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 [RPPT] - Le Rêve qui enchante, le Rêve qui transcende, le Rêve qui innocente, le Rêve qui ensauvage

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Kitoe
~ Démon ~ Niveau II ~

~ Démon ~ Niveau II ~
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Kitoe
Mer 22 Fév 2023, 22:41

Oriane & Helsinki
Fëry
JVKE - golden hour


Fatiguée, Helsinki avait trouvé refuge au creux d’une jonquille, la veille. Elle y avait dormi profondément et s’était éveillée il y avait une heure à peine. Elle n’avait pas quitté son cocon depuis. Son attention s’était perdue dans le jardin, entre les herbes hautes et délicates, entre les fleurs qui s’étaient doucement ouvertes à l’arrivée du soleil, à la rosée qui embellissait le lieu comme le joyau le plus précieux, dans une myriade de reflets dorés et argentés. Assise au bord de la fleur qui l’avait accueillie, ses jambes balançaient dans le vide, réchauffées par les doux rayons de l’astre du jour. Elle appréciait le chant de la nature en silence, appréhendait ce nouveau royaume où elle avait mis les pieds.

Helsinki était une vagabonde. Elle n’avait pas de maison. Du moins, pas encore. Elle ne s’était pas décidée, ne possédait pas encore son propre jardin ni son propre chez-soi. Elle réfléchissait beaucoup, mais heureusement elle avait toute sa vie pour faire un choix. La Fae rêvait tantôt de vivre dans une noix, tantôt dans un terrier creusé sous les racines protectrices d’un arbre centenaire, en compagnie d’une famille de lapins contre lesquels elle viendrait se blottir la nuit. Elle avait également songé à un nid de mésange, mais craignait d’en déranger la propriétaire. Ses idées étaient diverses et variées et elle ne savait que choisir. Les possibilités étaient trop multiples et elle se demandait sur quoi elle finirait par s’arrêter.

Ce ne fut pas un vacarme, mais plutôt un désordre visuel qui l’extirpa de ses rêveries. Surprise, Helsinki replia ses jambes près d’elle et recula jusqu’au fond de la corolle. Du pollen volait tout autour d’elle à la manière d’une couche protectrice. Les grains se déposèrent sur ses vêtements et dans ses cheveux.

-Oh !

Ce fut sa réaction, un nouvel élan de surprise qui la saisit quand elle comprit que l’élément perturbateur était une Fae. Une Fae, tombée du ciel ! C’était bien la première fois qu’elle se retrouvait confrontée à une telle situation.

-Bonjour. Bafouilla-t-elle. Vous… vous n’avez rien de cassé ?

Elle se pencha en avant pour mieux détailler sa comparse ayant atterri en contrebas. Ses longs cheveux glissèrent de derrière ses épaules et encadrèrent son visage, saupoudrant la nouvelle arrivée de pollen.

-Oh ! Pardon !

Helsinki précipita ses mains contre sa tignasse pour la tirer en arrière. Elle se laissa glisser hors de son refuge et battit des ailes jusqu’à atteindre la hauteur de l’inconnue. Elle était belle. Sa chevelure flamboyante la captivait. La blonde se faisait la réflexion qu’elle ressemblait à une rose. Ses yeux grands ouverts, elle ne la quittait plus. Helsinki voyait tellement rarement ses congénères que les croiser l’étonnait à chaque fois. Elle les considérait avec une grande attention. Elle avait beau être comme eux, elle ne les trouvait pas moins étonnants. Sans prétentions, Helsinki aussi pensait être une curiosité de ce monde, mais il était difficile de s’analyser soi-même.

-S’agit-il de votre territoire ? De vos fleurs et de votre jardin ?

Elle ne se lassait pas de contempler ce paysage. Le temps printanier en magnifiait tous les aspects. Doux, frais, léger. Certaines Faes avaient des parterres plus grands, plus luxuriants, plus parfumés et colorés, mais trop lourds et étouffants à son goût. Au contraire, d’autres étaient ternes et froids, comme si la végétation était figée dans le gel d’une matinée d’hiver. Elle retrouvait ici un équilibre. La Nature, comme elle se la figurait elle-même.

-C’est très beau.

Puis soudain, elle se souvint de quelque chose : si c’était effectivement sa propriété, la bohémienne s’y était aventurée sans même s’annoncer. Elle posa une main contre sa poitrine.

-Je suis désolée de m’être introduite ici sans rien dire. La nuit était sur le point de tomber et il me fallait un endroit où dormir.

Pouvait-elle faire quelque chose pour se faire pardonner ou payer sa dette ? La Fae n’avait rien sur elle, mais elle pouvait aider sa comparse, si celle-ci avait besoin d’un service. N’importe lequel.

-Je m’appelle Helsinki. Pardonnez-moi, je n’ai pas l’habitude de rencontrer d’autres Faes.

Elle était solitaire. Cela ne l’avait jamais dérangée. Helsinki aimait la compagnie du silence et de ses propres pensées. Elle trouvait son bonheur dans la contemplation. Pour autant, elle ne considérait pas l’inconnue comme une perturbation de mauvais augure. Au contraire.

-Peut-être pourrions-nous visiter ce lieu ensemble ? Proposa-t-elle.

Elle n’avait pas terminé de le découvrir et bousculer un peu ses habitudes ne devrait pas lui faire de mal.

748 mots



Bijin
nastae:
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Muscarine Paiberym
~ Sorcier ~ Niveau I ~

~ Sorcier ~ Niveau I ~
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Muscarine Paiberym
Jeu 23 Fév 2023, 13:37



Edel Orgía Nisqa


Mertle et Léonidas


« Est-ce que tu vas aller aux rendez-vous amoureux organisés par l’AAAP ? » Je plaçai mon bras sur le dossier du canapé de l’une des salles communes de l’Obsidienne. Un sourire vague ourla mes lèvres. Je regardai le Sorcier un instant puis, enfin, lui donnai ma réponse. « Non, je suis fiancé. » Si, par malheur, ma mère apprenait que je m’étais rendu à ce genre d’événements, elle me casserait les oreilles jusqu’à la fin de sa vie, ou de la mienne dans le cas où elle choisirait de m'assassiner. Mon père était plus magnanime. Malheureusement, il ne s’occupait que très peu des affaires d’union. Lorsqu’il avait jeté un coup d’œil sur le portrait de ma future épouse, la pâleur de son visage avait parlé pour lui. Il avait dû se demander comment est-ce que je pourrais survivre à ce boudin géant et, surtout, comment est-ce que je pourrais la féconder sans avoir besoin d’un écarteur. Je me posais moi-même la question. Mes connaissances devaient s’interroger tout autant. « Tu devrais profiter du fait que vous ne soyez pas mariés… Enfin, je veux dire, tu auras peut-être une autre femme plus tard mais Muscarine elle est… particulière. » « Grosse, laide et répugnante. » jugeai-je. Il ne souhaitait pas m’outrager. J’étais le fils d’un Chancelier des Ténèbres, après tout. Néanmoins, j’avouais moi-même sans détour ce que je pensais de ma truie de future épouse. Souvent, mes propos choquaient. Ils étaient pourtant véridiques. Qui, parmi tous ceux qui m’entouraient, aurait eu envie de la tringler ? Personne. Les standards sorciers étaient à la minceur et Muscarine était obèse. Les standards sorciers étaient à l’hygiène et Muscarine était dégueulasse. Le simple souvenir de ses doigts boudinés et gras, attrapant un énième chocolat me faisait frissonner d’effroi. Les standards sorciers étaient à l’élégance et elle n’en avait aucune. Cette fille était un fléau et elle serait le mien, jusqu’à ce que je trouvasse le moyen de m’en débarrasser. Je méritais bien mieux qu’elle. Tout le monde méritait bien mieux qu’elle. Même le pire des Réprouvés n’en auraient pas voulu. Il fallait aimer se reproduire avec des animaux pour la désirer. « Dans tous les cas, je ne veux pas lui faire le plaisir de lui fournir de quoi me reprocher quoi que ce soit. » ajoutai-je. Elle fauterait la première. Ensuite, je pourrais absolument tout me permettre. Quant aux autres filles, je comptais bien en profiter mais pas à la vue de tout le monde. J’étais l’homme et avais, de ce fait, le pouvoir. Je l’aurais d’avantage si le mariage avait lieu. J’allais faire en sorte de cramer sa graisse pour voir ce qui se trouvait en dessous. Je la rendrais acceptable ou je la tuerais. Il me fallait cependant agir discrètement parce qu’elle ne venait pas d’une petite extraction. Son grand-père avait, lui-aussi, était Chancelier des Ténèbres. Ses oncles étaient respectivement Talleb et Chancelier d’Ivoire. Quant à son père, malgré son état physique morbide, il était un stratège et un politicien important. L’épine qui me transperçait le pied devrait donc être enlevée avec la plus grande des prudences. « Et c’est tout à ton honneur. » s’amusa l’un des garçons. « N’hésite pas à renvoyer les filles vers nous. » continua un autre. Je me levai. « Bien sûr. Je compte surtout étudier pour avoir une bonne position plus tard. J’aurai tout le temps d’obtenir toutes les femmes qu’il me plaira lorsque je serai Chancelier des Ténèbres, comme mon père. » Ils étaient tous nobles également mais mon rang était plus élevé. « Je vais me coucher. Le sommeil est important pour la mémoire. » « J’espère que tu ne rêveras pas de ton épouse. » « Le cauchemar absolu ! » « Je n’espère pas non plus. » Tous ici étions des élèves de l’Obsidienne. Nous savions, par conséquent, que si l’un de nous tombait, les autres ne se baisseraient pas pour le ramasser.

Lorsque je rentrai dans le dortoir, je pris le temps de me laver et de me mettre en pyjama. Je révisai pendant une bonne vingtaine de minutes avant de me glisser dans mon lit. Comme je le leur avais dit : le sommeil était une composante essentielle de l’apprentissage. Il permettait de se garder en forme, d’être plus concentré et plus imaginatif. Réviser avant de se coucher était une technique avantageuse que mon père m’avait apprise. En relisant au réveil, les chances de retenir sur le long terme étaient bien plus grandes. Je fermai les yeux, en tentant de restituer mentalement ce que je venais de revoir et, petit à petit, je tombai dans l’inconscience.

________

Le début de mon rêve fut parsemé de questionnements, d’images éparses, de rendez-vous amoureux sulfureux ou difficiles et de problèmes de sciences de la magie. Puis, petit à petit les images laissèrent place à une réalité différente, à des morceaux d’action : des flammes qui dansent, des pas qui se meuvent, des respirations haletantes, des cascades de peaux chaudes. Et elle, son corps nue et fripé, son faciès disgracieux et ses courbes depuis longtemps tombantes du seul fait du temps qui passe et de la gravité. Une forme de répugnance me saisit. Pourtant, elle ne dura pas. Je sus rapidement que cette femme, aussi vieille fût-elle, aussi laide fût-elle, avait été choisie par les Ætheri. Dans mon esprit, il fut bientôt clair qu’elle allait porter, bientôt, la Vie. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle il y avait autant d’hommes. J’avais préparé la cérémonie, je m’en souvenais à présent. Les balbutiements du rêve s’effacèrent bientôt au profit d’une réelle certitude : je devais féconder cette Élue d’Edel. Elle seule comptait. De plus, mes pensées précédentes étaient indignes. Les Anciens avaient de l’expérience. Ils savaient ce que les jeunes, comme moi, ne faisaient qu’effleurer du doigt. Elle allait probablement me surprendre. Son corps avait dû porter la Vie plus d’une fois et les Dieux semblaient la bénir en la choisissant encore, malgré son vieil âge. Elle m’apprendrait l’extase, elle nous l’apprendrait à tous. Puisqu’Edel le désirait alors Edel serait exaucée.

