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 [Coupe des Nations] - Les Jeux de Lubuska

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Miles Köerta
~ Orisha ~ Niveau III ~

~ Orisha ~ Niveau III ~
◈ Parchemins usagés : 1157
◈ YinYanisé(e) le : 20/09/2014
◈ Activité : Traqueur [Corvus Æris] | Marcheur
Miles Köerta
Jeu 23 Jan 2020, 23:27

Les Jeux de Lubuska



Musique du Yicaly : Otar the Foul

« Erine! Erine! S’exclama-t-il tout en s’assurant de garder, au minimum, le son porté par son inflexion : la dernière chose qu’il voulait rencontrer, c’était l’un de ces Buveurs de Sang qui se jetterait dans leur direction à l’entente de sa voix. Je nous ai trouvé de la nourriture! Regarde… »

Ravi par son exploit, le jeune homme déballa son butin, dévoilant aux yeux de sa femme deux tranches de pain, à moitié consommées, ainsi qu’une pomme. Ses imbéciles… Ricana-t-il de satisfaction, bien content – et soulagé – d’être parvenu à réaliser son méfait au nez et à la barbe de ce duo de concurrents. Ils n’avaient rien vu venir. Ils s’étaient retournés, prenant conscience de la situation, une fois sa course déjà bien entamée dans les profondeurs obscures et sinistres de la forêt. Et pour l’heure, le jeune homme se réjouissait, ses dents brillant de mille éclats malgré l’absence presque totale de luminosité à travers les ombres du couvert arborescent. Ils n’avaient pas été suffisamment sur leurs gardes et voilà que le premier venu avait réussi à leur chiper leur ration, soigneusement offerte par les Vampires, avant que l’ensemble des participants soient lâchés comme des bêtes à l’intérieur de la forêt de Myngrimu. Tant pis pour eux… Songea-t-il simplement en haussant des épaules, tendant le morceau de pain à sa compagne, qui lui avait souri en retour avant de mordre dans le moelleux – peut-être un peu trop mou? – du pain. À sa première bouchée, le jeune homme failli la recracher de dégoût, la pâte de la nourriture collant à son palais avec une étrange texture. Prenant sur lui, il joua de sa langue pour déloger le morceau de pain, l’avalant après quelques mâchouillements bruyants et indélicats.

« Ils l’ont foutu dans l’eau, c’est pas possible… » Grommela le concurrent en fronçant des sourcils, se contentant tout de même du peu qu’il avait pour se remplir la pitance.

Cela faisait… des heures? – Une journée devait s’être écoulé, par pitié… – qu’ils courraient et se cachaient dans la forêt pour survivre à la chasse des Vampires. Erine ne semblait pas être totalement présente. Mentalement, je veux dire, pensa-t-il aussitôt en lui jetant un coup d’œil, sa femme continuant de mastiquer le pain qu’elle avait en bouche avant de l’engloutir. Elle paraissait plus lunatique, moins prudente et surtout, elle parlait très peu. Ce n’était pas surprenant, après tout. Elle avait été amenée ici, certainement sans son consentement, pour apprendre qu’elle devait, pour les prochains jours, survivre à l’Épreuve des Vampires de la Coupe des Nations. Elle devait être complètement terrorisée, pétrifiée même, et son comportement, aux yeux du jeune homme, s’expliquait presque naturellement. Il devait la protéger, coûte que coûte. Il ne laisserait aucun Vampire lui faire de mal ou lui remettre la main dessus. Il le jurait sur le vœu qu’il lui avait fait le jour de leurs épousailles.

Crack

Sa tête se redressa, tel un animal effarouché, parfaitement conscient de son statut et de sa situation. Dans des gestes frénétiques, il attrapa la pomme, les restes de pain, arrachant littéralement celui qui se trouvait entre les mains de sa compagne pour les enfoncer dans les poches de ses vêtements.

Crack

L’adrénaline se faisait plus intense, incontrôlable, alors qu’il se dépêchait à effacer toutes traces de leur présence. Ils devaient fuir, peu importe qui se présentait. Ils ne devaient, sous aucun prétexte, se faire surprendre.

Crack, crack

Les pas se rapprochaient à une vitesse lente, mais la démarche était confiante. C’était la confiance du chasseur, la confiance de celui qui savait qu’il était maître du jeu. La mâchoire du jeune homme se contracta, alors qu’il poussait avec acharnement sa compagne dans l’arbre le plus près. Il n’avait pas choisi le lieu par hasard, sachant pertinemment qu’en cas de problème, ils pourraient rapidement aller se réfugier dans les branchages et le feuillage de cet arbre.

Crack, crack, crack, crackcrackcrackcrackcrack!!

La cadence s’était accélérée et sans attendre, le jeune homme bondit dans l’arbre, s’agrippant à l’une des branches pour se hisser. Sa femme ne disait toujours mot, ses yeux rivés sur la silhouette féminine qui s’avançait dans les broussailles. Le jeune homme dégluti, plaquant ses mains sur sa bouche et son nez tout en se collant, par réflexe, au tronc de l’arbre. La Chasseresse humait l’air de son nez fin, les lignes gracieuses et envoûtantes de son faciès fascinant les deux hères tout en les glaçant d’effroi. Ils ne devaient pas bouger. Ils ne devaient pas bouger. Il avait tout fait pour effacer leurs traces, leur odeur se mêlant au parfum de la forêt, à l’humidité des feuilles contenue dans l’atmosphère… Tout irait bien. Tout irait bien. Tout va bien, s’encouragea-t-il intérieurement, coupant net son souffle, de crainte que la moindre inspiration ne cause un déchaînement, que la moindre expiration ne la fasse relever les yeux dans leur direction. Tout était sous contrôle. Elle continuerait son chemin, et il n’aurait plus de probl…

« Si belle... »

Comme sous hypnose, sa femme tendit sa main vers l’Enfant de la Nuit, une rougeur forte et incompréhensible transcendant la pâleur naturelle de sa peau. À ce mouvement, le cœur de l’homme cessa tout battement. Il se faisait tout petit, incapable de dire ou de faire quoi que ce soit. La peur l’avait envahi, la peur l’avait paralysé et il observait, dans un sentiment de choc évident, sa femme. Que faisait-elle, cette PAUVRE CONNE?! QU’EST-CE QU’ELLE FAISAIT?!

« Oooh. »

La voix était aussi exquise que son visage, alors que son nez se redressait vers l’arbre. Son regard, dès lors, les transperça. Il était aussi charmant que dangereux. Ils pouvaient y voir leur impuissance et sa force; ils pouvaient y voir son agressivité cachée, prête à tout moment à être libérée, ainsi que son plaisir certain à les contempler dans leur faiblesse, évidemment charmée par la terreur qu'elle leur inspirait. L’homme tremblait : ses os, sa peau, son cerveau… Il était piégé. Pourquoi Erine? Pourquoi Erine?! La Vampire étira un sourire, dévoilant les crocs de la faim, de la mort.

« Trouvé. »

Crackcrackcrackcrackcrack!!

De nouvelles ombres se joignirent à la sienne. D’abord deux, ensuite trois, ensuite cinq. Des visages se distinguèrent dans la noirceur de cette nuit éternelle, de beaux minois et d’autres aussi affreux que ceux que l’on peignait dans les légendes et les rumeurs les plus morbides.

« J’espère que vous avez apprécié votre repas, poursuivait-elle s’éloignant du tronc dans quelques pas aériens et délicats. Parce que mes Enfants, eux, apprécieront le leur. »


1 077 mots

Explications


Durant la journée précédant l’Épreuve, les participants doivent se rendre sur les côtes adjacentes de Myngrimu. Une escorte vampire possédant une bague de protection solaire les rejoindra. Ils seront alors conduits dans un village économique à l'orée de la forêt. Là-bas, ils seront placés, seuls, dans des chambres d'une auberge plutôt rustique. L'entrée sera surveillée, ils n'auront pas la possibilité de sortir. Tous les participants ne mangeront rien durant la journée et ils commenceront l'Épreuve le ventre vide. Cependant, quelques exceptions existent et les Vampires offriront de la nourriture à certains compétiteurs avant de les jeter dans la zone de chasse. Ces exceptions ne sont là que pour alimenter une certaine tension et rivalité entre les participants, afin d'éviter des alliances entre eux.

Déroulement de l'Épreuve des Vampires : La nuit étant arrivée, les participants seront alors rejoints par une autre escorte qui amènera un second participant à leurs côtés: l'épreuve se jouera, effectivement, en binôme. Cependant, ce binôme n'en est pas tout à fait un : ce n'est qu'un pantin, animé par la magie. Ces pantins auront les traits, la voix et le caractère d'une personne auquel tient le véritable participant. Ils agiront aussi bizarrement durant l’Épreuve en se mettant continuellement en danger, comme hypnotisé et envoûté. Les participants devront tout faire pour emmener, lui et le pantin, au bout de l’Épreuve. Une fois les duos établis, tout le monde sera alors téléporté dans l'immense forêt. Les équipes seront toutes séparées et envoyées à des points différents de Myngrimu.

Avant le départ des escortes, on annonce aux équipes constituées qu'ils devront survivre aux différents dangers de la forêt dont le climat, la faune et la flore, mais surtout les Vampires. Pour cette nouvelle édition, la Lignée Vlad (Lignée de Chasseurs possédant un don pour la traque et un goût pour le jeu) est mise à l'honneur. Ainsi, les Vampires qui chasseront les participants sont des Niveau I ou II, avec leur Père ou Mère, de la Lignée de Vlad. Il est formellement interdit aux participants de tuer les Vampires Chasseurs qui se lanceront à leurs trousses (des participants suicidaires peuvent essayer mais Papa ou Maman ne fera pas de quartiers). Bien évidemment, les compétiteurs auront la possibilité de se défendre, mais ils seront forcés de ruser s'ils veulent avoir une chance de rester en vie. Les Vampires, eux, n'agiront pas dans la demi-mesure pour les coincer et les dévorer. Ils ne se gêneront pas de mettre le feu à un endroit pour les faire sortir de leur trou ou d'empoisonner une source d'eau afin de priver les compétiteurs du maximum de ressources et les affaiblir. Un participant peut aussi se faire traquer par plusieurs Vampires.

Pour remporter l’Épreuve : Il n'y a qu'une seule règle : survivre durant trois jours, au moins. Pour ceux qui y arriverait, ils devront rejoindre l'orée de la forêt, à la nuit du troisième jour. Si un participant souhaite abandonner, il n'aura qu'à sortir de la forêt avant la nuit du troisième jour. Cependant, toute sortie avant cette troisième nuit amènera une disqualification immédiate ou bien pire... Les Vampires ne sont pas friands de sang de lâche, mais ils pourraient parfois faire une exception. Laisser mourir son binôme ou le perdre sans jamais le retrouver, amènera aussi à une disqualification. Autre difficulté pour votre personnage : étant donné le climat ainsi que la végétation de Myngrimu, votre personnage aura bien du mal à avoir une notion précise du temps passé dans la forêt. Il est donc possible qu'il y reste plus de trois jours. Ceci n'entraîne pas de disqualification, mais les Vampires continueront de chasser les participants, tant qu'il en restera dans la forêt.

En bref, le participant et son pantin devront échapper aux dangers de la forêt et aux Vampires. Ils devront survivre durant trois jours, tout en assurant la protection du pantin, leur binôme ayant les traits d'une personne qu'apprécie le participant, et qui aura de véritables tendances suicidaires. Le participant devra donc trouver sa propre nourriture, construire son propre abri. Il n'est pas à l'abri de croiser d'autres participants qui lui voudront du mal ou qui joueront les fourbes en aidant votre personnage pour mieux le poignarder dans le dos au moment opportun. Il ne faut pas oublier qu'il n'y aura qu'une place au sommet du podium. En bref, voyez cela comme un Hunger Games de l'extrême! La Magie des participants sera réduite pour que les gens ayant des points de Magie au-dessus de 10 soit limité, justement, au palier de 10 points de spécialité. Un bracelet vous a été donné, et c'est ce dernier qui a réduit votre Magie. Il vous est impossible de le retirer, puisque seuls les Vampires, à la fin de l'Épreuve, pourront vous l'enlever.

Impact dans la zone : la forêt de Myngrimu est fermée jusqu'à la fin de l'Épreuve.

Candidats PJs : Vous pouvez encore vous inscrire dans ce sujet. Il est possible que vous vous croisiez au cours de cette chasse, que vous vous mettiez des bâtons dans les roues pour survivre (ou, au contraire, que vous vous alliez, dans l'optique de mieux trahir ensuite, qui sait?) Concernant les armes, les participants n'ont le droit qu'à une seule arme, du style arme blanche (couteau, dague, poignard, petite hache, bref, rien de boloss). Cette même arme aurait été fourni par les Vampires avant l'Épreuve. Également, pas d'armure ou quoi que ce soit dans ce style: les participants n'ont que leurs vêtements sur eux et ils seront fouillés pour éviter qu'un plaisantin se pointe avec des objets en plus. Ce qui ne vous empêche pas de vous fabriquer d'autres armes, des pièges, etc., une fois à l'intérieur de Myngrimu.

Candidats PNJs : Idem que pour les candidats PJs, mais il se pourrait bien que l'un d'eux se fasse tuer sous vos yeux…

Chronologie : l'Épreuve des Vampires se déroule avant l'attaque des Goled - Événement de Kaahl.

Durée du rp : Trois mois. Les inscrits auront donc jusqu'au 24/04/2020 pour poster.

Message : Un message unique entre 900 et 3 000 mots.

Un dernier petit mot pour les Vampires : Étant donné qu’il s’agit d’une chasse mettant à l’honneur la Lignée de Vlad, nous laissons ouvert le sujet pour tous les personnages et/ou compagnons faisant parti de la race des Vampires et qui voudraient participer à la traque ^^ Respectez bien vos stats ainsi que le contexte de l’Épreuve même si vous êtes beaucoup moins contraints que les participants de la Coupe des Nations xD

Pour ceux qui participeront en tant que Vampires Chasseurs, vous recevez :
Pour un post de 900 mots
- 1 point de spécialité au choix OU 6 points de RPs ;
Et pour 450 mots de plus, soit 1350 mots
- 1 point de spécialité au choix supplémentaire ♪

Bisous de ma part et d'Aylivae nastae
Et sur ce, à vos claviers, mesdames et messieurs, et bonne écriture! [Coupe des Nations] - Les Jeux de Lubuska 002



[Coupe des Nations] - Les Jeux de Lubuska Signat16
Merci Léto ♪:
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Mer 22 Avr 2020, 00:52




Les Jeux de Lubuska






Spécialités :
- Agilité : 5
- Force : 6
- Charisme : 2
- Intelligence : 5
- Magie : 7

Pouvoirs :
- L'Invocation du Divin Chaos
- Sul Vulon
- Pruzah Aus
- Contrôle de la magie blanche
- Contrôle de la magie noire

Physique : Solheim est un réprouvé à l’allure imposante. Atteignant le mètre quatre-vingt-dix-huit pour une centaine de kilogrammes, il possède deux puissantes ailes duveteuses – l’une noire, l’autre blanche.  Il se balade actuellement torse nu, révélant ses muscles saillants et le tatouage d’aigle qui recouvre l’intégralité de son dos ainsi qu’une grande partie de son torse et de ses bras. Il est plutôt peu poilu au niveau du torse et du dos mais un sillon de poil prend sous son nombril pour se poursuivre vers la région pubienne. Il possède une pilosité plus importante sous les aisselles et sur les bras. Au niveau du bas du corps, il porte une longue culotte gris clair en lin ainsi que de bottes marron en cuir souple. Solheim noue sa chevelure d’un brun cachou en un chignon désordonné sur l’arrière de son crâne, ce qui libère son regard ambré teinté de rouge. Une balafre verticale barre la moitié gauche de son visage aux traits grossiers, formant une cicatrice nette et propre. Il porte autour du cou une sorte de chapelet.
Je suivais les suceurs de sang à travers le hameau qui longeait la forêt séculaire. Les habitations tournaient toutes le dos à l’océan et aux côtes rocailleuses qui le bordaient. Sans doute l’obscurité des hauts arbres offraient-elles un couvert appréciable pour le peuple de la nuit. En observant les cabanons et les baraquements que nous dépassions, je me demandai si l’endroit n’avait pas été créé spécialement pour l’occasion. La Coupe des Nations était un évènement sportif important pour les différentes ethnies, sans doute attirait-elle son lot d’étrangers. J’étais certains que des spectateurs accouraient des quatre coins du globe pour vivre en direct la tension des épreuves. Cependant, je ne remarquai aucun touriste durant notre traversée. Peut-être arriveraient-ils plus tardivement ?

Nous arrivâmes à l’auberge. C’était une bâtisse en bois somme toute assez rustique qui n’offrait que bien peu de confort. Mon escorte m’accompagnait jusqu’à la chambre qui m’était attribuée. Ils m’indiquèrent que l’épreuve ne commencerait qu’au crépuscule et qu’un membre de la garnison viendrait me chercher pour m’amener sur le lieu de départ. En attendant, ils m’invitaient à patienter. Je n’étais bien sûr pas autorisé à sortir et encore moins à me rendre dans la forêt. Toute violation de ces règles entraîneraient inéluctablement ma disqualification. Après s’être assuré que j’avais bien compris le règlement, ils prirent congés et me laissèrent seul dans la pièce.

Je tournai en rond comme un animal en cage. La cellule était dénuée de tout confort ; une table, une chaise, un lit et un pot de chambre, voilà le bien peu de considération que l’on me portait. Les heures se succédèrent - à moins que ce ne soit que des minutes ? Je perdais toute notion du temps ; la lumière extérieure n’atteignait pas la petite lucarne de ma prison. Je décidai de m’allonger sur la couchette et de fermer les yeux, suppliant le sommeil de me délivrer de l’ennui.  

Des coups heurtèrent la menuiserie de ma porte. Les sons secs et répétés me tirèrent hors du rêve. D’une voix plaintive, je marmonnai quelques mots aux visiteurs avant d’entrouvrir les yeux. Je me souvins soudain d’où j’étais et de ce qui m’attendait. Combien de temps avais-je bien pu dormir ? Je n’en savais rien. La poignée de la porte tourna et un vampire entra dans ma geôle. Il était accompagnée d’une silhouette plus imposante que je ne connaissais que trop bien.

«Leya ? Mais que fais-tu ici ?»

Je me relevai d’un bond pour faire face à l’Ange qui avait pénétré les lieux.

«Elle a été désignée pour être votre binôme pour l’épreuve qui vous attend» me répondit le vampire de sa voix rauque.

« J’ai pas besoin d’un chaperon» boudais-je

«Je suis désolé pour vous mais il faudra faire avec. Le règlement…»

«Le règlement c’est le règlement, je sais» le coupais-je.

J’observais ma mère d’un air accusateur. J’étais sûr que ce n’était pas une coïncidence si c’était elle qui avait été désignée. Elle devait s’être organisée pour pouvoir être à côté de moi et surveiller le moindre de mes faits et gestes. Elle était décidément bien collante… D’un côté, j’étais content de ne pas être livré à moi-même dans la forêt mais, à choisir, j’aurais préféré que ce soit Ayleth qui partage cette épreuve avec moi. Je soupirai. Leya-Niera ne me serait pas d’une grande aide pour la survie et le combat.

« Un peu plus de respect, jeune homme. Je te signale que tu représentes ton peuple et que je suis ta mère !»

Ouais, ouais, cause toujours songeais-je.

Le vampire avait déjà fait volte-face quand il nous invita à le suivre.

Nous fîmes quelques pas dans la forêt, accompagnés de nos guides, jusqu’à une clairière où nous attendaient déjà d’autres participants. L’espace était étroit mais nous arrivions tous à nous tenir à distance respectable. J’observais les concurrents d’un œil curieux, tentant de deviner les races qu’ils représentaient. Soudain, un personnage mystérieux grimpa sur une estrade. Il réclama le silence et expliqua le déroulement de l’épreuve. Nous fûmes ensuite appelés par binôme pour être fouillés et recevoir notre équipement pour le concours. Enfin, une fois tous les participants armés, les équipes furent appelées une à une pour traverser un cercle de téléportation.

Séparateur

« Il fait sombre par ici»

Je souris. Leya avait le don d’exprimer les évidences. Alors que nous venions d’arriver, j’ôtais ma tunique sous le regard sévère de ma tutrice, avant de me précipitai sur un pin. D’un coup sec, je plongeai mon couteau dans le tronc millénaire. Mon arme se logea dans le bois mais je continuais à l’y enfoncer en tapant sur le manche.

«Qu’est-ce que tu fais ?» s’interrogea-t-elle d’un air étonné.

«Tu vas voir !»

A force d’à-coups, je réussis à déloger un morceau d’écorce et à faire s’écouler un liquide collant.

«Fais comme moi !» ordonnai-je à voix basse.

Je me badigeonnais de résine et me frottais avec l’humus qui brunissait ma peau. Leya ne bougeait pas. Visiblement, il lui fallait plus d’explications.

«J’ai lu que les vampires avaient un très bon odorat. Je suppose que l’odeur fort du pin mélangé à l’humus couvrira nos parfums et nous offrira peut-être un peu de sursis. Maintenant, dépêche-toi le pin ne va plus tarder à cicatriser.»

