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 Le Fouet de la Liberté [Pv Tameka]

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Mancinia Leenhardt
~ Humain ~ Niveau IV ~

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◈ Parchemins usagés : 11271
◈ YinYanisé(e) le : 01/05/2015
◈ Âme(s) Soeur(s) : Neah Katzuta | Ange | Compagnon
◈ Activité : Joaillière [Rang IV] - Médecin [Rang III] - Éleveuse de Vaches [Rang I] - Investisseur [Rang II] - Prêtresse d'Amsès [Rang I]
Mancinia Leenhardt
Dim 07 Juin 2020, 17:57

Partenaire - Tameka
Intrigue - Valysteria et Tameka travaillent aux carrières, peu de temps après l'arrivée des Sorciers sur la Terre Blanche. Elles ignorent encore tout du chemin qui les attend, avec, au bout, la liberté.


Vous avez entendus ?

Tous inclinaient la tête en silence. Personne n'osait prononcer le moindre son. Il y avait quelques rumeurs qui circulaient sur la venue des Sorciers. Certains Vils étaient d'ailleurs très agités et méfiants à leur encontre, maugréant qu'ils ne se laisseraient pas avoir. Il y avait de quoi s'inquiéter d'une potentielle union de ces deux races malfaisantes et je n'étais pas très rassurée à cette idée. Je craignais pour la vie de ceux qui étaient parvenus à s'enfuir. Et ... S'ils les capturaient à nouveau ? Ce serait terrible. Affreux. Et nous ... Nous poursuivions notre travail, comme si de rien n'était, comme si la vie poursuivait son cours. Sous le bruit des pioches contre la roche, je retenais un soupir d'exaspération devant ce constat. Nos propres minerais qui serviraient à créer des instruments qui se retourneraient contre les nôtres. Contre les défenseurs du Bien. Je n'étais pas fière. J'aurais tellement voulu protester et me dire que la Mort ne m'effrayait pas. J'aurais menti. J'étais vraiment une personne faible, bien loin du courageuse qui étreignait mes aînés. Par ailleurs, ce n'était pas le moment de déplaire à nos geôliers. Nombreux était ceux à passer leurs nerfs sur nous depuis cet assaut dans le sud, sans doute pour tuer l'Espoir que nous nourrissions désormais, celui de savoir que notre peuple ne nous avait pas complètement abandonné entre leurs griffes. Une question me taraudait l'esprit : Et si ... ? Lorsque l'assaut avait été donner au sud de notre position, nous avions entendus des braillements démoniaques à nous en faire dresser les cheveux sur la tête. Des bruits lointains de combats et même quelques explosions ... Nous avions dû aller déblayer les ruines d'un des Portails.

Nous avions compris.

Les Démons nous narguaient en disant que les nôtres nous avaient abandonnés derrière, mais nous n'étions pas tous idiots. Nous faisions semblants de le croire de crainte de leur courroux. J'avais entendu des rumeurs disant qu'ils étaient trop bien organisés sur la situation et que le horaire n'était pas anodin ... Et si c'était ma lettre ? Est-ce que cela aurait un rapport avec elle ? Était-ce du hasard ? Je n'en savais rien. J'espérais. Je souris vaguement en abattant sa pioche sur la rocaille. C'était au tour des Anges de lancer la contre-attaque ! En ce qui me concerne ... Personne ne pouvait le savoir. Je n'avais rien dit à personne. Peut-être qu'ils m'exécuteraient le moment venu et, même si j'avais peur de cela, je me disais que ma vie contre une centaine des miens ... c'était plutôt pas mal pour une trouillarde au corps chancelant. J'avais assez mal aux mains et le froid environnant ne m'aidait pas. Je sentais bien que mon corps avait de plus en plus de mal à tenir la cadence. J'avais eu une assez bonne santé pour tenir tous les aléas de ces dernières années, mais peut-être atteignait-il ses limites ? Je devais absolument tenir ... au moins jusque ce soir. La morsure d'une des lanières du fouet venait de claquer contre ma joue. Une chaleur de douleur me saisit instantanément, tandis qu'un mince filet de sang dégringolait contre mon menton. Je tremblais violemment, dans un mélange de colère et de terreur. J'essayais à ce que le second sentiment domine le premier dans mon regard ... Un signe de défiance et ce serait un déferlement plus terrible encore. Je ravalais ma salive tandis que le Vil se penchait vers moi, sous sa forme démoniaque. Il était si grand qu'il aurait pu me tuer rien qu'en tendant la main.

Tu ne vas pas très vite, Crasseuse.
Je ... Je vais accélérer la cadence.

Il me dévisageait un moment. Je ne savais pas si je devais reprendre immédiatement ou attendre une réplique sanglante.

Comment ça se fait que le Patron n'ait jamais profité de toi ?

Cela m'arrachait un frisson de dégoût. Combien de mes soeurs n'avaient pas été violées ? J'avais eu tellement de chance. Seulement ... Je n'osais pas respirer tout en connaissant la réponse. Il n'aimait pas les Anges. Il nous considérait comme indigne de respirer, alors pourquoi aurait-il voulu abuser de ses captives ? Le Démon avait une haleine pestilentielle à quelques centimètres de mon visage. Je devais être forte. Je le devais vraiment. Je savais que ce serait douloureux et atroce. Non. Je ne savais pas ... J'avais peur. J'avais l'impression de regarder la Mort en face sans savoir détourner le regard.

Hé, Tain, le chef t'appelle !

Cette voix failli me provoquer un arrêt cardiaque.

Tu as de la chance, Crasseuse. Je m'occuperais de toi plus tard.

Sa menace me terrorisait d'autant plus.

Retourne travailler si tu ne veux pas avoir plus de coups. Ça m'ennuierait de trop t'abîmer.

Je savais que ma charge de travail resterait inchangée si j'étais lente. Je resterais plus tard que les autres. Seule. Ce qui serait dangereux en plus de ne pas manger tout en dormant moins. Je devais trouver une astuce. J'avais un peu de fièvre. J'espérais ne pas tomber plus malade encore.

Saletés de Sorciers ! Ils vont pas nous la faire à l'envers !

Je mis ma main contre mon visage. Le sang qui coulait me chatouillait un peu ...

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Kyra Lemingway
Mer 17 Juin 2020, 12:10




Le Fouet de la Liberté


Entre deux coups de pelles, j'exhalai un long soupir. Je le regrettais immédiatement. Dans un réflexe spontané, je jetai un premier regard à droite, puis à gauche, vérifiant qu'aucun des Vils nous surveillant n'aient remarqué ce souffle fatigué qui m'avait échappé. Car oui, c'était l'épuisement qui s'était dévoilé sur cette expiration pus ou moins volontaire. Mais nos bourreaux faisaient peu état de notre santé physique, et le moindre geste, la moindre parole pouvait être rapidement être interprétée à tort et surtout à travers. Trop d'événements se succédaient les uns à la suite des autres depuis quelques temps. S'ils ne le laissaient pas paraître physiquement, leur comportement laissait à deviner qu'ils étaient bien moins serein qu'autrefois, et cela se répercutait sur nous. Je remis une mèche derrière l'oreille et reprit rapidement ma tache en voyant l'un d'eux approcher. Le silence régnait en maître parmi les Immaculés esclavagés, personne ne voulant devenir la victime de ces êtres plus terribles les uns des autres. Ils n'attendaient qu'une chose. Que l'un prononce une parole, quelle qu'elle fût, afin d'insulter ce dernier, le prendre en grippe et le martyriser de toutes les façons les plus inimaginables. Quoi que, après un séjour ici à subir leurs tortures les plus diverses et morbides, on fini réellement par manquer d'imagination, étant presque capable de deviner ce qu'ils projettent d'infliger à la pauvre âme se trouvant entre leurs griffes. Pour cette raison, je n'utilisais que partiellement la magie blanche sur mes plaies et contusions si je faisais partie de ces malheureux. Déjà qu'ils avaient perdu mille d'entre nous - où pouvaient-ils se trouver ? J'espérais sincèrement qu'ils se portaient bien, même si cet Espoir était mince - il serait dommage de perdre plus de main d'oeuvre encore.

Cela faisait des heures que l'on trimait sous le soleil sans la moindre pause. Du coin de l’œil je suivais le Démon du regard et attendit qu'il ne s'éloigne, vérifia qu'aucun ne se trouvât à proximité, et posa un instant l'outil pour respirer un peu. Je vis mon voisin sourire devant ma réaction avant de me murmurer « Tu prends des risques à faire ça. » - « Si tu savais tout les risques que j'ai pris depuis mon arrivée, ce n'est rien à côté. » lui répondis-je tout de comme avant de répondre, non sans vérifier que nous n'étions par surveillés avant. « Je dois avoir une bonne étoile je me dis quelque fois. ». Toutefois il avait raison. Songer avoir la grâce des Aetheri était une chose. Les provoquer en était une autre. Aussi ne m'attardais-je pas plus pour me remettre à la tache. D'autant que les Vils ne seraient sûrement plus les seuls présent sur l'île d'ici quelques jours. Un bruit courait depuis quelques temps. Imaginer les Sorciers faire une alliance avec les Démons serait terrible. S'ils ne possédaient pas une apparence terrifiante derrière un visage humanoïde, ces premiers n'étaient pas moins terrifiants que les Vils qu'ils venaient voir. Je resserrai mon étreinte sur l'outil à cette sombre pensée. L'arrivée des Mages Noirs, maintenant n'était pas un hasard. Pour la deuxième fois consécutive, nos pairs s'étaient jetés sur le front l'arme au poing. Mais cette fois, ce fut différent. Un Espoir nouveau put se lire sur le visage de chacun ici présent suite à cet assaut.

Je tournai légèrement la tête lorsqu'un Démons interpella l'une de mes consœurs. Ces êtres étaient pathétiques. A se repaître comme des porcs tandis que nous suions sangs et eaux, ils en avaient oublié la valeur et la douleur des mots trimer et épuisé. Nous avions valeurs d'outils à leurs yeux, mais ils semblaient avoir oublié que nous nous usions plus rapidement que ces objets inanimés. Je détournais le regard, une lueur de colère et de rancœur s'étant installée dans ce dernier, jusqu'à entendre que, finalement, le diable était appelé ailleurs. Que les Sorciers s'en prennent à eux ? Je ne pus retenir un rictus satisfait à ces paroles. Ce serait tellement plaisant de les voir écrasés à leur tour. Pourtant, je ne pus que me demander  qui du Sorcier ou du Démon pouvait être le pire.

