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 Maitres des spécialités [pv: Feather]

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Mer 13 Juin 2012, 22:10


Paupières closes, allongée à l'ombre d'une immense saule pleureur, Vanille demeurait étrangement immobile. Les longues branches du majestueux arbre qui bordait la rivière venaient chatouiller le doux visage de porcelaine de la sirène, au gré de la petite brise qui soufflait et remuait les longues lianes dans une danse frénétique. Les alentours étaient calmes et paisibles, et rien ne venait perturber la mélodie de dame nature, symphonie où le bruissement du vent, les cliquetis de l'eau qui s'écoulait lentement et la faune et la flore étaient maitre, instruments et chefs d'orchestre à la fois. La peau , aussi pâle que la craie, de la jeune femme prenait quelques très légères teintes rosés sur les joues avec les minces rayons du soleil qui arrivaient à percer entre les feuillages. Ses bras nus le long de son corps mince se laissait caresser par les hautes herbes tandis que les petites bourrasques faisait voleter la fine et vaporeuse robe blanche qu'elle portait. Non loin d'elle, appuyé contre le tronc massif, Kesmos s'était calé et se reposait, profitant de ses quelques instants de répit inespérés. Il était tellement rare d'être en présence de la jeune ondine et de ne pas bouger dans tout les sens. Le tigre profitait de chacun de ses moments de sérénité comme s'ils étaient les derniers, conscient que bientôt la tempête se réveillerait. Il ouvrit un œil, soudainement septique. Il posa à peine une seconde son regard aussi bleu que le ciel sur sa maitresse qui se prélassait sans même ciller. Les boucles cuivrés valsaient autour de sa petite bouille d'ange. Kesmos était certain qu'elle ne dormait pas, la demoiselle avait un sommeil bien trop léger et court pour cela. Elle devait surement songer. Mais à quoi pensait-elle, quel sujet la captivait autant pour qu'elle se perde quelques longues dizaines de minutes dans les méandres de son esprit? Perplexe, il referma ses yeux.

Le bruit d'un plongeon bouscula la détente qui régnait dans les lieux, mais ni Vanille ni son compagnon félin ne bougèrent, se doutant bien qu'il ne s'agissait que d'Anzu, cette drôle de petite créature non identifiée, qui devait simplement avoir décidé de piquer une tête dans l'eau fraiche et claire de la rivière. Et en effet, la petite chose rose pâle batifolait gaiment dans l'onde provoquant un grognement sourd du tigre, mécontent. Les minutes s'écoulèrent lentement sans que rien ne change. Puis, délicatement, Vanille rouvrit les yeux, soulevant peu à peu ses paupières qui dévoilaient ses grandes prunelles vertes de poupée. Elle contempla quelques instants le ciel, du moins ce qu'elle en percevait derrière toutes les branches avant de se relever.

Maintenant assise au bord de la rivière, ses longues jambes repliées sur sa poitrine, elle entourait ses genoux de ses bras tandis que les longues mèches de sa chevelure flamboyante glissaient sur sa peau pour retomber sur le sol. Un mince sourire étirait ses lèvres, illuminant son visage qui restait pourtant assez neutre. Et la sirène demeurait silencieuse. Ce fut Kesmos, gêné, qui brisa le silence en se rapprochant de sa maitresse auprès de laquelle il s'assit:

« Alors? Pourquoi sommes nous dans les parages? Je suppose que tu as une petite idée derrière la tête. Comme toujours.»

Vanille ne répondit d'abord pas, ce qui aurait presque fait paniquer l'animal qui se sentait soudainement plus que très mal à l'aise. Il ne comprenait pas. Un sentiment fort désagréable qu'il rechignait à éprouver, malgré que côtoyer cette ondine lui apprit à accepter les sensations les plus déplaisantes. Au moins maintenant avait-il aussi une patience à toute épreuve. Alors qu'il allait ajouter quelque chose, la jeune femme poussa un petit soupire exaspéré qui le coupa dans son élan. Elle écarta une mèche qui s'obstinait à lui tomber devant les yeux tout en disant de sa voix de cristal, calme et posée:

« Pourquoi faut-il toujours que tu te montres méprisant et méfiant? Est-il donc si impossible que je veuille juste me promener dans un lieu agréable? Sans arrière-pensée? Tu es vexant à la fin.»

Ces quelques mots le vexèrent. Ses poils se hérissèrent tandis qu'il montra très sensiblement les dents. Retenant quelques grognements réprobateurs, il se contenta de retourner à sa place, près du tronc.

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Ven 15 Juin 2012, 21:51

Le soleil baignait de ses chauds rayons dorés les deux rives séparées par le cours d'eau. Ce dernier émettait un léger gargouillement agréable à l'oreille et capable d'apaiser un être agacé si celui-ci se permettait une pause en ce lieu et le droit de clore ses paupières quelques furtifs instants. La brise, légère, virevoltante, agitait doucement l'herbe verdoyante et les fins roseaux, les pliant à ses désirs comme le ferait une maîtresse avec son amant. Çà et là se dressaient de grands arbres : cerisiers fleurissant, saules pleureurs aux branches dansant au gré du vent, et chênes majestueux. Ils projetaient des ombres dont la forme pouvaient se comparer à celle des rares nuages voguant dans le ciel azur. C'était une journée qui s'annonçait bien et promettait d'être belle.
Soudain, un léger bruit de galopade se fit entendre. Un petit chat au pelage d'un blanc immaculé surgit des buissons, déboulant sur la rive la plus herbeuse. Dans un miaulement triomphant, il bondit sur une pauvre bête, souris, musaraigne ou mulot, ayant eu le malheur de passer par ici, troublant de cette façon le calme et la sérénité du lieu.
Derrière lui, une jeune femme sortit de l'ombre, écartant les branches tombantes d'un saule. Feather regarda le petit félin et sourit. Son innocence enfantine était presque insolente.

- Saryo, fais moins de bruit. Tu vas déranger, chuchota-t-elle.

Effectivement, Feather venait d'apercevoir, de l'autre côté de la rivière, une jeune femme aux cheveux cuivrés et un tigre au pelage flamboyant. La fille se reposait tandis que le tigre veillait, étendu dans l'herbe.
Le jeune chat releva la tête, tenant le rongeur mort dans sa petite gueule et hocha la tête.

- Hm-hm, grogna-t-il.

Puis il rebaissa la tête et se consacra totalement au dépeçage de sa proie avec une attention presque digne du mot "concentration".
L'Elfe observa un instant Saryo, puis s'assit dans l'herbe et posa ses mains sur le tapis végétal. Elle commença à jouer avec ses doigts fins, enroulant des brins qui finissaient par se briser autour d'eux.
Lorsque Feather releva la tête, elle remarqua qu'un petit animal au pelage allant du blanc au violet sur les pointes jouait dans l'eau claire. Quant au tigre et à la jeune femme, ils étaient tous les deux assis, le premier sur son arrière train et la deuxième sur son séant, les jambes repliées contre elle et ses bras entourant ses genoux.
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Sam 23 Juin 2012, 00:48


Statue de marbre blanc, poupée de porcelaine aux yeux remplis d'innocence, Vanille demeurait immobile, comme inanimée. Son regard d'émeraude était vrillé sur la surface brillante de l'eau, chaque mouvement de l'onde étant une déferlante d'or et de lumière qui maltraitait les pupilles fragiles de l'ondine, mais pourtant, elle ne détournait pas ses prunelles des flots. Et cette obstination n'avait rien à voir avec sa condition de sirène, être paradisiaque attiré par l'élément aqueux, simplement, la jeune femme avait décidé de n'être qu'une simple sculpture inerte, abandonnant son corps au profit de son âme. Rêveuse et pensive, elle se perdait peu à peu dans les méandres de son esprit, sans pour autant se déconnecter de la réalité. Elle ne faisait que rechercher un état autre. Ses muscles se détendirent, semblant s'enfoncer dans la terre à mesure que ses membres se relâchaient, elle apaisait sa petite personne qu'elle malmenait tant. Soudainement, elle secoua avec vivacité la tête provoquant la valse de ses boucles cuivrés. Irritée et mécontente, puisque pour une fois elle avait décidé d'être calme: chose rarissime, il fallait qu'on la dérange. Elle ne tourna cependant pas la tête pour observer avec colère ceux qui avait oser troublé son repos, cela ne l'importait guère. A vrai dire, elle n'en avait cure. Si ce n'est qu'elle allait surement bientôt vouloir se venger.

