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 [Quête] - Va me chercher...

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Dürdane Bēkara
~ Eversha ~ Niveau I ~

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◈ Parchemins usagés : 190
◈ YinYanisé(e) le : 09/01/2022
◈ Activité : Boulangère [Rang I]
Dürdane Bēkara
Sam 12 Nov 2022, 12:52

Partenaire : Solo [Dürdane Bēkara]
Objectif / Intrigue : Même si elle fait des cauchemars qui l’empêchent de dormir, Dürdane doit honorer sa promesse d'aider son père à la boulangerie.





– Cours ! Cours pour mon plaisir, petite chose !

Cette voix grinçante me glace les sangs. Elle est proche de moi... Bien trop proche. Je sens presque son souffle chaud sur ma nuque.

La panique m'envahit immédiatement, et sans me retourner, je me mets à courir tout droit. Au loin, résonne le ricanement de la chose qui n'attendait que ça pour me prendre en chasse.

Je ne sais pas où je suis.

Je ne sais pas où je vais.

Je suis dans une forêt ?

Il fait sombre. De grands arbres se dressent autour de moi. Je dois faire attention à éviter leurs branches basses et leurs racines affleurantes.

Oui, ce doit être une forêt.

Je slalome dans cet enchevêtrement de végétation et manque de tomber plusieurs fois. Je dois fuir, même si je n'ai pas vu la chose qui me poursuit. Seul cela compte.

Le paysage change autour de moi. Il s’étire et se déforme et je me retrouve soudain dans une longue galerie aux hautes fenêtres.

Aucune lumière n’éclaire la pièce, il y fait froid. C'est lugubre.

Le manoir est désert, pas un bruit ne vient troubler le lieu. Je n'entends que ma respiration haletante et mon cœur qui tambourine dans ma poitrine.

Soudain, les nuages noirs qui assombrissaient le ciel se désagrègent, laissant apparaître une pleine lune rouge sang qui inonde la pièce d'une teinte carmin de mauvais augure.

Je me déplace, aussi silencieusement que possible. Une latte de parquet grince furieusement sous mon pied. Le bruit résonne et se répercute dans toute la galerie.

La chose m'a sûrement entendue. Elle va retrouver ma trace. Elle va recommencer à me poursuivre !

Je me retourne précipitamment, la peur au ventre.

Rien.

Les ombres sont désertes. Aucun monstre ne fait irruption dans la pièce. Je peux souffler.

En reculant je percute un guéridon. Deux assiettes en porcelaine s’entrechoquent. L'une contient une part de kaymar, l'autre de baklawa.

Mon ventre s’éveille. Je prend la première assiette, celle avec mon dessert préféré. Il n'y a pas de cuillère. Je mange avec les doigts. Je m'en met partout sur les mains et autour de la bouche. C'est sucré. Ça colle. C'est bon.

Devant moi apparaît une masse informe grouillante, pleine de poils et de griffes. C'est une chimère ignoble à l'odeur immonde. Un haut-le-cœur me prend.

La chose m'a retrouvée...

L’espace d'un instant un craquement sec me vrille les tympans. L’assiette est tombée de mes mains et s'est brisée au sol. Les éclats de porcelaine m'entaillent le bas des jambes.
Je gémis, et, terrorisée, je me remets à courir.

Une porte se dresse devant moi. Des bruits de pas retentissent derrière moi. J'actionne précipitamment la poignée. La porte s'ouvre. Je la franchis. Je cours. Une nouvelle porte. Ouverte elle aussi. Puis une autre, et encore une autre, et encore une autre...

Ça ne s’arrête plus.

Je cours, je passe une porte.

Je cours, je passe une porte.

Toujours la même galerie, toujours le même guéridon, toujours la même part de baklawa. Je tourne en rond dans une boucle infinie.

Je cours, je passe une porte.

Je cours, je passe une porte.

Je cours, je... me cogne violemment contre la porte. Elle ne s'est pas ouverte.

Je tombe en arrière, sonnée. Du sang coule de mon nez, mon poignet fait un angle étrange. C'est douloureux.

Je n'ai pas le temps de m'attarder sur ces détails. Je me redresse et me retourne pour voir où en est la chose.

