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 [EDR Réprouvé] Les murmures des disparus

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Sól
~ Réprouvé ~ Niveau II ~

~ Réprouvé ~ Niveau II ~
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◈ YinYanisé(e) le : 07/07/2016
Sól
Dim 18 Aoû 2019, 08:24



Les murmures des disparus



« C'est impossibles ! » rugis Aus en faisant claquer sa choppe contre la table en bois de la taverne. Il avait un air terrible sur le visage, visiblement contrarié par la nouvelle que venait de lui rapporter son interlocuteur. La colère commençait à envenimer ses veines. L'alcool n'aidait pas non plus. La boisson avait tendance à faciliter ses excès de rage et à éveiller sa partie démoniaque. Autant dire qu'il était rare de le voir calme et sous son influence angélique. « Fais gaffe, Aus ! Si tu me casses ma table, j'te casse la tête, c'est compris ? Alors si tu veux pas être dégagé à coup de pieds au cul, t'as intérêt à te calmer. » menaça le tenancier en pointant un doigt accusateur dans la direction du bipolaire qui lui répondit d'un geste de main agacé pour lui signifier de se taire et de le laisser tranquille. « Ces trous du cul de Stenfek ont intérêt à se ranger dans le pli et à ne pas créer d'ennuis ! Déjà qu'ils nous gonflent avec leurs putains de livres et leur éducation de mes deux ! Manquerait plus qu'ils se mettent à vraiment réclamer leur indépendance ! » continua l'homme d'un air hargneux. « C'est malheureusement exactement ce qui est en train de se passer. » répondit Stahr d'un air tout aussi sombre, bien qu'il soit toujours calme. Il avait plus de facilité à contrôler ses émotions et à tempérer son côté maléfique. « Ils peuvent toujours me baiser le cul ! » ajouta l'ivrogne en crachant un molar fort peu ragoutant avant de prendre une gorgée de bière. « Plutôt crever que de les laisser faire leur petit numéro ! » Un sourire ironique étira les lèvres du plus sage. « Je crains que ce ne soit trop tard. Ca a déjà commencé et, à moins que quelqu'un ne fasse quelque chose, je pense que la situation ne s’apaisa pas d'elle-même. » Dans la ville culturelle du peuple bipolaire, les gens s'étaient mis à protester. La rumeur selon laquelle la reine avait disparue s'était peu à peu répandue à travers les territoires réprouvés. Lumnaar'Yuvon avait tenu bon et gardé le secret pendant de longues lunes, mais l'information avait fini par fuiter. L'absence d'Erza lors de la Coupe des nations n'était pas passée inaperçue et était sans doute pour beaucoup à cette effervescence qui se manifestait désormais dans les rues de Stenfek. « Ces cons ! Ils se rendent pas compte de ce qu'ils sont en train de faire ! » pesta de nouveau Aus en tapant du point sur la table. « A force de crier sur les toits que notre reine n'est plus là, ils vont nous attirer des ennuis ! Qu'est ce qu'ont fera si des étrangers entendent parler de sa disparition, hein ? Qu'est ce qu'on fait si jamais ils se mettent en tête de nous attaquer, hein ?! » La table tremblant dangereusement. Elle menaçait de céder à tout instant désormais. « Quelle question : s'il doit y avoir une guerre, nous nous lancerons dans la bataille avec force et envie de vaincre. C'est ce que nous faisons, c'est comme ça. Ca nous donnerait de nouvelles recrues... De nouvelles naissances issues du sang de nos ennemis. » « Nos vrais ennemis, ce sont bien ces prétentieux à deux balles ! Ils se prétendent réprouvés mais ils sont plus proches de ces nuisibles de sorciers que de nos véritables traditions ! C'est eux qu'on devrait écraser ! Qu'on leur envoie l'armée sur la tronche ! Ils seraient bien incapables de se défendre avec leurs putains de livres de merde ! » Le bipolaire but de nouveau quelques gorgées pour calmer ses nerfs. Bien sûr, cette action aurait l'effet tout à fait inverse mais il s'en fichait. « Calmons nous, ils n'en sont pas encore à la révolte ni même à crier au reste du monde que notre reine est absente... Il s'agit davantage d'une rumeur, un murmure qui se répand ici et là dans les rues. » « Ouais, et si on fait pas gaffe, cette rumeur va filer plus vite qu'une traînée de poudre et nous exploser à la gueule ! Mois j'dis qu'il vaut mieux étouffer la rumeur tant qu'elle en est à l'état d'embryon. » Un silence s'installa entre les deux hommes. Tous deux réfléchissaient à ces paroles : valait-il mieux intervenir maintenant ? Mais sous quel prétexte ? Sans aucune autorité pour légitimer leurs actes, une action militaire risquerait simplement d'enflammer davantage la population intellectuelle qui verrait cela comme un acte d'oppression ou n'importe quelle autre connerie qui pourrait leur donner un prétexte pour exiger leur soit disant indépendance. A force de trop réfléchir, leur cervelle semblait avoir fondue et voilà qu'il ne restait plus que de la merde dans ces rues. « Peut-être qu'on aurait mieux fait de laisser Grohiik prendre le trône lorsqu'il était encore là... » « T'en a d'autre des conneries à raconter ? » « Ouais bah au moins, lui il aurait été là pour calmer ces chieurs comme ils le méritent : à coups de hache et de tatane dans la tronche. » Le silence tomba à nouveau entre les deux réprouvés. Grohiik avait toujours été ambitieux et il lorgnait de près sur le trône laissé vaquant par la Dovahkiin. Ce n'était un secret pour personne. Mais il était vrai qu'il aurait fait le nécessaire pour que les choses restent calmes. Il partageait les valeurs réprouvées, les coutumes de Lumnaar'Yuvon, berceau de leur civilisation. Mais voilà que lui aussi était porté disparu depuis la fête des moissons. Cela en avait inquiété quelques uns. Certains murmuraient même à la conspiration : des espions de Stenfek auraient réduit au silence ceux susceptibles de pouvoir les empêcher de s'élever... La version officielle restait bien évidemment qu'il s'était lancé dans l'un de ses habituels paris débiles et que cela l'avait perdu. Pourtant, la rumeur commençait également à prendre de l'ampleur à travers les rangs des bipolaires. A croire que les potins et les messes-basses étaient à l'origine de tous les tourments des guerriers.
Explications


Coucou   Bon alors déjà on dit merci à Brethil pour le sujet 8D

Du coup, la rumeur selon laquelle Erza a disparu s'est propagée sur les territoires réprouvés. C'est en partie parce qu'elle n'était pas là pour la CdN réprouvée, ça a fait jaser un peu, mais ce n'est pas tout. Il n'y a pas trop de problème à Sceptilinost et sur Gona'Halv où les Thurs gardent la situation sous contrôle et continuent à gérer leurs régions. Par contre, Stenfek commence à faire dangereusement parler d'elle. Pour l'instant, c'est plus des murmures qui se font entendre ici et là. Certains font comprendre qu'ils aimeraient devenir indépendant et ça ne plait pas. En partie parce que, si pour le moment les autres races ne sont pas au courant, certains craignent que ça ne reste pas le cas si Stenfek parvient à gagner son indépendance et qu'il n'y a pas de reine pour réagir. A Bouton d'Or, on est particulièrement peu content de ce qu'il se passe. La disparition de Grohiik Jalaan’Gaan fait aussi parler d'elle à Bouton d'Or. Des rumeurs commencent à naître aussi, des rumeurs selon lesquelles il s'agirait d'espions de Stenfek qui se mettraient à assassiner ou kidnapper celles et ceux qui pourraient éventuellement reprendre le trône et donc les empêcher de réclamer leur indépendance.