Vanille se contenta de se relever d'un bond gracieux et s'étira les bras et le dos, tel un chat. Ces quelques secondes d'intenses détentes lui avaient fait l'effet d'une longue nuit de sommeil. La sirène ne dormait que très peu, boule d'énergie ambulante, elle n'était que très rarement fatiguée et un rien la ravivait. Elle se sentait même dorénavant excitée et impatiente, et toutes pensées de paix s'était éteinte, pire même elle ne désirait qu'une seule chose: des frissons et de l'action. Elle peinait tellement à trouver des sensations fortes: peu de choses l'effrayait, si peu l'intéressait, et un rien l'ennuyait. Lentement, elle passa ses mains blanches aux ongles longs impeccables sur son crane, remuant sa si longue chevelure et faisant valser dans tous les sens les boucles rebondies couleur du feu. Anzu, joyeusement, sortie de l'eau en poussant des petites cris aigus. Après s'être ébouriffer le poil pour ne pas être dégoulinant d'eau, la petite créature se rua dans les jambes de sa maitresse, joueuse. Un petit rire amusé s'éleva et Vanille tendit les bras au petit animal qui ne se fit pas prier pour s'y lover.

Tout en caressant doucement Anzu entre les deux oreilles, Vanille se retourna et se dirigea vers Kesmos, posté près de son arbre, toujours agacé par les paroles de l'ondine. Celle-ci vint s'appuyer sur le tronc, laissant son épaule nue frotter contre l'écorce rugueuse. Sans dire un mot, elle observa les alentours et surtout les deux éléments perturbateurs. De l'autre côté de la rivière, une jeune femme blonde dont les oreilles trahissait la race - quoi que fée et orine puissent aussi les avoir pointues – à l'allure légèrement hautaine jouait avec de l'herbe tandis que son chat dépeçait son repas. Kesmos, malgré sa mauvaise humeur, releva la tête, curieux. Voulant instaurer un climat plus doux avec Vanille, il tenta une petite boutade:

« Je pense pouvoir rivaliser en terme de chasse avec le petit d'en face.»

Vanille ne sourit pas vraiment, mais les coins de ses lèvres roses tressaillirent. En effet, un tigre de plusieurs centaines de kilos avait plus de chances d'attraper une proie majestueuse qu'un petit chat. Elle ouvrit la bouche pour ajouter de sa voix mélodieuse:

« Déjà, tu aurais pu manger le chat et la fille»

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Mer 27 Juin 2012, 21:29

L'Elfe rebaissa le regard, lentement, jusqu'à ce que ces yeux soit fixés sur l'eau. La rivière scintillait, parcourant les rochers comme un troupeau de chevaux sauvages galope sur les collines verdoyantes. Le soleil s'y reflétait, pareil à mille poissons d'argent, et éblouissait Feather, l'obligeant à plisser ses yeux sensibles.
Puis ses paupières s'abattirent sur son regard gris, lui cachant le monde, la plongeant dans une cécité artificielle. Les sons s'intensifièrent : le gargouillis de l'eau, le chant des oiseaux, le bourdonnement des abeilles, le doux sifflement de la brise entre les branches des arbres, la danse des feuilles s'effleurant les unes les autres, le bruit qu'émettait Saryo en croquant sa souris... Les odeurs vinrent titiller sa narine : le délicat parfum des fleurs, celui, plus musqué, des arbres, l'odeur suave de la rivière, celle, moins distincte, du chat et de sa proie...
Elle poussa un soupir d'aise. C'était agréable, oui.

Soudain, des petits cris de joie aigus retentirent. La jeune Elfe sursauta très légèrement et rouvrit les yeux. C'était la petite boule de poils blancs et violets qui en était à l'origine. Elle venait de sauter dans les bras de sa maîtresse.
Saryo se hérissa et cracha.
Feather le regarda sans rien dire. Il avait eu peur. Elle tendit la main vers lui et le chat vint s'y frotter, puis il grimpa sur les genoux de la jeune femme et s'y lova. Elle sourit puis jeta un coup d'oeil au petit rongeur. Il n'en restait pas grand chose à vrai dire. Quelques os mêlés à une boule de fourrure brune.
Feather eut une moue mi-dégoûtée mi-amusée.

Puis la jeune Elfe reposa son regard sur l'autre rive et observa le tigre, la jeune femme auburn et son étrange animal.
Le tigre, fidèle à son poste, était toujours près de son arbre. Il fit une remarque à la jeune femme qui parvient aux oreilles à l'ouïe si fine de Feather :

« Je pense pouvoir rivaliser en terme de chasse avec le petit d'en face.»

Forcément, vu sa taille et son poids. Saryo ne devait même pas peser un quart de celui-ci. Quant à sa taille, le chat était petit, même pour un chat. Alors comparé à un tigre... Elle soupira.
La femme rajouta, d'une voix douce, mélodieuse :

« Déjà, tu aurais pu manger le chat et la fille»

* N'exagérons rien. *
Feather n'avait rien à rajouter d'autre. Qu'ils parlent si cela leur chantait. Il y avait longtemps qu'elle ne réagissait plus au quart de tour à ce genre de paroles mesquines.
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Dim 13 Jan 2013, 22:38

    « N’exagérons rien? » répéta Vanille dans un doux murmure avant de partir en quelques éclats de rire charmants et chantants, quoique cassants. Certes, il était relativement peu polie d'intercepter les pensées d'autrui, mais la sirène ne pouvait s'en empêcher, c'était un don qui marchait souvent selon son bon vouloir lorsqu'elle n'y prenait pas garde, et de temps à autre, elle entendait quelques phrases diffuses tout droit sortie de l'esprit d'un parfait inconnu. Mais tout cela, la plupart des gens ne pouvait le savoir et craignait qu'elle n'ait suivis tout le fils de leur réflexion et qu'elle ait relevé quelques détails croustillants et gênants. C'était peut-être le plus drôle, la crainte qui se lisait sur les visages, cette appréhension qui se peignait sur leur traits lorsqu'ils comprenaient que la demoiselle était pourvue d'un pouvoir bien encombrant pour quiconque dissimule un secret. Là encore, la jeune ondine se gardait bien de souligner le fait que non seulement, elle ne pouvait lire continuellement dans l'esprit d'une personne, mais que surtout, elle n'en avait strictement rien à faire. Vanille ne s'intéressait à personne, pas même à leur petits vices cachés. Mais de temps à autre il lui arrivait d'entendre quelques mots comme ceux qu'elle avait reçu de la petit blonde d'en face qui lui permettait de s'amuser un peu en l'importunait de quelques manières. La jeune femme aux cheveux clairs qui se prélassait de l'autre côté de la rive pouvait être un bon divertissement, pour quelques instants, du moins. Avec ces oreilles pointues, il y avait de grandes chances pour qu'elle soit une elfe. Pas de chance, c'était l'une des races que Vanille adorait tout particulièrement martyrisé, pour ne pas dire torturer et éradiquer de la surface des terres du yin et du yang.

    Ainsi, lentement et d'un geste à la fois aérien et félin, Vanille se releva pour faire quelques pas en direction du bord de l'eau pour sauter de roche en roche jusqu'à se retrouver au beau milieu de la rivière. « N’exagérons rien. C'est bien ce que vous avez pensé? » Toujours allongé, Kesmos releva la tête, l'air intrigué et les yeux rivés sur sa maîtresse. Au bout de quelques instants pénibles par le silence qui devenait subitement lourd, le tigre se mit aussi sur ses pattes, révélant sa taille. Il était bien plus grand et massif qu'un tigre ordinaire, le double au bas mot. « Vous pensez réellement qu'il ne pourrait pas vous dévorer en quelques coups de mâchoire, petite?» Elle se mit à rire. Bien candides et naïfs étaient les gens, à moins qu'il s'agisse d'un excès de confiance en soi. Dans tout les cas, c'était une histoire qui pouvait mal se terminer. Même si la fille et son chat avaient plus à craindre de la demoiselle à l'allure pourtant si ensorcelante et angélique qu'au félin de plusieurs centaines de kilos. Encore quelque chose qu'on ne pouvait savoir d'un coup d’œil. « Voulez vous une démonstration ? Histoire de s'en assurer.» Vanille sourit, ses grands yeux verts plantés dans les prunelles claires de l'elfe.

