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 Fragments | Kaahl & Lucius

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Lana Kælaria
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Lana Kælaria
Ven 01 Déc 2023, 08:32



Unknown

Fragments

En duo | Kaahl, Lucius, Kiara & ses parents


RP précédent : Soirée pyjama de Basphel.


La fragmentation du ciel contre la terre résonnait par-delà les falaises. Au loin, au-dessus des vagues, les vents s’agitaient ; ils couraient en mugissant jusqu’aux pierres de la maison, s’engouffraient par la fenêtre et voltigeaient dans les cheveux de Kiara. La jeune Rehla, le regard accroché à l’horizon, observait la houle gronder sous la caresse des ténèbres et rouler le dos tel un gros chat noir en colère. L’océan pulsait, ses rythmes marqués par l’écume. Un éclair déchira les nuages. Son cœur se mit à battre un peu plus fort encore. La fébrilité qui emprisonnait son corps le faisait trembler de concert avec la voûte. La chaleur étouffante n’arrangeait rien. Il lui tardait qu’il se mît à pleuvoir. Les gouttes éventreraient le sol, duquel ressurgirait un semblant de fraîcheur. L’orage passé, elle pourrait, peut-être, à nouveau respirer.

Depuis qu’elle était rentrée à Lua Eyael, dans la matinée, elle avait eu du mal à avaler quoi que ce fût. Ses parents l’avaient sévèrement réprimandée. Ils avaient bien souligné qu’elle était libre de disposer de son corps comme elle l’entendait, mais qu’elle devait penser et agir en conséquence : faire attention, se protéger, ne pas compter sur les autres. Ils avaient été déçus de son comportement, déçus qu’elle n’eût rien retenu de ce qu’ils lui avaient déjà expliqué – et elle s’était demandé s’ils n’avaient pas tant insisté parce qu’ils avaient craint, ou parce qu’ils savaient, que ce jour arriverait. Si la honte l’avait bien submergée, leur leçon de morale lui avait assez peu importée. Le résultat de son action lui enseignait les choses bien plus durement que ne pouvaient le faire tous les mots du monde. Ce qui la préoccupait, c’était davantage le futur : qu’allait-elle faire ? D’elle-même ? Du bébé ? Allait-elle pouvoir retourner à Basphel ? Elle ne voulait pas être mère avant tout le monde. Elle ne voulait pas offrir aux autres un nouveau sujet de moqueries ou de médisances. Elle voulait être une adolescente normale, avoir une vie normale, être traitée de façon normale. Ses nuits avaient été peuplées de tant de rêves angoissants qu’ils avaient fini par lui nouer la gorge. Elle avait été incapable de formuler ses pensées. Dès que ses parents avaient tenté d’aborder le sujet, le matin même, elle avait fondu en larmes. Elle aurait aimé qu’ils lui narrassent tout le déroulé des événements à venir, mais ils n’en avaient rien fait. Elle était en colère ; en colère et désemparée. Elle ne se sentait pas capable de gérer ce qu’il lui arrivait. Elle ne voulait pas décider sans Lucius, mais elle refusait de dépendre de son bon vouloir. Elle ignorait ce qu’elle désirait. Elle pensait souvent à Adriæn, à la soirée pyjama, à leurs voix qui s’étaient si parfaitement mêlées, à la caresse de ses mains dans son dos quand il l’avait réconfortée. Puis elle revoyait le Magicien au-dessus d’elle, sentait ses doigts sur sa peau, le goût de ses lèvres imprimé sur les siennes, l’éclat passionné de ses yeux, son attention et sa délicatesse.

À quelques pas de l’entrée de la demeure, dont la porte principale donnait sur l’océan – à l’orée du quartier de Jeziel, légèrement à l’écart des autres habitations, la maison des Miirafae surplombait la mer –, apparurent deux silhouettes. Le palpitant de Kiara bondit dans sa cage thoracique. Ses jambes semblèrent se dérober sous son poids et ses mains se cramponnèrent au rebord de la fenêtre. Elle les regarda avancer vers le vestibule, père et fils, vaguement dessinés depuis sa hauteur. Incapable de bouger, elle demeura quelques secondes à l’état de statue, puis referma violemment la vitre. Le souffle court, les cheveux défaits, elle fixa la porte de sa chambre. Si, parfois, elle avait pu avoir l’impression que tout cela n’était qu’un cauchemar dont elle finirait par se réveiller, leur arrivée concrétisait sa réalité. Les nerfs en pelote, le ventre crispé d’appréhension, elle se posta devant le miroir de sa coiffeuse pour arranger sa chevelure malmenée par le vent. Ses gestes étaient imprécis, tremblotants. Elle finit par tout nouer en queue de cheval, alors qu’elle entendait, plus bas, que l’on commençait à s’affairer. Elle sortit en trombe de sa chambre et dévala les escaliers à vive allure. Il ne fallait pas qu’elle s’arrêtât, parce que si elle le faisait, elle ne repartirait peut-être pas. La peur la pétrifierait sans doute. Toute son envie de voir Lucius ne suffirait probablement pas à la porter jusqu’au rez-de-chaussée.