Je finis par m’approcher d’elle. Les doigts des hommes se perdaient déjà sur son corps usé, afin de le parcourir et de l’éveiller aux plaisirs. Combien de fois avait-elle accouché ? Combien de fois avait-elle souffert pour que le corps portant l’Âme et l’Esprit pût se dégager de ses entrailles sans encombre ? Lorsque mes paumes se posèrent sur ses seins, ils me firent un drôle d’effet. Je n’en avais jamais touché de semblables, pendants. Je les empoignai pourtant et vins caresser la peau de son cou avec mes lèvres. J’envoyai ensuite un bref coup d’œil à un autre homme qui s’occupa, avec d’autres, de la guider sur le sol afin de l’allonger. Je la contemplai, encore debout, alors qu’un énième adepte s’occupait de son entre-jambe avec sa langue. Nous serions nombreux à l’honorer ce soir. Des onguents et des pommades avaient été préparés pour faciliter l’acte. Quand je me sentis prêt, je posai une main sur l’épaule de celui qui l’avait préparée et attendis qu’il s’écartât pour la rejoindre. Je m’allongeai sur elle. Mes doigts pénétrèrent son entre-jambe en premier, pour vérifier qu’elle ne souffrirait pas d’une pénétration directe. Puis, finalement, lorsqu’ils trouvèrent leur aise entre ses cuisses, je finis par m’unir à elle, mon entreprise soutenue par les baisers des autres hommes. Mes va-et-vient furent tout d’abord lents puis mon bassin s’excita contre le sien. L’appel du coït me rendit rapidement fou au point d’en vouloir plus, plus profondément. Je m’arrêtai, le temps de la guider pour qu’elle se plaçât à quatre pattes. Je repris ma tâche jusqu’à l’extase, jusqu’à faire gicler la vie en elle. Je m'écartai, essoufflé, afin de laisser ma place à un autre homme le temps de récupérer et de lui offrir, plus tard, un deuxième assaut. Peu importe qui serait le père, qui aurait les faveurs d’Edel. Nous priions collectivement.

________

Je me réveillai soudain. Mon corps se redressa dans mon lit comme s’il avait été posé sur un ressort. Le peu de muscles que je possédais me faisaient mal. J’avais l’étrange impression d’avoir été battu ou d’avoir bien trop fait de sport. Ma respiration soulevait ma poitrine de façon chaotique. Mes yeux s’écarquillèrent lorsque des images du rêve me revinrent. Je sentis presque les seins de cette femme dans mes mains et son vagin vieilli et large contre mon bassin. Il y avait néanmoins pire : tous ces hommes qui m’avaient touché. Le dégoût s’invita dans mon estomac et m’empêcha de dormir. J’étais certain que la faute revenait à Muscarine et à son corps de truie. La haine que je ressentais pour ma future femme devait me travailler.

1415 mots
J'ai hâte qu'il préfère Mertle à Muscarine  [RPPT] - Le Rêve qui enchante, le Rêve qui transcende, le Rêve qui innocente, le Rêve qui ensauvage  - Page 3 943930617

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Zeryel
~ Ange ~ Niveau I ~

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Zeryel
Jeu 23 Fév 2023, 17:49

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Fëry
Marie-Jane & Zeryelle



« Qu'est-ce que tu penses de l'amour, Marie-Jane ? » Zeryel avait suivi la rose dans les serres. Il appréciait son tempérament apaisant. Sa sensibilité lui conférait une aura fragile et délicate à l'image des végétaux qu'elle aimait visiter. Il n'en avait pas fallu davantage pour que l'Ange se jure en son for intérieur de la protéger de n'importe quel aléa s'échouant sur son chemin. Il ne souffrirait pas que quiconque à Basphel ose poser la main sur elle et effacer le doux sourire de son amie. « Tu penses que tu vas le trouver au speed-dating ? » Il rit. « Tu imagines s'ils nous mettent ensemble ? Ça t'ennuierait ? » Il se pencha sur une orchidée pour en humer la fragrance. Les fleurs ne l'intéressaient pas beaucoup, mais il n'avait rien contre ce qui sentait bon. « Moi je m'en fiche du moment qu'on reste amis quoi qu'il arrive. Tu me raconteras qui tu as rencontré ? » Et si l'un avait l'audace d'avoir un mot plus haut que l'autre face à elle, il lui volerait dans les plumes. « Est-ce que tu crois à l'amour au premier regard ? Le "coup de foudre" ? » Il mima des guillemets dans l'air. « Moi, un peu, même si l'idée fait peur. Tu imagines tomber amoureux d'un Démon ou d'un Vampire ? Je me demande si c'est possible, ils sont trop affreux. » Se rassura-t-il. Un froissement répétitif dans la toile de verre lui fit lever la tête. « Zut, un oiseau s'est retrouvé piégé. Je vais l'aider à sortir. » Ses ailes se déployèrent et il partit à la rescousse du rossignol à la recherche du ciel.

Plus tard, dans son lit, la tête reposant dans le cercle de ses bras, il fixait les œillets blancs dans le vase trônant sur son bureau. Demain, il les offrirait aux filles qu'il rencontrerait, mais c'est à Marie-Jane qu'il songea en s'endormant, et à leur discussion.

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La réalité se dissipa et un nouveau paysage s'arrima à sa vision. Désormais doté d'attributs féminins et ses ailes devenues aussi transparentes et fines que de la gaze de soi, il se dissout dans sa nouvelle identité.

Juchée sur un tertre aux hautes herbes couchées par une brise estivale, Zeryelle flatta sa fière monture, un pimpant rossignol, descendant d'un valeureux lignage ayant à de nombreuses reprises escorté et soutenu fidèlement les péripéties de la famille de la Fae. Protégé par un plastron argenté sur le devant, les plumes bronze de ses ailes étincelaient sous les rayons rouges du soleil couchant. Non moins brillant, le regard mordoré de la guerrière se fixa sans peur sur sa sombre destination.

Flottant au centre d'un gouffre dont il était impossible de deviner la profondeur, un château bâti en pierres aussi noires que du charbon étirait ses tourelles étroites pour déchirer le ciel devenu mauve à l'approche du soir. La vision lui fit serrer la mâchoire. Elle avait déjà aperçu ce domaine infernal dans la boule de cristal d'une voyante. Savoir son but si proche l'emplissait d'allégresse. Des semaines qu'elle voyageait, à braver d'innombrables pièges, à se débarrasser de vils truands, mais jamais elle ne s'était détournée de son but. Enfin, elle pourrait réclamer vengeance et ramener sa promise parmi les siens pour achever la cérémonie qui les unirait. Cela faisait des années qu'elles se tournaient autour, leur amitié prenant les contours d'un sentiment plus profondément ancré dans leur coeur. Sous couvert de jeux, Zeryelle avait initié quelques rapprochements, d'abord timides, puis plus audacieux, cherchant à sonder la réciprocité de son amour. Lui faire la cour avait pris du temps mais elle s'était montrée patiente pour l'amadouer et l'amener à accepter de l'épouser. Aucun doute ne venait entacher leur idylle, tout était parfait. Trop parfait. Le jour où tout devait se concrétiser, Marie-Jane lui avait été enlevée et Zeryelle s'était retrouvée seule au milieu des fleurs et des invitées. Une fois les larmes chassées, la Fae avait affûté ses armes, sauté sur le dos de son fidèle rossignol et s'était lancée dans le sauvetage de la rose pour la récupérer et la ramener en lieu sûr.

Désormais, Zeryelle pouvait presque toucher du doigt son but. L'émotion embua ses yeux. Derrière ces murailles laides se cachait sa fiancée, si proche que c'en devenait à peine tolérable. Ses doigts se resserrèrent autour de sa lance et les plumes de son oiseau se hérissèrent en réponse.

Un grondement sourd lui parvint des nuages opaques au dessus du château. Ses yeux se plissèrent de méfiance. Une corde venait d'apparaître dans la brume et oscillait dans le vent. Elle reliait les cumulus grisâtres et le château autour duquel elle s'enroulait. À quoi pouvait servir une corde aux dimensions si gigantesques ? D'une pression des mollets, elle envoya sa monture s'élancer au dessus du gouffre pour chercher à se rapprocher. La corde oscilla davantage et les anneaux comprimèrent la demeure qui craqua. Des fissures coururent sur les murs et des bouffées de fumée noire toussèrent entre les pierres mal ajustées. Ne sachant si son imagination lui jouait des tours, il lui sembla apercevoir une tâche de couleur rose à travers les meurtrières et son palpitant s'accéléra.

Le château oppressé grinça à nouveau. La Fae avait un mauvais pressentiment, qui se confirma quand, à quelques mètres de l'extrémité mutilée de ce qui avait été le pont rejoignant le château et la terre, une ombre la noya entièrement. Un sifflement effrayant transperça l'air, juste au dessus de Zeryelle. Une tête en losange, démesurément grande dardait sur l'intruse une longue langue rose pâle. Ses écailles étaient d'un noir mat et ses yeux d'un vert acide faisaient la taille de la Fae. Le serpent fit glisser ses anneaux dans un raclement sinistre. Il fit reculer sa tête et Zeryelle se prépara, devinant l'attaque imminente. Une main fermement accrochée à son rossignol, l'autre préparant son arme de jet, la Fae encouragea l'oiseau d'un cri pour échapper à la projection d'acide. D'autres suivirent, à une rapidité qui la laissait haletante. Leur joute l'avait rapprochée du château et dès que son rossignol put se stabiliser sur l'un des remparts, Zeryelle inspira, étendit son bras vers l'arrière et envoya son projectile. Elle lui insuffla une impulsion magique et de la Poussière dorée teinta le sillage du trait qui disparut entièrement dans l'oeil du reptile comme dans de l'eau. Il y eut un moment de flottement, où les deux adversaires s'immobilisèrent. Puis un long et puissant frisson parcourut le serpent. Le bout de son museau s'éclaircit, prit une teinte d'or fondu comme s'il était allé boire à une source. L'effet s'étendit jusqu'à sa tête et en quelques secondes, tout son corps se figea dans une gangue brillante et rigide. La lueur dans ses yeux s'éteignit progressivement et le reptile se statufia, toujours enroulé autour du château. Les nuages se dispersèrent et Zeryelle s'ébroua pour s'arracher de la contemplation du monstre prisonnier du sortilège.

Un instant plus tard, l'ailée pénétrait dans le château et appelait Marie-Jane jusqu'à la voir au loin. Les yeux gonflés de larmes de joie, elle sauta à bas de l'oiseau. Elle libéra sa tête de son casque abîmé et le jeta à terre ainsi que ses armes sans jamais lâcher celle qu'elle aimait du regard. Elle aurait voulu s'évanouir dans le lac de ses prunelles. Elle fit quelques pas hésitants qui se muèrent en une course effrénée pour la rejoindre et se jeter dans ses bras, les faisant tourner dans sa hâte. Elle respirait son odeur tout en riant de soulagement et en la couvrant de baisers. Sa quête l'avait vidée de son énergie et elle s'accrochait à elle éperdument, ses jambes tremblant de fatigue mais heureuse au-delà de toute mesure. « Je vais nous ramener au jardin. » Dit-elle entre deux salves d'embrassades. Elle ne la lâcherait plus jamais. « Mais avant, j'ai juste une petite requête. » Son front s'appuya contre le sien et elle regarda leurs doigts entrelacés comme s'il s'agissait d'une merveille du monde. « Tu voudrais danser pour moi ? »

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Min Shào
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Min Shào
Jeu 23 Fév 2023, 17:56


Fëry
Chuan & Mertle


What Angel Wakes Me - FFXIV

Les ailes roses de Chuan vrombirent, perturbant la tranquillité du cours d'eau. Alourdie par son butin, elle descendait en altitude petit à petit, les ongles de ses orteils caressant la surface de l'eau. La brune se délecta de ce sentiment de fraîcheur, mais s'inquiéta quand son pied tout entier finit par s'immerger. Elle n'avait pas assez de force pour soulever son poids. Elle atterrit sur un nénuphar proche, essouflée. La Fae se courba en fixant le ciel rosé de l'aube, les bras chargés de son drupéole de framboise. Elle se concentra puis s'élança haut dans les airs, projetée par la plante. Grâce à l'altitude, elle put repérer son repaire et plana dans sa direction. La Fae profita de ce moment de suspension pour croquer dans la fruit rouge.

Son repaire approcha, encore et encore. Elle visa son entrée et s'y glissa habilement, écartant une marguerite sur son passage. Chuan avait élu un débris de statue comme logis. Elle avait minutieusement écarté les cailloux disgrâcieux et s'était installée dans la forme de main ouverte. Au fil du temps, les plantes s'étaient mêlées à la pierre. Cachée dans la forêt, la main lui offrait à la fois une position en hauteur, lui servait de refuge contre les intempéries et comme caverne aux trésors. Elle y avait entreposé divers objets au fil de ses aventures. Son dernier ajout en date était un éclat de verre qui lui servait de miroir. Grâce aux décorations, le lieu était devenu un vrai cocon.

Elle s'assit, croqua allègrement dans le drupéole et soupira d'aise. Un liquide rougeâtre dégoulina sur ses mains. Elle conversa avec ses voisines. Les marguerites lui partagèrent les dernières nouvelles des alentours. L'une d'elles fit naître un soupçon d'inquiétude. « Comment ça, la Fae d'à côté est partie ? Et si Tarabistouille revenait l'attaquer ? Il n'y aura personne pour défendre son jardin ! » S'indigna soudain Chuan. Quand elle s'était installée, elle avait appris qu'une bataille avait fait rage dans le Royaume voisin. Les marguerites lui avaient conseillées de se méfier. En réaction, elle effectuait régulièrement des rondes le long de ses frontières. Quelque chose l'appelait vers cette contrée si opposée à la sienne. Quelqu'un. Mais elle résistait à l'appel.