Cet événement a donc lieu sur tous les territoires réprouvés. Votre personnage peut réagir à ce qu'il se passe à Stenfek, faire connaitre son inquiétude face à l'absence d'Erza ou encore regretter la disparition de Grohiik Jalaan’Gaan. C'est plutôt libre, vous pouvez faire un peu ce que vous souhaitez du moment que ça a un rapport avec la disparition d'Erza. Vous pouvez râler si elle vous avait promis un entretient pour parler de votre plantation de carottes et qu'il n'a jamais eu lieu puisqu'elle s'est taillé avant ! Bref, faites vous plaisir.

Il s'agit d'un lieu pour les Réprouvés et autres personnes ayant une raison d'être là. Vous avez jusqu'au 18/10/2019, 23h59 pour poster. Vous aurez un mois après la fin du rp pour déclarer vos gains.
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Pour 450 mots supplémentaires, donc 1350 mots minimum, un point de spécialité supplémentaire.
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Mar 17 Sep 2019, 13:53

[EDR Réprouvé] Les murmures des disparus F8pt
Les murmures des disparus


Za descendait tranquillement l’escalier en bois de la maison d’Erza. À moitié réveillée, elle décuvait encore de la veille. La nuit avait été mouvementée, ponctuée des débats qui alimentaient Lumnaar’Yuvon depuis un certain temps. Alors qu’elle se dirigeait tranquillement vers le lait de bicorne qu’il lui restait de la veille, elle sursauta. « Par Boholt’Kein ! » hurla-t-elle, déjà soûlée. Elle se recula pour se placer contre le plan de travail. La dernière fois qu’elle avait vu la femme qui était tranquillement assise à sa table, elle avait empoisonné Grohiik Jalaan’Gaan ! Le colosse qu’il représentait était tombé par terre dans un bruit sourd, ne pouvant lutter contre le regard vert de ce petit être qui, pourtant, semblait appartenir à son peuple. La Réprouvée sentit une colère folle monter en elle. Cette inconnue avait caché le corps et personne ne l’avait jamais retrouvé. L’avait-elle honoré comme il le fallait ? Là était la question. Et puis, sincèrement, Za commençait à en avoir sa claque de tout ce bordel. Erza n’était plus là et tous jasaient sur son dos et sur le trône. Elle ne voulait pas se retrouver au milieu de la bataille quand elle éclaterait. Quoi que… au moins, elle pourrait botter le cul à tous ces enfoirés de première ! En plus de ça, elle avait peur que les autres finissent par la croire coupable du meurtre du guerrier. Elle n’avait rien fait ! Le problème c’est qu’elle n’avait rien dit non plus. D’un autre côté, elle ne voulait pas se faire tuer par cette blondasse ! Était-ce pour ça qu’elle était là ? Za sentit une colère profonde monter en elle, quelque chose nourrit par sa peur et qui provoqua une étincelle de magie. C’était Eskel Wah Kein Farore ou l’Invocation du Divin Chaos. Ses ailes se déployèrent, noires et rachitiques toutes les deux, renversant le lait et la pile d’assiettes qui se trouvaient là. Elle se sentait maléfique au possible, prête à arracher les yeux de cette intruse. « Du calme. » dit sèchement la blonde. La magie se brisa comme un œuf après être tombé par terre. Za n’avait pas assez de pratique pour que Eskel Wah Kein Farore puisse être réellement effectif. Aussi, la prestance de l’invitée indésirable eut un effet immédiat. « Bordel ! » cria la Réprouvée, tout en se baissant pour ramasser les bouts d’assiette. « Vous me faites tous chier ! Vous savez ça ? Non ? Ben je vous le dis ! » « J’ai dit : du calme ! » L’autre avait appuyé sa voix, ce qui troubla Za. Elle se releva, un peu confuse. « Viens t’asseoir. » lui dit-elle, en lui montrant la chaise devant elle. Le clone d’Erza s’exécuta.

Win regarda Za un instant. « Tu n’en as pas marre d’être ici ? Je veux dire… Tu devrais partir faire ton service militaire, tu ne crois pas ? » Za haussa un sourcil. « Vous avez tué quelqu’un dans mon salon ! » cria-t-elle pour toute réponse, incapable de passer outre. Ses mains tremblaient. « Déjà, ce n’est pas ton salon, et, ensuite, ce quelqu’un le méritait. » « Baaah… Je ne sais pas hein ! Qui se barre comme ça en laissant un mot et sa couronne, hein ? Sérieux… Le trône ne peut pas rester vacant ! Ça jase partout là ! À Stenfek ils mouillent leurs culottes tellement ils ont envie de nous la mettre bien profond ! » « Ce n’est pas parce qu’ils pensent pouvoir faire quelque chose qu’ils le peuvent. Et puis, pourquoi donc être si renfrognée ? Peut-être est-ce là une idée intéressante. » « Pardon ? Nan mais ! Mais ! Déjà, vous êtes qui hein ? Parce que c’est bien beau là de venir philosopher dans mon salon mais on en parle de vous ? Vous faites quoi ici ? Vous venez me tuer ? Vous êtes un assassin ! Vous devriez avoir la main coupée, au minimum ! En fait, on devrait juste vous décapiter ! On peut pas dire que c’était de la légitime défense avec Grohiik ! Vous l’avez empoisonné avant même qu’il essaye de vous attaquer ! C’est franchement n’importe quoi ! Vous êtes une salope de manipulatrice ! » La colère de Za faisait tomber en miettes le peu d’intelligence qu’elle avait. Win aurait pu la tuer d’un revers de main. Au lieu de ça, elle la fixa un instant et lui envoya une once de magie, afin de calmer cette pauvre petite chose ridicule qui s’agitait dans tous les sens. « Tu m’amuses assez mais, comme le spectacle minable que tu viens de donner à l’instant le montre, tu vis sans magie. Tu n’as donc aucune idée de ce dont la magie est capable. Grohiik allait, de toute façon, m’attaquer. Il voulait le trône et se sentait apte à l’obtenir. » « Il l’était sans doute. » murmura Za, soudainement calme. « Oh sans doute. Seulement, j’obéis à la Reine. Je n’ai pas à me soucier de la dignité de tel ou tel Réprouvé vis-à-vis de la couronne. Personne n’a à s’en soucier car là en va de la véritable loyauté. Lorsque l’on est loyal à un Souverain, on ne regarde pas le menu des Souverains potentiels. On croit en lui et on le soutient. » « Mais Erza… » « … avait ses raisons. Ne crois-tu pas qu’elle est bien mieux placée que toi pour savoir ce qui est bon pour les tiens ? » « Comment pourrait-elle le savoir alors qu’elle n’est même pas ici ? Je veux dire… On n’est pas chez les Magiciens ou les Anges là ! Le peuple ne va pas attendre mille ans qu’elle se décide à revenir. On doit prendre des décisions, faire des plans de bataille… On ne peut pas vivre dans l’attente. » « C’est pourtant bien ce que tu fais, non ? Ne crois-tu pas que le quotidien de la race se déroule très bien sans la Reine ? Le maïs n’a pas arrêté de pousser… » « Oui mais Stenfek ? » « Stenfek est incapable de se débrouiller seule pour l’instant. La ville n’a pas d’économie. Les Royaumes Réprouvés sont, pour la plupart, interdépendants. Seul Lumnaar’Yuvon peut s’auto-alimenter. C’est la réalité. Je ne dis pas que Stenfek n’arrivera pas à ses fins mais pas tout de suite. » « Et la couronne ? » « Je me charge de la couronne. Les prétendants se multiplient mais quelque chose va bientôt changer la donne. » « Erza ? » « Ça se pourrait. Elle a un nouveau plan un peu plus, disons… racial. » « Elle est où ? » « Tu le sauras rapidement. Bref. J’étais simplement venue voir comment tu allais. Les temps ne sont pas évidents mais ça s’améliorera, ne t’inquiètes pas. » « Mouais… Tant qu’un Réprouvé ne vient pas ici pour essayer de me prendre la maison… » « Je ne suis jamais loin. » fit la blonde après s’être levée. Puis, après un bref mouvement de la tête, elle disparut.