« Duc Paiberym, je vous souhaite la bienvenue. Vous arrivez juste à temps pour éviter la pluie. » La voix de sa mère sonna avec clarté alors que l’adolescente pénétrait timidement dans l’entrée. Son regard se dirigea immédiatement vers le père de Lucius. Elle en avait déjà entendu parler, mais ne l’avait jamais vu en vrai. Il était aussi impressionnant que ce que l’on racontait. La magie bleue dansait autour de lui. Son fils se tenait à ses côtés. Kiara le scruta, le cœur battant et la respiration suspendue. Quand son regard croisa très brièvement le sien, elle rougit violemment, puis déglutit et se mordit l’intérieur des joues. Elle aurait tellement aimé pouvoir lui parler avant. « Lucius Paiberym, enchantée. » Son propre père, qui les avait accueillis respectueusement, se tenait légèrement en retrait, comme l’usage le voulait chez les Ondins. En vérité, sa mère et lui se traitaient d’égale à égal. Les voir procéder de la sorte l’avait troublée, les premiers temps. Hésitante, elle avança jusqu’à eux. « Duc Paiberym. » salua-t-elle poliment. Elle posa le regard sur lui, mais fut incapable de soutenir le sien. « Lucius… » Ses iris noisette se perdirent quelques instants sur son visage, à la recherche des siens, juste le temps pour la matriarche Hautvent de reprendre les devants. « Je vous propose que nous nous installions dans le salon. Je suis navrée de vous recevoir ici plutôt qu’à Port Dirælla, mais en ces temps troublés, il m’a paru plus pertinent de vous éviter davantage de désagréments. » D’un geste ample, elle invita ses invités à la suivre, et Kiara et son père lui emboîtèrent docilement le pas.

Vêtue d’une robe mauve qui réhaussait la couleur sombre de son teint, Ellyën prit place dans l’un des fauteuils, avant d’inviter Kaahl et Lucius à choisir un siège. La jeune Rehla s’assit près de son père, dans un petit canapé. Régulièrement, ses prunelles sautaient jusqu’à Lucius, qu’elle observait à la dérobée. « Je tenais d’abord à vous remercier une nouvelle fois d’avoir pris l’initiative de nous écrire. » confia sa mère. « Je suis certaine que Kiara mesure la « chance » qu’elle a eue de tomber sur un garçon que son père pousse à prendre ses responsabilités. » Elle planta son regard de jais sur l’adolescent. « Les prendrez-vous jusqu’au bout, si elle garde votre enfant, Lucius ? » Kiara ouvrit la bouche de stupeur, mais aucun son n’en sortit. Elle eut presque l’impression de s’être soudainement transformée en poisson rejeté par la marée et agonisant sur la grève, dans une quête désespérée de recherche d’air. Sans la voir, Ellyën sourit, aimable. « Il est important d’envisager toutes les options pour prendre une décision commune. Je préférerais que nos deux familles ne se brouillent pas. Nos statuts ne nous le permettent pas vraiment. » Ses iris se posèrent sur Kaahl, qu’elle sembla sonder.



Message I – 1217 mots

J’ai des images de ses parents sur mon ordi (que je n’ai pas avec moi). Je les rajouterai au cours du week-end (ce soir si j’ai la force !).



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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Ven 01 Déc 2023, 20:52



Fragments



Derrière mon père, je fixais son dos depuis plusieurs minutes. Il avançait sans me regarder, comme s’il ne faisait aucun doute pour lui que je le suivrais envers et contre tout. Pourtant, plus les mètres qui nous séparaient de la maison de Kiara disparaissaient derrière moi, plus l’envie de me dérober me tiraillait l’estomac. Malgré la magie qui dansait autour de Kaahl, des fragments de glace semblaient me menacer constamment de leur courroux. Je ne l’avais jamais vu aussi autoritaire que ces derniers jours. Aucun sourire n’avait germé sur ses traits. Lorsqu’il me regardait, je voyais la déception dans ses prunelles. À chacune de mes questions, il n’avait répondu que très brièvement. Lorsque j’avais tenté de changer de sujet, de parler de cette femme qui avait emménagé chez lui ou de son mariage, il m’avait rétorqué que nous en rediscuterions ultérieurement. Jusqu’ici, j’avais désiré le fuir, j’avais eu envie de le haïr et m’étais employé à le braver dans mon coin, sans l’affronter vraiment. À présent qu’il semblait me rejeter, je ne savais plus ni quoi faire, ni quoi articuler pour qu'il s'adoucît. Pauline avait tenté de me remonter le moral, en me murmurant que ces choses arrivaient et que mon père vivait une période difficile, probablement du fait de son travail. Elle me donnait l’impression de ne pas en savoir beaucoup plus que moi, ou de ne vouloir rien me communiquer. Je sentais que je m’étais trop détaché de la vie de mon père et, pour la première fois depuis longtemps, je m’en voulais de ne pas avoir cherché à prendre de ses nouvelles. Maintenant qu’il était Chancelier d’Ivoire, je prenais conscience de choses qui m’avaient toujours échappé. Face à lui, je n’étais rien. Je ne valais rien, ni ne pesais rien. Il m’avait offert une liberté que je n’aurais probablement pas eu autrement. J’avais peut-être tout gâché. « Lucius. » Je relevai la tête, l’espoir au bord du cœur. « Ne me fais pas honte. » Ma poitrine s’écrasa douloureusement sous ses dires. Je baissai les yeux et les gardai ainsi jusqu’à notre arrivée.