Chuan devint songeuse. On lui avait décrit le Royaume de Tarabistouille comme une terre désolée. Son cœur s'emplit de tristesse. Elle imagina ses amies se fâner. « Vous ne pouvez pas vivre éternellement dans l'ombre de sa peur ! » S'exclama-t-elle en se redressant subitement. « Je vais vous protéger une fois pour toutes. » Le cœur de Chuan bondit, propulsé par le frisson de l'aventure. « Personne ne va détruire le jardin des autres sans raison ! Elle est peut-être en danger. Imaginez si elle était ensorcelée ? Ou si un démon la poussait à répandre le mal ? » Elle se tourna vers sa frontière. En réalité, c'était l'excuse parfaite pour se lancer. Elle ne pouvait plus se retenir de braver le danger. Il fallait qu'elle sache. « C'est décidé. Je fais mon baluchon ! »

*


Chuan s'arrêta sur une branche et plissa les yeux. Elle n'était plus certaine du chemin. Elle regarda autour d'elle à la recherche d'un objet pouvant l'aider. Oh, je sais ! Elle s'empara d'une feuille qu'elle enroula pour en faire un bâton, puis le posa délicatement sur une goutte de sève. Le liquide gluant s'y lova naturellement pour assembler une longue-vue. C'est là-bas... en suivant le Ruisseau Etincelant. Hmmm... elle remonta le cours d'eau avec sa longue-vue et s'arrêta net au bosquet du sous-bois de Tarabistouille. Des créatures hideuses effectuaient comme des rondes à l'orée de son territoire.

La Fae remonta le cours d'eau en volant à ras du sol, les roseaux s'écartant discrètement sur son passage. Quand elle arriva près de l'un des bonhommes verts, Chuan se posa au sol et attendit que son attention se porte ailleurs. Il ne bougeait pas. Pendant ce temps, elle put détailler ses alentours avec la longue vue. Son regard se posa alors sur un vieux panneau tombé à ses pieds. Le bois s'était craquelé, si bien que l'écriture était devenue presque illisible, certaines lettres ayant été englouties par l'humidité. Cours… de… non, du… Pisse-Vieille.

Un roseau se pencha sur elle et répondit à sa question silencieuse : la Fae qui vivait ici avait vu passer beaucoup d'hivers. Son cœur se serra. Était-ce un malotru qui avait planté ce panneau ici pour l'insulter ? Sa curiosité était piquée. Son cœur battait contre ses tempes. Le mystère était intenable. Quand Chuan remonta son regard vers son prédateur, elle découvrit qu'il s'était détourné du ruisseau. L'opportunité était parfaite. Elle prit son élan sur un nénuphar et se projeta dans le sous-bois avec une vitesse phénoménale.

La Fae fut propulsée dans le sous-bois comme un boulet de canon miniature, à peine visible à taille humaine. Prises dans son élan, les feuilles se secouèrent violemment. Elle s'écartèrent, laissant passer les rayons du soleil. L'astre embrassa les plantes. Les ronces frémirent et poussèrent, puis se transformèrent en roses. La grisaille s'évapora partout sur son passage, remplacée par un feu d'artifices fleuri. Des explosions surgirent, déclenchées par la chute de grains de poussière.

Chuan laissait comme une traîne de mariée sur l'allée pour rejoindre sa fiancée en détresse. Son cœur gonflait à mesure qu'elle avançait vers la source de son obsession. Une mélodie se joignait à ses battements de cœur ; une pulsation résonnait dans les gynécées. La fougue embrasa son corps et se propagea à travers la végétation, jusque dans la souche moisie où se terrait la Fae Tarabistouille. Elle surgit alors de sa prison. Chuan se pétrifia de surprise en la découvrant. Elle était pliée par le poids des âges, sa peau meurtrie par les affres du passé.

Son apparence jurait avec son aura débordante d'ardeur. Chuan fut touchée par son émotion et s'approcha quand la Fiancée des fleurs commença une danse. Elle accueillait la Fae et ses fleurs à ailes déployées. Ses plantes poussèrent, poussèrent jusqu'à chatouiller les pieds de la brune. Les champignons se transformèrent, métamorphosés par la mélodie des cœurs. Le jardin de la Fae Tarabistouille entra en communion avec celui de Chuan. Les chants ne firent plus qu'un.

La brune piqua vers le sol pour se rapprocher de sa Princesse déchue. Elle amortit sa chute et s'approcha d'elle. Son regard était magnétique. Chuan était faite d'une matière qui reliait chaque parcelle de son corps au sien. « L'honneur serait mien ! » Répondit-elle sans arrêter de se rapprocher. Derrière elle, des fleurs de vanille s'ouvrirent et diffusèrent un parfum enivrant dans leur cocon. Des violettes surgirent du sol et s'entrelacèrent avec les orties, faisant naître une bulle qui n'appartenait qu'à elles.

Chuan et Tarabistouille se joignirent à la manière des plantes. La brune mêla ses doigts à la peau fripée de la Fae, les sens endormis par le parfum de vanille. Elle était éprise de sentiments contraires. Elle employa toute sa volonté à absorber la ferveur qui la faisait frémir. La Fae s'était rabougrie et sa demande devenait une supplication. La brune ressentit de la pitié pour cette pauvre élue des Fleurs, cachée sous la moisissure. « Redressez-vous ! Fermez les yeux et humez le parfum des plantes. » Ses mains toujours mêlées à celles de la Fae, Chuan émit une impulsion et déploya ses ailes. Elle ferma les yeux et inspira à plein poumons. Elle l'entraîna dans une ronde espiègle. Elle eut un doux rire en observant la Fae se dérider peu à peu.

En tournant, son cœur s'affola. L'excitation du jeu l'entraîna. Une impulsion déborda en elle. Chuan avait enfin trouvé sa partenaire de jeu. Ses mains étaient menottées aux siennes. Les plantes s'écartèrent au-dessus d'elles. Chuan et Tarabistouille s'élevèrent en dansant dans le sous-bois. Autour d'elles, les champignons avaient pris mille couleurs, témoins de leur union. Tarabistouille lui apparut soudain sombre en comparaison de son jardin. Ses ailes étaient obscures. Chuan les imagina d'un pourpre majestueux. Elle ferma les yeux.

Le cœur aux lèvres, la Fae écourta soudain la distance qui les séparait. Son rire se transforma en baiser espiègle, qu'elle apposa furtivement sur les lèvres de Tarabistouille. Sa trajectoire dévia entre temps et Chuan visa maladroitement le coin des lèvres de la ballerine. Un autre rire la secoua. Quand elle rouvrit les yeux, la brune découvrit une Fae aux ailes métamorphosées. Son corps avait subi des changements presque insignifiants. Ses rides s'étaient légèrement effacées.

Une lueur s'était embrasée dans son regard. Chuan y découvrit l'éclat de l'extase retrouvée. « Vous n'avez pas changé car vous n'êtes point hideuse ! Que je nous entende plus prononcer ces mots. Dansez encore avec moi. »  La ronce avait fleuri. Ses pétales irradiaient. Son âme chantait. Les Faes scellèrent leur mariage et les fleurs soupirèrent. La poussière rose de Chuan s'entremêla aux grains pourpres de Tarabistouille. « Venez avec moi. J'ai plein de choses à vous montrer ! » Chuan se retourna et se dirigea vers son Royaume, sa main tenant celle de la Fae du sous-bois. Elle ne la lâchait plus. La brune voulait chasser la tristesse de son cœur, lui montrer toutes les merveilles de la vie. Elle voulait tout partager.

+1600 mots
Vœux : la longue-vue (1001 pattes pour ceux qui auront la ref) ; le nénuphar qui rebondit ; la transformation des ailes de Tarabistouille.
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Kyra Lemingway
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Kyra Lemingway
Jeu 23 Fév 2023, 19:09

Bonjour, ceci est le service de prévention des RP déviant.
Au risque de répéter les choses, il s'agit d'une Orgie. Et c'est Rajiv. Vous connaissez la suite, hein.



Edel Orgía Nisqa

Tu observes longuement ton environnement. Celui que tu avais choisi pour l'événement. Tu connaissais trop la Magicienne pour ne pas savoir qu'il lui suffisait de peu pour se braquer. Plus il y aura d'éléments connus, rassurant, plus il lui sera aisé de se détendre, quand bien même se donnait-elle de bonne volonté. D'autant plus que les choses allaient être bien différentes de tout ce qu'elle pouvait avoir vécu. Le rythme lent et régulier des percussions commençait à envahir les lieux comme la fumée des calumets accompagnait les senteurs épicées des encens. Un chant s'élevait, tribal et envoutant. Les terres verdoyantes de Vervallée étaient maintenant plongées dans une ambiance irréelle. La rencontre improbable de la pudeur de sa race avec le sexe à l'état le plus pur et le plus sacré. Enfin elle se montra. Elle n'était plus seulement disciple d'Isahora à présent. Ici, elle était devenue Élue d'Edel avant tout. Sa représentante, qui donnerait la vie comme le faisait la déesse. Tu te rapproches de la brune, l'accueillant avec un sourire ravi, puis l'embrasses une première fois, avec délicatesse, ta main se lovant au bas de son dos. Elles étaient peu courantes ces fois où la douceur de la patience précédait l'ardeur du coït. Le fait était que vous auriez bien le temps de céder aux volontés d'Uhaïna. Sans compter qu'aujourd'hui c'était Edel qui était mise à l'honneur. On n'agissait pas de la même façon avec celle qui valorisait la satisfaction d'un désir profond, bestial aux yeux des plus prudes, qu'avec celle qui offrait le don de la vie, quand bien même l'acte était le même. Tu t'écartes de Nymeria et plonges ton regard dans le sien, cherchant la moindre étincelle de doute qui aurait pu s'y loger. Tu n'y trouvas rien de tel. Un sourire satisfait se dessine sur ton visage. Alors tu la contournes pour t'arrêter dans son dos. Une bande de soie écarlate apparue entre des doigts, cachée à son regard pour l'instant. « Ferme les yeux. » murmures-tu à son oreille. Après une seconde tu t'écartes de façon à lui bander les yeux et l'enfermer dans l'obscurité. Tu voulais la pousser à faire totalement confiance à tous ses autres sens. Les odeurs. Les sons. Les touchers. L'union des corps ne nécessitait pas la vue. Au contraire, elle atténuait le véritable ressenti qu'un corps pouvait avoir. Du moins, en étais-tu persuadé. Néanmoins, peut-être ce geste dissimulait-il également un peu d'égoïsme. De cette façon, et ce malgré le fait que tu ne seras pas le seul à la toucher et la posséder, seul ton visage sera imprimé sous ses paupières. Aucun de ceux présents ne marquera sa mémoire comme tu avais pu imprimer ton être dans son esprit.

Tu embrasses le galbe de son cou et parcours ses épaules et ses bras du bout des doigts, le feu te gagnant à chaque seconde passée contre elle. À chacun des contacts que tu avais avec le tissu de son habit, celui-ci s'effritait en une fine poussière d'argent, jonchant le sol à ses pieds en un tapis lunaire. Tu caresses sa taille, traces la cambrure de ses reins. Tes doigts étaient des pinceaux avec lesquels tu redessinais les formes de ton amante du jour. Sous leur toucher, tu pouvais sentir les frissons qui dévalaient sur sa peau, réaction instinctive d'un corps aveugle subissant des faveurs qu'il ne pouvait anticiper. Des lèvres se scellèrent à celles de la Magicienne. Ce n'était pas les tiennes qui, elles, descendaient son dos qui se cambrait sous les assauts multiples. À chaque baiser que tu posais sur sa peau, c'était un peu du souffle de Nephilim que tu laissais filtrer, intensifiant son sens du toucher, puis celui de l'odorat. Juste assez pour qu'un souffle fasse vibrer son corps sans qu'une caresse ne se transforme en morsure. Cette configuration nouvelle que tu inaugurais avec elle t'excitait bien plus que tu ne l'avais imaginé, et déjà ton corps réclamait s'unir au sien. Quelque chose en toi te froissait pourtant. Tu te rendais compte que tu n'aimais pas que quelqu'un d'autre veuille s'emparer d'elle. Ç'aurait cependant été profondément injuste de ta part de vouloir te l'approprier et l'empêcher de s'offrir à un autre. À genoux, tu effleures du bout des lèvres ses fesses, continuant à tracer ton chemin jusqu'à son intimité. Tu discernes une silhouette de l'autre côté, comme le souffle haletant de la Magicienne te parvint. Quelqu'un venait de s'immiscer entre ses jambes avant toi. Vil. En même temps une question te traversa l'esprit. Qu'est-ce que Nymeria "voyait" à cet instant, qu'est-ce qu'elle pouvait penser et ressentir, alors même qu'une nouvelle paire de mains caressait ses épaules avant d'attirer le visage de la brune vers le sien. Tu te redresses enfin et retournes te poster face à elle, ignorant l'homme encore à ses pieds — il saurait quand il lui faudra s'écarter, et ce n'était pas encore — , puis te rapproches d'elle pour l'embrasser avec bien plus de concupiscence, passant la barrière de ses lèvres pour trouver sa langue. Une main dans ses boucles, l'autre sur sa fesse, il s'écoula de longues secondes où tu ne fis rien de plus, profitant plutôt de ses doigts fins qui parcouraient dans un mélange de douceur et de volupté ta peau. Tu avais le sentiment qu'elle redécouvrait ton corps, maintenant qu'elle ne pouvait le voir qu'en le touchant, et ça te plaisait. Ce fut lorsqu'elle s'agrippa à tes cheveux que, d'une légère pression sur ses fesses, tu la rapproches plus de toi encore, de sorte à ce qu'il n'y ait plus un seul millimètre qui ne puisse vous séparer. Tu pouvais deviner le désir croissant qui la submergeait chaque seconde un peu plus, comme l'océan grignotait le rivage. Elle pouvait sentir le tien à ton sexe gonflé contre sa féminité. Tu agrippes ses fesses pour la soulever et la faire basculer, l'allongeant ainsi au sol, au milieu d'un immense tapis bordé d'encens, de drogue, de nourritures et de boissons. Seulement alors tu libères ses lèvres pour la laisser s'exprimer. « Dis ce que tu veux. » lui souffles-tu avant la pénétrer enfin. Les va et vient de ton bassin allaient au rythme de la musique. À moins que ce ne soit l'inverse et que ce soit la musique qui battait au rythme de ton corps dans le sien.