«Mais…»

«Pas de mais. Mon épreuve, mes décisions» la coupais-je.

Elle me lança un regard noir mais se résigna à m’obéir. Une grimace de dégoût se dessina sur son visage à mesure qu’elle salissait sa peau diaphane ce qui me vola un léger rictus.

«Bon, il va falloir qu’on bouge rapidement d’ici. Je ne sais pas quelles informations ils ont à notre sujet, mais ça ne m’étonnerait pas que les organisateurs leur transmettent notre position initiale…»

Je balayai rapidement la forêt du regard. La disposition du terrain nous empêchait de déployer complètement nos ailes ; les arbres étaient bien trop proches les uns des autres. Voler n’était pas une option viable, au mieux, nous pouvions planer même si l’absence de vent nous complexifierait la tâche. Cependant, marcher n’était pas envisageable ; l’humus humide était bien trop malléable et garderait en mémoire les traces de nos pas.

Je reportai mon attention sur Leya qui avait cessé d’enduire son corps de boue.

«Tu vas pas me dire que t’as fini là, si ?»

Elle leva des yeux plein d’espoir. Je soupirai.

«Décidément, j’aurais vraiment préféré être avec Ayleth»

«J’ai toujours su que tu la préférais à moi» railla-t-elle

«Oh c’est bon, c’est pas le moment»

J’attrapai une motte de terre et m’appliquai à poursuivre son oeuvre. Ma main glissa du bas de son dos jusqu’à son cou pour terminer sa course à base de ses petits seins. Ce n’est que lorsqu’elle retira violemment ma main de sa poitrine que je réalisai ce qui venait de se produire.

«Non mais ça va bien oui !» s’écria-t-elle.

Mes joues s’empourprèrent.

«Chut, on va se faire repérer ! Bon on va essayer de grimper dans cet arbre et de se déplacer en hauteur. »

Elle jugea l’arbre en face d’elle et bondit jusqu’à la première branche sous mon regard ébahi. Je n’avais jamais pensé qu’elle puisse être aussi agile. Je lui emboîtais le pas, de manière beaucoup moins gracieuse, m’aidant de mes ailes au maximum.  

Séparateur

Une ou deux heures devaient s’être écoulées quand nos estomacs se mirent à gargouiller. Je n’avais rien mangé depuis la veille au soir et je commençais vraiment à avoir faim. Heureusement, ma sieste de l’après-midi avait retardé les effets de ma détresse, ce qui nous avait permis de nous éloigner de l’endroit où nous étions apparut.

«Il faudrait trouver de quoi se sustenter» chuchotai-je à ma partenaire.

Elle acquiesça d’un bref signe de tête.  

Nous continuions à avancer sous le couvert des arbres. Nous avancions lentement mais - au moins - nous ne risquions pas de tomber nez à nez avec des vampires. Nous avions bien remarqué des nids d’insectes et d’oiseaux mais nous les contournions pour éviter de courir le moindre problème - après tout, nous ne connaissions pas la faune locale.

«Là ! » pointa Leya d’une voix enjoué

«Chut !» répétai-je en la fusillant du regard. Décidément, elle avait du mal avec la discrétion. C’était comme si elle faisait tout pour que nous nous fassions repérer.

Je plaquai ma main contre sa bouche et la serrai contre moi. Nous attendîmes de longues secondes, immobiles et taciturnes. Un silence de mort dominait la scène seulement perturbé par le bruit de nos estomacs affamés ; personne ne devait nous avoir entendus. Leya se débattit un peu et je la relâchai ma prise.

«Il faut être prudent. Il n’y a aucun bruit dans cette forêt. Si tu cries à tout bout de champs, tu vas finir par leur donner notre position. On part déjà pas favori alors bon… j’ai pas envie d’être la risée de la race. Et puis… Je peux pas revenir perdant à Stenfek, les autres vont me tuer. » lui expliquai-je à voix basse.

Elle opina du chef et me promit de faire attention.

«Restes ici, je vais aller récupérer quelques fruits sur l’arbre d’en face»

Je revins quelques instants plus tard avec des espèces de gros citrons roses recouverts d’écailles ainsi qu’une sorte de boule brune et épineuse. Ni Leya, ni moi ne reconnaissions ces plantes atypiques, néanmoins nous espérions pouvoir tirer quelques forces de leur ingestion. D’un commun accord, nous décidâmes de prendre un fruit différent chacun dans l’espoir de déterminer leur comestibilité.

Je choisis de croquer dans le fruit épineux. Un jus marron et amer s’échappa de l’intérieur, libérant une odeur écoeurante et insoutenable. Sans respirer, je continuai à avaler les quartiers de pulpes jaunâtres. Le goût n’était pas mieux ; un mélange d’amandes, de sauce aux oignons et de vin. Dès la première bouchée, un arrière-goût tenace anesthésia mes sens. Mais ce parfum pestilentiel, lui, ne me quittait pas.

«C’est pas très appétissant ton truc… Et cette puanteur… Au moins tu repousseras les vampires» ironisa ma mère qui - contrairement à moi - semblait apprécier son repas.  

Séparateur

Nous avions repris la route depuis des heures et pourtant je gardais ce goût détestable dans la bouche. Des borborygmes se manifestaient à intervalles réguliers, signe que mon estomac ne semblait pas non plus apprécier mon alimentation. Des crampes intestinales commencèrent à me plier en deux et je fis signe à Leya de s’arrêter un peu. Les douleurs s’intensifièrent, devenant des coups de poignards qui me traversaient de part en part. Je regardais ma mère d’un air suppliant.

« Tu voudrais pas me soigner là ?» lui demandais-je

Elle m’observa d’un air triste puis son regard tomba vers le sol.

«Je ne peux pas…»

«Comment ça tu peux pas ?» m’emportais-je «Tu vas quand même pas me dire que tu peux pas utiliser tes pouvoirs !»

Je n’eu pas besoin d’attendre sa réponse pour la connaître.

«Nutaar'Kra !» (Putain de merde !) pestai-je

«Je suis désolé mon chéri, je…»

«Plus tard.» l’arrêtai-je d’un geste de la main

Je lui fis signe de ne pas me suivre alors que je rejoignais la terre ferme. Arrivé au bas de l’arbre, j’insérai mes doigts au fond de ma gorge, jouant avec ma glotte, pour faire remonter les restes du repas contaminé. Après quelques essais, ma bouche cracha un liquide acide qui me brûla l’oesophage. Je regardais les morceaux à moitié digérés qui flottaient dans la marre jaunâtre. L’odeur de la bile et du fruit se mélangeait en un parfum absolument immonde. A nouveau, je ressentis une violente contraction. J’eus à peine le temps de baisser mon pantalon que, déjà, le flux alvin jaillit de mon séant, non sans m’arracher de petits gémissements de douleur.  Le fluide s’écoulait si fort qu’il éclaboussait mes bottes de cuir dans un bruissement peu ragoûtant. J’étais là, accroupi, fragile, immobile à la merci de tous et - pourtant - à cet instant, je ne pensais plus à l’épreuve.

Quand je revins auprès de Leya, un long moment s’était écoulé et je me sentais mieux. J’avais un goût infect en bouche, la faim et la soif me tiraillaient toujours mais le pire avait été évité.

«Bon c’est bon, on peut reprendre notre route. Quand même, t’aurais pu me prévenir pour ta magie !» lui repprochai-je gentiment

La jeune femme me regardai avec une profonde tristesse. Des flots de larmes cascadaient en torrent le long de ses joues. Elle hoquetait.

«Je suis vraiment désolé… Je ne voulais pas… Je m’excuse, vraiment… Pardon…»

«Hé calmes-toi. C’est bon, c’est pas grave» lui dis-je en la secouant doucement

Elle continuait à pleurer, se reprochant tous les événements qui m’étaient arrivés depuis qu’elle m’avait recueilli avec Ayleth. J’essayais de la calmer mais rien n’y faisait ; c’était sans doute un effet secondaire du fruit qu’elle avait ingéré. Elle hurlait de plus en plus fort ; j’étais sûr que les vampires l’entendaient geindre et se rapprochaient au pas de course. Alors que je réfléchissais à un moyen de la faire taire, mon corps réagit tout seul ; perdant patience, je l’attrapai par les épaules et la claquai contre le tronc d’arbres. Le choc de sa tête contre le bois lui fit perdre conscience immédiatement. Je regardai son crâne ; il y avait ni plaie ni sang - c’était déjà ça. Je la hissai sur mon dos pour reprendre la route.

«Je t’aime, mais qu’est-ce que tu peux être pénible…» marmonais-je pour moi-même

J’avançais lentement avec le poids de ma mère sur les épaules - d’autant plus que j’étais encore fragilisé par mon indigestion. Je continuais ainsi pendant une bonne vingtaine de minutes avant de m’arrêter, épuisé. Je m’installai contre un tronc massif - après m’être assuré que la vie de ma mère n’était pas en danger - et m’endormis sous la cime des hauts arbres.

Séparateur

Je fus réveillé en sursaut par des cris d’horreur au loin. Je tournai la tête et découvris Leya, assise, qui m’observait.

«Ça fait longtemps que t’es debout ?»

«Assez»

«Tu aurais pu me réveiller» ronchonnai-je

Elle afficha un sourire doux.

«Tu es trop paisible et mignon quand tu dors» risposta-t-elle

«Tu peux m’expliquer ce qu’il s’est passé hier ? Je ne me rappelle pas que nous nous soyons arrêté ici. Et puis, j’ai un peu mal derrière ma tête»

Je fis mine de tousser, cherchant une explication plausible. J’étais content qu’elle ne se rappelle pas du coup que je lui avais porté la veille - Ayleth m’aurait sans doute tué en apprenant ce que j’avais fait à sa femme.

«On a entendu des bruits au loin et nous avons accéléré le pas. Tu me suivais et j’ai entendu un bruit sourd. J’imagine que t’es tapée la tête contre une branche. Du coup, je t’ai récupéré et trainé jusqu’ici.»

«C’est vrai ce mensonge ?» insista-t-elle.

«Bref, c’est pas le moment. Je pense qu’on a des trucs plus urgent à faire.»

«Certes, j’ai soif. Il faut qu’on trouve de l’eau»

J’acquiesçai d’un mouvement de tête. Cependant, je ne savais pas vraiment où nous allions pouvoir trouver de quoi boire en pleine forêt. Il existait bien des systèmes un peu complexe pour récupérer les vapeurs d’eau mais nous n’étions franchement pas équipé pour ça…

« Je ne suis pas sûr qu’on trouve de l’eau ici mais… si c’est pour éviter la déshydratation, on pourrait toujours boire notre urine» proposai-je

«Quoi ?!»

«Ben… C’est ce qu’ils font parfois quand ils partent en guerre dans des endroits hostiles…»

« Je m’en fou que d’autres fasses ça, il est hors de question que je me plie à tes lubies. Boire son urine… Et puis quoi encore !» s’échauffa-t-elle

«T’as une meilleure idée peut-être ?» la narguai-je

Elle fit mine de réfléchir quelques minutes.

«On pourrait chercher de l’eau. Il doit bien y avoir un lac ou un bassin ou que sais-je ! Les nations ne prendraient pas le risque d’envoyer leurs élus sans s’assurer un minimum de leur sécurité !»

«T’es naïve un peu, non ? On est quand même au coeur du territoire du peuple de la nuit et on a des vampires qui nous courent après pour s’abreuver de notre sang… C’est ça la sécurité dont tu parles ?»

Elle se mura dans un silence total.

«Bref, tu fais ce que tu veux. Moi je ne compte pas perdre cette épreuve à cause d’une stupide déshydratation.»

Bien déterminé à étancher ma soif, je taillai un creux dans une épaisse bûche afin d’y récolter le précieux liquide. Je sentais le regard courroucé de Leya sur ma nuque tandis que j’urinais dans mon récipient de fortune.

«Tu ne vas quand même pas faire ça… c’est… c’est…»

«Parce que tu penses vraiment qu’Ayleth ne l’a jamais fait ?» la coupais-je

Cet ultime argument coupa court à la conversation. Elle était vexée ? Tant mieux, au moins elle garderait le silence.

Séparateur

Nous avions repris la route depuis un bon moment. Leya n’avait toujours pas dit mot depuis notre petit différend mais je ne m’en formalisais pas ; elle finirait bien par entendre raison. Cela devait faire un peu moins d’une journée que l’épreuve avait débuté. Jusqu’alors, en nous déplaçant dans les hauteurs, nous n’avions encore croisé personne. Cette épreuve me paraissait moins difficile que ce à quoi je m’étais attendu ; finalement, la plus grande difficulté était de survivre à l’attrition.

«Là-bas !»

Leya-Niera brisa son voeu de silence et m’indiqua une direction sur notre gauche. Je tournai la tête pour découvrir une sorte de bassin.

«T’as vu, je te l’avais bien dit !»

«Ouais, ouais» lui accordai-je.

Nous bifurquèrent en direction de l’étang. Leya-Niera se hâtait, désireuse de se délivrer de sa soif. Sans doute était-ce là l’erreur à ne pas commettre. Nous n’aperçûmes que trop tard le vampire qui guettaient ses prochaines victimes. Alors qu’il se précipitait sur Leya, je lui barrai la route.

«Cours» intimai-je à mon acolyte

Elle commença son sprint et s’arrêta net. Lentement, elle tourna la tête et s’avança vers un autre suceur de sang qui était tapis dans l’ombre. J’étais au prise avec mon adversaire mais mon attention était fixé sur elle. Il fallait que je me débarrasse de mon assaillant au plus vite, il fallait que je la sauve ! Elle avançait d’un pas assuré vers le parasite qui jubilait.

«Non !» hurlai-je

Je sentais ma colère bouillonnait dans mes veines. J’abandonnais tout contrôle sur l’ici et le maintenant. Mon regard ambré se teinta de carmin.

« Eskel Wah Kein Farore » (Invocation du divin chaos)

Mon apparence se mua en une version démoniaque de moi-même tandis que je sentais la colère de l’Autre se mêlait à la mienne.

«Fiik Kom Niimar» (Reflet de l’Autre)

Je m’enfonçai davantage dans les ténèbres et la noirceur de mon côté sombre. Je m’étais toujours interdit d’exprimer cette rage qui vivait en moi mais, en cet instant, je lui laissais toute l’occasion de prendre corps. L’Autre jouait avec moi, comme un marionnette s’amuse avec son pantin. Ils ne l’auraient pas, j’en faisais le serment.

Peu à peu, je me noyais dans ma propre conscience. Je Lui cédais de plus en plus de place, délaissant chacun de mes sens. Je ne sentais plus l’odeur du sang, je ne goûtais plus l’arrière goût de ce fruit immonde, je ne percevais plus la douleur qui lacérait mes muscles, je n’entendais plus les cris d’horreur du champ de bataille, je ne voyais plus le visage angélique de ma mère…




HS:
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Kyra Lemingway
~ Déchu ~ Niveau III ~

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◈ YinYanisé(e) le : 22/03/2016
◈ Activité : Tenancière d'un Bar à vin (rang I) ; Négociatrice (rang I) ; Brasseur (rang I) ; Reine du monde des contes à mi-temps
Kyra Lemingway
Mer 22 Avr 2020, 13:26



Fear the wild hunt
Don't look now
'Cause they're coming around again
Coming around again
Tenderly they look right at me (Tenderly)
I try to look away, but it's too late (Try to look away)
Tenderly they look right at me (Tenderly)
I try to look away, but it's too late (Try to look away)

Les Jeux de Lubuska



Oriane laissa échapper un soupir. Depuis qu'elle avait été placée dans cet isolement étouffant, elle ne faisait que tourner en rond comme un lion en cage, s'arrêtant de temps à autre pour jeter des regards furtifs par la fenêtre. Puis elle reprenait sa marche frénétique. Stressée ? Pour sûr. Qui ne le serait pas avant une épreuve de Coupe des Nations ? Surtout lorsque l'on vous laissait poireauter toute une journée sans mots ni explications. Craintive ? Ça, elle ne le savait pas vraiment. Ses sentiments étaient quelques peu ambivalents  vis-à-vis de ces êtres. Mais au fond, elle se doutait que ce ne serait pas une partie de plaisir. Même les Anges avaient tourné leur épreuve en un duel à mort. Elle inspira profondément et fini par s'asseoir sur sa couche dans une expiration. Craintive, elle l'ignorait, oui. Méfiante par contre... Sa main glissa instinctivement le long de sa nuque, à la recherche de la cicatrice fantôme, un lent frisson parcourant son épiderme au fil de ses doigts. Elle tendait l'oreille. Pas un bruit, ni un mouvement. C'en était presque effrayant. Son regard se porta une nouvelle fois vers la fenêtre. Nouveau soupir. Elle ne s'était jamais rendue compte à quel point les journées pouvaient être si longues.

Alors qu'elle s'était mise à chantonner un doux air pour passer le temps, elle retrouva finalement le silence en même temps que la nuit fit son apparition, c'est à dire, à l'instant même où on lui permit de recouvrer sa liberté. La Déchue se leva lentement du lit pour accompagner le Vampire et rejoindre les autres participants. L'arrivée d'un nouveau groupe détourna cependant son attention des organisateurs. D'abord, elle s'était sentie quelque peu rassurée en apprenant leur identité. Elle ne serait pas seule. Puis elle le fut bien moins en voyant Rajiv tandis que les explications leurs parvenaient enfin. Survivre. A deux. Pendant trois jours au moins. Dans cette forêt. La chose aurait pu être à peu prêt réalisable, mais avec quelqu'un d'autre. Qui a idée de mettre deux Déchus, deux Luxurieux qui plus est, pour une épreuve de survie ? Elle lui jeta un regard sévère. Il le lui rendit, amusé. Ne pouvait-il pas être sérieux deux minutes pour une fois ? Elle se saisit du couteau qu'on lui tendait et se posa une question qui la terrifia. Y aurait-il seulement une seule personne à la fin pour grimper sur le podium de cette épreuve ? A peine eut-elle le temps de relever son regard pour le poser sur la forêt qui les attendait, qu'ils se retrouvaient, elle et Rajiv, à l'intérieur même de cette dernière. Ils étaient seuls. Les autres avaient disparus. Probablement ailleurs. Ou bien la téléportation se faisait-elle en différée et il valait mieux partir d'ici rapidement. Oriane attrapait la main du Luxurieux pour le tirer à sa suite, lui sifflant d'un ton sec, « Tu écoutes le moindre de mes mots. Tu ne t'éloignes pas de moi. Et surtout !... ». Elle s'arrêta brutalement, le Déchu percutant la Luxurieuse qui se tournait face à lui, plongeant son regard dans ses prunelles d'ambres, avant d'ajouter, « Pas un mot. ». A quelques millimètres l'un de l'autre, un sourire lascif se dessinait sur les lèvres du Refute qui commença à glisser ses doigts sous les vêtements de sa mentor « En silence ? Ça peut être amusant. ». Elle lui jeta un regard sévère. « Te fous pas de moi. Tu sais très bien ce que je veux dire. », rétorqua-t-elle en s'éloignant vivement, marquant le visage de Rajiv d'une moue déçue.

A pas de loup, Oriane avançait dans la ténébreuse forêt, ses sens en alerte. Elle avait bien sentie sa magie être réduite. Ça voudrait dire qu'elle devrait utiliser les Artifices de Lucifer avec parcimonie. Aussi, elle croisait les doigts pour ne pas tomber nez à nez avec l'un de ces Enfants de Sympan. Déjà que ces Buveurs de Sang prenaient un malin plaisir à les affaiblir, si en plus elle croisait un Humain qui devait la priver de ses capacités magiques... La Déchue retroussa son nez en une grimace agacée à cette idée avant de froncer des sourcils en devant raffermir sa prise sur la main de Rajiv. « Par Kinath ! Tu vas me rendre chèvre à toujours chercher à te barrer ! », siffla-t-elle entre ses dents en se tournant vers lui. Le Luxurieux arquait un sourcil, la dévisageant. « Si on peut même plus être libre de ses mouvements. ». Oriane se passait une main sur le visage avant de rétorquer, « Tais-toi et avance. ». Un sifflement mécontent échappa du Refute, montrant clairement qu'il aurait préféré être ailleurs, sinon faire autre chose, tandis que la Luxurieuse levait les yeux vers la canopée. Le feuillage était si épais que même les rayons lunaires n'arrivaient pas à filtrer. « Attends-moi là. ». Sur ces mots, Oriane déploya ses ailes qui se fondaient dans l'obscurité des lieux, et s'éleva au plus haut afin de n'avoir plus que quelques mètres à escalader. La tête dépassant enfin la cime des arbres, elle put constater qu'ils marchaient dans cette forêt depuis bien plus longtemps qu'elle ne le pensait. Toutefois, la matinée était encore loin, malheureusement. Elle poussa un soupir avant de redescendre auprès de Rajiv. Ses yeux se firent alors comme des soucoupes, se posant dans toutes les directions. Où était-il ? Elle ne le voyait pas. Il n'était nul part. Commençant à s'inquiéter sérieusement, elle brisa sa propre règle du silence et l'appela à pleine voix, au risque de se faire repérer. Il ne répondait pas. Son souffle s'accéléra comme son cœur palpitait bien trop fort dans sa poitrine. Dans une dernière tentative désespérée elle fini par user enfin des Artifices de Lucifer. « Là-bas ! ». Désactivant sa magie – qu'elle savait ne pourrait plus utiliser avant le lendemain au moins si elle voulait que ce soit sans risques – elle se précipita en direction du Déchu et l'enserra de ses bras afin de le stopper dans sa marche. « Ne refais plus jamais ça. », rouspéta-t-elle dans son dos, collée à lui comme pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une illusion. Il ne répondit rien. Après quelques secondes de silence, elle lui prit la main et l'invitait à lui faire face. « Faisons un compromit. Je te demande de rester à mes côtés pendant trois jours et trois nuits. Et, pendant toute cette durée, je te demande également de calmer tes ardeurs et penser survie plutôt que sexe, ainsi que de m'obéir au doigt et à l’œil. Est-ce que je peux compter sur toi ? ». Il détourna le regard un instant avant de le reposer sur l'Abjecto. « Et c'est quoi la contre-partie ? » - « Ce sera mon tour de te réserver ce même temps. Et ces trois jours là je ne t'ennuierais pas. ». Un sourire lascif se dessinait sur ses lèvres. « Ça me plaît. Je vais essayer de faire ce que tu me demandes. » - « Merci... », lui souffla-t-elle en s'écartant. Car elle savait parfaitement que rester trois jours tranquille serait une tâche ardue pour le Luxurieux. Et elle savait qu'elle aussi devrait faire des efforts, autant pour l'aider que pour elle-même. Refouler sa nature profonde n'était pas dans ses habitudes ni même dans son éducation. « Allons-y. », ajoutait-elle en le tirant par la main qu'elle n'avait pas lâchée.