    Toujours plantée sur son rocher, Vanille ajouta : « Vous n'avez donc peur de rien? Une téméraire inconsciente qui croit en ses capacités et en ses forces?» La sirène avait une idée bien précise derrière la tête. Ses questions n'étaient pas anodines mais lui permettraient de prendre rapidement une décision. « Craignez vous la mort, damoiselle elfe?» En prononçant ces derniers mots, elle s'était légèrement courbée en avant, les mains posées sur ses genoux. En bref, elle prenait subitement un air assez inquiétant. Le vent soufflait fort, faisait de petites vagues dans la rivière tandis que volaient dans tout les sens les longues boucles rousses de la chevelure de Vanille. Et dans une envolée de soie blanche, Vanille fit un autre bond pour atterrir non loin de l'elfe et de son compagnon à quatre pattes. Anzu se pressa de suivre sa maîtresse, préférant tout de même emprunter la voie des airs tandis que Kesmos fondit dans l'eau pour venir se poster derrière Vanille. Il lui arrivait près des épaules, et avait l'air fort peu sympathique, grognant légèrement, bien qu'il passe lentement sa tête sous le bras de la demoiselle. Penchant la tête sur le côté, elle ne fit qu'insister : « Alors? On a donné sa langue au chat?» Ce qu'elle dirait serait décisif, tout comme ses réactions. Soit elle décelait un potentiel, qui n'était pas forcément celui auquel on s'attendant d'ailleurs, et choisissait de lui faire part de deux ou trois choses, soit cette elfe se révélait décevante et elle lui réserverait le même sort qu'à l'ensemble de sa race.


HRP : Désolée pour l'attente impardonnable, je serais plus régulière maintenant. Je pars sur autre chose, sinon, on va tourner en rond. Prends ton temps pour me répondre, car pour être régulière, il faut que je me mettes plus ou moins à jour x)
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Dim 03 Fév 2013, 12:56

Le rire de la jeune femme rousse fit frémir Feather de part en part. Ou peut-être était-ce le fait que celle-ci ne se soit introduite dans son esprit afin de lire ses pensées ? L'Elfe fronça les sourcils d'un air légèrement anxieux et se leva, comme pour faire face à une quelconque menace. Au même moment, son interlocutrice s'approcha de la rive où gargouillait l'eau pour s'élancer gracieusement de rocher en rocher et s'arrêter à la moitié de sa traversée.
- N’exagérons rien. C'est bien ce que vous avez pensé?
La jeune blonde hocha la tête. Saryo, intimidé par l'étrange femme qui surplombait les eaux, se blottit contre sa maîtresse, sans pour autant quitter l'inconnue de son regard vert. De l'autre côté du cours d'eau, le tigre se redressa, ce qui mit en avant ses proportions immenses.
- Vous pensez réellement qu'il ne pourrait pas vous dévorer en quelques coups de mâchoire, petite? fit la rousse en riant.
L'Elfe déplaça son regard sur l'imposant tigre roux. Le doute s'installa en elle. Tout tigre était naturellement dangereux, mais lui devait l'être encore plus... Un coup de dents, et vous risquiez d'y perdre votre main. Un coup de patte, et vous sombriez probablement dans l'inconscience.
- Voulez vous une démonstration ? Histoire de s'en assurer.
- Non, ça ira, merci, rétorqua Feather du tac au tac.
Son imagination, titillée par l'incertitude et l'angoisse, suffisait amplement à lui donner l'envie de s'enfuir à toutes jambes sans demander son reste.
- Vous n'avez donc peur de rien? Une téméraire inconsciente qui croit en ses capacités et en ses forces?
Capacités, forces, et c'étaient des mots qui dans ce contexte-ci évoquaient des choses auxquelles elle se risquait peu, qui la répugnaient, éveillaient en elle une profonde répulsion. Combattre, blesser, tuer... Tant d'actions qui la révoltaient.
- Craignez vous la mort, damoiselle elfe?
L'étrangère se courba vers l'avant, appuyant ses mains fines sur ses genoux. Son regard vert sondait celui de la jeune blonde. Celle-ci croyait y voir de la cruauté, une haine assassine et peut-être même la perversité de se réjouir d'un acte aussi malsain que le meurtre. La personne qui se tenait en face d'elle, qui qu'elle soit, n'était certainement pas bénéfique.
Et comme pour amplifier la peur de la pauvre créature blonde, le vent se mit à hurler entre les branches, se jetant sur la rivière pour la sortir de sa torpeur. Soudainement, l'inconnue bondit, suivie de près par son étrange animal blanc et violet, volant tel une flèche, pour se retrouver tout près de Feather. Le tigre traversa la rivière dans un bruit puissant d'éclaboussures et se campa derrière sa maîtresse. Menaçant, il dépassait Saryo d'un bon mètre et quelques. Le petit chat feula et se glissa à reculons entre les jambes de celle qui l'accompagnait, le regard embrasé par l'effroi, la bouche et la langue sèche.
- Alors? On a donné sa langue au chat?
L'Elfe scruta le monstre se dressant devant elle. Car c'est ainsi qu'elle voyait la jeune femme : derrière son masque angélique se cachait une âme tourmentée par des esprits mauvais, un instinct d'où surgissaient des pulsions de violence.
- Je...
Et elle était incapable d'articuler quoi que ce soit, tétanisée par la scène qui s'offrait à son grand regard innocent. Son cœur battait à tout rompre, le sang affluait vivement dans ses veines, la tête lui tournait, ses sens se mélangeaient, si bien qu'elle ne sut plus vraiment si elle rêvait, faisait un cauchemar, vivait, ou était déjà morte. On entendit un craquement de branche. Elle sursauta. Ce n'était pas un songe.

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Ven 08 Fév 2013, 22:39

    Vanille, les mains croisées derrière son dos, fit quelques pas lents en félins tout autour de l'elfe et de son chat, bien qu'elle ne se préoccupe guère de ce dernier. La pauvre bête n'avait rien à voir dans cette histoire, seule la petite blonde comptait. Ses grands yeux verts, deux lames de rasoir affûtées, vrillés sur la demoiselle, elle patientait, indéfiniment, attendait quelque chose, une parole, un simple mot, un geste, une insulte, une tentative de fuite. Mais il n'y eut qu'une stupide bafouille qui franchis les lèvres de la fille de ce peuple que la sirène aimait tant à martyriser avant de les éliminer, de les détruire. Un fin sourire étira doucement les coins de la bouche rose de l'ondine, qui pencha délicatement la tête sur le côté. L'allure de poupée divine et innocente qu'elle abordait était peut-être le pire, car on pouvait aisément lire, en ce moment même, un éclat malveillant et tranchant dans ces prunelles d'émeraude, habituellement habitées de malice et de vivacité. Elle n'avait pas besoin d'afficher un masque, puisqu'elle avait décidé de l'issue à suivre, l'elfe ne pourrait plus échapper à sa funeste destinée. Et la jolie poupée qu'était Vanille prenait soudainement des airs carnassiers, et ses mires claires n'étaient plus que le reflet du mal et d'une folie ambiante. « Voilà qui est fâcheux.» dit-elle le plus simplement du monde d'une voix aussi caressante que mélodieuse.

    Vanille avança en quelques enjambées aériennes vers l'elfe qui, par réflexe, recula, mais son dos ne tarda pas à rencontrer le tronc massif d'un arbre qui l'empêchait de fuir davantage. A mesure que la sirène se rapprochait d'elle, elle se laissait très légèrement glisser sur l'écorce. Vanille, souriante et moqueuse, se pencha en avant, une main sur ses jambes blanches tandis que de l'autre, elle effleurait les mèches blondes qui encadraient le visage fin de sa proie. « Ce genre de réponse ne me scie guère. Pourtant, ne t'avais-je pas prévenu ? Je t'ai laissé ta chance, mais malheureusement, douce demoiselle, tu n'as pas su la saisir. Est-ce un signe du destin ? Si tel est le cas, je serais la main des Dieux.» Elle rit. S'il y avait bien une personne sur ces terres qui ne les priait pas, c'était bien Vanille. Mais quitte à faire, autant lancer un beau monologue à cette fille tétanisée pour qu'elle puisse goûter à quelques instants mémorables avant la fin. Elle jeta un peu coup d’œil à ses compagnons. Anzu s'était perchée bien haut sur les branches d'un arbre et s'amusait gaiement, insouciante et insensible à l'atmosphère tendue qui régnait. Kesmos, quant à lui, était tout bonnement assis un peu plus loin et ne faisait qu'observer la scène, curieux, et pourtant, légèrement agacé.

