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 « Nous » | Solo

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Isiode et Isley
~ Ange ~ Niveau III ~

~ Ange ~ Niveau III ~
◈ Parchemins usagés : 1068
◈ YinYanisé(e) le : 04/01/2016
◈ Activité : Soldats
Isiode et Isley
Jeu 26 Mar 2020, 21:42



~ La scène se passe au cours du RPPT Le Rêve qui crée le doute, le Rêve qui révèle, le Rêve qui exauce ~

J’eus un drôle de frisson, le contact de sa peau sur la mienne me glaçant à l’instant où ses bras s’enroulèrent autour de mon être. Je me concentrais sur sa voix, d’une douceur de miel, mais mon regard et ma réflexion se portaient sur tout autre chose. Je déglutis, sentant au creux de mes tympans des tambourinements violents se fracasser entre mes deux oreilles.



Je nous voyais être rejetés dans les écumes de l’Océan par la main paternelle, criant son nom tandis que la pression nous écrasait la poitrine aux premiers instants. Je nous voyais au milieu des flots sous-marins, aux bras de notre père d'adoption, à être couverts de tous nos caprices, à tenter de convaincre l’amour de nous faire siens. Je nous voyais quitter les eaux qui nous avait vu grandir et nous épanouir pour chasser inlassablement ce même amour, qui nous glissait doucement entre les doigts. Je nous voyais constater la révélation, je nous voyais reconsidérer toute notre existence, notre histoire; reconsidérer qui nous étions réellement : nous n'avions jamais été une Fille de l'Océan.

Je nous voyais seuls et détestables au milieu de l’inconnu terrestre que nous tentions de connaître et d’apprivoiser. Je nous voyais rencontrer des hommes de l'Histoire, qui étaient petits à ces époques, et qui devinrent Grands au fil du temps, marquant les Annales des guerres et des trônes. Je nous voyais, peu à peu, donner un nouveau souffle à l’amour. Je nous voyais développer des sentiments inusités pour des êtres tout aussi monstrueux et singuliers, la curiosité et l’attirance se tordant dans une passion bouleversante et licencieuse. Je nous voyais, brusquement, le cœur briser, céder à une obscurité soudaine et un désespoir profond. L’amour avait de nouveau disparu, un amour que nous avions si longuement nourri, si longuement chéri, qu’une fois retiré, il nous semblât que tout était en train de s’effondrer autour de nous. Nous voulions faire cesser cette douleur qui nous meurtrissait la poitrine, faire cesser cette tristesse qui nous détruisait à petit feu. Et pour ce faire, nous l’avons créé.

Elle était notre échappatoire, notre distance, la barricade qui protégeait notre cœur et notre esprit des potentielles cassures qui pourraient les faire exploser, et c’est pourquoi nous lui avions laissé notre place. Pour qu’elle nous rende imperméable, pour que nous puissions continuer de vivre à travers elle, laissant notre esprit dormir, loin de toute sensibilité, de toute douleur, de tout chagrin, qui pourrait de nouveau nous briser. Mais si elle n’avait aucunement conscience des actions de cette autre, j’étais pourtant en mesure de la voir profiter de cette vie, de
sa vie. Elle jouait avec son corps, avait laissé des hommes lui enlever sa virginité. Je pouvais sentir leurs mains sur sa peau, lui procurer des exaltations folles et vibrantes. Je l’avais entendu pousser ses premiers cris de plaisir; je m’étais étranglé, j’étais en train de suffoquer. Je l’avais vu se rapprocher d’un homme qui hérissa chacune des mèches de mes cheveux. J’avais ressenti la nausée, alors qu’elle se plaisait à son jeu de séduction. Je l’avais vu poser ses mains sur le corps du Sorcier, futur Lord des Mages noirs, en plein ébat; j’avais souhaité qu’elle le brûle, que sa chair s’empoisonne à son contact. Je l’avais entendu susurrer son nom; j’avais envie de lui arracher son oreille. Je l’avais senti en elle, son corps suivant les coups de bassin de son amant; et j’étais en train de hurler de colère, l’ire du dégoût faisant palpiter chacun des fibres de mon être. Que faisait-elle avec son corps, avec sa vie? Mais je ne pouvais rien faire. Les scènes défilaient. J’assistais, impuissant, à sa grossesse. Je l’avais vu devenir, sans même qu’elle en soit consciente, une génitrice, une mère. J’avais serré les dents, les poings. Mes doigts se crispaient sur le revers de sa main au-dessus du Xuroäal…