Za poussa un grand soupir. L'aura écrasante de celle qu’elle ignorait être une Thur avait fait place au vide. La Zaam passa une main dans ses cheveux en regardant le désastre. Le sol était couvert de verre. Elle le savait que les assiettes en bois étaient bien mieux. C’était ce qu’il fallait dans un environnement comme Lumnaar’Yuvon où tout finissait toujours par passer par la fenêtre. Pourquoi Erza avait voulu s’offrir de la porcelaine ? Et, surtout, comment avait-elle fait pour la conserver – jusqu’ici, du moins ? La Réprouvée alla chercher le balai, essayant d’éviter de tremper les poils dans le lait. Elle se demandait ce que Win avait voulu dire en faisant référence à un nouveau plan. Tout ce qu’elle voyait, elle, c’était que c’était le bordel. Les Réprouvés s’activaient de plus en plus. Ceux qui étaient loyaux se montraient rapidement cassants envers ceux qui émettaient l’hypothèse d’un remplacement. Za trouvait que l’absence d’Erza commençait à être longue. D’un autre côté, seuls les Zaahin avaient les réponses, et son invitée, visiblement. Attendre ne lui plaisait pas trop. Peut-être qu’elle avait raison, finalement, peut-être qu’il valait mieux qu’elle parte à Gona’Halv afin de faire son service militaire… Et laisser la maison ? Et perdre la chance de revoir Priam si jamais il revenait ici ? Et ses amis ? Et les champs ? Elle se gratta un peu plus fort. Priam était un sale chien, de toute façon. Il était parti non ? Tout était de sa faute.

1425 mots

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Jeu 19 Sep 2019, 01:14

[EDR Réprouvé] Les murmures des disparus F8pt
Les murmures des disparus


Erek était un peu renfrogné. « T’es vraiment un connard de me sortir ça… » « Quoi ? C’est pas vrai peut-être ? » « Les gars, calmez-vous ! Et toi t’es un pauvre con ! » fit Hugh en frappant doucement – ce qui n’aurait pas été doux pour n’importe quelle personne normalement constituée – la tête de celui qui avait dit à Erek qu’il n’était qu’un Démon et qu’il n’avait pas le droit au chapitre. L’homme, imposant, s’assit sur le tabouret, regardant le fils de Zelda et d’Ahkrin. « Je te respecte, Erek, en tant qu’homme, en tant que fils de Réprouvés mais je pense que tu côtoies un peu trop Za. » Hugh était plutôt impressionnant. Il avait la carrure d’un chef. Tous ici savaient qu’il ne portait pas Erza dans son cœur. « Seulement, je pense que notre peuple mérite un vrai chef, un chef présent. » « Tu n’as qu’à prendre la place, fils de Düst. » Hugh fixa l’un des hommes à la table. Il était resté silencieux jusqu’ici et venait, comme ça, proposer la chose. « Tu ne comprends pas. Ce n’est pas le trône que je veux. Je veux simplement un Roi digne des nôtres. » « Ton père n’était pas aimé au début… Tu n’es pas objectif. Tu ne vois Erza que comme l’épouse illégitime de ton père. » « Je dis juste que cette femme est perfide. » « Erza ? Allons bon ! Il n’y a pas plus chaleureux et ouvert d’esprit. La dernière fois, mon gamin a volé un chou sur le marché et elle l’a épargné. Je t’assure qu’il s’est pris une de ces roustes en rentrant. Il n’y mettra pas la main deux fois, c’est moi qui te le dis, sinon je la lui couperai moi-même ! » « Elle est trop gentille. » « Düst était pire ! Düst est allé chercher l’aide des Magiciens pour protéger nos cités. Si ce n’est pas de la faiblesse, ça ! Erza, au moins, est une vraie guerrière ! Elle va pas poser les pieds à Stenfek comme ton père ! » « Mon père est mort. Un peu de respect. » « Qu’est-ce qu’on en sait hein ? Ça se trouve il a fui ! » Hugh se leva, le tabouret s’écrasant par terre. Il attrapa la gorge de son interlocuteur. « Retire. Mon père n’aurait jamais fui ! Ce n’est pas un lâche ! Sa présence a renforcé notre puissance et notre économie ! S’il n’est plus là aujourd’hui c’est soit qu’il est mort, soit qu’il est retenu contre son gré ! » Une femme replaça le tabouret d’un mouvement de la jambe étonnement agile. Elle appuya avec une force de bucheron sur l’épaule de Hugh qui fut contraint de s’asseoir. Il ne grogna pas. Ici, c’était elle la patronne et s’il ne voulait pas qu’elle le foute dehors à grands coups de pieds dans le cul, il avait intérêt à se tenir, le bougre ! « Vous êtes une bande de chiens d'infidèles ! Les Zaahin doivent avoir honte de vous, tous ! Vous parlez de remplacer la Reine par quelqu’un de plus digne, hum ? Ben sachez que ce sont les Zaahin qui ont voulu qu’elle soit là où elle se trouve, et tant que les Zaahin ne l’auront pas abandonnée, ce n’est pas vous, bande de couilles molles, qui allez y changer quoi que ce soit ! » « Et comment on le saura hein ? Que les Zaahin ont abandonné Erza ? » « Toi tu ne le sauras pas parce que t’es pas assez digne pour que les Zaahin te parlent et t’écoutent ! Tu ferais mieux de retourner au combat vu comment tu cultives ton champ comme une merde ! » « Oouuuhh ! » C’était une exclamation collective. Elle fut suivie de rires et du bruit des choppes de bière écrasées sur la table. Erek, lui, suivit la masse. Il avait soif et ces discussions étaient bien trop complexes pour lui. Erza ou pas Erza ? Ça ne changeait pas vraiment son quotidien. Bien sûr que c’était important mais qui était-il pour savoir ce que les Zaahin réservaient à son peuple ? Il but un coup lorsque la bière fut dans sa choppe et sourit. Il irait peut-être rejoindre Za ensuite. Il lui demanderait ce qu’elle pensait de tout ça, même s’ils en avaient déjà discuté.

Elle marchait entre les champs. Ses doigts caressaient les brindilles qui s’élevaient déjà de la terre. Ce lieu lui rappelait vaguement quelque chose. C’était profondément enfoui. Elle inspira l’air. La nuit rendait les paysages calmes. Elle pouvait néanmoins percevoir des éclats de voix s’élever de maisons éclairées, des tavernes et sans doute quelques habitations. Son frère lui avait soufflé que cela serait une bonne idée de venir ici, afin de se faire accepter des Réprouvés. Ils n’étaient pas réputés commodes, surtout à Lumnaar’Yuvon. Le vent frais lui hérissa les poils. Elle ne s’était pas questionnée longtemps sur ce choix. Ce serait difficile et elle le savait. Ici, la magie n’avait pas sa place. Ceux qui vivaient dans la campagne dorée ne juraient que par leur silhouette, bâtie dans le roc, taillée à coups de travail acharné. Elle n’était pas ainsi, elle. Elle devrait apprendre et souffrir. Seulement, elle comprenait pleinement qu’une fois les efforts accomplis et la peine endurée, elle disposerait d’un soutien sans limite, d’une protection féroce, pleine et entière, contre quiconque lui voudrait du mal. Elle ne savait que penser des Réprouvés. Ils étaient un peu le pont entre le Bien et le Mal.

