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 [Quête ouverte aux Dames Noires] - Le Château Interdiiit

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Aliénor Vaughan
~ Magicien ~ Niveau II ~

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◈ YinYanisé(e) le : 20/12/2016
Aliénor Vaughan
Mer 11 Nov 2020, 22:22


Image par Aaron Limonick

Le Château Interdit


Description de l'endroit : Il s'agit d'un domaine comportant un château qui se trouve à Malorsa, à Amestris. C'est le quartier où se trouvent le palais, les édifices officiels ainsi que les grands domaines. À l'abandon jusqu'ici malgré son emplacement, le château a été réquisitionné afin de servir de logement pour les Dames Noires et futures Dames Noires. C'est un endroit où les hommes ne peuvent pas se rendre, à l'exception de l'Empereur Noir, de ses enfants et des éventuels futurs héritiers s'il y en a. N'importe quel autre homme trouvé dans la propriété sera arrêté, emprisonné et pire si affinité (et généralement, chez les Sorciers, il y a affinité 8D Idéal pour se débarrasser de quelqu'un qu'on déteste 8D). Les Dames Noires peuvent donc faire ce qu'elles désirent en son sein. Il y a des domestiques, des esclaves, des professeures afin de les servir et de les guider au mieux dans l'étiquette assez stricte de la race. Les Dames Noires conservent leur appartement dans le palais d'Amestris mais peuvent venir ici quand elles le désirent, dans un cadre peut-être plus détendu qu'au sein du palais. Elles gèrent le château ensemble. En dehors, elles ne peuvent pas se promener sans escorte.

Rappels : La mode chez les Sorciers c'est les robes sombres avec des cols qui montent jusqu'au cou voire jusqu'au menton, avec de la dentelle ou sans (en gros c'est des tenues de coincées et bof confortables). Il y a aussi des corsets mais fermés (donc c'est rare de voir le décolleté d'une Sorcière, c'est d'ailleurs très mal vu). L'étiquette est importante : les courbettes, les couverts avec lesquels manger, la tenue (droite avec le menton relevé) etc. Globalement comme le sujet a peu été abordé dans le sous-forum, si jamais vous voulez inventer des choses, n'hésitez pas à le signaler. On fera un sujet dans le sous-forum pour regrouper tout ça ^^ L'ambiance est stricte mais derrière leurs éventails, les Sorcières racontent aussi des rumeurs et ce sont des langues de vipère, qui peuvent s'avérer cruelles entre elles. Le fait que les Dames Noires soient ensemble dans un château va sans doute faire parler à Amestris donc si vous avez aussi envie de jouer des PNJ bavards, vous pouvez (en sachant que les bavardages devront rester discrets parce que personne ne veut avoir de problèmes avec la Royauté).

Intrigue : C'est juste pour découvrir l'endroit, découvrir les autres et tout ça 8D Votre personnage a été contacté par courrier afin de lui proposer de venir découvrir Amestris, ses appartements dans le palais et, surtout, le château interdiiit dans l'attente de signer son contrat de mariage. Le mieux c'est qu'il ait été escorté jusqu'ici.

Deadline et messages : Vous choisissez votre format de quête et vous le gardez jusqu'à la fin du rp (donc 400 mots minimum, 720 mots minimum ou 1800 mots => 1800 mots ça sera si vous faites juste du solo et si vous faites qu'un seul message sans interaction dans le rp. C'est bof le but mais si vous avez pas le temps, ça peut le faire).


Aliénor était assise en face de Lhéasse, à l’intérieur d’une calèche. Celle-ci était garée devant le domaine. « Je ne vais pas pouvoir vous accompagner. » dit-il. Au-delà de l’information, il était surtout en train de s’impatienter. Cela faisait bien cinq minutes qu’elle n’avait pas bougé. Elle avait tout de même daigné écarter le rideau afin de regarder ce qui l’attendait. Elle était mal assurée. À vrai dire, la Magicienne se demandait encore pourquoi est-ce qu’elle avait accepté l’invitation. Elle essayait de fuir, comme si retarder sa rencontre avec Elias pourrait le dissuader de signer le contrat de mariage en sa compagnie. Elle soupira. Lhéasse amena son index et son majeur entre ses sourcils, las lui-aussi. Cela faisait bien longtemps qu’il ne la quittait plus. La savoir seule, à l’intérieur d’une demeure dans laquelle il ne pourrait pas rentrer en cas de problème, le rendait étrangement soucieux. Sur le territoire magicien, il devait, certes, faire face à quelques tentatives d’assassinats mais la totalité des individus qu’Aliénor côtoyait avaient un fond bienveillant à son égard. Quelques rumeurs continuaient de se propager et son surnom d’Épouse Maudite – remis au goût du jour avec le changement de Roi, à cause de la vieillesse d’Elias – n’avait jamais cessé d’être prononcé, mais, au moins, elle possédait des alliés. Sa famille l’avait soutenue, hormis sa sœur, Isabeault, qui crevait de jalousie à son égard. Dans le château, il n’était pas certain que les choses se passassent bien. Aliénor s’était renforcée avec le temps mais serait-ce suffisant ? Les femmes étaient parfois cruelles entre elles, même s’il se doutait que la plupart des futures Dames Noires n’avaient pas encore pleine conscience de leur statut et qu’il faudrait un temps d’adaptation à chacune.

« Suis-je obligée d’y aller ? » « Oui. » L’affirmation avait été sans appel. « Nous avons réuni vos affaires dans des malles pour que votre séjour se déroule bien. Maintenant que vous êtes ici, que le personnel a été prévenu de votre arrivée, ce serait impoli de repartir. » « Mais je… » « Comtesse Vaughan… » Il marqua un temps et reprit, d’une voix plus familière, tout en se penchant un peu vers elle. « Aliénor. Je sais que jusqu’ici, vous n’avez pas été directement confrontée avec votre statut. Niklaus et vous ne vous êtes croisés qu’en de rares reprises. Votre mariage n’a pas eu le temps d'être consommé que vous le fuyiez déjà. Je comprends que ce n’est pas évident d’avoir été choisie par le hasard. » Certains disaient les Ætheri mais lui préférait éviter de faire ce genre de suppositions. « Néanmoins, la vie vous a menée ici. C’est votre devoir. En tant que future épouse de l’Empereur Noir, vous devez apprendre l’étiquette sorcière et vous comporter dignement. Vous lui devez fidélité et loyauté, même si vous êtes une Magicienne et ne partagez pas toutes nos valeurs. Certains vous diront que Sorciers et Magiciens sont très différents et qu’ils s’opposent en tout. Cependant, vous constaterez bien vite que ce n’est pas vrai. S’il y a des Sorciers très cruels et des Magiciens à la bonté absolue, nos deux peuples ne font que se croiser et s’entrelacer. Vous pourrez aussi trouver des alliés ici. » Elle baissa les yeux, incapable de soutenir bien longtemps son regard. Lorsqu’il paraissait presque gentil, comme ça, elle doutait de sa méchanceté. « Je n’ai juste pas envie de faire… » Il soupira. « Vous feriez mieux d’oublier vos histoires d’amour à l’eau de rose. Vous êtes mariée à un Roi. S’il veut un héritier, vous n’aurez pas le choix. Ça fait partie de votre devoir. » Les choses étaient légèrement plus simples mais il n’avait pas envie de lui en parler tout de suite. Elias était beaucoup moins jaloux et exigeant que Niklaus. Officiellement, il l’était. Officieusement, il avait donné des ordres clairs : tant que rien ne se savait, elle ferait ce qu’elle désirerait. Cependant, si elle se faisait prendre, il serait obligé de sévir, voire de la tuer. Et si elle tombait enceinte, les enfants seraient considérés comme les siens.

Lhéasse fit un mouvement afin d’ouvrir la porte de la calèche. « Allez-y maintenant. » « Je… » « Allez-y. » répéta-t-il, en détachant les syllabes, avec une voix bien plus autoritaire. Elle hocha la tête, troublée par sa prestance, et descendit. Elle était habillée d’une robe noire. Le col collait sa gorge. De la dentelle en sortait et un camée décorait son cou. Tout de suite, elle vit une jeune femme. Celle-ci l’aida à descendre, sans la regarder dans les yeux, en signe de soumission. Des domestiques s’occupèrent d’amener ses affaires à l’intérieur du château et plusieurs femmes vinrent la chercher, afin de l’y escorter à son tour. L’endroit était grand. « Est-ce que d’autres euh… » commença Aliénor, gênée. Elle n’aimait pas l’idée d’avoir des esclaves. Les domestiques passaient, puisqu’il s’agissait d’un métier rémunéré. Néanmoins, les esclaves… Non, c’était affreux.

Comme elle avait un peu froid, elle s’avança vers la grande cheminée du salon. Elle tendit ses mains vers les flammes. « Prenez votre temps. Vous choisirez votre chambre quand il vous plaira de le faire. » dit une Sorcière à l’allure stricte. « Appelez, s’il vous faut quoi que ce soit. » précisa-t-elle avant de sortir de la pièce. L’heure était déjà assez avancée mais elle devrait sans doute dîner auparavant. Elle l’ignorait, tout comme elle ignorait si elle était seule ou non ici. Les peintures au plafond étaient magnifiques, à l'instar du lustre central, bien que l’endroit manquât de chaleur.

915 mots


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Jeu 12 Nov 2020, 14:01


Le Château Interdit




Esther Nixen
Quelle ne fût pas ma surprise de constater que mes desseins m’amenaient exactement là où l’Empereur Noir souhaitait que je fusse. Amestris, la ville qui avait noirci mon âme au delà de toute espérance. La brise charriait un parfum enivrant qui n’avait de cesse de me rappeler l’odeur de la mort et du sang. La dernière fois que j’avais parcouru les ruelles sombres de la cité, le jeune Rascal s'était vu infligé la damnation éternelle. Et le pire dans tout cela, était sans doute que c’était moi - celle qui était à l’origine de ses souffrances - qui me rappelait sans doute le mieux de son visage enfantin. Les réminiscences de cette soirée morbide revinrent en ma mémoire, comme un éclair qui me figea sur place ; le regard empli de terreur du martyr me glaça le sang. Je tressaillis. Il me faudrait encore quelques mois, quelques années tout au plus, pour ôter de mon esprit le remord de ce tragique événement. Je n’avais pas souhaité qu’il fût la cible de ma création - mais grâce à son sacrifice, j’allais bientôt pouvoir m’asseoir à la table des grands. Adieu petit contremaître, et merci de ton éternel dévouement.  