« Je vous remercie. » J’aspirai mes joues et les bloquai avec mes dents. Les remarques désobligeantes que j’avais fait à propos de Kiara devant mon père n’étaient pas passées. Je n’avais jamais vu des lames aussi affûtées dans ses yeux. Depuis, je n’avais plus rien dit la concernant. Il m’avait fait comprendre que j’étais le fautif. J’étais le fautif parce que j’étais le plus en sécurité des deux. J’avais agi de façon inconsidérée parce que je n’avais aucune idée des risques encourus. J’étais inconscient de ce qu’il allait se produire à présent, des traumatismes que toutes les décisions pouvaient engendrer. « Enchanté. » murmurai-je, avant de découvrir la silhouette de Kiara. Je déglutis. « Kiara. » « Mademoiselle Hautvent. » Mon père acquiesça aux propos de sa mère et la suivit jusqu’au salon. Il s’installa sur un siège et plaça sa main à côté de lui pour m’indiquer de m’asseoir à ses côtés. J’obéis. « Vu la situation, vous contacter me semblait être la meilleure chose à faire. » Quand la femme me posa la question, je gardai d’abord les yeux sur le sol. « Oui, je les prendrais, Madame. » Je trouvai la force de redresser la tête, malgré l’angoisse qui m’enserrait les tripes à la perspective de devoir élever un enfant maintenant… un enfant que j’avais fait avec une fille que je ne connaissais pas. « Je tenais à m’excuser. J’ai agi d’une façon indigne et je mesure la gravité de mes actes aujourd’hui. »

Mon père reprit la parole après sa mère. « Vous avez raison. » Lentement, il croisa ses doigts entre eux sur ses cuisses. Il la regarda à son tour, imperturbable. « Il va sans dire que si votre fille désire garder le bébé, il serait souhaitable qu’une alliance entre nos deux enfants ait lieu. » Je relevai la tête vivement vers son visage. Il plaisantait, n’est-ce pas ? « Dans le cas où elle ne le désirerait pas, je m’engage bien sûr à prendre à ma charge les coûts que cela engendrerait. » Je pinçai mes lèvres. Je préférais qu’elle n'en voulût pas. Je cherchai son regard, espérant y trouver une réponse sondable, la réponse qui irait dans mon sens. « Comprenez-moi : si cela ne tenait qu’à moi, je préférerais que la grossesse arrive à son terme. Néanmoins, je sais parfaitement qu’il y a de grandes chances pour que ce choix ne m’appartienne pas. » Pourquoi disait-il cela ? « Si tel est le cas, je vous prie de me le signaler maintenant, afin que l’on puisse organiser la suite au mieux. » Je posai mes yeux sur Kiara. Allions-nous être dans l’obligation de nous marier ? Intérieurement, je priai pour que l’avortement fût décidé. La magie pourrait la délivrer de ce qui se trouvait dans son ventre. Elle ne pouvait pas vouloir de cet enfant. Nous ne nous connaissions pas. Elle devait continuer ses études. Je n’étais personne pour elle.  

832 mots

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Lana Kælaria
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Lana Kælaria
Mer 06 Déc 2023, 22:21



Unknown

Fragments

En duo | Kaahl, Lucius, Kiara & ses parents



Kiara aurait voulu lui dire que ce n’était pas si grave. Qu’elle allait bien. Qu’elle pensait à lui souvent, qu’il lui semblait que son cœur allait s’envoler de sa poitrine pour se blottir contre la sienne, et qu’elle aurait aimé pouvoir se perdre à nouveau entre ses bras. Plus elle le regardait, plus son palpitant tremblait. Elle était désolée qu’il se sentît aussi mal. Ils avaient sans doute été idiots, mais ils avaient brûlé ensemble d’une manière que leurs parents ne paraissaient pas comprendre. En comparaison, un bébé, ce n’était pas… Elle déglutit. Ses illogismes se heurtaient sans cesse à sa terreur, qui ricochait contre l’implacable réalité. Elle ne se sentait pas de devenir mère. Elle était trop jeune. Qu’allait-on dire d’elle à Basphel ? Et si elle ne gardait pas le fœtus ? Ce n’était pas rien, d’achever une vie avant qu’elle n’eût véritablement commencé. S’en sentait-elle capable ? En éprouvait-elle le besoin de façon si impérieuse qu’aucune autre alternative ne s’offrait à elle ? Et si Lucius l’aidait avec la grossesse et l’enfant ? Il était plus âgé, plus mature, mieux préparé aussi, peut-être. Pourtant, quand le Duc Paiberym parla d’une union, Kiara blêmit soudainement. Elle le fixa, stupéfaite, avant de laisser son regard glisser jusqu’à son fils. Son expression fit courir dans ses veines des coulées amères. Elle se redressa, le corps tendu et le visage crispé. Ses mains s’étaient cramponnées au tissu de sa robe comme s’il s’agissait des illusions dont elle refusait de se défaire. Ses iris croisèrent ceux de l’adolescent. Elle baissa immédiatement la tête. Elle pensa à Adriæn.