L'Abjecto se laissa glisser le long d'un tronc arbre. Depuis combien de temps marchaient-ils ? Elle serait bien incapable de le dire. À de trop nombreuses reprises ils avaient fait des détours rapides aux bruits suspects qui les environnaient. Elle était fatiguée. Elle avait faim. Et soif. Du revers de la main, elle essuya son front humide. Ce n'était même pas de la sueur. L'humidité des lieux était tellement dense qu'elle avait fini par perler en fines gouttelettes sur sa peau. Elle était désagréablement moite, et cette sensation la prenait jusqu'à l'intérieur des poumons. Les Vampires pouvaient réellement vivre dans un lieu comme celui-ci ? Elle jeta un regard à Rajiv, assit face à elle. Son regard était perdu dans les tréfonds de la forêt. « A quoi tu penses ? ». Il reporta son attention en direction de sa mentor en l'entendant s'adresser à lui. « Rien de particulier. », répondait-il après quelques secondes. « Pardonne-moi. J'aurai préféré ne pas t'embarquer là-dedans. ». Il ne rétorqua que par un haussement d'épaule. C'est en entendant un cri désespéré et terrifiant, bien trop proche au goût d'Oriane, que les sens de la Déchue se remirent en alerte. La pause avait été trop courte pour être reposante, mais ils ne pouvaient s'attarder ici. C'était à croire que jamais ils ne pourraient profiter d'un instant de répit. Bondissant sur ses jambes, elle se précipita en direction de Rajiv et attrapait son bras en lui soufflant d'un ton autoritaire, « Cours ! ».



Le duo fini par se retrouver à proximité d'une bâtisse et Oriane dût plaquer ses mains sur sa bouche pour étouffer une exclamation de joie. Ils ne s'approchèrent cependant pas immédiatement. De nouveau, la Déchue déployait les Artifices de Lucifer – une journée au moins était donc passée ? – afin de capter le moindre bruit suspect. Alors elle déchanta rapidement, le désespoir se dessinant sur son visage. Bien sûr. Elle aurait fait pareil à leur place. Sans un mot, elle poussa Rajiv, le forçant à reculer tout en lui faisant signe de silence. Elle jeta un œil au sol. Envahit de plantes, feuilles et branches cassés, elle opta pour une autre solution. Tandis qu'elle mettait fin à sa magie, elle déployait ses ailes et intimait Rajiv à faire de même. Trop tard. Puisque le duo prenait la fuite, ce serait eux qui viendraient jusqu'aux Luxurieux semblait-il. La Déchue pesta intérieurement. Les rumeurs ne disaient-elles pas que les Vampires préféraient le sang des personnes pures et vierges ? Aucun des des deux n'étaient vraiment purs, et encore moins vierges ! « Dépêche-toi ! », cria-t-elle à Rajiv en accélérant le rythme de ses battements d'ailes. Fuyant la meute de chasseurs, les images et sensations qu'elle avait ressentie le soir du bal lui revinrent, comme un avertissement. Elle jeta un œil en arrière et, le temps d'un instant, son cœur manqua un battement. « Qu'est-ce que... ? ». Le Refute s'était arrêté en plein milieu de sa course pour faire face à la troupe de Vampire. Pourquoi ? Pourquoi faisait-il une telle chose ? Pourquoi agissait-il de façon si insensé ? Oriane fit demi-tour au plus rapidement qu'elle le put, se précipitant sur le Déchu pour attraper ce dernier au vol par le bras et le tirer hors de portée des Enfants de la Nuit, juste avant qu'ils ne lui sautent dessus. Zigzaguant du mieux qu'elle le put entre les arbres, traînant le Luxurieux à sa suite sur plusieurs mètres, elle s'arrêta en hauteur, s'asseyant sur une branche après avoir relâché le Refute. « T'es un idiot Rajiv ! Un abruti suicidaire qui réfléchi même pas à ce qui peut lui arriver si tu continus d'agir comme ça ! », le sermonna-t-elle dans un souffle colérique. Détournant le visage, elle laissa échapper une longue expiration comme elle se passait une main dans les cheveux. Puis, son regard, plus calme, revint vers son élève. Alors qu'elle allait formuler des explications, ses paroles s'étouffèrent dans sa gorge en entendant des bruits de pas se rapprocher d'eux. Le groupe de Vampires devait avoir à peu prêt deviné leur position. Mais s'ils n'étaient pas arrivés tout de suite, c'est qu'ils ne devaient pas en être certain non plus. Oriane fit de nouveau signe de silence au Luxurieux. Il suffisait de passer quelques minutes inaperçu et ils pourraient reprendre leur route plus sereinement. Pourtant, elle n'était pas rassurée. Son regard posé sur le Déchu, elle ne pouvait que se demander s'il réussirait à se faire discret durant ces minutes salvatrices. Aussi, elle prit une précaution supplémentaire. Se rapprochant doucement de lui, elle glissa une main derrière sa nuque et agrippa sa chevelure à pleine main, avant de se saisir langoureusement de ses lèvres. Ainsi, elle avait sa pleine attention pour qu'il n'agisse pas de façon inconsidéré et sa bouche était trop occupée pour qu'il prononce le moindre mot pouvant trahir leur position. Du coin de l’œil, elle surveillait le contre-bas. Et, comme prévu, après quelques minutes, quand elle jugea la situation plus sécurisée, elle s'écartait du Déchu, qui avait abandonné ses lèvres pour ses seins qu'il mordillant du bout des dents, ses mains parcourant le corps échauffé de l'Abjecto avec envie. Elle put  alors voir l'air contrarié sur le visage de ce dernier en même temps qu'il prit la parole. « T'es sérieuse ? ». Elle laissa échapper un soupir en même temps qu'elle regagnait lentement le sol, rapidement rejoint par le Luxurieux. « D'abord tu me dis d'être tranquille, ensuite tu me chauffes pour laisser les choses en plans ? », continua-t-il, bien trop fort. « La ferme. On doit filer. », sifflait la Déchue. « Arrête, te fous pas de moi. J'ai bien vu que toi aussi t'en crève d'envie. ». Elle ne dit rien, le dévisageant d'un air irrité. Mais il n'avait pas tord. Après tout, chassez le naturel et il revient au galop. Surtout lorsqu'on le provoque. « On doit y aller je te dis. », conclut-elle finalement, mettant un terme à cette dispute qui n'avait pas lieu d'être. Pas maintenant.



Malgré le creux de son estomac, l'intensité de l'épreuve lui faisait régulièrement oublier la sensation de faim qui pouvait saisir la Déchue. Elle ne voulait toucher à rien dans cette forêt et l'avait fait rudement comprendre au Déchu qui avait attrapé quelques baies un peu plus tôt. Elle avait plus confiance en un steak d'Ur'Welluff qu'en quoi que ce soit qui traînait ici. Cependant, un autre problème se posait. Ils n'avaient pas trouvé un seul point d'eau depuis le début de l'épreuve, ce qui n'aidait clairement pas. Sa gorge était sèche et sa bouche pâteuse de l'humidité ambiante. Adossée à un arbre, elle sombrait doucement dans la fatigue malgré ses efforts pour lutter contre. Son regard se posait un instant sur Rajiv. Puis, elle se leva pour se rapprocher de lui, s'asseyant à ses côtés, et posa sa tête contre son épaule. « Ce n'est pas contre toi tu sais. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose. Il y a bien plus de monde qui tiens à toi que tu l'imagines. ». A nouveau il ne lui répondit que par un silence, son regard plongé dans le vide. Une seconde elle supposa qu'il dormait, jusqu'à ce qu'il tourne son visage vers elle. Peut-être allait-elle se permettre une pause, finalement. Elle resserra sa prise sur le bras du Luxurieux afin d'être certaine que ce dernier ne l'abandonne pas au milieu de son repos. Et, lentement, elle s'abandonna à l'épuisement, dormant d'un œil seulement malgré tout.



Oriane poussa un soupir. Depuis combien de temps étaient-ils en train de divaguer en ces lieux ?  Deux jours ? Trois ? Cinq ? L'obscurité constante empêchait quelconque reperd temporel. Le seul point positif actuel : ils avaient enfin trouvé un point d'eau potable. Aussi s'étaient-ils installés à proximité, jusqu'à devoir de nouveau s'enfuir. En vérité, l'Abjecto commençait à en avoir marre de courir à travers les bois. Elle commençait à en avoir marre d'échapper aux différentes bêtes peuplant Myngrimu et aux Enfants de la Nuit les traquant. Elle commençait à en avoir marre de veiller sur Rajiv comme on veille sur un enfant en bas âge. Aussi, cela faisait quelques temps qu'elle y réfléchissait. C'était dangereux, évidemment. Mais après avoir vu la mort une fois, que peut-on craindre de plus ? La serrer dans ses bras ? Elle avait déjà cru y venir lors de sa première morsure. « Attends-moi ici. », fit-elle en se levant pour se diriger vers la source. Se saisissant du couteau, elle posa un regard appuyé sur ce dernier, remettant une dernière fois en question son idée. S'offrir en offrande pour savoir depuis combien de temps ils étaient ici ? La plupart des vampires qu'elle avait pu voir lui faisait penser aux jeunes Déchus. Incontrôlable. Incapable de ne résister à leurs désirs primitifs.  Elle fit de nouveau glisser sa main sur son cou. Non. C'était une mauvaise idée. La voilà à prendre des décisions aussi absurde que son élève. Ce n'était pas bon. Elle rangea l'arme et retournait auprès de Rajiv. Il n'avait pas bougé cette fois-ci. Mais il semblait en pleine contemplation des ténèbres englobant les bois. Se postant face à lui, Oriane lui tendit la main pour l'aider à se lever. « Allons-y. Quittons ces lieux. Dès maintenant et définitivement. ». Elle se foutait à présent de la réussite ou de l'échec de cette épreuve. Tout ce qu'elle voulait, c'était retrouver un air frais et l'activité des rues de la capitale Déchue. Être elle-même, loin des restrictions, des tensions et des abstinences.
Quiconque est loup, agisse en loup

Codé par Heaven sur Epicode



Mots 2821 (bonne lecture et merci ( ._. ? /mur) à tous les deux pour cette CdN  nastae )
Précisions sur les Artifices de Lucifer:
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http://lesterresdesympan.forumactif.com/t34243-kyra-lemingway-la
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~ Réprouvé ~ Niveau II ~

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Ven 24 Avr 2020, 07:12


Images de Janella Custodio # & jingyu shen #
Les Jeux de Lubuska

Hanako frissonna tout en nouant ses bras autour de ses jambes, repliées contre son torse. Il ne faisait pas froid, plutôt moite, mais elle n'arrêtait pas d'être prise de spasmes : l'atmosphère lugubre lui donnait la sinistre impression que quelqu'un la suivait ou l'épiait en permanence. Le problème était que cette sensation pouvait devenir réelle et justifiée à tout moment : les Vampires rodaient, prêts à les attaquer et les décimer dès l'instant où ils les repéreraient. La paranoïa s'était vite installée et, désormais, la jeune fille ne savait plus faire la différence entre ses divagations et le véritable frisson du danger. Inquiète, elle laissa traîner son regard sur les alentours, veillant à ce qu'il n'y ait pas de prédateurs dans les parages. Elle craignait que le feu qu'ils avaient allumé, bien que tout petit, les attire - qu'il s'agisse des buveurs de sang ou bien des créatures sauvages qui peuplaient les bois. La blonde avait essayé de repousser le plus longtemps possible le moment où elle devrait le faire. Elle n'avait pas tenu très longtemps à vrai dire. Ou peut-être que si ? Elle n'en savait rien. L'absence d'indicateurs temporels la déstabilisait bien trop. Combien de temps s'était écoulé, depuis qu'ils avaient été téléportés dans cette forêt ? Une journée entière, peut-être même deux ? Quoi qu'il en soit, elle avait fini par céder et avait accepté d'allumer ce feu, qui indiquait bien trop clairement leur position. Dès lors qu'ils auraient fait cuire toutes leurs rations, ils l'éteindraient et se remettraient en route. Hanako avait réussi à trouver quelques racines comestibles qu'elle avait découvert durant son court laps de temps auprès des Ygdraë : lorsqu'elles étaient bien cuisinées, elles avaient un goût sucré et doux. Dans les conditions actuelles néanmoins, elle s'était contentée de les jeter sur les coins des braises et les faisait tourner. Une fois les tubercules calcinés, elle les retirait du feu et en mettait quelques autres à cuire, manipulant le tout avec une branche. Elle laissa refroidir quelques secondes les racines puis commença à gratter la croute noire qui s’était formée autour. Il ne restait plus grand-chose à manger, finalement, mais c’était mieux que rien.

La blonde se retourna vers son acolyte. Bae. Lui aussi était accroupit, son regard perdu dans les flammes. Léthargique, il patientait en silence. L’Orine soupira. Elle était rassurée de constater qu’il s’était un peu calmé. Depuis leur départ, le comportement de son ami d’enfance l’avait alarmé. Il s’était montré particulièrement négligeant. A croire qu’il faisait exprès de se montrer le plus bruyant possible, en parlant à voix haute et forte et en trainant et tapant des pieds. Sans oublier ses soudaines périodes de somnolences : à plusieurs reprises, le garçon s’était subitement arrêté et sa camarade avait dû jouer des pieds et des mains pour le forcer à se remettre en marche. Mais, le plus bizarre qu’elle l’avait vu faire, c’était de se poser et de se frotter contre des arbres… Comme un chat qui essaierait de marquer son territoire. En le voyant faire, Hanako avait été submergée par l’affolement et une colère qu’elle n’aurait jamais pensé diriger contre lui. S’il essayait de les faire tuer, il y parviendrait en continuant ainsi ! Et dire que voir son visage l’avait rassuré dans les premiers temps… désormais, même la solitude lui paraissait plus enviable que de se faire accompagner du musicien. Elle lui en voulait atrocement de se montrer aussi égoïste et aussi peu raisonnable. Pourtant, elle ne pouvait pas se permettre de le lâcher des yeux plus de quelques secondes, de peur qu’il refasse une bêtise… La Sœrei soupçonnait qu’il fasse tout cela délibérément, afin d’attirer les Vampires à eux… Même si elle avait essayé de refouler tous ces souvenirs au plus profond de sa conscience, elle n’avait pas oublié ce qu’il leur était arrivé sur le territoire Vampirique. Et surtout, elle n’avait pas oublié la question qu’il lui avait posé. Ce qu'il s'est passé au Fjörd, c'était si terrible que ça ? A croire que lui avait apprécié ce qu’il leur était arrivé. A croire qu’il voulait réitérer l’expérience. Hanako inspira profondément puis soupira, lasse. Peut-être était-elle de mauvaise foi. Elle non plus n’était pas irréprochable. Elle avait cédé et avait allumé ce feu, qui devait briller aussi intensément qu’un phare en pleine mer. Et puis, elle était peut-être injuste à le juger aussi durement alors qu’il était dans le même bateau qu’elle : peut-être réagissait-il simplement différemment au stresse… La jeune fille n’avait pas l’habitude. C’était normalement Bae qui gérait les situations difficiles, tel un grand-frère prenant les choses en main. Maintenant que le rôle lui revenait, elle trouvait la tâche particulièrement ingrate.

« Tiens, mange. » chuchota l’Orine en déposant quelques racines entre les mains de son camarade. « Il faut reprendre des forces… On n’a presque rien avalé depuis le début de l’épreuve. » Elle avait vu que quelques participants s’étaient vu offrir des sacs. Il n’y avait pas l’ombre d’un doute, ils devaient certainement contenir des rations de nourriture. Ou bien des armes. De quoi être avantagé, en tout cas. La blonde avait senti la jalousie la ronger de l’intérieur en comprenant cela. Pourquoi n’avaient-ils pas pu profiter de ces sacs, eux ? Il ne servait à rien de ressasser tout ça : il était trop tard désormais. Il fallait se tourner vers le futur. Vers leur stratégie pour remporter la Coupe des Nations ou, au moins, survivre à ce cauchemar éveillé. Hanako pensait avoir été plutôt maligne jusque-là. Après avoir été téléportés, ils s’étaient dirigés vers une direction au hasard. Elle avait usé de sa magie -son contrôle de la nature - pour faire disparaître leurs empruntes. Cette technique lui avait demandé beaucoup d’énergie et elle n’avait été capable d’en user que pour quelques centaines de mètres mais, au moins, cela empêcherait leurs poursuivants de les trouver trop facilement s’ils se rendaient directement à l’endroit où ils avaient été envoyés. Ils n’avaient fait que marcher, toujours dans la même direction, s’arrêtant uniquement pour se reposer, récolter à manger – ils avaient trouvé quelques baies avant de tomber sur ces racines qu’avait reconnu Hanako – ou pour uriner. La nuit – ou ce qu’ils considéraient comme tel – ils grimpaient dans un arbre et trouvaient des branches où s’allonger. Hanako avait alors à nouveau usé de sa maîtrise de la nature pour former une sorte de ceinture, les empêchant de se tourner dans leur sommeil et de tomber au sol – et comme ça, Hanako s’assurait que le blond ne partirait pas vadrouiller tout seul en plein milieu de la nuit.

