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 [Q] L'âne

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Sam 05 Déc 2020, 22:30


Objectif : Alekto a de grandes ambitions mais n'a jamais reçu une bonne éducation sorcière comme il se devrait. Elle décide de se prendre en main et fait ses premiers pas à l'école. A son âge, cependant, ceux qu'elle rencontrera lui mèneront la vie dure...

C'était pas prévu mais puisqu'on y est, ce rp traine du harcèlement scolaire. Si vous en êtes victime ce n'est pas normal et n'hésitez pas à en parler <3 (et même du harcèlement tout court en fait) /sbaff

Alekto
L'âne
« … et c’est ainsi que la Prison fut presque engloutie par l’odieuse Vanille. Presque. »

Ses yeux captivés par les mots qui se formaient sur le parchemin, sa langue s’échappant discrètement de sa bouche, Alekto était si penchée sur sa feuille qu’elle était carrément affalée sur son pupitre. De son écriture maladroite, elle retranscrivait mot pour mot les propos du professeur. Quelques ratures souillaient sa prise de notes. A d’autres endroits l’encre avait bavé au passage de sa main ou d’une manche. La première était effectivement sale. Heureusement, la seconde était aussi noire que l’encre qu’elle utilisait, alors les dégâts, certainement désastreux et irréparables, ne se voyaient pas.

-Mademoiselle Selvius. Tenez-vous bien s’il-vous-plait. Je ne le répèterai pas.

Reconnectant avec la réalité, Alekto prit conscience de sa position et obtempéra, marmonnant un « pardon » étourdi et à peine audible. A la remarque, ses camarades de classes s’étaient tournés vers elle comme un seul homme pour la dévisager, tantôt avec mépris, tantôt avec moquerie. Elle avait à peine fait attention. Avec le temps, elle commençait à avoir l’habitude. Déjà à la rentrée, quelques semaines plus tôt, personne n’avait voulu s’assoir à côté d’elle pour la simple et bonne raison que, puisqu’elle était à la fois écolière, adulte et toute grise, c’était une grosse bizarre destinée à devenir la risée de l’établissement, voire même du peuple entier. Pour le moment, les pronostics des enfants n’étaient pas si mauvais. Quand on était entouré de gosses plus intelligents que soit alors qu’ils n’avaient que douze ans tout au plus, là où elle semblait avoir plus de deux fois leur âge, il y avait de quoi se poser des questions. En bonne rejetée, elle avait été exclue dans toutes les dimensions possibles de la camaraderie par les autres élèves, la laissant ainsi seule à son bureau d’écolière – au passage moyennement adapté à sa taille – normalement conçu pour deux, au milieu de la colonne adjacente aux fenêtres. Elle était au moins contente d’avoir obtenu ce graal : la fenêtre, ou la place parfaite pour combler soif de connaissances et ennui à la fois, malgré les courants d’air froids qui y circulaient. Alors qu’elle regardait bêtement son professeur, comme pour lui transmettre qu’à partir de maintenant, il n’aurait plus à la rappeler à l’ordre, elle se souvînt avoir oublié un détail important dans sa prise de notes.

« NB : se méfier des rousses. »

-Parfois, je me demande où vous avez grandi, Selvius. Non, à chaque minute qui passe en fait. Il y aurait pu avoir des rires, mais l’enseignant était trop craint pour que cela arrive. Bon, reprenons.

Se retournant vers son tableau noir, le professeur brandit sa craie, réimposant le frottement caractéristique de l’objet contre l’ardoise, accompagné de sa voix grave et sèche qui portait dans toute la pièce. C’était l’un des enseignants les moins pédagogues de l’école. Il ne faisait jamais participer ses élèves durant le cours, jugeant probablement leurs interventions peu éloquentes et d’une perte de temps sans nom, alors qu’il avait un programme à respecter et que lui seul possédait la véritable connaissance. D’ailleurs, l’homme ne manquait jamais une occasion de rabaisser ses élèves, prenant un plaisir malsain à pousser le bouchon le plus loin possible pour les voir lutter contre les larmes. Pourtant, cela n’empêchait par Alekto de boire la moindre de ses paroles.