    « Peut-être aurais-tu mieux fait de répondre à ma question. J'aurais pu te prononcer quelques mots réconfortants, ou au contraire te faire douter de tes convictions sur la mort. As-tu un jour songer à ce qu'elle serait? L'as tu imaginé douce et paisible? Peut-être te voyais-tu vieille, aimée, entourée, partait dans ton sommeil sans même t'en rendre compte. Il en sera autrement. Fais moi confiance, je peux voir l'avenir. Le tien sera flamboyant et rougeoyant.» Le temps des discussions et des bavardages s'achevait ainsi. Vanille se redressa, toisant avec un certain mépris l'elfe. Un véritable ange des ténèbres, à la beauté certaine et la cruauté sans limite. Sans crier gare, elle agrippa les vêtements de l'elfe pour l'obliger à se relever et la plaqua contre l'arbre, l'autre main sur son visage pour qu'elle ne crie pas. Pas pour l'instant. D'un geste brusque, elle lâcha la bouille de l'elfe qui tentait de se débattre et sortie avec élégance de son corsage un petit éventail. Dans une valse des mouvements en quelques tours de bras, les lames sortirent de la soie rouge pour glisser le long du cou de l'elfe, de ses joues et de ses yeux. Et Vanille recula pour la laisser tomber au sol, la laisser se vider de son sang, le regard toujours aussi froid. Insensible, elle s’agenouilla pour être à la hauteur de la jeune fille. « Tu vas mourir. Je pourrais te laisser ici, et tu agoniserais lentement. Mais ...» Du bout des doigts, elle releva le visage de la demoiselle balafrée et ensanglantée et s'approcha doucement, comme si elle allait l'embrasser. Mais bien évidemment, il n'en fut rien. Elle souffla, tout simplement. Mais il fallait savoir que le souffle de Vanille était des plus brûlant. Flammes invisibles et ardentes qui pourraient faire fondre du métal, c'est le visage de l'elfe qui s'en vit défiguré.

    C'est alors que Kesmos bondit et planta ses crocs dans la gorge de l'elfe qui rendit son dernier souffle. La gueule et les poils couverts de sang alors que Vanille n'en avait pas une goutte sur elle, il toisa avec colère sa maîtresse. « Pourquoi as tu fais ça?» La voix du tigre avait quelque chose d'effrayante de nature. Grave au possible et accompagné de grognements sourds, elle ne mettait guère en confiance, mais sous le joug des émotions, c'était bien pire. « Voyons mon cher. Je pense qu'il est grand temps de briser tes belles illusions. Aussi, j'aimerais que tu deviennes un tigre. Un vrai. Tu sais, l'animal sauvage que tu étais, à la base, lorsque je t'ai trouvé.» Vanille tourna les talons sans même accordé un regard au cadavre de l'elfe, un sourire aux lèvres. Si quelque arrivait, au moins, la première pensée serait que le tigre l'avait tué. Personne ne pouvait décemment songé qu'elle était le bourreau. Elle avait retrouvé son aura d'innocence et l'éclat pur de ses yeux.

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Lun 04 Mar 2013, 11:20

Une mince fente à travers les volets projetait sur le plancher un rayon de soleil. J'étais assis sur le lit de fortune que j'avais trouvé, talons aux fesses et mains sur les genoux, et ne quittai pas des yeux le mince filet de lumière dorée qui pénétrait dans la chambre. Ce bout de chaleur n'était qu'éphémère ; il s'effacerait bientôt, laissant place à la nuit et à sa douce fraîcheur. Le soleil se couchait.

Il y avait longtemps que je n'avais pu voir l'astre de jour, et ce que l'interstice du volet de bois me permettait d'observer me faisait tomber en admiration. J'étais comme hypnotisé par ce rai de lumière, obsédé par sa danse chatoyante. Je prêtais à peine attention aux quelques mèches de cheveux qui cachaient partiellement mon regard bicolore ; et je n'y touchais point dans la crainte qu'un mouvement ne fisse fuir cet éclat.

À la nuit tombée, le temps viendrait de quitter cette masure abandonnée, seulement habitée par le lierre et les mauvaises herbes, ainsi que par de rares petits animaux cherchant refuge.
Je parcourais les Terres du Yin et du Yang sans réel but. Je me cherchais, je me trouvais, puis je me perdais ; et ceci était le cercle vicieux dont ma vie c'était fait un mécanisme constitué de dangereux engrenages.

Lorsque le soleil disparut totalement, chassé par la lune, je secouai la tête, comme sortant d'un rêve éveillé. D'un regard circulaire je parcourus la pièce délabrée. La grande panthère noire sommeillait dans un coin parmi les herbes folles qui avaient percé le plancher, et mes deux poignards étaient lamentablement jetés à même le sol. Je me levai et m'étirai lentement, puis saisissant mes deux armes :

    - Eh, Caëlya, il est l'heure de se lever. On a assez traîné comme ça et personnellement, je commence à être affamé... ce qui pourrait s'avérer plutôt dangereux pour toi, fis-je avec un sourire espiègle, sachant très bien que de nous deux, ce serait sûrement elle la gagnante d'un potentiel combat à mains nues.

La féline ouvrit un œil et me toisa de haut en bas avant de le refermer et d'émettre un grondement de mécontentement. Comme à son habitude, ma compagne rechignait à se lever pour entamer la journée. Elle roula sur le côté, se redressa, étendit ses pattes antérieures devant elle et releva l'arrière-train pour s'étirer langoureusement. Une fois assise, elle se donna un coup de langue puissant sur le poitrail, puis lécha consciencieusement ses coussinets un à un. Elle me fixait de son regard vert, l'air de dire : « On ne me dérange pas sans en payer le prix, tu le sais bien, n'est-ce pas ? ». J'assistais à la scène sans rien dire, un demi-sourire en coin, patientant jusqu'à ce qu'elle se termine. Lorsqu'enfin ce fut le cas, Caëlya s'ébroua et sortit en courant, sans prendre la peine de m'attendre. Je lui emboîtai le pas, mais je m'arrêtai sur le seuil de la porte et respirai l'air nocturne chargé d'effluves charmantes... et appétissantes. Je pris certainement la direction de la rivière. Là où il y a de l'eau, il y a de la vie. Et si ça n'était pas un être humanoïde que je me mettrais sous la dent, ce serait un animal.

Peu de temps avant d'arriver à destination, une forte odeur de sang parvint jusqu'à mes narines. Je ralentis le rythme de ma marche et m'avançai à pas de loup, caché par les fourrés. Je m'accroupis derrière ces derniers pour observer la scène qui s'offrait à mes yeux. Juste devant moi, l'herbe était souillée par le sang d'une jeune femme à la longue chevelure blonde. Son cou pâle exposait à la lune de multiples plaies sanguinolentes. Près d'elle se dressait un tigre étonnamment imposant. Sa gueule était maculée de liquide rouge et poisseux. Mon cœur se mit à battre à toute vitesse et mes nerfs furent aussitôt échauffés face à cette vision qui avait le don de me mettre en appétit. Je fis toutefois un immense effort pour ne pas me jeter sur ce qu'il restait de la jeune blonde. Je relevai la tête et scrutait la clairière. Je fis bien ; un peu plus loin, il y avait une jeune femme. Elle se tenait de dos. Ses longs cheveux s'écoulaient en une cascade de flammes interminable qui, grâce à la légère brise de cette nuit-là, enveloppait presque toute sa personne. Cependant ceci ne m'empêcha pas de la détailler plus attentivement. Elle était fine, peut-être un peu trop, et sa peau, pâle comme j'en avais rarement vu - plus pâle même, que la mienne. Elle semblait inoffensive. Pourtant, je ne pus que me questionner sur la raison qui l'avait conduite ici en pleine nuit. Peut-être avait-elle accompagné son tigre afin qu'il se repût ?

Avant que les deux acolytes ne me repérassent d'eux-mêmes, je décidai de sortir des buissons. Je me décalai un peu afin de me trouver plus loin du tigre - je ne souhaitais pas l'effrayer et finir dans le fond de son gosier - puis franchis la barrière végétale dans un bruissement de feuilles. La clairière était petite, l'herbe tendre, les arbres hauts et feuillus. En son sein coulait une rivière aux reflets moirés. Son gargouillis reposant comblait le silence.