Anya finit par pousser la porte de la taverne. Sa présence attira un ou deux regards avant de créer un froid soudain. « T’es qui toi ? » demanda une femme d’un air renfrogné. « Je m’appelle Helga. » « Qu’est-ce que tu viens faire ici, hum ? La Coupe des Nations est finie. » Les Réprouvés de Bouton d’Or avaient déjà eu du mal à accueillir les étrangers sur leurs terres durant les festivités, ce n’était pas pour les tolérer, en plus, après celles-ci. Elle venait d’où celle-là ? Avec son corps anormalement peu musclé ? Déjà, elle n’était pas native d’ici, ce qui était un problème en soi. Ensuite, rien n’indiquait qu’elle était une Réprouvée. C’était d’autant plus désavantageux. « T’es pas une Réprouvée et… t’es pas une Orine non plus. T’es qui bordel ? » répéta la voix initiale. « Euh… Je l’ai dit, déjà, Helga. Je suis une Déchue… » « Une Déchue ? Tu te crois où ? » « Je pensais pouvoir m’installer ici… pour travailler. » « Et y en a pas du travail, chez toi ? Comment ça se fait que tu parles notre langue ? T’es une espionne, c’est ça ? » « Une espionne ! » reprirent certains Réprouvés de façon disparate.

La suite fut particulièrement rude. La tension, déjà bien amorcée, ne cessa de s’intensifier et quoi qu’elle puisse dire, peu importe l’aura qu’elle dégageait, tous ici se méfiaient. Un geste un peu brusque de sa part et deux Réprouvés étaient déjà sur elle à la rouer de coups pour lui apprendre à raconter des salades. La douleur fut lancinante. Pourtant, Jun avait été clair : pas de magie. Oh elle aurait pu tous les repousser, leur apprendre à bien se tenir mais… Non, ce n’était pas le but. Ils étaient des Réprouvés, ils étaient chez eux, et leurs Lois disaient qu’ils avaient le droit d’éliminer les étrangers sans sommation. Si son frère l’avait guidée jusqu’ici, elle en était certaine, c’était pour une raison. Elle devait résister. « Vous allez la lâcher, oui ? » Un homme, moins imposant que les autres, venait de s’interposer, se plaçant debout devant elle. « Younes dégage putain ! » « Non ! Dois-je vous rappeler que Réprouvés et Déchus s’entendent ? Que la Reine a épousé le Roi de ce peuple ? Ça ne va pas plaire... » « Ouais mais la Reine est pas là et l’autre péteux est pas revenu depuis un bail ! » Tous les êtres intelligents et qui lisaient étaient considérés comme des péteux. Et encore, Eerah Von Dreth était apprécié par la communauté, ce qui lui valait un sobriquet qui restait sympathique. Bienvenue à Lumnaar’Yuvon, là où il vaut mieux ne pas être un étranger. « Je me porte garant pour elle ! » « Quoi ? Mais t’es con ou quoi ? Tu la connais même pas ! » « Non mais j’ai dit ce que j’ai dit. Je me porte garant pour elle. Tout le monde est témoin. Je la logerai chez moi et elle ira travailler. Et si, finalement, il s’avère qu’elle est décevante, vous pourrez la chasser d’ici. » « T’es garant, Younes… Si c’est une espionne, c’est ta tête qui tombera ! » l’avertit Hugh.

Les yeux d’Erek coulaient doucement sur la petite chose qui venait de débarquer et qui avait, semble-t-il, perdue connaissance. Une Déchue hein ?

1476 mots


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Mar 01 Oct 2019, 22:58


Traverser les Terres d’Émeraude n’avait pas une épreuve d’effort particulière ; le temps était clément, le soleil baignait de sa lumière le paysager verdoyant. Arrivé à Lumnaar’Yuvon, Oomaria s’était senti soudainement ressourcé, tout lui était soudainement familier : les habitants, les maisons, l’odeur de l’herbe fraîche coupée, cette sensation de sérénité où l’air semblait n’appartenir qu’à ce lieu. Le plus frustrant était sans doute qu’il ne pouvait relier tout cela à rien, ni personne, il devait se contenter d’un simple pressentiment comme on pouvait se satisfaire du premier plat qu’on vous proposait. Mais pour l’instant, ça lui était bien égal, il se marchait à travers les allées comme s’il était un habitué de ces terres qui revenait en vadrouille. Bien sûr ce n’était pas le cas, et les autres Réprouvés le lui faisait bien comprendre : les regards en coin, des gestes parfois déplacés, mais il s’en moquait bien. Il souhaitait simplement profiter d’une bière, une bonne bière fraîche produite ici même ; il était incapable de dire comment il le savait, mais il le savait. Il décida de s’arrêter à une petite taverne appelait le « Goujon frétillant » pour se rafraîchir ; il trouva plutôt étrange que l’établissement fasse référence à un poisson, voire même amusant.

Quelques Réprouvés étaient assis autour de trois tables à l’extérieur ; à l’intérieur, quatre hybrides étaient présents : la barmaid et trois autres personnes. Oomaria avait véritablement une petite stature face à ses semblables : plus petits, plus chétifs, moins imposant, rien ne laissait présupposer qu’il était un Réprouvé, et encore moins l’absence de ses ailes. La tenancière était une jeune Réprouvée aux cheveux noirs coupés plus courts que la plupart. Oomaria prit place au comptoir.

« Ray io mirhan ?
Qu’est-ce que je te sers ?
- Baald krah.
Une bière fraîche.»

Le Réprouvé avait l’impression qu’un Ange en culotte de velours lui coulait le long de la gorge. Tout simplement exquis, il ne se souvenait pas avoir bu quelque chose d’aussi bon par le passé. Oomaria se mit à rigoler intérieurement en repensant à cette remarque, il esquissa même un petit sourire en soulevant à peine sa lèvre. C’est tout ce qu’il pouvait offrir pour le moment. La Réprouvée lui lança le même regard de suspicion que tant d’autres lui avaient adressé avant elle, il ne faisait pas bon d’être un étranger à Lumnaar'Yuvon, même hybride. Mais il n’en avait que faire.

« Je ne t’avais jamais vu ici, lança-t-elle en nettoyant ses verres.
- Je suis de passage.
- Tu as de la famille dans les parages ?
- Ils sont partis il y a longtemps. »

En vérité, Oomaria n’en avait aucune idée, mais personne n’était censé le savoir. L’avantage lorsque l’on a perdu la mémoire, était que l’on pouvait inventer plus facilement des mensonges, s’imaginer une nouvelle vie et décider de se fondre dans la masse. Il espérait simplement ne pas tomber sur quelqu’un qu’il avait effectivement rencontrer par le passé.

« Qu’est-ce qui se passe ici ? J’ai entendu beaucoup de choses en arrivant mais…
- Tu n’es pas au courant ?
- Si je pose la question, ça doit être non, répondit-il en réprimant l’apparition d’un saut d’humeur.
- Selon des rumeurs, Erza a abandonné le trône.

- Pas possible ! »

Demander qui était Erza aurait été une grosse erreur de sa part. Le simple fait que la Réprouvée ait précisé que cette personne avait quitté le trône suffisait à ne pas se faire davantage remarquer. Bien sûr, Oomaria aurait dû se renseigner un peu sur la situation politique des Réprouvés avant de fouler les terres de Lumnaar'Yuvon, là où ses homologues étaient les plus suspicieux. À bien y réfléchir, de ce qui lui restait comme souvenir du moins, ce n’était pas une femme qui était à la tête des Réprouvés mais un homme, dont le nom lui échappait totalement à présent. Toujours est-il, qu’à présent, l’hybride devait se creuser les méninges pour essayer de soutirer davantage d’informations à la barmaid qui lui lançait un regard plus que soupçonneux. L’hybride avait tenté de feindre la surprise, mais il ne devait être un très bon comédien. Alors qu’il allait reprendre la parole, un des hommes qui étaient assis à table, le regard bien trop embué pour être sobre, s’approcha d’Oomaria et l’attrapa par les épaules en le secouant de manière hasardeuse.