Tandis qu’il expliquait les mesures d’aménagement qui avaient été prises suite à la catastrophe, la Sorcière s’appliquait à dessiner un visage tordu avec des cheveux emmêlés supposés représenter la reine des Ondins. Sa représentation trop petite finit rapidement par former une flaque noire et épaisse qui se diffusa doucement dans le papier, souillant davantage sa feuille. Instinctivement, elle voulut se débarrasser du surplus en l’absorbant avec sa manche, mais se ravisa pour ne pas empirer la chose en rajoutant des bavures, préférant laisser la feuille faire son travail. Les yeux rivés sur le professeur, la Disciple Noire écoutait la suite du cours d’histoire. Puisqu’elle avait été rappelée à l’ordre mais qu’elle restait assidue, elle ne faisait que baisser légèrement le menton pour pouvoir apercevoir sa feuille et y prendre des notes. C’était particulièrement inconfortable. Son dos droit et ses épaules déployées vers l’arrière n’allaient pas tarder à la remercier par quelques crampes. Son cou finirait douloureux par l’effort qu’était de baisser les yeux mais pas trop sinon elle finirait avec un double menton, ce qui n’était pas très élégant. Alekto avait appris toutes ces subtilités dans un cours de bonnes manières, plusieurs mois auparavant. De ces heures d’un labeur éprouvant avait résulté une maitrise maladroite, mais surtout éphémère des attitudes à prendre en société en fonction des circonstances. Si Alekto y mettait du sien, la fatigue la faisait progressivement lâcher et, sans même s’en rendre compte, elle finissait disgracieuse, voûtée et impolie. C’était le genre de choses que l’on pardonnait assez aisément à un enfant. Mais puisqu’elle était bien plus âgée, la tolérance n’en était que plus basse.

Bientôt, le professeur déposa sa craie dans la gouttière métallique prévue à cet effet. Le bruit raviva l’attention de tous les élèves.

-Le cours est terminé. Vous pouvez partir en pause. Mise à part vous, Mademoiselle Selvius. J’aurais à vous parler.

A nouveaux, des regards puis des rires étouffés lui furent adressés tandis que les élèves rangeaient leurs affaires dans leurs sacs avant de quitter la salle de classe en vitesse. N’ayant d’autre choix que de rester, Alekto prenait son temps, ignorant les moqueries qui lui étaient destinées. Rapidement, ils ne furent plus que deux. Le silence retomba, lourd, alors que les éclats de voix dans les couloirs s’éloignaient. Les mains dans les poches de son pantalon, le professeur adopta une posture supérieure. Il était antipathique, mais excessivement élégant. Ses lunettes rondes lui donnaient franchement un quelque chose en plus et s’il avait été un peu plus jeune, peut-être qu’Alekto se serait laissée tentée. Mais là, elle était encore trop intimidée. Les épaules légèrement relevées, elle osait à peine le regarder dans les yeux.

-Il va sans dire que depuis que vous êtes ici, vous vous faites régulièrement remarquer.

Il ne parlait pas spécialement de son comportement – quoique si, puisqu’elle n’était pas plus mature que les autres enfants – mais surtout de son âge.

-Je crois que, pour le confort de tous, il serait préférable que vous intégriez une autre classe plus adaptée à votre niveau, ne pensez-vous pas ?

Alekto haussa les sourcils. Ce n’était pas une bonne manière, mais la proposition était tellement incongrue à ses yeux qu’elle ne savait pas quoi dire.

-Pourquoi ?

-Allons, Mademoiselle Selvius, ne paraissez pas plus idiote que ce que vous êtes déjà. Vous êtes une adulte et vous partagez la classe d’enfants d’une dizaine d’années. Puisqu’elle cligna des yeux, ne voyant visiblement pas où était le problème, il prit une inspiration et continua. Votre situation est atypique et exceptionnelle, j’espère que vous en êtes consciente. Vos camarades le sont, en tous cas – et heureusement ou bien je commencerais à me poser de sérieuses questions. Votre présence les perturbe grandement.

Elle ne voyait pas ce que ça pouvait lui faire. Si les autres cessaient de la prendre en considération et de vouloir se moquer d’elle à tout bout de champ, peut-être ne seraient-ils pas aussi perturbés. Ils ne tenaient qu’à eux de faire cet effort qui n’était pas plus difficile que le sien d’ignorer leurs jugements à son égard.

-Cela les détourne de ce qui importe le plus : leurs études. Il avait insisté sur « leurs », l’excluant du groupe d’élèves. Elle était une cause perdue selon lui, en plus d’être la cause du problème. Voulez-vous vraiment leur faire manquer des opportunités pour le profit seulement éventuel de votre misérable personne ?

Elle ne comprenait toujours pas. Elle se fichait pas mal de l’avenir des autres, elle était trop « en retard » par rapport à eux pour s’en soucier plus que du sien.

-Il se trouve que notre généreux établissement a depuis peu ouvert une nouvelle classe pour les personnes telles que vous. Vous y trouverez des comparses du même âge que vous et je suis certain que vous vous y plairez mieux. Vous vous ferez des amis. Cela se verra probablement sur vos performances de travail, croyez-moi. Les moutons noirs – ou les ânes si vous préférez – préfèrent être entre eux qu’avec les blancs – ou les chevaux – c’est bien connu.

La Sorcière resta de marbre. Après un temps de compréhension, plus long que la moyenne, elle fronça les sourcils.

-Vous voulez que j’intègre une classe spéciale avec des gens de mon âge ?