Ellyën sourit poliment. Les jambes croisées, elle joignit ses mains au sommet de son genou. « C’est aimable à vous. » Ses iris ne cessaient de scruter Kaahl Paiberym. Elle ne s’en cachait pas. Les faux-semblants ourlés de mots n’étaient là que pour leurs enfants. Lucius ignorait tout de l’existence et du rôle des Rehlas, et Kiara de la vraie nature de cet homme qui valsait entre ombres et lumières. Les iris du Magicien lui renvoyaient son regard peuplé de phrases silencieuses qui levaient le voile sur leurs secrets respectifs. « En effet. Les Ondines n’ont pas l’habitude de demander leur avis aux hommes. » Ses prunelles dévièrent vers Lucius. Bien qu’il fût jeune, une forme de puissance émanait déjà de lui. C’était étonnant, pour un adolescent. « Et je n’attends évidemment pas de vous que vous preniez la décision à notre place. » Ses épaules se tournèrent vers Kiara, qu’elle scruta quelques instants. Le Destin touchait parfois le futur de ses grâces. Il abandonnait ses nuances de gris et jetait sur l’avenir des teintes chamarrées. Quel que fût le choix que ferait sa fille, les retentissements, sur son existence comme sur celle de Lucius, seraient multiples. Toutefois, aucune option ne menaçait sa vie. « Comme je te l’ai dit, et comme l’a signifié le Duc Paiberym, nous t’épaulerons dans tous les cas. S’il faut s’occuper du bébé pour que tu termines tes études, nous nous en occuperons. Si tu souhaites avorter, nous ferons le nécessaire et je contacterai l’école pour les avertir de ton absence. » Elle marqua une pause, puis conclut pour appuyer ses propos : « Le choix te revient entièrement. Je sais que ce n’est pas une décision aisée. » Elle vit passer dans les yeux de son enfant la même panique qui l’avait saisie plus tôt, lorsque son époux et elle-même avaient tenté d’aborder le sujet. Le regard de l’adolescente oscilla entre sa mère, le Duc et le garçon. « Je… » Les mots demeurèrent bloqués dans sa gorge. Elle était encore jeune. Le poids des années, couplé à celui du devoir et de l’inévitable, lui feraient gagner la maturité dont elle manquait cruellement. Ce genre de situations, quoi que pénibles, la feraient grandir. Parfois, elle devrait décider de la suite qu’elle désirerait donner aux événements. Elle comprendrait que la liberté pouvait être plus cruelle que la soumission – plus déroutante. Et elle constaterait que tous les chemins ne se valaient pas, que certains se révélaient plus ardus que d’autres. « Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, seulement ce que toi tu souhaites. » L’hésitation embrasait les yeux noisette de l’adolescente. « Si le Duc Paiberym préfère que… » - « C’est ton choix, Kiara. Personne ne te forcera à quoi que ce soit. » Ses prunelles tremblotèrent, avant de se fixer sur Lucius. « Tu… Tu voudrais qu’on se marie, qu’on le garde ? » Un fragment d’espoir – que n’importe quel quidam aurait jugé vain, fou, innocent – tintait dans sa voix. Ellyën inspira et bloqua sa respiration, avant d’expirer très doucement. Kiara apprendrait aussi ce que la vie enseignait à tout un chacun ; les désillusions, les déceptions, le désespoir.



Message II – 794 mots

J’ai pas eu la force pour les images, pardoooooon.


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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Sam 09 Déc 2023, 17:50