Alors que ses pensées tourbillonnaient vers la marche à suivre et qu’elle grignotait les racines sans réel entrain – l’angoisse en était venu au point où elle n’avait plus le moindre appétit, mais elle savait qu’elle devait manger si elle ne désirait pas s’écrouler de fatigue – la survivante ne fit pas attention aux bruits qui se rapprochaient. Elle ne s’en aperçut que lorsqu’une ombre se jeta hors des buissons. Effrayée, Hanako se jeta sur son couteau puis se releva, se mettant devant Bae qui n’avait pas esquissé le moindre geste pour fuir. Tremblant de tout son corps, maladroite, elle tendit ses bras devant elle, tenant sa lame pour dissuader l’intrus de s’approcher. Son air horrifié et les larmes qui dégringolaient sur ses joues n’étaient pas du meilleur effet et la fébrilité avec laquelle elle parvenait à tenir sur ses jambes montraient clairement qu’il serait aisé de la désarmer et de la tuer. Pourtant, la silhouette n’esquissa pas le moindre geste dans sa direction. C’était une femme, d’environ son âge. Elle était chétive et, en voyant les flammes, elle s’était simplement arrêtée pour les observer, comme obnubilée. « Jasmine ! Jasmine revient tout de suite ! » Une voix, chuchotant aussi bas qu’elle le pouvait, s’éleva des buissons dont avait surgi l’intruse. Elle fut bientôt suivie par une seconde femme. Cette dernière braqua à son tour son arme dans la direction de l’Orine. Elles s’observèrent quelques secondes en silence, puis l’inconnue soupira, visiblement soulagée. « Vous n’êtes pas des vampires. » Ce n’était pas une question. La femme rangea son arme dans sa ceinture puis attrapa sa compagne par les épaules. « Jasmine, ne me refais plus jamais ça ! Qu’est ce que tu croyais faire, en te mettant à courir comme ça, hein ? Surtout vers du feu ?! Tu veux qu’on se fasse repérer ?! » La femme parlait à voix basse mais la blonde n’avait aucune difficulté à l’entendre. Tout était si silencieux, ici, que ses oreilles ne pouvaient que se focaliser sur le son de sa voix. Comprenant peu à peu que ces deux femmes ne lui voulaient pas de mal, elle baissa enfin son arme. Elle ne la rangea pas, se contentant de la garder dans sa main. Son regard restait obstinément braqué dans leur direction. « Vous… Vous nous avez vu de loin ? » « Et comment ! Je suis surprise que des Vampires ne vous soient pas encore tombés dessus ! Vous avez vraiment une bonne étoile qui veille sur vous, tous les deux. Mais faites attention à ne pas en abuser… » La femme mûre regarda un instant Bae, qui dégustait toujours ses racines d’un air dégoûté. « Vous… Vous avez de quoi manger ? » Hanako fronça les sourcils. Elle se méfiait. Allaient-elles les voler ? Si elles se montraient hostiles, l’Orine n’hésiterait pas à riposter. « C’est que… Jasmine a… Elle a mangé toutes les plantes que j’avais réussi à récolter et… Il ne nous reste plus rien. » La musicienne cligna des yeux, sans parler. « Nous… Nous avons de l’eau. Elle n’était pas empoisonnée. Nous avons déjà bu dedans et nous n’avons rien eu. » La femme sortit une gourde en peau. La vision de cette dernière rappela à la participante à quel point elle avait soif. Ils étaient tombés sur un petit ruisseau il y a plusieurs heures mais la déshydratation était à nouveau proche. Avant qu’elle ne puisse donner une réponse, le blond se leva et attrapa l’eau pour la boire goulûment. Hanako soupira. « Ce sont des racines. J’essaye de les faire cuire mais ça n’a pas grand effet. C’est très caoutchouteux mais elles sont comestibles. J’en ai déjà mangé. » Hanako se baissa et attrapa une poignée de ses récoltes qu’elle tendit à la femme. Jasmine tendit la main pour s’en emparer mais sa chaperonne lui donna une tape pour l’en dissuader. « Merci… » « Vous savez depuis combien de temps nous sommes ici ? » « Je ne sais pas. Deux jours déjà, c’est certain… Je dirais qu’il reste encore bien une quinzaine d’heures avant le troisième jour… » Plus que quinze heures ? Hanako esquissa un sourire. Une part d’elle-même ne pensait même pas qu’elle serait capable de survivre aussi longtemps. A son tour, la blonde s’empara de la gourde et y bu avidement. Elle tendit l’objet à ses concurrentes. « Vous pouvez garder l’outre. Nous en avons une autre. » Hanako resta stoïque un instant avant de répondre. « Vous… Ils vous ont donné des provisions, au début de l’épreuve ! » C’était une accusation. Son regard s’était fait dur, médisant. Elle attendait des explications mais, avant que celles-ci ne viennent, un cri déchira le silence de la forêt. Hanako hoqueta de surprise et se tourna dans la direction d’où provenait le hurlement. « Vite, il faut partir ! » chuchota, alarmée, l’arnaqueuse. L’Orine oublia ses racines et s’empara de son camarade par le poignet, commençant à jeter de la terre sur le feu pour essayer de l’éteindre – s’ils avaient réussi à entendre aussi distinctement ce cri, les Vampires risquaient de les repérer rapidement grâce aux flammes. Qu’est-ce qu’elle avait été idiote ! « Non ! N’éteint pas les flammes ! S’ils les voient, ils viendront d’abord par ici, en pensant qu’on ne les a pas entendus… ça les ralentira pour leur traque. » Hanako hésita un instant – depuis qu’elle avait comprit que ces deux femmes faisaient parties des privilégiées, elle ne savait plus si elle pouvait leur faire confiance : elles étaient soudainement devenues les ennemies.

Pas le temps de réfléchir néanmoins, les deux intruses repartaient déjà par là où elles avaient surgi plus tôt. Paniquée, Hanako tira son camarade derrière lui. « Qu’est-ce que tu fais ? J’aimais bien le feu. » Il parlait fort. Encore. Ne comprenait-il vraiment pas à quel point la situation était grave ? La jeune femme commençait à avoir de sérieux doutes… Avait-il… été hypnotisé par les Vampires ? Ils n’avaient pas été gardés ensemble, après tout. L’un des buveurs de sang aurait tout à fait pu prendre le contrôle de son esprit et faire en sorte de le forcer à se montrer suicidaire ! « Non, Bae, il faut partir ! Le danger arrive ! » « Mais – » « Pas de mais ! » La blonde s’arrêta un instant. D’une main, elle avait recommencé à cacher leurs traces en usant de sa magie pour recouvrir leurs empruntes avec des feuilles mortes et des racines. Le travail était bâclé, cette fois-ci, mais au moins permettait-il un semblant de discrétion. Sa tâche fut interrompue lorsqu’elle se retourna vers son ami et qu’elle plaça ses mains de chaque côté de son visage. « Bae ! J’ai déjà perdu Ran… Alors… Je ne veux pas te perdre toi aussi ! Mais pour ça… Pour ça, il faut que tu te ressaisisses et que tu m’obéisses, d’accord ? » Peut-être était-ce l’urgence dans sa voix où les effets de l’hypnose qui diminuaient mais le garçon sembla regagner un semblant de conscience. Il acquiesça lentement et la jeune fille se remit à les guider, avançant toujours droit devant elle, dans une même et unique direction, tout en recouvrant leur trace jusqu’à être trop épuisée pour continuer.

Des cris, dans leur dos, ne tardèrent pas à se faire entendre. Sans doute était-ce Jasmine et celle qui l’accompagnait. Hanako déglutit avec difficulté mais se força à continuer à avancer devant elle, sans se retourner. Quinze heures. Quinze petites heures. Ils avaient passé le plus dur. Désormais, le plus important était d’avancer pour retrouver la lisière de la forêt et en sortir une fois qu’ils seraient certains que les trois jours se seraient écoulés… Cela dit, ça signifiait également que la zone devait grouiller de buveurs de sang. Les candidats encore en lice devaient avoir commencé à retourner vers la frontière de leur liberté. Le moyen le plus certain, pour les prédateurs, d’attraper à manger était de se poster à la lisière et d’attendre… Il faudrait se montrer vigilent. Plus encore qu’avant. Bae semblait s’être légèrement calmé… Peut-être était-ce possible ? Un sourire léger, presque inexistant, releva la commissure des lèvres de la blonde. Finalement, tout espoir n’était pas perdu.

A peine se disait-elle cela qu’une nouvelle menace se manifestait. Peut-être était-ce dû à ses sens en alerte ou parce que, comme l’avait supposé l’inconnue, une bonne étoile veillait sur elle. Toujours est-il que Hanako s’aperçut de la présence des chasseurs avant qu’ils ne les flairent. Son instinct de survie prenant le dessus, elle se plaqua contre un tronc, entraînant Bae avec elle et maintenant une main sur sa bouche pour qu’il se taise. Lentement, elle se glissa au sol. « J’ai entendu quelque chose par-là ! » La voix était à peine humaine. Presque bestiale. C’est ce qui paraissait à Hanako. Son cœur tambourinait dans sa poitrine tandis qu’elle entendait des fougères bouger. Son cerveau turbinant au maximum de ses capacités, elle regarda au-dessus de sa tête. Des branches. Vite. Se concentrant sur l’une de celles de l’arbre voisin, l’Orine usa de son contrôle de la nature pour en détacher une, qui chuta jusqu’au sol, juste devant le Vampire qui essayait de s’approcher. Le cœur au bord des lèvres, Hanako sentit sa tête tourner dangereusement, et la nausée pointer le bout de son nez. Elle avait trop usé de sa magie. « Woah ! » s’exclama-t-il. Le duo tourna autour du sapin, regardant la cime des arbres. « Tu vois, je t’avais dit que c’était rien. Allez, faut qu’on se grouille si on veut pas que tout le garde-manger se tire ! Reste plus que quelques heures. » Le traqueur pesta mais tourna les talons. La menace fila loin des deux proies.

Hanako resta immobile un long moment, serrant Bae contre elle. Elle ne savait plus vraiment si c’était pour le maintenir silencieux ou si elle avait simplement besoin de cette étreinte pour se consoler – quoiqu’il fut étrange d’enlacer quelqu’un d’aussi absent psychiquement. Elle tremblait. Pleurait, aussi - mais silencieusement.

Quinze heures.
Plus que quinze petites heures.
Les plus éprouvantes qu’elle vivrait, sans doute.
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Priam & Freyja
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Ven 24 Avr 2020, 10:10



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Les Jeux de Lubuska

Coupe des Nations | Vampires | Priam



Il faisait moite. Ni chaud, ni froid. L’épaisse ramure des arbres ne laissait pas filtrer la lumière de la lune. Une nuit noire, sourde et gluante les enveloppait. Çà et là, des bruits tranchaient le silence. Priam resserra sa main sur le poignet de Laëth. « Surtout, tu restes avec moi, hein ? Pas de risques débiles, d’accord ? » Il connaissait sa sœur suffisamment pour savoir qu’un élan d’héroïsme ou une défaillance de son instinct de survie – bien qu’à la réflexion ce fût à peu près la même chose – pourrait survenir à tout instant. « Ça va, je suis pas une gamine. Grand frère. » ironisa-t-elle. Sans ménagement, elle arracha son bras à son étreinte. Il la regarda en plissant les yeux, mais ne dit rien. Il n’avait aucune envie de se disputer avec elle, surtout pas dans ces conditions. Leurs éclats de voix pourraient attirer les prédateurs humanoïdes, ou toute autre menace qui vivrait dans ces bois. Au demeurant, cette épreuve le mettait suffisamment sur les nerfs : il n’avait pas besoin d’une source de stress supplémentaire. « Bon… la priorité, c’est l’eau, la nourriture, et un abri. » Certains avaient eu à manger avant le début de l’épreuve, mais pas eux. Ils marchaient côte à côte. « Je ne sais pas si un abri est une bonne idée… » - « On devrait dormir à la belle étoile ? Enfin… à la belle étoile sans étoile. » grommela-t-il. « Non, on ne devrait pas dormir du tout. Ou alors très peu. » Le brun fronça les sourcils avant de grimacer. C’était risqué : sans sommeil, ils seraient affaiblis et inattentifs. Toutefois, sa mère répétait souvent une phrase, qu’elle tenait de ses années de combat intense. « Parce qu’une cible immobile est une cible morte. » La jeune femme ne répondit rien. Ce constat était déplaisant. Pourtant, une proie ne pouvait pas se permettre de profondément se reposer et il le savait. Les chevaux dormaient souvent debout, et toujours d’un seul œil. Ils étaient toujours prêts à détaler à l’approche d’un attaquant. Ils devraient se comporter de la même façon. Aux aguets, incertains, en danger.



« Chut ! Baisse-toi ! » Priam tira sur la manche de Laëth pour qu’elle s’accroupît près de lui, derrière un buisson au feuillage dense. « Regarde ! » murmura-t-il. « Oh ! » - « Chut ! » En face d’eux, un cerf buvait, penché sur une petite mare. L’Ange sentit son pouls s’exciter. Non seulement, ils venaient de trouver de l’eau, mais en plus, elle avait attiré à elle de la nourriture. Il ignorait depuis combien de temps ils marchaient à l’aveuglette entre les arbres, cependant, il avait soif, faim et sommeil. Jusqu’ici, les choses s’étaient plutôt bien passées. De temps à autre, l’Aile Blanche essayait de percer à travers la canopée afin de voir poindre la lueur du jour ou celle de la lune : ce n’était pas aisé. Étonnamment, ils n’avaient croisé ni Vampire ni bête sauvage. Des moustiques les avaient piqués, et les boutons qui en avaient résulté semblaient gratter plus virulemment qu’à la normale, mais rien d’insurmontable. Avec un peu de magie blanche, la sensation s’apaisait. Pour éviter de se promener avec un écriteau « chair fraîche » qui attirait les insectes – et probablement tout le reste aussi –, les deux Anges s’étaient enduits de terre – et sans doute d’excréments, si on se fiait à l’odeur. Toutefois, Laëth semblait plus décidée que jamais à n’en faire qu’à sa tête, si bien qu’elle avait failli les faire tuer à plusieurs reprises – en voulant pénétrer dans une tanière dont l’entrée était ravagée par des coups de griffes, en ayant l’idée lumineuse de sauter par-dessus un gouffre au lieu de voler, ou encore en chantonnant et en parlant trop fort. Le fils de Réprouvés avait eu des envies féroces de la frapper ou de l’attacher tout en haut d’un arbre pour ne revenir la chercher qu’à la fin de l’épreuve. C’était une mauvaise idée, alors il ne l’avait pas fait. Il raffermit sa prise autour du bâton. Au gré de leurs pérégrinations, il en avait ramassé un et avait fixé au bout son couteau. Cette lance de fortune permettait de dégager le passage, d’avancer avec plus de sécurité et, à cet instant, elle apparaissait comme l’outil idéal pour percer le flanc du cervidé. « Donne, je vais le faire. » lui intima Laëth, avant d’insister : « Je vise mieux que toi. » C’était vrai. Ou en tout cas, c’était vrai quand ils étaient tous les deux saouls et qu’ils jouaient au lancer de haches. Méfiant, il lui donna l’arme. Par instant, il avait l’impression que ce n’était pas sa sœur, mais une copie conforme à l’instinct de survie encore moins développé que l’originale – c’était dire. Cela lui semblait si improbable qu’il n’y réfléchissait pas plus. De toute façon, les bracelets qu’ils portaient altéraient trop leur magie pour qu’elle pût être autre chose qu’un individu de chair et de sang. L’absence de lumière, le manque de sommeil, la faim et la soif torturaient suffisamment son esprit pour qu’il élaborât des théories farfelues.

La jeune femme se releva légèrement pour être plus à l’aise sur ses appuis, puis se déplaça. Elle cherchait le meilleur angle. Priam ne la quittait pas des yeux. Soudain, elle s’arrêta et se redressa tout à fait. Que faisait-elle ? Il chercha autour d’eux un signe qui aurait pu expliquer son comportement, mais ne vit rien. Lentement, elle s’approcha de la marre. Un caillou, jeté depuis l’autre côté de la surface aqueuse, frappa sa surface lisse. Le cerf releva vivement la tête. Il poussa un brame surpris, puis inclina l’encolure, comme s’il s’apprêtait à charger. Priam bondit. « Laëth ! » Tandis qu’il se ruait vers elle, les bois de la bête s’enflammèrent, puis son front, son museau, son cou, jusqu’au début de son avant-main. Son cri résonna à nouveau, et le feu de son corps lécha les branches les plus proches : comme si elles étaient enduites d’huile, elles flambèrent. Une gerbe brûlante jaillit dans leur direction : il attrapa sa cadette par la taille pour la plaquer au sol et s’aplatit sur elle. « C’est si beau… Il est si beau… » souffla-t-elle, ses iris verts tournés vers le feu qui engloutissait le décor. Plus précisément, elle fixait une haute silhouette, à l’allure aussi dangereuse que séduisante. Les yeux écarquillés, l’Ailé reconnut un Suceur de Sang. Une branche craqua et tomba : le brasier se répandit sur la mousse et l’herbe à une vitesse désespérante, mais eut l’avantage de faire reculer vivement le prédateur. « Vite, viens-là ! » Le brun se releva et tira sa sœur avec lui, qui se débattait pour rester sur place – le manipulateur avait dû l’hypnotiser. Il se mit à courir. Le cerf galopa à son tour. Partout où il passait, la forêt sombrait dans les flammes. Ils ne pouvaient le savoir, mais la Créature de la Nuit n’était pas seule : la course du cervidé créa une barrière entre eux et les Vampires. Cela leur sauva probablement la vie. Des hurlements d’animaux résonnèrent entre les branchages. L’urgence bouillait dans les tripes de l’Ange : il fallait fuir, loin, et vite. La densité des troncs les empêchait de déployer leurs ailes, ce qui aurait pourtant facilité leur course. Priam se sentit tiré vers l’arrière : Laëth avait trébuché sur une racine et, tournée vers le feu, admirait sa ruée vers eux. « Sil dreh wo, nutaar ?! Alok ! » (Tu fais quoi, putain ?! Debout !) Il la souleva.

Après de longues minutes de course, les Ailés s’arrêtèrent, essoufflés. Penché, les mains posées sur ses cuisses, le jeune homme jeta un regard sombre à l’inconsciente. « Qu’est-ce qui t’a pris, merde ? T’es complètement conne ou quoi ? On aurait pu crever, à cause de toi ! J’ai pas l’intention de sortir de là rôti comme un cerfeuil ou saigné comme un porc, Laëth, alors fais gaffe, un peu ! Et on a perdu notre seule arme ! C’est pourtant pas compliqué de- » Il s’interrompit, parce qu’elle avait ramené ses deux mains sur sa bouche et que des larmes bordaient sa cornée. « J-je suis désolée, je ne voulais pas… » Muet, il la dévisagea. Dans la pénombre, il distinguait la crasse et la boue qui maculaient sa peau. Ses cheveux bruns, d’ordinaire vigoureux et soyeux, pendaient pitoyablement autour de son visage. Çà et là, ils s’étaient collés à son épiderme, fixés par la sueur ou la saleté. Ses mains étaient écorchées et des estafilades couraient sur ses joues. Il ne devait guère être dans un meilleur état. Il se mordit l’intérieur des joues. « Viens-là. » Il l’attrapa par le bras et l’attira contre lui. Son nez contre le haut de son crâne, il sentit une odeur qui lui rappela leurs jeux, à Lumnaar’Yuvon, lorsqu’ils se roulaient dans la poussière et le purin. « Je ne voulais pas m’énerver, c’est juste que… il faut vraiment qu’on fasse attention. Les autres épreuves ont causé des morts… Je ne pense pas que celle-ci soit différente de ce point de vue. Io ni gildarr pos sil viik. » (Je ne veux pas te perdre.) - « Io nid zok. » (Moi non plus.) Elle le serra contre elle. « Excusez-moi… » La voix les fit sursauter.



Ulana était une participante. Connaisseuse de la nature, elle leur offrit des baies comestibles et leur montra comment percer l’écorce de certains arbres pour dénicher de l’eau. Priam, doté de la méfiance farouche des Réprouvés, avait été extrêmement réticent à les intégrer à leur duo, elle et son ami Xarès. Cependant, Laëth avait su faire valoir l’intérêt de se serrer les coudes afin de survivre. Le quatuor n’avait pas beaucoup échangé. Ils chuchotaient et les conversations se concentraient surtout autour de l’épreuve.

Être quatre leur permit de sommeiller un peu. De garde, l’Ange brun épiait les environs. Xarès veillait aussi, à quelques mètres de lui. Les deux femmes dormaient au creux des branches d’un arbre, attachées grâce à des lianes. Un bruit étouffé attira soudainement l’attention de l’Aile Blanche. Il releva vivement la tête et quelques feuilles tombèrent sur son nez. Quelque chose bougeait dans les branchages. Ni une, ni deux, il étendit ses ailes et se propulsa pour vérifier que les dormeuses allaient bien : il découvrit avec horreur et déception Ulana qui enserrait la gorge de Laëth – terrifié, il ne remarqua pas qu’elle ne se défendait pas. Vif, il fondit sur elle. Il passa son avant-bras sur son cou et appuya fort, son autre main sur son ventre. « Lâche-la ! » La femme se débattit comme un beau diable. Ensemble, ils tombèrent dans un puissant fracas. L’Ange roula sur le côté pour se relever. L’acolyte de la traîtresse se précipita sur eux, inquiet, si bien que l’Ailé se retrouva rapidement aux prises avec deux adversaires. Ils se ruèrent sur lui et ils se débattirent tous ensemble sur le tapis de feuilles mortes et de brindilles. Tandis qu’Ulana plaquait ses mains sur sa gorge, son corps maintenant le sien au sol, elle cria à Xarès de grimper pour s’occuper de Laëth. Comme elle regardait ailleurs, Priam put se saisir d’une pierre qu’il avait repérée. Guidé par son instinct de survie, il la frappa férocement sur le crâne de la jeune femme. Elle s’effondra. Sans plus réfléchir, il se leva et fit subir le même sort à son sbire, qui n’avait pas réagi du tout, avant de retourner précipitamment vers sa sœur. Elle se tenait la gorge et hoquetait. Après avoir lâché une flopée d’insultes à l’encontre des deux assassins, il poursuivit : « On doit partir, vite. » Il tenait toujours la roche, et elle était imprégnée de sang. De sa main libre, il attrapa la brune pour la forcer à réagir. Il remarqua alors qu’elle tremblait et que sa respiration était difficile. « Laëth ? » - « J-j’arrive pas à-à r-respirer. » Alors, il se rappela. La claustrophobie. Comme si c’était le moment ! Après de nouveaux jurons, il la saisit par la taille. Elle pesait son poids mais il parvenait à la porter sans trop de mal. Battant des ailes, il tenta de se frayer un passage à travers les branches : il chassait les obstacles à l’aide de son bras, sans se soucier de savoir ce qu’il percutait. « Ne touche à rien ! » tonna-t-il alors qu’il la voyait tendre les bras vers des formes mouvantes. Il crut discerner quelques serpents et oiseaux malveillants, mais parvint finalement à déboucher hors de la toison forestière. La lumière du jour déclinant l’éblouit. Au bout de quelques minutes, Laëth respirait à nouveau.



