rocheux, il n’y avait presque aucune végétation.

Sans perdre de temps, l’Eversha adopta la forme de son Totem et se mit à la recherche d’un air de combat. Gal’ulm était si sûr de lui qu’il accordait plusieurs avantages à son adversaire. C’était là des avantages que Dhavala ne pouvait se permettre de laisser passer. Le jeune homme n’était pas chez lui et il n’avait pas une très bonne connaissance des Démons. Oui, il en avait déjà combattu, mais aucun qui soit aussi menaçant. Dhavala cherchait un terrain bien dégagé pour tirer au maximum profit de sa forme animale bonifiée du gigantisme de la pleine lune. C’était une denrée rare ce genre d’environnement en ce lieu, mais l’Eversha trouva satisfaction.

***

De son côté, Gal’ulm avait donné congé à tous ses servants, à l’exception d’un, Roself, son conseiller et confident.
« Nous y voilà. La proie est libre dans mon domaine, k’uhm. Il ne me reste plus qu’à la cueillir.
— Selon moi, je persiste à croire que vous auriez eu tout avantage à laisser l’Eversha partir.
- K’uhm… Mais, c’est un raisonnement si… logique, k’uhm. Où est la passion ? Où est le désir ? Imaginez, deux hommes qui se battent à mort sous le clair de lune, k’uhm…
— Je ne partage pas votre obsession pour le dramatique, Gal’ulm. Je consens qu’il soit légitime de prouver votre force auprès de votre seigneur Kāmada Byāran. Cela dit, vous êtes le seul à connaître la valeur de votre adversaire. Je ne vois pas en quoi ce risque va vous rapporter autre chose que de flatter votre égo.
Toujours aussi froid et calculateur, Roself, k’uhm. Cela dit, vous faites erreur. L’important, ce n’est pas de plaire à mon Seigneur. L’important, c’est de démontrer ma force auprès de mes propres serviteurs, k’uhm. Traitez-moi de dramatique, mais c’est par le biais de mes serviteurs que je suis observé.
— Toutes mes excuses, maître. Votre raisonnement est d’une logique appréciable. Je me permets toutefois de vous recommander d’éviter de fanfaronner comme vous en avez si souvent l’habitude. »

Gal’ulm n’aimait pas quand Roself ne lui donnait pas raison. Les deux Démons s’entendaient rarement, mais le premier serviteur du Gourmand avait la plupart du temps raison. Il était doté d’une logique implacable, mais aussi d’une inaptitude sociale à la hauteur de son intelligence. Il avait d’ailleurs de la chance d’être associé au grand charisme de Gal’ulm, autrement il n’aurait jamais survécu aussi longtemps. Cela dit, le Gourmand ne pouvait pas non plus ignorer tous les avertissements qui lui étaient offerts. Les Evershas ne se comparaient pas aux Démons, mais ce n’étaient pas non plus des enfants de cœur. Selon les dires, le Rocher au Clair de Lune pouvait parfois se montrer aussi impitoyable que les Enfers.

***

Lorsque la lune fut haute dans le ciel, Gal’ulm adopta sa forme cauchemardesque qui faisait trembler ses serviteurs et de nombreux autres Démons. Dans cette forme de plus de quatre mètres de long, le Gourmand ressemblait à un croisement entre un mille-pattes et une sangsue. Il disposait d’une immense gueule remplie d’innombrables rangers de dents acérées. Son corps, tubulaire, était un immense gouffre dans lequel le Démon dévorait vivant ses victimes, avant de les écraser par ses puissants muscles abdominaux. Rapide, flexible et mobile, cette forme de l’Autre de Gal’ulm était très bien adaptée aux terrains accidentés. Conservant son poids de 500 kilos, le corps du Démon était bien assez volumineux et extensible pour ingérer deux fois son propre poids lors d’un même repas.

Pour donner de la perspective, Gal’ulm disposait d’une trentaine de serviteurs. Ses quinze concubines et une quinzaine de Démons qui s’occupaient de la plupart des tâches. Si l’envie lui prenait, le Gourmand dans sa forme la plus puissante pouvait ingérer l’ensemble de ses concubines et un ou deux Démons de plus. Alors capable de digérer en quelques minutes, Gal’ulm pouvait dévorer l’ensemble de ses serviteurs et tous les digérer bien avant de manquer de force magique pour maintenir l’Autre. Pire encore, la magie du Démon maintenait en vie ses victimes, jusqu’à un stade avancé de digestion avant d’enfin les laisser périr dans d’atroces souffrances.