Je ne suis plus dans la galerie mais dans une pièce carrée, remplie de miroirs du sol au plafond.

Je me vois sous tous les angles. Tous me renvoient l'image d'une enfant apeurée, seule, désespérée.

Au loin une horloge sonne. Les coups, lourds, répétitifs, pénètrent dans mon cœur. Ils annoncent la Mort.

Les vibrations fissurent les miroirs. J'hoquette d'horreur. Mes nouveaux reflets ont l'air... différents.

Ici, j'ai les pupilles fendue. Là, ma silhouette est plus grande, plus massive. Et là, j'ai des griffes à la place des ongles. Ou alors ici, mes pieds sont remplacés par des sabots.

Je tourne sur moi même, encore et encore. Partout où je pose le regard une partie monstrueuse est présente.

Je respire avec difficulté. Je tourne de plus en plus vite. Je veux fuir ces visions d'horreurs.

Je suis cernée. Le monstre est avec moi. En moi.

Un long hurlement de loup se fait entendre. Je m’arrête. Les miroirs me montrent une gueule pleine de crocs.

Je touche mon visage.

Ça ne peut pas être moi le monstre.

Sous mes doigts je sens un museau allongé, des oreilles pointues et poilues. Je me vois toucher la tête d'un loup.

Non. Non, ça ne peut pas être moi.

Je regarde mes mains. Des pattes griffues.

Ça ne peut pas être moi.

Je regarde mes pieds. Des pattes griffues.

Ça ne peut pas être moi.

Je tombe à genoux en gémissant. Un long cri d'agonie. Un long hurlement bestial.

Je suis le monstre...

Post I – 825 mots
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Dürdane Bēkara
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Dürdane Bēkara
Dim 19 Fév 2023, 23:56



Dürdane se réveilla lorsque son corps heurta avec rudesse le sol en bas de son lit. Elle s’était tellement tournée et retournée dans son lit pendant la nuit qu'elle avait fini par en tomber. La jeune fille, emmêlée dans ses draps, haletait tandis que des flashs de son dernier cauchemar l'assaillaient. Avait-elle réellement hurler ? Elle se passa difficilement une main sur le visage pour en éponger la sueur et fut rassurée de constater qu'aucun museau ne le déformait.
A'zar, qu'est-ce que je t'ai fait pour mériter des nuits aussi tourmentées ? se lamenta Dürdane en tentant de calmer sa respiration.
Quand au bout de plusieurs minutes elle n'entendit aucun bruit dans la maisonnée, la jeune fille se dit qu'au moins elle n'avait pas réveillé son père, c’était déjà une victoire en soi.
Qu'il y en ai au moins un dans cette famille qui arrive à bien dormir ! se réconforta l'adolescente en s'extirpant tant bien que mal de sa prison de tissu.
Ses jambes flageolantes ne lui permirent pas d'aller bien loin, alors elle s'affala sur son lit tout en se promettant de faire une offrande à Harabella dans les prochains jours pour tenter de contrer les effets négatifs de l'Æther des Cauchemars.
Aucun rayon de soleil ne filtrait par les volets entrebâillés de sa chambre pourtant Dürdane n'avait aucune envie de se rendormir. Il lui arrivait que ses cauchemars soient filés tout au long de la nuit, elle ne voulait donc pas prendre le risque de retourner dans celui-ci. Elle patienta alors dans son lit que le jour se lève en tentant d'occuper son esprit par diverses leçons apprises à l'Askeri.