Au cours de son ascension, les crochets d’un serpent lui avaient éraflé le bras : le sang griffait sa peau. Même s’ils avaient camouflé leur odeur, jeté la pierre et abandonné les corps des traîtres, il était à craindre que cette blessure attirât les jeunes Vampires. En outre, la plaie irradiait spasmodiquement de douleur. Au moins, Laëth allait mieux. Elle semblait avoir repris le contrôle sur la peur qui l’avait assaillie après le choc de l’attaque. Dès qu’elle montrait des signes de faiblesse, il la forçait à monter vers les cimes – elle avait une tendance absolument insupportable à se débattre, si bien qu’ils se disputaient de plus en plus fréquemment. C’était éreintant et dangereux, mais il préférait encore cela à la voir hurler de terreur – tant pour son bien-être que pour leur survie à tous les deux. Ils auraient pu sortir de la forêt et abandonner l’épreuve, toutefois, on ne leur avait pas appris à se rendre. C’était une affaire de lâches, et ils avaient dans leurs veines la fierté des Réprouvés. Selon ses estimations – certes plus qu’approximatives –, ils étaient par ailleurs plus proches de la fin de leur calvaire que de son début.

Un craquement le fit sursauter. Sa sœur s’était arrêtée et observait, la tête inclinée, une forme sombre derrière un arbre. Priam se figea. D’autres ombres apparurent. Son cœur s’emballa comme un cheval fou. « Cours. » souffla-t-il en lui attrapant le poignet. Elle résista fermement. « Non, attends ! Je suis certaine qu’on peut discuter. » - « Discuter ?! Ils nous traquent ! Bouge ! » - « Laisse-moi ! » cria-t-elle en se dégageant. Il la fixa, muet. Les Vampires se rapprochaient, lentement, avec la patience des prédateurs. L’étau se resserrait. « Celui qui m’a mordu n’était pas qu’une bête sanguinaire ! Il a bien fini par se montrer raisonnable. Ils pourraient nous indiquer comment sortir ! » - « Mais qu’est-ce que… » En fait, ils n’avaient pas le temps de parler. « Je suis désolé. » - « Hum ? » fit-elle sans cesser d’avancer vers les meurtriers. L’enfant de Réprouvés se pencha pour ramasser un large bâton. Il le souleva et frappa violemment sa cadette à la tempe, avec cet étau autour de la poitrine. La nécessité jouxtait la culpabilité. Elle s’écroula : il la réceptionna puis la hissa sur son épaule.

Tout se passa très vite. Les Vampires se lancèrent quelques directives, puis se mirent à courir. Il étendit ses ailes et eut à peine le temps de décoller qu’ils se jetaient sur eux. L’un des sanguinaires s’accrocha à sa cheville et le mordit. La souffrance irradia sa jambe. Dans des volutes de plumes et de terre, Priam se débattit, jusqu’à enfoncer le talon de sa chaussure dans le visage de la créature. Le cri qui suivit marqua son abandon : les crocs se desserrèrent et le chasseur chuta. L’Ailé put s’éloigner en serpentant entre les branches. Il en heurta plusieurs, se blessa même, manqua de tomber plusieurs fois, mais refusa d’abandonner avant de trouver le refuge d’un perchoir éloigné. Il se blottit entre les branches de l’arbre, terrorisé, laissant le corps endormi de sa cadette reposer contre le tronc.

L’adrénaline avait vivement éveillé ses artères et ce faisant, elle avait répandu le venin qui se tordait en lui. Ce n’en étaient que quelques gouttes, car le reptile n’avait pas réussi à refermer ses mâchoires, et pourtant. Des formes qui n’existaient pas venaient piquer sa vue et il eut l’impression que le monde se dérobait sans cesse sous lui. Après quelques minutes à essayer de se remettre, il se laissa glisser jusqu’au sol, Laëth à nouveau calée sur son épaule. Il ne marchait pas droit. Plus par instinct que par conviction, il essayait de déployer le Sanctuaire d’Ahena pour calmer les battements erratiques de son pouls, qui compromettaient toujours plus sa santé, et d’utiliser le Don des Anges pour mieux résister, mais sa magie tressautait. De violents éclats lumineux l’aveuglaient, puis la pénombre régnait. Un tambour jouait dans son crâne. Le poids de sa sœur accentuait sa peine, néanmoins, il lui paraissait préférable qu’elle demeura inconsciente. Au moins, elle n’essayait pas de les tuer. Ses pensées flottaient dans une brume opaque et granuleuse. Une seule illuminait son esprit de clarté : il fallait avancer. Il boitait, il titubait, il trébuchait, il s’arrêtait, il reprenait. Sa volonté de survie priait pour qu’aucun Vampire ne sentît leur présence, parce que si cela arrivait, il n’aurait ni les moyens de se défendre ni ceux de protéger sa sœur. Ils mourraient.

Le poison nourrit les sens. Il donne une existence aux chimères : plusieurs fois, Priam rebroussa chemin, soit qu’il crût voir une ombre menaçante, soit qu’un arbre se dressât soudainement devant lui. Il avançait à l’aveugle. Parvenu à une bifurcation, il s’arrêta. Peu de chemins existaient au sein de Myngrimu mais, par endroit, le passage récurrent des bêtes traçaient des sillons de terre battue. L’Ange tremblait et avait des sueurs froides. Il regarda à droite, puis à gauche. Encore à droite, puis à g- Il cligna des yeux. Un loup en cristal était assis au milieu du chemin. Sous son regard, il se releva et s’avança. Sans réfléchir, l’empoisonné lui emboîta le pas. Et il marcha, marcha, marcha, sans aucune notion ni de l’espace ni du temps.

Il inspira. La pénombre et la moiteur avaient disparu.
Ils étaient sortis.
Vivants.

Il posa Laëth et s’effondra à côté d’elle, inconscient aussi. Trois jours étaient passés.



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Pouvoirs utilisés :
- Le Sanctuaire d'Ahena : Ce pouvoir donne aux Anges la possibilité de créer une zone de non-violence à l’endroit où ils se trouvent, leur permettant ainsi de préserver le lieu des rixes et des guerres en fonction de leur magie. Il permet également aux Ailes Blanches d’accroître les vertus chez les individus qui croisent leur chemin, à la condition que ces derniers aient déjà une faille bénéfique à exploiter. Ainsi ils pourront leur faire ressentir la Foi, l’Espérance, la Charité, la Justice, la Prudence, la Force et la Tempérance. Fruit de nombreuses mutations et sans doute de la rareté des membres du peuple, le Sanctuaire d’Ahena permet également d’atténuer les Péchés chez ceux qui les côtoient, à l’exception des Démons. C'est grâce à ce don que les Anges se lient à un Humain.
- Le Don des Anges : Les points de charisme sont réduits à 1 point et redistribués en agilité et/ou en force. La magie est réduite à 1 point et redistribuée en intelligence.
- Esprit de Glace : Votre conscience se manifestera sous la forme d’un loup en cristal, que vous seul pourrez voir. Il cherchera à influencer vos choix pour que vous parveniez à réaliser vos objectifs.

Merci pour cette CDN nastae Bonne lecture et bon courage pour le choix [Coupe des Nations] - Les Jeux de Lubuska 2075401333 Et bravo à tous, j'ai aimé vous lire même si c'était long <3
Pour tous ceux qui m'ont injustement agressée hier /sbam :




[Coupe des Nations] - Les Jeux de Lubuska 1628 :


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Ven 24 Avr 2020, 12:48


CDN Vampire - Aleran - Magiciens



"AHHHHH !!" Je me levais en sursaut de mon lit. J'étais en sueur, j'étais trempée de partout. Je vérifiais que je n'avais pas fait dans mon pantalon. J'avais fait un rêve, ou plutôt un cauchemar, ou un mélange des deux. C'était encore flou dans mon esprit, mais je me concentrais pour savoir ce qu'il s'était passé. Dans mon rêve, des signes m'avaient montré un chemin que je devais suivre. C'était un endroit terrifiant et qui ne me donnait pas envie d'y aller. Myngrimu. Mais qu'est que ça encore ? La voix me disait que je devais participer à la Coupe des Nations, celle des Vampires. Et puis, rien d'autres. Je ne me souvenais rien d'autres. C'était vraiment frustrant ! "Eh bah alors ! Aleran, tu es tout mouillé !" - "AHH ! Orlane ! Tu m'as fait peur !" - "Désolé, Aleran." Je lui souris avant de lui caresser la tête.

Je me levais du lit pour aller prendre le petit-déjeuné que ma grand-mère avait fait ce matin. Cependant, elle n'était pas présente ce matin. C'était dommage, j'aurais bien voulu lui parler de ce rêve. Grand-père n'était pas présent non plus... " Attends, Orlane, que fais-tu ici ? Les grands-parents ne sont pas là... Tu ne devrais pas être chez les parents ?" La petite fille ne répondit pas et enfonça son nez dans un livre de conte. Elle n'avait pas réellement envie d'en parler. Je dévorais le pain et mon thé en même temps que je cherchais une carte du monde. Je savais très bien que grand-mère en possédait une dans la maison. Elle n'était pas très à jour, mais suffisante pour savoir ce que je voulais. Je cherchais dans la bibliothèque. J'avais passé des heures ici en quête de connaissances et d'histoire. Orlane devait être comme moi... La petite fille était toujours dans son histoire, je ne voulais pas la déranger. "Ah là voila !" Je pris la carte et la dépliais sur la table en bois. "Qu'est que tu cherches, Aleran ?" - "Un territoire Vampire..." - " Des Vampires ? Tu pars à la chasse aux Vampires... Qu'est-ce que tu es courageux !!" - "Euh non, ce n'est pas totalement à ce que tu penses." Je fis glisser mon doigt sur le parchemin pour trouver ce que je voulais.

BINGO ! Myngrimu était dans donc sur le continent Dévasté ! Ah bah chouette ! Prendre les pontons serait plus efficace que de prendre un bateau. Je devais y aller, je sentais que je devais y aller... Je fermais la carte et je la rangeais sous l'œil attentif de la petite fille. Puis, je pris un parchemin afin d'écrire un mot à Bellada Ward. "Qu'est que tu écris ? Tu dois partir ?" - "Oui, je dois partir assez loin d'ici... Je ne sais pas quand je rentrais malheureusement." - "C'est quand que tu resteras à la maison définitivement ? Je voudrais te parler moi..." Je ne répondis pas à la demande de la petite fille, car je ne savais pas quoi lui dire. Je n'étais pas bon dans les échanges sociaux, en particulier avec la famille. "Je reviendrais, ne t'en fais pas." Je me levais aussitôt afin de préparer mon sac et partir en direction des pontons. Je courrais dans tous les sens et je quittais la maisonnette avant de donner un bisou à Orlane. Je courrais à toute vitesse vers le lac afin de prendre le ponton en direction de Myngrimu. Un garde me demanda mon passeport, mon identité ainsi que ma destination de voyage. Je lui donnais le tout et ce dernier observa attentivement mes papiers, avant de me donner une direction vers le quatrième ponton. Je sautai aussitôt, car j'avais hâte de savoir ce qu'il y avait là-bas.

Peu de temps après, j'arrivais à destination. L'environnement de destination était lugubre. Cela me faisait froid dans le dos... Pourquoi étais-je venu ici déjà ? Je n'étais pas au coeur du territoire, mais étrangement, sur les côtés de Myngrimu. Alors que j'observais le paysage obscur, un groupe de personne arriva ensemble. Par Suris ! Des Vampires ! Ils allaient m'attaquer et me sucer le sang jusqu'à ma mort. Je reculais un peu avant que l'une d'elles se présentât au grand jour. C'était l'escorte pour les participants de la coupe des Nations. Ces personnes devaient m'emmener dans un village à l'orée de la forêt. Je les suivis, car ils savaient que j'étais venu pour cette épreuve. Arrivé au petit bourg, on m'installa dans une auberge rustique afin de me reposer de mon voyage. Par contre, je n'avais pas le droit de manger, ni de boire. C'était étrange comme accueil. Je devais m'en méfier. Pendant plusieurs heures, mon ventre criait famine. Soudain, des personnes virent me chercher pour m'emmener dans un autre endroit. Il faisait nuit noire. Je ne voyais rien du tout. Mon coeur s'emballa et je ne pus le calmer. J'avais l'habitude d'avoir de la lumière autour de moi. Les ténèbres n'étaient pas mon fort...





Puis, nous arrêtâmes de marcher pour découvrir une personne particulière à mes côtés. "Voici l'épreuve. Vous devez survivre pendant trois jours dans la forêt de Myngrimu. De plus, vous agirez en binôme. " - " Mais attendez, c'est pas possible ! Ce n'est pas elle !" - "Non, c'est un pantin animé par la magie. Elle porte les traits de celle qui a vous tenez..." Pas possible ! Mon binôme était Orlane, ma demi-sœur. Autour de moi, je n'étais pas seul. Il y avait d'autres participants à l'épreuve. "Vous devriez survivre à la faune et à la flore de la forêt, mais aussi aux jeunes Vampires. Ils vous traqueront jusqu'à la fin des trois jours. Vous devez protéger votre binôme mais aussi vous protéger." Une fois qu'ils avaient fini d'expliquer le principe de cette épreuve, nous fûmes téléporter en duo dans un coin de la forêt pour éviter de s’entre-tuer dès le début de la partie. De plus, il nous avait donné un bracelet permettant de limite notre magie, pour être tous à égalité dans cette partie de la mort. Trois jours de courses contre la vie, tout en protégeant Orlane ? Par Suris ! Qu'est que j'avais fait pour venir ici ? L'épreuve avait commencé, il fallait absolument bouger immédiatement avant de se faire repérer par les vampires. J'avais assez de forces dans les bras pour porter la petite fille sur mon dos pendant une dizaine de minutes, le temps de s'éloigner de cette zone. Je la pris alors sur son dos et je partis en courant à travers la forêt dense et si sombre. Je ne connaissais à rien à cet environnement, c'était bien malin de ma part. J'aurai dû prendre le temps d'analyser ce territoire et savoir où j'allais poser mes pieds dans ce monde que je ne connaissais point.

Déjà, je devais trouver un endroit où nous pourrons nous cacher pendant le reste de la nuit, mais aussi proche d'un endroit pour manger quelque chose. Je remarquais qu'il y avait une rivière et qui disait rivière, disait poisson. Je décidais de nous installer ici pendant quelques heures, afin de manger un bout. Je déposais Orlane près de moi. " Tu ne bouges pas d'ici. Je dois te voir dans mon champ de vision." Heureusement que j'avais pris sur moi, mon sac sans fond en fond de Töh Taureau. Mais je me rendis compte que je n'avais pas pris grand chose... Il y avait des livres sur la magie. Super pour chasser des vampires... Une miche de pain entamé depuis quelques jours. Je donnais le bout de pain à mon binôme : "Tiens mange...Ça..." Orlane avait disparu ! Je regardais autour de moi, puis je la trouvais à quelques mètres de moi. "Orlane ! Reviens ici..." Alors que je lui donnais cet ordre, je vis derrière elle, des yeux rouges. Mince ! Je courrais vers la petite fille afin de la protéger. Un vampire... Et ce dernier semblait bien affamé. Son visage était vraiment horrible à voir, il n'arrivait pas à se calmer. Je pris la fille dans mes bras afin de la protéger. Si elle mourait, c'était la fin de l'épreuve pour nous. De plus, j'avais envie de montrer à tout le monde que les magiciens n'étaient pas seulement les gardiens de la paix, mais aussi des personnes pouvant se défendre. Le vampire grogna fortement et soudain, il sauta sur ma personne afin de me dévorer. Il était hors de question que cela se produise. Personne ne pourra me manger et me sucer le sang jusqu'à la fin.

Je pris la fuite avec Orlane dans mes bras. Il fallait que je coure après pour que nous soyons en sécurité. Cependant, le vampire semblait être déterminé à nous poursuivre dans tous les cas. Il avait trop faim pour nous laisser partir ainsi, sans rien faire. Je courus à travers les arbres et je vis une petite grotte. Celle-ci n'était pas trop profonde et elle n'avait pas d'issue. Je déposais la petite fille à l'intérieur en scellant l'entrée par une paroi de glace assez épaisse. Impossible qu'elle puisse partir, pendant que je combattais le vampire. Ce dernier m'avait bien retrouvé. Par Suris... Les Vampires. Je ne l'avais jamais assez étudié, pendant que j'étais aux Palais de Coelya. C'était une race assez méconnue de notre monde. Il ne fallait pas les sous-estimer. Le vampire cria fortement pour me faire peur ou bien pour m'avertir qu'il allait m'attaquer de toutes ces forces. J'étais prêt. C'était la première fois que j'allais utiliser mes pouvoirs dans un combat. Je n'avais jamais combattu auparavant. C'était le moment de connaître mes limites contre un adversaire de ma taille. Soudain, le vampire me sauta dessus. Je tombai à terre.

Ce dernier avait de la force pour me maintenir au sol. Il était devenu fou, cela se voyait dans ces yeux. Ses crocs allaient se planter dans mon cou. Mais il était hors de question que je le laissais faire. J'avais invoqué L'Ombre d'A'Zar. Il s'agissait d'une créature faite d'ombres que je pouvais invoquer quand je le voulais. L'air était en train se raréfier et la créature apparût en face de nous. Cette créature pouvait terroriser n'importe qui, comme sa vie nous échappait totalement. Elle ne repartait uniquement si au moins une personne était terrorisé. Le vampire semblait avoir totalement peur de cette créature. J'en profitais pour me dégager de son poids et de m'enfuir. Le Vampire ne protesta pas. Il semblait avoir totalement peur de la créature, il s'était même mis en boule dans un coin d'un arbre. J'en profitais pour dégager Orlane de la grotte et partir loin d'ici. Je me remis à courir à fond pour trouver un autre endroit plus sécurisant pour nous. Cela devait faire une demi-heure que je courrais dans tous les sens. Je commençais sérieusement à être fatigué. Mes jambes ne me tenaient plus debout. Je me demandais combien de temps que nous étions dans cette forêt. Impossible d'avoir une notion de temps... Étais ce normal ?

Après une bonne heure de marche intensive, je trouvais un trou dans un arbre, assez grand pour se planquer et se protéger du froid. J'avais besoin de me reposer, mais aussi de trouver de la nourriture pour deux. Orlane semblait avoir bien froid. "Attends, j'ai quelque chose pour toi. Je pense que cela te réchauffera pendant que nous dormions un peu. On a besoin de se reposer maintenant." Mes jambes tremblaient énormément et mes yeux commencèrent à se fatiguer à force de scruter dans le noir complet. Seule la lune nous donnait un peu de lumière pour ne pas devenir complètement fou. "Tiens, prends ce Pilou-Pilou. Il tient chaud tout le temps et tu auras un bouclier autour de toi pendant la nuit. Cela évitera d'avoir des problèmes. Surtout reste auprès de moi. Ne pars pas sans moi ! D 'accord ?" La petite fille me regarda dans les yeux avant de secouer la tête dans tous les sens. Je créais une porte de glace pour ne pas avoir de problèmes cette nuit. De plus, je décidais de me changer afin de porter une tenue qui me sera bien utile : La tenue blanche de Quetzalcoatl. J'avais froid... Cela me tenait aussi au chaud. Cependant, la couleur blanche pourrait me faire repérer à des kilomètres à la ronde. Le sommeil m'emporta quelques minutes plus tard. Des heures plus tard, je me réveillais en forme. Orlane était toujours à mes côtés. Je m'étirais doucement. Mon ventre grogna, puis celui de la petite fille à son tour. Je pense que c'était le moment d'aller chercher à manger. Je sortis du trou avec Orlane qui me suivit de près. Elle était toujours dans son pilou-pilou. Elle était si mignonne ainsi ! Je lui souris et nous partîmes en quête de nourriture. La petite fille n'était pas très bien. Elle était assez pâle et elle se tenait le ventre. Quant à moi, j'avais les jambes assez faible. Il fallait vraiment que je trouve à manger.

Forte heureusement, la rivière était toujours près de nous. Le poisson était à notre portée. "J'ai faim, Aleran." - "Oui, je sais. Je vais aller pêcher du poisson." - " Miam ! Je pourrais manger n'importe quoi ! Mais comment vas-tu faire ?" - " Tu vas bien voir." Je cherchais un long bout de bois et j'utilisais la Valse Créatrice pour le transformer en canne à pêche. En grattant un peu le sol de la rivière, je pus trouver quelques vers de terres, utile pour attraper les poissons. Orlane jouait avec des cailloux... Il fallait vraiment que je l'observe tout le temps pour éviter qu'elle ne s'éloigne de moi. En plus, il devait continuellement observer les alentours, s'il n'y avait pas de nouveaux vampires ou autres problèmes en vue encore une fois. J'avais eu de la chance hier soir... Au bout de quelques heures de pêche, je pus attraper deux carpes, deux Brèmes et un barbeau. J'avais fait une bonne pioche, il fallait maintenant les cuire. Cependant, faire un feu n'était pas une bonne idée. Cela pourrait indiquer nos positions dans la forêt. Mais nous n'avions pas le choix afin de consommer les poissons. Je fis un petit feu avec ce que j'avais sous la main, afin de ne pas m'éloigner d'Orlane. Je fis cuire les poissons avec un peu d'herbe. Orlane mangea ses poissons avec un grand appétit, comme moi. Cela me faisait du bien de manger quelque chose. Mon estomac semblait bien heureux de recevoir de la nourriture.

