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 [XXIX] Tel la rivière qui fuit [solo]

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Dim 08 Juil 2018, 19:55

Catégorie de quête : XXIX. Fuite
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Intrigue/Objectif : Alors que Lune se baigne tranquillement dans une rivière pour se laver et détendre ses muscles douloureux et crisper, elle est aperçu par un jeune homme venu pécher, qui prenant peur, courre prévenir les villageois qui viennent la chasser.
Cela faisait plusieurs heures que, caché dans le petit bosquet d'arbres, Lune observait autour d'elle. Toute la journée, les agriculteurs avaient travaillés aux champs, semant les terres après les avoir soigneusement retournées. Elle s'était réfugiée au sommet de l'arborescence quant ils étaient venu se mettre à l'abri de l'astre solaire lors de la pause déjeuner. C'était à peine si elle avait respiré tout le temps qu'ils avaient pris pour manger, leurs éclats de rire traversant l'air et se joignant au chant des oiseaux. Puis ils étaient reparti faire leur boulot et elle s'était avachi contre la branche sur laquelle elle était perchée, poussant un soupir de soulagement. Et pourtant, tandis que le soleil avait continué son chemin dans le ciel, elle n'avait pu s'empêcher de les observer. Ce n'était peut être qu'une tâche banale et quotidienne pour ces gens là, mais d'une certaine façon, elle les enviait. Ils avaient une vie, un travail, des amis avec qui plaisanter, une famille à aimer et qui les aimait en retour. Tout ce qu'elle ne connaissait pas et doutait de pouvoir avoir un jour. Espionner ainsi une part de leur vie lui serrer le cœur, ravivant le manque dans son être mais en même temps, paradoxalement, cela lui faisait du bien car cela lui prouvait qu'il n'y avait pas que la fuite dans la vie et que si elle persévérait, si elle trouvait – ou plutôt quant parce qu'elle la trouverait, elle se l'était promise – cette personne qui voudrait bien l'embrasser, elle aussi pourrait avoir la possibilité de vivre la vie à laquelle elle aspirait.

Les derniers travailleurs étaient en train de remballer leurs outils, de ré-atteler les chevaux aux charrettes pour rentrer chez eux. Il ne faisait pas encore nuit mais la journée de travail était terminée. Il restait au moins encore une heure de jour si ce n'était un peu plus. Lorsqu'il ne resta plus que le bruit de la légère brise dans les branches et celui du chant des grillons, la Kirottu redescendit de son perchoir. Hésitante à l'orée du bosquet, elle ne savait pas quelle était la meilleure solution pour se rendre à la rivière qui coulait paresseusement un peu plus loin. Devait-elle courir ventre à terre jusque là pour être le moins longtemps possible à découvert au risque d'attirer le regard par son mouvement ou bien, devait-elle jouer la carte de la précaution et y aller pas à pas, en s'arrêtant chaque seconde pour regarder autour d'elle, quitte à se jeter au sol au moindre bruit ? Mais elle en avait marre d'avoir peur à chaque respiration qu'elle prenait. Elle voulait aussi profiter de petits moments de quiétude et de joie. Alors elle décida de tout envoyer balader. Son inquiétude, sa raison qui lui disait que le danger rôdait toujours et pouvait subvenir à tout instant, la plus élémentaire des prudences. Elle laissa éclater ce qu'elle était vraiment, cette fille joyeuse au fond d'elle qui ne demandait qu'à vivre. Elle se mit à courir devant elle mais pas pour atteindre le plus rapidement possible la rivière. Non, juste pour le plaisir de gambader dans les champs, de se faire chatouiller par les quelques herbes folles. Elle dansa avec les papillons, éclatant de rire quant ils la frôlaient de leurs ailes délicates. C'est ainsi qu'elle arriva toute essoufflée et couverte de terre et d'herbe sur le rivage du cour d'eau. Mais sur ses lèvres écailleuses se trouvait un sourire qu'elle n'avait pas arboré depuis bien longtemps. Elle était tout simplement heureuse.

Lune prit quelques minutes pour calmer sa respiration et retrouver un semblant de calme. Cela lui avait fait du bien. Beaucoup de bien. Elle jeta quand même un regard autour d'elle pour vérifier que personne ne l'avait surprise dans son batifolage. Mais les champs étaient déserts, tout autant que les chemins cahoteux y menant. Elle pouvait continuer sans être inquiétée pour le moment. Elle se pencha au dessus de l'eau et s'observa longuement. Elle n'avait pas l'impression d'être si moche que cela, même sous sa forme de Kirottu. Peut être était-ce parce qu'elle percevait autre chose que ce que les gens avaient l'habitude de voir. Elle ne pouvait certes être qualifiée de belle, mais de là à être horrible ? Peut être devait-elle trouver un artiste, quelqu'un qui avait l'habitude de trouver de l'éclat dans la moindre des choses. Ou bien un aveugle, qui ne serait pas rebuté par la première impression visuelle. Elle ne savait pas. Mais ce soir, elle n'y penserait pas. Elle avait décidé de simplement profiter de la fin de journée, de l'instant de détente qu'elle s'octroyait. Le reste, elle y reviendrait après. La Sylkel porta son regard un peu plus loin sur le liquide cristallin. Il s'écoulait paisiblement, telle un animal endormi. Elle ne risquait pas de se faire emporter par le courant, ce qui était une bonne chose, parce qu'elle n'était pas sur de savoir nager. Mais en y réfléchissant bien, cela ne lui faisait pas peur. Elle se débarbouillait généralement dans une flaque d'eau ou dans l'abreuvoir d'animaux d'élevage. Mais là, l'occasion était trop grande. Elle pourrait réellement se laver et pas simplement faire une toilette de chat. Ca serait l'occasion de détendre ses muscles et de prendre un peu de temps pour elle, pour apprendre de nouvelles choses au lieu de simplement fuir.