Le plus discrètement que je le put, je me rapprochai de l'Ange ayant subit les agressions du Vil, il y a quelques instants de cela à peine, et lui glissai un sourire qui se voulait rassurant, sans pour autant arrêter de piocher, afin de ne pas attirer l'attention de ces créatures.  « Ils sont trop occupés par l'arrivée des Sorciers. Ils ne reviendront pas avant un moment. ». Elle était si pâle. « Je vais t'aider, c'est inutile de t'épuiser pour ça. ». Peut-être chercherait-on à me punir pour un acte de bienveillance. C'était également pour ce genre de chose que j'avais pris des risques que certains pourraient considérer comme idiot. Je jetai un œil sur le côté avant de reprendre « Je m'appelle Tameka. ». Il était toujours agréable de faire des connaissances et de discuter, de temps à autres, même si c'était pour cinq minutes. Même si on ne revoyait jamais ces personnes.
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Mancinia Leenhardt
Dim 09 Aoû 2020, 22:00

Qui ne détestait pas se rendre compte que la maladie grignotait son organisme ? Rien que l'idée accentuait mon agacement contre mon adynamie, comme si elle voulait bien m'ancrer dans l'esprit que sa présence serait longue. Une longue mèche retombait devant mon visage, je la glissais derrière mon oreille en reprenant ma respiration, en soulevant la masse pour la rabattre. J'étais vraiment d'une telle ... Faiblesse. Les chaînes entourant mes poignets et mes chevilles semblaient terriblement lourdes. J'essayais de me convaincre que c'était dans ma tête et que tout allait normalement bien. Une Ange à mes côtés saisi l'occasion lorsque nos geôliers détournaient leur attention pour discuter avec moi. Son soutien manquât presque de terminer de rompre les barrages de mes yeux. Je devais rester digne, tout de même.

Merci, soufflai-je. Je me repose un instant ... mais je vais reprendre le travail.

Ça m'ennuyait de me décharger sur quelqu'un d'autre, malgré toute la gentillesse de l'inconnue, seulement, il me fallait savoir où était mes limites et je les atteignaient. Dans un autre temps, cela m'aurait valu un passage à tabac en bonne et due forme, mais les esprits étaient accaparés par la venue des Sorciers, ainsi que de toutes les rumeurs qui en découlaient. J'entendis le nom de Tameka dans un souffle agréable.

Valysteria, répondis-je en souriant.

Parfois, mon nom me paraissait bien long comparé aux autres. Je me demandais ce que mes parents avaient en tête, à ma naissance.

Merci, vraiment.

Grâce au soutien de l'Ange, avec qui je discutais en chuchotant entre deux coups contre la pierre et six essoufflements, ma tâche me paraissait moins éreintante. C'était peut-être ce qu'il nous manquait réellement en ces lieux maudits ... le contact avec les nôtres. Je me redressais, me servant de ma pioche comme support pour mon dos et les membres tremblants. Heureusement que ma compagne d'infortune m'avait mâchée une partie du travail. Je devrais vraiment trouver le moyen de lui montrer ma reconnaissance le moment venu ... Ma langue claquait contre mon palais en levant ma main vers mon visage. J'évitais de toucher ma plaie, mais mes doigts pouvaient constater le gonflement de ma joue. Le sang s'était asséché, mais les picotements persistaient. J'avais l'habitude de ces petits tracas, comme tout le monde. Dans un sursaut de surprise, j'entendis l'aboiement de l'un de nos gardes, dans le but de nous conduire prendre notre maigre repas. Histoire de nous maintenir assez énergique pour le travail, mais pas assez pour la révolte ... Les uns à la suite des autres, en chaîne, les bras bien en évidence pour montrer qu'on ne possédât aucun élément susceptible de blesser quelqu'un ... ou de nous tuer. C'était des choses qui arrivaient et mon estomac se tordait à cette pensée. Un peu plus loin, d'autres Anges nous servaient notre pitance sur le regard scrutateur de quelques Vils. Pas une goutte de plus que nécessaire, où le malheureux recevrait une correction exemplaire, tandis que le bénéficiaire se verrait privé de repas.

Tout avait été construit ces dernières années pour que nous filions droit, surtout que nous les savions d'autant plus susceptibles quant à la présence des Sorciers. La raison m'échappait, mais ... Je décidais de rester avec Tameka et m'essayais sur le sol, silencieusement, à ses côtés. La grimace sur mon visage parlait pour moi. J'évitais de temps à autre de toucher à ce brouet infect, ne doutant pas un seul instant, à sa texture, qu'ils nous servaient de la terre noyée dans de l'eau, mais s'il n'avait s'agit que ce cela, sans doute que nous ne serions plus là ...

Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour survivre ...

Ma cuillère se plongeait dans le bol en mode automatique. Je n'étais pas en position de force, mais cette flamme en moi ne voulait pas s'éteindre. C'était viscéral. J'aurais tellement aimé un bon repas préparé par ma mère. Je me l'imaginais pour que mes pensées et mes souvenirs couvrent ce quotidien démoniaque et douloureux. Une certaine exténuation me martelait tandis que j'avalais la dernière bouchée de cette daube. Je ne désirais que du repos.

Dis, Tameka ... Ça t'ennuie si on reste ensemble cette nuit ?

Cette demande me surprenait moi-même. J'étais consciente que certains Anges dormaient dans des cages, d'autres dans des baraquements comme le mien. Cela changeait selon l'humeur de nos geôliers, ou des travaux que l'on devait entreprendre.

Ça ... Fait du bien de discuter avec quelqu'un.

Peut-être que la fatigue me faisait délirer ? Ou était-ce la présence des Sorciers qui m'inquiétaient ? Ils rôdaient dans les environs. Je n'aimais pas ça. Les Démons non plus, ils les surveillaient encore plus étroitement que nous. Plus ils nous gardaient ensemble, plus cela évitait que nous rencontrions des Sorciers. Craignaient-ils sérieusement que ceux-ci nous libérât ? ... C'était ridicule.

Post II | 795 mots


Le Fouet de la Liberté [Pv Tameka] Chriss10
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Kyra Lemingway
Jeu 11 Mar 2021, 17:09




Le Fouet de la Liberté


Valysteria. C'est un beau nom. On dirait celui d'une fleur. « Je t'en prie. C'est normal. ». Je ne pouvais décemment pas laisser mon égale sans soutien alors qu'elle en avait définitivement besoin. Nous nous trouvions tous dans la même barque chancelante, et c'était à nous de faire en sorte qu'elle tienne à flot le plus longtemps possible jusqu'à ce que de meilleurs jours se présentent. Se porter tort les uns les autres ne pouvait que mener à plus de détresse et plus de colère encore. Il en existait pourtant des délateurs. Ils étaient peu, mais bien présent. Leur comportement pouvait soulever l'indignation. Elle était cependant compréhensible. Ceux-là obtenaient généralement quelques traitements de faveurs bien désirés. Je relevai finalement la tête lorsque l'un de geôliers fût de retour pour marquer l'heure de la "soupe". Si tant est que l'on puisse nommer cela ainsi, à défaut de ne pouvoir porter le nom de "repas". La pitance maigre du prisonnier aurait de quoi révulser les esprits libres. Du moins, ceux que le concept d'esclavagisme pouvait rebuter. J'imaginais bien que les Démons ou les Sorciers, foulant ou non cette terre - notre Terre - se moquaient bien de la quantité et de la qualité nutritive de nos repas. Laissant ma cuillère errer dans l'assiette où j'y dessinai un tourbillon dans l'espèce de pâté semi-liquide, j'exhalai un souffle de dépit, le regard perdu dans la mélasse.  Valysteria s'installant à mes côtés, je me tournai vers elle, souriant doucement à sa juste remarque. « La volonté de vivre est plus forte que ce que l'on peut s'imaginer. » lui répondis-je alors que les réminiscences de cette volonté m'ayant saisis un jour où je m'étais pourtant résignée surgirent à mon esprit. Depuis lors je m'étais saisis de chaque occasion. Toutes s'étaient conclus par un échec malheureusement. J'y croyais encore pourtant. Un jour ça viendra. Je le savais. J'y croyais. Je souris tendrement à sa demande. « Bien sûr que non. ». Au contraire. Les maux du corps et de l'esprit sont toujours plus simple à supporter lorsque l'on ne se retrouve pas seul, surtout au plus sombre de la nuit. Il était rare que je passe mes nuits en compagnie de l'un ou l'une de mes pourtant. La peur de m'attacher pour ne jamais les revoir après peut-être ? J'espérais que les choses soient différentes cette fois-ci. Je portais une cuillère à ma bouche, réprimant difficilement une grimace lorsque j'avalais la bouillie, puis répondis seulement à ma voisine. « Je suis d'accord. Ca change des aboiements des Démons. Il y a quelque chose d'apaisant je trouve. ».

A peine l'auge terminée que l'on nous renvoyait à nos tâches respectives. Notre repos était chaque fois de courte durée. A peine de quoi reposer les muscles endoloris et les esprits éreintés. Je croisais alors les doigts pour que l'on ne me séparât pas de Valysteria. Pas déjà. Je me séparais donc rapidement de ma consœur avant qu'ils ne nous trouvent avec un vif regard en sa direction, qu'elle comprenne que ce n'était pas là un abandon, afin qu'ils ne voient pas le rapprochement que nous avions initiées. J'avais déjà perdue quelqu'un de proche comme ça. Je ne voulais pas réitérer la chose. Cependant, malgré ma tentative, nous nous retrouvâmes toutes deux bien plus à l'écart que précédemment. Cela ne me découragea pas. Je ne tenais pas à briser ma parole. Je ne tenais pas à ce que mes mots se transforment en mensonge. Je ne tenais pas à ce qu'elle m'en voulût de m'être séparée d'elle. Je ne tenais pas à passer cette nuit en solitaire moi non-plus.  Aussi, dans mes actes je me rapprochais doucement de Valysteria. Je n'arrivais cependant jamais à la rejoindre avant le couché du Soleil et dû jouer discrètement des coudes pour réussir à plus ou moins la rejoindre et espérer tenir ma parole.