– Bien dormi ma Petite Perle ? demanda Müjdat quelques heures plus tard en lui servant une assiette de tibouâjajin [crêpes mille trous] et un thé à la menthe fumant pour le petit déjeuner.
Dürdane contempla son père d'un regard éteint sans répondre. Elle se doutait que son apparence la trahissait suffisamment avec ses cernes et ses yeux rougis de fatigue.
– Je comprends ce que c'est de mal dormir et de faire des cauchemars, ma petite chérie, enchaîna Müjdat, mais il ne faut pas te laisser abattre, ce n'est pas ce qui te définit dans la vie.
Dürdane, interloquée, s'engouffra dans la brèche ainsi créée par son père :
– Toi, tu as des problèmes de sommeil ? Pourtant dès que je suis à la maison je t'entends ronfler comme un sonneur toute la nuit !
– C'est vrai, maintenant ça va mieux, sourit Müjdat face à la pique de sa fille, pourtant, j'ai eu une période difficile dans ma vie avant ta venue ici. (La curiosité de Dürdane s’éveilla et tous ses sens se mirent en alerte, prêt à en apprendre plus sur cette partie si secrète de la vie de son père.) Et même un peu après, aussi.
– Pourquoi ? demanda la jeune fille tandis qu'il s’était tut.
Müjdat ne répondit pas tout de suite, il semblait perdu dans ses souvenirs.
– Pendant quasiment toute une année après ton arrivée j'ai eu peur qu'on t'arrache à moi d'une quelconque façon. J'en ai fait de nombreux cauchemars, finit-il par murmurer, mais les mois passant et cela n'arrivant pas, je me suis peu à peu détendu et mes angoisses se sont envolées.
– S'il-te-plaît, raconte moi comment tu m'as trouvé, demanda Dürdane à voix basse, consciente de l'instant éphémère où son père était prêt à se livrer.
La jeune fille savait qu'elle avait été adoptée par Müjdat – il ne lui avait jamais caché – mais elle n'avait jamais eu plus d'informations sur cette période de sa vie dont elle ne se souvenait pas.
– C’était il y a treize ans à peu près, je voyageais seul dans les Montagnes des Edelweiss enneigées. Il faisait froid. Une tempête de neige venait de me surprendre alors que j’empruntais le chemin balisé, je ne voyais plus à trois pas devant moi. Je connaissais l'endroit, pourtant, je l'avait déjà traversé maintes fois. J'aurai dû reconnaître les signes avant coureur de la tempête et m’arrêter au précédent abris mais je ne sais pas ce qui m'a poussé cette fois-ci à continuer ma route. Peut-être le destin, ou alors de l’inconscience, je ne saurai dire... Toujours est-il que perdu dans ce déchaînement neigeux mes pas ont déviés et je me suis retrouvé très loin du sentier. C'est là que je t'ai trouvée, un bébé à moitié mort de froid tout comme moi. Il n'y avait malheureusement plus rien à faire pour tes compagnons de route alors je n'ai pas hésité, je t'ai emmitouflée comme je pouvais dans mes propres vêtements et on a continué à marcher jusqu'à ce que la tempête se calme. J'ai ensuite pu me réorienter pour nous trouver un des abris qui parsèment l’itinéraire jalonné pour la traversée de ces montagnes. C'est là que, nourrie et réchauffée, tes grands yeux verts ont captés mon regard et j'ai fondu instantanément. Je n'ai pas eu le cœur à te laisser aux bons soins d'inconnus je t'ai donc emmené avec moi et j'ai fait les démarches administratives pour t'adopter officiellement à Qaixopia. Il était temps que je raccroche mes guêtres et que j'arpente un nouveau chemin de vie. (Müjdat fit une pause dans son récit avant de reprendre d'une voix triste et les yeux perdus dans le vide.) Mon seul regret néanmoins a été de ne pas avoir pu offrir une sépulture décente à ce groupe d'Humains. Je ne sais pas ce qui les a poussé à arpenter les routes avec un bébé d'à peine un an mais leurs âmes ne méritaient tout de même pas d’être ainsi privée de leur repos... Je prie tous les jours Ezechyel pour qu'il me pardonne d'avoir privilégié ta vie au voyage des morts.
Dürdane, émue par la sincérité de Müjdat, posa sa petite main sur la sienne et lui chuchota un merci empreint de tout l'amour qu'elle pouvait y mettre. Elle était tellement reconnaissante envers son père.
– Merci d'avoir redonné un sens à ma vie, chuchota l'homme sur le même ton que sa fille, les yeux brillants d'émotion.
Cet instant fugace passa et Müjdat reprit d'un ton plus bourru, comme pour évacuer son trouble :
– Bon, ce n'est pas le tout, mais ton apprentissage en boulangerie ne va pas se faire tout seul !