« Ne raconte… Heump … Ne raconte pas n’importe quoi Raya… Erza n’oserait jamais nous… Oh… Nous abandonner ! Elle m’a bien aidé quand ce… Co… Petit con a volé ma Mamaille !
- C’est qui Mamaille ?
- C’était ma… Ma poule ! La plus fidèle que j’ai… Jamais eu !

- Ah oui, ta poule…
- Eh ben Erza j’ai été… Roh… la voir pour que ce… Hum… Fils de sa mère soit puni et… Elle l’a FAIT ! »


Oomaria ne fut pas simplement au premier rang pour entendre l’histoire passionnante du Réprouvé ébréché, mais il pu également profiter de l’odeur qui l’accompagnait. Le dernier mot fut prononcé avec une telle violence que l’hybride était certain d’être devenu sourd, il n’appréciait pas spécialement être le parapluie de son compagnon, mais il doutait que s’en prendre à lui clairement réglerait son problème. Il ne ferait que s’attirer des ennuis, à moins que personne ne le voit… Oomaria attendit que Raya ait le dos tourné, il glissa une main discrète derrière la tête de l’homme alcoolisé et frappa sa tête contre le comptoir. Un petit craquement se fit entendre ; l’hybride fit mine de retenir son homologue qui était en train de tomber de sa chaise. Raya se retourna en fronçant les sourcils.

« Qu’est-ce que…
- Je ne sais pas, il a dû s’assoupir un peu trop près du bord…

- Mouais…

- Pourquoi est-ce qu’il pense qu’Erza n’est pas partie ? Demanda le Réprouvé en déplaçant son camarade sur une chaise avant de revenir.

- Certains pensent que les Réprouvés de Stenfek vont réclamer leur indépendance d’ici peu et qu’ils se mettent à supprimer tous les prétendants au trône. Il y en a, comme ce pauvre Burdi, désignant l’assommé du menton, qui pensent que ce n’est qu’une stratégie d’Erza pour voir qui lui ait fidèle ou pas. D’autres pensent qu’elle a été kidnappée par ces fameux indépendantiste. Pour les pires, Erza serait juste partie parce qu’elle n’en avait plus rien à foutre. Bon… Autant te dire que ceux-là ont été pendu par les doigts de pieds, on en parle plus. Mais n’empêche que c’est un peu la confusion. Pour ma part, je pense qu’Erza est juste partie pour revenir plus forte, elle doit avoir quelque chose derrière la tête et elle reviendra. Erza ne nous a pas abandonné, elle n’a pas abandonné son peuple. »


Entendre Raya parler ainsi de la souveraine des Réprouvés aurait pu émouvoir Oomaria, s’il avait un semblant d’altruisme, mais ce n’était pas le cas. Il était une personne rationnelle et ne fondait pas son opinion sur des rumeurs ou un élan de patriotisme d’une barmaid, bien que lui-même adorait son peuple. Il avait besoin de choses concrètes pour se faire sa propre idée et il semblait que ce n’était pas ici qu’il trouverait ce qu’il cherche. Cependant, Oomaria n’était pas stupide, il savait qu’en politique, il était compliqué d’avoir des réponses à ses questions, et particulièrement avec un peuple aussi instable que les Réprouvés.

« Il semblerait que l’on doit attendre le retour de notre Dovahkiin pour être fixé. À Erza ! Lança-t-il en trempant ses lèvres dans sa bière pour dissiper tous doutes sur ses intentions.
- À Erza ! Lancèrent les autres personnes présentes avant de boire leur verre.
- Je suis sûre qu’elle reviendra.

- Bien sûr. »


Le Réprouvé avait un peu de mal avec ce genre de comportement excessif, il aurait plutôt tenté de lui remettre les idées en place en temps normal, car il ne supportait pas l’engouement insensé que l’on pouvait avoir pour une personne, même un souverain. À moins que ce dernier n’ait accompli des actes exceptionnels, malheureusement pour Oomaria, des éléments lui manquaient pour tout comprendre. Il aurait tout le loisir d’entendre davantage d’informations sur la souveraine des Réprouvés étant donné qu’il comptait séjourner quelques temps à Lumnaar’Yuvon. Se renseigner sur elle n'était cependant pas l'intérêt principal de sa venue, il avait bien d'autres choses en tête.

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Ven 04 Oct 2019, 08:04


« Moi quand je serai grande, je deviendrai la nouvelle Dovahkiin. » déclara sereinement Sol tout en avalant sa bouchée de patates sautées. Cette simple phrase suffit à ramener le silence dans la chaumière des Tynath'thuk où le ton avait pourtant commencé à monter, la pression se faisant de plus en plus intense à mesure que la discussion prenait un tournant polémique. Pendant plusieurs secondes, personne n'ouvrit plus la bouche, tous les regards braqués sur la fillette qui continuait sereinement à vider son assiette avec appétit. Madame Tynath'thuk avait fait un véritable festin pour fêter l'anniversaire de leur invité et l'enfant semblait s'en lécher les babines ! « Toi ? Une Dovahkiin ? » finit par lâcher le démon à l'autre bout de la table. Son ton était moqueur, railleur. Son faciès marqué par l'incrédulité. Il partit dans un grand rire. « Pour ça, faudrait déjà qu't'arrives à soulever des objets plus lourds que ta fourchette... Pourquoi tu commencerais pas par essayer de soulever tes armes, hein ? » Madame Tynath'thuk soupira tout en se pinçant l'arrête du nez. Elle en avait assez d'entendre ses derniers nés se chamailler à longueur de journée. Mani ne faisait qu'embêter sa jumelle et cette dernière ne ratait jamais une occasion de rentrer dans son petit jeu mesquin. Ils n'étaient pas encore adolescents mais n'en étaient plus loin, leurs caractères avaient évolués de telle sorte que la douce et innocente angelotte avait fini par se rebeller et par répondre au diablotin de façon plus régulière. « Mani... » commença la bipolaire d'un air menaçant. « Non maman, il a raison. » répondit simplement la blonde en rivant son regard azuré sur sa moitié. « Pour devenir reine, je devrais apprendre à devenir une guerrière respectable, mais la bonne nouvelle c'est que Lumnaar'Yuvon forme de très bons combattants. Je ne me fais donc aucun de souci pour ça. » expliqua-t-elle. « En revanche, pour devenir souverain, on a besoin d'un minimum d'intelligence, afin d'élaborer des stratégies et pouvoir gouverner correctement. Et ça, c'est beaucoup plus difficile à travailler. Alors, désolée de te l'annoncer, cher frère, mais ce n'est pas avec tes deux neurones qui se battent en duels et qui ne savent pas communiquer entre eux que tu vas pouvoir diriger des armées. » Sol laissa un sourire identique à celui qui trônait précédemment sur le visage de son jumeau étirer ses lèvres. « Mais lorsque je serai couronnée, je daignerai peut-être te donner l'honneur de venir changer mes pots de chambres. Je pense que ce sera une tâche à la hauteur de tes moyens, qu'en dis-tu ? » Monsieur Tynath'thuk explosa de rire face à la répartie de sa fille, ce qui lui attira les foudre de sa compagne qui ne voulait pas que l'on encourage les querelles entre les deux enfants. Un combat silencieux s'engagea entre les deux benjamins avant que Mani ne cède et s'empare de sa fourchette, qu'il arma de nourriture avant de viser son opposante et de tirer. Il visa en plein dans le mille et Sol reçu la boulette de viande en plein milieu du front. Un spasme rageur déforma ses traits et avant qu'on ne puisse la retenir, elle attrapa sa fourchette, déploya ses ailes immaculées puis bondit sur son adversaire qu'elle renversa de sa chaise. La furie brandit son arme improvisée et entreprit de la planter dans l'œil de son imbécile de frère, qui para néanmoins l'attaque de son bras et, d'un mouvement agile du bassin, renversa son assaillante et se mit à califourchon sur elle. De ses deux mains, il bloqua les bras de la vertueuse et prit quelques secondes pour apprécier la scène : il la dominait de toute sa hauteur, ça avait quelque chose d'exaltant. Un rictus menaçant illumina ses traits tandis qu'il sentait sous sa prise sa jumelle se dandiner pour essayer de lui échapper. C'était vain : elle était fait comme un rat ! Voyant son père se lever de table du coin de l'œil, Mani se hâta de préparer un mollard, qu'il laissa passer entre ses lèvres puis s'étirer en un dangereux filet vers le visage dégoûte de sa sœur qui se débattait de plus belle. Au dernier moment, alors que la bave allait atterrir sur le joue rosée de l'ange, le père de famille attrapa le démon par le col de son vêtement et sépara ses deux garnements. « Bien, c'était un spectacle très amusant à voir mais maintenant, ça suffit. Sol, tu seras privée de dessert. » « Quoi ? Mais pourquoi ?! » s'horrifia la blonde qui avait vu le délicieux gâteau d'anniversaire qu'avait préparé sa mère. « Essayer de crever les yeux de ton frères avec une fourchette ne fait pas exactement partie des choses que je tolère sous mon toi. » expliqua patiemment l'homme. Il était dans une phase angélique, fait plutôt rare. Sans doute était-ce de voir sa fille réagir ainsi, prenant les "armes" pour affronter son ennemi, qui le mettait d'aussi bonne humeur et l'empêchait de sombrer dans un penchant plus sombre. Une simple punition était une aubaine pour les deux enfants.