Une bénédiction des Aetheri ou un acte inconscient de par une insistance aussi visible qu'elle leur fût passée inaperçue, j'esquissais un sourire, resserrant mes jambes contre ma poitrine, alors que je me trouvais de nouveau aux côtés de Valysteria. « Est-ce que tu as de la famille ? » lui demandai-je doucement. « Je ne sais pas si j'en ai. Pendant un temps il y avait quelqu'un qui se disait être ma cousine. Je ne pouvais que la croire. Elle a disparu avant de pouvoir me parler de sa famille. Et de la potentielle mienne. ». Peut-être était-ce aussi ce qui me poussait toujours à aller vers les autres. La solitude. J'étais seule ici, mais également psychiquement. Je n'avais personne à qui me raccrocher à part Cupidon tout aussi enfermé que moi, et mes rêves. « Est-ce que... ». Je marquais une pause, peu certaine de ma question. Alors je m'enfoncer un peu plus dans mes genoux, le regard tourné vers ma paire. « Qu'est-ce que ça fait exactement d'avoir une famille ? » osai-je finalement d'une voix timide.
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Mancinia Leenhardt
Mar 30 Mar 2021, 23:20

J'étais vraiment soulagée d'avoir tenu toute la session de travail, même en devant compter sur autrui pour ne pas subir des foudres plus terribles encore. Je me sentais encore assez mal, mais peut-être qu'une nuit de repos, même brève, enlèverait cette sensation nauséeuse. Je devais être trop optimiste. Sur le chemin du retour, j'avais dû me séparer brièvement de ma nouvelle amie, qui m'accordait un regard rassurant pour ne pas que la pression ne reprenne le dessus sur le reste, me bloquant totalement dans mes moyens. J'avais surtout la crainte que Tain vienne me rattraper, ou plutôt, une terreur sourde. Mais il ne vint jamais. Soit son supérieur lui avait passé un savon, soit il était en mission, soit il se défoulait sur une autre innocente, à ma place. Sans doute était-ce mal, mais la première idée me ravissait. Chez les Démons, une réprimande n'était pas qu'en paroles ... Je retrouvais assez vite Tameka, me collant presque à ses côtés. Elle avait une aura apaisante, à moi que la fièvre ne me fasse délirer, mais je n'en avais cure. Du calme, le meilleur remède. Mes mains se crispaient sur mes guenilles à sa question. Une Famille, oui ... J'en avais une. Est-ce que j'en avais encore une ? Ne pas savoir était sans doute aussi terrible que d'avoir conscience qu'il n'y avait peut-être plus personne pour m'attendre. Non. Non, ce n'était pas possible. Mes oncles, mes tantes, mes parents ... nombreux étaient des militaires, ils ne se seraient pas laisser surprendre, ce n'était pas possible.

J'ai une très grande famille, admis-je. Mon Père a eu huit frères ! Certains se sont éteints avant même ma naissance ... mais j'ai naturellement de nombreux cousins et cousines.

Sans doute mes propos semblaient tristes, mais je ne me rappelais pas, pour les plus anciens, de leur disparition. Mon Père devait en souffrir bien plus, pour les avoir grandis avec eux. Je marquais une courte pause, poussée dans ma réflexion.

Du côté maternelle, il ne semble n'avoir plus personne. Mes parents m'ont eu d'abord, puis il y a eu mes deux frères ... Ce sont des jumeaux ! Ma maman était enceinte et devait accoucher avant ... Enfin, quand c'est arrivé. Elle arrivait presque à terme, mais je ne sais pas si c'est une fille ou un garçon ...

Tout ce que j'espérais, c'était que chacun d'eux soit en vie. Que ce bébé, tout petit et innocent, soit né et heureux quelque part, même à ma place. De son côté, Tameka ne semblait pas le moindre entourage, uniquement une vague cousine qui aurait peut-être péri dans les flammes infernales. Intérieurement, j'espérais que les proches de mes amitiés, nées dans les cendres et le sang, soient tous sains et saufs, mais il s'agissait là d'une douce utopie. Si ça se trouve, certains étaient prisonniers dans l'un des nombreux camps de la Terre Blanche, y compris des membres de ma lignée. Comment savoir ? J'avais mal au crâne.

C'est compliqué ! ris-je tout bas. On peut très bien s'entendre, comme avoir des différents ... même avec son propre frère.

Je repensais brièvement au conflit entre Père et mon Oncle concernant l'éducation de mes cousins. Dans sa Famille, nous étions membres de la Compagnie de Yüerell sur plusieurs générations, mais certains avaient bien trop à coeur leur Devoir, ce qui n'était pas au goût des autres.

Mais c'est toujours joyeux et animé en temps normal !

Je lui donnais un léger coup de coude, amical.

Je pense que maintenant ... On est un peu comme une Famille. On traverse cet Enfer tous ensemble, alors, ça ne peut que tisser des liens. Un truc incassable.

Mon sourire se suspendit presque instantanément et je saisis saisi cette proximité soudaine pour lui poser une question.

Tu es au courant des rumeurs dans le camp ? De la venue des Sorciers ?

Elle attendit sa réponse, avant de poursuivre, ma voix se voulant assez basse, au cas où quelqu'un viendrait.

Si les autres qui courent sont vraies, s'il y a vraiment eu une attaque dans le sud ... peut-être que les Démons et les Sorciers s'unissent pour combattre le Bien.

Je savais très bien que les Anges et les Magiciens en étaient les meilleurs représentants. Ce serait une alliance logique du Mal contre le Bien, pour lui éviter de reprendre racine et de prospérer.

... Je ne veux pas nourrir de faux espoirs, mais ... Peut-être que les nôtres viendront nous bientôt chercher.

Se raccrocher à cette idée ... C'était tout ce que je pouvais faire.

Post III | 755 mots


Le Fouet de la Liberté [Pv Tameka] Chriss10
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Kyra Lemingway
Jeu 15 Juil 2021, 00:19



Le Fouet de la Liberté


J'écoutai ma nouvelle amie avec attention. C'était réconfortant de discuter simplement comme ça. Apaisant même. Aussi je ne pus réprimer un sourire lorsqu'elle commença à décrire sa famille. L'amour qu'elle éprouvait pour eux se ressentait dans chacun de ses mots. Il y eut toutefois un éclat de tristesse qui transparut dans sa voix, aussi je me tournai vers elle pour prendre état de son trouble. Je compris alors. Ça. J'ignorais totalement à quel point cet événement fut terrible. J'en connaissais seulement sa portée. Personne ne voulait en parler ici sinon les Démons, curieusement. La description que j'en avais était seulement partielle et du point de vue de l'ennemi donc. L'Histoire est certes écrite par les vainqueurs. N'en demeurait pas moins que les Anges étaient bien trop tournés en ridicule dans leurs récits pour que je puisse croire que ce soit la vérité. Mais, depuis le temps, j'avais fini par comprendre que ça avait été horrible. Une pierre noire dans l'histoire du peuple Angélique. Je fus donc contente de la voir sourire à nouveau lorsqu'elle reprit la parole. Joyeux et animé. Je levais mes yeux au plafond, rêveuse. Je n'avais pour l'instant connue que le désespoir et la solitude. Je ne pouvais que me faire une idée de ce qu'était une telle ambiance sans réellement ne serait-ce qu'effleurer du doigt la véritable chaleur de ces propos. Je me tournai vers elle au coup de coude qu'elle me donna, puis tentai de cacher un sourire gêné dans le creux de mes genoux. « Oui. C'est vrai. ». J'avais une famille. Elle était sous mes yeux. Je n'avais qu'à tendre le bras pour trouver un frère ou une sœur, même si nous ne partagions pas le même sang. Nos âmes résonnaient de la même lamentation.

Je changeai d'expression lorsque Valysteria se mit à évoquer la présence des Sorciers. J'acquiesçai alors à sa question d'un signe de la tête. Je n'aimais pas à imaginer ces deux races ensemble. Aussi, lorsqu'elle enchaîna sur son hypothèse d'une alliance maléfique — qui m'avait également traversé l'esprit — je refermai un peu plus mes bras sur mes jambes. Je ne voulais pas le concevoir, bien que ce soit le scénario le plus probable, je ne me faisais aucune illusion. Avec une moue désolée, je levais la tête vers Valysteria. « Je ne sais pas trop. J'essaye... D'éviter de me reposer sur le seul Espoir pour ça. ». Ce pouvait être de rudes paroles, surtout en ces lieux où il était si difficile à trouver. Toutefois ça ne voulait pas dire non plus que je le reniais totalement. Je serais déjà au fond d'un caveau sans l'Espoir d'un jour voir autre chose comme frontière que le mur infranchissable de cette île. « Une idée abstraite ne peut pas grand chose devant la lame solide aiguisée. » précisai-je. Ne suffisait qu'à suivre la ligne des évènements de ce territoire depuis qu'il se trouvait aux mains des Vils. La première fois il a fallu attendre bien longtemps avant une première attaque de nos pairs libres. Non seulement une majeure partie des nôtres emprisonnés furent massacrés dû à cette information, mais en plus ça ne s'est pas bien fini pour nos libérateurs. Ils étaient venus le cœur en rage avec la pleine et la ferme attention de tous nous affranchir de nos chaînes. La balance avait finalement fini par pencher en faveur des pertes à la fin de leur expédition. Trop peu d'entre nous avaient réussi à quitter la Terre Blanche en Ange libre. Trop nombreux étaient ceux ayant terminé captif ou mort à la suite à cette mission. Vint la seconde attaque. Son succès rendit la moindre suspicion de rébellion prétexte à faire tomber les têtes. Encore plus maintenant. Un simple délit de sale gueule pouvait parfois servir d'excuse pour ça. « Mais je souhaite quand même me tromper, et qu'ils viendront nous aider. » ajoutai-je. Avant que les Sorciers ne s'entendent avec les Démons, conclus-je mentalement. Je sentais mes yeux s'alourdir du poids du travail et de la fatigue. Aussi je décidais de clore la conversation pour ce soir. « Je suis épuisée et m'endors sur place. Passe une bonne nuit, Valysteria. ».

Un évènement me réveilla au cœur de la nuit. Papillonnant des yeux, il me fallut plusieurs secondes pour me réveiller correctement et constater ma liberté. Les chaînes nous maintenant enchaînés entre nous et à même les différents anneaux de la pièce avaient disparus. Pas seulement retirés. Juste évaporée. Je secouai alors doucement Valysteria en l'appelant à voix basse. « Valy... ». Une voix. Venue de nul part. Mais me résonnant à l'esprit. Avec des paroles insensées. Ne rien faire ? Alors que la nuit était le moment le moins surveillé ? « Valysteria ! » soufflai-je un peu plus fort et la brusquant un peu plus. Je voulais son avis. J'étais perdu entre l'obéissance de cette ordre et mon âme qui ne rêvait que de fuir sa cage.
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Mancinia Leenhardt
Dim 18 Juil 2021, 22:45

Tameka était d'une écoute réconfortante. Curieusement, cela me procurait un véritable Bien. Était-ce à cause de la fatigue, de la fièvre, ou était-ce simplement en raison de son aura claire qui balayait mes craintes après cette journée interminable ? J'étais sans doute ... Simplement épuisée. Comparativement à moi, elle se voulait réaliste et très terre à terre, malgré ma bonne volonté de donner du change à cette situation. Mon esprit, lui, s'érodait avec les minutes. Avait-elle ressenti mon envie de converser jusqu'à ce que nous tombions de fatigue ? Peut-être. Je souris.