Rares étaient les serviteurs du Gourmand capable de rester impassible devant la forme insatiable de leur maître. Même le premier serviteur trahissait sa nervosité à cette vue. Il avait très souvent été témoin des horreurs que le Gourmand pouvait infliger à ses victimes lorsqu’il était d’humeur particulièrement mauvaise. Gal’ulm régurgitait alors sa victime partiellement digérée, qui souffrait le martyre ainsi exposé à l’air et aux éléments, seulement pour l’ingérer de nouveau. Les plus résilients pouvaient tenir deux à trois cycles ainsi. C’est pourquoi Gal’ulm était le maître et pas le serviteur.

***

Observateur de la chasse, Roself fit apparaître ses ailes et s’envola afin de prendre de la hauteur. Grâce à la lueur de la pleine lune, il était aisé de ne rien manquer du spectacle. À peine son maître avait-il quitté la caverne, se dirigeant droit vers l’Eversha qui l’attendait patiemment, que le serviteur démoniaque savait lequel sortirait vainqueur du combat. Il délaissa momentanément son rôle d’observateur, en préparation aux évènements à venir.

Le Démon ailé retourna dès lors dans la caverne, afin d’y chercher deux Pactes Démoniaques bien précis. Il y avait, bien évidemment, le tout dernier Pacte de Gal’ulm le Gourmand, signer avec Dhavala Himsaru. Il y avait également le tout premier Pacte du maître du domaine, celui-ci, signer avec le Roself, lui-même. Ce Pacte était ce qui liait les deux Démons ensemble, Gal’ulm dans le rôle du maître. Peut-être qu’enfin, après près de trois cents ans, la seconde partie du Pacte centenaire allait prendre effet. Roself retourna dès lors dans le ciel de l’Antre des damnés, pour assister au duel et confirmer le vainqueur.

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Typhon Gargantua
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Typhon Gargantua
Mer 17 Juin 2020, 14:44



Un dénouement inattendu

Gal’ulm avançait rapidement vers sa proie. Avec ses nombreuses pattes, il n’avait aucune difficulté à franchir les irrégularités rocheuses de son domaine, qui aurait déchiqueté la peau d’un aventurier inattentif. Le Démon, lui, connaissait les moindres recoins, le moindre caillou, se trouvant à l’intérieur des limites de la terre qui lui fut remise par son Seigneur. Gal’ulm le Gourmand n’avait qu’une obsession, enfin goûter un Eversha renforcer par la pleine lune. Il désirait engouffrer cette puissance dans ses entrailles, soumettre son adversaire et le réduire à néant dans l’impuissance. Oui, c’est ainsi que Gal’ulm allait goûter au Rocher au Clair de Lune !

La gueule grande ouverte, le Démon fonçait droit vers sa victime. Gal’ulm allait appliquer la recommandation qui lui avait été faite de ne pas fanfaronner. Dhavala n’était pas un adversaire qui allait se laisser intimider. Le Démon allait donc simplement gober l’Eversha, sans plus. Peut-être le recracherait-il pour le dévorer de plus belle, mais ce genre de fantaisie attendrait la victoire définitive du maître du domaine.

D’abord, il y eut les vibrations. Gal’ulm avait le ventre qui frottait contre le sol, alors il pouvait ressentir tous les déplacements à proximité. C’était le premier avertissement et le Démon s’immobilisa net, s’évitant de justesse un monstrueux coup de patte, le genre mortel. Le lourd grognement qui suivit acheva le peu de confiant qui restait au Démon. L’Eversha était devenu trop massif pour être dévoré entièrement. Gal’ulm avait sous-estimé son adversaire. L’imposant tigre était devenu un tigre géant et le Démon n’avait pas adopté la bonne stratégie pour l’affronter.

La taille et le poids seuls ne garantissaient pas une victoire. Dhavala était devenu immense grâce à la pleine lune, mais la magie n’avait que faire de la taille et du poids. Les gains de l’Eversha étaient purement physiques et encore, sans une magie adéquate, une taille contre nature pouvait devenir une faiblesse. Le problème, c’était que Gal’ulm avait espéré en finir en ingérant son rival vivant. Puisque c’était impossible, le Démon devait changer de stratégie, mais il n’avait pas les capacités analytiques de son premier serviteur.