Une fois la cuisson terminée, j'éteignis aussitôt le feu et demandai à Orlane de bouger maintenant. La suite de la journée se déroula calmement. J'avais vu quelques grands loups gris s'approcher de nous, mais les blesser avec quelques pics de glace les calmèrent rapidement. Nous passâmes la journée à marcher partout dans les forêts sans jamais revenir sur nos pas. En chemin, j'avais aperçu des fruits des bois. J'en cueillais autant que je le pouvais et j'en mangeais quelqu'une sur le chemin. Orlane ne put s'empêcher de se goinfrer comme pas possible. Elle aimait beaucoup les fruits, on dirait. Le troisième jour arriva. Nous continuâmes à marcher dans la forêt sombre, pendant des heures. Les dernières heures de l'épreuve arrivèrent. Nous étions presque au bout ! Nous allions réussir malgré tout. Bizarrement, je sentais une tension près de nous. "GRRR" Je me retournais vers le bruit, en mettant Orlane derrière moi, afin de la protéger. Encore un Vampire. Par contre, celui était bien plus puissant que le premier. Il semblait avoir un contrôle sur lui. Il n'était pas complètement fou, il avait une lueur de présence dans ces yeux. Là, je ne pourrais pas échapper à un combat au corps-à-corps.

Alors, je sortis de ma ceinture, mon Tanto où des flocons de neige étaient gravés dessus. De plus, je me décidais à sortir mes cartes de Mage blanc, afin d'utiliser la magie des Pentacles. J'avais déjà préparé plusieurs pentacles avec plusieurs effets différents. La plupart étaient des effets de magie mineur, avec des pentacles simples à retenir. Je lançais des cartes un peu partout autour de moi, pour m'assurer d'une certaine protection. Le vampire s'élança vers moi en me montrant ces crocs aiguisés. Il me donna un coup de griffe sur mon bras droit. A mon tour, je donnais un coup de Tanto sur son avant bras. Je reculais pour ne pas me faire avoir. Le combat au corps-à-corps fut puissant. Je n'arrivais pas à arrêter tous les coups de ce vampire. J'arrivais à lui donner des coups en échange. Je pus esquiver certains de ces tentatives de morsures. Mon corps fut vidé de son énergie. Je donnais le tout pour le coup. "Tu m'énerves à la fin ! Activation du piège magique !" Des lianes magiques apparurent autour de la créature des ténèbres et l'empêchèrent d'avancer vers moi. Le sort n'allait pas résister longtemps, alors je devais le renforcer. Je me concentrais et je puisais dans mes réserves magiques. Je fis appel à l'élément de glace pour geler l'intégralité du corps sauf la tête. Je ne voulais pas tuer ce vampire. Ce n'était pas mon genre. Je fis geler le corps et le vampire ne put rien faire. Puis, je ramassais mes cartes afin de désactiver les lianes magiques. La créature ténébreuse ne put rien faire. C'était la fin. Cependant, mon corps lâcha subitement. J'avais utilisé trop de magie, ainsi que mon énergie physique. Bien heureusement, un son mit fin à l'épreuve. J'avais réussi... "Plus jamais... Ce genre de chose..." Je tombais dans l’inconscience avec Orlane qui me hurlait dans les oreilles afin de me réveiller. "Laisse-moi dormir..."



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Ven 24 Avr 2020, 22:56


[Coupe des Nations] - Les Jeux de Lubuska So-xu_11
Aborash était épuisé, seul et surtout il avait faim. Il s'était roulé en boule dans une cabane délabrée et avait tenté de faire du feu, mais cela avait été un échec et il avait finit par abandonné. Sa Mère était sûrement là, quelque part à le regarder avec déception. Par deux fois il avait eu la possibilité de tuer et de se nourrir de candidats de l'épreuve, sa Soif l'avait rendu à demi-fou, il avait été à deux doigts de la satisfaire, mais au dernier moment, avec un effort incroyable, Aborash avait su se contenir. Jusqu'à maintenant, il n'avait jamais eu à se nourrir seul. Il avait toujours chassé avec sa Mère et c'était elle qui donnait le coup de grâce. C'était devenu un sujet de reproches ces derniers temps, Baali Kupala laissait croire qu'elle avait peut-être fait une erreur en s'occupant de lui. Le jeune vampire voulait faire ses preuves, il voulait prouver qu'il était capable, mais un sentiment lointain lui faisait tenir la mort en horreur. Comme s'il avait reçu une éducation lui interdisant toute forme de violence, ce qui était étrange car jusqu'à maintenant, sa Mère tenté de lui apprendre le contraire, avoir une certaine forme de violence contrôlée.


- Tu es vampire, plus un humain !


- Mais je n'ai que onze ans Mère !


Il l'entendait encore lui criait ça, quelque heures ou quelque jours plus tôt, il avait perdu la nuance du temps. Ils s'étaient disputés et c'était la première fois qu'il avait osé lui tenir tête. Au lieu de le corriger, elle s'était montré très calme et il lui avait ordonné de se rendre seul dans la forêt. Aborash avait pâli car il avait peur des endroits sombres. Il n'avait que onze ans. Il lui avait montré son refus, mais un mal l'avait assailli, Aborash ne savait pas comment, ni pourquoi, mais il avait eu la sensation à ce moment là qu'une force invisible l'avait obligé à rentrer dans le bois, cela devait être le fameux lien de soumission que lui avait parlé Baali. Cette dernière avait ajouté qu’elle interviendrait à aucun moment, ce qui laissait entendre que cela serait sa dernière chance de faire ses preuves, mais comment faire quelque chose qu’il ne voulait pas faire. Aborash avait la sensation que la chasse, tué de sang froid et boire du sang n’étaient pas des choses envisageable, alors qu’en réalité si. C’était sa nature maintenant, sa raison d’être. Sa Mère avait raison, cela importait peu qu’il avait été un humain il n y a encore que quelque mois. Il était maintenant un enfant de la nuit, sa Mère lui avait raconté qu’elle l’avait sauvé dans sa précédente vie et avait fait de lui un Zvezdas, quand il lui demandait pourquoi il n’avait pas de souvenirs de cette époque, Baali prenait un visage et triste et lui disait que les horreurs qu’il avait vécu avait provoqué un blocage et que seul lui pourrait se rappeler.


Un craquement sonore le tira de ses rêveries. Avec peine, il se souleva et se traîna contre le mur de la cabane, près de l’entrée, il tenta de jeter un coup d’oeil, pour voir ce qui avait provoqué le bruit.Ses yeux s’habituèrent à l’obscurité, mais la Soif l'empêchait de se concentrer correctement, le jeune vampire sentit comme si on l’avait frappé dans le ventr avec une force considérable, il se plia en deux et commença à pleurer sous le coup de la douleur. Sa Mère avait eu encore une fois raison : Ne pas se nourrir pendant trop longtemps était très mauvais, voir dangereux, surtout pour les nouveaux-nés. Alors que sa crampe continuait à lui tordre le ventre, des craquements se firent de plus en plus nombreux et semblaient se rapprocher de la ruine. Petit à petit, il arriva à discerner des bruits de pas. Les craquements avait dû être provoqués par des brindilles sur le sol, Aborash entendit aussi des voix. Ils étaient deux. Une femme et un homme, la première parlait d’une voix


- Vite ! Vite ! Rentre là-dedans. Ces monstres ne doivent pas être bien loin.


- Tu es sûr qu’on sera en sûreté ?


- Si tu ne te mets plus à crier comme tu l’as fais ça devrait être bon.


- Mais c’est pas ma faute … Oh regarde ! Là !


- Chut bordel. C’est une cabane délabrée qu’est-ce qui pourrait bien … Par les Ætheri …


Aborash leva la tête difficilement. La dernière chose qu’il vit avant de sombrer dans l’inconscience était le visage d’une femme inquiète qui essayait de s’approcher de lui et de l’homme qui l’en empêchait.






Quand il rouvrit les yeux, le jeune Vampire ne comprit pas tout de suite la situation. L’homme et la femme étaient agenouillées à quelque mètres de lui et avaient l’air de se disputer à voix basse. Alors qu’il s'apprêtait à les appelait, Aborash se rendit compte qu’il avait quelque chose dans la bouche qui l'empêchait d'émettre des paroles, il voulut s’en débarrasser, mais réalisa que ses bras et jambes avaient été ficelé par des bout des bouts de ficelles. La peur et le stress commençaient à le prendre rapidement. Voulant se dégager, il remua et voulut crier mais le cris sortir de manière étouffé. Au bout de quelque minutes, la femme l'aperçut , essayant de se débattre. Elle s’approcha rapidement de lui, échappant à l’homme qui avait tenté de la retenir.


- Oh mon petit … Tu vas bien … Vas-y je vais t’enlever cette affreux baillon.


Elle s'apprêtait à le faire quand  l’autre personne lui agrippa le poignet.


- Je t’ai dis non … C’est surement l’un des leurs …


- Mais merde c’est qu’un gosse Kurnous !


Kurnous soupira.


- Isha réfléchis … C’est surement un piège … comme le fait de t’avoir emmené ici ! Normalement on était censé arrivé tout seul à l’épreuve et avant de commencer ils t’ont amené. C’est toi même qui m’a dit qu’ils l'avaient enlevé. Nous devons rester prudent jusqu’à la fin pour gagner l’épreuve. Nous pouvons …


Ce fut sa compagne, Isha qui le re-coupa.


- Je refuse d’y croire … Les vampires ne transforment pas d’enfant …


- Mais tu les as pris pour des anges ? Ce sont des vampires.  Tu m’entends oui ? Des foutus vampires. On va le laisser là … Il n’avait pas à


Il fut de nouveau interrompu, mais cette fois, pas par une parole, mais par une gifle. Ce fut si soudain et si violent que même Aborash fut surpris.


- Je ne laisserai pas ce petit ici. Tu veux tellement gagner que tu es pret à sacrifier un enfant. L’une des choses les plus belle de ce monde et tout ça pour ta gloire?! Si tu veux gagner vas-y ! Mais moi…


- D’accord ! D’accord! Mais baisse la voix …
Il se tourna vers Aborash. Ecoute moi bien. Je ne sais ce que tu es, si tu es des leur ou pas … Mais je vais te faire confiance. Je vais seulement enlever ce que tu as dans la bouche pour que tu puisse parler. Non Isha ! C’est ça ou rien ! Une fois que le temps sera écoulé on le prendra avec nous, on le sortira de cette forêt et on le laissera au premier village sur la route. Cligne des yeux une fois si tu as compris gamin.


Aborash regarda la femme qui semblait désolé elle aussi, mais elle avait l’air de s’être résigné. Que se passerait-t-il s’ils découvraient qu’il faisait partis des créatures qui les pourchassaient eux. Le dénommé Kurnous avait l’air d’être prêt à tout pour gagner et il semblait avoir une haine particulière des vampires.


- Tu vas obéir oui ou non ?


Le jeune vampire cligna des yeux une fois pour donner son accord. Ils re-dressèrent pour le mettre assis, dos au dur et ils lui enlevèrent le tissu de la bouche.


- Pas un bruit …


Au même moment, un gargouillis puissant se fit entendre et la crampe revint, pliant de douleur le jeune adolescent.


- Dé … Désolé … Ca fait depuis que l’épreuve a commencé que je n’ai pas avaler quelque chose … Argh … J’ai si faim … et j’ai rien bu non plus …


- Nous aussi, nous n’avons rien mangé petit. Kurnous, nous devons trouver de quoi manger et boire. Nous sommes passés près d’une rivière, nous devrions nous y rendre. A défaut de manger, nous devons au moins boire …


- Et prendre le risque de sortir ?


- Tu veux qu’on fasse quoi ? Qu’on se mettent lentement à mourir de faim et de soif ? C’est une épreuve de survie. Nous devons chasser et survivre. Alors si tu as perdu tes couilles en entrant dans cette forêt moi j’y vais. Patiente ici petit, je vais te ramener de l’eau à boir.


- Isha attends !


Les deux personnages sortirent de la cabane précipitamment. Le vampire savait que cela ne servirait à rien, ce n’était pas de l’eau, mais un autre liquide qu’il lui fallait … Il se remit à pleurer et à supplier …


- Mère venait m’aider … Je vous en supplis … je réussirai la prochaine fois, c’est promis.


Aucune réponse. Au bout de plusieurs minutes, Aborash entendit des éclats de voix et des pas précipités. Il reconnut tout de suite Kurnous. Ce dernier rentra et tenta de barricader l’entrée du mieux qu’il le put. Dehors, il entendait des grognements … Des loups. A demi arraché dans ses rêveries, il fut secouait par Kurnous.


- Eh gamin ! lève-toi ! Nous devons partir.


Il coupa ses liens en vitesse et aida le jeune garçon à se relever.


- Où la dame qui …


- On a était séparé … Cette gourde s’est déshabiller et à plonger dans la rivière. Dans la minute qui a suivi deux loups sont apparus. Je n’ai pas eu le temps d’aider ma pauvre Isha … Alors j’ai couru. Ma femme avait raison … Cette épreuve c’est du délire … Viens avec moi on va sortir loin de cette forêt maudite et de ces suceurs de sang.


- J’y arriverai pas monsieur …. J’arrive à peine à tenir de debout …


- Raaaah …


Et sans demandé son avis, Aborash se retrouva sur le dos de l’homme.


- Accroche à mon cou. Je vais courir et ne pas m'arrêter.


- Oui monsieur.


Kurnous enjamba les débris qui bloquait l’entrée, les deux virent immédiatement deux paires de yeux jaunes.


- Accroche toi !


Aborash s'exécuta. Quand bien même les loups seraient en capacité de reconnaître sa nature à lui, cela ne les empêcheraient pas de le dévorer lui aussi. Soudainement. Le jeune vampire fut poussé en avant, il se mit à chuter et il entraîna Kurnous avec lui, les deux roulèrent dans une pente, se prenant des bouts de racines, de bois et autres choses  dans le corps. Le course se finit par un choc et Aborash perdit de nouveau conscience.






Il se réveilla lentement, avec un mal de tête horrible. Le jeune vampire avait heurté un tronc d’arbre. Tournant la tête de droite à gauche, il appella


- Monsieur Kurnous … Monsieur …


Personne, cependant une odeur lui chatouilla le nez. C’était une odeur agréable. Sans s’en rendre compte, le jeune vampire s’était mis à humer l’air à plusieurs reprises pour essayer d’en deviner la provenance ainsi que la nature. Tout ce qui s’était passé avant n’avait plus d’importance, il était obnubilé par cette odeur et soudain …. Il vit. Comment avait-il fait pour ne pas voir ça. Des taches rouges formaient une longue ligne qui continuait droit devant lui. Il ramassa une feuille taché de rouge, en la prenant, ses doigts sentirent un contact fraie. La tâche était récente. Le vampire apporta la feuille jusqu'à son nez et une explosion de saveur lui remplit les narines. Il se mit à lécher le liquide carmin directement sur le végétal. Son corps avança tout seul, suivant la piste. Aborash n’arrivait plus à penser de manière rationnelle, la Soif était revenue, mais il ne lui faisait plus mal, à la place de la douleur qu’il avait eut quelque heures plus tôt, il ressentait un sentiment d'excitation. Il remonta rapidement la piste et il trouva la source de tout ceci. Le vampire dut faire du bruit car Kurnous se retourna et il croisa le regard, non pas du jeune garçon qu’il avait vu juste avant, mais celui d’une bête. Aborash avait les lèvres retroussées, les deux canines dégoulinant de bave. Kurnous leva son bras sanguinolent vers lui.


- J’en étais sur ! J’aurai du te tuer ! Tu n’es même pas un enfant … Tu es juste un animal, une créature de cauchemar que j’aurai dû neutraliser ! J’ai perdu ma femme à cause des vous ! Quand j’aurai rejoint mes terres, j’irai prévenir mon Roi ! Il y aura …


- Mais comment voulez-vous les prévenir si vous êtes mort ?


- Que … Que veux-tu dire ? Eh Recule … Petit … Ne fais pas ça !!


Baali avait perdu la trace de son enfant. Il y avait trop d’odeurs et il était ardu de retrouver une piste précise avec tous ces éléments qui perturbent sa traque. Elle avait réussit à séparer l’homme du patin qui avait pris l’apparence de sa femme. Elle avait envoyé les loups. Elles l’avaient vus prendre la fuite, mais elle n’avait pas eu le temps de les rattraper. La Vampire commença à s'inquiéter, elle avait peur pour son protégé, elle se souvenait de leur dispute, Baali avait été obligé de se servir du lien pour que son Fils rentre dans la forêt et elle l’avait observé pendant tout ce temps, ça l’avait tué de le voir perdre ses forces, de ne pas trouver de quoi boire ou manger, elle aurait voulut intervenir, mais elle voulait le pousser à bout. Elle voulait provoquer un déblocage. Son ouïe capta un bruit sur sa droite. Baali se précipita, courut si vite, qu’elle semblait presque ne pas toucher le sol et elle s'arrêta net. Devant elle, se trouvait une scène qui l’a surpris. Par terre, allongé de tout son long sur le dos, se trouvait l’homme de l’épreuve, Kurnous avait-elle crut comprendre et à califourchon sur lui, un petit garçon lui tournait le dos et qui était penché sur le cou de Kurnous. Des bruits de suçon  et de mastication étaient parfaitement audible. Pour tous autres personne, hormis peut-être les démons, la scène était difficile à regarder, mais pour Baali Kupala, c’était un sentiment de joie qui l’envahissait. Elle toussa pour faire signaler sa présence. Le jeune garçon se retourna brusquement, la bouche était dégoulinante de sang ainsi qu’une bonne partie de ses vêtements. Le jeune vampire semblait ne plus reconnaître sa Mère et il retourna vite à son repas, il ne fit pas plus attention à la main qui caressait ses cheveux.


- Je suis si fière de toi … Par contre tu manges comme un porc. Il va falloir que je t’apprennes les bonnes manières.


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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Ven 24 Avr 2020, 23:11



« Je refuse ce choix ! » « Ce sont les règles, j’en ai bien peur. » Je serrai les dents avec tellement d’intensité que le geste me fit mal au niveau des tempes. Mes veines, à cet endroit, apparurent davantage par l’effet de la tension. Je m’énervai. « Quel Æther décent enverrait une adolescente dans ce genre d’épreuve ? » m’exclamai-je, alors. « Pr… Prince Noir, vous ne pouvez pas remettre en ques… » Je fis un pas en avant, mes doigts rachitiques attrapant vivement, d’un coup sec, le cou de l’homme qui fut bien obligé de se taire. S’il disait un mot de plus, je le jurais, j’allais l’étrangler. Quand je vis qu’il commençait à devenir livide, je lâchai sa peau, le laissant perdre l’équilibre et s’écraser par terre. Il toussa plusieurs fois, à quatre pattes, avant de relever les yeux vers moi. « Vous… J’aurais aimé, moi aussi, qu’il en soit autrement. » dit-il en se redressant, tout en essayant de garder contenance. Je m’adossai à l’un des murs de la pièce. Je ne connaissais pas Eméliana Salvatore particulièrement. Elle était la fille de l’Empereur Noir et de la Dame Noire, Eulalie Solveig. De sources sûres, je savais que Niklaus réfléchissait à me désigner comme le mentor de l’un de ses enfants. Il y avait de grandes chances que ce fût Eméliana. Elle était encore jeune tout en étant autonome. Ses problèmes alimentaires ainsi que la maigreur de son corps étaient la cause de la totalité des rumeurs à son sujet. Elle vivait sans gloire. « Si elle meurt durant l’épreuve, cela risque de créer un incident diplomatique avec les Vampires. » murmurai-je, bien plus pour moi-même que pour le religieux. « La Déesse a parlé. Sa volonté ne peut être que respectée. » reprit-il, tout en faisant attention à conserver une distance suffisante entre lui et moi. Je méprisais ce genre d’individus. La religion était un pouvoir duquel je m’étais longtemps tenu éloigné, avant de prendre la gestion des Auryanites. Leur figure divine était fausse mais cette donnée n’empêchait pas les croyances et les actes. Il suffisait d’être persuasif. « Bien. Qu’il en soit ainsi. » conclus-je, en comprenant qu’il ne me donnerait pas raison, même aux portes de la mort. J’allais procéder autrement. [1]

[2] Cela n’avait pas été évident mais j’avais fini par réussir à me glisser dans la peau de l’un des Vampires qui participait à l’épreuve. Ce soir, la Couronne de la Nuit sur la tête, j’incarnais le Chasseur. J’avais dû me conditionner auparavant. Mon contrôle sur l’artefact était mauvais et, à peine posé au sommet de mon crâne, l’objet avait éveillé des envies de sang instinctives, puissantes et bestiales. Je ne devais pas perdre de vue mon objectif : protéger la Princesse. Néanmoins, je sentais qu’il ne me serait pas possible de le faire dans ces conditions. Le désir de mordre était bien trop prédominant. Je n’avais d’ailleurs pas à faire beaucoup d’efforts pour repérer les candidats. Je sentais leurs effluves, la qualité de leur sang, comme un appel irrésistible. Aussi, lorsque le signal fut donné, je m’élançai dans l’unique objectif de trouver une victime. Mon odorat m’attira sur la trace d’un Ygdraë. Homme ou femme, je ne le savais pas encore. Son sang était fait de pureté, dans tous les sens du terme. Je ne tardai pas à apercevoir la silhouette de la créature. Il s’agissait d’une femme. Un sourire carnassier apparut sur mon visage. Je jouai un instant à la suivre, me dissimulant dans la végétation. Elle ne voyait presque rien, contrairement à moi. Je m’approchai, me délectant de son parfum. Plus elle était à portée de main, plus la bête en moi se réveillait. Je lui sautai dessus, d’un mouvement sec, rapide. Les Elfes étaient pourvus d’une classe combattante mais cette jolie petite créature n’avait rien d’une guerrière. Sans sa magie pour l’aider, retenue par son bracelet, il me fut facile de la faire céder, de la coincer et de planter mes crocs dans sa chair. Le goût du sang m’électrisa là où la morsure la tortura. C’était bien dommage. Je maintenais ses poignets avec mes mains. Sous moi, collée à mon corps, elle était impuissante. Ça me plut… Tellement. Je me délectai d’elle, la fis mienne, la chaleur du sang m’emplissant d’une satisfaction sans borne. J’étais en train de la tuer et ça me ravissait. Petit à petit, ses gestes furent moins déterminés, ses cris furent moins stridents. Elle avait compris que tout était fini et s’abandonnait. Elle ne serait jamais un arbre, juste une pauvre petite chose, un cadavre au sein d’une terrible forêt. Pour autant, elle ne serait pas inutile, loin de là.