Debout ici, immobile, je ne savais que dire, ni que faire. J'aurais bien voulu goûter au sang de la morte, mais le tigre m'en empêchait. C'est alors que l'on entendit un rugissement féroce, et une énorme boule de poils noirs déboula en feulant au beau milieu de cet endroit. Je reconnus aussitôt ma panthère.
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Ven 26 Avr 2013, 21:54

Il était grand temps de mettre à profit ses talents de comédienne. Vanille avait un don pour le jeu et parvenait à se glisser dans la peau de n'importe quel personnage, pouvait feindre n'importe quelle émotion avec une justesse et une sincérité déconcertantes. Elle avait bien envie de s'amuser un peu. En soit, ce qu'elle comptait faire n'avait pas grand intérêt, si ce n'est que cette grotesque mascarade allait lui faire passer le temps, la divertir, et qu'elle aimait berner ses interlocuteurs. Il était si facile de se jouer des autres. Un petit scénario naquit dans son esprit sombre. Un petit sourire étira lentement ses lèvres pâles tandis qu'elle fermait les yeux, concentrée. Elle avait acquit un don bien utile, il y a peu. Celui de pouvoir prendre l'apparence de n'importe quelle race qui peuple ses terres. Et aujourd'hui, elle aborderait les traits d'une Elfe gracile aux jolies oreilles pointues. Vanille savait qu'elle n'était plus seule, qu'on l'observait. Peu importe de quoi ou de qui il s'agissait, elle lui servirait son histoire, pour voir où tout cela mènera. Animée par une curiosité morbide et malsaine. Il ne serait pas bien compliqué pour elle de paraître inoffensive et délicate. Les Dieux l'avaient dessiné de sorte à ce qu'elle respire la candeur, et même son aura était resplendissante, d'une blancheur immaculée à en faire pâlir un Ange qui en viendrait à douter de ses propres vertus. Le Mal sous le visage de la pureté. L'alliance infernal du vice et de la vertu. Vanille était accroupit par terre, sentant peser sur son dos le regard d'un autre. Mais elle voulait faire comme si elle ne l'avait pas entendu et continuait à fouiller les hautes herbes, à la recherche d'un petit objet égaré, raison de son retour en ces lieux. Car bien évidemment, la sirène n'avait pas passé son après-midi à côté du cadavre ensanglanté de la blonde, elle était partie sans l'ombre d'un regret ou d'un remord, pour revenir sur ses pas lorsqu'elle s'était aperçut de sa perte. Et elle avait bien envie de jouer, encore un peu.

Vanille se retourna dans un petit cri effrayé alors qu'une panthère bondissait des buissons en feulant. Ses grands yeux verts étaient rouges d'avoir trop pleuré, et quelques larmes encore coulaient le long de ses joues. Le visage mélancolique et triste, teinté de surprise et de terreur, elle respirait avec peine en contemplant, effaré, le félin au pelage sombre, qui faisait à présent face à Kesmos. Le tigre n'avait pas attendu une seconde pour s'interposer. Bien plus grand et massif d'un animal normal de son espèce, il était imposant et rugissait avec force. Vanille, tremblante, se releva lentement et avec méfiance à l'égard de la bête et de son maître, debout un peu plus loin. « Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ?» demanda-t-elle d'une petite voix timide, tout en reculant de quelques pas. Elle était si petite et si frêle, à l'allure si fragile, recroquevillée, sans oser regarder dans les yeux l'étranger. « Un vampire. Vous êtes un vampire, c'est ça ? Vous allez me tuer ? Comme ces démons, qui ont tué ma sœur ?» Sa voix mourut sur la fin, et son regard papillonna durant une seconde sur le cadavre de l'Elfe aux cheveux blonds allongée près de l'arbre. « Laissez-nous … Laissez-nous. On n'a rien fait. Je veux juste … retrouver la bague de ma sœur. Elle ne méritait pas ça .. pas ça … Je veux vivre. Si vous avez soif, allez trouver du sang ailleurs. Pas le mien … pas celui de Kaella.» Feather ne lui en voudrait certainement pas de changer un tant soit peu l'histoire. Et dire qu'elle était face à un Vampire. Elle jouait avec le feu à se faire passer pour une ingénue sans défense. S'il était vil, maléfique et sans scrupule, ou tout simplement assoiffé, il n'allait guère hésiter avant de se jeter sur ce qu'il croyait être une Elfe à la chevelure flamboyante. A moins qu'il soit soudainement pris de pitié. C'était ce risque qui rendait les choses si excitantes. « Rappelez votre panthère … s'il vous plaît. Et je dirais à mon tigre d'en faire autant.» Elle avala sa salive, sentant son rythme cardiaque s'emballer. Le Vampire allait très certainement l'entendre.

Vanille, les mains serrées près du cœur, demeurait à présent silencieuse, se contentant d'attendre une quelconque réaction de la part de cet être de la nuit. La jeune femme n'avait rien laissé au hasard. Si elle avait choisis les démons pour meurtriers de sa prétendue sœur, c'était tout simplement parce qu'elle en avait aperçut quelques uns durant l'après-midi. Autant que son récit tienne la route. Car la soirée promettait d'être belle. Il faisait un temps superbe malgré l'heure tardive, le ciel dégagé laissait ses étoiles scintiller, et la douce lueur de la lune faisait prendre des teintes argentés à la peau d'une pâleur à couper le souffle de la jeune femme, dont les vestiges d'une larme finissait de couler le long de son menton.


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Ven 18 Oct 2013, 19:28

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Vanille & Elros

C'était sans réfléchir que Caëlya s'était lancée en avant, poussée par un instinct de protection incontrôlable. Elle n'avait pas songé aux conséquences, comme à chaque fois, elle ne songeait jamais aux conséquences, elle n'agissait que selon ses émotions premières, elle se jetait corps et âme dans toutes les batailles. Elle avait rejoint Elros de la même façon ; sans vraiment se préparer à ce qui pouvait l'attendre. Mais finalement, elle en était satisfaite. C'était cela qui faisait tout le piment de sa vie. Ne pas savoir ce que le futur lui réservait. Par exemple, si elle avait su qu'elle allait se retrouver nez à nez avec un tigre aussi grand qu'elle, voire plus, elle n'aurait pas ressenti cette palpitation au creux de son ventre. Si elle avait su comment allait se terminer l'issue d'un probable combat, elle n'aurait peut-être pas eu envie de le tenter, ou bien elle n'aurait pas eu peur pour sa vie. Ses yeux d'or étaient plongés dans ceux de son adversaire, une lueur de défi y étincelant. Qu'il approchât, s'il osait ! Un grondement sourd faisait vibrer sa gorge.

J’avais  posé les yeux un bref instant sur les deux félins, puis avais reporté son regard sur la créature effrayée qui n'avait pu retenir un cri. Elle se releva avec lenteur, tous ses membres frêles tremblant de crainte devant le spectacle des deux géants s'affrontant du regard. Elle m’évoquait, de par sa chevelure flamboyante et ses grands yeux paniqués, un écureuil, ce petit être farouche et sauvage, proie de n’importe quel autre être vivant, et ayant pour seul refuge la ramure épaisse des arbres.

Elle recula, chancela, n'osa pas lever les yeux vers les miens. Je pus voir qu’ils étaient encore marqués par le passage des larmes : le blanc de son œil n'avait rien plus rien de blanc ; ils étaient rouges, ce qui avait pour conséquence de faire ressortir ses splendides iris verts. Un silence que je savourais demeura quelques instants.

Un de mes sourcil se souleva. Je n'avais pas croisé de démons depuis que j’étais sorti de ma chambre de fortune, ni même sentis leur odeur. Pourtant, il n'y avait nul doute à avoir sur le fait qu'ils étaient venus ici et avaient fait un carnage. Je glissai un regard vers la jeune femme blonde étendue sur le sol. Son visage avait été mutilé, lacéré, déchiré par de puissantes griffes, maculant d'un sang à la sombre couleur ses cheveux si pâles, ces fils ternes et meurtris qui avaient rompu contact avec la vie. La mort, était-ce une chose toujours agréable ? Les souvenirs me rattrapaient. J’avais certainement vécu suffisamment longtemps pour savoir que ce n’était pas le cas. Elle pouvait parfois être synonyme d’une perte lourde et annoncer les prémices d’une lente souffrance pareille à une agonie de l’âme et du cœur. Je relevai mon visage vers la pauvre jeune femme. J’avais peut-être presque pitié d’elle… Et qu’était-ce que la pitié ? N’oubliait-on pas avec le temps ? Les sentiments, les émotions ne finissent-ils pas par nous échapper ? Sommes-nous réellement maîtres de nos ressentis ? Mes pensées défilaient tandis que l’endeuillée balbutiait sous la pression éprouvée.