***

Se battant pour mériter son repas, Gal’ulm évita la morsure du tigre géant en se téléportant sur son dos. Déséquilibré et recevant 500 kilos sur le dos d’un coup, Dhavala se retrouva à plat ventre, ce qui provoqua une onde de choc dans la roche qui n’apprécia pas que les quatre tonnes combinées du Démon et de l’Eversha s’effondre ainsi. Gal’ulm chercha alors à mordre l’animal à la nuque. Toutefois, faisant trois fois la taille du Démon, avec un corps de 12 mètres de long, il y avait une fourrure particulièrement dense et épaisse à cet endroit. L’attaque n’eut pas l’effet escompté et le tigre eût vite fait de déloger son rival de son dos.

Dès lors, Gal’ulm s’attaqua aux pattes du tigre, afin de limiter sa mobilité. C’est peu avant que les immenses crocs de la bête ne transpercent les flancs du Démon que Gal’ulm réalisa son erreur. La principale attaque du tigre était la morsure, et non les coups de patte, aussi dévastateurs fussent-ils. Le Démon fut projeté dans les airs, avant de retomber lourdement sur le sol rocailleux. Le Gourmand ne pouvait vaincre son adversaire sans revoir entièrement sa stratégie. Il ne pouvait fuir non plus. Le Démon serait assailli de toutes parts par d’autres Démons, désireux de prendre sa place dans la hiérarchie démoniaque. Ça signifiait donc que Gal’ulm allait devoir improviser pour se sortir de se mauvais pas…

C’était une sensation bien étrange pour le dévoreur de sentir l’arrière de son corps s’engouffrer dans la gueule chaude et humide du tigre géant. Les crocs se refermèrent alors douloureusement contre le Démon, tirant peu à peu le long corps démoniaque vers l’estomac du félin.

***

Roself, le premier serviteur de Gal’ulm, arriva sur les lieux du combat. Seul restait alors le tigre géant, couché sur le côté, le ventre gonflé par le corps de l’imposant Démon. Cela faisait trois heures maintenant que le serviteur démoniaque arpentait les cieux, attendant patiemment que son maître pousse son dernier souffle. Malheureusement, le Gourmand était bien trop têtu pour mourir. Sitôt eût-il atterri, Roself fut salué, d’une voix provenant des entrailles de l’Eversha.

« Roself, k’uhm ! Vous en avez mis du temps…
— Loin de moi l’idée de m’incruster dans votre… combat, mais, y a-t-il un vainqueur ?
K’uhm… Pour l’instant, nous nous sommes entendus pour un match nul. Pas vrai, Dhavala, mon Dhavala ! »

Pour toute réponse, l’Eversha émit un rôt à l’image de sa taille colossale. Les tigres ne parlaient pas, alors le changeur de forme était incapable de prendre la parole dans la forme de son Totem. Cela dit, Dhavala n’avait rien perdu de son intelligence. Il comprenait très bien ce qui se passait.

« Ah ! Ça veut dire, oui, k’uhm. Il va falloir l’excuser, Roself, mais je lui remplis l’estomac avec l’air que je crée pour respirer. Bref, passons, nous avons besoin de votre avis.
— Pardonnez-moi, maître Gal’ulm, mais je suis l’observateur de votre duel. Je ne suis pas juge.
K’uhm… Oui, oui, je sais, mais je vous autorise à dévoiler votre opinion.
— Et si vous commenciez par m’expliquer pourquoi mon maître se trouve dans l’estomac d’un Eversha ?
Eh bien, k’uhm… J’ai eu une super fausse bonne idée. Quand je me suis rendu compte que mon gros matou de rival avait l’avantage sur moi, k’uhm, j’ai décidé de me laisser dévorer, afin de moi-même le dévorer de l’intérieur. J’ai d’abord espéré que Dhavala allait dévorer entier l’Autre, mais quand il a commencé à croquer, j’ai pris une forme humaine.

Bref, j’ai réussi à atteindre l’estomac, où j’ai repris ma forme de Démon, mon autre fausse bonne idée, k’uhm. Il se trouve que je n’étais pas assez gros. Tu t’imagines, Roself ? Moi ? Trop mince, k’uhm ! Bref, le ventre du tigre a tenu le coup et je me suis retrouvé coincé comme une sardine. Évidemment, le minet cherche à me digérer depuis. Je pensais le dévorer et lui dérober son énergie vitale pour me régénérer, mais il se trouve qu’il fait pareil, k’uhm. Résultat, il me digère plus vite que je me régénère et je n’arrive pas à lui faire plus que des maux d’estomacs. Donc, en ce moment, je me protège d’un bouclier magique et je m’applique à lire les pensées de mon Dhavala pour négocier, k’uhm. Je te jure, Roself, il pense au moins autant que moi à la nourriture ! S’il était né Démon, je l’adoptais !