Il n’avait qu’à le dire tout de suite si elle n’était qu’une attardée, plutôt que d’avoir recours à des formules de phrase compliquées. Cela l’irrita.

-Précisément. Répondit-il, se retenant de faire une énième remarque acerbe sur sa perspicacité.

-Et si je refuse ?

Elle n’avait aucune envie d’y aller. Elle considérait les autres, supposément comme elle, comme des débiles incapables de formuler des phrases complètes. Elle ne se voyait pas comme eux, paradoxalement. Peut-être parce que sa vie n’avait pas été aussi longue que ce qu’il semblait.

-Rien ne vous y empêche, dit-il, ennuyé, mais ça ne sera à l’avantage de personne et vous aurez une réputation toujours plus détestable. Ni vous ni vos camarades ne seront dans de bonnes conditions de travail. Cela pourrait vous coûter cher, même si je ne me fais, de base, pas trop d’illusions quant à votre avenir.

Elle ne voulait pas quitter sa classe. Personne ne l’y appréciait, mais elle, elle s’y était tout de même attachée. Et puis, elle ne voulait pas être mise à part pour « arranger ses collègues ». Elle n’était pas l’une de ces Magiciennes qui voulaient le bonheur de tout le monde. Alekto se fichait pas mal de la réussite de ces enfants pourri-gâtés dédaigneux. S’ils voulaient réussir, ils n’avaient qu’à être intelligents. De son côté, elle voulait leur prouver qu’elle n’était pas aussi stupide qu’on ne semblait le croire et elle voulait que tous le voient. Alekto se considérait comme plutôt sympathique et détendue à bien des égards, mais là elle n’avait aucunement envie de se laisser marcher sur les pieds. Sinon, on allait encore plus se moquer d’elle. Décidée, la Sorcière ferma son sac et le passa derrière son épaule.

-Je reste ici.

-Je vous le répète, cela pourrait vous causer des ennuis. Les parents d’élèves pourraient s’en mêler également si cela va trop loin. Et je serai d’accord avec eux.

-Je reste ici. Répéta-t-elle pour mettre fin à la discussion.

Ses yeux s’agrandirent en réalisant que ses paroles avaient peut-être été trop rudes vis-à-vis du professeur. Celui-ci ne parut pas en faire plus d’usage, se pinçant simplement les lèvres avec agacement là où il aurait aisément pu lui coller quelques heures de retenue.

-Bien, je vous aurais prévenu. Vous pouvez y aller dans ce cas.

A grands pas, Alekto disparut le plus vite possible.


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Sam 05 Déc 2020, 22:54

Alekto
L'âne
C’était l’heure de la pause du matin. Les élèves s’étaient rassemblés soit dans la cour, soit dans le hall d’entrée. Quelques-uns trainaient encore dans les couloirs ou fouillaient dans leur casier à la recherche d’un livre, d’un cahier ou parfois de bonbons qu’ils vendaient discrètement à leurs camarades contre un peu d’argent. La pratique était interdite, mais les élèves faisaient preuve d’une grande inventivité pour faire passer leurs produits en douce. Alekto, elle, marchait juste. Elle savait parfaitement où aller. A vrai dire, les propos de son professeur la turlupinaient. Était-elle si dérangeante que cela ? Il était vrai que son inscription ici n’avait pas été très facile. Il avait fallu justifier de son âge et de son besoin de cette formation de base, sans pour autant avoir de parents auxquels de référer, que ce soit pour le suivi de l’apprentissage ou les frais d’inscription. Elle avait dû insister pour qu’on l’accepte finalement dans une classe et avait trouvé quelques petits boulots à faire en ville pour gagner son pain, ne lui laissant plus beaucoup de temps pour elle-même. Tout ça pour qu’au final, on ne la définisse que de « dérangeante ». Ce n’était pas vexant, c’était désespérant de constater qu’aucun ne pouvait imaginer tous les efforts qu’elle mettait en place pour réussir et justement, trouver sa place. Avait-elle tort d’être ici ? Non, il ne lui semblait pas. Autrement, que ferait-elle ? Avait-elle tort d’être solitaire ? Elle avait déjà tenté de se faire des amis sans y parvenir et avait découvert que la plupart d’entre eux étaient méchants. C’était pour ça qu’elle avait choisi cette voie. Peut-être n’était-ce pas la plus agréable, mais c’était à son avis la plus simple pour parvenir à ses fins. C’était dommage, elle le savait, mais c’était comme ça. Elle réfléchit. A moins qu’elle n’ait pas suffisamment essayé ? Et si leur dédain et leur supériorité n’étaient qu’une façade et qu’en réalité ils pouvaient devenir ses meilleurs alliés ? Mais comment pouvait-elle savoir lorsqu’elle aurait suffisamment essayé ? Elle n’en savait rien. Elle songea que pour avoir leur cœur net sur sa situation, elle devait réitérer l’expérience. Analyser ce qu’il se passerait.