Ton souffle mêlé au sien, tu sentais l'orgasme venir comme les gémissements de Nymeria se faisaient plus intenses. Ils furent en partie atténuée par une bouche venant capturer la sienne. Toi-même tu sentais des mains qui n'appartenaient pas à la Magicienne te caresser. Un râle assouvi t'échappe. Une prière à Uhaïna. Tu éjacules en elle. Une offrande à Edel. Seulement alors tu te retirais. Rien n'était fini pour autant. Bien au contraire. Encore brulant, tu t'assieds à quelque pas seulement de Nymeria, et observes le coït qui avait lieu sous tes yeux, le vivant comme si tu avais été à la place du nouveau mâle qui se trouvait entre ses jambes. Tu prends un calumet que l'on t'adresses, et inspires longuement dedans. La fumée emplie tes poumons et l'opiacé contenu dans l'herbe s'infiltra rapidement dans tes veines. Tu expires alors un épais panache blanc qui vint troubler un instant le paysage. L'épuisement quittait ton corps de même que la volute s'évanouissait dans les airs, clarifiant à nouveau la scène. L'homme était en train de la prendre par derrière en même temps qu'un autre prenait d'assaut la poitrine de la Magicienne, jouant de sa langue sur ses tétons. Tu penches le visage sur le côté, savourant le déroulement des événements, puis lèves le visage au ciel en inspirant une nouvelle bouffée de l'herbe brulée. Un monde de psychés se dessina dans l'air lorsque tu soufflas la fumée dans un soupir d'aise, au rythme de la main tenant ton pénis. Tu avais une préférence pour les vallons des corps féminins. Leurs courbes et leurs rondeurs offraient de nombreux terrains de jeu. Cela ne t'empêchait pas de céder parfois au roc des corps masculins. Ce que tu allais faire avant de te rappeler que ce ne serait pas pour cette fois. La Vie était à l'honneur pour l'instant. Nymeria était celle qui méritait toute cette attention. Tu le fis comprendre au partenaire en plantant tes pupilles dilatées dans les siennes. Sans un mot, il s'écarta, t'offrant à nouveau en spectacle la Magicienne en position de supériorité sur son partenaire. Tu souris.

Ce fut cet instant que tu choisis pour te lever et retrouver ta concubine, tandis que l'homme à ses bras se retirait. D'un geste, tu lui intimes de se relever, et continuer à s'occuper de Nymeria, obligeant celle-ci à retrouver le support de ses deux jambes. Tu voulais aller plus loin dans la découverte avec elle. Le temps commençait à passer, mais ce n'était pas un problème. Pas cette fois. « Ouvre la bouche. » murmures-tu à son oreille après t'être rapproché. Tu observes son visage quelques instants. Elle était comme toi à présent. Son corps suintait la Luxure. Elle avait plongé dans les abysses de ton péché et semblait ne pas chercher à en sortir. Lorsqu'elle obéit, tu pris une gorgée d'un vin, légèrement arrangé et aromatisé pour l'occasion de quelques herbes et fruits stimulants. Prenant la place de ton précédent, tu scelles tes lèvres aux siennes et partages la liqueur avec elle, riant intérieurement. Ce n'était pas la première fois que tu lui demandais ça alors qu'elle avait les yeux fermés. Elle avait bien trop confiance. D'une main, tu défais le ruban sur ses yeux, lui rendant ainsi la vue. « Comment c'était ? » lui souffles-tu. À peine t'offrit-elle une réponse que tu déployais les ailes. On te répondit en écho, quelques autres prétendants faisant de même. Elle aussi, il lui faudrait des ailes. Non pas pour t'accompagner, quoique cela faciliterait la suite, mais bien pour s'essayer à encore d'autres sensations. Il fallait être né ailé pour comprendre la sensibilité de ces membres-ci. Il ne fallut pas plus de temps pour que le dos de la Magicienne soit affublé de ces deux extensions duveteuses. Sans être du pur immaculé des ailes d'Anges, elles étaient bien plus claires que celles de quiconque ici. Tu attrapes la brunette sous les fesses et la soulèves pour qu'elle puisse agripper ton bassin de ses jambes. D'un battement d'ailes, tu quittes le sol. En suspension, tu passes une main dans son dos et dévores sa bouche, son cou et ses seins. Un battement d'ailes retentit, et une main vint écarter les boucles de la Magicienne pour s'offrir un libre accès à sa nuque, son dos et ses ailes. Encore un autre et de nouvelles mains caressèrent sa taille, ses hanches et son bas-ventre. Encore un autre, et tu sens une main guider ton sexe jusqu'à son entre-jambe. Encore un autre, et ce fut ton corps qui subit le toucher excessif de vos partenaires. Un ballet d'ailes sombres avait lieu, nuée d'abeilles allant butiner le bourgeon clair et savoureux qu'était Nymeria. Son corps vibrait sous tes mains et tes à-coups aériens. Et chacun de ses gémissements te motivait à la pénétrer plus fort. Et chacun de ses cris te motivait à des assauts plus vifs. Tu en étais arrivé à ce point où la Luxure ne faisait plus qu'un avec la Vie. Où Uhaïna marchait d'un pied d'égalité avec Edel. Tu vivais pour honorer la Luxure. Tu usais de luxure pour donner à la Vie.
©gotheim pour epicode


Mots 1900 Tellement satisfaisant les chiffres ronds comme ça
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Susannah
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Susannah
Ven 24 Fév 2023, 14:56

[RPPT] - Le Rêve qui enchante, le Rêve qui transcende, le Rêve qui innocente, le Rêve qui ensauvage  - Page 3 Tlxo
Fëry
Lana & Susannah



À la vue du ruban turquoise ceignant l'horizon, ocellé de particules d'or éparpillées par le soleil à sa surface, les yeux de Susannah s'emplirent de paillettes d'excitation et son derrière frétilla tant que les bijoux accrochés à la ceinture sur sa jupe carillonnèrent. L'envie de courir dans la plage pour se jeter dans les vagues la démangeait. Il y avait longtemps qu'elle avait projeté ce voyage, qu'elle en rêvait. Oublier pendant quelques jours les rigoureuses tâches qu'exigeaient l'entretien d'un jardin pour juste se concentrer sur elles. Elle voulut partager son ravissement mais s'aperçut qu'elle se tenait seule sur le front de mer. Elle se retourna. « Allez, viens ! » L'exhorta Susannah impatiemment. Elle revint sur ses pas en tâchant de ravaler le souffle d'agacement qui gonflait ses lèvres. S'il sortait, Lana allait se braquer davantage, or c'était précisément l'inverse qu'elle visait. Regrettant de devoir déjà brûler l'un de ses atouts dans la reconquête de la bonne humeur de la blanche, elle entortilla son petit doigt autour du sien. C'était ainsi qu'on les voyait souvent se déplacer, aussi proches que des sœurs, même si ce n'était pas ainsi que Susannah aurait qualifié leur relation. Ce qu'elle lui faisait et la laissait lui faire n'était pas de l'ordre sororal. Elle lui décocha son sourire le plus enjôleur, celui qui fonctionnait parfois pour adoucir le tranchant de ses crocs. « Ne boude pas. Ce serait dommage de gâcher les vacances. » Certes, c'était elle qui avait commencé, mais il n'était pas dans son intérêt de le lui rappeler, Lana paraissait encore bien s'en souvenir si elle en jugeait de sa crispation. Mais c'était plus fort qu'elle, la bleue ne pouvait pas s'empêcher de lui lancer des piques, et parfois, ça allait trop loin. Lana n'était d'ailleurs pas en reste. Certaines épithètes brûlaient encore son égo mais ce n'était pas le moment de s'y attarder ou elles allaient encore se disputer. À bien y réfléchir, Susannah ne se souvenait pas avoir jamais usé de tendresse pour démontrer ses sentiments, ou si rarement et discrètement que c'en était négligeable. Elle ne connaissait pas d'autre manière d'épancher ses émotions, n'avait pas envie non plus de s'y essayer. Si cela avait dérangé Lana, il y avait longtemps qu'elle serait partie sur une ultime prise de bec. Plus les paroles griffaient, plus cela faisait mal, et plus elles s'accrochaient. Les taquineries légères se transformaient en une escalade exponentielle d'insultes qui ne cessait que quand l'une acceptait de courber la nuque... pour mieux rattaquer ensuite.

Elle soupira et rajusta le chapeau en paille sur sa tête. « Je regrette ce que j'ai dit tout à l'heure. Je ne le pensais pas, d'accord ? » Elle avait prévu autre chose pour se faire pardonner convenablement, mais cela viendrait après, lorsque le soleil descendrait dans la mer. Joueuse, la bleue lâcha son petit doigt et fit esquisser à ses doigts un chemin le long de sa colonne vertébrale jusqu'à arriver sur le nœud qui refermait le maillot de Lana. Elle tira d'un coup sec et s'élança aussitôt sur le sable, son butin enfermé dans son poing et son rire flottant dans la brise légère. « Viens le chercher ! » Elle ne ralentit pas pour se déshabiller et plongea toute habillée dans l'eau. Elle poussa un cri quand la fraîcheur mordit sa peau cuite par le soleil puis fit quelques brasses en décrivant quelques courbes dès que l'eau fut trop profonde pour continuer à courir. Sous le miroir translucide, des formes effilées colorées venaient chatouiller ses jambes et ses pieds. Retenant son souffle, elle plongea pour aller explorer ses habitants et les observer de plus près.

Quand elle remonta, elle vit que Lana l'avait rejointe. Un sourire malicieux éclaira son faciès. « Oui ? Il te manque quelque chose ? » Son regard descendit sur sa poitrine qu'elle ne se priva pas de détailler bien que l'ayant déjà vue et touchée de nombreuses fois. « Ils sont bien comme ça non, plutôt qu'emprisonnés par ce bout de tissu ? De toute façon, je crois que je l'ai perdu, un poisson a dû me le voler. » Fit-elle d'un ton faussement désolé. « Et puis bon, il n'y a pas grand chose à voir. » Gloussa-t-elle sans pouvoir s'en empêcher. Elle ne manquait jamais une occasion de souligner que sa propre poitrine était bien plus opulente que celle de la blanche.

