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 [XI - XII] La passion des livres | Ignatus & Bellada

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Bellada Ward
~ Magicien ~ Niveau I ~

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◈ Parchemins usagés : 915
◈ YinYanisé(e) le : 30/07/2018
◈ Âme(s) Soeur(s) : Gilbel ♥
◈ Activité : Cuisiner avec amour !
Bellada Ward
Mer 01 Aoû 2018, 16:09


Catégorie de quête : Exemple : XI - Mission temporaire. XII - Organisation
Partenaire : Ignatus [Devaraj]
Intrigue/Objectif : Le compté Worth ouvre ses portes pour que les visiteurs puissent profiter des Hortensias qui en font la renommée. Cette année néanmoins, Bellada en a profité pour y organiser sa collecte de fonds pour les bibliothèques. Avec l'aide d'Ignatus, elle devra donc organiser l'événement et toutes les activités qui y sont liées, puis ils devront s'assurer du bon déroulement de la journée.

« Ma petite biche, avez-vous terminé de compter les gâteaux ? » « Oh oui, un instant ! J’ai posé le registre quelque part par Lààà… Ah ! voilà ! Tenez ! » La jeune bénévole tendit la liste de toutes les pâtisseries qu’elle avait recensé. Bellada l’attrapa en remontant ses lunettes sur son nez. « Merci ma petite biche. » D’un œil critique, l’aînée survola le tout, ses yeux s’agrandissant à mesure de sa lecture. « Centre-trente parts de gâteaux au chocolat… Quatre-vingt-dix madeleines au citron… Soixante-douze sachets de roses des sables… Pfiou… Ca n’en finit plus ! » « Ce n’est pas bien ? » « Oh si bien sûr que si mais… » La magicienne prit une grande inspiration, les larmes lui montant aux yeux de bonheur. « C’est juste que… Mes collectes de fonds pour les bibliothèques n’avaient jamais réuni autant de personnes. Il n’y a pas souvent plus de quelques douzaines de gâteaux… Mais cette fois… » Un sourire tremblotant étira ses lèvres ridées. « C’est une tout autre proportion. » La jeune femme à ses côtés lui passa un coup de main dans le dos pour la réconforter. « Mais voyons madame, ne vous mettez pas dans cet état. » La grand-mère essuya les larmes qui osèrent couler de ses yeux avec le mouchoir en tissu que lui tendit la bénévole. « Oui ma petite biche, vous avez raison. C’est une magnifique occasion pour nous ! J’espère que les gens seront enclins à nous aider ! » Gonflant le poitrail, elle commença à longer le grand buffet qui avait été installé dans le jardin du château. Des nappes blanches recouvraient les tables qui s’alignaient, toutes recouvertes de nourritures. Bien vite néanmoins, Bellada commença à replonger le nez dans le morceau de parchemin qu’elle avait reçu. « Attendez… Il y a un problème… » La vieille dame fit volteface. « Mes tartes à la citrouille ! Où sont passées mes tartes ? Elles ne sont pas inscrites dans votre registre ! » La mage avait passé toute la journée de la veille à cuisiner ses tartes, y donnant tout son amour. Elle en avait fait huit entières, ce qui représentait un nombre conséquent de parts. « Oh… Eh bien… Je ne sais pas. Je vais aller les chercher… » « Bien, merci mon enfant. »

Bellada soupira et se mit également en marche. Comme chaque année, elle s’était mise en tête d’organiser une collecte de fonds pour aider les bibliothèques des terres magiciennes. Cette année, la comtesse Worth, qui était son arrière-petite-fille, avait généreusement accepté d’accueillir l’évènement dans sa gigantesque propriété. La vieille magicienne n’avait pu rêver d’un cadre plus idyllique. La saison des Hortensia avait commencé et les fleurs avaient commencé à éclore de partout dans les jardins, colorant le petit parc. Le compté ouvrait ses portes aux visiteurs curieux qui voulaient voir de leurs propres yeux ce qui avait fait la renommée du lieu. Oui, cette collecte serait de loin différente de celles organisées dans les petits villages, où les passants ne prenaient que rarement le temps de s’intéresser à elle et ses bénévoles.