Hum ? Ouais, k’uhm, tu as raison, mon gros matou. Donc, moi je m’épuise peu à peu, mais je vais tenir toute la nuit si je me contente de maintenir mon bouclier, k’uhm. Mon Dhavala, lui, refuse de me recracher, parce qu’il ne veut pas, et avec raison, k’uhm, que je passe le reste de sa vie à l’embêter à cause de notre pacte. C’est un peu une impasse et on ne s’entend pas sur ce qui va se passer quand le soleil va se lever et que le tigre va retrouver sa taille normale.

— Si je comprends bien la situation, aussi ridicule soit-elle, Dhavala ne va vous recracher que si le pacte cesse de prendre effet. De votre côté, vous craignez d’être rétrécie ou de ne pas pouvoir survivre dans le ventre de cet animal après l’aube.
Tout juste, k’uhm ! Donc, j’ai besoin de votre avis, Roself. Un Pacte Démoniaque ne se négocie pas une fois écrit et signé, h’uhm. Comme on a établi que le pacte prenait fin lorsque l’un de nous dévorait l’autre, est-ce que le pacte a été complété à partir du moment où mon Dhavala m’a dévoré, ou est-ce que ce ne sera qu’au moment de ma mort ?
— Oh… Il s’agit d’une formalité. »

Roself fit apparaître un dictionnaire qu’il feuilleta pendant que le tigre continuait de roter bruyamment. Il grognait également à l’occasion à l’intention du Démon qui prenait un peu trop son aise dans son ventre. Le serviteur démoniaque feuilleta un autre ouvrage dans le but de trouver un précédent, mais avec seulement quelques heures avant la fin de la nuit, le Démon était limité dans son investigation.

« Alors, k’uhm ? Est-ce que le brillant Roself va être vaincu par une définition ?
— Maître, je suis au courant de votre situation précaire, mais ne me brusquez pas. Un Pacte Démoniaque est une affaire sérieuse. Je refuse de bafouer la seule noble tradition démoniaque.
Oh ? Ne fais pas attention à mon serviteur, mon vorace compagnon. Le dévorer n’arrangera rien, k’uhm.
— Charmant. Bon, je m’incline. Le concept de dévorer implique d’avaler dans le but de manger, autrement dit, se nourrir. Puisque l’ingestion découlant de l’acte de dévorer n’a pas forcément de lien de cause entre la vie et la mort, il est techniquement possible de dévorer un être vivant sans causer sa mort. Le lien de cause direct à la mort est alors le processus digestif.
Je suis d’accord avec Dhavala, k’uhm. C’est à ni rien comprendre.
— En termes plus simples, puisque ce Pacte Démoniaque dispose d’une clause de cessation au moment où l’un des signataires “dévore” l’autre, la condition de cessation s’est appliquée dès le moment où Gal’ulm le Gourmand s’est retrouvé dans l’estomac de Dhavala Himsaru. À ce moment, il a effectivement été dévoré vivant. Le pacte ne lie donc plus les signataires Gal’ulm le Gourmand et Dhavala Himsaru.

Maintenant, faites donc ce qu’il vous plait. Je m’en retourne à mes tâches avant d’attraper votre bêtise. »

Malgré le départ du serviteur de Gal’ulm, il se passa de longues minutes avant que finalement, et avec réticence, le Démon fût libéré. Si le Pacte Démoniaque ne tenait plus, les négociations ne cessèrent que lorsque Dhavala fut promis une compensation pour recracher son repas, alors que Gal’ulm obtenu de son compagnon l’assurance que le duo retournerait à la caverne du Démon avec un certain décorum, pour préserver la réputation du Gourmand.

***

Un dernier festin fut partagé par le Démon et l’Eversha, comme s’ils n’avaient jamais participé à un duel à mort. La différence entre les jours précédents, le maître et son invité étaient dans leur forme augmentée. L’Eversha, sous les traits d’un tigre géant, était trop massif pour la salle principale de la caverne, alors le festin prit place à l’extérieur. Dans sa forme de l’Autre, le Démon avait pris place sur un rocher, afin de ne pas paraître minuscule comparativement à son compagnon, ce qui était le cas pour les serviteurs qui devaient les nourrir.