Message I | 773 mots

Les Faes des Mers nastae



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Merci Jil  [RPPT] - Le Rêve qui enchante, le Rêve qui transcende, le Rêve qui innocente, le Rêve qui ensauvage  - Page 3 009 :
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Sól
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Sól
Ven 24 Fév 2023, 16:15


Images par loika & Comm Rosaline.
Fëry
Alcée & Sól
RP lié ; Fëry - Elise & Neah.
Post précédent : #

« Ta lance est ta meilleure alliée. » confirma Sól, allongée dans l'herbe violacée. Elle regardait le ciel mouvant, les mains repliées sous la tête. « Ca nous aura pris du temps, mais on a enfin trouvé l'arme qui te correspond. » Les premiers temps, la blonde avait bien cru qu'elle ne parviendrait jamais à faire de la blanche une réelle guerrière. Or, elle ne concevait pas de régner sur un Royaume aux côtés d'une empotée. L'art du combat était un critère primordial ; s'il l'était déjà auparavant de par sa nature et son éducation, la blonde se montrait d'autant plus intransigeante depuis le massacre auquel elle avait participé, impuissante. Elle ne voulait plus perdre personne. Autrement dit, elle voulait que les gens qui l'entouraient soient capables de se défendre seuls, qu'ils soient suffisamment puissants pour parvenir à défaire leurs ennemis. Peut-être était ce pour cela que la soldate prenait autant d'application dans l'entraînement de sa co-régente. Bien qu'elles ne soient que plongées dans un rêve et que les sensations en étaient sans doute altérées, peut-être serait-ce suffisant pour qu'il demeura une réminiscence de ce travail lors de son éveil. Si ce n'était les mouvements, au moins les conseils. « Il faut que je retourne aux champs. » déclara la blonde, se redressant en position assise.

Elise n'était plus à ses côtés : elle avait disparue, s'était évaporée sans que cela n'alerte la Reine du Rêvarium. L'agricultrice se retrouvait seule, dans le champ de blé. Elle avançait, le regard perdu sur cette étendu infinie. Et, à chaque pas, elle se sentait rétrécir. Elle diminuait en taille, en masse, en posture : elle devint ridiculement petite, jusqu'à ce que la forêt d'épis devienne géante, et qu'elle s'y perde totalement. Puis, peu à peu, le doré laissa place à l'émeraude de la prairie. Le clapotis de l'eau guida la voyageuse, qui s'y approcha avec conviction. Elle était sûre de la retrouver là-bas. Alors elle avançait, usant de ses bras pour repousser les brins d'herbe. Finalement, la marcheuse déboucha sur le cours d'eau et s'arrêta in extremis, manquant de peu de tomber dans le courant.

La silhouette blonde de sa sauveuse attira le regard azuré. Presque aussitôt, l'angoisse qui lui enserrait le ventre, plus tôt, s'envola. Elle se sentait sereine, auprès de la chevalière. Comme si, de sa simple présence, elle était capable de réparer tous les maux, de chasser tous les malheurs. Sól sentit son corps se détendre et un sourire chaleureux s'installer sur son visage. « Bonsoir ! » répondit-elle tout en prenant son envol pour rejoindre le côté de sa camarade, sur le rocher. « Je vais bien, merci ! Et toi ? » L'invitée exerça une légère pression sur la main qui s'était nouée à la sienne. C'était un geste simple, mais empli de tendresse.

Sól suivit sa camarade jusqu'à la nappe en contrebas, s'installant sur les pétales et les plumes. « C'est très attentionné de ta part. » la remercia-t-elle, son sourire s'élargissant face à l'attention. « J'ai terminé de m'occuper des fraisiers. » expliqua-t-elle, comme pour justifier sa tenue terreuse. La coquetterie n'avait jamais été quelque chose qui avait travaillé l'agricultrice ; pourtant, lorsqu'elle sentait le regard d'Alcée posé sur elle, elle souhaitait que celle-ci la trouva belle. Embarrassée, la jardinière passa une main dans ses longs cheveux, comme pour essayer de les démêler. « Ce n'est pas si différent des framboisiers et des mûriers de mon Jardin. » Il n'en restait plus rien, désormais : son monde avait été rasé, piétiné, anéanti. Heureusement, la justicière l'avait recueilli. Autrement, la blonde se serait trouvée esseulée et n'aurait pas mis longtemps avant de perdre la raison. Sa présence était ce qui la rassurait, lui apportait un peu de réconfort. « J'ai également planté des graines, et demandé de l'aide à tes amies les abeilles pour polliniser les lavandes. » Cela représentait beaucoup de travail, mais la jeune femme ne s'en plaignait pas : cela lui gardait l'esprit occupé, et l'empêchait de penser trop à tout ce qu'elle avait perdu. « Et toi, qu'as-tu fait aujourd'hui ? » Comme si la chose avait été naturelle, la demoiselle se plaça derrière son hôte. Elle passa une main délicate sur son crâne, caressant son cuir chevelu avant de laisser courir ses doigts dans le rideau de ses cheveux fins. Elle recommença l'opération plusieurs fois, avant que ses mains ne s'activent et ne commencent à tresser sa chevelure. Elle écoutait attentivement les paroles de sa camarade, malgré son activité.

Finalement, l'agricultrice arriva au bout des mèches dorées. « Voudrais-tu danser avec moi ? » proposa-t-elle timidement, à voix basse.
810 mots
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Stanislav Dementiæ
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◈ Âme(s) Soeur(s) : Aggripina, la seule, l'unique.
◈ Activité : Mangeur officiel de chaire fraiche
Stanislav Dementiæ
Ven 24 Fév 2023, 17:17


Fëry
Eris & Stanislava

Envie d'elle - LEJ
TW : araignées
Une gerbe de sang jaillit de l'entaille que venait d'infliger la Fae. Quelques gouttelettes l'éclaboussèrent : le carmin du liquide contrastait sur sa peau pale, et apportait un peu de couleur à sa silhouette. Qu'il s'agisse de sa chevelure, de ses ailes ou de sa tenue, la teinte qui la représentait était le pigment de l'onyx. Un rire cristallin s'échappa de la malveillante, tandis qu'elle virevoltait jusqu'à la toile d'araignée où elle s'installa pour admirer le spectacle, contemplant l'œuvre qu'elle avait façonné. Le fluide de vie ruisselait sur la gorge, imbibait les vêtements avant de se répandre sur le sol. C'était une vue réjouissante : la mort d'un Géant, l'un de ces êtres abjectes qui avait souillé son jardin, osant profaner ses terres. Stanislava pencha la tête sur le côté, avant de claquer des doigts. Aussitôt, les fils qui avaient maintenu le pantin debout cédèrent. Sa chute fit trembler le sol, mais cela n'avait rien de sinistre : au contraire, le bruit étouffé de son corps sur le planché de feuilles mortes avait quelque chose de mélodieux. Allongé sur son linceul naturel, les ronces qui avaient entravé sa fuite en s'enroulant autour de ses jambes, de ses poignets et de sa gorge se rétractèrent, entaillant davantage sa peau. Le sang commença à se répandre davantage, telle une auréole mortuaire mais sublime. Le liquide carmin servirait de terreau pour la nature que le monstre avait bafoué. Son cadavre serait dévoré par les charognards et son squelette deviendrait bientôt son palais.

Le cliquetis des chélicères rapporta l'attention de la Fae noire sur sa compagne. L'araignée la toisait de toutes ses paires d'yeux, avec une avidité qui fit sourire la brune. Elle passa une main dans ses cheveux, avant de regarder une dernière fois cette silhouette qui, dans quelques secondes, ne serait plus qu'un souvenir. « Oui. » laissa entendre la tueuse, d'une voix mélodieuse. « Tes filles peuvent le dévorer. » Dès que l'autorisation fut donnée, une nuée d'arrachnées fondit sur leur repas, telle une marrée noire et opaque. Tel le voile de la mort. « Tu devrais y aller aussi. Il ne serait pas juste que tu rates ce festin, toi, ma plus vaillante guerrière. » La mère ne se fit pas priver et elle quitta la toile qu'elle avait tissé plus tôt, pour tendre le piège mortel de leur ennemi. La commandante, elle, y resta pour savourer un peu plus longtemps ce spectacle.

Quelque chose n'allait pas. Stanislava s'en rendit compte : là-bas, en bas, certaines araignées n'osaient pas s'approcher de leur repas. Fronçant les sourcils, l'ailée prit son envol : elle rejoignit l'agitation. Une cage. Elle n'était pas grande : tout juste la bonne dimension pour emprisonner l'une des siennes. L'assaillante s'empara de son aiguille, menaçante. « Qui est là ? » interrogea d'une voix autoritaire la femme aux aranéides. Elle n'entendit pas la réponse : sa vision venait d'apercevoir la silhouette de la prisonnière. Aussitôt, son cœur devint dictat : il pulsa à ses oreilles, résonnant d'un chant d'un genre nouveau, occultant tout le reste - la marée pourpre, la foule noire, même la forêt obscure où elle vivait venait de perdre de la lueur face à la lumière ombragée que projetait sur elle l'inconnue. Une envie viscérale s'empara de la combattante. Elle voulait la posséder, de toutes les manières possibles ; elle désirait en faire sa marionette, asservie à ses désirs et ses tentations. N'était-ce pas là l'ordre naturel des choses ? Elle allait la sauver du monstre qui l'avait capturé : en la délivrant, sa vie lui revenait en tribut. La brune planta son arme pointue dans la serrure et l'agita jusqu'à ce que le cliquetis lui indiqua l'ouverture du cadenas. Lentement, la porte s'entrebâilla. La maîtresse des toiles s'y aventura et, sans préambule, s'empara du visage de la poupée comme s'il s'était agis de sa chose. « Tu es si belle. » murmura-t-elle. Les mains descendirent le long de la nuque et des épaules, puis vinrent trouver les mains, qui se nouèrent aux doigts. Lentement, elle conduisit sa compagne en dehors de sa cellule : dehors, les voraces se repaissaient goulument. « Dansons toutes les deux. » ordonna Stanislava, avant de passer une main dans le dos de la rescapée.
734 mots
Vœux : que les fils d'araignée cèdent + ouverture du cadenas



Merci Kyky  nastae
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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Ven 24 Fév 2023, 19:40



Fëry


Dastan & Erasme



« Je comprends. » fis-je, en amenant mes avant-bras sur la balustrade. Bouteille à la main, je me mis à fixer les autres étudiants. Tout paraissait plus petit d’ici, hormis les arbres peut-être. Je bus une gorgée, en observant le ballet des relations. Observer sans être observée, c’était assez plaisant. Du toit, il était possible de capter les regards, d’analyser les stratégies. Les garçons riaient entre eux mais, parfois, au sein même de leur conversation, quelques œillades étaient envoyées vers telle ou telle fille. Celle-ci, en les remarquant, gloussait de façon à peine voilée avec ses amies. Elle parlait plus fort, riait d’une autre manière. Dans les groupes mixtes, les choses se passaient de la même façon. C’était ainsi que se mouvait la valse des sentiments. La société pouvait toujours établir des règles, il n’y avait rien de plus difficile à refreiner que l’instinct primaire, celui qui venait titiller l’esprit et gorger le bas ventre de mille envies. Je jetai un coup d’œil à Dastan, prise dans cette même valse la concernant. Je bus une nouvelle fois. « Oui ça m’arrive. C’est calme et personne ou presque ne connaît. » La suite me surprit. Un sourire involontaire piqua mes lèvres. Je la regardai pour de bon, cette fois. Je me tournai pour appuyer mon dos contre la rambarde et me mis à l’observer. « T’es très demandée… » laissai-je échapper, légèrement joueuse. Ça ne m’étonnait pas vraiment. Ce qui m’étonnait plus, en revanche, c’était la teinte de ses joues. Mes dents attirèrent ma lèvre inférieure vers l’intérieur de ma bouche un instant. Je relâchai ensuite la pression de la morsure et souris. « Je ne sais pas trop encore. Peut-être… » Avec elle, pensai-je.

« Qui sont tes prétendants ? » demandai-je. « Je pourrais peut-être t’aider à choisir ? » dis-je, en m’étirant. Puis, je sortis une nouvelle cigarette de ma poche et l’allumai. La fumée sentait le caramel. Je souhaitai intérieurement pouvoir trouver une raison de la convaincre de ne pas aller au bal avec chacun d’eux. « Harvé ? Non pas lui… il n’assume pas d’être petit. C’est le genre à exiger de sa partenaire qu’elle reste assise pendant qu’il est debout. En plus, il paraît qu’il embrasse comme un balai à chiotte. » Je souris et pris le temps de réfléchir à la suite au fur et à mesure qu’elle me fournissait les noms. « Zeryel ? Franchement, je ne te conseille pas. Il ne s’assume pas ce garçon. Un peu trop d’ambition. Il risquerait de te parler de sport toute la soirée en plus et c’est sûr qu’il materait tes seins. Un peu comme Zachary d’ailleurs. Sérieusement, c’est un pervers et un egocentrique. Il te regarderait dans les yeux juste pour être sûr d’y voir son reflet. » J’émis un rire bref. « Alcide… » Mes dents vinrent de nouveau mordre ma lèvre. « Disons qu’Alcide est bien si tu cherches un petit frère. Et Johannês, lui… Ouais, tu peux y aller si tu aimes te faire frapper. Un peu violent le garçon. Il a visiblement des choses à compenser. » Je fronçai les sourcils quand elle évoqua le dernier. « Nan pas Lucius. » Je ne l’aimais pas du tout. Il y avait un sentiment presque instinctif de haine entre nous. Enfants, nous nous faisions déjà les pires crasses. Ça n’avait pas changé avec le temps, même si sa réputation était bien meilleure que la mienne. Là où je passais pour la fille ténébreuse et grande gueule, lui passait pour l’homme lumineux, sociable et gentil. Ce n’était qu’une façade. Il profitait de son statut pour enfoncer ses doigts dégueulasses dans tous les orifices qui se présentaient à eux.