-Hé, la grise ! Tu pourrais faire attention quand-même. Regarde devant toi. Déclara un élève en la bousculant d’un coup d’épaule.

La grise, c’était le surnom dont elle avait hérité. Ça ne l’avait pas surprise, ce n’était pas la première fois qu’on l’appelait ainsi. Elle l’appréciait moyennement, car on l’utilisait trop souvent pour marquer davantage sa différence tout en sous-entendant qu’elle était laide, sa caractéristique principale après son âge avancé et sa profonde stupidité. C’était terriblement faux. La Sorcière était loin d’être stupide. Les autres ne voulaient juste pas l’admettre, mais ça, c’était leur problème. Elle avait hâte de les foutre sur le cul en leur prouvant le contraire, tous autant qu’ils étaient, cette bande de gamins à leurs parents méprisables et dont la condescendance était si pestilentielle que cela lui donnait envie de vomir. Raclures. Ceux avec qui elle devait devenir amie.

-Salut Tugdual. Bonne journée à toi, Tugdual. Lança-t-elle amicalement au fauteur de trouble.

Il fallait vraiment être frappé pour donner un nom pareil à son enfant. C’était bien fait pour lui. Ce type était un abruti de première dont la passion était, tout comme son professeur d’histoire, de rabaisser autrui au ras du sol pour gonfler son égo démesuré. C’était lui le pire en termes de harcèlement, mais également celui avec lequel elle avait compris que moins on montrait qu’on avait mal, plus on était tranquille. Continuant sa traversée du couloir, Alekto se dirigea finalement vers un groupe de filles.

Liliana et ses copines – respectivement Cornélia, Tatiana, Olivia et Cécilia – étaient les plus populaires de l’école. Assurément le genre de pestes qu’il ne fallait mieux pas fréquenter pour des raisons évidentes : elles étaient hautaines et détestables. Tout le monde les haïssait sans vraiment l’avouer, car quelque part, elles étaient cool et on les craignait pour leur pouvoir d’influence redoutable pouvant réduire n’importe quelle réputation à néant. On les appelait parfois les Mégères ou les Persécutrices mais elles-mêmes s’appelaient humblement les Sœurs. L’on disait qu’elles pouvaient avoir les pires comportements du monde que jamais elles ne seraient punies, car le professeur qui aurait le culot de faire ça en paierait le prix d’une manière ou d’une autre. Si certains ne se contentaient que d’évoquer l’incroyable influence de leurs parents que l’on caractérisait d’incroyablement riches, comme un facteur de non-punition, d’autres racontaient les plans machiavéliques qu’elles avaient monté ensemble les années précédentes pour arriver à leurs fins. Alekto ne connaissait pas l’intitulé de ces soi-disant plans, et elle n’avait jamais vu les filles à l’œuvre. Comme elle avait appris à ne pas croire tout ce qu’on pouvait lui dire – chose qui aurait pu lui éviter de risquer sa vie en s’aventurant à Taelora en pensant avoir contracté la Narcirra, par exemple – elle considérait que cela n’était qu’une rumeur infondée créée par quelques rageux pour avoir une raison de rager sur elles.

La raison pour laquelle Alekto s’approchait d’elles était qu’elle ne faisait pas la différence entre la détestabilité de ce groupe et celle des autres. Selon elle, ils étaient tous pareils, à la différence près que pour celui-ci l’aspect « cool » était mis en avant, ce qui rendait la vitrine attrayante. En plus, elles étaient dans la même classe, ce qui leur faisait un point commun pour bien démarrer une relation amicale.

Inséparables, les cinq pestes étaient toujours voisines en classe et lorsqu’un enseignant les forçait à changer de place, elles protestaient un peu, puis soufflaient nonchalamment avant d’obtempérer, se déplaçant la tête haute, les cheveux bien en place derrière leurs épaules et en claquant des talons pour marquer leur mécontentement en toute dignité. Dès lors qu’elles quittaient la salle, elles se rassemblaient toutes en une position quasi-militaire. Alekto avait décelé quatre principaux types de formation : la classique formation tortue, dont le principe était de former un cercle statique et impénétrable pour raconter les derniers ragots, critiquer la terre entière sans le moindre remords et glousser comme des dindes à l’abri des assauts extérieurs au cercle ; la formation éventail, qui comme son nom l’indique, correspondait à l’arc de cercle qu’elles créaient lorsqu’il s’agissait de gérer une altercation, entourant ainsi leur proie pour l’intimider et la clasher plus facilement ; la formation murale, qui consistait à marcher côte-à-côte comme pour former une muraille infranchissable qui prenait les trois quarts du couloir, servant à se faire remarquer et à intimider l’ennemi ; la formation oies sauvages, en pointe de triangle, qui permettait de circuler plus aisément dans les couloirs grâce à sa forme ergonomique tout en mettant en avant leur cheffe, seule à l’avant, secondée par ses redoutables fidèles. L’avantage d’être au nombre de cinq, c’était que ce n’était ni trop, ni pas assez et que Liliana se retrouvait toujours au centre, respectant ainsi une parfaite symétrie dans le groupe.