Je tâtai la bourse qui pendait à ma ceinture. Ces derniers jours, j’avais dépensé bien plus que de raison. Extorquer ce bougre de Caldwel avait à peine suffi à couvrir mes frais. Vivre dans une telle misère était impensable : je voulais pouvoir acquérir ce que je désirais, quand je le souhaitais. Cette pensée me frappa de consternation : à vivre au sein des mortels, je m’en accaparai les défauts. Je n’avais malheureusement d’autres choix que de me plier à leur course à qui mieux mieux ; après tout, qui avait le plus d’influence, une misérable mendiante ou une richissime aristocrate ? A terme, il me faudrait trouver une source financière stable ; si l’art des Génies me permettait de subvenir à mes besoins, je ne souhaitais pas prendre le risque de me retrouver piégée à nouveau.

Je flânai devant les boutiques de la rue principale. Les enseignes de vêtements et de beauté succédaient aux marchands de potions et d’ingrédients. La curiosité me poussa à franchir de nombreux seuils, tantôt pour éprouver les matières et les coupes, tantôt pour me familiariser avec les breuvages et concoctions. Dans chacun des cas, je déboursai quelques piécettes pour acquérir l’objet de mon désir. Fort heureusement, j’avais fait mandé deux de mes esclaves pour qu’ils transportassent mes achats - je m’étonnai d’ailleurs que les Mayfair ne m’aient pas demandé de les débarrasser de la quinzaine d’autres qui m’étaient attitrés mais qui traînait toujours dans leur geôle. Je me promis de m’occuper de cette affaire à l’issue du mariage. Pour l’instant, je ne leur avais trouvé d’utilité que pour porter quelques robes et jupons - dans lesquelles j’avais savamment dissimulé de quoi se divertir durant cet internat occulte. J’imaginai déjà mes consoeurs hurler en apercevant leur visage constellé de bubons, ou se tordre de douleur pour éviter de se liquéfier sur place. La perspective me laissa un avant-goût de satisfaction.

La route des commerces vers le Château n’était pas très longue. Je percevais déjà les tours de notre domaine qui s’élevaient à travers les cieux. De là où je me trouvai, la demeure paraissait immensément grande. Je m’interrogeai déjà sur les secrets et les mystères qu’elle renfermait. Lors de mon précédent passage, il m’avait été indiqué que la bâtisse était l’abandon ; pourquoi Elias avait-il souhaité la remettre en état ? Pensait-il réellement qu’il fût judicieux de toutes nous réunir au même endroit ? Les femmes étaient pires que les hommes par bien des aspects, leur venin s’enracinait profondément dans l’esprit de leurs victimes ; derrière sourire et amabilité, les coups bas étaient bien souvent destructeurs. En cet instant, la volonté du Grand Chaos me restait impénétrable.

Une dame d’un certain âge s’avança à mon approche. Ses traits anguleux et ses joues creusées lui donnait un air sévère. Ses grands yeux noirs observaient mon escorte avec un air interdit. Elle accéléra le pas pour venir à ma rencontre.

« Je vous souhaite la bienvenue, Madame. J’imagine que vous êtes l’une des promises à notre Empereur ?

— En effet. Je suis Esther Nixen. »

J’esquissai un début de courbette mais mon interlocutrice m’arrêta d’un geste de la main. Je me redressai, surprise.

« Vous n’avez pas à vous inclinez devant moi, Madame Nixen, je ne suis que la gouvernante, indiqua-t-elle. Si vous le permettez, mon personnel va se charger de vos affaires. »

Deux femmes s’inclinèrent bien bas - en prenant soin de ne pas croiser mon regard - et me contournèrent. Elles indiquèrent aux démons qui m’accompagnaient qu’elles prenaient en charge la suite des opérations. Ces derniers s’empressèrent de leur confier le gros coffre en bois qu'ils portaient, heureux de se débarrasser de ce fardeau. Je secouai la tête devant leur fainéantise. Alors que j’allais reprendre ma route, la gouvernante repris la parole.

« Je m’excuse, Madame, mais les hommes sont interdits dans l’enceinte du Château, précisa-t-elle en observant mes suivants. Je vois qu’ils sont frappés du sceau des Mayfair, je suis certain que, sur votre ordre, ils pourraient s’en retourner à leur geôle par eux même. »

Je fis signe à mes laquais d’obtempérer. S’ils étaient soulagés d’être libres durant le trajet, leurs traits n’affichaient que du mépris et de la peur.

« C’est bon comme cela ? Nous pouvons y aller ? » m'impatientai-je

La dame aux cheveux acajou me scruta des pieds à la tête. Elle ajusta le col de ma robe avant de me conduire vers la porte principale. Je lui emboîtai le pas.

« Estielda, veuillez mener Madame dans le Grand Salon, je vous prie. »

La demoiselle s’inclina devant moi et me guida à travers les couloirs de la bâtisse. Nous débouchâmes sur une magnifique cheminée, devant laquelle se tenait la silhouette d’une jeune femme. Mon hôtesse m’incita à entrer d’un geste de la main.

« Prélassez-vous donc au coin du feu. Nos esclaves n’ont pas tout à fait fini de préparer les chambres. Vous pourrez choisir la vôtre en temps voulu. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez pas à nous appeler. »

Comme je n’avais pas de question, elle disparut dans le corridor, refermant la porte derrière elle. Je me rapprochai de l’inconnue et la saluai d’une courbette maladroite. J’avais beau avoir tenté d’apprendre l’étiquette, les coutumes sorcières étaient bien plus complexes qu’elles n’y paraissaient.  

« Bonjour, je suis Esther Nixen. Vous aussi vous avez été invitée à séjourner ici ? »


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Kitoe
~ Démon ~ Niveau II ~

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Kitoe
Jeu 12 Nov 2020, 23:09

Leigh
Le Château Interdiiit
En ce jour, Leigh était accompagnée et très fière de le montrer au reste du monde. Ce n’était pas des amis, ni des amants, ni des parents proches ou éloignés, ni Elias, ni une quelconque célébrité, ni qui que ce soit de suffisamment important pour que l’on demande leurs noms, en fait. De part et d’autre de sa personne marchaient deux Sorciers. Deux gardes. Deux escortes. C’était plutôt la classe, et avoir la classe, Leigh aimait bien ça. Des passants la regardaient. Ou plutôt, ils regardaient l’escorte dans son ensemble, comprenant bien que cette pseudo-célébrité peu visible entre ces deux grands hommes peu sympathiques était une personne importante. Leigh avait le privilège de recueillir ou des regards interloqués, car ils ne savaient pas bien qui elle était, ou des plus méprisants, qu’elle s’amusait à ignorer, la tête haute, ou si elle était d’humeur, à leur sourire avec prétention.

Le trio marchait en direction du centre de la Capitale d’un pas assuré. Après tout, la Démone était pressée de quitter cette posture excessivement droite et la robe inconfortable qui allait avec. De plus, on marchait toujours plus rapidement lorsque l’on ne portait pas sa valise soi-même. Ça, c’était le rôle de son garde de droite. Elle n’était pas très lourde, mais ça restait une valise. Leigh n’avait pas beaucoup d’effets personnels, seulement une ou deux tenues sorcières supplémentaires, car elle savait qu’elle aurait l’occasion d’en acheter d’autres ici. Le reste des biens qui remplissaient le bagage, eux, tenaient plus du divertissement…

-Si vous voyez un grand noir plutôt charismatique avec le regard du type qui va vous tuer, ne le laissez pas m’approcher.

En les rencontrant, elle leur avait donné la même consigne que lors de la Coupe des Nations, sauf qu’elle n’avait pas dit qu’il était beau gosse parce qu’elle avait pu constater depuis qu’il avait vieilli. Elle ne voulait pas revoir Agazio. C’était pourtant arrivé entre temps. Ça avait été une très mauvaise expérience et elle ne se sentait pas prête à être de nouveau confrontée à lui. S’il y avait une prochaine fois, elle devrait pouvoir l’écraser de par sa simple attitude supérieure. Elle voulait que celui qui ne la considérait pas mieux qu’une catin de bas quartiers finisse par admettre qu’elle était au moins une pute impériale.

Arrivés aux abords de Malorsa, Leigh leva la tête. L’endroit où elle allait maintenant passer une partie de sa vie se dressait devant elle, fier et redoutable. Pour la première fois depuis trop longtemps ici, à Amestris, elle sourit. Oh, elle était toujours intimidée par ce qui l’attendait derrière ce titre et ce luxe qu’on lui offrait. Mais chaque chose en son temps. Son deuil commençait à passer et ses journées devenaient moins moroses. Elle retrouvait un peu de plaisir à coucher. Le bout du tunnel de sa tristesse se rapprochait. Elle était sur le point de revoir la lumière et de goûter à de l’air frais et vivifiant. Cela ne durerait pas longtemps. Elle savait qu’un autre tunnel l’attendait au tournant, mais elle avait décidé qu’elle y ferait face plus tard. Ses yeux ne pouvaient s’empêcher de pétiller face à l’édifice juste devant elle. Le château des Dames Noires, un lieu qu’on nommerait bientôt l’Antre des Vipères ou l’Arène-Où-Il-Ne-Doit-En-Rester-Qu’une en fonction des affinités. Elle n’en savait trop rien car elle ne connaissait pas vraiment les autres – futures – Dames. Néanmoins, elle n’émettait aucun doute sur une chose : ça allait être amusant.

-Leigh.

Ses yeux coururent sur la place publique avant de repérer celui à qui appartenait la voix. Elle ferma les paupières pour ne pas se tourner désespérément vers le ciel gris. Devant eux, Agazio approchait à grands pas. C’était quoi son problème ?

-Je crois que nous n’avons pas terminé notre discussion de la dernière fois.

Il y eut un court silence. Leigh toisa les deux gardes.

-C’est de lui dont je parlais. Vous êtes censés l’écarter.

Comme piqués par une décharge, ils s’exécutèrent et bousculèrent l’homme sans ménage. Leigh et les deux Sorciers reprirent leur route.

-Oh, ne crois surtout pas t’en tirer comme ça.

Une nouvelle fois, il fut repoussé. La Démone ne ralentissait pas. Elle n’était plus qu’à quelques mètres du château. Déjà, au pas de la porte, une vieille femme austère et droite comme un pic semblait l’attendre. Une fois à son niveau, alors que les hommes formaient un mur contre son frère, elle se présenta tranquillement.

-Dame Dogma, soyez la bienvenue. Entrez, nous allons nous occuper de vos affaires.

Après un remerciement, la jeune femme passa le pas de la grande porte et se retourna.

-Il se trouve que cette propriété royale est interdite aux hommes. Précisa la gouvernante. Navrée, mais vous n’avez pas l’autorisation d’entrer.