Oui, dors bien !

Mes paupières se rabattaient seules, désormais libres de leur mouvement après ma lutte et Harabella vint me cueillir aussi aisément que Tokë semblait me marteler de me réveiller. J'émergeais soudainement du sommeil, dans un sursaut, alors que Tameka essayait de m'en extraire. Étais-je en retard ? Non, la nuit dardait encore de ses rayons. Je voulu l'interroger, mais un grondement sourd mis un terme à cette idée.

Vous avez entendu ?

Ërji avait osé le demander dans un souffle, presque noyé sous les aboiements soudains et abominables. Nous acquiesçons. Je baissais ensuite mon regard vers mes poignets. Rien.

... Qu'est-ce qu'il se passe ? demandai-je à ma nouvelle amie.

Cette question était idiote ... comment aurait-elle su ? Pourquoi nous étions-nous tous réveiller avec la liberté d'agir ? Cela pouvait arriver, mais curieusement, quelque chose n'était pas normal. C'était inscrit dans mes tripes.

C'est comme je l'ai dit, émis une voix. Nous n'avons plus de liens.
C'est un test ... ils veulent peut-être nous inciter à la désobéissance pour mieux nous punir !
Ce n'est pas ce que la voix à dit.
Arrête, tu vas tous nous faire tuer !
Quelle voix ?
Cette idiote dit avoir entendu quelqu'un !
Mais c'est la vérité ! C'est ce que Dinah a dit ! Je sais que c'est elle ! Nous devons nous tenir prêts, on vient nous libérer aujourd'hui !

Les réactions étaient mitigées entre ceux qui avaient entendus cet Appel et les autres. Ce n'était que des murmures si délicats que n'importe quel bruit les auraient brisés. Et il n'y avait soudainement plus de bruit. Était-ce la raison ? Je n'avais rien entendu de tel, mais curieusement ... J'avais envie d'y croire.

Que l'on parte ou que l'on reste, nous sommes morts ! soufflai-je avec plus de voix. Nous ne devrions pas entrer dans la Nuit sans combattre !

La vérité était que j'avais peur, au point que mes bras tremblaient. Ce n'était pas de rage, mes traits étant tendus, loin de refléter une quelconque colère. Je ne devais pas être très convaincante, consciente de ce qui nous attendait si nous étions attrapés. Nous risquions autant une mort rapide, brève et misérable qu'une agonie lente et monstrueuse. De plus, j'étais une femme. J'avais évité le pire durant des années en rasant les murs et en utilisant mes connaissances pour plaire aux Démons, obtenant quelques privilèges, comme obtenir des restes de nourriture pour moi et mes compagnons, mais si on m'attrapait en pleine fuite, alors jamais plus, je ...

Plus de chaînes ...
Le verrou !

Ërji nous surprit tous en bondissant sur ses deux jambes.

C'est ouvert.

L'agitation des environs semblait être inexistante, désormais. Dans un élan de courage, le garçon entrouvrit la porte avec un cliquetis traître. Son regard ne voyait rien dans l'immédiat, seulement l'aspect vague d'une rue poussiéreuse et déserté des quelques habituels veilleurs, il ouvrit ensuite un peu plus grand, sourcils froncés. Nous nous rapprochions dès que nous étions certains de ne voir aucun Démon nous bondir dessus. Rien. Devant nous se dressait un autre baraquement et ses résidents avaient eu la même réaction. Je le voyais désormais. Nous nous dévisagions tous, mimons des gestes et des paroles revenant au même point : qu'allions-nous faire ? Nous n'avions plus aucune entrave et les portes étaient ouvertes. Je ne savais pas si courir était une bonne idée, nous n'étions pas en état. Nous pourrions voler, mais en avions-nous la force ? Est-ce que tout le monde en était capable ? ... On se ferait tout autant repérer et abattre dans les cieux, dans un dernier vol. Où étaient les Vils, d'ailleurs ? Un bruit effroyable nous déchira les oreilles, tout en engendrant un véritable sursaut de peur. Une explosion. Elle semblait très proche et l'odeur âcre de la fumée qui saisit nos narines nous fit comprendre qu'il y avait un début d'incendie. En fait, il devait y en avoir plusieurs, car maintenant que j'en prenais conscience, je voyais le ciel orangé. Au milieu de la nuit. Rien n'était normal. Ils avaient raison. Dinah nous avait averti. Une seconde détonation, plus lointaine que la première, résonnait dans un silence mortel.

Ce que nous allions faire ?

On se barre !

J'avais saisis le bras de Tameka en me redressant, enjambant quasiment enjambée Ërji et sortant en courant.

Valy !
On s'bouge !
Suivez-là !

Je ne savais pas vraiment où mes pas me conduisaient. J'aurais bien prit la route conduisant vers la montagne, espérant nous dissimuler dans les grottes ou semer d'éventuels poursuivants, mais les bruyances effroyables semblaient provenir de cette direction. Je savais que seule la mer serait notre salut, mais est-ce que nous pourrions nous enfuir ? Est-ce que nous pourrions voler un navire aux Sorciers ? Tout me semblait confus et irréel. Je savais seulement que je n'étais pas seule.

À terre !

Je sentis l'une des mains d'Ërji sur mes épaules, tandis que l'autre entraînait Tameka dans sa chute, son poids et sa brutalité soudaine me surprit, avant de sentir la morsure chaude au-dessus de nous. Une énième détonation, mais ... Celle-là venait d'anéantir l'endroit où l'on se trouvait quelques minutes avant. Je me redressais, à moitié assise. Je le regardais brûler, terrorisée. Je n'étais pas la seule dans cet état, tant c'était abominable. Nous ne bougions plus, avant qu'un bruissement métallique me sorte de ma torpeur. Je me retournais à moitié. Ça y est, les Démons nous avaient déjà retrouvés et ... Non. Ce n'était pas des Vils. Ils avaient une allure plus humaine. Des Mages Noirs ! Je ne savais pas quoi faire. Je n'étais pas en mesure de leur résister non plus et ...

C'est bon, ils sont tous morts, dit l'un avec une voix terrible.
On peut continuer.

Ces personnes ne s'attardèrent pas. J'étais d'autant plus éberluée. Pourquoi avaient-elles dit que nous avions tous péris au lieu de nous dénoncer ? Étaient-ils venus nous délivrer ? Non, ça n'avait aucun sens. Les Sorciers étaient mauvais, ils avaient même des esclaves pour mener des expériences abominables sur eux, alors pourquoi s'embarrasseraient-ils ? Je compris alors, dans un Espoir fou, qu'il n'avait eu aucune alliance unissant les Vils et les Mages Noirs. Ces êtres de tromperie poignardaient dans le dos ces derniers sans que je n'en comprenne la raison. Et ce n'était pas nécessaire de comprendre, c'était notre chance !

Je ... Je comprends pas ce qu'il se passe ici, mais ne tardons pas ! Ërji, tu peux bouger ?

Il avait été, en effet, brûler au niveau du dos.

Je crève, déclara-t-il avec une grimace douloureuse. Mais j'me suis jamais senti aussi vivant !
Mec, tu m'as fait peur ...
Tameka, ça va, tu peux te relever ? demandai-je en lui tendant la main.

C'était décidé.

Je ne serais plus jamais la Crasseuse.

Je suis Valysteria Kaesra. Et si je devais mourir cette nuit, ce serait en mon nom !

Post IV | 1245 mots


Le Fouet de la Liberté [Pv Tameka] Chriss10
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Jeu 22 Juil 2021, 08:54



Le Fouet de la Liberté


À peine constatai-je Valysteria réveillée qu'une détonation retentit. Je me statufiai, le regard dans le vide. Une révolte avait-elle encore explosée quelque part sur l'île ? Mon cœur tambourinait dans ma poitrine à un rythme effréné. « Je... » commençai-je à répondre à ma camarade. Mais rien ne suivit. L'excitation de la peur et de la liberté était trop forte, sans compter que j'étais tout aussi ignorante qu'elle sur ce qu'il était en train de se passer. À un détail près. Moi aussi je l'avais entendu cette voix. Je ne pourrais affirmer avec autant de certitudes que d'autres l'identité de cette personne. Et pour cette raison une part en moi craignait qu'il ne s'agisse que d'un Vil jouant avec nos nerfs et notre "loyauté". Une autre se rêvait être la réalité. Se rebeller et fuir. Fuir. Les paroles de Valysteria me surprirent. Le danger était-il équivalent que l'on reste ou que l'on s'en aille ? Je réfléchis. Non en fait ce n'était pas la bonne question. Le bénéfice à rester était-il plus important que celui de s'échapper ? Une mort certaine et pitoyable causée par les Vils, enchaînée dans ces murs. Ou bien une mort potentielle sinon une vie possible à l'extérieur. Elle avait raison, il fallait agir.