Fragments



Ce qu’Ellyën articula à demi-mot me fit envisager un Destin non encore figé. Cette grossesse pouvait arriver à son terme comme être interrompue. Tout dépendrait. Mon regard glissa de la mère à la fille, lentement. Je songeai qu’il me suffirait d’un rien pour la convaincre d’aller dans mon sens. Les mots qui étaient sortis d’entre mes lèvres habitaient déjà son cœur. Ils le hantaient d’un doute alimenté par l’amour que la jeune fille portait à Lucius. Peut-être n’était-ce qu’un amour fictif, nourri par des fantasmes adolescents qui éclateraient à la moindre occasion, révélant une vérité délicate à appréhender. Quant à lui, il ne l’aimait pas. Néanmoins, je n’avais jamais aimé Viviane non plus. Le mariage n’était que rarement une histoire d’amour. Cette fille, qui se faisait passer pour une Sirène… quel était son Destin ? Était-il lié à celui de mon fils ? Il était un enfant de la Lune Bleue. Je refusais de croire que cette grossesse fût le fruit du hasard. Cet enfant servirait les Mages, les Rehlas ou les Faes, qu’importât la décision. Je ne désirais pas que le dernier cas l’emportât. Ma rancœur à leur égard était telle que je ne souhaitais rien leur octroyer. Les frasques de Lucius devaient cesser. Ses inconséquences devaient s’effacer. Mes yeux le détaillèrent. Cette situation n’était pas juste mais peu de choses l’étaient. Je ne voulais pas que le bébé mourût, qu’importât sa réincarnation. J’avais été trop laxiste jusqu’ici. Érasme était déviant pour un Sorcier de bien des manières mais sa magie était on ne peut plus puissante que celle de Lucius. Des deux, il était le plus proche de ce que les Ætheri avaient décidé pour lui. Il était un Chaos plus grand, là où Lucius se laissait vivre, allant d’expérience inutile en expérience inutile. Son cœur n’avait rien de noble. Il ne représentait aucunement la Paix. Je l’avais laissé s’égarer et cette errance devait cesser, qu’importassent les sacrifices. J’inspirai discrètement, mon cœur ressentant les affres d’une raison sombre qui ne l’avait plus hanté depuis longtemps. Je sentis ma magie se déliter légèrement au profit d’une autre. Je ne laissai pas cette autre ressortir. Cela faisait des décennies que je cachais le côté sombre de celle-ci, que les flammes bleutées côtoyaient leurs sœurs ombragées. Je retins un sourire. Je préférais les tourments du Mal à la libération du Bien. Cette dernière n’était qu’illusion. Je préférais être craint qu’être aimé. « Personne ne vous forcera. » répétai-je distinctement, avant de me tourner, comme elle, vers le Magicien. « Lucius, veux-tu bien lui répondre, je te prie ? »

____________

J’allais dire à la Sirène que je ne désirais ni me marier avec elle, ni garder l’enfant lorsque Kaahl s’adressa à moi. Mes yeux se détachèrent du visage de Kiara pour se poser sur celui de mon père. Dans ses prunelles brûlaient un ordre silencieux. Je sus au fond de moi que si je le décevais encore, le pire adviendrait. M’adresserait-il seulement encore la parole ? M’aimerait-il encore ou me rejetterait-il ? Je serrai les poings. Cet enfant, je l’avais fait sans le vouloir mais… mais peut-être que ce serait pour le mieux si nous le gardions ? Elle n’était pas laide. Elle était même jolie en s’y attardant. Nous ne nous connaissions pas mais Kaahl avait raison, je devais me montrer responsable de mes actes. Et puis… le mariage n’était pas une chose si importante. Peut-être que construire quelque chose de stable pourrait me plaire, finalement ? J’avais déjà bien profité. Il avait raison, ce serait égoïste de sacrifier une vie ainsi. Il valait mieux garder l’enfant. Elle et moi pourrions bien nous entendre. « Lucius ? » « Euh… oui, pardon. » Je m’avançai et lui pris une main. « Je suis désolé pour tout ça. Je pense que… » Je sentais le regard de Kaahl dans mon dos, semblable à une lame prête à s’enfoncer entre mes omoplates. « Je pense qu’on devrait le garder, oui. On ne se connait pas beaucoup mais si on l’a fait ensemble c’est bien qu’on se plaît. On pourrait se voir plus pour en apprendre davantage l’un sur l’autre et… » Je baissai les yeux sur son ventre. J’avais la sensation d’être dans un rêve. Tout allait trop vite et je ne maîtrisais rien. Je ressentais simplement le besoin d’aller dans le sens de mon père. Sa vision des choses me semblait la plus appropriée en y réfléchissant. J’avais été un crétin fini, tout était de ma faute et cette fille et moi devions assumer pleinement les élans de la passion qui nous avait gagnés durant le Fessetival. « … élever l’enfant ensemble, avec l’aide de nos parents ? On pourrait compter l’un sur l’autre. » Mes yeux se perdirent dans les siens. J’y croyais vraiment, à présent. Tout me semblait logique et faisable. Peut-être que je ne l’aimerais jamais mais ce ne serait pas grave. Nous pouvions vivre ensemble, nous soutenir et nous nourrir l’un l’autre.

823 mots
J'ai perdu Kaahl  Fragments | Kaahl & Lucius 2289842337

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Lana Kælaria
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Lana Kælaria
Mar 12 Déc 2023, 09:22



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En duo | Kaahl, Lucius, Kiara & ses parents