    « Je veux vivre. Si vous avez soif, allez trouver du sang ailleurs. Pas le mien … pas celui de Kaella. »« Elle est morte, ça ne changerait rien. », rétorquai-je d‘une voix neutre. « Mais je ne le ferai pas. Le sang des morts n’a plus autant de goût que celui des vivants. »

Un mince sourire étira mes lèvres. Comme si je souhaitais la faire douter de mes intentions.  Jouer au chat et à la souris. C’était cela qui était amusant. Jouer. Se jouer des autres. Les tromper. Leur mentir. Les inquiéter. Les battements puissants et rapides d’un cœur se firent soudainement entendre. À son visage toujours transi de peur, il était évident qu’il s’agissait de l’Elfe dont les oreilles pointues tentaient vainement de se cacher derrière l’épaisse chevelure. Aussitôt je sentis l’excitation de la chasse monter en moi, et poussé par l’instinct, j’avançai d’un pas, puis de deux, et bientôt de trois. Ces pulsations résonnaient telles un appel en moi, un appel venu du fond de ma conscience et de ma personne, un appel qui traversait le temps et les âges. L'appel du sang. Et celui-ci me faisait tout oublier : la bienséance, la politesse, la logique et la raison, même cet énorme tigre qui veillait à moins d'un mètre et qui me projetterait assurément à terre avant même que je n'effleurasse de la pointe de mes crocs la chaire tendre du cou. En trois mouvement je fus devant elle, l'attrapai et l'acculai contre l'arbre le plus proche, mes yeux avides de vitalité posés au fond de ses prunelles. Qu'y lus-je ? La crainte de trépasser et... la colère peut-être ? Celle de demeurer trop faible pour s'en sortir ?
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Jeu 24 Oct 2013, 16:19

Jolie et douce Elfe, ses courbes pour le moins avantageuses et appétissantes, soulignées par sa robe blanche, n'enlevaient étrangement rien à l'innocence qu'elle dégageait. Sous la pâle lueur de la lune et en cette fraîche soirée, l'incarnation de la pureté se retrouvait face à un représentant du mal. Et la jeune femme tremblait. Immobile, ses longs doigts pâles se contentaient d’entortiller lentement quelques mèches cuivrées tandis que ses grandes prunelles vertes, comme prise de folie, glissaient et vacillaient sur le Vampire. En le scrutant avec insistance, elle le suppliait silencieusement d'arrêter ce grotesque comportement et de s'en retourner sans plus tarder, de la laisser en paix. Mais un tel rejet ne la rendait-il pas d'autant plus désirable ? Ses délicieuses lèvres acidulées se tordaient en une petite moue apeurée mais tellement craquante. Sa peau prenait des reflets argentés, éclairée par l'Astre de la Lune. Une gorge offerte. Cette délicate et inoffensive créature était un véritable cadeau des Dieux, offert sur un plateau. Il n'était guère surprenant que la première chose sans scrupule des environs se soit ruée sur elle. La pureté attirait le vice dans un mariage empoisonné. Union interdite et souvent chaotique, on ne pouvait rien tirer de bon de leur rencontrer. La lumière immaculée de la candeur s'entachait lentement de noir et de rouge. Mais c'était souvent ce à quoi aspirait ardemment le mal.

Mais derrière cette façade de petite Elfe terrorisée, la sulfureuse Ondine se riait de cette drôle de situation et espérait que tout continuerait à dégénérer jusqu'au abîmes. Qu'il était succulent de ressentir ce léger frisson de danger qui planait au dessus de sa tête comme une ombre menaçante et silencieuse, prête à frapper à tout moment. Elle aimait lire cet éclat sauvage dans le regard du Vampire aux pensées délirantes. Sans aucun doute, c'était un être violent et malsain qui aimait se jouer des autres. Seulement, il ignorait à qui il avait réellement à faire. Comment pouvait-il savoir que cette femme était en réalité un monstre au visage d'ange, sans cœur ni sentiment ? Toutefois, Vanille n'avait pas envie, en cette belle soirée, d'être la sirène farouche et flamboyante qu'elle était. Elle voulait être une proie, une victime, qu'on envisage ses malheurs, et peu importe qu'elle faisait face à un homme dont elle ignorait tout mais qui, de toute évidence, n'était pas des plus bénéfiques. C'était bien cela le plus excitant. Au fond, elle se moquait bien de ce qu'il pourrait lui faire. Qu'il la bouscule un peu ou qu'il l'a maltraite sans détour, qu'il la morde ou qu'il ait des pensées plus obscènes, peu lui importait. Elle avait, à coup sûr, déjà fait bien pire dans sa longue existence. Les petits jeux immoraux lui plaisaient. Advienne que pourra, seul l'avenir le dira. Vanille n'était plus, pas une once de sa malice ne transparaissait. Elle se laissait engloutir par le rôle qu'elle endossait, pour plus s'amuser. Révélerait-elle à terme la vérité ? La demoiselle hésitait encore, elle laisserait les événements suivre leur cours et déciderait dans le feu brûlant de l'action.

Vanille répéta tout bas de sa petite voix mélodieuse quoique hésitante : « Celui des vivants... » Cette petite précision ne semblait guère être innocente, et le regard que jetait le Vampire à sa proie était des plus explicites. Mais la jeune femme ne put rien ajouter, il s'était déjà rapproché. Vif et rapide, en quelques pas, le jeune homme fut près de Vanille, qu'il plaqua contre l'arbre le plus proche, tenant fermement sa prise. Le tigre feulait. Prêt à bondir, il ne bougeait pourtant pas. Dresser sur ses pattes, il voulait arracher la tête de ce minable petit vampire, mais il ne pouvait agir sans risquer de blesser sa maîtresse. Les deux bêtes, face à face, tâchaient de prendre le dessus. Sans quitter de ces yeux glacés la panthère, la voix inhumaine et caverneuse de Kesmos résonna : « Fais attention, gamin.» Vanille murmura de ses lèvres tremblantes, bien trop proches de celle de son interlocuteur. « Mais qu'est-ce que vous comptez faire au juste ? Me vider de mon sang ? » Vanille aurait pu éclater de rire. Elle avait déjà offert le liquide rouge qui coulait dans ses veines à des amis de la nuit. Ils s'étaient étonnés de la pureté de son sang aux arômes sucrés et aux saveurs enchanteresses, pareil à celui d'une demoiselle immaculée. Le corps tout entier de cette femme était un leurre. Les Dieux s'étaient vraiment trompés, lorsqu'ils l'avaient dessiné.

« Si vous me faites quoique ce soit, mon tigre réagira. C'est une bataille que vous souhaitez ? » Volontairement, elle rendait ses arguments légèrement caduques. Elle voulait se mettre dans une sale posture, et voir où cela la mènerait. C'était une espèce d'expérience, en somme. « Et je suis attendue.» C'était une petite phrase qu'elle avait si souvent entendu dans la bouche de ceux qu'elle allait tuer, sorte de menace inefficace. Vanille essaya de se dégager, pour la forme.

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Mar 29 Oct 2013, 12:49

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Vanille & Elros

Il y avait quelque chose de malsain à cela. Elros le savait, et pourtant... Pourtant il avait très envie d'insérer ses crocs dans cette jugulaire où le sang battait, juste là, sur le côté du cou de sa victime, dans cette énorme veine encore cachée par quelques mèches rousses mais dont il pouvait aisément deviner l'emplacement. Il imaginait déjà le goût exquis du liquide vital se déversant dans sa bouche, puis coulant dans sa gorge et lui procurant cette même sensation de tranquillité que le son apaisant de l'eau courant sur les rochers. Et toutes ces pauvres créatures qui passaient à côté d'un tel délice ! Ah, il y songeait, comme il y songeait à ces profanes. Ceux-ci dont il se nourrissait, dont il avait besoin pour vivre, ou au moins pour survivre. Que ressentaient-ils à l'instant où ces dents pénétraient leur chair ? Les personnes consentantes, il le savait, pour sûr. Cela lui était déjà arrivé, et ce n'était pas désagréable ; à dire vrai c'était plutôt grisant. Mais celles qui ne voulaient pas, qui refusaient ? Quelle sensation leur était-il donnée d'éprouver ? Souffraient-elles ? Certainement, oui, mais de quelle douleur alors ? Était-elle insupportable, insurmontable ? Certes, il existait des gens qui avaient déjà été mordus, et avaient donc répandu des bruits, mais comment pouvait-on démêler le vrai du faux dans un monde où tout avait deux faces et où tout se confondait, le bien comme le mal ?

La lune baignait la clairière de ces rayons d'argent qui projetaient sur le petit ruisseau comme une myriade de paillettes. Le cadavre de l'elfe blonde près du cours d'eau revêtait une allure d'autant plus morbide puisque son teint paraissait d'autant plus pâle. Les dos des deux félins luisaient de reflets moirés. Les raies de lumières venaient chatouiller la nuque du vampire appuyé contre l'arbre et étrangement proche de sa proie. Ses yeux devaient être devenus rouges, de ce rouge vermeille représentatif de la soif vampirique, mais dans la pénombre leur éclat devait être terne, leur couleur indiscernable. Désormais tout n'était plus qu'un mélange de noir et de blanc.
La petite voix de l'elfe sortit Elros de sa contemplation tout simplement bestiale. Il releva les yeux pour croiser son regard où brillaient la peur et le doute. Elle répétait ses paroles avec hésitation, comme si elle n'osait trop y croire, comme si toute cette scène n'était que le fruit d'un mauvais rêve, d'un cauchemar dont le souvenir s'estomperait dès son réveil. Néanmoins ce n'était pas le cas. Ils étaient bien là, en chair et en os, plus ou moins vivants, dans une réalité bel et bien ancrée dans le présent. Un sourire fugace étira les lèvres du jeune homme.