Je sentai ma respiration pesante alors que je fixai le mouvement de la porte qui tournait sur ses gonds. À tout instant je m'attendais à ce qu'un Démon surgisse des ténèbres et égorge ceux ayant seulement envisagés s'enfuir. Il ne se passa rien. Le trouble s'empara de mon être tandis que je franchis la barrière et me trouvai hors de notre prison. Une peur irrationnelle de l'obscurité mêlée à un Espoir enhardi que jamais plus je ne pensais ressentir. Tout s'emmêlait dans ma tête. J'avais tellement rêvé de cet instant qu'il me semblait impossible qu'il puisse se réaliser réellement. Pourtant... Une exclamation de surprise m'échappa alors qu'une nouvelle explosion tonna dans le calme de la nuit. Je me tournai en direction du bruit, et n'en cru pas mes yeux. Alors que derrière nous ne s'étendait que les abîmes, obscures et silencieuses, en face le ciel se faisait lumineux et flamboyant. « Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ? » soufflai-je estomaquée. La seule réponse que j'obtins fut l'injonction de Valysteria. Je n'eus rien à lui rétorquer. Elle ne me laissa pas le choix. Je ne me débattit cependant pas, me laissant emporter à sa suite et continuant dans ses pas, des larmes perlant à mes paupières. Partir. Enfin. Pour de vrai. « À terre ! ». À peine l'ordre gronda à mes oreilles que je me sentis partir en avant, poussée par une force extérieur. Un souffle rauque nous survola et, seulement alors qu'une énième explosion retentit derrière nous, je me décidai à m'asseoir et constater ce qu'il venait de se dérouler. Je me décomposai en voyant le lieu où nous nous tenions il y a quelques minutes de ça rongé par les flammes. Si nous avions plus hésité, nous aurions fini calciné dans l'incendie. « Merci... ». Je me limitai à cela, sans prendre le temps de préciser à qui je m'adressais — est-ce que ça avait de l'importance finalement ? — alors qu'une présence s'imposait. Deux en vérité. Par réflexe, je me reculai de ces silhouettes malveillantes, et me murai dans le silence. Elles, semblaient juste se moquer royalement de notre présence. Que nous ne fussions pas là aurait été identique. « Qu'est-ce qu'ils voulaient dire par "ils sont tous morts" ? » m'inquiétai-je en me tournant vers le groupe une fois les deux hommes hors de mon champ de vision. C'est la compassion qui esquissa finalement mes traits à la réplique d'Ërji. Alors je me tournai vers Valysteria à son interpellation. « Oui. Merci. » lui répondis-je en me saisissant de sa main pour me remettre sur mes jambes. Je levai le nez vers le ciel rougeoyant. Des silhouettes se dessinaient dans les nuages et la fumée. Des ailes. Mon cœur manqua un battement. Aussi je tirais sur la manche de Valysteria avant qu'elle ne s'éloigne pour attirer son attention. « Regardez ! Là haut ! ». Plus la soirée avançait, plus elle prenait l'allure d'un rêve. Rêve que je n'avais encore jamais fait. « Est-ce que ce sont...? ». Le mot ne réussit pas à traverser la barrière de mes lèvres tant le déni était grand. Tout semblait trop bien se dérouler dans des circonstances tellement étrange pour que l'on puisse enfin trouver notre liberté. Ce n'était pas normal. Pourtant cela éveilla également un questionnement sur un récent événement. Car les premières explosions avaient eut lieu au nord de l'île, d'où venait ces deux hommes, avant de s'étendre à sa presque totalité en un laps de temps bien court. « Le sud ! » m'exclamai-je avant d'apporter plus de détails à mon fil de pensée. « La dernière attaque au sud. Je me demande... Est-ce que ce n'est pas une occasion offerte ? Ou au moins une préparation pour... Ça ? ». Avec de la chance, quelqu'un serait présent pour les accueillir ? Pour les sortir d'ici ? Pour les ramener chez eux ? « Il doit y avoir quelqu'un au sud, j'en suis sûre. ». Non. Mais j'essayais de l'être en tout cas.
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Mancinia Leenhardt
Dim 25 Juil 2021, 19:35

Je ne comprenais pas d'où sortait ma soudaine résolution. Sans doute avait-elle été dissimulée en moi durant tout ce temps ? Attendait-elle le moment opportun pour se manifester réellement, maintenant que j'étais galvanisée par mes actes de rébellion successifs et mon envie de liberté ? Ce n'était pas pour me déplaire et je mentirais en affirmant le contraire. Les Kaesra étaient des militaires dans l'âme et nous vouons notre vie à autrui, même si nous n'étions pas membre de l'Armée. C'était dans mon sang, c'est tout. Il n'était pas question de laisser les événements me terroriser, même si mes membres tremblaient sous les diverses émotions qui me dévoraient le coeur. Comment aurait-il pu en être autrement ? Je n'avais pas été formée pour ces moments de doute et de résistance. Aucun d'entre nous ne l'était. Peut-être les plus âgés, mais ils n'étaient pas en train de dormir en noter compagnie.

Peut-être qu'ils parlaient des Démons ! répondit Ksénya à l'interrogation de Tameka. Nous n'en avons pas croisé un seul et, malgré notre nombre au dehors en pleine nuit, aucun d'entre eux ne s'est encore manifesté !

Je ne pouvais qu'approuver de tels propos. Il y avait eu plusieurs explosions, à des intervalles réguliers et personne ne s'était manifesté pour remettre de l'ordre, leur dire de la fermer. Je ne doutais pas que certaines avaient entraînées la mort des nôtres. J'espérais simplement qu'ils n'eussent pas soufferts dans leur sommeil. Heureusement que Tameka allait bien. J'avais saisi son bras dans un simple reflexe, donnant d'autant plus d'intonation à mes paroles irréfléchies et totalement impulsives, mais s'il lui était arrivé quelque chose, je m'en serais voulu. Je me retournais, observant les flammes qui gagnaient du terrain. Vu l'état de notre baraquement et des quelques autres se trouvant sur la trajectoire de la détonation, si j'avais hésité quelques instants de plus, si je n'avais pas eu ce courage soudain et qu'on était restés là, à se regarder ... nous serions tous morts. Cette idée m'arrachait un frisson et pourtant, j'étais passé aux portes de la mort plusieurs fois ces dernières années. Ce triste constat me renvoyait vers les paroles de Ksénya.

Elle a raison. En temps normal, ils auraient débarqués en surnombre ... Et là, il n'y a rien ni personne.

Je sentis l'injonction de mon amie et levait le nez dès qu'elle parlait. Avais-je parlé trop rapidement ? Allaient-ils soudainement débarqués depuis les voies célestes ?

C'était quoi ?
Je n'ai pas bien vu ...
Un Ange, tu crois ?
On essaie de s'envoler pour le rejoindre ?
Surtout pas ! m'exclamai-je. Nous serions des cibles trop faciles dans notre état ! Surtout si l'on se perd au milieu de toute cette fumée ...

Sans parler de ceux que nous devrions laisser derrière, car ils seraient dans l'incapacité à prendre leur envol. Entre les blessures, les ailes abîmées ou arrachées, la fatigue et ceux qui n'avaient jamais appris, les variables étaient trop grands. Je ne voulais abandonner personne dans cet endroit de mort et de désolation, mais avais-je d'autres solutions ?

Okay, bon ... Je ...

J'étais un peu perdue. Heureusement que nous n'étions pas tous dans cet état de confusion. Mon coeur se comprimait lorsqu'on mentionnait le sud. Il y avait eu une attaque peu de temps après que j'eusse envoyé cette lettre, à quelques semaines près. Je ne cessais de me demander si cela avait un rapport. Si les Vils allaient me le faire payer de ma vie. Est-ce que je me voyais comme une héroïne de guerre pour me rassurer de toute cette passivité ?

Tameka a raison, on devrait aller au sud.
Dinah ... Dinah disait que c'était le moment de s'enfuir. On doit prendre les armes et partir !
Des armes ?! Tu veux nous faire tuer ?!
On s'est déjà enfui, crétin ! On va tous mourir si on se fait à nouveau capturés !

Il y eu un silence glacé. J'en avais conscience depuis le tout départ, mais certains ne semblait pas encore l'avoir admis, emporté dans un élan d'adrénaline dont j'étais l'instigatrice.

Est-ce que tu veux dire que les Mages Noirs ont déclarés la guerre aux Démons ?

Plus je parlais, plus je trouvais l'idée ridicule, mais pourtant ... Ksénya ne savait pas.

En fait, peu importe qui fait quoi ! On doit bouger ! Nombreux, on est des cibles faciles et l'incendie se répand, on doit se décider pleinement maintenant au lieu de perdre des minutes à hésiter ! ...
On n'est pas armés.
Urgh.

Ërji semblait vraiment avoir mal. La chaleur des flammes dues à la détonation avaient touchés son dos.

On devrait aller voir au poste de garde. Certains d'entre nous ...
Se séparer est pas une bonne idée ... On devrait aller voir si on peut pas trouver des armes dans les environs et prendre les blessés si on en est capable pour s'en aller au sud.
On pendra tous ceux qu'on croisera. Plus on sera nombreux, mieux ce sera.
Mais sans arme, si on tombe sur des Démons, rien qu'un seul nous massacrera, Valy.

Je le savais. J'étais la mieux placée pour le savoir. Perdre tant de temps ...

Tu as raison, mais ... Vous en dites quoi ? On prend des armes et on file dans le sud, ou on part directement sans rien, en espérant tomber sur des renforts ?

La majorité trancherait.

Post V | 900 mots


Le Fouet de la Liberté [Pv Tameka] Chriss10
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Kyra Lemingway
Sam 31 Juil 2021, 23:59



Le Fouet de la Liberté


Si j'avais su ce qu'il se passerait en conséquence de ma proposition à rejoindre le sud. Me serais-je tue ? Je ne le savais pas trop. Je savais néanmoins que, plutôt que d'avancer, nous voilà maintenant paralysé dans un débat avec des idées divergentes sur la route à suivre. Je ne savais comment me positionner. J'étais d'accord avec tout les arguments déployés. Oui, avancer sans armes pouvait être dangereux. Oui, aller les chercher l'était tout autant. Plongée dans mes réflexions, ce fut l'ultime question de Valysteria qui me fit redresser la tête. Espérer que... Cela faisait trop longtemps que j'espérais. S'il semblait que l'Espoir eût enfin fait son effet plus tôt, je ne comptais pas non plus sur un miracle. Ils étaient inopérant en ces lieux. Nous avions eut de la chance de nous en échapper, vivant qui plus est. « On ne peut pas avancer à l'aveuglette. C'est courir au suicide. ». Je me sentais enfin reprendre mes esprits, assumer et comprendre ce qui était en train de se dérouler autour de moi. Mon corps entier y réagissait au rythme de l'adrénaline qui y pulsait. Comme ces fois précédentes où je m'étais crue libre. Cette fois je ne voulais pas laisser passer ce que je considérais comme mon ultime chance. « Je suis d'accord Valysteria, c'est risqué de se séparer. Mais c'est un risque que j'accepte de prendre. Tous groupé comme ça, avec notre seule volonté comme arme, nous n'irons jamais très loin non plus. On ne peut pas non plus se permettre d'emmener Ërji faire un détour dans son état. ». J'offris un sourire désolé au concerné. Il serait facile de le soigner si on prenait le temps, et alors sa situation poserait moins de problème. Nous n'avions pas ce temps malheureusement. « Au lieu de nous disputer et perdre du temps sur un choix dont on n'est pas sûr qu'il soit le bon, faisons deux groupes. Un qui partira immédiatement au sud. Un autre qui s'occupera d'aller chercher de quoi se défendre avant de rejoindre le premier groupe. ». Qui plus est, en divisant le bloc, on pourra s'assurer de faire arriver au moins la moitié de celui-ci en vie parmi les nôtres. Bien que vraie, je me maudits intérieurement d'avoir pu songer une telle chose.