« Je crois que j’ai une meilleure idée. » soufflai-je enfin. Je tirai sur ma cigarette et soufflai la fumée. Je la laissai s’étendre dans l’air et se dissiper, avant de continuer. Mon cœur battait la chamade malgré moi. « Si on y allait ensemble ? » demandai-je, comme si je lui avais proposé de retourner en cours. « Je veux dire… Tous ces cons qui pensent tous les ans pouvoir nous mettre le grappin dessus en nous invitant à un bal… T’as pas envie de leur faire de gros doigts parfois ? Juste de leur faire comprendre qu’on n’a pas besoin d’eux et de leurs gros muscles ? » Je me décrochai de la rambarde et m'approchai d'elle. Ma main se posa sur sa joue. « En fait, on a besoin d’eux pour rien du tout… » J’étais soudainement très entreprenante. C’était étrange et grisant à la fois. Le temps me parut comme suspendu et j’avançai mes lèvres vers les siennes jusqu’à l’embrasser. Je me détachai et la fixai. « Cependant, je ne sais pas danser. » furent mes seules explications.

797 mots
Si un Génie veut exaucer son souhait, je l'ai souligné  

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Aäron Taiji
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Aäron Taiji
Ven 24 Fév 2023, 19:54

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Images par Meissan - Je changerai la bannière un jour ouiiiii !
Le Rêve qui enchante - Fëry
Zeryel et Moon



« Oui… J’espère aussi. » Moon n’était pas très concentrée. Elle essayait de faire la conversation mais l’anxiété venait vriller son ventre. Il n’y avait pas qu’elle. Lorsqu’elle se retrouvait avec Zeryelle, son cœur battait plus vite. Ce n’était pas tout. Elle aurait aimé ne ressentir qu’une forme d’amour courtois pour elle mais ses pensées dépassaient souvent la simple vision d’un avenir commun radieux et heureux. Elle désirait la jeune femme comme elle n’avait jamais désiré personne. Elle voulait passer des journées magiques en sa compagnie : l’aider à choisir la couleur de ses rideaux, découvrir de nouveaux endroits ensemble, plaisanter avec les fleurs, façonner des Contes moins terribles que celui qu’elles suivaient actuellement et aussi guider des Élus. Ce n’était pas tout. Elle avait aussi envie de parcourir chaque recoin de son corps. « Mais je pense que son personnage a été fait pour être important alors ce sera peut-être le méchant final… Ce serait croustillant. » avança la Fae chimérique. Quand il fut mention de sa surprise, elle rougit un peu. Le sentiment qui lui rongeait l’estomac devint plus puissant. « Tu verras. » lui dit-elle doucement, en croquant sa fourchette. Elle pouvait toujours reculer… La peur et l’excitation, voilà ce qui la parcourait de toute part. Des questions tournoyaient en boucle dans sa tête : Et si elle n’aime pas ? Et si je ne suis pas à la hauteur ? Et si je rate ? Et si c’est moi qu’elle n’aime pas ? Elle tenta de respirer, entre deux illustrations de ses doutes. « M… Mon couple préféré ? » souffla Moon, encore perturbée par le contact de la jambe de son invitée. « Je suis d’accord avec toi. Ils sont vraiment mignons. Et puis… ils ne sont pas que mignons. » Parce qu’il y avait l’aspect sexuel aussi, dans leur relation. Les Faes n’étaient normalement pas très friandes de relations entre hommes. Elles étaient majoritairement homosexuelles et les hommes avaient des tâches annexes, en plus d’être bien plus rares. Cependant, Moon était très curieuse et heureuse de pouvoir découvrir d’autres facettes du couple. Les Contes, en ce sens, se faisaient porteurs d’une diversité étonnante. Parfois, ils étaient même censurés chez certains peuples, les propos qu’ils tenaient heurtant les mœurs et les coutumes de ces derniers. « Huumm… ça m’arrive oui. » Avec toi. La suite fit battre le cœur de la Fae plus vite, tellement qu’elle le sentit à plusieurs endroits de son corps. Il battait contre sa cage thoracique, il battait contre ses tempes, il battait dans son ventre. « Zeryelle… » Elle posa sa cuillère et se leva. « … » C’était délicat à dire. Elle inspira, se pinça les lèvres rapidement et finit par avouer. « Si je t’ai fait venir ici c’est parce que je… » Elle en avait presque envie de pleurer d’émotion. « … je voulais danser pour toi… parce que je suis amoureuse de toi. »

À peine eut-elle dit ses mots que le Rêve se modifia. De la musique pulsa et la lumière se tamisa légèrement. Dans les cieux, de la poussière de Faes maintenues au même endroit en grande quantité refléta des couleurs chatoyantes sur le balcon. La robe de Moon se fendit le long de ses jambes. Une barre de jais apparut, s’élevant vers les nuages et disparaissant en leur sein. Elle l’attrapa et fit glisser son corps le long, dévoilant ainsi ses cuisses. Elle se redressa et tourna autour. Elle ouvrit ses ailes et monta dans les cieux, avec légèreté, les tissus de sa robe la suivant dans une envolée de drapés. Dans ses doigts elle créa de la poussière dorée qu’elle laissa s’échapper en redescendant à une vitesse effrénée le long de la tige. Elle atterrit doucement, en grand écart. Ses ailes la relevèrent et elle se dirigea vers Zeryelle, emplie d’appréhension mais s’amusant malgré tout. Elle voulait qu’elle dansât avec elle, qu’elle se laissât aller en même temps qu’elle le long de la barre, qu’elles découvrissent les cieux et leur corps respectif, ensemble. Moon tourna autour de la chaise de la jeune femme. La table avait depuis longtemps disparu. Elle caressa ses épaules et son cou et revint devant elle. Ses mains parcoururent son anatomie devant les yeux de son invitée. Elle remonta ses cheveux en un chignon improvisé et uniquement tenu par ses doigts. Des mèches rebelles tombèrent sur ses épaules et, bientôt, sa tenue suivit le même mouvement. Elle s’étala sur le sol, à ses pieds, découvrant l’anatomie plantureuse de la Fae, qui se laissait de plus en plus portée par le rythme. Maintenant, de toute façon, c’était trop tard. Soit ça fonctionnait, soit elle devrait se cacher de honte pendant trois siècles. Ses sous-vêtements ainsi exposés, elle espérait une réaction positive de celle qu’elle aimait. Elle relâcha ses longs cheveux bruns et attendit.  

805 mots



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Astriid
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Astriid
Ven 24 Fév 2023, 21:05

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Edel Orgía Nisqa
Dastan & Astriid



TW : C'est l'orgie (✿´‿`)

Assise sur ses genoux, Astriid pencha docilement sa tête vers l'avant, ses boucles cuivrées tombant en rideaux épais de chaque côté de son visage. La femme accroupie dans son dos en était aux finitions de son œuvre. Son pinceau dansait sur la peau préalablement massée avec des onguents. De temps en temps, il interrompait sa course le temps que l'artiste soufflât sur les motifs pour faire sécher l'encre. C'était un processus qui prenait du temps. Un temps mis à profit pour instaurer une tension croissante dans l'air baigné d'une couronne de fumée. Ils avaient tous deux commencé par consommer des aphrodisiaques sous toutes leurs formes, plus par tradition que par besoin pour Astriid qui n'avait besoin que d'un regard pour sentir son bas-ventre fourmiller, et désormais, la fièvre avait pris possession d'elle, assombrissant le vert de ses iris. De temps à autre, elle levait les yeux sur l'élu, son élu, leur élu mais celui d'Edel avant tout. Ce soir, il ne serait pas juste à elle et la fierté de le voir installé au milieu des femmes qu'elle avait pris soin de choisir n'avait pas de bornes. Elle espérait qu'Edel embrasserait chacune d'entre elles, qu'elles verraient ensemble leur ventre s'animer sous l'impulsion de la vie, qu'ensemble elles crieraient en les mettant au monde, qu'ensemble elles éduqueraient les précieux enfants. Elle nourrissait l'espoir qu'ils auraient chacun une caractéristique de Dastan, quelque chose qui lui rappellerait chaque jour pourquoi elle était tombée amoureuse. Les ridules au coin de ses yeux lorsqu'il riait de bon coeur, son regard quand il devenait sérieux et que mille mots n'auraient suffit à exprimer la profondeur, même ses crises de colère qui empourpraient ses joues le rendaient attachant, autant de choses qu'elle désirait retrouver chez ses enfants. Elle s'épanouirait à s'occuper d'eux, ils sèmeraient la joie dans leur vie, peu importait qu'ils soient d'elle ou non.

Astriid se leva. Elle avait une vue imprenable sur le fessier pointé en l'air d'une des femmes choisies et dont la tête remuait d'avant en arrière entre les cuisses de Dastan. Une moiteur familière réchauffa sa propre entrejambe mais elle se restreint à la patience. L'envie pulsait dans chacune de ses pores mais elle ne céderait pas à l'intensité de la rapidité comme à leurs premières fois ou à ces entrevues volées quand ils manquaient de temps. L'attente était une agonie délicieuse dont elle se repaissait et qui ne ferait qu'aiguiser leur jouissance. Ses muscles tendaient sa peau recouverte entièrement d'un schéma complexe dessiné par la peintre. Son visage non plus n'avait pas été épargné et arborait les symboles favorables à une union féconde. Chaque estafilade colorée revêtait une signification différente mais toutes avaient été pensées pour invoquer Edel parmi elles et appeler à sa bonté. Elle n'était plus femme mais offrande, le réceptacle qui ferait germer la vie. Des breloques taillées dans des os ornaient son cou, ses poignets et ses chevilles. Elles émirent un bruit discret quand Astriid fut attirée en avant et elle rejeta la tête en arrière sous l'ardeur démontrée par son amant sur son intimité. Les yeux clos, elle sentit qu'on prenait ses mains, tant pour la maintenir debout que pour établir une connexion. Elles formaient une chaîne qui n'avait ni début ni fin. Elle se laissa guider pour s'installer sur Dastan qu'elle entoura de ses jambes. Elle perdait la notion de qui prenait l'initiative, ils évoluaient dans un but commun où personne n'était passif. Un soupir escalada ses lèvres entrouvertes alors qu'elle le sentait prendre place en elle, à sa place et sans efforts. On l'avait déjà préparée auparavant. Tandis que l'on peignait sa poitrine, une autre avait aventuré ses doigts entre ses jambes.

Son abdomen se gaina et elle fit décrire à son bassin quelques ondulations pour trouver un rythme confortable. Elle ne se lassait pas de cette danse maintes fois répétées, et particulièrement pas en cet instant où toutes ses pensées se muaient en prières silencieuses. Ses bras se rejoignirent autour du cou du roux pour y trouver un appui. Son souffle s'accéléra en même temps qu'il se perdait en elle de plus en plus vite. Son regard rencontra le sien, ils étaient habités par la même pulsion, mais il y avait aussi ce quelque chose en plus et elle lui offrit un sourire malicieux. Elle était heureuse d'être la première. Elle le reprendrait encore, après qu'il ait honoré les autres. Son sourire se brisa sur les premières ondes de plaisir et elle emmena ses doigts se perdre dans ses cheveux alors qu'il lui arrachait des râles de jouissance. Elle s'autorisa quelques secondes pour souffler ensuite avant de se séparer de lui. Ça ne faisait que commencer. Les femmes allongèrent Dastan sur les couvertures tandis qu'Astriid partait en quête des instruments nécessaires à la suite. En attendant qu'il recouvre sa vigueur, elle ne resterait pas inactive. Elle s'était longuement entraînée et quand elle s'installa à califourchon sur lui, elle prit un pot dans une main, un pinceau dans l'autre. C'était à elle de s'occuper de dessiner l'inextricable enchevêtrement de dessins qui seraient en parfait complément à ceux dessinés sur son corps. Les autres femmes autour s'employaient à masser les membres du roux. Quand elle eut finit son ouvrage, on lui présenta une pipe à laquelle elle tira une longue bouffée. Elle la garda en bouche et s'avança près de son visage. Elle attendit qu'il ouvre la bouche pour lui souffler la fumée directement contre ses lèvres. Enfin, elle s'écarta et prit par la main l'une des femmes qu'elle invita à se mettre sur ses genoux et ses mains. Elle attendit que Dastan s'installa contre les fesses de la femme pour se plaquer dans son dos. Ses mains se glissèrent contre son ventre et se saisirent de son membre pour le guider à l'intérieur de la femme alors qu'elle parsemait sa nuque de baisers.