Post II – 1050 mots
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Dürdane Bēkara
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Dürdane Bēkara
Mer 01 Mar 2023, 00:14


Le père et la fille se rendirent dans l’arrière boutique de la boulangerie. Cela faisait quelques mois que Dürdane regardait de façon assidue et active son père travailler. Elle avait toujours su qu'elle prendrait la suite de Müjdat lorsqu'il serait trop vieux pour ce métier et elle ne se voyait pas faire autre chose. C'est pourquoi la jeune fille ne rechignait pas à dépenser le peu d’énergie qu'elle avait en ce moment dans son apprentissage.
– Tiens, aujourd'hui, si tu le veux bien, je vais te mettre à contribution, annonça gaiement Müjdat.
Dürdane, assise dans son coin habituel d'observation, se redressa, à l’écoute. Elle était déjà prête à acquiescer avant même de connaître sa mission, mais si son père l'en estimait capable alors elle ferait de son mieux pour ne pas le décevoir.
– Je te propose quelque chose de simple, reprit Müjdat, aller me chercher des œufs chez Srīmatī [Madame] Demir dans le quartier du Safran puis de la farine chez le Meunier Çetin.
En effet, ce n'est pas une tâche compliquée, je peux le faire ! s'encouragea Dürdane tout en donnant son accord à son père.
Elle avait déjà accompagnée Müjdat plusieurs fois chez le Meunier Çetin puisqu'il s'agissait de leur fournisseur officiel, cependant, elle ne connaissait pas Srīmatī Demir. Lorsqu'elle s'en ouvrit à son père, il lui répondit qu'il s'agissait d'une vieille connaissance qui commençait un élevage de poule et qu'il avait donc à cœur de l'aider dans cette démarche.
– Tu lui échangeras ces trois khobz [pain rond] contre tous les œufs qu'elle sera en mesure de te donner. Tiens, prend ce panier. Et pour le meunier, ne t'en fait pas pour le paiement, j'ai déjà vu avec lui.
Dürdane partie donc en quête du premier ingrédient avec le plan succin que son père lui avait dessiné rapidement sur un bout de papier.
Qu'est ce qu'il a voulu dire ? C'est bien Rue de la Chèvre dormante ? se demanda la jeune fille en tournant son plan dans tous les sens. Où alors rue de la Chèvre dansante ?
– Pourquoi donner des noms aussi proches à des rues perpendiculaires ! râla Dürdane qui maudissait à la fois l'odonymie et la mauvaise graphie de son père.
Elle se décida pour une des deux rues, en espérant que ce soit la bonne. Néanmoins, après vingt longues minutes de marche, l'adolescente dut se rendre à l’évidence, elle était complètement perdue et le plan incomplet de son père ne lui était plus d'aucune utilité. C'est désespérée et les jambes fatiguées qu'elle se posa sur un des nombreux banc de la ville en se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir faire. Elle ne voulait pas rentrer bredouille, si toutefois elle parvenait à retrouver le chemin de la maison. C'est alors que son regard accrocha quelque chose dans une anfractuosité au pied d'un mur. Intriguée, Dürdane se pencha et gratta un peu le sable charrié par le vent du désert, mettant ainsi à jour une vingtaine d’œufs oblongs.
Les Ætheri me sourient enfin ! se réjouit-elle en en attrapant un.
Il était doux et souple au touché et l'adolescente se dit qu'il ferait parfaitement l'affaire pour remplacer les œufs de Srīmatī Demir. Pour apaiser sa conscience,  Dürdane se dit qu'elle pourrait toujours livrer les pains à la connaissance de son père plus tard, lorsque ce dernier lui aurait fourni une carte valable avec de meilleurs points de repères. L'adolescente se saisit donc de tous les œufs qu'elle déposa bien soigneusement dans son panier et reprit sa marche en essayant de retrouver les rues par lesquelles elle était déjà passée.