Près de Kiara, son père observait minutieusement la scène. Le silence du Destin, ou plutôt ses incessants chuchotements indécis, faisaient courir dans son dos de longs frissons. Là où la Ligne du Temps ne s’affirmait pas, un interstice fendillait sa toile finement ouvragée, un interstice au sein duquel l’on pouvait décider du possible à insérer. Sa fille aurait dû avoir le choix, mais à la seconde où il posa le regard sur le visage du Duc Paiberym, il sut qu’il piétinerait sa liberté. Incertain, Azæl plissa les yeux. Il croyait avoir perçu un changement, si subtil qu’il aurait été incapable d’affirmer quoi que ce fût. Il inspira et se redressa dans le canapé. Son regard dévia vers Lucius. Il n’était qu’un garçon, un adolescent à peine sorti de l’enfance, comme sa propre fille. Comment auraient-ils pu prendre soin d’un bébé, quand ils avaient eux-mêmes encore besoin de leurs parents pour prendre des décisions comme celle-ci ? Ses iris suivirent le chemin de sa main, avant de remonter vers le visage de sa fille. Ses joues rougies trahissaient son émoi. Sous ses cils, des lueurs pétillaient, leur éclat renforcé par l’eau qui les bordait. Ses doigts demeurés sur sa jupe tremblaient légèrement, et il devinait qu’il en était de même pour ceux qu’elle avait glissés dans la paume du Magicien. Sa jeunesse et son inexpérience transparaissaient dans les variations de sa voix et l’intensité de son regard. Azæl releva la tête vers Ârès. Sa magie venait jusqu’à lui. Il était puissant, plus que lui et son épouse. Le monde fonctionnait de cette façon-là : lorsque le libre-arbitre existait, les plus perspicaces et les plus forts l’emportaient. Le Taiji connaissait leur existence. Les rumeurs disaient même qu’il était parfois l’un des leurs – bien qu’il n’eût lui-même jamais pu vérifier cette hypothèse. Il possédait les clefs pour asseoir sa volonté. Aucun doute ne persistait quant à ce qu’il désirait. Il avait annihilé tous ceux qui pouvaient subsister dans l’esprit de son fils et de Kiara, et ceux d’Azæl eux-mêmes clignotaient faiblement.

Du coin de l’œil, il vit sa fille acquiescer. « Tu seras là tout le temps, jusqu’au bout ? » Elle déglutit. « J’ai juste peur que… » Sa main se resserra autour de celle du Magicien. « Veux-tu le garder, Kiara ? Et épouser Lucius ? » La réponse fusa aussitôt : « Oui. » Elle ne quittait pas le garçon du regard. Le père se raidit, puis ses paupières se fermèrent, le temps d’un battement de cœur. Le bonheur de l’ignorance n’avait d’égal que l’amertume de la compréhension. Elle arriverait, tôt ou tard. Pour les gens comme eux, elle arrivait toujours. Parfois, il songeait qu’il y avait presque quelque chose de cruel à enfanter quand on savait à quoi l’on exposait sa descendance. Quelque chose de cruel, et d’inévitable. Le Destin avait toujours été clair à ce sujet : Kiara devait naître. « Bien. » Ellyën se redressa dans son fauteuil. Elle pivota pour faire face au Duc Paiberym. « Kiara retournera à Basphel. Elle tient à poursuivre ses études, et nous y tenons aussi, grossesse ou pas. » Il sentit l’adolescente s’agiter à côté de lui. « Mère… Je n’ai pas envie que les autres élèves le sachent. » Comme il s’y attendait, la réponse de son épouse fut ferme, mais loin d’être cinglante : « Ils le sauront un jour ou l’autre. Que crois-tu qu’ils vont penser en voyant que tu te maries ? Garde la tête haute et ne les laisse pas te dénigrer. Tu es sur le point de faire un mariage que beaucoup ne pourront que t’envier. » Comme si elle percevait l’ombre d’une protestation dans les iris de l’adolescente, elle enchaîna : « Tu es fille de diplomates. Il est normal que tu contractes une alliance au-delà de l’océan. D’autant plus dans les circonstances actuelles. » Kiara acquiesça doucement. Songeait-elle à son amie Lana ? À son frère Adriæn, le garçon dont elle ne parlait pas mais qui peuplait autant ses pensées que son avenir ? Essayait-elle d’imaginer leurs réactions, d’anticiper leurs remarques ? Azæl se souvenait d’une époque où les mêmes inquiétudes le hantaient. Par la suite, il avait appris que s’il pouvait parfois avoir une prise sur le Destin, ce qui régissait les sentiments d’autrui n’était pas directement de son ressort. « J’aimerais que le mariage ait lieu sur un territoire cosmopolite, comme ici. Si cela vous convient, je m’occuperai des détails. » Son mari pinça les lèvres pour réprimer un sourire. Les frasques du Duc et de son épouse n’avaient pas fini de faire parler d’eux. « Nous pourrions fixer la date au mois prochain, un peu après les fêtes d’Ësse’Aellun. Cela vous laisse le temps de me faire parvenir le nom des invités et vos éventuelles requêtes. »



Message III – 798 mots


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Kaahl Paiberym
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Kaahl Paiberym
Mar 12 Déc 2023, 21:50