Je m'étais portée volontaire pour la mission de recherche des armes. Le groupe était moins grand que ce que je m'étais visualisée. Il n'en restait que je n'étais pas seule, et c'était là le point le plus important. Parfois nous croisions des corps, morts, étendus au sol. Les cadavres étaient dans un étrange état de décomposition avancé alors même que cela ne faisait que quelques heures qu'ils devaient avoir péris. L'odeur qui encensait l'atmosphère n'était pas des plus agréables donc et je me sentis à plusieurs reprises manquer défaillir. Pourtant nous arrivions malgré tout à atteindre le poste de garde le plus proche de notre position initiale. Nous nous arrêtâmes à plusieurs mètres de la bâtisse, en attente d'un mouvement ou d'un son quelconque. Mais rien ne nous parvint. Tout semblait aussi mort que les corps qui jalonnaient notre route. En même temps, le poste semblait lui-même avoir subit les affres des Sorciers. « Allons-y. » soufflai-je en m'élançant. Je fus néanmoins retenu par une main agrippée à ma manche. « Ça ne va pas bien ? On va pas y aller comme ça ! Il suffit qu'ils soient juste la moitié de notre groupe et on n'y survivra jamais. » me fit remarquer un comparse que l'on trouvât sur notre chemin. « Alors quoi ? On ne va pas rester là à attendre trois heures que quelqu'un veuille se montrer ? » m'agaçai-je. Je n'obtins aucune réponse. Alors, dans un soupir agacé, je me défit de l'étreinte et avançai malgré les crainte que notre nouveau venu avait pu distiller dans l'esprit de mes comparses. J'avais conscience que se montrer entreprenant comme je pouvais me montrer l'être à présent pouvait être effrayant. Mais l'on n'obtient jamais rien sans rien. J'entendais finalement des pas me suivre, et j'en fus ravis. À proximité de la bâtisse, je marquais un temps. Toujours rien. L'un d'eux jeta un œil par l'ouverture de la fenêtre, largement agrandit par ce qui dû être une explosion. « Il n'y a personne. » souffla-t-il dans un étrange murmure rassuré. Un sourire enchanté aux lèvres, je me précipitai à l'intérieur du poste. Alors la joie laissa place à la désolation. C'était ça qui rendait son indication étrange. De la déception mêlée à du soulagement. Car s'il n'y avait personne, il n'y avait également plus rien. À croire qu'ils avaient anticipés la chose, ce qui n'était pas pour être rassurant. « On fait quoi ? On va trouver un autre poste de garde ? » interrogea celui-là même nous ayant donné le feu vert pour avancer. « Soit pas bête, ils doivent être tous dans le même état que celui-ci. Ce serait inutile. ». Possible. Nous n'en savions rien. Est-ce que nous devions renoncer alors ? « Les chats sont de sorties, les souris croient pouvoir danser on dirait. ». La voix était glaçante et impitoyable. Je me retournai en sa direction. Deux Démons venaient de faire leur apparition comme venue de nul part. La cruauté et la colère était lisible dans leurs attitudes, comme dans leurs expressions. Parce que nous nous étions enfuis ? Parce que nous avions cherché à les dévaliser ? Non, ce n'était pas comme les fois précédentes. Nous n'étions qu'un élément supplémentaire à leur agacement. Les Sorciers. songeai-je. La peur donna, au sens propre, des ailes à certains d'entre nous qui les déployèrent pour quitter le sol et fuir. Un sifflement méprisant échappa au Démon ne s'étant pas encore exprimé avant qu'une nuée de chaînes n'éventre la terre pour aller chercher les Anges fugueurs et les ramener brusquement au sol, la douleur du choc s'échappant de leurs lèvres en un râle lancinant. « Vous n'êtes que des miséreux incapable de quoi que ce soit, sinon bouffer la terre, ne l'oubliez pas. » fit celui-ci en pointant une arme sur le coup de l'un des Immaculé à ses pieds. « Non ! ». Ça m'avait échappé. Je me rendais compte que j'aurai dû me taire en voyant le regard de mes comparses encore libres. « Un commentaire gamine ? » siffla l'autre en s'approchant. Je n'eus rien à dire. Pourtant il insista. « Allons. Parle ! » continua-t-il en venant me saisir au cou et me soulever de quelques centimètres au-dessus du sol. « Je t'écoute. ». Je m'agrippai à sa main, la frappai, tentai de jurer et l'insulter dans l'espoir de me défaire de la constriction. À la place je sentis mes forces me quitter avant de le voir, lui, disparaître, comme englouti dans l'ombre. Je ne sus rien de la suite, perdue dans les méandres de l'inconscience.

Lorsque je rouvris les yeux, je me sentais mal, et faible. Je me rendai vite compte cependant que l'on me portait et que l'on avançait. Vite. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » réussi-je à murmurer. « Tameka ! Tu es enfin réveillée ! Tu nous a fait une de ces peurs ! ». Je papillonnai des yeux. Oui. Ça y est. Ça me revient. Moi et mon commentaire ridicule. Le Démon qui manqua m'étouffer. Et ensuite... « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » me répétai-je les sourcils froncés, étonnée de nous savoir vivants. « Tu ne t'en rappelles pas ? » fit Itami, étonnée. Mon silence lui répondit. « Un monstre énorme est apparu derrière toi quand ce Vil s'en est prit à toi. Il l'a littéralement dévoré. Il allait partir avant que le deuxième Démon ne s'en prenne à lui. ». Je la vis nauséeuse. « Il n'a pas fait long feu non plus. » compléta l'autre. « Après quelques secondes à tous nous fixer, il est reparti. ». Il y eut quelques secondes de flottement. « Merde, c'était quoi ça ?! » m'interrogea-t-il enfin. Ils étaient terrifiés. Et le pire, c'est que j'ignorais totalement par quoi alors que je semblais être celle responsable de cette apparition. Même si c'était malgré moi. « Ça n'a pas grande importance. Nous sommes vivant, c'est tout ce qui importe. » conclut Orwen tandis que l'on rattrapait enfin le groupe de tête. Moi je devrai m'excuser auprès de Valysteria. J'avais insistée pour se séparer avant de finalement mener en échec notre mission visant à nous armer.
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Mancinia Leenhardt
Ven 01 Oct 2021, 20:00

J'essayais de contrôler mon souffle. J'essayais. J'avais l'impression de respirer comme une dératée et de ne pas inspirer de l'air en même temps. Tout mon corps était comme fou, mais la situation en elle-même semblait perdre sa raison. L'hésitation était la pire de nos ennemies et nous étions tombé dedans, quelqu'un devait trancher et après avoir entraîné tout le monde à ma suite, je ne me sentais plus capable ni de réfléchir, ni de prendre une décision. Tameka semblait être plus apte que moi en ce moment. Du suicide, c'est vrai. Sans préparation, dans un tel chaos, on ne pouvait que courir droit vers la Mort. Se séparer, prendre moins de risque d'être repéré ... Ërji levait sa main, le pouce en l'air, pour approuver, essayant d'économiser son souffle, serré entre ses dents.

On se sépare, déclara Valysteria. On essaiera de tous se regroupé dans le sud.
Ce ... ce serait bien de faire des petits groupes et d'avancer en se gardant en visu pour couvrir un plus large périmètre.
Bonne idée !

Visiblement, tout le monde semblait soulager d'avoir trouvé un accord. Je regardais Tameka avec un sourire sincère, bien que dément et épuisé au regard d'autrui.

Tu vas faire quoi ? me demanda Ërji.
Je vais chercher les armes.

Il eu un soupir, bien que douloureux à nouveau. C'était l'évidence, non ? J'étais issue d'une Famille de combattants, depuis des générations. Il n'était pas question pour moi de prendre la fuite maintenant, en laissant les autres risquer leur vie pour la mienne. Ce serait mentir de dire que je n'étais que le Courage incarné, au contraire, j'étais terrorisée et mes membres tremblaient, mais j'avais fait mon choix. Nous nous disions à plus tard, car espérer se revoir serait mauvais signe. On ne voulait pas se dire au revoir non plus, cela sonnerait comme des adieux. Je voulais garder leurs sourires dans ma mémoire, quoi qu'il advienne. Au court de notre cheminement, nous découvrions les corps de ceux qui n'avaient su ce qui leur tombait dessus. Ça sentait la viande avariée, brûlée peut-être ? C'était répugnant, j'avais envie de vomir. Plus pour l'état de mes congénères que pour les carcasses de Démons, contre lequel j'aurai bien craché si j'avais eu de la salive et que la peur ne nouait pas mon estomac. Je détournais néanmoins les yeux lorsque ce fût possible. Tameka conduisait la marche, je suivais. On aurait dit que j'étais son garde du corps, cette idée m'arrachait un sourire. Nous patientons un moment à l'extérieur, mais nous ne pouvions rester ainsi éternellement, malgré quelques dissensions rapidement calmées par l'urgence de notre situation, nous entamions notre marche dans l'incertitude. Je la suivais, parce qu'on n'avait pas vraiment d'options.

Ça me semble ... bien s'annoncer pour nous.

Malgré leur appréhension, d'autres vinrent nous suivre. L'un d'entre eux prit le risque de lancer un regard dans un trou béant, qui me laissait dubitative devant l'annonce. Personne ? Avaient-ils tous disparus ? J'essayais un peu de me rassurer. C'était quand tout était simple que tout vrillait rapidement. Nous devions demeurer sous nos gardes. En pénétrant la bâtisse, cela avait été la déconvenue de voir que rien ne subsistait. Mince, pas de chance ! Je n'avais pas eu le temps de m'interroger que deux Vils avaient surgis sur nos côtés. Amusés et lassés. Tout en eux inspiraient la crainte et quelques courageux avaient choisis de prendre la meilleure option qui se présentait, c'est-à-dire la fuite. Mais nous avions, au plus profond de nous, que c'était un Espoir vain. Leur magie balayait au sol nos volontés. J'étais aussi énervée que terrorisée. Tameka avait eu du courage où il m'en manquait. Je restais là, à observer la scène, jusqu'à ce qu'il la blesse. Je criais, me précipitant pour prendre son corps inconscient avant qu'il ne tombasse totalement. Le Démon me regardait. Je le regardais. J'étais en colère.

Je mange la terre, en effet ! sifflai-je. C'est vous, la terre !

Ma réflexion n'avait pas été poussée très loin, dans la mesure où ces rats vivaient en Enfer. Je voulu le repousser avec mon bras lorsqu'il s'approchait de moi, il ricana ... Et sa tête disparu de son torse. Je clignais des yeux. Il y au des cris derrière moi.

C'est quoi c'bor ...

Une large entaille était apparue sur son torse. Je m'entendis crier de surprise, avant de la voir mettre sa grosse main sur ce dernier et de regarder la créature armée et armurée devant nous.

Ṣiṣe !

C'était du Naziace. Il était impossible de se tromper là-dessus, Itami vint m'aider à porter Tameka, que nous traînions sans nous retourner, sans savoir qui survivrait à ce combat ... L'Ange, je le priais. Nous étions de nouveau libres, alors que l'éclat des armes tintait derrière nous. Nous devions aller au sud, nous devions ...

Regardez, on dirait qu'il pleut, là-bas, au nord ! Ça pourrait nous couvrir ?
Ouais, mais on laisserait nos pas dans la boue.
T'es sûr ? On dirait de la brume.