-Salut les filles.

Alekto s’avança vers la bande, qu’elle reconnut comme étant dans en formation tortue, sans qu’aucune d’entre elles ne la remarque vraiment. Même une fois arrivée à leur niveau, leur cercle ne s’ouvrit pas pour lui laisser une place. Pas la moindre petite brèche pour signifier qu’elles l’avaient vue. Rien. Elle était invisible malgré le fait qu’elle les dépassait largement en taille. Elle ne faisait pas partie de leur monde de princesses.

-Salut. Annonça-t-elle un peu plus fort, en vain. Les filles ?

Le mur entre elle et elles était bien plus épais que ce qu’elle avait imaginé. Elles ne l’entendaient pas, non seulement parce qu’elles ne le voulaient pas mais aussi parce qu’elles parlaient toutes en même temps comme un troupeau de pies. Alekto les dévisagea un instant, tentant de capter leurs regards. Ces cinq adolescentes se ressemblaient toutes. Un serre-tête élégant était disposé sur leurs jolies chevelures brunes ou châtains – en réalité, Cécilia avait les cheveux blonds mais avec le temps, elle était devenue une experte de la coloration, si bien qu’aucune de ses amies n’était au courant du subterfuge – et leurs mèches tombaient jusqu’à leurs épaules en se tortillant en des boucles parfaites et généreuses. Leurs visages étaient tout aussi parfaits, le teint homogène et la peau douce d’enfants n’ayant pas encore subi les ravages de la puberté. Elles étaient toutes maquillées, mais en gardant un effet « naturel » pour ne pas ressembler à des filles de cirques ou de basse condition. Quant à leurs robes, noires, vertes ou violettes, toujours sombres, elles les avaient probablement achetées chez le même tailleur.

-Liliana ? Appela Alekto en haussant encore la voix.

-Quoi ? Finit par lui répondre l’intéressée, ne dissimulant pas son agacement d’avoir été coupée dans une conversation, qui, à n’en pas douter, devait être aussi passionnante que de couper des oignons pour pleurer.

A côté d’elle, ses quatre disciples s’étaient tues, posant toutes le même regard mauvais sur la grise. Le cercle s’était entrouvert pour devenir un début de formation éventail, mais qui n’invitait pas à combler la brèche comme l’adulte l’avait tant espéré.

-Salut.

Cette simple déclaration hébéta tout le monde, installant un silence embarrassant.

-Qu’est-ce que tu veux ?

Liliana était très agréable, évidemment. Son ton sec était exagérément agacé.

-Tu vas bien ?

-Ca va. Elle ne lui retourna pas la question, préférant revenir à ses amies. Bon. Où en étions-nous ? Ah oui, le régime aux asperges…

Progressivement, le cercle se referma. Saisissant sa chance, Alekto y infiltra une épaule avant qu’il ne redevienne complètement hermétique. L’intrue entra en contact avec le bras de Cornélia, qui eut tôt fait d’exprimer sa contrariété, feignant la douleur pour remplacer le ridicule par du dramatique.

-Mais qu’est-ce que tu fais ?

-Je… Je sais pas, je pensais qu’on pouvait devenir amies. Répondit l’adulte, un peu paniquée.

Liliana eut une exclamation moqueuse. Se penchant légèrement en arrière, son bras replié en avant pour porter son sac à main haute de gamme comme une gourdasse, sa bouche pulpeuse s’était entrouverte dans une expression exagérément choquée.

-Toi ? La question, purement rhétorique, eut le mérite de faire pouffer et glousser ses sous-fifres. La moue de Liliana se transforma en sourire supérieur et agaçant. C’est une blague j’espère ? Commence déjà par te laver et t’habiller convenablement, la grise. Ensuite, tu pourras penser à être un peu moins stupide.

Et elle n’évoqua pas l’éventualité d’être intégrée au groupe une fois ces conditions remplies. Alekto ne serait jamais des leurs. Après avoir effectué un magnifique balancé de cheveux, Liliana tourna les talons. En continuant de rire, ses disciples l’imitèrent. Le groupe s’éloigna telles des oies sauvages pour progressivement opter pour la formation murale, alors que d’autres élèves s’écartaient de leur passage. Les bras balans sous l’effet de la stupeur, Alekto baissa les yeux vers sa tenue. Qu’est-ce qu’elle avait ? Elle était très bien, sa robe. Elle approcha ensuite le tissu de son nez en tentant de rester discrète. Et elle ne puait même pas. Qu’est-ce qu’elle racontait ? Perdue, elle se dit que l’amitié, c’était franchement pas fait pour elle.