– Tu as mis beaucoup de temps, tout s'est bien passé, ma Perle ? demanda Müjdat lorsque Dürdane franchit le seuil de la cuisine.
– C’était un peu plus compliqué que prévu... minimisa la jeune fille en posant le panier sur un des plans de travail.
Elle s’apprêtait à repartir pour accomplir sa seconde tâche lorsque plusieurs petits craquements se firent entendre en provenance du panier. Dürdane aperçut une étincelle d’inquiétude dans les yeux de son père lorsque celui-ci délaissa la pâte qu'il était en train de pétrir pour se pencher sur le contenu du panier.
– Ma Chérie, ça, ce sont des œufs de serpents ! s'exclama-t-il avec vigueur en reculant d'un bond. Et pas n'importe quel serpent !
Dürdane eut du mal à saisir la situation et voulu vérifier par elle même ce qu'il se passait dans le panier. Elle découvrit alors plusieurs petites têtes triangulaires qui foraient leurs coquilles pour en sortir. Son père l'attrapa sans ménagement par le bras et la tira à son tour en arrière.
– Ne t'approche pas ! Les vipères à cornes sont extrêmement dangereuses et elles sont venimeuses dès la naissance...
Müjdat était en train de s'agiter dans tous les sens à la recherche d'un tissus quelconque qu'il lança sur le panier dès qu'il en eu trouvé un. Puis en prenant une grande inspiration il attrapa la anse et quitta la cuisine en courant. Dürdane, toujours un peu sonnée par ce qu'il se passait autour d'elle, le suivit de loin. Elle le vit alors toquer avec virulence chez un de leurs voisins.
– Voilà, voilà, j'arrive. Doucement avec la porte ! bougonna le dit voisin en ouvrant.
Müjdat ne lui laissa pas le temps de s’étonner de sa visite qu'il lui fourrait déjà le panier empoisonné dans les mains.
– Tu étudies toujours les serpents, n'est-ce pas ? Eh bien, en voici une pleine fournée, amuse-toi bien avec eux ! déclara le père de Dürdane en tournant les talons.
– Dis donc, ma petite Dane, ce n'est pas gentil de faire des frayeurs comme ça à ton vieux père ! déclara Müjdat en ébouriffant les cheveux de sa fille une fois revenu vers elle.
Sous les airs décontractés qu'il arborait, Dürdane se rendit compte que son père avait la main qui tremblait et elle se renfrogna à cette constatation.

Post III – 983 mots
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Dürdane Bēkara
Mar 28 Mar 2023, 00:28


