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 Prendre le diable par la queue [PV Callidorade]

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Jeu 26 Mai 2016, 23:58


Prendre le diable par la queue feat. Calli


Ils avaient fait de piètres concurrents jusqu’alors, sans cesse contraints à devoir renoncer à leurs devoirs en étant asservis aussi sobrement que des chatons un tantinet furibonds. Son groupe était relativement fort, bien plus que la moyenne. Quand bien même. L’armée formée par Draxas sortait de la norme. Ils avaient été plus émérites, plus inventifs, plus redoutables que n’importe lequel d’entre eux. Ce qui avait naturellement changé la donne, ce fut la solidification de l’équipe qui n’avait cessé de croitre par le biais des agents doubles. Sans eux, il est certain que le diable lui-même n’aurait pu s’en sortir sans de sérieux handicaps qui auraient marqué à vie son futur. En dehors des successives défaites qu’ils avaient été dans l’obligeance d’essuyer pour continuer à avancer, tous s’étaient très certainement endurcis sans s’en rendre réellement compte. Dans un sens, s’entourer de personnes auxquels se fier manifestait constamment un bien-être à qui savait se procurer de bons camarades. S’il avait comme projet de devenir solitaire à l’avenir, son avis avait sensiblement évolué depuis. Pour témoignage : même un poulpe grotesque venait de retarder son exécution. Une intervention loin d’être anodine lorsque chaque seconde était précieuse. Callidora avait suivi l’action avec brio en matraquant son opposant d’un éclair foudroyant. La jeune femme avait manifestement besoin d’éprouver sa colère au travers de techniques agressives. Elle n’était pas si différente de lui et de son peuple finalement. Les démons étaient libérés de toute contrainte, en revanche il manquait cruellement de notions pour affirmer avec certitude en quoi consistait le destin de la brune. Au fond, il s’en fichait un peu désormais. Les dilemmes n’étaient jamais dictés par une autre entité, peu importe à quel point celle-ci était céleste. Zane refusait de croire que tout était écrit d’office, à l’instar d’un livre déjà mené à bien qui suivait simplement son cours. Quoi qu’il en soit, cet instant offert par la belle et la créature visqueuse lui fut plus qu’honorable pour mettre un terme décisif à sa faiblesse passagère. Bombant précipitamment son buste en avant, il dispersa ses bras sur le côté afin de contraindre le chevalier à lâcher son énorme épée. Au même moment, la magie instable qu’il dominait forma un courant électrique vacillant autour de sa main.

De toutes ses forces — submergée d’une colère colossale —, il fracassa son poing amplement opprimé dans les côtes de Weydan. Son armure de protection dans laquelle il se croyait à l’abri se vulnérabilisa avant de rompre en petits morceaux, son attaque continuant d’avancer jusqu’à complètement perforer le squelette de ce dernier. En se réappropriant son avant-bras teinté du liquide rouge, le monstre des enfers ne se laissa aucun temps mort puisqu’il rejoignit rapidement son groupe qui luttait de toutes ses forces face à la menace. Que ce soit Callie, Seth ou encore Brady, ils avaient tous remporté leurs duels, sans exception. Tout ce qu’il leur restait à faire désormais, c’était de se presser le plus vite possible dans le but d’atteindre la sortie, ce que fit immédiatement Zane qui s’improvisa en chef de bande, tenant à ce que tout le monde quitte le navire avant lui. Alors qu’il s’apprêtait lui aussi à rejoindre la lumière du jour, la présence de Draxas l’interpella. Il se trouvait à quelques pas de la porte — étale — avec derrière lui ses hommes harassés, qui se relevaient silencieusement de leurs combats. Ceux-ci ayant visiblement l’intention de s’occuper de lui, le démon enrobé par son voile mystérieux leur fit signe de ne pas faire un pas de plus. « Il faut parfois savoir reconnaitre la défaite, mes enfants. Nous avons échoué aujourd’hui, mais pour moi et mon descendant, ce n’est que le début des réjouissances. Nous partageons le même sang. Notre lien est bien plus résilient que celui que tu peux avoir avec cette fille. » Sans dire mot, Zane secoua la tête et quitta à son tour cet endroit pour lequel son détachement ne pouvait lui être que profitable. Revoir son père dans un futur plus ou moins proche était une évidence, mais en attendant ce jour fatidique, il deviendrait beaucoup plus féroce dans le but de pouvoir l’anéantir en bonne et due forme. Une fois à l’extérieur, il s’assura brièvement que personne ne manquait à l’appel. La fatigue générale se faisait sentir pour la grande majorité, surtout pour Callidora qui subissait un peu plus tardivement que lui la répercussion du stupéfiant. Contrairement aux apparences, il ne les endurait pas moins qu'elle. Simplement, ce genre de pratique était courante de là où il venait. Ses muscles ne répondaient quasiment plus à ses ordres, sa vue s’estompait légèrement et ne parlons même pas de son dynamisme qui avait complètement déserté son organisme.