Calmés, les plus jeunes retrouvèrent leurs places et continuèrent à manger en silence, se lançant des regards noirs à travers la table. Ils étaient trop loin l'un de l'autre sans quoi ils se seraient sans aucun doute donné des coups de pieds sous la table. « Bon, que disions-nous, déjà ? » demanda le père de famille. « Ta fille deviendra la prochaine reine. » répondit ironiquement Gagniar, l'invité dont on célébrait l'anniversaire. « Ah oui ! Eh bien, avant que cela n'arrive, il faudra attendre plusieurs décennies ! Et il est hors de question que le trône reste ainsi vaquant ! Je suis persuadé qu'Erza ne s'en est pas tout simplement allée, ou plutôt, pas sans avoir un plan en tête. Elle est maligne, cette femme... » « Mouai... en tout cas, c'est de famille de disparaître comme ça. Et moi, ça commencerait presque à me briser les couilles bien comme il faut ! » s'impatienta l'invité. « Ne dit pas de conneries ! Même si elle n'est plus ici à proprement parler, elle laisse la nation entre de bonnes mains. Les Thurs sont raisonnables et savent assurer le maintien de nos terres. » « Ah ouai ? Bah va dire ça à ces cons de Keizaal ! Je me demande même si c'est pas leur Thur à eux qui aurait pas profité de l'absence d'Erza pour lancer son espèce de rébellion ! Et puis, t'es bien sympa mais tout ces putains d'étrangers qui sont arrivés à cause de cette Coupe de mes deux, hein, eux ils ont bien remarqué qu'elle était plus là notre reine ! A cause de cette débilos de Chamane là, Edmund'Faasnu ! Quelle idée de prétendre aimer notre souveraine et de se baigner dans le sang de son ennemi en son nom ! » « Moi je trouvais ça plutôt cool. » glissa discrètement le diablotin. Les bipolaires ignorèrent cette remarque. « Certes, mais ça ne veut pas dire qu'elle ait disparu ! Les étrangers n'en savent rien. Elle aurait très bien pu se trouver sur un autre territoire pour des affaires politiques. Il y a eut plusieurs coupes sans la présence du souverain concerné. Ce n'est pas pour autant que les gens ont crié au scandale et qu'ils se sont empressés d'attaquer la dite nation. » « Et puis qu'ils essayent de se ramener ! On les attend de pieds ferme ! Je leur collerai le tranchant de ma lame sous le gosier et on verra s'ils feront autant les malins ! » « J'ai entendu dire qu'Erza s'était faite kidnappée par le Thur de Keizaal. » lâcha Sol un d'air un peu inquiète. « Mais non voyons, elle est trop coriace pour se laisser avoir par ces aristocrates de pacotille. » « Mais ça expliquerait beaucoup de chose, non ? » insista la fillette. « Pourquoi elle n'est toujours pas réapparue, pourquoi les habitants de Keizaal sont aussi fougueux... Peut-être qu'une autre race les aide en secret et que c'est pour ça que personne ne nous a attaqué... » « Pff, t'as l'esprit aussi fertile que nos sols, gamine ! » conclut Thorn avant de continuer la conversation.
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Mer 16 Oct 2019, 19:39

Nimir ouvrit sans la moindre douceur les portes de la taverne. Elle traversa le seuil de l’entrée en arborant un sourire triomphant faisant deux fois le tour de son visage, alors qu’elle se dirigeait vers une table installée près d’une fenêtre où trois hommes à moitié ivres s’esclaffaient bruyamment. Cela faisait à peine une heure que l’astre du jour avait achevé sa course au sein du firmament que l’alcool coulait déjà à flot dans les choppes de bière que le trio faisait trinquer avec enthousiasme. La Réprouvée profita simplement de leur inattention pour s’inviter à leurs côtés sans se départir de son air victorieux. Elle s’enfonça nonchalamment dans le dossier de son siège, observant les traits de ses « amis » se décomposer en prenant lentement conscience de sa présence. « Dreell! Nimir! » Grogna l’un d’eux dans un sursaut, avant d’abattre son récipient sur le bois de la table. « Qu’est-ce que tu fous là? » La Kirr’Sahqon se redressa tranquillement. « C’est pas évident? J’veux mon argent. » L'homme tira une mine hébétée. Il leva un instant son regard en direction des deux autres Bipolaires, comme s'il espérait que ces derniers puissent l'éclairer sur le délire de la demi-portion. Bien évidemment, eux aussi étaient perdus, peinant à trouver du sens dans les propos du clone dont l'expression s'était renfrognée. Il faut dire que la patience ne faisait pas parti de ses vertus, encore moins la cohérence. La femme se contentait bien souvent de beugler des mots sans jamais donner d'explications ou de mise en contexte derrière. Par conséquent, ses paroles quittaient ses lèvres de manière totalement décousue, en suivant une logique qu'elle était sans doute la seule à comprendre. Certains appelaient ce défaut de la folie ; beaucoup se simplifiaient la vie en employant le terme stupidité. Ils n'avaient pas tort. Nimir ne rayonnait guère pour ses capacités intellectuelles hors du commun. À vrai dire, elle retenait que ce qu'elle avait bien envie de retenir – c'est-à-dire pas grand-chose – et le reste s'oubliait en l'espace de quelques secondes. Elle ne vivait que pour deux choses en réalité : l'indépendance de sa Cité et prouver à ceux qui la sous-estimait qu'ils avaient tort de le faire. Pour la première, l'occasion n'avait jamais été aussi belle pour aller scander son message indépendantiste à qui voulait bien l'entendre, mais ce soir, elle avait surtout l'intention de se dédier à la seconde cause qui lui tenait tant à cœur.