-Quel dommage.

Ses lèvres s’étirèrent jusqu’à dévoiler ses dents. Avant de tourner les talons, elle fit un petit signe de la main à l’homme.

-Bonne journée à toi aussi, Gaga.

Le lourd battant de porte se referma sur le visage d’Agazio, déformé par la rage. Le claquement sourd résonna dans tout le hall. C’était somptueux. Plus intimidant que ce qu’elle avait imaginé, aussi. Elle était chez un Monarque, mine de rien.

-D’autres Dames Noires sont déjà arrivées. Nous nous occupons de vos affaires. Vous pouvez visiter les lieux, cet endroit est tout à vous à présent.

Naturellement, la Démone chercha la présence de ses comparses. Ce fut devant un foyer chaleureux, dans un salon, qui n’en était sûrement qu’un parmi tant d’autres. L’architecture était froide, parfaitement sorcière.

-Bonjour, émit-elle distraitement.

Elle s’assit dans un large canapé, se forçant néanmoins à rester droite. Les yeux légèrement plissés, elle essayait déjà de mettre un nom sur le visage des deux femmes. Non, elle n’était pas sûre.

-Nous devrions faire connaissance dès maintenant, qu’en dites-vous ? Lysistrate Dogma, pour ma part.

Elle tâcherait de rester courtoise pour les débuts.



969 mots

Leigh arrive au château interdiiit et va voir Aliénor et Léandra. Elle veut faire connaissance direct wesh.
La gouvernante me convient o/



Bijin
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Jämiel Arcesi
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◈ Activité : Étudiant à plein temps ; Luthier en parallèle
Jämiel Arcesi
Ven 13 Nov 2020, 16:57

Dark Kingdom Color Key par Aaron Limonick
Le Château Interdit

Cerys s'invita chez la Sarethi sans même cogner à la porte, l'appelant d'un ton impérieux à la rejoindre, un Näg prenant les devants en direction de sa chambre. Èibhlin se dépêcha à la retrouver dans le salon, l'interrogeant du regard. « Enfilez ça. » lui fit-elle dans une injonction non discutable en lui mettant un vêtement dans les bras. « Qu'est-ce que... ? » - « Vous devez bien rejoindre Amestris, n'est-ce pas ? » la coupa-t-elle d'un ton tranchant. « Ou... Oui. Mais je ne pensais pas la rejoindre dans l'immédiat en vérité. » ajouta-t-elle plus bas. La Nyëva roula des yeux. « C'est donc là l'image que vous voulez renvoyer ? Un peuple faible qui n'ose pas se montrer tant que rien ne s'est concrétisé ? » la réprimanda-t-elle. Èibhlin se pinça les lèvres, et rabattit ses oreilles devant la remarque. Elle n'avait pas vu les choses sous cet angle. « Je reviens. » répondit-elle donc en tournant les talons afin de se changer. Refermant la porte de sa chambre derrière elle après en avoir chasser le Näg, ce dernier préparant les affaires de l'illustratrice pour le départ, elle découvrit le vêtement avec stupeur et en eut le souffle coupé. Une robe digne des plus hauts Plateaux. De l'index elle caressa le tissu. La finesse de la soie et des broderies n'étaient en rien comparable avec celui que l'on pouvait trouver sur Mornhîngardh. Elle ne se fit pas prier plus longtemps et se défit de sa tenue pour ce que sa préceptrice lui avait apportée. Elle revint ainsi quelques minutes plus tard, transformée, ou presque. « Emrys n'est pas là ? » demanda-t-elle à l'attention de sa tutrice en lui faisant de nouveau face. « Il nous attend au portail. » répondit celle-ci en effectuant un geste agile de la main, faisant apparaitre un coffret sur la table dans lequel était contenu plusieurs écrins. Èibhlin la regarda, étonnée. « Parce que vous croyiez réellement qu'il suffisait d'une robe pour paraître changée ? ». Après quelques minutes de finitions à apprêter correctement la Sarethi, les deux femmes rejoignirent Emrys pour enfin prendre la direction de la Vorace.

Dans la voiture, Èibhlin ne pouvait s'empêcher de jeter de vif regard à l'extérieur. L'endroit ne lui manquait pas. « Arrêtez de triturer votre vêtement ainsi, vous allez le froisser. » la reprit Cerys devant ses doigts qui s'entortillaient sur sa robe. « Ni sur votre coiffure, vous allez la défaire. » ajouta-t-elle avec un soupir las en voyant la Sarethi se reporter sur ses mèches. « Oui, évidemment. » confirma-t-elle, gênée. C'était beaucoup trop d'un coup pour elle. Elle ne pouvait que l'admettre. « Qui plus est, ce sont des signes de faiblesses. On vous verra comme la proie à abattre. » ajouta Emrys d'un ton neutre sans décrocher son nez d'un épais livre dans lequel il inscrivait régulièrement des notes incompréhensibles aux yeux de la Sarethi qui se pinça les lèvres. « N'espérez pas passer des vacances de plaisance. Il est bien sûr hors de question que vous échappiez à votre éducation quotidienne. Vos cours universitaires vous serons fait parvenir afin que vous ne palliez pas un retard trop important dans votre cursus. » continua-t-il tout de comme. « Je comprends. ». Peut-être était-ce mieux. Elle avait suée des semaines après sa première absence en ces lieux pour ne pas décrocher du cursus universitaire.

Lorsqu'enfin ils arrivèrent face à la bâtisse, Èibhlin retint un souffle ébahit. Ça, uniquement pour elles ? Un des Nägs les accompagnant vint leur ouvrir la porte de la calèche et les aider à en descendre tandis qu'un second se chargea de récupérer les affaires. Une dame au visage aigri vint alors à leur rencontre, suivi de deux femmes, plus jeune, la tête baissée. « Dame Mèinn. » salua-t-elle dignement avant de marquer un temps. La concernée put remarquer la vieille femme la détailler avec une grimace, bien que jamais elle ne leva les yeux vers son visage. Alors elle se tourna vers Cerys et remarqua un rictus à la commissure des lèvres de cette dernière. La question de la raison pour laquelle les deux femmes réagissaient ainsi lui brûla les lèvres. Toutefois elle la garda pour elle. « Soyez la bienvenue. » reprit finalement la Sorcière. « Laissez nos esclaves prendre en charge vos affaires. » - « Inutile. Nous avons notre propre personnel. » renchéri immédiatement Emrys d'un ton sec. A nouveau il y eut un instant de silence avant que la mégère ne rétorque, plantant son regard agacé dans celui du Nyëva. « Voyez-vous, il s'avère que l'enceinte de ce château est interdit à la gent masculine. Je crains donc que vous n'ayez guère le choix. » - « Je vous demande pardon ? » répliqua Emrys irrité de se voir relégué au même titre que la sous-race qui leur servait de main d'œuvre. « Emrys. ». Le concerné se tourna vers sa sœur. Après un regard, il lui offrit un signe de tête et fit signe aux deux Nägs de laisser les valises des deux femmes aux domestiques - ou esclaves, peu importait - du château avant de quitter les lieux. « Si vous voulez bien me suivre. » reprit la Gouvernante.

Passant les portes monumentales du palais, Èibhlin contempla avec admiration les tableaux accrochés ça et là. Aucun commentaire ne lui échappa néanmoins. Il lui paraissait évident que l'artiste était un Mage Noir et il était hors de question qu'elle admette qu'elle trouvait l'ouvrage de ces vipères admirable. « Vous êtes ici chez vous. Vous aurez le loisir de découvrir les lieux ainsi que de choisir de votre appartement quand vous le souhaitez. Vous pouvez également rejoindre le Grand Salon où sont déjà présentes certaines des Dames Noires. ». Elle marqua un nouveau temps, détaillant une fois de plus la Sarethi. « Egalement nous vous ferons préparer une tenue plus adéquate. ». C'était donc ça. L'habille. « Je comprends que les coutumes Sorcières ne soient pas connues de tout les peuples, mais ne vous inquiétez pas, vous aurez tout le temps de les apprendre en ces lieux. ». Ça, elle n'en était pas si sure. Entre ses cours et les leçons de Cerys, si en plus elle voulait s'habituer à l'endroit et devait prendre des leçons d'éthique Sorcière. Elle voyait déjà son emploi du temps défiler sous ses yeux et son temps libre s'évanouir avec. Elle se tourna vers Cerys, par réflexe. « Allez donc faire connaissance avec vos colocataires. » fit-elle en levant les yeux vers un immense escaliers de marbre sombre. « Je me charge de choisir la chambre la plus adaptée. » fit-elle avec un regard en coin sur la Sorcière. « Je vois bien que vous n'avez pas confiance. Faites-moi donc suivre, si cela vous rassure un peu. » ajouta-t-elle à son attention. Car après tout, elle n'avait pas plus confiance en elle que la Gouvernante n'avait confiance en la préceptrice. Puis, sans un autre mot, elle s'éloigna sous le regard de sa pupille. « Où se trouve le Grand Salon ? » demanda-t-elle avec toute la conviction qu'elle possédait. Une domestique la guida alors au lieu-dit où elle y trouva trois femmes, chacune bien différentes, mais toutes habillées de la même manière. La jeune Alfar ne put réprimer une grimace. Si c'était ça la tenue "adéquate", elle s'en passerai bien. Soudain un élan de fierté s'empara d'elle et elle comprenait le geste de Cerys. Sa tutrice était parfaitement au fait des coutumes Sorcières. Toutefois, on n'adopte pas un Alfar comme un gentil petit chien. Comme elle s'avança, elle détailla chacune des dames. Elle n'en reconnue qu'une pour être promise à l'Empereur Noir depuis bien plus longtemps qu'elle ne l'était. « Mes Dames. » salua-t-elle en se remémorant les cours de ses précepteurs. « Je suis navrée je dois avouer ignorer l'identité de la moitié d'entre vous. » ajouta-t-elle d'un air faussement désolé en s'approchant des feuilles d'une plante rampante qui tombait lascivement d'un pot accroché bien haut sur le mur. « Dame Vaughan, c'est cela ? » continua-t-elle en tournant son visage vers celle-ci, un sourire aux lèvres. Puis elle fit mine de réfléchir. « Non, décidément, je suis bien incapable de vous nommer, mes plus plates excuses. » fit-elle à l'intention des deux autres. « Oh ! Je ne me suis pas présentée ! Èibhlin Mèinn. Ravie de enfin faire la connaissance des autres promises à l'Ultimage. ». Catins.
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Mots 1404

Èibhlin débarque et fait rien comme les autres /sbam.