Cependant, je l’avais revu reprendre petit à petit le dessus : je nous voyais redevenir nous-mêmes, reprendre les Terres du Lac Bleu sous le joug sorcier, et devenir Reine. Je nous voyais reculer d’effroi devant l’hécatombe que nous avions fait tomber, observant le sang s’arracher de la peau de nos victimes, écoutant les os de nos adversaires craquer, se briser, emportés par le chœur des hurlements qui clamaient notre victoire sur les Mages noirs. Je nous voyais, mis sous les projecteurs, amené à la Cour des Magiciens. Je nous voyais persévérer pour atteindre les expectations de ceux qui étaient à nos côtés. Je nous voyais désespérés et incapables de contrôler ce que nous possédions : une Magie trop puissante, une Magie destructrice. Je nous voyais apprendre notre véritable héritage, craindre au plus profond de notre cœur que la noirceur nous englobe et nous dévore, nous fasse perdre toute identité, nous fasse perdre tout ce qui faisait de nous qui nous étions. Puis, je nous voyais sur ce balcon, dans ce rêve aux allures de prémonition, au-dessus des brasiers qui consumaient un monde en perdition, un monde en décomposition…

Je nous voyais nous rapprocher des hommes, les mêmes qui choisissaient d’être à nos côtés uniquement parce qu’ils désiraient nous posséder. Je nous voyais développer une étrange attirance pour ces Alfars, pour les oreilles pointues en général, et hésiter devant les hommes qui n’arrêtaient pas de nous tourner autour, à l’instar des vautours. J’avais envie de la secouer, de lui faire voir qu’à rester passive, il ne lui arriverait que des tracas. Mais elle n’était pas ainsi – nous n’étions pas ainsi. Timides et réservés à ce sujet, nous n'arrivions pas à nous imposer. Nous fuyions nos responsabilités, nous fuyions la pression, les complots, la cour, la politique, les trahisons. Notre cœur se fragilisait de nouveau, s’émiettait entre nos mains. Nous perdions confiance aux autres et à nous-mêmes. Cependant, je nous voyais offrir ces morceaux à cet Ange, qui devint notre confident, notre ami, songeant, à ce moment, que notre cœur bondissait à nouveau, pour lui, pour sa présence, mais nous nous rendîmes rapidement compte qu’il n’en était rien. Nous vivions l’amitié, un amour sans feu, un amour sans aile, tout simplement. Je nous voyais façonner Caelum aux côtés du Prince des Cauchemars, entretenant cette étrange relation avec celui qui portait le même visage que notre frère.

Je nous voyais aider les miséreux, combattre pour le bien, combattre pour les peuples dans le besoin. Mais toujours, l’ombre de ce rêve planait au-dessus de notre tête…

Je nous voyais avec cette Reine ancestrale, cette Reine du Mal, dont l’unique présence arrivait à me faire trembler de rage et de mépris. Pourtant, les sentiments que nous ressentions à son égard était drastiquement différents des miens seuls. Elle nous aidait à prendre confiance, elle nous demandait de prendre nos distances avec le futur Monarque Démoniaque. Je ne comprenais pas pourquoi elle nous accordait tant d’affection, pourquoi elle était tant attachée à nous. Je ne comprenais pas, mais ça m’écœurait. Autant que ces moments d’évasion où, à travers les hommes que nous avions aimés, auxquels nous nous étions attachés, à travers toutes ces monstruosités qui nous avaient fasciné, attirés, au fil des années, nous nous les imaginions sur nous, sous nous, en nous.

Qu’ils aient des griffes ou des cornes, des cicatrices ou des pustules, qu’ils aient la chair en putréfaction ou des dents de requin tranchants, tout y passait. Nous aimions ça, sentir leurs brûlures se frotter à notre peau, sentir la râpe de leurs doigts glisser dans notre dos. Nous aimions ça, les sentir forcer leur entrée, aux endroits qu’aucun homme, à priori, n’avaient encore pénétré, nous aimions ça, sentir la texture de leur chair, sentir la bave couler entre nos seins. J’avais envie de vomir, de m’enfuir, de les cogner pour les empêcher de nous toucher. La bile montait à ma gorge, acide et putride. Nous savions que ce n’était pas réel, mais les sensations engendrées, qui fourmillaient dans le bas de notre ventre, étaient ce qui avaient de plus excitants et plaisants. J’en avais des frissons. De plaisir. De dégoût. D’attentes languissants. D’horreur. Et comme si ce n’était que le début, les choses escaladèrent avec l’entrée du Diable sur les pages de notre histoire. Il nous fascinait, il nous attirait. Et nous fûmes entraînés en Enfer.