Concernant les autres participants, ils n’étaient pas mieux conservés. L’état dans lequel ils se trouvaient était objectivement assez favorable en définitive. « Je tiens à vous remercier grandement pour toute l’aide que vous m’avez apportée tous autant que vous êtes. Survivre dans de telles conditions n’aurait pas été envisageable sur le long terme. Par ailleurs… » Il s’approcha de la brune pour lui porter secours, ou plus exactement pour contribuer à la maintenir dans un état stable. Elle était sans nul doute celle qui avait le plus franchi ses limites, c’est la raison qui expliquait sa condition actuelle. « Même si l’on t’a fortement aiguillé dans ce sens-là, tu es tout de même venu à la rescousse du grand prince que je suis. Je sais que revoir mon joli minois t’était essentiel. J’en suis flatté. » Lui permettant de s’appuyer sur lui, il échangea un dernier regard à tous ses partenaires. « Dès que vous aurez besoin de mes services, comptez sur moi. En attendant, il est temps de se replier ! Bonne chance à vous ! » La malveillance avait beau être l’atout majeur du démon, il n’en restait pas moins redevable envers les rares personnes à qui il accordait totalement sa loyauté. Il s’agissait d’un cercle très fermé, mais ceux qui s’y trouvaient pouvaient compter sur un soutien de taille. Vérifiant que sa partenaire se cramponnait bien à lui, il employa ses seuls membres capables de parcourir encore un peu de distance : ses ailes. Tous se séparèrent dans une direction différente à partir de cet instant, se dissipant simultanément. Pour des questions de pratiques ; parce que Callidora sombrait dans l’inconscience et aussi, car il éprouvait de la difficulté à faire de longs trajets, Zane la conduisit à l’intérieur d’une chaumière. Il connaissait très bien le propriétaire — un vieillard très cordial — qui lui accorda le droit de la déposer pour garder un œil dessus jusqu’à son réveil. « Quand elle retrouvera toute lucidité, dis-lui que j’ai été tué. T’es bien assez futé pour trouver une explication crédible. Ceci devrait t’aider. » Sans réticence, il arracha le pendentif qu’il portait en permanence sur lui. Si la brune était observatrice, elle avait dû remarquer qu’il s’agissait là de l’unique bijou qu’il gardait toujours sur lui, quelles qu’en soient les incidences. En tant que symbole, il était le plus cher. « À la prochaine. » Puis il sauta sans apprêt dans le vide, sans remonter dans les airs.

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Dim 29 Mai 2016, 14:52

Son corps ne semblait plus d'avis à lui répondre. À devoir jouer avec le feu, peut-être avait-elle fini par atteindre ses limites. Même son esprit paraissait s'éloigner du monde. Ce qui se passait sous ses yeux fatigués se révélait incertain, comme si une âme sournoise effaçait la réalité et en dérobait le sens. Finalement, elle sentit quelqu'un venir à son secours et l'aider à se remettre debout. C'était une sensation étrange que de ne pas comprendre, et pourtant si délicieuse qu'elle la savourait en silence. Les mots qui résonnaient à ses oreilles n'éveillaient pas grand-chose en elle. Et pourtant, elle reconnaissait le visage qui lui parlait. Elle l'avait toujours connu. D'un mouvement imprévisible, elle sentit qu'ils s'élevaient tous deux dans les airs. En guise de dernier réflexe, elle s'accrocha à lui pour éviter la chute, enfonçant ses ongles dans sa propre chair pour se ressaisir. S'écraser au sol ne la tentait pas, et le semblant de conscience qui lui restait devrait suffire, quelle que soit la suite de leurs aventures. Une sensation de fraîcheur passa sur son visage. C'était agréable, et suffisant pour la tenir éveillée quelques secondes de plus, le temps de lui répondre. Elle ne voulait pas s'endormir, pas maintenant. « Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement, tu sais ? Tu ne pourras pas te cacher, pas même en enfer. » Sa voix s'affaiblissait à mesure qu'elle parlait. Dans son état, il s'agissait déjà d'un effort considérable qu'elle ne parvenait même pas à achever convenablement. Et puis, l'obscurité entoura ses prunelles dorées.

Le réveil fut douloureux. Ou plus exactement, la demi-douzaine de fois où elle ouvrit les paupières pour se rendormir presque instantanément. Le soleil lui brûlait les yeux, et de virulentes douleurs la rappelaient à l'inconscience. Son sommeil n'était plus bercé par aucun cauchemar, et incapable de retourner à la réalité, elle passa plusieurs jours à dormir, plus épuisée qu'elle ne l'avait jamais été. Un matin, Callidora avait fini par s'éveiller vraiment. Sans savoir où elle se trouvait ni ce qu'elle faisait dans cette chambre, elle avait attendu en silence que quelqu'un vienne. Observant par la fenêtre les quelques rayons de lumière qui pénétraient dans la pièce sobrement meublée, elle s'était rendue compte qu'elle avait faim et s'était servie dans un petit plateau de fruits sans ménagement. Se lever se révéla curieusement bienfaiteur, et elle fit quelques pas pour se dégourdir les jambes. Un vieil homme finit par entrer, la regardant d'un air satisfait. « Je vois que vous allez mieux. » La voix de l'inconnu sembla déclencher quelque chose en elle. Un tourbillon d'images vint l'assaillir, et elle dut s'appuyer sur la table pour ne pas s'effondrer. Lorsqu'elle releva finalement la tête, elle lui lança un regard froid. « Où est-il ? » L'inconnu prit le temps d'aller s’asseoir sur une chaise et de soupirer d'un air attristé avant de lui répondre. « Je suis désolé de devoir vous l'annoncer, mais votre camarade est mort. » Une minuscule sphère de feu siffla dans les airs et enflamma le bord du drap. Sa magie avait été tellement mise à l'épreuve lors de sa dernière aventure qu'elle se mettait à lui échapper. D'un geste maladroit, la Rehla récupéra un vase qui traînait, en enleva les fleurs et éteignit le feu. « C'est faux. » Cela ne pouvait être vrai. Et pourtant, une odieuse certitude s'insinuait en elle. « Si vous voulez une preuve, vous n'avez qu'à regarder par la fenêtre. Sa tombe est encore fraîche. » Le vase explosa entre ses doigts.