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« Oui, je serai là. » Mon regard, jusqu’ici accroché à la silhouette de Lucius, se fraya un chemin jusqu’au visage du père de Kiara. Les Rehlas et moi-même avions cette particularité en commun : celle de jouer un rôle. Je laissai mon esprit s’abreuver des pensées de l’homme à la bouche nouée par les nécessités du sien, tout en écoutant le dialogue entre la mère et la fille. Parallèlement à ces activités, je passai en revue les faiblesses du Magicien que j’avais été, sa propension à ne pas agir alors qu’il le fallait, à fuir les situations problématiques et, surtout, à composer avec autrui, à réaliser des concessions inutiles. Certaines décisions devaient être prises. Parmi celles-ci, la mort d’Aodh et celle de Beth se plaçaient en priorité. « Il n’y a pas d’inquiétudes à avoir. Basphel réunit bien des peuples et les étudiants fiancés ou mariés n’y sont pas si rares. » finis-je par dire à l’attention de la jeune fille. Le port de tête droit, je posai mes prunelles sur elle et sa frêle silhouette. Elle oublierait cet Adriæn à qui songeait son père. Quant à cette Lana qui semblait être son amie, j’espérais qu’elle soutiendrait l’union. « Si mon père n’était pas mort dans l’exercice de ses fonctions, j’aurais sans aucun doute été marié jeune, moi-aussi. » continuai-je, comme si de rien était, tout en ancrant davantage mon regard sur elle. Le conte s’imposa dans ma vision. Elle ressemblait à la Coline d’origine, celle que je n’avais pas côtoyé lorsque j’avais été Judas. Je ne m’étais intéressé qu’au cas de mes enfants mais il m’apparaissait comme une évidence, à présent, qu’il me faudrait obtenir la liste exhaustive de chaque rôle. Une simple demande me permettrait de palier mes failles. La réelle Yvonelle devrait être tenue éloignée de Lucius. « Son père est mort dans la Cité Engloutie. » précisa mon fils, tout bas. « Certes. » répondis-je, d’une voix ferme. « Une partie de ma famille ne sera pas ravie en apprenant cette union mais je m’arrangerai pour que nos enfants ne soient pas exposés à quoi que ce soit de regrettable. » Un sourire habillait malgré tout toujours mes lèvres lorsque mes yeux rejoignirent brièvement ceux d’Azæl. Puis, ils flottèrent jusqu’à Ellyën. « Cela me convient parfaitement, merci. » Ce qui prêtait à rire ne m’amusait pas. Heureusement, Judas ne pouvait plus apparaître pour le moment. À moins qu’il demeurât lié à la Couronne, qu’importât le propriétaire ? « Très bien. Je compte passer les fêtes d’Ësse’Aellun à Boraür avec ma famille. » Lucius releva la tête, comme s’il venait d’apercevoir un éclat lumineux dans un tunnel immensément sombre. « Tu t’y rendras en avance. » lui précisai-je. « D’accord. » Il avait pris une précaution qui me rendit suspicieux. Il désirait absolument s’y rendre mais, après sa réaction première, avait tenté de le dissimuler. « À moins que tu ne préfères rester chez moi ? » Je m’introduisis dans sa tête et compris son intérêt soudain. « Non non, c’est bon, je t’assure. » s’enquit-il, avant de reporter son attention sur Kiara. « Si tu veux, tu pourrais venir sur Boraür ? » lui proposa-t-il. « C’est une bonne idée. » confirmai-je, avant de m’adresser à sa mère. « Étant donné que nous formerons bientôt une même famille, si vous désirez nous rejoindre pour Ësse’Aellun, ce sera avec plaisir. » Même si je ne pourrais pas m’attarder.

Peu avant de partir, alors que la conversation avait pris un tournant moins officiel, je m’approchai d’Azæl. « C’est fascinant. Je n’aurais jamais cru mais ils se trouvent que nos enfants ont des amis communs. Je pense notamment à Dastan et Adriæn. Ils feraient de parfaits témoins. »

__________

Freyja,

Lucius est actuellement avec moi. Au Fessetival, il s’est alcoolisé en compagnie de Dastan et d’une fille, Kiara Hautvent. Il l’a mise enceinte. Ils se marieront après les fêtes d’Ësse’Aellun. Quoi qu’il en soit, les griefs qu’il peut avoir contre moi finiront par s’atténuer. Il ira à l’université et je veillerai à ce qu’il prenne en maturité. S’il a eu un comportement déplacé envers toi, je lui demanderai de te présenter des excuses. Flore-Ange n’est pas ma fille. Je lui ai donné mon nom car elle ne peut décemment pas porter le sien. Sa mère est morte et son père risque de ne pas survivre si ses actes continuent d’être inconsidérés. Je pourrais néanmoins l’inviter si nous réunissons nos familles. Je convierai également quelques croque-morts, juste au cas où.  

Ne fais rien pour Eméliana. Je m’occuperai de son cas ultérieurement.

Il me tarde de revoir ton frère, vraiment. Pour le reste, peut-être devrais-je sérieusement songer à investir dans une entreprise de pompes funèbres. Nos familles, les Anges, je crains que toute ma fortune finisse par y passer.

Je te manque vraiment ?

Kaahl, ton mari d'après ce que disent les journaux. Merci de confirmer. Il s'avère que j'ai manqué l'évènement.