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Sam 05 Déc 2020, 23:19

Alekto
L'âne
Sa mine de graphite suspendue au-dessus de sa feuille de notes, le front posé dans la paume de sa main, Alekto était penchée sur son manuel de chimie. La table en bois à laquelle elle s’était installée se trouvait à l’extérieur. Il faisait froid, un peu humide à cause de la proximité de l’océan. Une douce brume matinale recouvrait la capitale. A force, sa feuille allait perdre en rigidité. Elle n’aimait pas ça car ça rendait l’écriture difficile et multipliait les chances de trouer le papier avec la mine, mais à l’heure actuelle, elle avait d’autres préoccupations. Il faisait gris et il était encore trop tôt pour que la ville ne soit totalement réveillée. Alekto était arrivée largement en avance. La table se trouvait devant l’entrée de l’école. C’était le meilleur refuge qu’elle avait trouvé pour pouvoir réviser. Tout à l’heure, ce serait l’heure du contrôle et elle ne connaissait encore rien. L’examen la stressait particulièrement, si bien qu’elle avait jugé plus pertinent de venir apprendre sa leçon devant le portail plutôt que chez elle, dans un appartement, un peu plus au chaud et au sec. Il n’y avait pas vraiment à trouver une logique à cela. C’était ainsi, et si cela l’aidait, eh bien tant mieux.

Sa précipitation ne témoignait nullement de sa procrastination, repoussant ses révisions au plus tard et attendant d’être au pied du mur pour enfin réaliser qu’elle était vraiment dans la merde. Cela faisait une semaine qu’elle révisait avec plus ou moins d’assiduité, une semaine qu’elle tâchait d’apprendre tous les termes techniques des laboratoires d’alchimie, les règles de bonne pratique et le nom de quelques substances chimiques, leurs caractéristiques principales et les réactions qu’elles étaient capables d’avoir les unes avec les autres. Ça aurait dû être relativement simple, mais son cerveau refusait de retenir quoi que ce fût et ses leçons engendraient plus de questions qu’autre chose. Était-ce l’action de dissoudre ou de diluer lorsqu’on faisait fondre un carré de sucre dans son thé ? Tube à essai ou éprouvette ? Pourquoi devait-on respecter un certain nombre de chiffres significatifs dans les calculs de dosage ? Pourquoi le cuivre devenait-il bleu ? C’était quel fer déjà qui devenait vert et l’autre rouge ? Quel était le terme pour définir le passage de l’état solide à gazeux ? C’était quoi le goût du basique ? Alekto poussa un soupir. Elle ne savait pas. Elle allait rater ce contrôle, comme tous les précédents depuis le début de l’année, qui remontait à quelques mois maintenant, et elle n’allait jamais réussir sa scolarité. Elle était d’autant plus attristée qu’elle aimait bien la chimie. Elle n’arrivait juste pas. Elle se décevait, autant qu’elle décevait ses professeurs, désespérés par un cas d’attardement aussi important, et ses camarades de classe, qui la considéraient assurément comme l’idiote de première bonne à enterrer directement. L’âne, la surnommait-on parfois. Cela allait bien avec son titre de Grise. Peut-être que c’était justement ça, la solution : elle était un âne gris, sans amis, destiné à rester stupide toute sa vie, mal-aimé et solitaire parmi les chevaux. Peut-être qu’elle devait arrêter de persévérer et ne se contenter que de brouter l’herbe après les autres, de hennir disgracieusement là où ses camarades équins seraient toujours plus élégants qu’elle, quoi qu’ils fassent. On s’émouvrait toujours de leur sort. Pas du sien. Elle, personne ne l’aimerait jamais, parce que c’était l’ordre des choses : l’âne était plus chétif que le cheval, il était têtu au point d’en agacer plus d’un. Son sort, c’était d’être moquée.

-Qu’est-ce que tu fais ?

Lasse, Alekto quitta des yeux sa feuille. Sur elle était posé le regard étonné d’une jeune fille aux grands yeux bruns. Elle arborait un large chapeau noir qui cachait presqu’entièrement ses cheveux attachés. Pourtant, avec un peu de concentration, la grise crut en discerner la couleur : roux. Elle comprît alors. La jeune écolière ne lui était pas étrangère puisqu’elles fréquentaient la même école. Elles n’étaient simplement pas dans la même classe et ne s’étaient jamais adressé la parole. Cette fille se trimballait toujours avec ce haut couvre-chef comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort, et la Sorcière n’en avait jamais connu la raison, bien que la réflexion sur cet accoutrement et le secret qu’il cachait eût été faite à de multiples reprises dans les couloirs – sûrement quand elle n’écoutait pas. En contre-plongée, c’était plus clair. Toutes deux étaient victimes du harcèlement de leurs camarades, et elles le subissaient en silence. Chacune s’y était faite, enfouissant cette douleur au fond de leur cœur, se niant d’être blessées pour ne pas montrer leur faiblesse aux autres, ou ce serait encore pire. Les enfants étaient cruels. Les caractéristiques physiques étaient la première chose à laquelle ils pouvaient s’attaquer et ils s’en donnaient à cœur joie, comme des rats affamés lorsqu’on leur donnait de la chair fraîche à manger.