La brune avait descendu les marches avec prudence et était sortie de la maison pour vérifier les dires de l'imprudent vieillard. Du côté du jardin se trouvait effectivement une tombe qu'elle ne pouvait décemment se permettre d'excaver. Cependant… Quelque chose en elle sentait que tout ceci n'était qu'une mascarade. Se tournant à demi vers celui qui venait de la rejoindre, elle continua d'observer le funeste monument en silence. « Combien de temps ai-je dormi ? » Le seul moyen de découvrir la vérité consistait à lui faire passer l'épreuve de l'un de ses pouvoirs fragilisés. « Cinq jours. » Aucune variation dans le rythme de son coeur. De toute manière, ses paroles n'avaient aucun sens. Pourquoi aurait-il pris soin d'elle si Zane n'était plus de ce monde ? « Comment suis-je arrivée ? » Le moindre détail avait son importance. Dévorée par une curiosité qui l'empêchait de sombrer dans le chagrin, elle espérait que son interlocuteur ne soit qu'un vieil imposteur. « Vous êtes tombés du ciel, tous les deux. Quand je suis arrivé… Il était déjà mort, et vous refusiez de me suivre. Vous étiez accrochée à son corps, et j'ai dû vous assommer pour pouvoir vous soigner. » Son explication tenait plus ou moins la route. Callidora s'imaginait très bien avoir vécu cette scène, et elle se souvenait en partie du vol. Son instinct ne l'avertissait d'aucun mensonge. Son coeur se serra violemment. Ce n'était pas possible. Il se trompait. Il se trompait forcément. Et pourquoi ne se rappelait-elle pas de tout ? Sa mémoire occultait parfois des événements de sa vie, mais elle n'y croyait pas. L'homme et sa propre magie avaient nécessairement tort.

Se laissant tomber sur la terre fraîche, elle en ramassa au creux de sa main et la fit glisser entre ses doigts d'un air perdu, la tristesse envahissant son coeur. Fallait-il toujours que la mort caresse ceux qu'elle aimait ? Lui arracher Zane était impardonnable. Une envie irrésistible de vengeance embrasa ses veines. Il fallait procéder par étapes, et surtout, ne pas se disperser. Un pas après l'autre, et le suivant serait plus facile. Toujours suivre la loi de Marianne lorsque ses émotions s'apprêtaient à la dévorer. « Je vous remercie pour votre aide, monsieur. J'espère pouvoir vous rendre la pareille quand vous en aurez besoin. » L'homme s'approcha d'elle et lui posa sur l'épaule une main qui se voulait réconfortante. « Allons, petite, ce n'est rien. » La Rehla se retourna vers lui pour lui signifier sa sincère reconnaissance lorsqu'elle remarqua quelque chose qui luisait étrangement au niveau de son cou. Mentir à la comédienne qu'elle était représentait le comble de l'ironie. Se relevant sans rien laisser paraître de son agacement, elle arracha le pendentif d'un geste brusque et le reconnut immédiatement. L'erreur était tout bonnement impossible. C'était le sien. D'une voix glaciale, elle lui fit comprendre qu'elle n'était pas dupe. « En revanche, voler les biens d'un cadavre est très vilain. » Si la fatigue ne menaçait pas de l'emporter à nouveau, elle aurait volontiers fait payé ce larcin au vieillard. Quelle confiance pouvait-on accorder à un tel individu ? Assurément aucune. Une version différente de l'histoire qu'il lui avait contée avait eu lieu. Gaspiller sa magie pour le faire parler lui parut tout à fait inutile ; elle en aurait amplement besoin pour le chemin du retour. « Je vais aller rendre ceci à son propriétaire, si cela ne vous dérange pas. » Sans ajouter quoi que ce soit, elle tourna les talons et s'éloigna aussi rapidement que possible de la chaumière, ne jetant pas même un regard en arrière. Le pendentif au creux des mains, elle se laissa envahir par la douce certitude qu'elle reverrait le Démon plus tôt qu'il ne le pensait. Qu'importe le sacrifice que cela lui demanderait, un jour ou l'autre, Callidora finirait par retrouver Zane.


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