En effet, l'environnement au loin semblait opaque. Je réalisais une chose.

Ce n'est pas de la pluie ... C'est de la magie !

En voyant les cadavres autour de moi, je compris. Il n'était pas mort dans un incendie, à cause des fumées ou par les armes. Leur état ...

C'est de l'acide, souffla-t-elle, horrifiée. Ils font pleuvoir de la pluie acide sur nous !

Ils se dévisagèrent, m'observant ensuite comme si j'avais perdu la raison. Je n'en pris pas compte. Je ne voulais pas.

On doit absolument bouger, maintenant !

Ces quelques minutes de pause, après une course effrénée, nous était salvatrice, mais à quel prix. Si le vent la conduisait vers nous, s'ils nous voyaient même ... Peut-être que nous finirons brûlé à mort, rongé par ce vitriol fumant.

Tameka, tu es réveillée ! m'exclamai-je en voyant la confusion et les interrogations dans ses yeux. On n'a pas trouvé d'armes, mais ce n'est pas grave ! C'est mieux que de rester à ne rien faire.

Nous avions laissé un des nôtres derrière.

Valy, ce truc opaque ...
Oui, oui, on y va ! Tameka, tu sais me suivre ? Appuis-toi sur moi.

Elle n'avait aucune blessure, mais elle devait émergé de son endormissement soudain.

Une pluie d'acide, tentai-je de lui expliquer. Vu qu'on croise des Démons morts, ce doit être l'oeuvre des Sorciers, mais cela nous touche aussi et ... Il n'y a pas d'abri sûr. On doit marcher tout droit ... rejoindre les autres ! On y est presque !

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Le Fouet de la Liberté [Pv Tameka] Chriss10
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Kyra Lemingway
Mer 15 Déc 2021, 10:06



Le Fouet de la Liberté


J'avais des difficultés à revenir totalement à la réalité. Tout me semblait flou et bruyant et puant et poisseux. Je savais le rêve bien plus beau et plus chaleureux que le monde réel, même s'il était moins solide et palpable. Ça avait toujours été ainsi, derrière les barreaux de ma cage. Je m'endormais dans des songes féerique et me réveillais en enfer. Je croyais que ça l'était en tout cas. Jusque ce soir. À présent je me rendai compte que ma vie en esclave n'était qu'une dure vérité d'un monde cruel et injuste. Que ce soir je traversais réellement cet enfer à courser ma vie qui m'échappait. Je fuyais entre les flammes, le mal, la boue et le sang afin de rejoindre une liberté trop rêvée pour songer qu'elle soit réelle. Elle était mon utopie, cette chose si belle mais terriblement inaccessible. En fait, j'en avais peur ce soir. Peur de briser mes illusions. Peur de fuir le seul lieu que j'avais connu, cocon affreux d'une routine rassurante, pour me confronter à un monde inconnu. Peur de découvrir que la liberté n'était pas aussi plaisante que je me le figurais. Peur de me perdre dans la vaste étendue des terres. Finalement, j'avais plus peur de rejoindre ce rêve que de la mort et le désespoir de cette prison. Car c'était ce qui nous attendait si l'on s'attardait. La mort. Soit de la main des Démons, soit de la main des Sorciers, soit de la nature elle-même, qu'il s'agisse des flammes voraces ou de la pluie assassine.

Appuyée sur Valysteria, je fichai mon regard dans l'horizon, y cherchant quelques formes que ce soit. Rassurantes, de préférence. Je préférai ignorer les cadavres que nous enjambions. Je ne voulais pas garder en souvenir cette vision macabre qui nous suivait tout le long de notre course. La souffrance des tortures passées était suffisante. « Je vois des ombres là-bas. » fis-je tandis que des formes aux traits floutées par la nuit et ma vision encore brouillée se dessinaient au loin. « Non ? » demandai-je prise d'un doute. « Si ! » m'assura-t-on après quelques secondes dans une exclamation ravie. Je ne compris pas pourquoi cependant. Était-ce une bonne chose des ombres dans l'obscurité meurtrière ? Il semblerait. « Qu'est-ce que c'est ? » interrogeai-je donc à nouveau. Je voulais être mise au courant de ce qui ravissait tant la majorité du groupe. « Des navires ! Enfin, je crois. » me répondit le même que précédemment, une pointe d'hésitation se faisant sentir sur la fin de sa phrase. Lui aussi avait fini par douter ? Ce n'était pas étonnant en soi. La nuit n'offrait que rarement une vision claire de ce qu'il s'y trouvait comme l'espoir nous faisait croire à des réalités qui n'en étaient pas. Mais pour cette fois, pour cette unique fois, j'espérai qu'il n'y avait rien d'imaginé, qu'il s'agissait réellement de navires. Ils étaient notre planche de Salut. La seule. La dernière.

Une pensée traversa soudain mon esprit comme une flèche se plantant en plein dans mon cœur. « Et si c'était les Sorciers ? Ils ne nous aideront jamais. ». J'avais conscience que j'étais celle ayant proposé de rejoindre le sud. Il doit y avoir quelqu'un au sud, j'en suis sûre. Tels avaient été mes mots. Et en effet, il y avait quelqu'un. Mais qui ? J'avais évidemment songé aux Anges lorsque j'avais prononcé cette phrase, du fait de la direction d'où ils venaient. Mais il n'y avait aucune certitude là-dedans en fait. Je m'en rendai compte seulement à l'instant. C'était possible. Mais absolument pas certain. J'avalai avec difficulté ma salive, cette question égrenant doucement l'infime lumière d'espoir qui me maintenait en vie et en alerte. Derrière nous, c'était la mort. En face de nous, peut-être exactement la même chose, au mieux un retour à la case départ à retrouver nos cages de métal et de pierre. J'essayai de me redresser pour ne plus être un poids pour Valysteria. À peine la lâchai-je, je sentis mes jambes flageoler et incapables de suivre la marche rapide de mes comparses. Retrouvant le support de l'épaule de ma nouvelle camarade, je me mordis la lèvre, agacée et en colère contre moi-même et ma faiblesse. « Excuse-moi. Je ne veux pas t'encombrer. » lui soufflai-je d'un air navré.

Au fur et à mesure que nous avancions, le dessin des vaisseaux se faisait plus net. Ils étaient grands. Une figure ornait le nez de chacun d'eux. Les mâts, gigantesques, soutenaient un sac de tissu blanc — la voilure, probablement — le long de longues barres horizontales. Les cordages, si nombreux, semblaient s'emmêler ensemble en une toile immense. Comment savaient-ils laquelle servait à quoi ? Moi je m'y perdais. « On y va ? » demandai-je aussi peu rassurée que précédemment et tout autant assurée qu'il s'agisse d'alliés.
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Post VI | Mots 801
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Mancinia Leenhardt
Ven 28 Jan 2022, 14:30

Notre survie était un miracle. Nous avions eu ... de la chance, en dépit des blessés que nous traînions, puisque nous aurions pu être des victimes et être parmi les corps autour de nous, meurtris, ayant rejoint la Grâce des Aetheri. Je n'avais même pas le temps de songer à mon statut, ma tête tournais, mais je devais demeurer consciente, un pas de travers et ... on ne savait jamais. Je serrais les dents, cherchant une solution qui ne venait pas. Cherchant une lueur à laquelle me raccrocher pour prendre une bonne décision, logique, quelque chose que mon corps serait en mesure de supporter, comme celui de mes compagnons, cette idée qui nous sauverait tous. Je relevais les yeux vers Tameka, les clignant. Je ne songeais même pas à l'idée d'un délire, malgré son état, me retournant dans cette direction avec un visage crispé. Je ne voyais rien depuis que nous nous étions éloignés des baraquements et, même si les flammes environnantes éclairaient en points lointains et diffus, rien ne me permettait de distinguer ce qu'elle disait, mais quelques voix aux alentours confirmaient ses propos, mieux, elles clamaient la présence de navire. Il y eu de l'euphorie, de l'Espoir, mais aussi l'incertitude, était-ce des alliés ou des ennemis ? Les Démons usaient de Portails et de leurs ailes rachitiques pour se déplacer, certainement pas de tels bâtiments. Des Mages Noirs ? Il n'y avait qu'eux. C'était eux les responsables de cette attaque soudaine. Je pris une grande inspiration.

Il n'y a qu'une seule chance de le savoir ! dis-je.

Tameka semblait encore sonnée de la situation. Qui lui en voudrait ? Je ne savais plus où donner de la tête moi-même. Je n'avais aucune honte à la traîner derrière moi, comme une malpropre. Je n'en revenais pas. Est-ce que le but était de nous libérer ou de nous tuer ? Peut-être que ce n'était plus que la Loi du plus Fort. De ceux qui parviendraient à s'enfuir des griffes des Cornus et des incantations des Mages Noirs.

Tu ne m'encombras jamais, tu es une Soeur, dis-je dans un souffle.

J'espérais la rassurer, plus que mes membres tremblants ne devaient le faire.

Tu es sûre, Valy ?
Au moins risque, nous aviserons !
De toute façon, restez-là ne nous apporte rien.

Nous ne marchions plus qu'avec l'adrénaline, partagé entre l'envie d'abandonner et l'Espoir, l'envie que tout se termine. Au pas de course, on progressait, nous entendions des cris, des éclats de métaux l'un contre l'autre, un combat semblait faire rage et plus nos pas nous conduisaient là-bas, plus notre volonté vacillait. N'allions-nous pas dans la gueule du loup ? J'allais m'arrêter, proposer une alternative quand soudain, quelque chose effleurais au-dessus de nos têtes, manquant de me faire perdre l'équilibre, mais je n'étais pas la seule, un puissant courant d'air chaud nous paralysant sur place. Encore un Démon ? J'entrouvris les yeux dès que la poussière propulser sur mon visage fût retombée.

C'est ... !

Ma voix se noyait dans ma gorge. Je sentais mon coeur gonflé en reconnaissant les armoiries sur son armure.

Il y a des survivants ici !

C'est Yüerell. C'est les nôtres ! Aucun doute n'était permis avec deux ailes immaculés dans le dos du Soldat, qui avait rameuté d'autres collègues pour constater notre présence, interrompant leurs recherches des environs. En les voyant, j'eu presque envie de pleurer. Ou de m'évanouir sous l'émotion, je ne savais plus trop.

On va vous ouvrir un couloir, courrez et ne vous retournez pas !

Tant bien que mal, nous acquiesçons, soudainement rassurés, revigorés. Nous n'avions pas le temps de réfléchir à la meilleure solution, nous n'en avions pas les capacités.

Valy ... Y'a des Démons entre nous et eux ... Si on se fait avoir ...
On fonce dans le tas ! dis-je en serrant les dents.