-Je révise.

La plus jeune se pencha légèrement pour lire l’intitulé du manuel.

-C’est quoi ? La chimie ? Une étincelle traversa ses yeux. C’est facile ! Tu veux de l’aide ?

Alekto la considéra de longues secondes, toujours blasée. Elle n’était pas sûre d’avoir entendu la proposition. Qu’est-ce que ça pouvait lui faire qu’elle avait besoin d’aide ?

-Je peux t’aider si tu veux, on a eu le contrôle hier dans ma classe. Je peux ?

Elle désigna la place à côté de l’adulte et attendit à peine d’obtenir son autorisation pour s’assoir. Elle lui adressa un large sourire avant de tirer doucement le livre vers elle.

-Au fait, on ne s’est jamais présentées. Je m’appelle Marzia ! Et toi ?

L’adulte cligna des yeux.

-Alekto. Mais pourquoi tu veux m’aider ?

-Pourquoi pas ?

Sa propre réponse fit rire la petite Disciple Noire, mais ne fit qu’assombrir sa camarade. Parce que dans ce monde, on cherche à gagner d’abord avant de s’inquiéter du sort des autres. Alekto ne répliqua pas, estimant que cette fille devait se payer sa tête.

-Les instituteurs nous transmettent bien des connaissances. Moi je fais pareil quand je peux, je ne vois pas où est le problème. Alors, du coup il nous reste euhhh… pas beaucoup de temps, j’imagine. Mais ça va le faire ! Donc, le matériel…

Marzia marquait un point, mais qui trotterai longtemps dans la tête de la Sorcière. Les instituteurs étaient généreux. Mais c’était leur métier. Était-ce un métier d’être généreux ? Marzia avait-elle un tel métier ? Non. Elle n’était qu’une enfant. Alors quoi ? Faisait-elle vraiment ça… gratuitement ? Naturellement ? A partir de là, cette fille devînt un mystère. Alekto finirait par y mettre un terme, tout en réalisant qu’elle avait oublié sa note lors de son premier cours d’histoire : se méfier des rousses. En attendant, elle se dit qu’elle n’avait rien à perdre à suivre des conseils, qu’ils soient faux ou avérés. Elle ne retenait rien, de toute façon et au pire, ça lui ferait une bonne leçon. La grise se reconcentra vers ses cours, tandis que sa nouvelle amie lui révélait le chemin de l’assimilation et les secrets des moyens mnémotechniques.

En sortant de la salle de classe, quelques heures plus tard, Alekto n’eut pas le sentiment d’avoir réussi. En entrant dans cette même salle, quelques jours plus tard, elle se frotta les yeux et se pinça trois fois pour croire à la note qui s’affichait sur sa copie : sa première bonne note. Dans les semaines qui suivirent, appliquant toujours la même méthode de travail, elle enchaina les succès, à la grande stupéfaction de ses camarades. Entre jalousie et mauvaise foi, néanmoins, elle en subit les conséquences. Alors qu’elle avait réussi à s’en éloigner petit-à-petit, les propos acerbes et désobligeants étaient redevenus monnaie courante à son égard. On avait fini par remarquer qu’elle et Marzia étaient amies et ça n’avait pas arrangé les choses. Cela avait poussé Alekto à devenir plus distante. Cela avait fait pleurer Marzia.

***

« Chère Alekto,

Je ne sais même pas si tu vas lire cette lettre. Tu es peut-être déjà au courant et j’imagine que mon sort t’indiffère, mais c’est plus fort que moi : je dois t’écrire, même si ces dernières semaines, nous n’avons plus été très proches. Je ne peux que comprendre ce que tu as fait et ce que tu feras probablement avec cette lettre. Personne ne veut trainer avec une fille qu’on traite à la fois de Sirène et de Magicienne et qui en plus ne sait pas se défendre. Et maintenant, je suis la honte de ma famille. Quelque part, je le savais : ils m’ont toujours dit que j’étais trop gentille. Ils ne veulent plus me parler. Dès qu’ils ont su, ils m’ont de suite expédiée chez l’une de mes vieilles tantes éloignées, Tante Bertha. Elle est très gentille ! Elle habite dans une petite maison à Vervallée, c’est très mignon ! A vrai dire, ça n’a rien à voir avec Amestris. C’est un peu comme s’il faisait tout le temps beau ici : les gens sont aimables, les rues sont fleuries et l’atmosphère y est, à moins avis, beaucoup plus saine. J’ai encore un peu honte de l’admettre, mais ça fait du bien. A l’école, plus personne ne me harcèle. En plus, ici, les vêtements sont superbes ! Je me mets à m’habiller avec plein de couleurs et je peux même arrêter de cacher mes cheveux ! Les gens les trouvent jolis, ce qui me fait vraiment bizarre après les avoir autant détestés. Je ne sais pas si tu te rends compte… mais c’est un soulagement fou.