Emrys et Cerys sont deux PNJ que je vais introduire dans un autre RP. Se sont des précepteurs malgré eux qui sont là pour éduquer Èibhlin.
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Aliénor Vaughan
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Aliénor Vaughan
Jeu 03 Déc 2020, 01:57



Le Château Interdiiit



Le défilé des futures Dames Noires faisait un effet étrange à Aliénor. Toutes ces femmes étaient exactement dans le même bateau qu’elle. C’était un navire qui tanguait sur une mer déchaînée. Elle se demandait ce que l’Empereur Noir leur avait promis pour qu’elles acceptassent de l’épouser. La première était jeune et brune. La deuxième avait des cheveux que la Magicienne envia légèrement. La troisième semblait habituée à la noblesse, en quelque sorte. Des questions lui brûlaient les lèvres, des questions qu’elle n’osa pas poser au premier abord. Elle se contenta des usages, des politesses de convenance. Elle répéta son prénom et son nom deux fois et acquiesça à l’interrogation de la troisième. Elle semblait être la plus provocante. La Fille au Chapeau, elle, avait entouré son corps de ses propres bras. Elle n’avait pas chaud, bien que les flammes caressassent sa peau. C’était une sorte de froideur intérieure qu’elle ressentait, due au lieu et à ses interlocutrices. Elle devait s’inquiéter pour rien. Pourtant, elle avait toujours été assez sensible aux changements. Elle avait grandi entourée de ses sœurs, dans un climat familiale chaleureux et aimant. Se retrouver au milieu d’un salon immense, en compagnie de femmes qu’elle ne connaissait pas la chamboulait. Y aurait-il des jalousies entre elles ? Le fait de partager un même homme n’était pas si courant. À moins que ça ne le fût pour les autres cultures ? Elle redoutait que l'une d'elle voulût éclipser les autres. Elle ignorait tout de ces semblables. Si elle s’était un peu mieux renseignée, elle aurait pu déduire leur race en fonction des résultats de la Coupe des Nations qui s’était déroulée à Amestris. Malheureusement, elle n’en gardait qu’un souvenir diffus.

« Je… » Elle avait commencé une phrase, hésitante. Elle ne savait pas quoi leur dire et le sujet qu’elle désirait aborder était délicat, surtout en face d’inconnues. Le fait est qu’elles devraient cohabiter. Peut-être que le plus tôt serait le mieux ? Elle n’avait pas envie de les insulter. Elle voulait simplement que les choses fussent claires. « Excusez-moi d’aborder le sujet comme ça mais je suis troublée par le fait que nous soyons toutes promises au même homme. C’est assez déroutant pour moi. Chez moi, l’on se marie surtout par amour, même si les mariages de raison existent. » Comme celui d’Isabeault avec son mari actuel. Après sa grossesse inopinée, ça aurait fait jaser les environs. Ce n’était pas tant ses parents qui l’avaient souhaité mais elle-même. Elle espérait trouver un meilleur parti plus tard mais, au moins, personne ne l’accuserait d’être un Marie couche toi là en attendant. Elle restait une peste et n’avait rien appris de la leçon. « En tout cas, il n’y a pas plusieurs femmes pour un même homme ou inversement. » Elle les regarda. « Je me demande pourquoi est-ce que vous avez accepté. Enfin… Je me demande comment les choses se sont déroulées. » Elle n’était pas très douée pour communiquer ses pensées. Elle ne voulait surtout pas les froisser. Elle avait peur qu’elles entendissent dans ses commentaires qu’elles n’étaient que des catins, avides de pouvoir. Ce n’était pas le but. « L’Empereur Noir n’est pas très… » Jeune ? Beau ? Gentil ? « Il est sans doute difficile. Ce n’est pas vraiment… » Le prince charmant ? Elle ignorait jusqu’où elle pouvait aller dans sa critique. Elle s’était déjà emportée plusieurs fois devant Lhéasse, qui s’était fait un plaisir de la remettre à sa place. « Enfin, j’imagine qu’être roi est déjà une qualité en soi. » murmura-t-elle, en baissant les yeux. Ce qu’elle voulait dire était une toute autre chose. Elle voulait pousser la réflexion vers autre part. « Ce que je veux dire c’est que je ne l’aime pas. Disons que je suis obligée d’être ici. On ne m’a pas demandé mon avis et je ne pense pas qu’il se passera quoi que ce soit entre lui et moi alors… Alors ne me voyez pas comme une menace. Je veux simplement honorer le marché qui a été convenu et j’aimerais que l’on se soutienne dans cette épreuve. » Elle s’avançait peut-être trop, notamment sur le fait que les autres vissent ce mariage comme une épreuve. « Je n’ai pas l’habitude d’être loin de chez moi et cette demeure est froide… Un peu de chaleur me ferait du bien. » Elle espérait pouvoir recréer un semblant de cocon familial avec ces femmes, un espoir sans doute vain. Si elle n’essayait pas, elle ne le saurait jamais. Elle se disait, peut-être à tort, que ça ne devait être évident pour personne ici.

754 mots



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Dim 13 Déc 2020, 17:36


Le Château Interdit




J’avais croisé le regard de chacune des prétendantes sans ciller, les détaillant des pieds à la tête - comme un acheteur scrute un esclave pour en estimer la valeur. La dernière arrivée me paraissait la plus insupportable d’entre elles. Reine parmi les pimbêches, son ton et sa démarche ne me plaisait guère : elle transpirait la condescendance. Si sa robe de soie brodée en disait long sur ses origines, son comportement acheva de me convaincre sur son lignage. Les Alfars étaient vraiment de petites prétentieuses aux airs de noblaillonne. Malgré une hiérarchie qui leur imposait de rester à leur place, elles avaient bien trop souvent tendance à oublier cette règle à l’extérieur de leurs forêts maudites. Mais qu’A’zar et Elzédor en fussent témoins, je me jurai de lui faire passer les pires nuits de sa vie entre ces murs. Je répondis à sa fausse modestie par un sourire qui se voulut sincère.

« Dame Vaughan, Dame Dogma, c’est un réel honneur de faire votre connaissance, j’ai beaucoup entendu parler de vous. (Je m’étais détournée de la troisième pour les saluer chaleureusement. Mon allégation était totalement fausse - du moins pour la seconde -, mais je me délectai de l’effet que cela pourrait produire sur la dernière. Je finis par lui accorder un semblant de considération). Je suis également ravie de vous rencontrer Dame Mèiin. Je m’excuse mais je crains que votre grandeur ne soit pas parvenue jusqu’à ma pauvre personne ; j’espère réellement que nous pourrons faire plus amples connaissances ces jours-ci. Mais je vous avoue que j’ignorai que l’Empereur Noir s’était acoquiné d’une Ygdrae, soyez sûre que, le cas échéant, je me serai renseignée sur votre magnificence. »

A l’instar de la plus âgée, je me dirigeai vers l’un des fauteuils du Grand Salon. Je me décidai pour la chaise à la reine en hêtre, non loin de la cheminée. Je posai les fesses sur l’assise tapissée de motifs floraux et calai mon dos contre le dossier. Mes deux bras tombèrent en angle droit sur les deux petits accoudoirs. Je me tenais droite. De là, mon regard gris foncé pouvait embrasser toute la scène. C’est alors que la Magicienne entreprit une conversation maladroite. Elle était visiblement mal à l’aise, cherchant ses mots à la manière d’un enfant qui essaye de ne pas faire d’impair. Son discours était clairement une insulte à l’Empereur Noir et à celles qui lui étaient destinées. J’appréciai néanmoins cette franchise malhabile. Dans un autre contexte, nous aurions presque pu devenir amies. Mais, quand bien même elle n’avait pas envie d’être là, je ne pouvais laisser quiconque s’interposer entre Elias et moi. Ce n’était qu’une enfant, mais mon cher futur époux m’avait lui-même avoué ses penchants pédophiles. Cette petite qui s’accrochait encore avec tant de ferveur à une valeur aussi risible que l’Amour m’attristait presque ; elle était bien loin de connaître les réalités qui sous-tendaient le monde. Elle était si jeune et ses sentiments si purs… Elle aussi,  il me faudrait l’éduquer pour la mettre sur le droit chemin - et, ce faisant, l’écarter du mien.

« Je crains que votre raisonnement ne sois pas le bon, très chère. Il n’y a point d’amour dans ces unions - uniquement de la politique. Sans vouloir vous vexer, je doute que le Grand Chaos s’embarrasse de sentiments. Il gouverne et crée des alliances - et nous sommes les instruments qui viendront le servir - tout comme nous servons notre patrie en jouant son jeu. Je ne dis pas qu’aucune d’entre nous ne sera honorée de porter un héritier - juste qu’il ne s’agira là que d’une étape nécessaire pour accomplir Sa volonté. »

Je profitai de mon allocution pour étudier les émotions qui passaient sur les visages des courtisanes. Je cherchai un quelconque signe qui me permît de déterminer si l’une ou l’autre espérait s’attirer les grâces de l’Ultimage des Ténèbres. Il n’était pas impossible que l’une de ces Dames soit amourachée par Elias Salvatore. Après tout, j’avais moi-même succombé à son charme lors de notre brève rencontre onirique. L’air de piano avec lequel il m’avait bercé alors me revint comme une musique entêtante. Notre échange s’était arrêté de manière trop impromptue pour que je susses réellement ce qu’il attendait de moi ; et je n’avais point réussi à retrouver sa trace dans le Monde des Songes. Il avait tout bonnement disparu. Mon coeur rata un battement alors que je pris conscience que je désirai ardemment le revoir. Je secouai la tête pour chasser cette idée. Un verre me ferait le plus grand bien pour oublier l’émotion qui venait de me parcourir.

« Que diriez-vous d’un verre ? Cela vous réchaufferait peut-être Dame Vaughan ? »

Je tournai la tête à la recherche de domestiques, mais nous étions seules. Je soupirai. Le service n’était vraiment pas de mon goût. Les Mayfairs n’avaient-ils pas suffisamment d’esclaves pour que nous puissions bénéficier de leur meilleur cru ?

« Y a-t-il au moins un domestique acceptable qui nous soit attiré ? » insistai-je en élevant la voix. Le son, réverbéré par les murs de pierres froides, vibra dans l’air ambiant. La porte s’entrebâilla timidement. Je foudroyai l’individu du regard.

« Ne t’a-t-on jamais appris à frapper ?! »

L’esclave accusa la remarque comme s’il s’agissait d’un coup de fouet. Elle devint livide.

« Eh bien alors, ne reste pas planté là comme une abrutie ! Apporte nous de quoi trinquer ! »

Et sur ces mots, elle disparut dans le couloir.