            « Fais attention, gamin. »
Gamin. Les enfants s'amusent, ils ne se soucient pas des conséquences, parce qu'en toute honnêteté, elles n'ont pas vraiment d'importance, n'est-ce pas ? Le sourire du vampire s'accentua. Peut-être qu'en ce moment, il était encore un enfant. Qu'il n'avait que faire des retombées de ses actes, parce qu'au fond, ce n'était pas primordial. Il finirait bien par s'en sortir un jour quand tout le monde aurait fini par oublier.
            « Mais qu'est-ce que vous comptez faire au juste ? Me vider de mon sang ? »
            « C'est une possibilité parmi d'autres », susurra-t-il. « Mais... il serait dommage de gâcher une vie telle que la vôtre, non ? »
À l'aide de deux doigts, il écarta avec délicatesse les boucles rousses qui tombaient dans le cou de la jeune femme. Son cœur battait si fort que c'en était enivrant. Au même moment, Caëlya, comme si elle souhaitait dissuader le gigantesque tigre d'intervenir, grogna et fit un pas en avant en montrant ses crocs affûtés.
            « Si vous me faites quoique ce soit, mon tigre réagira. C'est une bataille que vous souhaitez ? »
            « Certes non. Mais votre tigre, aussi dangereux soit-il, ne me fais pas peur. Après tout, je suis déjà mort. »
Elros effleura dans une douce caresse la veine jugulaire de l'elfe, et plissa les yeux, semblant chercher un détail qui prendrait dès lors toute son ampleur. Le malaise de l'inconnue grimpant en flèche, elle prétendit être attendue quelque part et tenta de se dégager. Grosse erreur. Tel le chat qui patiente, couché devant la souris et attendant qu'elle bouge ou montre un quelconque signe de vie pour se jeter sur elle et l'achever, l'homme maintint sa proie contre l'écorce rude du grand chêne et se pencha, frôlant sa peau diaphane de ses lèvres avides avant de lui donner le baiser du vampire, la morsure. Ses crocs pénétrèrent la fine barrière sans aucun mal et le sang commença à affluer, suave et sucré, délicieux comme l'on pouvait l'expecter lorsque l'on faisait face à la candeur et à l'innocence presque trop marquées des grands yeux verts.

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Sam 09 Nov 2013, 15:36

Les hommes étaient des créatures si aisément manipulables. N'était-il pas délicieux de rendre quelqu'un des plus dociles en lui faisait miroiter l'espoir d'être un grand chasseur face à sa proie, alors que l'innocent chaton était en réalité un carnassier redoutable, et que celui qui se voulait charognard et vautour n'était qu'un pauvre oisillon gazouillant de désespoir ? Un vampire assoiffé, loin d'être l'une de ses merveilleuses et envoûtantes créatures de la nuit redoutées et craintes, n'était qu'un crève-la-faim avide, incapable de se contrôler devant le spectacle appétissant d'une jolie princesse en détresse au sang enivrant. Séduit par ce qu'il avait vu, il n'avait pas même pris la peine de réfléchir et s'était laissé aller à ses instinct. C'était assez pitoyable. Mais au moins, la Sirène avait obtenu sans mal ce qu'elle voulait. Malgré tout, le goule était plutôt bel homme, et Vanille espérait que sa morsure soit digne de ce que son apparence laissait suggérer. Fine connaisseuse de la race pour avoir eu bon nombre d'amants parmi les êtres nocturnes, le baiser du vampire avait été de son quotidien pendant des années. « Aaah...» Pas mal. Et ne serait-ce que pour contenter son agresseur, la moindre des choses étaient de laisser un petit cri s'échapper de ces délicieuses lèvres acidulés dont elle retenait le sourire. La douleur était exquise, une souffrance dont elle ne se lassait pas. Ses longs doigts agrippés au col du vampire, elle laissa patiemment quelques secondes s'écouler. « Bon.» finit-elle par lâcher d'une voix soudainement étrangement froide et sévère, alors que son sang continuait à couler dans la gorge du Vampire. « Non pas que cette étreinte ne soit pas agréable, mais le jeu est terminé.» Et la demoiselle n'usa guère de délicatesse et de tendresse pour se dégager. Ce n'était guère dans ses habitudes. Elle préférait de loin la violence. C'est ainsi que ses ongles parfaitement manucurés cédèrent leur place à des griffes en métal d'une cinquantaine de centimètres. Et la gifle n'en fut que plus douloureuse, ajoutée à l'affront d'un pareil geste et de sa paume qu'elle avait préalablement fait aussi brûlante que du fer blanc.

Avec une grâce féline et une élégance naturelle bien loin de la fragilité qu'elle dégageait quelques minutes auparavant, Vanille fit quelques pas sur le côté, contemplant de ses grands yeux clairs à l'éclat malicieux le jeune homme. D'une grande prestance, elle était loin de la frêle jeune fille qui se recroquevillait en tremblant. C'était une toute autre personne, bien plus proche de la réalité. « J'espère que ce maigre divertissement t'a plu. Après tout, n'était-ce pas un petit cadeau ? Décidément, je suis d'humeur miséricordieuse aujourd'hui.» Elle continua à avancer, tournant le dos au Vampire sans éprouver la moindre crainte. Puis elle finit par se baisser pour ramasser quelque chose qu'elle engouffra dans sa poche. « J'avais juste perdu l'un de mes biens. Cela aurait été un comble de l'égarer à cause de cette garce.» souligna-t-elle en faisant référence à l'Elfe dont le cadavre, en piteux état, reposait toujours le long de l'arbre. Et c'était une bien délicate façon d'annoncer sans détour qu'elle était responsable de ce massacre. Il aurait dû envisager cette possibilité, au lieu de gober l'histoire d'une jolie fille en pleurs. Accroupie par terre, elle prit quelques instants pour contempler son interlocuteur. Elle avait toujours une gueule d'ange. Mais le sourire, tout à fait charmant, ne se voulait plus innocent. Comment diable ce vampire allait-il réagir face à la découverte de la supercherie ? Kesmos, d'une démarche lasse, s'approcha de sa maîtresse et s'assit à ses côtés.

« Maintenant que nous nous sommes un peu côtoyé, peut-être était-il l'heure des présentations ? Pour ma part, j'ai encore beaucoup à faire en cette belle soirée. Je suis à la recherche de quelqu'un, dont les rumeurs lui prêtent le nom de Maître. Sa spécialité est nos amis les bêtes.» Elle passa sa main dans l'épais pelage de son tigre géant. « Voulez-vous m'accompagnez, toi et ta panthère ?» Vanille, ou l'art de passer à un sujet à un autre totalement différent en un instant et faire comme si de rien ne s'était passé. « Car je n'ai guère envie de traîner.» Elle se redressa lentement. Elle avait déjà perdu assez de temps. Kesmos et elle devaient être en forme pour affronter les épreuves à venir. Ce n'était plus le moment de flâner ou de s'adonner à de petites quoique délectables manigances. Tout en écartant quelques longues boucles cuivrées, elle demanda. « Oh. J'espère que je ne t'ai pas offensé.» Elle haussa ses délicats sourcils, avant de rire.
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Ven 15 Nov 2013, 22:15

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« Maîtres des Spécialités »
Vanille & Elros

Pénétrant la veine, enlaçant la chair, caressant la peau, les crocs du Vampire laissaient le sang s'écouler, glisser, cascader. Son goût enivrant, sucré, doux, rappelait l'arôme du miel à la couleur dorée, amenait à l'esprit des images de fleurs, de champs ensoleillés, de clairières paisibles ; des paysages idylliques, fantastiques, d'une beauté et d'un calme indescriptibles. Les plaintes de sa victime éveillait en lui des pulsions sauvages, animales. Que d'illusions qui brouillaient son esprit ! Que de tromperies et de manigances diffusées en quelques gorgées ! Que de plaisir procuré ! Était-ce vraiment mal, finalement ? Ressentait-il cette pointe de culpabilité qu'il avait pu éprouver au départ, qui lui revenait quelques fois ? Avait-il envie de s'arrêter ? L'aurait-il seulement pu ? Sa transformation, plus qu'un changement total, pouvait prendre des airs de malédiction. Il ne pouvait s'en défaire, il ne pouvait se soustraire à ces besoins qu'il avait et qui étaient capables de le tuer plus rapidement que la faim emporte un Humain. D'une certaine façon, il avait perdu de l'emprise sur sa personne, un contrôle qui lui revenait de droit mais que sa mort lui avait volé en échange, peut-être, d'une vie nouvelle ; c'était certainement le prix qu'elle avait choisi, le sacrifice qu'elle avait jugé bon pour sa décision ; ce choix qui pour quelques Vampires n'étaient qu'un sort malheureux dont ils n'avaient jamais rien désiré. Mais alors qu'il tenait celle qu'il croyait être une Elfe égarée dans ses bras, Elros ne songeait guère à tout cela. Il ne pensait pas non plus à la gifle qui lui arriva droit sur la joue, aussi brûlante que le souffle d'un volcan. Choqué, il recula de quelques pas, clignant des yeux. Vexé, il fronça les sourcils et montra ses crocs encore rouges du sang de la belle. Caëlya feula.