J’espère que mon départ ne t’affecte pas trop. Enfin, maintenant, je sais que tu es capable d’avoir des super notes sans l’aide de personne ! Alors à part me détester pour ce que je suis maintenant, j’imagine que ça devrait aller. Montre aux autres de quoi tu es capable ! Tu es de loin la plus chouette Sorcière que j’ai connue et je souhaite de tout cœur que tu ailles loin dans la vie. J’attends déjà avec impatience la gazette dans laquelle figurera un jour ton nom ! Je lirai tous les exemplaires jusqu’à ce que je te voie dedans. Même si à terme, nous serons vouées à nous haïr mutuellement, car j’imagine que c’est l’ordre des choses, au fond, je serai contente. C’est peut-être naïf mais j’en suis convaincue. Deviens la meilleure Sorcière de tous les temps ! J’essayerai de faire de même de mon côté, même si je n’ai pas l’intention de devenir importante.

Si tu souhaites répondre à cette lettre, sache que j’en serais très heureuse. Autrement, je ne t’en voudrai pas. C’est normal.

Je te fais plein de bisous,

Marzia, nouvellement Magicienne !
»

Alekto avait reçu la missive le matin-même, avant d’aller à l’école pour une journée particulièrement banale. Alors, celle-ci n’avait plus été banale. Depuis quelques jours, elle avait effectivement noté l’absence de sa camarade. De nouveau, ses récréations et ses pauses déjeuner avaient pris un aspect morne et solitaire. Voilà qui mettait fin à toutes ses interrogations quant à ce qu’il était advenu de la jeune fille. Décevant. Alekto n’aurait jamais cru s’être autant attachée à elle. Sûrement était-ce ça, l’amitié ? Haussant les épaules, elle froissa le bout de papier en une boule compacte et la balança dans la première poubelle qu’elle croisa. Elle se dit que c’était bien fait, confirmant enfin à ses yeux que les roux n’étaient faits que pour être des traitres en qui il ne fallait avoir aucune confiance. Elle qui croyait s’être fait une amie, voilà qu’elle l’avait mal choisie. Malgré tout, la nouvelle la chiffonnait. Tout à coup, cette journée s’annonçait plus grise encore que les autres. En plein cours, alors qu’elle écoutait habituellement le professeur avec assiduité, elle se surprenait à regarder par la fenêtre, notant à peine le contenu de la leçon. Ce fut long. Plongée dans ses rêveries et ses souvenirs, la grise arrivait à peine à raccrocher avec le présent. A la fin du cours, l’instituteur annonça qu’il allait rendre les copies du dernier devoir de chimie. Le nom de chaque élève fut énuméré alors que l’enseignant passait dans les rangs en distribuant les papiers de chacun, annonçant à haute voix les résultats comme une sentence, une hache pouvant s’abattre à tout moment sur la tête de n’importe qui.

-Alekto Selvius. Excellent.

La concernée papillonna des yeux avant de recevoir la feuille entre ses mains. Elle regarda le professeur, qui était déjà passé à l’élève suivant, indifférent. Ou bien agacé de ne pas avoir parié sur le bon âne, aussi, voire plus compétent que les chevaux de l’étable, qu’elle était devenue ? Elle revînt à son devoir. Il avait dit excellent, mais en réalité, elle avait fait un parfait.

Depuis qu’elle avait rencontré Marzia, ses notes n’avaient fait qu’augmenter, mais c’était la première fois qu’elle effectuait un sans-fautes. La nouvelle Magicienne lui avait donné tout ce qu’il fallait pour travailler et retenir efficacement. Toutes deux avaient été surprises par les résultats de cette expérience et cela avait redonné confiance en la grise. Alekto lui devait beaucoup. C’était la fin de l’année scolaire et avec ces notes, elle était sur le point de valider son année de premier cycle. Alors non, Alekto n’était pas bête. Elle était sur le point de réussir. Elle avait la possibilité d’accéder à un avenir grandiose.

… Tout ça grâce à une Magicienne. Mais ça, c’était un détail qui se ferait oublier au cours du temps…

…. De quelle Magicienne parlait-on, déjà ?


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[Q] L'âne

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