Il nous avait touché, nous l’avions désiré. C’était indéniable, c’était là, au plus profond de son cœur. Il nous désirait également. Il voulait nous emporter dans une chute à laquelle nous ne nous relèverions peut-être jamais. Nous le savions. Mais nous avions énormément de difficulté à résister. Et vint cet instant. Il était venu nous rencontrer. Il était venu de son plein gré. Il s’était mis à nous parler. Tout allait bien. Tout était… normal. Jusqu’à ce qu’il commette l’irréparable. Je nous sentais faible sous sa masse, je nous sentais faible sous ses caresses, chacune d’entre elles produisant un vif pincement, une vive exaltation qui s’échappait de nos lèvres, comme une abdication face au pouvoir. Le plaisir de la chair se mêlait à notre peur incommensurable d’être entièrement dévorée, après cette longue et éreintante chasse. Je ne pouvais voir cela. Je ne pouvais tolérer cela. Dans son cœur, elle criait, elle hurlait. Elle voulait qu’il la laisse tranquille, mais… mais… Il continuait. C’était de plus en plus violent, incontrôlable, intenable.

Zane… Zaaaaane… ZANE!! Je voyais rouge. Je voyais blanc. Je voyais de toutes les couleurs, finalement. Mais surtout, je voyais Zane. Cet être infâme, cet être abject de décadence et de mort. Cet être de torture et de poison. Cet être qui, dans un souffle, allait mourir de ma mai… Je m’arrêtais. Mais pourquoi ne réagissait-elle pas?! POURQUOI NE SE REBELLAIT-ELLE PAS?! Pourquoi le laissait-elle la toucher comme ça?! J’avais envie de le cogner, de le frapper, d’utiliser cette dague et de le tuer. Encore. Encore. Et encore. Pourquoi tu ne le tuais, Edwina? Pourquoi tu le laissais faire tout cela?! Mais je savais. Je savais pourquoi. Mais je ne pouvais pas m’empêcher d’en être traumatisé, d’en être dégoûté. Edwina! Massacre-le! Tue-le! N’AS-TU DONC AUCUNE CONSCIENCE DU DANGER QU’IL REPRÉSENTE?! Non! NON! Ne pense pas qu’il pourrait se repentir! Ne pense pas qu’il pourrait « aimer! » Il est fou! Il est arrogant! Tout ce à quoi il pense, c’est à sa queue et… Je tremblais de rage. Je tremblais face à notre impuissance. C’en était trop, c’en était trop. Et je hurlais, sans que le cri ne perce le cours des souvenirs. Pourtant, je continuais de hurler. Hurler. Hurler. Parce que je ne pouvais rien faire. Parce que je ne pouvais l’écraser contre la pierre, écorcher son sourire et son visage contre la glace de son fichu miroir, et râper son minois pour en faire des tranches de peau et de chair. Comment osait-il? Comment pouvait-il?!

« Ça m’écœure… C’est dégueulasse… C’est horrible… C’est… »

Mais nos sentiments se mélangeaient. Malgré ce qu’il avait fait, ce qu’il avait commis, nous ne pouvions nous détacher de lui. L’attraction était insoutenable et pourtant, nous y cédions petit à petit, petit à petit… C’était insupportable. Cette tentation était insupportable. Je n’en pouvais plus. Je n’en pouvais plus! Je le détestais, mais nous ne pouvions nous empêcher de rester à ses côtés. La situation devenait de plus en plus ridicule, explosive. Les cadeaux, la statue – pourquoi ne l’a-t-elle pas jeté, par tous les Dieux! – son passage en Terres Arides… La relation n’était pas saine, la relation n’était pas simple, et nous le savions, nous le savions tellement, mais nous poursuivions sur cette voie, cherchant à profiter de la situation? Il fallait y mettre fin, pourtant. Il fallait que ça s’arrête… Et plus le temps avançait, et plus je pouvais voir mon vœu se réaliser. Nous nous éloignions du Diable, nous nous rapprochions de l’ancienne Élue des Cieux. Mais nous ne l’aimions pas. Elle était complètement folle, dépassée par ses propres exigences, dépassée par son orgueil et son mépris. Arrêt. Pourquoi cette barbare se trouvait-elle dans ces souterrains?