Les subalternes de Gal’ulm le Gourmand n’avait pas la vision d’ensemble des évènements qui s’étaient déroulés, tel les connaissaient Roself. Les ouïs dires étaient nombreux, mais personne ne pouvait confirmer si même il y eut combat. Ces Démons inférieurs eurent tôt fait de cesser de chercher à comprendre ce qui les dépassait et se contentèrent de nourrir les deux gloutons sans y perdre un bras au passage. Le dernier repas offert à Dhavala dura jusqu’à l’aube, où il retrouva sa forme animale normale, alors que Gal’ulm retrouvait lui aussi sa forme démoniaque ordinaire. Il y avait une égalité plutôt suspecte entre les individus, un évènement rare en présence de l’obèse Démon.

Deux jours plus tard, Gal’ulm rendait à Dhavala ses possessions que ses serviteurs avaient récupérées. Les vêtements avaient été ajustés, et quelque peu améliorés, mais il s’agissait des mêmes vêtements en fourrure, en coton et en cuir que l’Eversha portait alors. Le chasseur retrouva alors son arc et ses outils de chasse et de nombreuses provisions, cadeau du Démon. Ce dernier offrit finalement deux documents. Le premier attestant la formation de cuisinier de Dhavala, présentant celui-ci comme étant méritant d’avoir été l’élève de Gal’ulm le Gourmand. Quant au second, il s’agissait de la recommandation du Démon envers son supérieur pour accorder à l’Eversha un droit de passage dans l’Antre des damnés. Sans plus de formalité, Dhavala quitta la caverne du maître démoniaque.

***

Plus tard, alors que Gal’ulm était seul, il fut rejoint par Roself, son premier serviteur. Cette réunion se voulait un retour sur les derniers évènements, et une préparation à ceux à venir.

« Maître Gal’ulm, je suis curieux. Pourquoi avoir offert autant de cadeaux à l’Eversha ? Je conçois que vous cherchiez à impressionner vos serviteurs, mais bien d’autres regards observent vos faits et gestes.
Une bonne question, Roself, k’uhm, et surtout une question qui me sera maintes fois posée dans un avenir rapproché. Pourquoi ai-je donné, alors que j’aurai pu prendre, k’uhm ? Parce que j’en avais envie, tout simplement.
— Je ne vous connaissais pas aussi généreux, maître.
Oh ? K’uhm ! Mais voyons, ne suis-je pourtant pas reconnu pour mon hospitalité ? Je suis prêt à aller loin pour goûter à un plat exotique et c’est ce que j’ai fait, k’uhm. Plutôt, c’est ce que je fais en ce moment !
— Je vois… Je ne vous croyais pas si prévoyant. L’attestation portera votre nom bien au-delà de l’Antre des damnés. Elle pourrait même vous valoir des suppliants si la cuisine de l’Eversha se démarque.
Tout à fait, k’uhm ! Ai-je perdu quoi que ce soit ? Du temps et de la nourriture. Vous conviendrez que je possède de la nourriture en excès, k’uhm, et que le temps à bien peu de valeur pour un Démon.
— Fort bien. Cela dit, l’on entendra parler de ce duel à mort qui se termina dans un festin pacifique.
Et vous savez comme moi, cher Roself, que rien n’en découlera, k’uhm. Je n’ai ni été affaibli ni prouvé faible. J’ai simplement rencontré un adversaire, k’uhm que je n’ai pas pu dévorer. Quand j’aurai tué un ou deux fauteurs de troubles, l’on me laissera à nouveau tranquille.

Mais changeons de sujet, k’uhm. Lesquelles de mes concubines sont porteuses d’une progéniture ?

— L’Eversha ? Aucune maître. Six Démones portent vos rejetons et vous enfanterez certainement les neuf autres d’ici les deux prochains mois. Il est toutefois futile d’espérer un descendant démoniaque à l’Eversha.
Mais… Comment, k’uhm !?! Mon Dhavala n’a passé aucune nuit seul ! J’ai même expressément ordonné que mes servantes en tirent un enfant, k’uhm et elles ont toutes essayé ! D’ailleurs, k’uhm, il était ivre la moitié du temps. Comment !
— Je ne saurais expliquer l’esprit d’un Eversha. Cela dit, l’homme animal n’a pas passé une nuit complète en forme humaine. »

2381 mots
4ème message et fin de la quête
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[Q] - La cuisine de l’enfer

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