Il n'était pas question de mourir ici. Je n'étais pas la plus courageuse ou la plus intelligente, mais je ne veux clairement pas que ma vie s'achève ainsi. Je ne savais pas ce qui m'attendait après, certainement de l'incertitude et de la douleur, mais il n'était pas question d'abandonner maintenant. À choisir, mieux valait se battre ... même si mes seules armes étaient mes membres affolés. De toute manière, nous étions protégé par les meilleurs boucliers de notre armée et ça, je le savais, mieux que quiconque.

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Kyra Lemingway
Ven 23 Sep 2022, 18:55


Sanctuary of Caracus par Borisut Chamnan

Le Fouet de la Liberté


Sœur ? Les lèvres pincées je ne pris pas la peine de retenir des larmes que je sentais rapidement monter. Sœur. Mis à part dans mes rêves, c'était un nom que l'on ne m'avait encore jamais donné. Sœur. L'un des liens les plus solides qui peuvent unir deux êtres. Il n'y avait eu que Rinn jusqu'alors pour me considérer ainsi, et encore ce n'était même pas sous cette appellation qu'elle m'avait nommée. Je poussai un peu plus sur mes jambes pour délester Valysteria et Itami de mon poids. Malgré cela je sentais que je ne pouvais pas me passer de leur aide. Pas dans l'immédiat. Les alléger en insufflant toute ma volonté de cet acte risible, oui. M'en détacher, surement pas. Je me serais déjà effondrée au sol comme une loque dans cette dernière situation. Toutefois malgré les dépouilles qui nous cernaient, la fatigue visible sur tous les visages, le désespoir d'avancer les yeux fermés sur ce qui n'était qu'une hypothèse et la peur de voir la mort nous faucher à n'importe quel instant, que nous la voyons venir ou, à l'inverse, qu'elle se montre au moment où nous l'attendions le moins, jamais je n'avais senti la Liberté si proche. Ce soir nous quitterions cette île de malédiction en Ange libre. Sinon nous y péririons avant d'avoir le temps de tomber dans le tourment de n'avoir pu l'atteindre. Aucune autre alternative ne semblait possible. La première proposition étant bien plus séduisante, je me raccrochais de toutes mes maigres forces à celle-ci. Par de profondes inspirations, je forçai mon mental à garder pied et tenir encore suffisamment longtemps pour garder une bonne allure et ne pas retarder le groupe. Au moins jusqu'au navire je ne laisserai pas ma faiblesse prendre le pas et nous condamner par la même. Je me battais tant avec moi-même que c'était à peine si j'entendais ce qu'il se disait autour de moi, trop concentrée sur mes pas pour avancer sans trébucher. Ce fut une bourrasque assourdissante balayant l'air au-dessus de nous et le bruit du battement des ailes la suivant qui ramena mon esprit à ce qui nous entourait. Levant le nez au ciel, je fus interpellée par la remarque provenant des nues et m'effondrai en larmes. « Des Anges. » soufflai-je après un court instant, ayant peine à y croire. Des Anges qui ne semblaient pas esclaves. Mieux. Des Anges qui étaient armés. Étaient-ils venus pour nous ? C'était la seule chose que j'espérais autant que ça me paraissait évident. Pourquoi seraient-ils ici sinon pour tuer les Démons et nous défaire de nos chaînes ? Ce qui reviendrait à la même finalité, non ? Et même si je devais faire fausse route, laisseraient -ils les leurs en détresse ? Non, évidemment. Mais à peine eussè-je le temps de me faire cette remarque, l'un de nos confrères m'offrit une réponse. Non, ils ne nous laisseraient pas. Oui, ils viendraient à notre secours. Et pourtant, bien que ma vue ne soit pas altérée ni mon ouïe biaisée, je n'arrivais pas à croire ce qu'il se passait. J'avais attendu ce moment depuis si longtemps. Trop longtemps. Jusqu'à ce matin j'avais fini d'espérer une libération quelle qu'elle soit. Jusqu'à il y a à peine une heure je m'étais mis à songer que jamais je ne reverrai le soleil. Ce ne pouvait qu'être un rêve, encore. L'Espoir pouvait être vil parfois. Aussi, n'y aurait-il eu personne autour, peut-être serai-je restée là, statique et muette, à me convaincre que tout était bel et bien réel sans réussir à y croire pour autant. Il me fallut ainsi plus de temps que nécessaire pour puiser dans des forces que je n'avais plus afin de tenir l'allure, ne réfléchissant plus à rien sinon la route à prendre. « On va vraiment s'en sortir... ». Ce n'était pas une question. Plutôt une affirmation pour moi-même afin d'ancrer plus concrètement cette possibilité qui n'était plus qu'utopie. Pourtant l'intonation avec laquelle j'avais prononcé ces mots pouvait parfaitement laisser penser que je m'interrogeai sur la finalité de ce sauvetage improvisé. Peut-être parce que, bien que l'ayant enfin accepté, j'avais toujours du mal à considérer que cela puisse se réaliser. Que c'était trop incroyable pour ça. Le bruit des lames et des râles de douleur ou de colère pouvait se faire entendre tout autour de nous, par-delà ce que nos yeux pouvaient percevoir dans les ténèbres et la fumée de cette nuit sanglante. Sur notre chemin, des cadavres s'entassaient, le visage figé dans une expression tordue de douleur. « Je crois que nous n'aurons pas à nous en faire en ce qui concerne les Démons. » commentai-je une fois l'usage de la parole revenu. Seulement alors j'esquissai l'ombre d'un sourire car enfin j'arrivais à assimiler ce qui ressemblait un peu plus à une victoire. « On pourra retrouver notre famille. » murmurai-je, mettant déjà en place mon retour alors même que rien n'était encore pleinement joué.
Seul un grain de fer luit/Etoile dans la nuit/C'est la joie qui revient/Là-bas dans le lointain

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Post VII | Mots 817 (Je te laisse conclure <3. Si y a quoi que ce soit, tu sais où me trouver. Et désolée pour le temps T.T)
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Mancinia Leenhardt
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◈ Activité : Joaillière [Rang IV] - Médecin [Rang III] - Éleveuse de Vaches [Rang I] - Investisseur [Rang II] - Prêtresse d'Amsès [Rang I]
Mancinia Leenhardt
Ven 11 Nov 2022, 12:05

Autour de nous régnait un chaos sans nom. Je ne savais pas exactement comment on arrivait encore à se mouvoir en progressant au travers ; la volonté, l'adrénaline, les deux, autre chose ? Je ne parvenais plus à réfléchir distinctement en traînant Tameka dans mon sillage et en regardant autour de moi pour ne perdre personne. Je comprenais désormais où mes parents voulaient en venir. Je comprenais pourquoi leurs collègues ne voulaient jamais abandonner. Plier le genou, c'était laisser le Mal l'emporter sur nous. J'avais une nouvelle chance de montrer ma résistance quant à ce que nous subissions, quitte à mourir, j'irai jusqu'au bout !

On y est presque ... !

Je le pensais à haute voix en distinguant des navires, du moins leur mât, puisque le reste se noyait sous une mélasse de poussière et de fumée, l'approche de l'océan et des vents salins nous heurtaient le visage en dégageant notre vue. Depuis combien de temps n'avais-je pas vu la mer ? Ma main se raffermit sur le bras de Tameka, la rehaussant un peu pour qu'elle soit mieux mise et puisse se déplacer sans encombre.

Je compte bien revoir les miens !

C'était avec cette seule envie que je progressais. Je ne voulais pas penser aux possibilités que je n'eusse plus personne à m'attendre. Il y avait des survivants, nous étions des Kaesra !

On va tous les revoir !

On devait absolument se motiver et ne pas traîner, puisque s'il existait des soldats autour de nous, les Démons demeuraient plus nombreux que n ...

Valysteria !
Reculez !

J'avais senti une main de la taille de mon mollet me saisir. J'avais tout relâcher pour que personne ne soit entraînée dans ma chute, quitte à tomber lourdement sur le sol. Mon visage contre la terre fût entaillé par les morceaux de fer traînant aux quatre coins de ce champ de bataille. J'vais mal.

Tu n'iras nulle ... !

Je lui collais mon pied libre sur le nez, sans que cela ne lui causât un quelconque changement qu'un sourire amusé de ma tentative. Sa main me serrait terriblement ... Voulait-il briser mon membre pour m'empêcher de fuir ? Je ramperais pour m'éloigner de la Terre Blanche si nécessaire ! Je n'allais pas abandonner maintenant ! Une douleur vrillait, vive, comme un feu me consumant de l'intérieur. J'ai mal ! Qu'est-ce qu'il faisait ? Un cri s'échappait de ma gorge, couvert par les bruyances environnantes. J'allais m'évanouir à ce rythme.

Vous allez tous mourir ici ! déclara-t-il en saisissant mes cheveux. On ne vous laissera jamais partir, ah ah ah !

Il allait m'arracher la tête en me relevant ainsi. Je tenais mon cuir chevelu comme pour le maintenir en place, c'était terriblement désagréable, que ce soit la douleur vrillant mon corps ou tout ce qu'il disait. Je le détestais ! C'est à cet instant que j'entendis quelque chose siffler à mes oreilles, puis un bruit mat et un sursaut. Le Démon tombait à la renverse, en arrière, me relâchant mollement durant sa chute qui me paraissait durer une éternité. Je regardais l'Ange au-dessus de nous, des ailes blanches où un éclat doré semblait se refléter. Je n'en avais jamais vu des pareilles ...

Emmène-les immédiatement aux navires !
Oui, Capitaine !

Allait-il nous couvrir tout seul ? C'était dangereux ... Non ! Je sentis les bras de Tameka autour de moi, elle avait eu très peur. Moi aussi, mais je ne m'en rendais plus vraiment compte ... Je devais partir. Il n'y avait que cela, nous devions partir !

On se replie ! Aux navires !

À quelques centaines de mètres de nous se dressaient des colonnes de flammes ardentes, en opposition avec une magie instable, mais clairement angélique. Je ne savais pas qui étaient ces deux combattants, mais ils devaient être puissants.

Excusez-moi, on a pas le temps.

Le Soldat me saisi pour me mettre dans ses bras. Ce qu'il venait de se produire m'avait tétanisé au point d'en oublier la douleur à ma cheville, elle était complètement violette. Il se penchait pour que Tameka s'accroche à son dos. Son armure était sale, mais ce n'était pas du sang qui allait nous faire peur, pas maintenant. Après s'être assuré que nous étions bien accrochées, ce dernier ce mis à courir avec les autres prisonniers.

Une dernière ligne droite vers la Liberté.

733 mots | Fin, merci Kyra nastae


Le Fouet de la Liberté [Pv Tameka] Chriss10
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