« Pourquoi ne l’arrêtes-tu pas?! Arrêtes-la! Non! NON! Ne continue pas ton che… »

La Dovahkiin disparut dans notre dos. Et pourtant, nous poursuivions notre vie, jonglant entre notre identité magicienne et notre identité angélique, nous rapprochant d’Erwan. Notre nouvelle condition nous attachait aux Anges, nous rendait encore plus désireuse de les aider à remonter la pente. Nous oublions peu à peu l’ombre du Diable au-dessus de nos têtes. Parce qu’il y avait un autre homme qui apparaissait dans le tableau, un second Prince, celui de Caelum. Le premier échange fut catastrophique – le mot était bien choisi – mais plus les rencontres s’additionnaient, et plus notre attachement à son égard s’agrandissait. Il entrait dans nos rêves, il accaparait certains moments de notre esprit et, à un instant, nous nous rendîmes compte des sentiments que nous nourrissions pour lui : l'amour était-elle de nouveau à notre porte?

Je nous voyais renaître de nos cendres. Aidés de l’Apakan, je nous voyais détester le Mal. Et je le voyais alimenter de plus en plus notre haine qui grandissait à l’égard du Diable. Tellement tranchante. Tellement haletante. Tellement incisive et violente qu’elle marquait désormais notre âme au fer brûlant. Cette haine nous donnait un nouveau souffle, un nouveau but, une nouvelle raison d’exister. Je nous voyais résister à nos sentiments, résister à cette oppression qui naissait au fond de notre poitrine à chaque fois que nous pensions au Prince de Caelum. Parce que nous avions un objectif. Et nous étions prêts à tout pour l’accomplir. Tout. Même des gestes les plus cruelles. Mais jamais, pour faire le mal pour le mal. Simplement pour espérer faire le Bien et préserver la Paix.

Et toujours, toujours, il y avait ce monde en feu, que nous contemplions depuis notre promontoire, loin des cris et loin de la chaleur des flammes. Mais cette fois, en portant nos yeux dans ceux de l’homme qui nous soutint, et qui ne cessait de changer à travers les Ères et nos passions, nous nous figions devant son sourire, devant ses yeux bleus et sa tignasse de mèches blanches.

J’avais subitement retiré ma main du Xuroäal.




La chaleur et le confort du bain ne parvenait pas à m’apaiser. Je frissonnais. La culbute que j’avais fait jusqu’à l’eau n’avait pas aidé. J’avais l’estomac retourné.

« Edwi… »

Ma gorge était sèche, mon crâne était brûlant, incandescent. Je n’arrivais pas à répondre à son étreinte. Je n’arrivais pas à la toucher comme je l’avais fait auparavant, comme je l’avais toujours fait en raison de notre proximité. J’étais pâle, nauséeux. J’avais l’impression que, d’une seconde à l’autre, je finirais malade. Je pris de grandes respirations. Ça n’allait toujours pas. Ça n’allait vraiment pas. Je finis par laisser tomber ma tête contre elle, appuyant mon front sur son épaule. Il fallait que je me calme, que je reprenne le contrôle de moi-même, que je me détache de ce « nous » qui nous avait uni, connecté, pendant cette courte période de temps qui m’était apparu comme une éternité. Mes bras remontèrent jusqu’aux siens, mes doigts entourant ses poignets.

« … Pourquoi ne m’as-tu rien dit? »

Je savais pourquoi. Je l’avais vécu. Je l’avais senti me dévorer les entrailles à l’instant où, de notre point de vue, je lui avais proposé d’accomplir le Lärtneesh. Elle avait peur. Elle préférait encore n’avoir que cette amitié plutôt que rien du tout. Je fermais les yeux, m’imprégnant de son odeur et de sa présence qui m’enveloppaient, repensant à cette femme dont j’avais partagé les souffrances, dont j’avais partagé les incertitudes et les folies, cette femme avec qui j’avais pleuré, ri et aimé. J’enfouis mon visage à travers le tissu de son vêtement, exhalant un long soupir, sentant une chaleur inhabituelle colorier mon faciès.

« Désolé, Cassandre. »

Pourquoi? Pour tout, j’avais envie de dire. Et pour tellement de choses que…

« Egan (Putain)… »

Mes poings se raffermirent. Je ne voulais pas lui faire de mal, mais ce que j’avais vu… C’était simplement… trop. Trop. Trop, trop, trop…




Violemment, j’ouvris les yeux, la sueur coulant de mon front, l’haleine complètement folle.


2 663 mots | FIN



It's a little price to pay for salvation
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« Nous » | Solo Signat20
Merci Mancy et Shanxi pour les cadeaux ♪:
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