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Kitoe
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Kitoe
Mar 15 Déc 2020, 18:11

Leigh
Le Château Interdiiit
Les quatre femmes étaient toutes très différentes - et elles n’étaient encore que quatre pour le moment... Cela n’empêchait pas la Démone de garder son sourire, au contraire, et ce n’était pas qu’un visage d’apparat : elle était vraiment heureuse – amusée – de faire leur connaissance.

-C’est un honneur également. Répondit-elle à Esther.

Ses yeux se baladèrent ensuite sur Aliénor, la détaillant de haut en bas alors que celle-ci faisait part de ses doutes et de ses troubles. D’un signe de tête, elle approuva les dires d’Esther.

-Ne vous inquiétez pas. Je ne pense pas qu’il soit nécessaire ou utile de se poser autant de questions, ça ne changera rien. Laissez au temps le temps de vous montrer la voie. Aucune d’entre nous n’est encore à l’aise avec les autres, je suppose. Nous allons apprendre. Nous allons nous faire à nos rôles respectifs.

Elle parlait aussi pour se rassurer elle-même, quelque part. Si Leigh était plutôt détendue à l’heure actuelle, sa situation cachait un bon nombre d’angoisses – Elias en était grandement responsable – auxquelles elle tâchait de ne pas songer en ce moment. L’avantage d’être ici était qu’elle s’attendait à recevoir des esclaves gratuitement sur lesquels se défouler et assouvir ses pulsions. Après de nombreuses années d’abstinence, la Vile avait recommencé à se fouetter elle-même et elle priait Haroûn deux fois plus qu’auparavant. C’était bien. Se marier à l’Empereur Noir lui avait fait comprendre qu’elle s’était perdue. Elle avait réalisé avoir oublié le véritable sens de la Torture. Traumatisée, elle avait retrouvé le droit chemin : celui d’un être torturé autant que tortionnaire. Elle n’était plus seulement une femme se complaisant principalement dans son rôle de dominante. Elle devait être tout, souffrir et faire souffrir sous toutes les formes possibles et imaginables. Là était la mission principale de sa vie. Pas la complaisance à répandre simplement le mal comme n’importe quel membre lambda de son peuple. C’était bien plus complexe et tortueux que ça. Le problème, c’était que rares étaient ceux capables de saisir ses convictions. Si elle voulait entreprendre des choses intéressantes avec ces femmes, elle devait d’abord sympathiser. Ce serait, à son avis, plus intéressant. Croiser les points de vue et les imaginaires seraient probablement bien plus instructifs que ce qu’elle ne pourrait jamais inventer toute seule. Les faire rentrer dans son jeu la ravirait. Cela lui semblait plus amusant que de cracher ouvertement leur venin l’une sur l’autre. Si elle n’y parvenait pas, il lui restait toujours l’option inverse – s’amuser à les tourmenter – mais celle-ci ne lui permettrait jamais de faire machine arrière. Et puis, si personne ne s’appréciait d’une manière ou d’une autre, alors elle doutait que la moindre d’entre elles voudrait remettre les pieds dans ce château qui méritait clairement d’être investi. Elle espérait donc que leur réunion serait fructueuse.

-C’est une bonne idée. Commenta la Vile.

Le ton que Dame Vixen employa envers la domestique étira davantage ses lèvres avec amusement. Après quelques minutes d’attente, la pauvre femme se présenta en prenant soin de respecter à la lettre les reproches qui lui avaient été faits plus tôt. Elle portait un plateau en argent sur lequel étaient posés des coupes de haute facture ainsi qu’un pichet de vin – eux deux d’aussi haute facture. Leigh l’observa remplir chaque verre en silence avant de les leur présenter. Elle déposa ensuite le pichet sur la table basse avant de disparaitre dans un coin sombre du salon, prête à servir n’importe qui à n’importe quel moment. La Démone leva sa coupe.

-Aux Dames Noires.

Elle ne trinquait pas pour leur mari. Elles étaient ici pour se concentrer sur leur groupe avant tout, non ? Elle but une gorgée.

-Malgré les horizons qui nous séparent et nos ambitions respectives, j’espère sincèrement que nous parviendrons à nous entendre. Ou du moins à trouver un terrain d’entente. Je pense qu’il pourrait en découler beaucoup.

L’amitié dans le monde des Sorciers, ou chez toute autre race maléfique, était probablement une notion bien différente de ce que l’on pouvait trouver chez les Magiciens. Leigh se demandait où s’arrêterait leur définition à elles.

-Parlons de nous. Elle se tourna vers l’Alfar. Je serais curieuse de connaitre Drosera par exemple, ou de savoir ce que vous y faites ? Si vous avez des projets personnels en tête, en dehors de ce mariage pourquoi pas, Dame Vaughan ? Et vous ? Termina-t-elle à l’attention d’Esther.

Elle but encore et écouta attentivement leurs réponses respectives.

-Pour ma part, Elias m’a fait détruire ce que j’avais. Ce qui est une bonne chose. J’étais dans une mauvaise passe avec la mauvaise personne.

Ce n’était peut-être pas bien de l’appeler ainsi, mais elle s’en fichait. C’était toujours ainsi qu’elle le nommait dans sa tête, bien que l’homme en question lui fasse peur.

-Je ne pense pas que je ferai de l’ombre à qui que ce soit ici. Nous n’avons échangé qu’à propos d’actes de torture. Je n’ai fait que saisir l’opportunité de rendre ma vie un tant soit peu intéressante. Je n’ai pas d’autre projet que de voir ce qu’il va se passer pour le moment.

Observant le vide, elle termina son verre. Elle savait ce qui l’attendait sans pour autant l’imaginer parfaitement. Comment cela se passerait-il ? Comment lui ferait-il mal ? A quel point ? Comment se passeraient ses séjours en Terre Blanche ? C’était difficile à dire. Elle était encore trop faible.


892 mots

Leigh sourit et veut être amie avec tout le monde.



Bijin
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Jämiel Arcesi
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Jämiel Arcesi
Lun 21 Déc 2020, 12:19

Dark Kingdom Color Key par Aaron Limonick
Le Château Interdit

Touchée. Celle-là était vraisemblablement emplie d'orgueil et se voyait Impératrice Noire à la place de l'Impératrice Noire. Un sourire amusé se glissa sur les lèvres d'Èibhlin. Elle ne s'était pas attendue à ce genre de réaction. Pourtant, c'est en un sourire pincé que son expression vira lorsque cette dernière l'associa à ces cueilleurs de pâquerettes. Elle ne s'en étonna cependant pas. Elle était tout à fait consciente de ses origines. Qu'elle continue à la prendre pour l'une d'entre eux. Elle découvrirait à ses dépens que ses pétales à elle étaient moins inoffensives qu'elle ne semblait le croire. Alors elle se tourna entièrement vers cette femme, croisant ses mains devant elle et lui offrant un sourire avenant. « Vous n'avez pas à vous excuser. Il n'y a nulle grandeur ni magnificence qui parent mon nom. Qu'il vous soit inconnu n'est guère étonnant. » répondit la Sarethi à son venin d'un ton conciliant. Après tout, il n'y avait nul mensonge derrière ses paroles. « Toutefois je suis navrée. Je ne connais toujours pas le votre de nom. Peut-être n'est-ce pas dans les usages de vos contrées que de rendre les présentations ? » ajouta-t-elle faussement naïve sans se détacher de la silhouette de la brune, avant de lui décocher un nouveau sourire. Quoiqu'il en soit, il était de coutume chez elle de rendre les hostilités, qu'elles soient agrémentées de miel ou accompagnées de ruines.

Finalement, l'attention de l'Alfar fut détournée de son interlocutrice par la Magicienne et le mal qui la tourmantait. Pourquoi elle avait accepté ? Parce qu'on ne lui avait pas laissé le choix, voilà tout. Alors la surprise marqua son visage avant d'être remplacé par un sourire, mélange de ravissement et de... compassion ? Curieux. Avec un regard en biais, elle écouta le discours de l'orgueilleuse et tira la grimace lorsqu'elle évoqua le potentiel héritier que chacune pourrait porter. Quand à l'autre... Elle semblait juste dans une acceptation totale des évènements. C'était quand même dingue que son avis soit plus proche de celui d'une Magicienne que d'un être Démoniaque. Quoi que. « Hum. ». Elle porta sa main à sa bouche, songeuse, avant de replacer une mèche tandis qu'elle prît à son tour la parole. « En vérité, il est commun chez nous d'être promis à quelqu'un par simple intérêt, ce dès l'enfance parfois. Il existe bien sûr des mariages d'amour également, mais ils sont moindres. ». Elle-même ne pariait pas sur l'un d'eux alors qu'elle n'était promise à personne du fait de sa condition. « Toutefois, un mariage lie deux individus ensemble et uniquement ceux-là jusqu'à la mort. Il ni a pas de polygamie dans notre société. ». L'une des raisons pour laquelle elle avait refusé la demande  de l'Empereur Noir lors de la Coupe des Nations. « Aussi... » reprit-elle en s'approchant de la Comtesse Vaughan. « Il s'avère que, originellement, j'ai refusé ce mariage. Je suis dans la même situation que vous, j'ai été contrainte à l'accepter. » conclu-t-elle en glissant doucement son bras sur le sien et lui offrant sa pleine attention, ne glissant qu'un ultime regard aux deux autres femmes à ses derniers mots. « Donc, comme l'a si bien dit Dame Dogma, vous n'avez pas à vous inquiéter. Vous n'êtes pas seule dans votre situation. » ajouta-t-elle doucement à l'attention de la Magicienne.

Èibhlin s'écarta légèrement de la Magicienne à la proposition de l'arrogante, arquant un sourcil au ton qu'elle employât vis-à-vis de la domestique. Offrez donc un peu de pouvoir à un gueux et il se prend pour un roi. Ces derniers ne faisaient jamais long feu cependant au sein de la Majestueuse. Du bout des doigts, la Sarethi se saisit de son verre, le levant en silence en même temps que la Démone. Pourtant elle n'y toucha pas. Elle ne faisait pas assez confiance aux Sorciers pour ça. Son œil se posa sur la dernière à s'être exprimée et l'ayant interpellée. « Vous avez raison. Trouvons un terrain d'entente. Après tout nous serons condamnés à nous revoir. » approuva-t-elle d'une voix plus doucereuse qu'elle ne l'avait souhaité. Puis elle ouvrit des yeux surpris. Ce n'était pas une question que l'on entendait chez elle, même sur Mornhîngardh puisque tous songeaient à la même chose : quitter ce Plateau. L'Alfar prit une brève inspirations et se tourna pour poser son verre sur la hotte de la cheminée. « Drosera est comme une immense fleur au milieu de la forêt. ». Une fleur mortelle et impitoyable, mais ce n'était qu'un détail. « Elle règne en symbiose avec l'Arbre-Roi et déploie ses Plateaux tels d'immenses pétales. ». Elle marqua un temps. « Son surnom de "Majestueuse" n'est pas apparu de nul part comme Amestris n'a pas choisi du jour au lendemain de se faire nommer "La Vorace". » ponctua-t-elle avec un mince sourire empli d'orgueil. « Quoi qu'il en soit, ce mariage n'est pas un projet. Tout du moins, il s'est imposé à moi et aux éventuels projets que j'avais. J'ai dû m'adapter. ». Elle poussa un soupir en songeant que, de toute manière, tant qu'elle n'aurait pas passé le jugement de Dothasi, ce mariage sera toujours discuté au conditionnel.