Message I | 1044 mots


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Persée
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Persée
Sam 25 Fév 2023, 12:15

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Fëry
Faustine & Persy



Depuis leur rencontre, Faustine avait toujours su faire éclater la bulle de sérieux de Perséphone, passer outre sa froideur. Ses regards noirs n'avaient jamais su freiner son enthousiasme, elle en avait suffisamment pour cent, suffisamment pour l'éternité aussi même si elle le déguisait sous une couche de nonchalance pour se donner un air. Ses colères étaient d'une intensité équivalente, destructrices et plus d'une fois Perséphone avait pris peur et s'était enfermée à double tour dans une pièce en attendant que son ire s'apaise. Elle l'avait pardonnée tant de fois qu'elle avait cessé de compter. Le pardon était aussi sa partie favorite, c'était là seulement qu'elle s'apercevait de l'amour qu'elles se nourrissaient, où elles étaient vulnérables et s'ouvraient l'une à l'autre. Perséphone s'était donnée sans compter dans leur idylle. Elle lui avait offert son honnêteté, son coeur, son corps, sa vie et quand tout avait dégringolé, elle n'avait pas su retrouver son identité. Il n'était resté qu'une enveloppe vide, des cendres et une rancœur qu'elle avait semé dans chaque recoin de son Royaume. Le poison avait pénétré sa terre et s'était propagé comme la vérole, ouvrant une plaie béante sur le ventre du monde qui n'avait fait que s'agrandir avec le temps.

Ses yeux s'abaissèrent à la confession de Faustine pour lui cacher son émotion. Le goût de ses lèvres l'avait ranimée. Elle se sentait comme une plante desséchée à qui on vient verser quelques gouttes d'eau, elle tremblait d'en avoir davantage. Il lui en fallait plus, bien plus. Un ouragan la faisait vibrer de l'intérieur. Le calme de la violette était trompeur. Sous ses airs généralement placides, une violence dormait, prompte à se déchaîner à la moindre incitation. Faustine en avait parfois fait les frais quand, excédée par ses provocations, elle l'envoyait bouler avec fureur. Elle était cependant à double tranchant, quand elle s'exprimait dans une passion charnelle dévorante, où prise d'une frénésie sans commune mesure, elle couchait la Fae au sol pour lui arracher des cris de surprise qui se muaient vite en cris de plaisir. C'était précisément ce qu'elle avait en tête de faire, elle n'avait même pas envie de quérir son consentement ou d'attendre, ou même de discuter. Chaque année loin d'elle avait nourri sa faim et si Faustine se risquait à revenir, elle ne devrait pas s'attendre à être invitée à boire le thé en mangeant des biscuits. Elle fit la moue. « Toi aussi. J'avais envie de te tuer. » L'informa-t-elle en plantant ses yeux dans les siens. « Je ne me suis pas ennuyée. » Ce qui était vrai, mais Faustine n'était jamais vraiment loin de ses pensées, même lorsqu'elle se plongeait férocement dans ses expérimentations pour se bâtir un jardin à l'image de son coeur, le sourire de la brune revenait insidieusement à sa mémoire pour griffer davantage sa souffrance.

Perséphone afficha une mine boudeuse et fronça les sourcils. « J'aimerai bien voir ça. » Gronda-t-elle. Son mécontentement s'accentua en la voyant s'éloigner. Elles venaient à peine de se retrouver qu'elle reprenait ses distances. Un nuage noir se façonna au dessus de sa tête et autour de ses mains. « Ah vraiment ? » Piquée par le défi, ses ailes vrombirent et elle suivit le sillage scintillant de la Fae. Dans leur course-poursuite, les particules dorées s'échouaient au sol qui les absorbait avidement. Leur aspect sec et terne se transforma peu à peu en une terre humide d'un noir riche. Des plants s'en extirpaient timidement, frissonnant dans l'air âcre. Détournant un instant son regard de la silhouette de la brune, Perséphone les vit et son coeur s'emballa. Une hypothèse folle dansa dans son esprit. Il y avait longtemps qu'elle n'y arrivait plus, qu'elle n'avait plus essayé. Elle frotta ses paumes entre ses mains et les yeux clos, invoqua silencieusement sa magie. Quand ses yeux se rouvrirent, la friction de ses doigts créaient une Poussière irisée qui tombait en pluie sur les plaines en contrebas. Cessant de courser Faustine, la violette se laissa descendre en douceur au sol. Elle enfouit ses mains dans les herbes folles qui recouvraient peu à peu son domaine. Une odeur fraîche et printanière envahit ses narines et elle sentit des larmes rouler le long de ses joues. Dès qu'elle sentit la présence de la brune revenue à ses côtés, elle renifla et s'essuya le nez avec sa manche avec un manque cruel d'élégance. « Tu es une crétine de m'avoir laissée. » L'accusa-t-elle. Même si la vérité était que Perséphone l'avait chassée autant que Faustine l'avait abandonnée. Le blâme était partagé. « Je t'interdis de repartir. Ou je te tue. » Elle lui arracherait les ailes s'il le fallait en arriver là. Elle mena une main sur la joue de Faustine. « Et je tuerai toutes celles que tu regardes. » Elle se pencha pour l'embrasser et un sourire lunatique traversa le voile de ses larmes. « Puis je me tuerai car je ne crois pas pouvoir vivre sans toi. »

Message III | 878 mots


Merci Jil  [RPPT] - Le Rêve qui enchante, le Rêve qui transcende, le Rêve qui innocente, le Rêve qui ensauvage  - Page 3 009 :
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Lyz'Sahale'Erz
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Lyz'Sahale'Erz
Sam 25 Fév 2023, 13:25



Edel Orgía Nisqa

Kiara et Tekoa


Mon visage se leva vers le ciel. La cime des arbres, au loin, cachait l’horizon. Dans mon dos, quelque part, le bruit de l’océan me parvenait, diffus. Au-dessus de ma tête, la Lune Blanche éclairait les corps qui commençaient à se réunir pour l’Edel Orgía Nisqa. Ses deux sœurs étaient également présentes, plus petites. Autour de la Lune Noire, un halo de lumière en dessinait faiblement les contours. La Lune Bleue, elle, se détachait de l’obscurité avec aisance. Autour des trois astres, les Étoiles illuminaient le ciel et semblaient chuchoter en même temps que les Esprits traversaient l’immensité. Beaucoup se trouvaient également proches de la terre ferme, cette terre des Mortels qu’ils ne pouvaient plus réellement toucher. Les orgies les attiraient toujours. Ils scrutaient les corps, parfois par curiosité, parfois par lubricité, parfois dans l’espoir de voir surgir un nouvel Esprit attaché à une Âme, attaché à un corps : attaché à la Vie au sens commun du terme.

Lorsque l’on me tendit un bol, je le pris à deux mains. Je le bus afin de galvaniser mon corps et d’éveiller mes sens. La performance qu’il me faudrait mener allait au-delà de tout ce qui était humainement possible en temps normal. Pourtant, l’Edel Orgía Nisqa l’exigeait. Pour les Ætheri, pour Edel, j’allais faire le don de mon corps, danser et copuler jusqu’à avoir l’impression d’être mort. J’espérais réussir l’épreuve et prier assez ardemment pour que plusieurs enfants vissent le jour. Un sourire se dessina sur mes lèvres. La Vie avait un aspect merveilleux. J’imaginais déjà les bébés à naître, ceux qui seraient si petits qu’une phalange tiendrait à peine dans leur main. J’imaginais sans mal cet instant où leurs yeux s’ouvriraient pour la première fois… cette première image du monde qui les marquerait. Je ne serais pas vraiment leur père. Je ne serais que le pont les ayant menés vers l’existence. Pourtant, je savais aussi que si je réussissais, je n’aurais de cesse de jeter un regard empli d’intérêt vers ces petits êtres qui allaient naître, seraient transformés en Chaman, grandiraient et, qui sait, feraient peut-être la fierté des nôtres et des Ætheri par leur dévotion et leurs actions.

Debout, un unique pagne sur le bassin, je m’avançai vers les femmes chargées de peindre sur ma peau les couleurs de la vie et du désir. Du blanc. Du rose. Je ne tardai pas à sentir les pinceaux et les mains parcourir mon épiderme en des gestes savamment exécutés. Je fermai les yeux, les caresses nourrissant mon envie. Cette dernière vibrait déjà au rythme des tambours et des chants. Lorsque mon corps fut décoré, je rejoignis les danseurs, le temps pour ma première partenaire de se présenter. Plusieurs feux avaient été allumés, autour desquels chacun pouvait se mouvoir. Le sol avait été recouvert de peaux de bêtes et des objets servant à la prière décoraient l’environnement, des os, du bois peint, des colliers de perles bariolées. Les muscles de mes mollets ne tardèrent pas à tirer agréablement. Mon corps entier semblait tendre vers cet état. Je rentrai mon ventre en une inspiration, mes abdominaux se mouvant et se contractant en une sensation presque douloureuse. Mon endurance viendrait de là également, du corps que j’avais sculpté : de mes fesses et de mes cuisses aussi. Dans la danse, les peaux s’entrechoquèrent, se frôlèrent et s’apprivoisèrent. Je levai une nouvelle fois les yeux vers le ciel, exultant d’un désir de plus en plus fiévreux. Des doigts se glissèrent sur ma nuque et se perdirent dans mes cheveux, m’arrachant un frisson qui se répercuta partout à l’intérieur de moi. À chaque contact, mon sens du toucher se décuplait et m’envoyait une charge érotique divine.

Je finis par voir Kiara. Mes yeux, assombris par le désir, se posèrent sur son corps. La musique entêtante et les parfums qui flottaient dans l’air la rendait d’autant plus sublime. J’avais l’impression soudaine que nos deux cœurs battaient à l’unisson et qu’ils s’accorderaient bientôt avec ceux de toutes les femmes qui nous entouraient. Ses cheveux étaient semblables au manteau qui couvrait la Lune Blanche et elle me parut alors bien plus fille des cieux que fille de la terre. Je m’avançai, jusqu’à être face à elle. Mes mains vinrent chercher les siennes et s’y accolèrent. Mon corps s’approcha encore, jusqu’à se glisser contre sa peau. Je me sentais brûlant mais ne ferais rien sans qu’elle l’eût initié au préalable. Je me trouvais sur un fil, en suspension, en attendant de pouvoir sombrer en me laissant porter dans la prière.

749 mots

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Mancinia Leenhardt
~ Humain ~ Niveau IV ~

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◈ Parchemins usagés : 11271
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◈ Âme(s) Soeur(s) : Neah Katzuta | Ange | Compagnon
◈ Activité : Joaillière [Rang IV] - Médecin [Rang III] - Éleveuse de Vaches [Rang I] - Investisseur [Rang II] - Prêtresse d'Amsès [Rang I]
Mancinia Leenhardt
Sam 25 Fév 2023, 16:43


Illustration - Lovecacao

Fëry
Érina & Bellada


Par un baiser solaire, Érina ouvrit les yeux. Blottie dans un coquelicot, souhaitant le bonjour à tous les êtres l'entourant tout en s'étirant doucement, sa bouche se déformait en une grimace peu gracieuse. Baillant, un élan de paresse dans son esprit désirait la replonger dans le sommeil, tant son lit de pollen lui paraissait moelleux et chaud. Ce n'était pas courant qu'elle eût envie de faire une grasse matinée, mais cela lui permettrait d'avoir une meilleure concentration. Pourtant, l'avenir appartenait à ceux qui se levaient tôt ... c'est avec des sentiments contraires, mais néanmoins courageux que la Fae aux ailes immaculées décidait d'abandonner son confort. D'un battement d'ailes, la ravissante survolait son Jardin. Il n'était pas aussi vaste que celui de ses paires, se limitant à un parterre de fleurs qu'elle s'évertuait à protéger et à travailler au quotidien. Et si sa taille pouvait décevoir les visiteurs occasionnels qui tombaient dessus, son emplacement était enchanteur ; en se situant derrière les arbres, en bordure d'une cascade, son parterre s'avérait être une mine d'or précieuse pour les artistes en tout genre. Ils étaient nombreux à venir en silence pour chercher l'inspiration, certains venaient peindre sous différent angle le paysage enchanteur et l'un des Longues-Jambes avait même fait une fois le portrait ce son Jardin. Une espèce nommé Bouta Nisté avait même pris soin de venir regarder certaines plantes en les dessinant ou en ramassant des pétales pour les étudier. Peut-être allaient-ils enfin comprendre que la Nature était vivante et cesseraient ainsi de la saccager sans réfléchir aux conséquences ? Rien que leur présence faisait peur certains animaux ; c'était souvent le signal pour dire qu'ils n'étaient pas seuls. Érina se dissimulait à leur vue et surveillait. Si un malotru faisait du mal, il se prendrait plusieurs enveloppes de bogue dans le postérieur !