« De l'argent? » Un rire gras s'extirpa de la bouche du seul Démon de la tablée. « Tu t'es cogné la tête sur un mur en chemin? J'te dois rien. » - « Joue pas au con avec moi Koda! On avait fait un pari et je l'ai gagné! » Le Fils de Réprouvé renifla, méprisant. « Ah ouais? M'en souviens pas. » La Bipolaire se releva d'un bond. Sa chaise manqua de peu de se fracasser par terre. « L'alcool t'a brûlé ton seul neurone? On a parié dix sikle chacun sur celui qui gagnerait la Coupe des Nations! T'avais misé sur la Chamane et moi sur l'Ange, du con! Alors files-moi mon argent! » - « Dans tes rêves! » Le ton chauffait, leurs voix avaient déjà grimpé de plusieurs décibels : ils semblaient prêts à se sauter à la gorge dès que l'opportunité se présenterait. Koda s'était lui-aussi redressé de son siège et toisait désormais la petite chose d'un œil mauvais. « Tu dois être complètement timbrée si tu penses que j'aurais accepté de faire un pari aussi débile avec toi. » La « timbrée » disait pourtant la vérité, mais Koda faisait preuve de mauvaise foi. Il refusait d'admettre sa défaite, et ce refus ne fit qu'envenimer la colère de la Bipolaire à l'humeur déjà bien instable. « C'est ça, enfoiré! Désiste-toi de tes engagements plus vite qu'Erza s'est barrée du trône! » Sa part démoniaque grondait dangereusement, mais le trio ne se laissait pas impressionner pour autant par ce bout de femme qui aboyait aussi fort qu'un chihuahua. Une main puissante s'apposa par ailleurs sur sa poitrine pour l'éloigner de la table avec une délicatesse presque insultante, comme si elle n'était qu'une vulgaire poupée de chiffon, tandis que ses yeux s'inclinaient vers le haut pour défier l'homme qui l'avait ainsi écarté du Vil. L'individu en question devait la dépasser d'au moins trois têtes, mais la jeune femme était trop fière pour oser rompre le contact. « T'es sourde ou quoi? Puisqu'il te dit qu'il n'a jamais fait ce foutu pari... » La menaça-t-il en la dominant de toute sa hauteur. « C'est toi qui est complètement timbré Alarik! Tu crois plus la parole d'un Démon que la mienne? » - « C'est mon... » - « Frère, oui je sais. » Le coupa-t-elle brusquement. Son comportement ne fit qu'agacer le Bipolaire qui commençait à s'impatienter. « Dégage Nimir. Maintenant. Je le répéterai pas deux fois. » - « Ton frère n'est qu'un menteur! » - « Alors prouve-le. » En guise de réponse, la Kirr'Sahqon eut un geste de recul, furibonde. « On s'en fout des preuves! Puisque je te dis que c'est vrai! » Si un regard pouvait tuer, le sien aurait déjà foudroyé Alarik sur place. « Je te le jure, quand Keizaal aura son indépendance, je promets d'exterminer tous les cons de son genre. » Elle prononçait souvent ce genre de discours afin d'évacuer ses excès de rage, mais personne ne la prenait vraiment au sérieux. C'est pourquoi le Réprouvé se contenta de soupirer, avant d'empoigner le bras de la jeune femme qu'il traîna de force jusqu'au comptoir du bar où il commanda deux bières au tenancier. « Si je te paie une tournée, t'oublie cette histoire de pari? » Alarik se sentait étrangement généreux ce soir : sa part angélique n'était sans doute pas étrangère à son élan de bonté. Il était exaspéré par ses excentricités, mais le clone restait malgré tout son amie. Il aurait pu lui fracasser le crâne à coup de poings pour la forcer à se taire une bonne fois pour toute, mais dans son état actuel, il trouvait cette solution beaucoup trop violente et radicale. Il envisageait une meilleure alternative. « Ouais... » Maugréa-t-elle en s'emparant du récipient rempli à rebord. Elle ne le pensait pas, mais la réponse parut satisfaire l'hybride.

La jeune femme but une première gorgée du breuvage, puis une deuxième et une troisième. Elle tentait d'engloutir à toute vitesse le contenu de son verre, mais dût rapidement se mettre à l'évidence : elle en était incapable. La vérité, c'est qu'elle tenait très mal son alcool à cause de sa petite stature. Nimir déposa donc sa choppe sur la table, avant de lorgner son compagnon d'un air indiquant qu'elle n'était plus tout à fait à jeun. « Hé... Tu crois vraiment qu'Erza a abandonné le trône? » Souffla-t-elle, changeant de sujet. Le pari n'était plus qu'un souvenir lointain au sein de son esprit désormais. Elle n'oubliait pas sa rancœur contre Koda évidemment, mais il faut dire que les mensonges du Démon l'avaient moins étonnée que l'annonce de cette nouvelle. Le sujet de la disparition de la Reine était suspendu sur toutes les lèvres et à Stenfek tout particulièrement, le discours était virulent. Personne n'appréciait les accusations sans fondement qui s'élevaient de Lumnaar'Yuvon contre la Capitale réprouvée. Si la plupart des habitants de Stenfek préféraient taire leur alignement politique en ces temps troubles, le mécontentement, lui, ne faisait que s'accroître de jour en jour. Certains avaient déjà commencé à exprimer de vive-voix leur désir d'obtenir la souveraineté – dont Nimir –, mais ces voix, quittes à ne jamais être tues, étaient souvent ignorées ou, du moins, seulement appréciées en silence. « J'en sais rien. » Alarik avait haussé des épaules en formulant sa réponse. Lui aussi était en faveur de l'indépendance : il aurait pu se réjouir de la disparition du Seigneur des Deux-Rives s'il avait cru en la nouvelle. Or, ce n'était visiblement pas le cas. Il avala une autre gorgée de bière, alors que sa consœur reprenait maladroitement le dialogue. « À Lumnaar'Yuvon, ils croient que notre Thur a enlevé Erza. » - « C'est n'importe quoi. Ils sont prêts à raconter un tas de conneries juste parce qu'ils nous détestent. » - « À croire qu'ils ont vraiment de la bouse de Bicorne à la place du cerveau. » Ricana Nimir en buvant une autre lampée d'alcool. Le fait qu'elle puisse encore tenir une conversation cohérente avec Alarik relevait plus du miracle que du talent. « Ils nous accusent d'assassiner tous les prétendants au trône pour réclamer notre indépendance. » - « Pour des sujets loyaux à la Couronne, ils sont rapides à vouloir un nouveau Souverain. » - « Si ça se trouve, Erza s'est barrée parce qu'elle supportait plus de voir leur tronche de demeurés. » La Réprouvée fut prise d'un fou rire auquel son compagnon de table se joignit presque immédiatement. Ils continuèrent de s'esclaffer ainsi pendant quelques minutes, jusqu'à ce que Nimir reprenne subitement un air sérieux. « Tu crois qu'on a une chance d'obtenir notre indépendance? » S'enquit-elle à travers un bâillement. Le visage de son partenaire se rembrunit. « Je sais pas. On a même pas d'économie ici. » - « Mais si on en avait une? » Le Bipolaire resta muet. Pour tout dire, il ignorait la réponse. Seulement, le silence valait toujours mieux que les faux espoirs et ivre comme elle l'était, Nimir n'en trouva pas la volonté de s'en offusquer.