Un instant elle se demanda ce que pouvait bien faire sa préceptrice. La connaissant, elle ne se contenterait pas de la tâche ingrate de trouver un appartement convenable pour elle. Son attention ne fut néanmoins détournée que peu de temps, revenant à l'instant présent à la mention de l'Empereur Noir. Ou plutôt, dès lors que l'une d'elle parla de lui en employant son prénom. Elias. Elle se perdit un instant dans de vagues réflexions avant de réagir. « Nous ne sommes et seront que Dames Noires. Il n'y a que l'impératrice Noire qui a un véritable pouvoir aux côtés de l'Ultimage. Nous n'avons que le rôle de seconde main, au mieux de passerelle entre le monde des Sorciers et celui dont nous sommes originaires. C'est avoir la folie des grandeurs que de s'imaginer avoir un quelconque poids parmi les Mages Noirs sans en posséder l'essence » fit-elle sèchement. Emrys le lui avait bien fait comprendre qu'elle était une fille de Dothasi avant d'être sous l'égide d'Etelba. Une situation qui s'appliquait à tout les Alfars, y compris les Élus d'Hel'dra. Son éducation n'aidait peut-être pas non plus. Faire partie du pouvoir sans le posséder totalement avait quelque chose de terriblement frustrant pour elle, d'autant qu'elle en possédait encore moins à Drosera.
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Mots 1065

Èibhlin s'est trouvée une ennemie et une alliée <3
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Aliénor Vaughan
Jeu 04 Fév 2021, 01:09



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Aliénor regarda la brune. Oui, elle le savait. Pourtant, elle aurait préféré un mariage d’amour. Le Grand Chaos ne devait pas s’embarrasser de sentiment, comme elle le disait si bien. En était-il capable ? Elle redoutait une réponse négative. Ce n’était pas tant son manque de considération qui la chagrinait mais bien cette impasse qui semblait se profiler. Si Elias ne la touchait pas, personne ne le ferait. Aussi, malgré le fait qu’elle ne vieillît plus depuis longtemps, s’imaginer vieille fille sans rien connaître des choses de l’amour l’effrayait. Au moins, elle pouvait se raccrocher à ce rêve ; ce rêve qu’elle avait fait avec Priam. Le souvenir de ses mains sur elle suffisait à raviver une flamme qui vacillait trop souvent ces derniers temps, surtout depuis qu’elle était chez les Sorciers. « … » Elle n’avait pas envie de porter un héritier. Pourtant, cela faisait longtemps qu’elle en entendait parler. Elias n’était pas le premier. Il y avait eu le précédent Empereur Noir avant, un homme connu pour ses nombreuses conquêtes et son amour pour sa descendance. Toutes ses femmes ou presque avaient accouché d’un enfant. Aliénor avait été sauvée par le temps, par ses études et peut-être parce qu’elle n’était sans doute pas au goût de Lord. Elle ne l’avait jamais su. Peut-être que l’Impératrice Blanche avait fait pression pour qu’il ne se passât rien entre eux ? Ils n’avaient pas passé beaucoup de temps ensemble non plus.

Lorsque l’Alfare s’approcha, elle releva les yeux vers elle. Cela lui faisait du bien de savoir qu’elle n’avait pas été la seule à ne pas avoir le choix. L’intervention de Lysistrate l’avait également rassurée. Si elles pouvaient se soutenir mutuellement, elles vivraient sans doute beaucoup mieux leur condition. La Magicienne était habituée à la présence de femmes et de filles à ses côtés – elle n’avait que des sœurs, presque vingt – et elle aimait les instants complices, durant lesquels l’insouciance effaçait les peurs et les doutes. Elle espérait retrouver ça ici. « C’est vrai qu’un verre nous ferait du bien. » Elle n’était pas habituée à boire mais la situation s’y prêtait à la perfection. En réfléchissant, elle se rappela les commentaires de sa sœur, Isabeault. Cette pimbêche aurait été ravie d’épouser Niklaus ou Elias. Le fait qu’ils fussent des Sorciers ne l’aurait pas le moins du monde dérangée. Elle était attirée par les titres et la renommée. « Aux Dames Noires ! » répéta-t-elle, en essayant de laisser la joie reprendre possession de son être. « Je l’espère aussi ! » répondit la Magicienne. Elle s’imaginait déjà discuter avec elles jusqu’au bout de la nuit, à échanger sur des potins, sur la meilleure recette de la tarte à la rhubarbe ou sur des histoires de garçons. Peut-être pourraient-elles devenir des confidentes ? Ou bien se consoler lorsque les événements deviendraient trop durs à porter ? « D’actes de torture ? » répéta-t-elle, incrédule. Lysistrate avait l’air de prendre bien le fait que sa vie d’antan eût été détruite. Ça la surprit.

En buvant son verre, elle écouta les propos sur Drosera, la Majestueuse. Les Alfars étaient des êtres secrets que l’on désignait comme cruels et piquants. Pourtant, si elle se rappelait bien de ses cours, ils étaient de fabuleux artistes et des politiciens et orateurs de talent. Leur système sociétal était néanmoins sans pitié. Après un temps, elle répondit à son tour. « Disons que j’ai laissé mes projets sur le côté ou, du moins, je n’ai pas eu le temps d’en avoir réellement. » Elle se souvenait pourtant des étranges rêves qu’elle avait fait. Cela faisait plusieurs lunes, déjà. « J’ai été choisie pour épouser Niklaus Salvatore, le précédent Roi. Il ne m’a jamais touchée… C’est amusant parce que je me rappelle encore les commentaires de l’une de mes sœurs. Elle le trouvait beau. » Il était roux, grand et puissant, un excellent parti d’après elle. « C’est vrai qu’il avait une certaine prestance… Puis il était connu pour consommer rapidement. Je pense qu’elle aurait aimé être à ma place et, très sincèrement, si j’avais pu, je la lui aurais laissée. » Aliénor avait même pensé à envoyer Douce, sa sœur jumelle. Dans ses fantaisies les plus cruelles, elle la livrait en pâture au Grand Chaos et s’échappait loin de tout ceci. Bien sûr, elle n’avait jamais tenté. « Je pense que j’ai dû me faire à l’idée de porter un héritier de cet homme… Peut-être, je ne sais pas. » Elle avait aussi essayé de séduire son garde du corps pour qu’il la touchât et pour que ce simple fait rompît ses fiançailles. Ça n’avait pas fonctionné le moins du monde. Elle n’avait reçu que du mépris ce jour-là. « Je ne m’attendais pas à ce que le trône noir change de propriétaire entre temps. Pour être honnête, mon mariage est un peu tout ce qui me définit aujourd’hui aux yeux des autres alors, de là à avoir des projets personnels… Je n’y ai pas vraiment réfléchi. J’ai simplement peur de me retrouver dans la même pièce que lui ou juste… qu’il veuille réellement un héritier. Je ne sais pas comment faire… » C’était à moitié faux, étant donné le rêve, mais ce qui était un songe n’était pas une réalité. Elle avait aussi vécu dans la peau de Priam. Elle avait déjà fait l’amour, à la façon des hommes… en quelque sorte. « Vous avez déjà euh… fait des choses ? » Elle but encore, comme pour oublier sa soudaine audace.

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Dim 04 Avr 2021, 19:29


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Mon erreur aurait pu être fatale. Perdue dans mes pensées, j’observai la coupe de cristal sans y prêter attention. Les bulles luttaient pour remonter à la surface dans une effervescence subtile, bien loin de l’agitation qui qui troublait mon esprit. Les mots que j’avais prononcés me revenaient comme un écho dissonant. ‘Veuillez m’excusez, Dame Mèinn, je pensais que vous aviez assisté à ma présentation. Force est de constater que je me suis fourvoyée. Je suis Esther Nixen, mais cela ne vous dira sans doute pas grand chose. Comme vous l’avez si bien exprimé, de là où je viens, les noms sont rarement évocateurs.’ Fallait-il que je fusse particulièrement stupide pour exprimer à haute voix une notion si proche de la vérité aux vipères qui m’entouraient. Je priai A’zar que leur intelligence fût suffisamment limitée - et leur capacité de déduction proche du néant - afin qu’elles ne sussent percevoir l’entité derrière le masque. Et pendant que la discussion battait son plein, je me bâtissais une vie en accord avec mes aveux - au cas où les explications deviendraient inévitables.

Je bus une gorgée pétillante qui stimula mon imagination. A présent, j’étais fin prête à répondre aux interrogations de mes comparses. Mais pour l’heure, je décidai de participer à leurs frivolités, usant de tous les stratagèmes afin de détourner la conversation de ma personne. Heureusement, Dame Vaughan et Leigh oeuvraient pour le mieux dans mon sens. Sous leur impulsion, nous abordâmes tour à tour nos relations avec Elias. Nous dérivâmes ensuite sur Drosera, la Majestueuse. Et mon goût pour la raillerie s’affirma davantage.

« Vous venez de Drosera ? lâchai-je d’un air faussement surpris, avant de reprendre avec plus d’assurance. C’est évidemment plus plausible… Je vous prie de m’excuser, je vous prenais pour une Porteuse d’Yggdrasil. Vous auriez dû me reprendre tout à l’heure, je n’en n’aurai point été outrée. Je vous avoue que je ne connais pas grand chose sur votre peuple… Peut-être pourriez-vous m’éclairer sur un point - afin d’éviter d’éventuels faux pas dans le futur, bien entendu : d’un point de vue purement physique, comment reconnaître un Alfar d’un Ygdrae ? D’après mes lectures, je vous imaginais avec un teint sombre, mais cette description ne me paraît pas vous correspondre…»

Nous continuâmes d’échanger ensemble, l’ombre d’Elias planant aux détours de nos phrases. Et c’est avec une pointe de satisfaction que je conclus que j’étais la seule à avoir l’ambition nécessaire au rôle qui nous incombait. Ce que l’Alfar nommait ‘la folie des grandeurs’ n’était que l’exploitation de l’opportunité qui s’offrait à moi. Je pus l’assurer : les Mages Noirs reconnaîtraient mon statut. Bien évidemment, j’avais un avantage non négligeable sur mes consoeurs : j’étais une Sorcière - du moins officiellement. Pourtant, il restait de nombreux détails à organiser ; j’avais besoin d’une vie officielle, de découvrir les us et coutumes d’Ethelba et de m’approprier leur magie maudite. Mais tout viendrait en temps voulu. Pour l’instant, je n’avais besoin que de jouer sur les apparences. Et ça, c’était ma spécialité.