Précautionneusement, pas à pas, Lune avança dans l'eau. La chance était avec elle car la berge, à l'endroit où elle se trouvait, plongeait en pente douce, lui permettant d'avancer sans avoir besoin de plonger. Cependant, elle se rendit rapidement compte que sa queue lui posait problème, n'arrêtant sans cesse de remonter à la surface comme si elle flottait. Il fallait qu'elle trouve une autre solution si elle voulait pouvoir s'immerger entièrement comme une sirène ou un poisson dans l'eau. Au lieu de garder une position verticale, elle décida donc de s'allonger sur le ventre. Il lui fallut quelques secondes pour s'habituer à tout ceci et se dépatouiller avec ses nombreux membres. Mais finalement, elle finit par y arriver et se mit à barboter dans l'eau, un peu à la façon d'un chien. Elle n'avait jamais fait ça de sa vie mais trouvait cela marrant. Elle en oublia d'être prudente et de faire attention autour d'elle. Ses exclamations de joie et les bruits d'éclaboussures qu'elle provoquait autour d'elle en se baignant finirent par attirer l'attention d'un jeune homme venu pêcher un peu plus loin, au détour de la rivière, expliquant qu'elle ne l'avait pas aperçu jusque là. Elle ne remarqua d'ailleurs pas plus sa présence quant il se figea, médusé et apeuré de ce qu'il voyait dans l'eau. Lorsque le jeune homme eut de nouveau la maîtrise de son corps, il laissa tomber au sol sa canne à pêche et détala à toute vitesse en direction de son village.

La Fae crût percevoir un bruit mais lorsqu'elle se retourna, elle ne vit rien. Elle continua donc sa baignade tranquillement, profitant des derniers instants du jour tandis que l'horizon s'embrasait peu à peu de couleurs fauves. Peut être que c'était son instinct qui avait fini par se réveiller ou que ses sens avaient capté quelque chose, quoiqu'il en soit, elle ressentit soudain un malaise, une sensation désagréable, comme si quelque chose n'allait pas. Elle était en train de regagner le rivage quand les premiers villageois, armés de fourches, de bâtons et autres armes firent leur apparition au sommet du petit dénivelé. Ils se mirent à crier tandis qu'elle se mettait à trembler. Elle n'avait pas été assez prudente et voilà le résultat. Elle allait une nouvelle fois se retrouver pourchassée. Elle regarda, paniquée, autour d'elle, le meilleur chemin pour fuir. Il lui restait encore quelques secondes avant qu'ils ne soient vraiment sur elle mais il fallait qu'elle prenne une décision rapidement. Elle s'élança sur sa gauche, dans la direction opposée au village. Immédiatement, les Réprouvés se lancèrent à sa poursuite. Certains avaient pensé à ramener leurs chiens et les lâchèrent dans la traque. Son cœur battait à une vitesse folle, sa respiration toute essoufflée, mais cette fois-ci de peur et non de joie comme un peu plus tôt. Elle détalait, ventre à terre, comme l'animal traqué et en fuite qu'elle était. La panique faisait s'emmêler ses pattes, la faisait trébucher sur sa queue, s'esquinter les articulations sur le sol.

Ils allaient la rattraper. Chaque seconde qui passait les rapprochait d'elle. Un premier chien lui sauta dessus, la faisant s'étaler au sol. Elle lui donna un coup de queue pour le faire chuter de son dos avant de prendre sa course éperdue. Mais les canidés étaient là, autour d'elle, leur souffle chaud lui donnant la chair de poule. Un premier coup de crocs atteignit son appendice caudale avant que d'autres ne s'en prennent à ses membres. Elle chuta, se débattit, donnant des coups dans tous les sens. Il fallait qu'elle se relève sinon, elle était une Fae morte. Elle se mit à taillader les chairs autour d'elle. Heureusement, dans sa fuite, elle avait quand même eu le réflexe de récupérer la dague qu'elle avait volée un autre jour, sur le bord de la rivière. A présent, cela allait peut être lui sauver la vie. En tout cas, celui fit reculer les chiens qui ne s'attendaient visiblement pas à ce que leur proie réplique. L'un d'eux était d'ailleurs couché au sol, incapable de se relever. Cela faisait mal à la Sylkel de devoir infliger de la douleur à ses bêtes mais elle n'avait pas le choix. C'était elle ou eux. Les villageois étaient juste derrière. Elle ne pouvait pas se remettre à courir, les molosses la rattraperaient tout de suite. Il ne lui restait qu'une seule solution. Elle se retourna et sauta dans la rivière. L'un des chiens la suivit, sautant à sa suite mais les autres se contentèrent d'aboyer et de grogner depuis le rivage. Des objets se mirent à pleuvoir autour d'elle, l'un d'eux venant même la frapper à la tête. Du sang se mit à couler et elle but à moitié la tasse sous la surprise. Ils étaient en train de la caillasser en lui balançant tout ce qu'ils trouvaient, tout ce qui leur tombait sous la main. Peu à peu, les jets se firent moins puissants tandis qu'elle s'éloignait d'eux. Elle vivrait une journée de plus.


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