En regardant la surface de l'eau en se tenant en hauteur, elle vit une ligne se dessiner et onduler avec les vaguelettes que formaient l'écume de la cascade bouillonnante. Dans les cieux, au-dessus d'elle, des battements aériens retentissaient, comme l'appelant sans cesse. Une amie avait-elle quitté son terrain pour venir la voir ? La Fae tentait de la suivre du regard, mais la joueuse semblait se dissimulée dès que ses yeux se posaient dessus. Voulait-elle s'amuser ? Voulait-elle être chassée par la terrible Érina ? L'idée l'amusait. Puis, la coquine sortit de sa cachette et vint à sa rencontre. Elle ne l'avait jamais vu, mais elle était très belle, respirant la jeunesse et la beauté.

Bonjour ! chantait-elle presque gaiement. Tu peux m'appeler Érina !

Bellada, comme un synonyme de Belle. Elle ne s'était pas trompée, tant la Fae semblait emprunte de cet éclat.

Ça alors ! J'aime les camélias également !

Qui n'aimait pas cette plante au feuillage persistant et d'un élégant vert lustré, fleurissant tel un ravissant buisson aux fleurs ciselées, certaines solitaires ou groupées, pouvant dégager un parfum d'une douceur exquise. Érina aimait les blanches, mais les couleurs étaient variées, comme pour mieux illustrer la palette de sentiments de forêt.

Tu danses vraiment bien ! Ma soeur aussi est une bonne danseuse !

Une pointe soudaine de jalousie obscurcit l'organe présent dans sa poitrine. Elle aurait aimée être en mesure de transmettre les émotions de son corps au travers de ses battements aériens, mais ce n'était pas le cas de tout le monde. Parfois, elle était si éprise de faiblesse que même ses ailes refusaient de battre et que sa poitrine se compressait dans une impression suffocante, comme si je me noyais dans ma médiocrité. Pour autant, cette peine régulière semblait balayée progressivement par la présence de Bella. Comme si sa présence chassait ses doutes et ses appréhensions pour les transformer en quelque chose de merveilleux. Un sentiment qu'elle n'avait plus ressenti depuis longtemps ... Elles s'étaient retrouvées dans un endroit luminescent, dont les battements réguliers de la flore rythmaient leurs battements de coeur, avant que ses lèvres ne soient capturées. Érina n'eut aucun mouvement de recul, mais une tâche noire dans l'esprit tentait de lui dire que ce n'était pas bien, rapidement balayer par la chaleur et la sincérité de ce baiser. C'était tout doux.

Oh ... Je n'ai pas l'habitude.

C'était un peu gênant, alors ses joues étaient aussi rouges que des tomates mûres. Et ses ailes cessèrent de papillonner pour la laisser descendre sur un nénuphar, reposant en silence sur une eau immobile. Érina avait envie de se cacher dans les profondeurs. De petites mains attrapèrent ses poignets, la relevant brusquement pour la mettre en position assise. La Fae eut le réflexe de se retenir à un pétale, car elle roula sur le côté, tombant dans le vide. Un cri retentit et ses ailes se déployèrent pour la rattraper avec peine avant d'atteindre l'onde. Et lorsque la blonde revint sur sa fleur, les deux petites se mirent à rire à gorges déployées. Quand le malheur était passé, elles aimaient à rire de leurs bêtises.

Merci, cela fait longtemps que je n'ai pas été aussi heureuse !

Assise sur une pierre mousseuse, les jambes repliées contre sa poitrine et sa tête posée sur ses genoux, elle espérait que ce moment ne se brisât pas. Il n'y avait rien à ajouter ; c'était l'Espoir qui l'animait en ce moment. Même dans les heures les plus sombres, il fallait tenter d'en apercevoir la lueur. C'était peut-être un des sentiments les complexes ; il pouvait être présent dans toutes les situations, s'accompagnant de n'importe quelle autre émotion. L'Espoir était toujours là, accompagnant chaque être tout au long de sa vie. Alors oui, on pouvait vraiment dire que l'espoir faisait vivre. Mais à trop y croire, il pouvait aussi mener à la mort.

Est-ce que l'on se reverra ?

Érina observait d'un oeil inquiet sa partenaire, comme craignant qu'elle ne disparaisse brutalement. Plus elle contemplait son visage, plus le doute et l'appréhension s'installaient. Des sentiments de plus en plus vifs, mais elle attendait une réponse positive pour se sentir soulager. Ou n'importe quelle émotion un tantinet meilleure.

Si tu dois m'oublier ... pense aux camélias, d'accord ?

La Fae plaçait la magnifique fleur blanche dans les cheveux de Bellada, similaire à une broche à cheveux et maintenant ceux-ci d'une chute sur ses épaules.

J'aime le parfum de cette fleur. Et comme c'est ta préférée aussi, cela veut dire que je t'aime aussi.

Érina lui fit un bisou sur la joue.

Ne m'oublie pas.

Puis, elle mit ses mains dans les siennes.

Viens ... partageons une dernière danse !

1370 mots


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Mancinia Leenhardt
Sam 25 Fév 2023, 17:37


Illustration - Xi Ye

Fëry
Idril & Eiko


Je m'ennuyais.

Ce constat était visible sur mon visage, alors que mon menton reposait sur ma main tandis que je contemplais l'immensité des cieux ceinturant le Palais. Mère n'avait jamais vu les choses à moitié et ce devait toujours être l'une des plus grandes conceptrices de cet âge. Où était-elle encore passée, d'ailleurs ? Était-elle avec Père ? Ils aimaient passer du temps ensemble, ces derniers temps, comme s'ils redoutaient une séparation. J'imagine que chaque instant avec l'être aimé était précieux, surtout lorsqu'on avait vécu les Temps Sombres. Si mes parents étaient demeuré égaux à eux-mêmes depuis mon enfance, mon père ne pouvait que s'inquiéter de l'état de celle qu'il aimait, dont l'âge prenait de plus en plus possession ... C'était le lot de tous les êtres vivants, à quelques exceptions près. Une Malédiction qui privait mon peuple d'éternité avait touché ma mère ; elle mourrait bien plus vite que nous tous. Je m'étendis, mes ailes engourdies de paresse ; cela faisait un moment que je n'avais pas voler au creux de Fäeritael, mais il y avait des saisons pour toute chose. Un Bal aurait bientôt lieu et l'effervescence dominait et, en tant qu'organisatrice, je ne pouvais rester dans rien faire quand des étrangers, venus de l'extérieur, viendraient fouler notre terre. Cette politique isolationniste mise en place par mes parents avait trouvé un terme avec moi, lorsque j'étais descendue combattre le Fléau. Ils avaient compris, mais ils avaient été inquiets. Pour eux, nous devions conserver le secret de notre existence, nous prémunissant de nous-mêmes de la famine, de la guerre et des maladies. Tout du moins, nous l'avions fait durant des années.

Comment ? Ce n'est jamais aussi important que pourquoi. Mes parents avaient été chassés de leur pays par des Soldats venus d'un autre ... qui répandaient une maladie méconnue, ainsi que la haine, la violence et les dogmes d'un autre âge. Confrontés à la famine, à la guerre et à la maladie, ils étaient nombreux à se tourner vers ma mère, si douée dans les arts médicaux qu'on la disait bénie des Dieux. En tant que dernier rempart, elle s'était isolée dans la forêt où l'on disait les papillons carnivores. Elle revint après avoir eu une vision. Un moyen de sauver tous les siens. Ils partirent. Ils disparurent dans les airs, très hauts, là où personne ne pourraient les débusquer, à l'abri de tous les maux. Comme un brin d'herbe disparaissait sous un vent violent, leur existence ... s'éteignit en silence. Je me souvenais de mon enfance recluse, dans ces bâtiments que l'on construisait plus grands avec des matériaux en forme de carreaux et de verre pour se prémunir des incendies qui trahiraient notre position. Cette plénitude avait duré, mais à la Surface, le Fléau se répandait encore. Nous en entendions parler par des Faes qui fuyaient et qui arrivaient chez nous dans un état désespéré ... et désespérant. Je pense que c'est quand l'une d'entre elles est arrivée brûlée et n'a pas survécu à ses blessures que je me suis rebellée pour la première fois devant ma mère. Elle m'avait choisie comme héritière légitime puisque mon frère ne voulait pas gérer cette charge ; ce n'était pas un incompétent, mais il n'avait simplement pas la motivation dévorante celle qui nous avait élevée, alors que moi ... J'étais exactement comme elle. Si la Reine avait abandonné la partie pour que nous puissions survivre, ce n'était pas pour autant que je devais l'imiter.

J'ai rassemblé mes frères et soeurs. Et, équipés de notre courage et de nos armures d'argent, nous étions descendues vers la Surface. Celle que nous avions quitté à une époque où nous n'étions que des enfants et pour laquelle nous n'avions pas d'attachement. J'avais mené cet assaut de riposte durant plusieurs années, en arrivant sur les champs de bataille, avant de repartir dans les cieux comme si de rien n'était ; Je refusais de vivre dans la peur ou de voir mon peuple s'y consommer. Il y avait d'autres courageuses pour nous rejoindre ou égayer nos arrêts des combats. Nous avions réussi et nous étions reparties. Notre passage n'était ensuite considéré que comme s'il avait été normal, comme si nous étions une armée régulière et notre existence, à nouveau, disparu sans un bruit. J'avais décidée de n'en faire qu'à ma tête et mon héritage ne serait pas d'être fermé ! Si quiconque menaçait mon pays, dans tous les cas, je le réduirais en poussière. C'est dans un esprit de pacifisme que j'avais chanté notre Appel ... mais je pouvais être aussi terrifiante.

Princesse, tout est prêt. Nous allons faire votre toilette.



Ma Mère ne faisait pas les choses à moitié, encore une fois ... J'avais l'impression de me répéter au quotidien, sur cette idée. Elle m'avait envoyée une robe carmin, agrémentée d'illustrations dorées, reflétant ainsi mon statut aux yeux de tous. Comme si personne ne savait ! De plus, elle s'était dépensée dans les parures en roche de verre ... J'exhalais un soupir, tant les préparations m'épuisaient, rien que l'essayage durait depuis une heure ! J'allais craquer avant même le début de la représentation ! Seule la session de coiffage me détendit et me permis de faire le vide dans mon esprit, avant de me rendre dans une salle de balle éclairée par des lucioles paresseuses aux murs, colorées de pétales dont les propriétaires nous avaient permis de nous en emparer.

Veuillez accueillir l'héritière du trône ! Son Altesse, la Princesse Idril !

Présentement tournés vers mois, tous ces regards me mettaient moins mal à l'aise qu'autrefois, j'y prenais presque goût. Je n'aimais pas vraiment être pouponné, mais en certaines occasions, cela ne faisait pas de mal de prendre soin de soi, surtout pour briller dans les yeux des autres. Toutes ces femmes qui m'entouraient étaient sublimes, les musiciennes étaient talentueuses et les danseuses donnaient l'impression de ne faire qu'un avec le vent et ... Je me figeais, ma respiration s'était altérée. Tant de souvenirs me revenaient, subitement. De quelques battements d'ailes, je m'élevais vers elle.

Eiko, dis-je en souriant. Tu es venue.

Il était impossible que je manquasse une des artistes qui avaient égayé mes nuits après les âpres combats, tout en me rappelant pourquoi je me battais. Le bonheur, la tranquillité et les sourires des miens. Je lui tournais un peu au tour, comme pour vérifier si tout était à sa place.

Ta voix est toujours aussi ravissante. Et ... tu n'es pas mal non plus.

Je m'étais arrêtée, puis aventurée un peu plus près, tout en lui tendant ma main, en signe d'invitation.

Et maintenant, m'accorderai-tu une valse ?

Il serait mal avisé de refuser une invitation royale, je l'admettais, abuser ainsi de son rang était agréable, même si je ne forcerais jamais quiconque à se plier à mes volontés.

À moins que tu ne me préfères mon frère ? m'amusai-je un peu. Il est vrai que c'est un bel homme ... Cela dit, j'ai toujours rêvée d'inviter une belle jeune fille à danser.

Je le vis dans son regard, elle fondait pour moi. C'était mignon, mais ... en acceptant mon invitation, elle me rendait réellement heureuse et comblée.

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[RPPT] - Le Rêve qui enchante, le Rêve qui transcende, le Rêve qui innocente, le Rêve qui ensauvage

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