Quand j’eus fini de me nourrir, je fixai le corps un instant. Je fis apparaître une dague et entrepris de la dépecer. Eméliana devrait manger et cette forêt était aussi toxique que ceux qui y résidaient. J’enlevai ma chemise, l’étalai par terre et y déversai le foie, le cœur, les rognons et quelques parties tendres des cuisses. À présent torse nu, j’enroulai mon butin et me mis à sentir les environs. Je devais retrouver la Princesse.

Mes mains heurtèrent les épaules de Lydias. Je grognai, mécontent et essoufflé. Le contrôle magique exercé sur le pantin le rendait suicidaire et, s’il s’apprêtait à se jeter sur l’une des branches d’un arbre pour s’empaler, cela voulait dire qu’Eméliana ne le surveillait pas. Je repoussai la chose, afin de la faire reculer. Le garçon hurla. « Où est-elle ? » demandai-je gravement, simplement pour faire sortir ma rage. Ma voix semblait bien plus grave qu’à l’accoutumé. Je reniflai. Pas loin. D’un geste brusque, je soulevai l’adolescent du sol et le portai sur mes épaules. L’objectif était d’aider la Princesse tout en restant discret, ce que je m’employai à faire. [3]

[4] Je finis par perdre patience et par contourner l’arbre. Je plantai mes yeux dans les siens, usant d’Aliénation. Cette magie m’était connue depuis des décennies, dans une forme moins complète certes mais qui fonctionnait de la même façon. C’était la solution. « Vous allez manger ce que je vous ai ramené. Lorsque je repartirai, vous ne bougerez pas d’ici. Si quelqu’un d’autre que moi venait à vous trouver, je veux que vous hurliez le plus fort possible. Si vous voyez une créature, peu importe quoi, je veux aussi que vous hurliez. » Je fis une pause. Je devais lui trouver de l’eau. C’était le plus important pour la suite. J’allais la faire boire et la manipuler pour qu’elle reste inconsciente le maximum de temps possible. Tout au long de cette période, je m’occuperai d’éliminer les menaces. « Mangez. Maintenant. » [5]

[6] Après avoir fait boire Eméliana, j’éteignis sa conscience. J’avais trouvé de quoi attacher Lydias à un arbre pour l’empêcher d’agir et je devais consolider ma stratégie. Je savais que, tôt ou tard, un Vampire se joindrait à nous. C’est ce qu’il se produisit, plusieurs heures après. La Princesse était plongée dans un sommeil artificiel dont je ne la libérerais que pour boire, manger et faire ses besoins, jusqu’à la fin de l’épreuve. Ainsi, je pouvais veiller sur elle, ignorant les gesticulations de son binôme, que je pris tout de même le soin de nourrir et d’hydrater, dans le doute. Le plus dangereux restait les autres Vampires. Lorsque mon instinct s’éveilla, je pris les devants, courant vers le nouveau-né avec détermination et violence. Je me plantai devant lui, un sourire mauvais sur le visage. « Ce territoire est le mien. Dégage. » Mes mots n’eurent pas l’air de l’atteindre. Les Rahzdens tenaient plus de l’animal que de l’homme. J’en étais un également, même si je disposais d’une puissance bien plus développée que mon interlocuteur. Je retroussai mes babines et poussai un son guttural et menaçant. « Il y a d’autres proies. Dégage. » répétai-je. Je n’avais pas envie d’en arriver à me battre contre lui. Son Géniteur interviendrait et la situation dégénérerait. Heureusement, il décida de lui-même d’obéir. Le problème restait pourtant entier. Eméliana était une réserve de sang. Elle était vierge, ce qui attirait d’autant plus. J’étais moi-même un souci dans l’équation. Pour le moment, ça allait, mais la faim ne tarderait pas à me saisir de nouveau.

De retour auprès d’elle, je pris l’arme qui lui avait été confiée au début de l’épreuve et m’entaillai le poignet. Je laissai couler mon propre sang sur elle. Les Vampires ne consommaient pas celui des autres, ou dans de très rares cas. J’espérais que cette solution serait viable et elle le fut. Le reste du temps ne fut qu’une suite de réveils douloureux d’Eméliana, de chasse pour lui trouver de quoi boire et manger, d’endormissement de sa conscience, de chasse pour me trouver de quoi subsister afin de m’éviter de la vider de son sang et de protection de la zone.

Quand j’estimai les trois jours passés, je détachai Lydias et m’approchai de la jeune femme. « À présent, marche dans cette direction jusqu’à sortir de la forêt. » Elle s’exécuta. Je la suivis, jusqu’à l’orée du bois, afin de surveiller le pantin et les arrières de la Princesse. Je m’approchai une dernière fois. « Une fois que tu auras mis un pied dehors, je veux que tu oublies tout ce qu’il s’est passé depuis cinq jours. » Je la laissai finalement quand je fus sûr qu’elle sortirait de là vivante. [7]

1536 mots
Participation de Kaahl en tant que Vampire. Mes deux messages sont liés mais je pense qu'ils peuvent se lire individuellement.

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Kaahl Paiberym
~ Sorcier ~ Niveau VI ~

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Kaahl Paiberym
Ven 24 Avr 2020, 23:11



[1] « Non… Je… Laissez-moi ! » Je me débattis comme je pus mais les mains fermes des religieux eurent tôt fait de calmer mes ardeurs. Mon corps ne pouvait résister au moindre assaut. Il se laissait vaincre, faible et lâche. « Princesse Eméliana, c’est une chance que les Ætheri vous offrent de représenter notre peuple. Ne faites pas l’enfant. Vous rendrez les Sorciers fiers. Vous remporterez cette Coupe des Nations, nous en sommes convaincus. » « Non je ne veux pas ! » criai-je. « Je ne veux pas ! Laissez-moi ! Maman ! Maman, fais quelque chose ! Ne les laisse pas m’emmener ! » J’essayai de récupérer mes poignets, en vain. Je compris alors que personne ne viendrait m’aider et que, Princesse ou non, mon destin était déjà scellé.

Au milieu des autres compétiteurs, je ne bougeai que très peu, me servant uniquement de mes jambes pour avancer au rythme de l’escorte. Mes bras étaient positionnés en croix sur ma poitrine. J’essayais de ne pas les regarder. Je ne voulais pas les voir, je ne voulais pas savoir. J’étais une Princesse et je n’avais rien à faire ici. J’avais froid. Mon ventre ne cessait de gargouiller et, malgré cet état, je ne désirais pas manger. Se nourrir signifiait grossir. Je ne pouvais pas me le permettre. J’étais déjà énorme. Était-ce pour cette raison que les Ætheri m’avaient punie ? Parce que je mangeais trop ? Parce que j’étais incapable de contrôler ma vie et que, jour après jour, j’échouais ? Cette impression de perdre pied, de n’avoir aucune autre prise sur mon existence que celle de déterminer avec exactitude ce qui avait le droit de passer dans mon estomac, je la côtoyais depuis quelques années déjà. Mes exigences étaient toujours plus strictes. Ça m’apaisait de monter sur la balance et de constater que je n’avais pas grossi. Ça m’enjouait de m’apercevoir que j’avais maigri.

« Ouvrez-moi ! Je veux partir ! Laissez-moi rentrer chez moi ! » Mes suppliques ne servirent à rien. La porte était close. Je me retournai, m’appuyai contre elle et me laissai glisser de façon que mes fesses finissent par toucher le sol. Quelques minutes plus tard, je n’étais plus qu’un petit tas rachitique, étalé par terre, sur le côté. Je m’endormis d’un sommeil sans rêve après avoir trop pleuré. Je n’en fus tirée que lorsque le battant de la porte pivota, heurtant mon corps. Je poussai une plainte tout en me décalant, apeurée. Je regardai autour de moi. J’avais oublié être ici. M’en rappeler créa chez moi un sentiment de panique qui ne fut interrompu que lorsque je vis la silhouette de Lydias. Je fronçai les sourcils, incertaine. Cela faisait quelques années que je ne l’avais pas vu. Il était parti vivre en dehors d’Amestris avec ses parents. Les rumeurs disaient qu’il était devenu un Magicien et que toute sa famille avait fui, de honte. Magicien ou non, à ce moment précis, je fus si contente de le revoir que je me relevai et courus dans ses bras. Malheureusement, son apparition sonna également le début des mauvaises nouvelles, car l’épreuve allait bientôt commencer.

Assise contre le tronc d’un arbre, mes jambes étaient repliées sur mon buste. Mes mains couvraient mes oreilles et mon front était posé sur mes genoux. J’avais les yeux fermés. Je tremblais. « Bé… Béatrice Skara Salvatore… Fanélie Faust Salvatore… Hélène Belvarrian Salvatore… » Je sursautai lorsqu’un bruit se fit entendre non loin mais ne changeai pas de position. Je n’avais aucune idée d’où se trouvait Lydias et, à vrai dire, je m'en fichais. Je l'avais presque oublié, obnubilée par ma propre condition. J’étais phobique du noir alors, à l'heure actuelle, j’essayais simplement et vainement de m’en sortir, de survivre. « Ism… Ismelda Borgia Salvatore… Ariane… Ariane Von Ghalem Salvatore. » L’un de mes médecins m’avait conseillé cette technique lorsque la peur m’enserrait. Elle ne marchait pas. Elle ne marchait pas du tout, même ! J’avais beau essayer de me concentrer, je n’en étais pas moins à l’intérieur d’une forêt dangereuse et sombre. Lydias ne m’aidait pas. Je ne savais pas… Je n’avais pas la force de regarder ailleurs. Rien ne fonctionnait. [2]

[3] Je sanglotais depuis un temps indéterminé. Le Sorcier, peut-être Magicien, était revenu vers moi après quelques longues minutes. Je n’écoutais pas ce qu’il disait. Je ne voulais pas savoir. Le noir ambiant m’immobilisait. J’avais senti quelque chose me tomber dessus à un moment. J’avais hurlé puis m’étais évanouie, avant de reprendre connaissance, toujours aussi terrorisée. Plus rien n’avait d’importance. Je ne voulais plus jamais ouvrir les yeux. Les ténèbres me hantaient. Je tremblais, oubliant la faim, oubliant la soif. Tout ceci n’avait pas de sens. Je pleurais parce qu’il n’y avait rien d’autre à faire. J’étais incapable de survivre dans cette forêt. Je n’étais pas faite pour ça. J’avais toujours vécu dans un château. Mon mal de ventre était la résultante de mon mal-être, de mon envie d’aller aux toilettes que je retenais. Peu m’importait. Le noir rendait le reste secondaire. Les bruits. Les Vampires. Cette forêt. Une haine profonde se nourrissait de ma situation, une haine pour les Dieux, une haine pour mon père, une haine pour ma mère et pour le monde entier. Je ne survivrais pas. Comment le pourrais-je ? Mon instinct de survie était nul et cette peur me paralysait. Je ne pouvais rien faire. « P… Pétra Taiji Salvatore. Iphégénie Von Illuynqi Salvatore… » Je n’écoutai pas Lydias. Les sons qu’il produisait me parvenaient mais n’avaient aucun sens. Mes yeux étaient si solidement fermé qu’ils me faisaient mal.

Le temps passa, impossible à quantifier. Il y eut un bruit sourd à côté de moi. Je sursautai, ce qui permit à la faible lueur venue de l’extérieur de m’atteindre. Mes paupières s’ouvrirent. Sur le sol, un pentacle était tracé, et une lumière bleutée s’en dégageait. Celle-ci éclairait les environs sur deux mètres peut-être. Je reniflai, pitoyablement. Mes mains remontèrent jusqu’à ma bouche en un mouvement lent. Je n’osais pas regarder. J’avais peur de ce que j’allais trouver. Je me rongeai un ongle, angoissée, jusqu’à tomber sur un morceau de tissu ensanglanté. Je me figeai et avançai mes mains vers lui, pour découvrir avec horreur des organes. Par réflexe, je me décalai sur le côté, recommençant à pleurer. « Princesse Eméliana. Je suis au regret de vous dire que vous devez manger maintenant. Si vous attendez, ce ne sera plus frais et vous serez malade. » La voix venait de derrière l’imposant tronc. « Qu… » « Ne cherchez pas à savoir. Contentez-vous de survivre. Mangez. » « N… Non. Je ne peux pas… Ce n’est pas… » [4]

[5] Je fus plongée dans un état étrange. J’étais présente, sans l’être. Les barrières de mon psychisme s’abaissèrent sans la moindre difficulté. Je me vis avancer mes mains vers la viande puis avancer la viande vers ma bouche. Ma mâchoire s’ouvrit et mes dents pénétrèrent la chair, faisant sortir le sang qui se trouvait encore à l’intérieur de celle-ci. Il coula sur mon menton et sur ma gorge. L’horreur existait en moi mais mes cris désespérés étaient muets. Je mangeai, mangeai, comme jamais je n’avais mangé depuis ces dernières années. Mon estomac n’était plus habitué. Je vomis la moitié et souffris de maux de ventre atroces. Pourtant, je n’étais toujours pas moi. J’étais ailleurs, dissociée. Le temps passa, ainsi, sans que je ne sache ce qu’il se déroulait autour de moi. Lydias me semblait absent mais je ne m’intéressais pas à lui. J’obéissais. Je veillais. Je vérifiais qu’il n’y eût aucun être vivant à l’horizon, ni Vampire, ni candidat, ni animal menaçant, jusqu’à entendre de nouveau sa voix. Je bus de l’eau, sale, croupie et je perdis pied, me sentant glisser vers l’inconscience. [6]

[7] Le flou continua de m’englober jusqu’à ce que la forêt se désépaissît. Je sortis d’entre les arbres, accompagnée de Lydias. Une fois dehors, une impression de vide m’assaillit. « Que… Que fais-je ici ? » demandai-je. « L… Lydias ? »

1308 mots
Participation d'Eméliana pour les Sorciers comme convenu

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Mancinia Leenhardt
~ Humain ~ Niveau IV ~

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◈ YinYanisé(e) le : 01/05/2015
◈ Âme(s) Soeur(s) : Neah Katzuta | Ange | Compagnon
◈ Activité : Joaillière [Rang IV] - Médecin [Rang III] - Éleveuse de Vaches [Rang I] - Investisseur [Rang II] - Prêtresse d'Amsès [Rang I]
Mancinia Leenhardt
Ven 24 Avr 2020, 23:23

En le regardant ainsi se concentrer sur les courbes délicates du bois de l'auberge, un inconnu l'aurait sûrement cru en train de perdre la raison. Allongé sur le lit, sa tête reposant sur ses mains entrecroisées derrière sa nuque, Shapûr était en proie à d'autres réflexions. Il avait à peine remis un pied à Ahkëela qu'on l'avait prévenu de la réception d'une missive venant de chez lui. C'était rare que ses amis de l'Armée ne lui rédigent un courrier, sachant qu'il était courant que ce dernier le fasse lire. La seule qui usait de ce moyen n'était autre que Mancinia. Elle l'avertissait de la décision finale quant au choix du représentant Humain pour l'une des Coupes des Nations les plus ... dangereuses. Il s'était porté volontaire pour éviter qu'on ne désigne quelqu'un avec moins de chance de réussite ... et de survie. Certaines épreuves n'étaient pas connues pour que l'on rentre en sautillant comme un cabri. Elle lui avait souhaité bonne chance et il attendait désormais le début de son Épreuve. L'Humain essayait de rester calme, mais une certaine appréhension lui nouait les entrailles. L'accueil des Vampires avait été glacial et il leur avait très bien rendu. Les deux races ne s'aimaient guère et en tant que Soldat, il n'était pas question d'être courtois avec ces connards. Il n'avait pas manqué de grogner lorsqu'on l'avait conduit à sa chambre. Depuis, c'était l'absence et le silence. Il y avait quelques gardes pour les empêcher de sortir, ou de s'enfuir, c'est selon. Mais rien de plus. Ni visites brutales, ni explications condescendantes, ni repas empoisonnés. Est-ce que ce traitement était infligé à tous les autres participants ... ou seulement lui ?

De toute manière ... Il était seul ici. Personne ne tendait sa main à un Humain. Peut-être un Ange, mais lui-même n'en était pas un. Et les tensions actuelles ne permettait pas vraiment une super entende et il préférait ne compter que sur lui-même. Dans un sens, depuis son départ, l'Épreuve avait démarrée. L'Humain avait donc choisi de rester allongé sur le lit et de conserver ses forces. Si l'Épreuve se déroulait dans le courant de la nuit, tourner en rond comme un fauve en cage ne servait à rien. Il comprenait bien les raisons de ce choix. Les Vampires n'aimaient pas le Soleil. Il ricanait en pensant à la situation géographique des siens. Quand des bruits se firent entendre contre le bois de sa porte, l'homme pensait un instant que le moindre bruit dérangeait ses Vampires Gardiens, mais on lui demandait d'ouvrir. Sans doute le début de ...

Lancinia ?

Shapûr l'avait immédiatement reconnue en ouvrant la porte, encadrée par deux hommes. Ou femmes. Ils avaient tous l'air de cadavres de toute façon. Celle-ci sourit faiblement. Elle ressemblait à Mancinia, certes, mais elles ne dégageaient pas les mêmes choses.

Que fais-tu ici ?
Elle a été désignée pour être votre binôme durant toute la durée de votre Épreuve. C'est là où nous vous conduisons.

L'Humain était clairement surprit, mais acquiesçait avant de suivre son apprentie qui s'était engagée avant lui. Il observait la nuque de sa partenaire muette sans rien dire tout en fronçant les sourcils. Si Lancinia avait été également désignée comme représentante des Humains ... pourquoi Mancinia ne lui en avait-elle pas fait mention ? Même sans le dire ouvertement ... C'était étrange. Peu importait maintenant, les détails, ce serait pour plus tard. Les deux compagnons se retrouvèrent rapidement en présence des autres concurrents. Il y avait pas mal d'yeux vampiriques braqués sur eux. Ça le dégoûtait. Ils étaient répugnants à les regarder comme des morceaux de viande. Que Jeriel les crame tous. Ça leur donnerait des couleurs. Il dû se faire violence pour ne pas vomir avec l'odeur. Le Réprouvé sentait comme un Réprouvé. C'était facile à comprendre. Les indications étaient ... claires. Une Chasse ? Ils étaient sérieux ? Ils s'attendaient à l'affaiblir ? Il était certainement l'un des plus qualifiés pour ce bordel.

Il regardait Lancinia. Elle semblait ailleurs. Était-elle inquiète ? C'était sa première Coupe des Nations. C'était amusant qu'ils soient encore ensemble. A croire que les merdiers les aimaient bien ensemble.

T'inquiète. Tu es douée. On devrait s'en sortir.
Tu crois ?
Ouais. La survie en milieu hostile ... Ça nous connait.

Un Vampire s'entreprit de s'assurer que tout était conforme avant de lui tendre son équipement. Il s'attardait un peu plus sur la jeune femme.

Fais attention à tes mains. Madame mord au sang.

Ils eurent un sourire aussi carnassier aussi bien l'un que l'autre. Le Vampire s'écartait tandis qu'ils rejoignaient le cercle et que la Magie de ce dernier s'activait avec un peu plus d'utilisateurs que pour les autres. Tant mieux si son Ma'Ahid les emmerdaient, cela lui permettait de les toiser ouvertement avec un sourire insolent ...

Putain de magie de merde !