799 mots

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Lana Kælaria
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Lana Kælaria
Jeu 14 Déc 2023, 22:16



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Fragments

En duo | Kaahl, Lucius, Kiara & ses parents



Kiara inspira, puis resserra ses doigts autour de ceux de Lucius, rassurée. Ses iris remontèrent progressivement vers le visage de son père. Ce n’était pas le mariage qui l’inquiétait – au contraire, aucune idée plus apaisante et réjouissante que celle-ci n’aurait pu être évoquée. Son attention redescendit sur son ventre. Au cours des prochaines semaines, il s’arrondirait. Le secret qu’elle gardait si précieusement serait révélé. À tous. Elle avait peur des réactions des élèves de Basphel, de leurs commentaires, de leurs regards. De ce que dirait Lana, de ce que penserait Adriæn. Avait-elle le droit de s’en plaindre, quand toutes leurs attitudes ne constitueraient qu’un ricochet en réponse à ses manquements ? Sa mère avait raison. Elle devait garder la tête haute. Elle releva le regard vers le jeune Magicien. Il serait là. Tout le temps. Jusqu’au bout. Si quelqu’un lui adressait des réflexions désobligeantes, elle pourrait lui renvoyer son union au fils du Duc Paiberym à la figure. Lana la soutiendrait sans doute, comme elle l’avait fait pour l’écriture de la lettre. Elle comprendrait parce qu’elle aurait pu se retrouver à sa place. Quant à son frère… Il n’avait rien tenté. Sa relation avec Hélène demeurait trop peu claire. Peut-être s’était-elle laissé aveugler par ce qu’elle ressentait ou croyait ressentir pour lui – ces battements de palpitant qui désormais n’avaient plus lieu d’être ? Depuis quelques temps, démêler le vrai du faux des sentiments lui paraissait impossible. Elle s’empêtrait, trébuchait, tombait. Lucius, lui, était clair : il serait là, elle pourrait compter sur lui, ils apprendraient à mieux se connaître. Elle avait l’impression de tout savoir de lui, mais savait qu’il ne s’agissait que d’une illusion du cœur. Elle espérait qu’il souffrait de la même folie, ou  qu’il en souffrirait bientôt. La sensation de ses doigts contre les siens grisait sa poitrine. D’un simple regard, il pouvait l’électriser toute entière. La façon dont il l’avait dévisagée au Fessetival ne la quittait pas.

Avant qu’elle eût pu réagir à la proposition de Lucius, sa mère acquiesça à celle de Kaahl. « Nous passons une partie des fêtes avec ma famille, mais nous nous joindrons à vous pour quelques jours avec grand plaisir. » Elle se tourna vers Kiara. « Par ailleurs, il me semble que Basphel propose de vous y emmener ? » Elle acquiesça. « Oui, juste avant les vacances. » - « Dans ce cas, tu pourras rejoindre Lucius juste après. » De nouveau, elle opina. « D’accord. C’est gentil de proposer, merci. » Elle regarda Lucius et lui offrit un sourire. Elle se demanda quel cadeau elle pourrait lui offrir. Et à son père ? Ses frères et sœurs ? Elle savait qu’ils étaient nombreux, sans connaître la composition exacte de leur famille. « Je crois qu’il y a un marché, à cette période-là. On pourrait y aller. » proposa-t-elle. Naturellement, la conversation dériva peu à peu sur les animations de Boraür à l’occasion des fêtes, sur ce que chacun souhaitait y faire, sur ce que d’autres lieux proposaient, sur ce qui avait été fait quelques années auparavant. Le fil de la discussion serpenta si bien qu’il finit par quitter le sujet initial. Du thé, du café et des petits gâteaux furent servis. Peu à peu, toutes les inquiétudes de Kiara se dissipèrent, chassées par les rires et la fumée des boissons chaudes. Elle était parfaitement convaincue que tout se déroulerait pour le mieux, à Basphel comme ailleurs. Personne n’oserait lui tenir des propos dégradants. Elle continuerait et réussirait ses études. Elle verrait Lucius souvent. Le bébé grandirait et naîtrait en excellente santé. Ils s’en occuperaient ensemble, avec l’aide de leurs familles. Ils feraient coïncider leur vie de nouveaux parents avec leur existence de jeune couple. Ils se connaîtraient de mieux en mieux, rencontreraient les amis qu’ils n’avaient pas en commun, passeraient du temps avec ceux qu’ils partageaient déjà, profiteraient aussi de leur intimité et sauraient se réserver des moments privilégiés.

Quand ils furent sur le moment de partir, et tandis que le père de Lucius s’adressait au sien sous l’œil avisé de sa mère, Kiara s’approcha du jeune Magicien. « Merci d’être venu. » Elle posa sur lui un regard sincèrement reconnaissant. Durant une fraction de seconde, elle hésita. Puis, elle franchit la distance qui les séparait et l’entoura de ses bras. L’étreinte fut brève et chaste ; pourtant, quand elle se détacha de lui, son souffle était court et ses joues rosies. Elle se sentait plus maladroite que jamais. Pour refouler sa gêne, un sourire émergea sur ses lèvres. « À bientôt. » lui dit-elle.

Fin nastae



Message IV – 758 mots

Vivement qu'elle lise le Conte et que Coline lui apprenne à s'affirmer un peu plus Fragments | Kaahl & Lucius 3142877440


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