– Ne te morfond pas ma Chérie, ça arrive à tout le monde de faire des erreurs, tu t'en sortiras mieux sur ta prochaine tâche, j'en suis sûr ! reprit Müjdat lorsque le père et la fille furent revenus dans leur boulangerie. Prend la charrette pour aller chercher la farine pendant que moi je m'occupe des œufs.
Dürdane se balançait d'un pied sur l'autre, son regard obstinément tourné vers le sol. Elle avait honte d'avoir failli à sa mission, pourtant simple. Elle n'aurait peut-être pas dû abandonner si facilement et ainsi céder à la facilité...
– J'ai confiance en toi ma Petite Perle ! l'encouragea son père en quittant la cuisine, un panier et trois nouveaux khobz – prélevés directement dans la réserve – sous le bras.
La jeune fille resta planté là pendant encore quelque minutes avant de finalement se secouer mentalement :
Allez, tu n’échoueras pas cette fois-ci ! En plus, tu connais le chemin et ce n'est pas loin.
En effet, le Meunier Çetin, habitait à à peine deux pâtés de maisons de la boulangerie et bien que la charrette s’avéra plus pénible à tirer que ce qu'avait envisagé Dürdane, le trajet se fit en peu de temps. L'adolescente s’aperçut alors que le moulin était en plein travaux. Elle réussit tout de même – après une première tentative infructueuse – à élever suffisamment la voix pour apostropher le Meunier qui s'agitait en tout sens.
– Oui, oui, prends tes sacs à l'entrée et dégage de mes pattes ! la rabroua-t-il en ne prenant même pas le temps de s’arrêter.
Dürdane se renferma instantanément sur elle-même et la tête basse, se mordit la joue pour ne pas laisser ses émotions la submerger. Elle avait déjà du mal à aborder les gens alors pourquoi fallait-il qu'ils lui compliquent la vie en étant aussi agressif envers elle ? se demanda-t-elle en sortant de l’échoppe.
Dans le même temps, elle avisa plusieurs sacs entassés près de la porte d'entrée. La jeune fille, qui souhaitait déguerpir au plus vite de cet endroit de malheur, ne prit pas le temps d'examiner plus en détail la cour, elle approcha alors la charrette et se saisit d'un sac. Une fulgurante douleur traversa subitement tout son corps car elle avait sous-estimé le poids que représentait plusieurs kilos de farine. Elle dut prendre quelques minutes pour s'en remettre en bougeant avec douceur chacune de ses articulations puis elle se prépara à retenter l’expérience. Elle plia les genoux, garda le dos le plus droit possible et banda tous ses muscles pour attraper le sac... qui ne bougea que de quelques centimètres. Dépité, Dürdane le contempla pendant que de la sueur ruisselait sur son front.
N'abandonne pas ! s'admonesta la jeune fille en réessayant une fois de plus.
Elle le prit cette fois-ci à bras le corps mais dut le relâcher aussitôt car le poids venait de l’entraîner vers l'avant, la faisant tituber. Accaparée par ses efforts, Dürdane ne remarqua pas qu'un des fils Çetin s’était approché d'elle.
– Qu'est-ce que tu fais avec ce sac de chaux, petite ? lui demanda-t-il intrigué. T'as besoin d'aide ?
– De la... chaux ? marmonna Dürdane, les yeux rivés au sol, tout en essayant de reprendre contenance après son sursaut involontaire.
– Oh, mais je te reconnais, tu es la fille Bēkara ! enchaîna le jeune homme comme s'il n'avait pas entendu l'intervention de Dürdane. (Cette dernière acquiesça, mal à l'aise.) Un conseil : surtout ne met pas ça dans tes pâtisseries, ça ferait un drôle d'effet à tes clients, crois-moi ! Viens, ta commande de farine est par là.
À quelques pas seulement, de l'autre côté de la porte, deux gros sacs en toile attendaient. Dürdane eut un pincement d’appréhension en constatant qu'ils avait l'air aussi volumineux que les sacs de chaux et elle se demanda comment elle allait bien pouvoir les mettre dans sa charrette sans pour autant se ridiculiser devant l'apprenti. Ce dernier – qui devait bien faire une tête et demie de plus que la jeune fille – lui évita cet embarras en les plaçant lui même dans la carriole d'un geste sûr, comme s'ils n'avaient pratiquement rien pesés. Dürdane en fut véritablement impressionnée. Elle se demanda aussitôt si elle-même serait un jour capable d'une telle prouesse, avant de secouer la tête pour en chasser cette idée saugrenu. Avec son corps courtaud et faiblard, aucune chance !
– Amazir, ramène-toi ! hurla soudain le Meunier Çetin à l’intérieur du moulin.
– Je crois que mon père à besoin de moi pour le mélange de chaux. À bientôt Bēkara, sourit poliment le jeune homme en tournant les talons.
Dürdane, à peine sortie de sa rêverie, n'eut le temps ni de remercier, ni de saluer l'apprenti, alors par réflexe elle fit un bref signe de la main, bien qu'il ne pût la voir.
Je suis ridicule, se lamenta l'adolescente en reprenant sa charrette.
Elle distingua à ce moment-là le jeune homme se faire rabrouer par son père parce qu'il n’était pas arrivé assez vite à son goût.
Mais j'ai un père bien plus encourageant, moi, compléta-t-elle sa pensée.
Le trajet de retour, chargé de deux énormes sacs de farine, fut bien plus laborieux encore que l'aller et Dürdane ne tarda pas à transpirer à grosses gouttes et à ahaner.
– Te voilà ! Et tu as réussi à tout ramener, la félicita Müjdat lorsque Dürdane arriva enfin à destination. Je suis fière de toi ma fille !
Dürdane n'eut même pas la force de lui demander s'il avait couru dans les rues de Qaixopia pour être déjà là avant elle. Elle attrapa avec gratitude l'outre d'eau qu'il lui tendait et s'affala par terre. Elle prendrait le temps de savourer sa petite victoire plus tard !

Post IV – 956 mots
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