Ses paroles lui avaient échappées en arrivant. Il détestait devoir dépendre de cette merde. Elle n'apportait que des problèmes et du malheur. La dernière fois qu'ils avaient été téléportés vers un lieu inconnu, cela s'était terminé dans le sang pour repartir aussi rapidement. Comme s'ils avaient accomplis une sorte de mission. Laquelle ? Shapûr se le demandait encore. Après avoir repris ses esprits, il prit conscience de son environnement immédiat. L'air nocturne était doux et une légère brise soufflait dans leurs cheveux. Cela les changeait de la chaleur aride du Désert.

Fais voir ce qu'ils t'ont donné.

Lancinia sortit le couteau qu'on lui avait remis avant leur départ. Ce n'était pas grand-chose. Et de très mauvaise qualité qui plus est. Hum. Il était convaincu d'avoir vu un des participants avec une arme plus grande et mieux aiguisée. Cela ne l'étonnait guère. Toutes ces histoires avec des enflures dans leur genre passaient par des petits arrangements pour faciliter les choses à certains et démolir les autres. Pas de quoi s'inquiéter dans l'immédiat. Quant à lui, c'était encore acceptable. La qualité et l'utilité du matériel était très important. En l'occurrence, ils avaient leurs vêtements, le ventre creux et deux armes. Un couteau pour elle et une petite hache pour lui. Il mit sa hache à sa ceinture et encourageait sa partenaire à mettre sa dague dans sa manche. Plus ce serait facile d'accès ... mieux ce serait en cas de confrontations.

On fera comme on peut. On va camoufler notre odeur pour commencer.
Ce n'est pas nécessaire, si ?
Écoute, Lancy, soupirait Shapûr. T'es sûrement une meilleure proie que moi au niveau du goût. Je pense qu'ils ont de la merde dans les papilles, mais ça n'engage que moi. De toute façon, t'es pas formée à toutes les situations. Tu vas faire ce que je te dis si tu veux pas être boulotter au premier qui passe.
Nan ! répliqua-t-elle avec insolence. J'ai pas envie de me salir ! Ça sert à rien et ... Ah !

Son geste avait été immédiat. Il lui avait attrapé les cheveux si violemment qu'elle eut un sursaut de surprise et un hoquet de douleur avant de lui donner un coup dans le genou pour la faire tomber à terre sous la surprise et de racler sa chaussure dans son dos.

Voilà, t'es sale, dit-il en la relâchant. Ça te suffit ?

Elle le regardait, outrée, en massant son épaule.

On les appelle pas les Suceurs pour rien. Tu vas mettre de la terre, de l'humus, des feuilles et tout ce que tu veux sur les endroits sensibles. Et si tu me regardes encore comme ça ... Je vais t'en coller dans la bouche aussi !
Ça va, ça va !

Bon gré et mal gré, la demoiselle fit ce qu'il dit sous son oeil vigilant. Son cri avait peut-être attiré les prédateurs, mais distancer les autres concurrents. Tout ou rien. Après s'être bien recouvert au niveau du visage, des aisselles et de l'entre-jambe, il était temps de progresser dans cette vaste forêt lugubre qui refermait sur eux un étau mortel. Ce recouvrir était simplement pour tromper l'odorat sur la précision exacte d'où ils se situaient, car rien ne savait dissimuler l'odeur corporelle. En allant dans le sens du vent, ils évitaient d'être éventer et de trahir leur odeur. C'était le meilleur moyen. L'élément était de leur côté pour l'instant. Cette nuit ... Ils allaient marcher. Au plus loin qu'ils le pourraient. Lorsque plusieurs heures, dû moins, cela lui semblait être comptabilisé ainsi, furent écoulées, Shapûr décrétait une pause, voyant clairement la fatigue et les soupirs d'agacement de sa compagne. Par ailleurs, il avait eu plusieurs fois envie de lui arracher la carotide avec les dents lui-même. Elle parlait bien plus fort et aigu que la normale, elle semblait distante et agressive au moindre son sortant de sa bouche, ne savait pas s'orienter et avait faillit se perdre plusieurs fois, si bien qu'il la faisait désormais marcher devant lui. Non, vraiment, le stress devait la rendre débile. L'aube ne devait pas être loin, c'était l'heure d'une petite pause.

On n'allume pas un feu ? demanda la jeune femme.
T'es sérieuse ? On va se faire repérer à des kilomètres à la ronde. On n'est pas des putains de lucioles !
Mais ... J'ai froid moi et j'ai faim aussi !
Ce n'est pas la peine de hausser le ton sur moi. C'est comme ça, c'est tout. Je m'en branle que t'es froid, si c'est si dérangeant, vient me faire un câlin !
Nan.
Tais-toi, alors.
J'ai faim ! reprit-elle.
... Tu peux tenir sans quelques temps sans nourriture, surtout qu'on ne peut rien cuire, l'odeur nous trahirait d'autant qu'allumer des flammes.
Mais ... On pourrait manger des baies !
Tu es en territoire ennemi, Lancinia. Même les comestibles peuvent avoir été empoisonnées au préalable. Ne fais confiance à personne.

Son ton plein de reproches lui coupait le clapet. Qu'avait-elle à être aussi emmerdante ? On voyait qu'elle n'avait jamais eu faim de ta vie. On peut survivre sans manger durant deux à trois semaines, évidemment, les circonstances rendait ce constat assez dangereux, mais ce n'était que quelques jours.

Vu qu'on est soumis à l'anxiété de cette chasse, on se dépense bien plus, mais si cela ne dure que quelques jours, qu'on est prudents et qu'on évite de paniquer à tout va, tout devrait bien se passé. Je m'inquiète plus pour l'eau. Nous n'en avons pas encore vu. Nous devons regarder après ça tout en progressant, les arbres nous dissimulent, mais ça va dans les deux sens ... Mais tu fais quoi ?

Sa dernière question avait jailli lorsqu'elle s'était redressée pour poursuivre sa marche. Voulait-elle poursuivre pour se réchauffer ? Remarque, ça l'arrangeait un peu et ... Mais ! Shapûr se redressait d'un bon pour lui courir après, lui attrapant le bras au moment même où quelques cailloux chutaient en contrebas, à la place de son pied.

Putain ! Espèce de conne ! Tu aurais bien pu y rester ! T'as pas vu ce foutu trou ?
... Nan.
Tu fais vraiment chier !

L'Humain relâchait son bras en prestant des noms d'oiseaux. Shapûr était de plus en plus suspicieux. Est-ce que ces connards l'auraient-ils ensorcelée ? Elle ne semblait guère dans son état normal. Abrutie par une drogue, peut-être ? Merde. Voilà qui n'allait pas l'aider si elle se retrouvait amoindrie. Néanmoins, cet Épreuve, il s'en carrait. Son but, c'était de faire en sorte qu'ils survivent. Ils avaient décidément toutes les techniques pour vouloir exterminer les gens. A cet instant, il entendit clairement l'écoulement de l'eau ... Il se retourner, muet, essayant de trouver un chemin dans la pénombre pour descendre.

De l'eau.
C'est ce qu'ai entendu !

... Pourquoi s'était-elle jetée dessus ainsi ? Elle devrait pourtant savoir qu'ils auraient pu en faire tout et n'importe quoi. Où était sa stagiaire réfléchie ? Il allait devoir redoubler de prudence pour éviter qu'elle ne se tuer stupidement. Tant pis.

Tu ne bois pas ?
Non. On est en territoire ennemi. Je ne boirais rien.
Tant pis pour toi !

C'était risqué, mais c'était moins que de s'attendre à quelque chose de cohérent. Lancinia avalait goulûment le liquide, avant de se redresser. Les deux Humains ne restaient pas sans rien faire au cours de la nuit. Ils avançaient prudemment. Ils ne se parlaient pas. Lorsque Lancinia ouvrait la bouche ... Shapûr avait fini par menacer de la cogner. C'était le meilleur moyen pour lui faire comprendre les choses. Il n'aimait pas frapper les femmes, mais sa patience était mise à rude épreuve. Et ce n'était pas son poing sur sa gueule qui allait lui faire mal. Au cours de la ... Journée ? Probablement. Ils se reposaient. L'Humaine s'était effondrée comme une pierre, tandis qu'il somnolait un peu. Ils savaient comment réagissaient les prédateurs. S'ils avaient une proie vulnérable, ce sera la première chassée, d'un autre côté, les Vampires aimaient relevés des défis ... C'était exactement ce qu'était leur binôme. Une cible faible et une cible résistante. S'ils devaient tomber sur eux ... Ils testeraient d'abord leurs capacités. Il ne devrait pas trop en faire au risque d'être malmené et capturé. Ce n'était des animaux en face, mais des ennemis. Shapûr devait veiller à ce qu'ils ne soient pas confiants dans leurs chances de réussite. Après s'être reposé, il vit sa compagne se diriger vers un buisson.

Non, mais ... Tu pisseras pas ici !
Tu me demandes de me retenir ?! T'es fou ?!
... Ton urine marquera ton passage. Prend pas les Vampires pour des cons quand on utilise ça à la chasse nous-mêmes.
C'est dégueulasse !
Bon, bon ... Va-y ... Mais je passe après toi.

Et dire que ce n'était que le premier jour ... Après ce moment visiblement très gênant pour Lancinia, ils se déportèrent plus vers la gauche. Les bruits environnants étaient extrêmement inquiétants. L'Humain eu une pointe d'anxiété en écoutant un son qui lui était étranger, mais il ne souhaitait pas inquiété son amie. Il restait concentrer en essayant de s'éloigner tout en continuant d'aller droit en gardant un oeil sur le ruisseau. Elle buvait moins, espérant devoir moins aller au petit coin. Sa gorge à lui était en feu. Il aurait bien voulu récupérer de l'eau sur un arbre, mais ... C'était impossible avec leur équipement plus que fragile. Pour leur bien, il se devait de résister, se promettant de regarder cette forêt brûler en sirotant une bonne bière fraîche. Mancinia l'aiderait volontiers, il n'en doutait pas. Lors de la second nuit, l'Humain était convaincu d'avoir entendu un homme et une femme en pleine dispute, mais qu'ils soient de leurs poursuivants ou de leurs concurrents, il ne souhaitait rien savoir. Lorsque sa binôme avait voulu leur crier après ... sa main était partie toute seule. L'homme l'avait secoué. Seuls. Ils étaient seuls. Cela l'avait choquée et elle l'avait suivi sans broncher. Au cours de la journée suivante, le Traqueur pensait être ouvertement en train d'halluciner. Sans doute que les rayons solaires ou le manque d'eau le ... Merde. Tant pis. Shapûr prit son courage à deux mains ... Et bu. Au pire, il mourrait avant de sortir, au pire, il aurait la chiasse. Au mieux, il mourrait en ayant la chiasse et en crevant un Vampire.

C'était au cours de la nuit que les choses avaient empirées. Lancinia avait commencer à se sentir mal, recrachant ses tripes, affaiblissant, plusieurs fois, disséminant leur passage ... Shapûr avait fini par se dire que jamais ils ne ressortiraient d'ici vivants. Il se sentait mal, délirant. Cette putain d'eau ... C'était marcher. Marcher. Marcher. Marcher. Marcher. Marcher. Marc ... Putain. Il se passait quoi ici ? Les arbres devenaient bleus, les cailloux semblaient courir dans leur dos, le sol tremblait sous les pas de ... Non. C'était son imagination. Juste son ... Shapûr était à l'orée de la forêt. Il croyait. L'état de Lancinia l'inquiétait assez. Sa fièvre avait empirée et était le signe évident d'une infection. Elle devait tenir au moins vers la conclusion de l'Épreuve parce qu'il n'était pas certain que les Vampires respectent leurs engagements. Ils étaient seuls. Ils le savaient.

Ça va aller, Lancinia. Ça va aller ...

2840 mots - merci pour cette CDN nastae


[Coupe des Nations] - Les Jeux de Lubuska Chriss10
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Ven 24 Avr 2020, 23:47


by Cris Ortega

Les Jeux de Lubuska
[Ninon]

« Je ne veux tuer personne… » Je m’arrêtais et me retournais vers Christian. Mes lèvres s’entrouvraient pour lui répondre. Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit. « Chris ! » Mes yeux pivotaient vers Alexeï, notre Père. « Il suffit à présent. » Son regard était dur. Même si mon frère était juste à côté de moi, je m’approchais davantage, inquiète. Il était rare qu’Alexeï s’énerve contre Chris. « Ninon. Reste en dehors de cela. » Il darda ses yeux sur moi. Je reculais d’un pas. Satisfait, il se recentra sur mon frère. « Christian… Écoute-moi. » Je regardais Chris. « Tu n’es plus humain. Tu n’es plus des leurs. Tu ne fais plus partie de ce monde si vivant et lumineux. Tu m’entends ?! » Christian plissa son front. « Tu es à moi. Tu es à nous. Tu es à cette Lignée. Là est ta place. » Je frissonnais. Une de mes mèches blondes glissa sur mon bras pour tomber dans mon dos. La chair de poule me gagnait. Ce que notre Père disait résonnait autant dans mon esprit que dans celui de mon frère. « Eux… Ce sont notre nourriture. Rien de plus. Le loup s’excuse-t-il quand il croque un Weltpuff ? Hum ? » Alexeï attendait une réponse. Il s’approcha de son Fils, d’une manière plus que menaçante. Christian déglutit. Je me sentais impuissante, divisée en deux. Devais-je essayer de défendre mon frère ? Devais-je me taire comme me l’avait demandé mon Père. « La réponse est non. Est-ce clair, mon Fils ? » Il insista sur le dernier mot, celui qui liait, celui qui soumettait le fils envers le père. Christian tourna son visage. Son poing était fermé. Cependant, il hocha la tête. « Bien. » Alexeï arrêta son avancée menaçante vers lui.

« Christian… Nous ne sommes pas faits pour nous contenter du sang de… lapins. Ne salives-tu pas en pensant au liquide qui coule dans les veines d’une femme ? Chaud et épais ? » Je déglutis, la gorge soudain sèche. Christian fit de même. Il tournait de nouveau son visage vers notre Père. Celui-ci commençait à esquisser un sourire discret. « N’aimes-tu pas la couleur de ce liquide si passionnant ? Son pourpre qui coule sur ta peau blême, ne faisant que t’attirer davantage ? » Les pupilles de Christian se dilatèrent. Je savais que les miennes le faisaient aussi. J’imaginais ce sang glisser entre mes doigts. Je m’imaginais caresser la veine qui pulsait, qui m’appelait. J’avais la gorge si sèche d’un coup. C’était si terrible. « N’aimerais-tu pas goûter le sang d’une vierge – ce sang si pur qu’il m’est impossible à décrire ? » Ma gorge était comme du papier de verre : douloureuse et rapeuse ; réclamant ce miraculeux liquide qui pourrait la soulager. Christian émit un son se situant entre le grondement et le râle. Je voulais partir, courir à la recherche de mon repas. Je pensais déjà au placement de mes pieds, afin de prendre un départ vif. Mais je devais attendre. Mon Père devait donner le départ. Je ne devais pas me mettre en danger. Je ne devais pas… Je grognais aussi. C’était de la torture. Alexeï le savait. Il souriait, nous regardant tour à tour. « Vous devez vous contrôler. Je ne donnerais pas le départ avant que vous ne soyez calme. Tous les deux. » Mes narines étaient grandes ouvertes, déjà prêtes à humer l’air de Myngrimu. Je grognais encore. Ma posture était tout sauf stable. La Soif m’appelait. Elle me dominait. « C’est bien Christian.... Ninon ? » Mon Père me regardait sévèrement. Je le regardais avec le visage d’une folle. « Contrôle-toi. » intima-t-il. Je voulais lui obéir mais la pulsion était forte. Trop forte. Mes yeux étaient grands ouverts. Ils étaient posés sur lui mais ne le voyaient pas. Seule la vision du sang m’apparaissait. J’en voulais. Je voulais me gorger de ce liquide si chaud. Il était le seul capable de réchauffer ma peau si glacée. Il était le seul capable de rougir mes lèvres. Il était le seul capable de me faire me sentir en vie. La Soif m’appelait. Elle était si forte. « Ninon ! » Je m’éloignais en courant. Je ne pouvais plus supporter ce vide dans ma gorge. Ma course était désordonnée et imprévisible. Je ne savais pas où j’allais. J’étais aveuglée par cette envie pourpre.

Trop occupée à rechercher une proie à l’horizon, je ne regardais pas ce qu’il se trouvait au sol. Je humais l’air humide et désagréable de la forêt. Où était l’odeur du Sang ? Où était le Sang ? Où étaient les proi… Mes pensées n’eurent pas le temps d’aboutir. Un violent coup dans mon dos me fit tomber. Dans un réflexe un peu inutile, j’essayais de placer mes paumes devant moi pour amortir ma chute. Le choc avait cependant été bien trop puissant et ma tête goûta à la terre de la forêt. Fade. Écœurant. La Soif retomba directement face au gout affreux qui inondait ma bouche. Il me rappelait que j'étais... Il me rappelait que la Vie comme je l'avais connue m'avait quittée. Il me rappelait que d'une certaine façon, j'étais morte. Oui... Cette terre avait le goût de la mort... Je toussais et essuyais mes lèvres dans des gestes affolés tout en m’asseyant sur le sol. « C’est bon. Tu t’es calmée ? » Je levais les yeux vers mon Père qui m'avait poussé. Je le regardais avec des yeux assassins. Il me rendit mon regard. Mes yeux se baissaient. « Alors ? » « Oui. » lui répondis-je dans un murmure. J’enlevais le dernier grain de terre qui reposait sur ma joue.

Alexeï soupira soudainement. Lui qui me surplombait, s’assit à mes côtés dans un geste las. « Christian, viens là. » Il tapota le sol à ses côtés, lui demandant de se joindre à nous. Mon frère obéit. Je le regardais avancer vers nous avant de détourner le regard. Il devait me trouver fuyante ces temps-ci. C’était normal… J’avais appris que notre sœur – notre sœur biologique – avait elle-aussi rejoint les troupes des Buveurs de Sang. Je ne lui avais encore rien dit. Comment le pouvais-je ? Il allait se sentir coupable de tout alors que… La coupable c’était moi. J’avais détruit notre famille avec mon égoïsme. Je regardais Alexeï. Lui-même avait ses yeux sur moi. Il posa sa main sur mon genou légèrement écorché. Il savait à quoi je pensais. Il le savait toujours. J’esquissai un sourire. Non… Je ne devais plus penser comme cela. Ma famille d’antan n’était plus. J’avais choisi une autre famille. J’avais choisi une autre vie. Je chassai cette soudaine mélancolie de mes pensées tandis que Christian s’asseyait.

« Les Enfants, écoutez-moi bien. » Alexeï posa son autre main sur l’épaule de Christian. Nous le regardions tous les deux. « Vous devez parvenir à vous contrôler. » Notre Père tournait sa tête vers moi. « Contrôler votre Soif... » Il pivotait ensuite vers Chris. « ... Et vos états d’âme. » Il affermit sa poigne sur notre peau. « Vous êtes mes Enfants. Et je ne laisserais personne s’en prendre à ce qui est à moi. Pas même vous. » Son visage, normalement souriant, était ravagé par le sérieux. Les années qu’il avait traversées y étaient presque lisibles. « C’est pour cela qu’il vous faut combattre vos pulsions. Est-ce clair ? » Il laissa un silence tomber pour que sa voix résonne dans nos têtes. « Nous ne serons à Myngrimu qu’une nuit seulement. Il est temps pour vous d’apprendre à chasser autre chose que des vulgaires bestioles. Au cas où ce ne serait pas clair dans vos têtes : c’est un test. » Christian déglutit. Je baissais les yeux un court instant avant de les relever, le sourire aux lèvres. « Je veux la première bouchée ! » Alexeï répondit à mon sourire. « Seulement si tu arrives à attraper un concurrent. Crois-moi : ce sera bien plus difficile qu’une chasse aux lapins. Tes proies seront bien plus rusées. Bien plus dangereuses aussi. Avant de tuer, il te faudra d’abord te protéger. Avant de traquer, il te faudra analyser. Tu t’en sens capable ? » Mes yeux étaient aussi ronds que des soucoupes. Alexeï ria. Sa main quitta mon genou pour ébouriffer mes cheveux. « Hé ! Je-J’en suis capable ! Tu vas voir ! Je vais t’éblouir ! » Notre Père leva un sourcil. Son expression faciale voulait alors tout dire. Christian ria aussi et se releva. « T’inquiète sœurette. Je serais là pour m’assurer que tu ne succombes pas à ta Soif. » Mon air se fit ronchon. « Comme si tu y arrivais plus que moi ! » m’offusquais-je. « Il y arrive. Il contrôle sa Soif bien mieux que tu ne l'as jamais fait. » J’ouvris la bouche dans un "O" outrée. Mon ego s’enflammait. « Ouais ! Bah… Je vais vous prouver que j’y arrive aussi ! » Je me relevais vivement. Alexeï fit de même. « On peut aller chasser maintenant ou on doit encore écouter tes conseils moralisateurs ? » Notre Père hocha la tête, le sourire de nouveau aux lèvres. Je pivotais pour commencer à marcher. « Ninon ? » Je m’arrêtais pour le regarder. « Hum ? » ronchonnais-je. « Ensemble. » Mon visage grognon disparut aussitôt. Je regardais Christian. « Ensemble. »

Il était l’heure de chasser. En famille.
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