Seulement, ce n'était plus la même femme qu'il avait devant lui. Elle avait toujours ses cheveux de feu, ses yeux de mousse, sa peau de lait, sa bouche de rose, mais un changement s'était opéré sans qu'il s'en aperçût le moins du monde. Elle affichait plus de prestance. Elle semblait plus digne, plus forte. Et dans ses yeux, au côté d'une lueur de malice, brillait l'orgueil. Incrédule et perturbé, le Vampire posa la main sur sa joue endolorie. Sous ses doigts il sentit un liquide chaud et l'odeur lui parvint aussitôt aux narines. Il saignait. Ah, la garce ! Elle l'avait bien eu. La colère et la honte - c'était bien trop simple, il aurait dû se méfier ! - bouillaient en lui mais, pas loin d'être totalement stupide, il se retint de se jeter à nouveau sur elle. Qui sait de quelle puissance latente était dotée cette femme ? La preuve en était : elle lui tourna le dos sans même paraître se méfier. L'homme avança de quelques pas, s'arrêta, la regarda ramasser un objet dans l'herbe humide, grogna son mécontentement en quelques phrases inachevées et quelques mots bien sentis.

Ainsi donc, c'était elle qui avait tué l'Elfe blonde ? Il tourna la tête vers la défunte. Il l'observa sans rien dire. Après l'affront pour le moins cuisant qu'elle venait de lui faire, il n'osait même pas douter de sa parole. Il regarda son interlocutrice accroupie sur le sol, près de cet énorme tigre qui n'avait pas tenu sa promesse de le déchiqueter s'il levait la main sur elle. Bien qu'il se doutait que ce dernier devait avoir une bonne raison pour ne pas avoir agi, cette passivité pouvait être considéré comme une espèce de victoire : un sourire se dessina sur ses lèvres. Sourire que, assurément, la femme rousse interpréterait tout autrement. Quelle importance ? Il passa le revers de sa main sur ses lèvres pour essuyer le sang qui les maculait encore.

            « Voulez-vous m'accompagnez, toi et ta panthère ? »
Était-ce cela qu'elle appelait des présentations ? Elle venait de le gifler, et elle avait le culot de lui demander de l'accompagner pour rencontrer quelqu'un qu'il ne connaissait pas - et qui aurait peut-être lui aussi envie de l'humilier ? Il ne put retenir un éclat de rire, qui se prolongea. Qu'était-ce que cette femme ? Un esprit malin ? Un fantôme tourmenteur ? Une fille des bas-quartiers ? Ou alors une reine, une impératrice qui avait droit sur tout, sur les souhaits même d'autrui ? Elros, se calmant, secoua la tête en souriant. L'effet de l'avanie passé, il trouvait la jeune femme particulièrement amusante, dans le sens où elle cachait bien son jeu et n'avait pas l'air de se laisser faire.
            « Considérons cette morsure et cette claque comme deux offenses équivalentes et nous serons quittes. Et puis la vexation ne demeure qu'un bref instant, tu sais. Quoi que je ne tarderai pas à trouver un moment propice à une quelconque répartie... » rétorqua-t-il - parce que les offenses se lavent, mais l'orgueil ne se remplace pas. « Alors soit, je t'accompagne, même si je pense que tu n'as pas besoin d'un homme pour te protéger, hm ? »
Il lui avait emboîté le pas et marchait à ses côtés au bord de la Rivière Éternité dont les eaux cristallines miroitaient.
            « Où va-t-on ? »
Caëlya suivait derrière, bien moins conciliante que son compagnon. Elle lorgnait le tigre d'un air suffisant et dédaigneux. Après avoir failli engager un combat avec, elle devait désormais faire un bout de chemin avec lui ? Mais quelle ironie !
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Sam 07 Déc 2013, 20:49

Vanille contempla le Vampire de son regard perçant dont l'éclat moqueur était une provocation voilée à lui seul. Ses lèvres restaient étirées en un large sourire cynique et amusé. Curiosité morbide, la Sirène se permit de projeter discrètement ses pouvoirs vers son divertissement d'un soir et effleura son esprit, pour suivre quelques minutes durant, tranquillement, le cours de ses pensées. Il était toujours très drôle et instructif que de s'introduire de force dans la tête de quelqu'un. Et la demoiselle fut loin d'être déçue de ce qu'elle entendit. Son sourire redoubla, et un léger rire doux s'échappa. Il résonna à peine deux ou trois secondes. « Quel masque que celui que tu tiens. Quel décalage entre tes envies et tes actes. C'est cependant tout à ton honneur. Tes petites spéculations à mon égard sont pour le moins délicieuses. Loin de moi l'idée de briser l'image que tu te forges de ma personne, je te laisserais dans ce grand flou artistique. Je me demande où va s'arrêter tes fabulations, et quel étiquette tu vas coller à mon visage. Souhaites-tu y mettre un nom ? Ce n'est pas par politesse que je te propose le traditionnel échange de nom, mais j'aimerais juste savoir l’appellation que je devrais crier éventuellement, si la princesse en détresse que je suis a besoin d'un chevalier servant. » Bien que la douce soit loin de réellement l'être, le rôle du dragon lui conviendrait mieux, quant au chevalier, il préférait certainement boire un coup à la taverne ou partir à la chasse aux vierges que de prétendre vouloir tendre la main à celle qui l'avait humilier. « Je suis d'accord.» ajouta-t-elle rapidement. « Considérons le match nul et oublions le passé. Après tout, ne nous sommes nous pas bien amusés ?»

Vanille fit délicatement quelques petits pas légers et élégants sur le côté. « Ce n'est pas dans une optique de protection que je te propose de me suivre. Celui que je cherche pourrait aussi t'intéresser, pour ta charmante panthère. On l'appelle le Maître.» Elle fit une brève pause, sarcastique, le surnom l'amusait. « Beaucoup de rumeurs circulent à son sujet. Cela ne coûtait rien de les vérifier. On dit qu'il fait passer des épreuves à qui le demande, dans les alentours de la rivière, contre petite compensation financière. Il mettrait au point depuis de longues années des entraînements spéciaux, destinés aux animaux et aux maîtres de ces derniers. Ils doivent effectuer ensemble ces espèces d'épreuves. Cela permettrait d’accroître des capacités animales, de révéler des dons, de resserer les liens.» Ce dernier point l'intéressait peu. Mais elle aspirait à ce que son chaton gagne un pouvoir nouveau. Ce fut Kesmos et sa voix sourde et ronronnante qui enchaînèrent. « Il paraît surtout que ce type est complètement fou et que ces épreuves sont étonnantes et saugrenues. La méfiance est de rigueur. Ce n'est pas avec un bleu et un bobo qu'on s'en sortira, si on échoue.» Vanille leva les yeux au ciel. Ce n'était pas pertinent. Le danger était plutôt excitant. Et Vanille se ferait un plaisir de décapiter ce soit disant Maître avant qu'il ait eu le temps de prononcer une remarque déplacée.

« Suis nous ou pas. C'est à ta guise, et je ne te force pas. Je ne peux obliger quiconque à faire preuve d'intelligence et de bon sens.» Elle sourit, tournant les talons dans un rire. Que dictait la raison ? Elle le savait. Et elle avait hâte de voir ce que choisirait de faire ce jeune homme dont elle ignorait encore le nom. « Il ne devrait pas être bien loin mon chaton. J'ai repéré tout à l'heure un coin pour le moins intéressant, où circulent des énergies magiques. C'est lui. » Kesmos soupira. Il n'avait pas spécialement hâte de trouver ce fameux Maître. Mais il voulait cependant réussir son test, acquérir quelque chose de nouveau. Il en avait besoin. D'un petit bond félin et sans bruit, la Sirène bondit sur une pierre, au beau milieu de la rivière, et s'aida des roches pour traverser l'eau. Ce n'était guère le moment de tomber. Elle aurait révéler une information trop précieuse à son Vampire d'accompagnateur. Pour l'heure, il ne savait rien de Vanille, si ce n'est qu'elle était cruellement manipulatrice et bonne comédienne. Son nom et sa race était un secret.
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Maitres des spécialités [pv: Feather]

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