La tournure de nos échanges prit une direction fort surprenante. La plus ingénue s’enticha d’une question peu conventionnelle sous couvert d’une expression pudibonde… ‘Faire des choses’… Cette gamine ignorait-elle tout des expériences de la vie ? Je bus une nouvelle gorgée - plus longue cette fois-ci. Les seuls ‘souvenirs’ que j’avais conservés sur le sujet étaient ceux des ébats d’un autre : Aladdin. Je n’étais pas la plus expérimentée sur le sujet ; ces stigmates de mon existence avaient disparu à l’instant même où j’étais devenue celle que j’étais désormais. Ma mémoire ne gardait aucune trace des plaisirs de la chair. Mais je ne rappelais avec moult détails des sentiments et des sensations qui m’avaient parcouru à la lecture du Conte des Trois Royaumes.

« Je ne vois pas très bien où vous souhaitez en venir, Dame Vaughan ? Avez-vous des questions plus précises en tête ? Je doute que vous désiriez que nous vous fassions un récit de nos aventures vénériennes, me trompe-je ? »

Je balayai la salle des yeux, cherchant les regards des deux autres Dames Noires. J’étudiais leurs comportements et leurs réactions, détaillant chacune des mimiques de leur visage. Je préférais être prête au cas où j’aurais à emprunter leur apparence. Mais, plus que pour tout autre raison, je les sondai afin de déterminer si elles souhaitaient s’engager sur le sujet des relations charnelles. Attendant leur réaction, je m’adossai confortablement au fauteuil de velours et posai les bras sur les larges accoudoirs.


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Kitoe
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Mer 07 Avr 2021, 18:11

Leigh
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La Démone écoutait sagement les paroles de chacune d’entre elles. La situation était à la fois tendue et agréable. Tendue, parce qu’elles ne se connaissaient pas et qu’elles étaient trop différentes pour avoir une chance de sincèrement s’apprécier un jour. Agréable, parce que toute cette tension était amusante. Entre Èibhlin et Esther qui se tiraient dans les pattes et Aliénor qui cherchait désespérément un peu de chaleur dans cet iceberg, il y avait de quoi se divertir. Le ton sec des premières, lorsque celui-ci lui était adressé, ne l’affectaient pas particulièrement. De toute manière, elle préférait observer les hostilités plutôt que d’y prendre part directement – elle n’avait pas encore la prétention de pouvoir le faire – ou encore de tenter de jouer les médiatrices – elle était une Démone, pas une psychologue de couples.

-Drosera semble être une très belle ville. Commenta-t-elle.

Elle était réellement curieuse, à présent, de pouvoir y mettre les pieds un jour. Leigh aimait l’exotisme. Elle continua.

-Mais ne soyez pas si pessimiste. Nous n’allons tout de même pas nous morfondre d’avoir ce rôle de seconde main, comme vous dites. Sans parler d’ambition, je pense que nous trouverons toutes un moyen de nous épanouir.

L’Empereur Noir leur avait forcément proposé des contreparties à elles aussi. En parlant d’ambitions, Dame Vixen n’avait rien répondu à sa question. Elle n’en tînt pas rigueur, mettant ça sur le compte de la réserve et la méfiance. La Démone n’avait pas l’intention d’insister, alors que ses deux autres interlocutrices semblaient plus ouvertes à la discussion. En plus, Leigh avait un petit faible pour la pauvre Magicienne, qu’on avait lancée sans aucun état d’âme dans la fosse aux vipères. Sa candeur, en quelque sorte, l’attendrissait. Profitant de la question de cette dernière, la Vile se pencha vers elle. Elle n’avait pu retenir un léger ricanement à sa question. Des choses ? Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas entendu un terme aussi réservé. Mais elle pouvait comprendre ses craintes. Leigh avait aussi peur de se retrouver dans la même pièce que lui, bien que ce ne fût pas exactement pour les mêmes raisons. De toute manière, elle doutait qu’il veuille un héritier avec elle. Elle ne savait même pas si elle était capable d’en donner. La Démone n’était pas faite pour être mère. Il faudrait qu’elle essaye, ceci-dit. L’on disait que les accouchements étaient longs et douloureux. Pire encore pour les fausses couches.

-Si ce n’est que cela qui vous effraie, alors vous n’avez rien à craindre.

Evidemment, la Démone retenait sa langue. On venait de toucher à l’un de ses sujets de prédilections et si elle n’avait pas été soumise à la bienséance sorcière, nul doute qu’elle aurait catalogué l’entièreté de ses explorations et de ses partenaires. D’humeur joueuse, elle lui aurait même proposé une séance d’initiation. D’abord timide, elle était certaine qu’Aliénor s’y serait finalement plu, et ainsi, Leigh aurait pu passer au niveau supérieur. Elle se demandait quel rôle siérait le mieux à la pucelle. Soumise ? C’était ce qu’elle semblait être depuis le début de son existence. La Vile était plutôt curieuse de la voir en dominatrice. En détruisant ses œillères de petite fille bien sage, peut-être parviendrait-elle à en faire une amante intéressante. Quant aux autres Dames Noires… Esther devait être une dominatrice. Èibhlin était un peu des deux. Quoiqu’en dominatrice, ce devait être quelque chose… contrôler des ronces et tout un tas de plantes toxiques et irritantes devait être terriblement excitant. Leigh se mordit l’intérieur des joues pour cacher son émotion. Elle était plongée dans une profonde réflexion : un plan à quatre était-il envisageable ? Entre elles, elles avaient de quoi équilibrer les rôles, elle en était certaine. Qui sait, peut-être qu’elle parviendrait même à impliquer Elias. Ça ne lui paraissait pas impossible. Néanmoins, elle supposait qu’elles devraient être préalablement préparées à ses assauts, ou ce serait un bain de sang.

-Mais pour répondre franchement à votre question, oui. Si le sujet indispose nos consœurs, nous pourrons échanger dessus plus tard si vous le désirez. Ça ne me dérange pas.

La perche était tendue, elle espérait qu’elle serait saisie. Autrement, Leigh serait un peu triste et n’aurait que les domestiques pour assouvir ses désirs. A moins qu’elle ne choisisse d’user de la force, mais elle n’en avait pas envie pour le moment.

-Quant à vos projets personnels, je ne peux pas croire que vous n’en ayez pas. Vous n’êtes pas qu’un mariage, Aliénor.

Elle vida le reste de son verre et le leva pour demander à la servante de la resservir, elle et ses consœurs. Elle voulait qu’elles boivent pour les détendre. Leigh avait peur de se lasser si les manières ne se déliaient pas plus que ça.

-Vous dites que vous avez mis vos projets de côté pendant si longtemps, simplement pour respecter ce contrat. Ma chère, il va falloir remédier à cela. A moins que vous n’ayez l’éternité devant vous, et encore, vous ne pouvez pas juste… ne rien faire. Croyez-moi, dans cette demeure, cela va changer.

Elle lui adressa un clin d’œil. Elle ne faisait pas allusion au sexe, mais à la vie en général. La Démone serait plus que ravie de sortir la jeune femme de sa vie trop rangée et monotone. Qui sait ce que cela pourrait donner.


875 mots
Leigh veut pécho toute la royauté, puis Aliénor et devient sa coach de vie /sbaf/