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Ven 18 Oct 2019, 20:32


Máni avait prit place au pied d'un arbre en face de la maison de la souveraine et de celle qui lui ressemblait tant. Il n'avait pas quitté l'endroit des yeux depuis qu'il s'était accroupit, à l'abri des regards, pour espionner ce qu'il se passait dans cette étrange maisonnée. Il avait besoin de comprendre ce qu'il se passait là dedans, d'où sa soudaine surveillance qu'il s'était mis à faire de façon quotidienne : à chacune de ses pauses repas et plusieurs heures après avoir terminé son travail au champs et dans la grange, le Vil s'envolait pour prendre place dans son point d'observation favori et scruter tous les allers-et-venus de la maison royale. Sans lâcher la chaumière des yeux, le démon amena une carotte à sa bouche et croqua bruyamment dedans. Certains trouveraient sans doute à redire sur ce goûter improvisé, rétorquant qu'un vrai réprouvé, un bipolaire qui se respecterait aurait choisit de dévorer un saucisson, plat de prédilection pour le petit déjeuner, le déjeuner ainsi que le dîner des vrais combattants ! Malheureusement, la viande était une denrée plutôt rare dans la demeure des Tynath'thuk, volontiers remplacée par les carottes et les potimarrons. Bien sûr, la famille ne manquait de rien et ils n'avaient aucun problème pour se procurer de la viande pour les repas mais, puisqu'ils ne la produisaient pas eux-même, elle était sagement gardée à l'abri des gourmands. Le diablotin avait donc dû se contenté de quelques bâtonnets orange pour son casse-croûte, non pas que cela le dérangea vraiment. Sa mère lui répétait souvent que la carotte donnait de la force pour les combattants. Son père rajoutait alors que ça le rendrait également un peu plus aimable et qu'il en avait bien besoin, même si le concerné ignorait soigneusement cette moquerie du bipolaire. Toujours attentif, le brun pencha la tête tandis qu'un duo de Réprouvés s'approchaient du lieu qu'il surveillait... Non, c'était une fausse alerte : les hommes dépassèrent le terrain sans rendre visite à l'habitante. Nerveux, Máni croqua de nouveau dans une carotte.

« Qu'est ce que tu fous là, Mal'Ah ? » Le diablotin sursauta en entendant la voix de Rick, à seulement quelques centimètres de son oreille. « Dreell ! » s'écria le brun. Il n'avait ni vu ni entendu son ami s'approcher. Le fidèle de Belzébuth avait la mauvaise habitude d'user de ses dons de dissimulation et d'apparaître soudainement à des moments inattendus. « M'appelle pas comme ça, Gowno ! » s'agaça le diablotin en lançant un regard noir sur son camarade. Rick s'était mis à surnommer le brun de la sorte, en référence au titre qu'on lui avait donné après qu'il eut, par un heureux coup du sort, remporté la chasse annuelle de Yamazu'Lus. Le fameux et grand chasseur ne devenait dans la bouche du gourmand qu'un petit et frêle chasseur, guère plus capable de chasser un cerfeuil qu'un moucheron. « Tu rêvassais encore de ta belle et douce Edmund'Faasnu ? » continua à le taquiner l'adolescent. Il est vrai que, depuis la fin de la coupe des nations, Máni n'avait fait que parler de la chamane avec un mélange d'admiration et d'envie, avant de se rappeler qu'elle ne faisait pas partie de son peuple. Ce petit détail avait sa petite importance, lorsque l'on connaissait le racisme présent dans les plaines agricoles. « Ha... moi j'ai pas arrêté de penser à Kendov'Sahqo et à sa jolie paire de... » Rick mima le fait de palper une poitrine généreuse, un air benêt flânant sur son visage, ce qui fit sourire le plus jeune qui secoua légèrement la tête. « Tu dois reconnaître qu'elle était sacrément bonne, cette guerrière rouge ! » Le diablotin n'objecta rien, ce qui correspondait de sa part à une affirmation. L'Orisha avait également attiré son regard et même si elle ne lui avait pas fait autant attention que la chamane, cela n'avait pas empêché l'envieux de s'imaginer profiter de ses formes dans l'intimité.

« Tiens, tu vas crever de soif à force de rester planter là. » Rick tendait une bouteille en verre remplie d'un liquide ambré. De la bière. « Merci. » répondit le Vil en débouchant le récipient. « Est ce que tu vas risquer une de tes mains pour cette boisson ? » questionna néanmoins brun, étant soudainement pris d'un doute. Son partenaire esquissa un sourire. « Non, j'ai travaillé dur au bétail pour les obtenir. » le rassura-t-il. Les deux garçons profitèrent d'une minute de silence, appréciant l'amertume de leurs boissons respectives. Le gourmand était occupé à reluquer quelques femmes à moitié dénudées qui sortaient d'une grange, un sourire satisfait aux lèvres, mais Máni avait déjà repris sa surveillance. « Rappelle-moi pourquoi tu restes des plombes à surveiller la baraque d'Erza, déjà ? » demanda l'adolescent. La vérité était plutôt simple et découlait de la nature démoniaque du jeune garçon : son pécher de l'envie le poussait de nouveau dans un comportement irrationnel. Puisque Sol avait déclaré vouloir monter sur le trône il y a quelques temps, son jumeau avait peu à peu développé une obsession pour la souveraineté. Il s'était soudainement mit à s'intéresser à la disparition de la Dovahkiin, avait écouté les conversations concernant les traîtres de Keizaal et s'était mis en tête de surveiller les étranges phénomènes qui avaient lieu autour de la maison de Za. Puisque l'Ange désirait devenir la souveraine, il se ferait un plaisir de lui faire regretter sa moquerie et de ravir l'objet de ses désirs, juste sous son nez. « Je veux comprendre comment a disparu Grohiik. » « Bah, il a encore fait le con, y'a rien de plus à comprendre. » « Ouai, c'est exactement ce que voudraient faire croire ces enfoirés de Keizaal. Une simple disparition... Or, ce con comme tu dis, il était trop têtu pour disparaître juste comme ça. Même s'il se faisait buté, il trouverait un moyen de revenir nous faire chier. Non, le fait qu'il n'y ait plus de nouvelles de lui, juste comme ça... C'est bizarre. Trop louche. Tu sais bien qu'il ouvre toujours sa grande gueule. Il aurait encore fait tout un foin de la raison pour laquelle il serait encore partit à l'aventure, si ça avait été le cas. » Rick haussa les épaules. Du moment que sa vie n'était pas trop dérangée, il se moquait bien des jeux politiques. Bien évidement, il ne portait pas ces intellectuels de la capitale dans son cœur, mais il était moins enclin à se servir d'eux que comme d'un bouc-émissaire. « Et puis réfléchit... Il disparaît comme ça, juste après avoir annoncé qu'il comptait s'emparer du trône avant que les tarlouze le fassent. Et puis y'a aussi Griind, qui se fait attaquer mystérieusement juste après avoir revendiqué son envie de reprendre les choses entre ses mains pour pas que notre peuple parte en vrille.... Moi, j'te l'dis, y'a quelque chose qui se passe. » « Des espions de Keizaal. » soupira le gourmand, connaissant déjà la théorie privilégiée des travailleurs de la terre. « Exactement. » « Et en quoi observer les volets de Za ça va t'avancer ? » « Bah c'est simple, utilise tes neurones espèce de bouseux ! S'il y a des espions c'est sûr qu'ils vont essayer de contacter Za ! » Rick fronça les sourcils. « Ouep... Ou ça se trouve, tout ça sert à que dalle, et tu pers juste ton temps. Si ça se trouve, Erza elle est toujours là, quelque part, et quand elle reviendra, elle bottera le cul aux fainéants qui ont préféré séché plutôt que d'aller travailler au champs. » Máni ignora ce reproche à peine dissimulé.

« Rovhul ! » Máni sursauta, tendit que la silhouette angélique de sa moitié filait tout droit vers lui, s'arrêtant juste à quelques centimètres de lui pour atterrir avec souplesse. « Papa te cherche partout, et il va te casser les deux jambes. Surtout s'il sait que t'es encore venu fourrer ton cul ici, alors qu'il t'avait dit de pas arrêter. » La blonde croisa les bras sur sa poitrine. « T'as pas intérêt à cafter. » « Ou sinon quoi ? Tu vas me recracher dessus ? Je te préviens, j'ai une fourchette dans la poche, et cette fois je manquerai pas mon coup. » Máni leva les yeux au ciel. « Laisse mois boire dans ta bouteille et je dirai rien. » négocia la vertueuse.

1425 mots
Désolée Cassiopée, ce sont des adolescents en pleine poussée d'hormones >.>
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[EDR Réprouvé] Les murmures des disparus

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