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Dim 02 Mai 2021, 22:50

Dark Kingdom Color Key par Aaron Limonick
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Èibhlin offrit un sourire à la Démone en affirmation à son commentaire. Bien sûr que Drosera était splendide. Comme toutes les autres villes Alfars d'ailleurs. Que croyait-elle celle-là ? Surtout comparée à d'autres territoires appartenant aux races maléfiques, comme l'Enfer ou Amestris. Les Enfants de Dothasi étaient plutôt bien lotis finalement — de son point de vue tout du moins — contrairement aux Mages Noirs ou aux Vils et leurs terres majoritairement dévastées. Toutefois elle se contenta à hausser des épaules à la suite du discours auquel elle eut droit, avant se reporter à nouveau vers la brune dont enfin elle en connaissait enfin le nom. Avant de lui répondre, la Sarethi prit quelques secondes pour l'observer avec une attention toute particulière, se moquant éperdument que son geste ne passe pas inaperçu. Cette femme semblait se moquer de tout et ne s'intéresser qu'à sa propre situation. Il serait étonnant que son intérêt pour le peuple Alfar soit simplement question de bienséance et de curiosité. « Je vous en prie, je vous accorde que la méprise est aisée. Et puis, vous n'avez pas tort, après tout il est de notoriété que le teint de mon peuple est aussi sombre que la nature qu'il chéri. Retenez donc simplement que les apparences peuvent être trompeuses. » répondit-elle d'un ton détaché, son index dessinant le galbe du verre comme ses deux améthystes se plongèrent dans le carmin du liquide y étant contenu. Car cette remarque valait pour bien des choses, y compris la boisson qui leur était servie, quoi qu'elle semblât inoffensive à première vue. Y comprit sa propre interlocutrice, bien qu'elle l'ignorât. Toutefois, c'était encore une toute autre chose qu'elle évoquait ici. La bénédiction — ou la malédiction selon les points de vue — de Dothasi. Si la description de la vaniteuse était vraie dans l'ancien temps, aujourd'hui les choses avaient changées. Aujourd'hui elle n'était pas seule Alfar à naître blanche de peau. Même les plus anciennes lignées n'ayant jamais connues que le sang de leur race et dont les gènes ne sont souillés par aucune souche étrangère sont touchés par ce phénomène. Sa particularité n'était pas une singularité. Heureusement d'ailleurs. Elle ne serait probablement pas là aujourd'hui sinon. C'est alors qu'elle croyait ne pas pouvoir se dépêtrer de la prétentieuse que la Magicienne se chargea de troubler les esprits de tous avec une unique question, cependant plus propice aux discussions de boudoirs que celles de salons. Un tantinet gênée de devoir aborder un sujet si intime et lui étant parfaitement inconnu, Èibhlin s'écarta légèrement de l'Épouse Maudite — qui d'ailleurs portait bien son titre au vu de ce qu'elle leur eût expliquée — et commença à entortiller une mèche autour de son index. Ce ne fut que lorsqu'elle comprît qu'elle ne réchapperait pas à devoir également donner son avis sur la question, principalement suite à l'intervention de la Démone, qu'elle se reprît. Ainsi elle délaissa ses cheveux, replaçant sa mèche correctement, et redressa son port de tête pour répondre. « Hum, et bien... En fait il est plutôt mal vu de consommer avant le mariage dans notre société... ». Sa phrase se conclut d'un regard fuyant. C'était un sujet avec lequel elle était encore peu à l'aise. Même si elle avait la mémoire de l'Ygdraë dont elle était issue et que ceux-ci, dans leur jeune âge, semblait plutôt libertin sur le sujet, elle, elle n'existait réellement que depuis à peine cinq ans. Alors son attention se posa sur la Démone. Elle semblait bien avertie sur ce sujet. Cela n'avait rien d'étonnant en soi. Ils étaient les porteurs des Péchés, ceux qui avilissaient le monde et le faisait plonger dans la décadence la plus sordide. Le regard de la Sarethi bondit alors de celle-ci à la Magicienne. Puis de la Magicienne à l'arrogante. Aliénor comptait réellement que toutes se soutiennent ? Qu'elles deviennent des confidentes ? Personne dans cette pièce n'était identique. Probablement manquait-il d'autres futures Dames Noires, mais ça l'étonnerait qu'une seule leur ressemble. Ignorant la servante qui s'éloignait doucement en constatant son verre toujours plein, la jeune Alfar tourna son regard sur la flambée crépitant dans l'âtre. « Dame Vaughan, vous êtes présente aux côtés des Sorciers depuis bien plus longtemps que nous. Que pensez-vous de l'Empereur Noir ? ». Elle se demanda si, finalement, c'était une bonne idée que de poser cette question. Plus. La poser de vive voix. Elle devait savoir pourtant. Ainsi elle fit demi-tour, et se tourna tour à tour vers les deux autres femmes. « Dame Dogma, Dame Nixen. Qu'en est-il pour vous ? J'ignore si vous avez déjà eu l'occasion de le voir, mais j'imagine que vous avez à minima déjà échangé avec lui. Quelle impression vous a-t-il laissé ? ». Il fallait qu'elle sache. Probablement ne saurait-elle jamais lui répondre clairement si elle n'avait pas ne serait-ce qu'une infime idée du ressenti de ses comparses.
:copyright: ASHLING POUR EPICODE




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Èibhlin répond à tout le monde avant d'interroger tout le monde à son tour
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Aliénor Vaughan
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Aliénor Vaughan
Mar 22 Juin 2021, 19:10



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« Vénériennes ? » Le mot ne lui était pas familier. Elle comprit néanmoins ce dont il retournait, puisqu’elle avait posé la question. Honnêtement, la Magicienne ne savait pas si elle désirait entendre ce genre de récits. Peut-être. Ça les rapprocherait sans doute, comme lorsque les conversations dégénéraient avec ses sœurs et que l’une d’elle contait avec entrain ce que lui avait récemment dit ou fait son dernier petit-ami en date. Il n’y avait pas que ça. Souvent, elles parlaient des relations amoureuses du royaume et émettaient des théories sur ces dernières. Elles rêvaient souvent et fantasmaient sur les héros des Contes de Faes. Parfois, lorsqu’une amie plus dévergondée venait, les détails pleuvaient. Aliénor faisait toujours mine d’être gênée mais, finalement, elle était surtout intéressée. « Vraiment ? » répondit-elle, à la Démone. Si Dame Nixen n’avait pas l’air de vouloir discuter avec elle, Leigh semblait le désirer. Elle voyait en elle une alliée. C’était bien connu : discuter créait un lien et elles pourraient donc devenir amies, en se confiant leurs petits secrets. Du moins, Aliénor l’espérait. Elle désirait réellement créer la même ambiance que dans sa demeure familiale à l’intérieur des murs glacés de ce château. Elle avait quelques idées de décoration bien plus chaleureuse. Elle ignorait si elle disposait des pouvoirs pour le faire partout mais elle tenterait d’imposer son style dans sa propre chambre. Elle mettrait de jolis tableaux, des napperons, des bibelots colorés et des couvertures moelleuses. « Merci. » Les propos de la Vile la touchèrent. Elle semblait bien plus chaleureuse que les deux autres. « Je l’espère. Peut-être que maintenant que les choses sont plus euh… palpables, j’arriverais à me faire à cette nouvelle vie. » Peut-être.

« Chez les Magiciens aussi. » Enfin… Entre ce qui était mal vu et ce qui se faisait, il y avait un monde. L’étiquette voulait que les jeunes gens ne pussent pas consommer avant le mariage. Certaines jeunes filles et certains jeunes hommes avaient à cœur de respecter ce principe. D’autres s’en moquaient. Les problèmes survenaient lorsqu’une grossesse non-désirée pointait le bout de son nez. Il y avait, bien sûr, des techniques magiques pour dénicher un père qui n’aurait pas désiré prendre ses responsabilités. Néanmoins, en fonction de qui il s’agissait - quelqu’un d’un rang trop inférieur ou, au contraire, bien trop supérieur - l’homme n’était pas inquiété. Dans le premier cas, il valait mieux trouver un père de substitution, comme pour Isabeault. Dans le second cas, il valait mieux ne pas risquer le conflit ouvert et une procédure longue et coûteuse. Cependant, cela arrivait dans les familles pour qui la hiérarchie nobiliaire avait encore un sens. Certains se fichaient que le responsable fût un fils de Duc. Ils demandaient la prise des responsabilités sans se soucier du quand dira-t-on. C’était ce qui marchait le mieux. Au moins, si ledit fils ne désirait pas épouser la femme qu’il avait fécondée, il devait payer une pension. De ce qu’Aliénor avait compris, parfois, ce genre de choses se passaient en secret. On voyait certaines demoiselles seules, avec un enfant à charge, crouler littéralement sous les pièces d’or et d’argent. Alors, à ce moment-là, le peuple chuchotait sur son cas, se demandant qui pouvait bien être le père. Il y avait également le cas inverse, quand le père était d’un rang inférieur, aurait aimé prendre soin de son enfant mais que les parents - bien trop attachés aux mœurs - lui refusaient officiellement cette possibilité. Des arrangements étaient trouvés, que ce fût en permettant au concerné de voir l’enfant en secret en lui faisant promettre de ne pas parler du lien biologique ou que ce fût en promettant un mariage à certaines conditions, comme l’élévation sociale par exemple. Chez les Magiciens, c’était comme s’il y avait un ancien et un nouveau monde. Les deux se côtoyaient avec une facilité parfois déconcertante pour les étrangers. La liberté de mœurs frôlait les vieux principes rigides. L’on pouvait aussi bien trouver des Magiciennes qui changeaient d’amant comme de chemise ou des Magiciennes encastrées dans un mariage arrangé et sans amour depuis vingt ans.

La question suivante surprit Aliénor. « À vrai dire… Je n’ai vu l’Empereur Noir qu’une fois, de loin, lors de son Couronnement. » Elle but sa coupe de champagne et se resservit seule. Elle n’avait pas envie de rappeler la domestique. Elle était dotée d’une main valide. Il était donc inutile, d’après elle, de faire faire des aller et retour à une femme qui devait, en plus de ça, avoir beaucoup de choses à faire. « Je ne sais pas quoi penser de lui. Les rumeurs à son sujet sont horribles. Il aimerait faire des choses avec les enfants. » C’était l’une des raisons pour lesquelles enfanter avec lui l’effrayait. Elle avait espoir que ces racontars fussent faux. Les jaloux pouvaient inventer énormément de rumeurs, simplement pour discréditer le Roi. La Magicienne ne comprenait pas l’intérêt qu’un adulte pouvait trouver au corps d’un enfant. C’était disproportionné, totalement déplacé. Elle ne pouvait l’imaginer sans frissonner. Elle avait beaucoup de petites sœurs, ce qui rendait la perspective d’autant plus terrible. « Et… » Elle se râcla la gorge. « Il semble être un grand chasseur… » Que chassait-il ? Là encore, les bruits de couloir étaient divers. « Je sais qu’il a euh… Oui, je crois me souvenir qu’il a longtemps été éloigné d’Amestris. Niklaus l’a envoyé ailleurs, personne ne sait où d’après ce que j’ai entendu. Ce serait un homme de confiance de l’ancien Souverain. Et euh… Quand il est revenu de sa mission secrète Niklaus l’a adopté et lui a fait épouser sa fille… Je crois qu’elle s’appelle Viviane. Peut-être qu’il devait conquérir un territoire ou faire d’autres affaires secrètes quelque part… » À y réfléchir, elle était très peu documentée. Le voyage d’Elias à l’étranger n’avait rien changé chez les Sorciers. Pourtant, ils étaient connus pour être fourbes. Cette fameuse chose attendait peut-être patiemment son heure pour apparaître. « Enfin oui, c’est ça, je crois qu’il a beaucoup voyagé, ce qui expliquerait qu’il soit si ouvert aux mariages étrangers… Même si Niklaus aussi, en y pensant… » Elle but. « Peut-être a-t-il vu des choses fantastiques ? Mais je ne lui ai jamais parlé alors je ne saurais dire. Il faudrait que nous en ayons l’occasion. Peut-être nous livrerait-il quelques secrets ? » Elle ne se voyait pas vivre dans l’indifférence totale pour toujours. Elle craignait Elias mais entendait - peut-être - avoir une vraie vie de famille avec lui, quitte à le partager avec dix autres femmes. Elle avait simplement peur de s’exposer à un mur. Aussi, même si elle était lancée dans une optique de sacrifice, elle préférait encore - à ce moment-là - qu’il continuât de l’ignorer. Il la rendait pourtant curieuse, très curieuse. « Je me demande s’il est vraiment vieux… » laissa-t-elle entendre. « Niklaus avait plusieurs siècles mais il avait toujours une apparence jeune. Ce que je veux dire c’est que… Enfin… Comment dire ? C’est un mage puissant alors… pourquoi paraître… comme ça ? » Elle réfléchit. « Peut-être qu’il n’aime pas qu’on le regarde ? » Cette réflexion était bête. Il était dur à ignorer. C’était un Roi. L’alcool dénouait sa langue. Elle parlait beaucoup. « Où qu'il a été maudit ? »

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