« Tout se passe bien part ici ? » La mamie s’était approchée d’un groupe d’enfants. Ils avaient été trainés par ici à cause de leurs mères qui avaient accepté de participer. Le groupe s’était alors retrouvé avec une trentaine de marmots à occuper pendants les préparatifs. Bellada, qui avait l’habitude de garder ses arrières-arrières-arrières petits enfants avait trouvé la solution pour ne pas les voir courir dans tous les sens, trainant dans les pattes des organisateurs : leur laisser la « très cruciale tâche » de décorer les banderoles pour expliquer pourquoi ils étaient là. « Oui, on se débrouille. » « Oh, c’est très joli. Bravos mes petits crapauds des îles. On va pouvoir accrocher vos banderoles un peu partout ! » Curieuse, l’organisatrice jeta un coup d’œil par-dessus l’épaule d’un petit peintre. Il s’était concentré pour dessiner une grosse pile de livres. D’autres enfants avaient recopié des vers de poèmes tirés de livre que Bellada leur avait prêté -autant dire que la comtesse leur avait prêté, puisqu’elle était allée les chercher dans la bibliothèque du manoir. « Parfait. Allez vites vous laver les mains avant d’en mettre de partout ! » Les enfants décampèrent en courant, tous excités. La mordue de lecture avisa un serviteur et l’arrêta poliment. « Serait-il possible de vous occuper de ranger ces pots de peinture, puis d’accrocher ces banderoles un peu partout pour que les visiteurs puissent se diriger jusqu’ici ? » « Bien madame. » « Merci mon brave. » Avec un clin d’œil, Bellasa glissa une pièce dans la main du garçon, pour le remercier du travail supplémentaire dont elle le chargeait.

Tandis qu’elle avançait pour rejoindre les activités organisées par son club de lecture, elle avisa la silhouette familière de son descendant. « Oh ! Ignatus ! Mon grand vient me voir ! »
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Dim 14 Oct 2018, 19:03





"Vous êtes insupportable. " La comtesse brandissait le livret de comptes de la famille d'un air accusateur sous le nez de son fils. "Un peu comme votre aïeule..." A l'entendre parler, personne n'était bienvenu dans ce manoir. "Réciproquement." Le principal fautif haussa les épaules et réajusta la broche dorée qui ornait son pardessus pourpre. Il avait en effet, dépensé une fortune pour les préparations du bals et des festivités. Le jeune magicien traversa le couloir brillant à grands pas, pressé de vérifier que les décorations satinées et flamboyantes avaient toutes été mises en place. Il bouillonnait d'impatience. La fête des fleurs du comté était sûrement son événement annuel préféré et il redoublait à chaque année d'efforts pour en arracher la gestion des mains de sa mère adoptive. La radinerie et l'austérité de la vieille bique gâchait absolument tout et transformait la fantastique soirée en pauvre marché excessivement cher et sans attractions. Ignatius lui, avait une vision beaucoup plus grandiose du marché, qui se devait d'être ouvert à tous -et surtout aux jeunes filles des villages alentours.

Ils s'étaient disputés une centaine de fois au sujet du grand bal, si bien qu'Ignatius avait fini par ne plus attendre un aval maternel et par aller inviter lui-même des troupes d'artistes de la capitale connues pour leurs spectacles magiques. Des amis étudiants avaient formé un groupe de musique pour l'occasion et pour impressionner les habitants, le comte avait tenu à organiser un véritable feu d'artifice. Fier comme un paon dans sa tenue d'apparat, le magicien déboula tout sourire dans la cour où s'était installé le club de lecture. "Grand Mère !" Arrière-arrière grand mère en réalité, mais Ignatius ne s'était jamais embêté à réciter le status de la vieille magicienne en entier. Il la gratifia d'un bisou sur la joue suivi d'une accolade chaleureuse. "Vous êtes bien installée ? Si la carne vous refuse quelque chose, il faut me le dire..." lui souffla-t-il à l'oreille en avisant du coin de l'oeil Diane Worth sur le balcon. "Hum, ça sent bon !" La gourmandise faisait bien partie de ses péchés mignons, surtout quant il s'agissait de la cuisine de Bellada. Malgré l'absence de lien de sang, Ignatius était plus proche de Bellada et de son mari que de tous les autres membres de la famille Worth. Peut-être était-ce la seule qu'il considérait actuellement comme vraie famille. En conséquence, les pâtisseries de sa grand mère avait bien été une source de consolation dans les méandres de son enfance et le doux souvenir de l'odeur des gâteaux sortant du four lui donnait vraiment envie de piquer une part sur la table. Pour se distraire de cette idée, le magicien glissa son bras contre celui de la magicienne. "Venez ! Je vais vous montrer la salle du bal pour ce soir !" C'est par échange de lettres qu'avait commencé l'organisation et ils s'étaient plus ou moins séparés l'emploi du temps de la journée en deux, Ignatius s'occupant plutôt de la fin d'après-midi et du soir alors que Bellada avait réfléchi aux activités de la journée.

D'un geste théâtral, le magicien souleva le rideau de velours qui cachait l'entrée. La salle de bal était plongée dans la pénombre, toutes les fenêtres ayant été cachés. Une voute mimant le ciel étoilé couvrait tout le plafond cylindrique, duquel descendait des rubans et colliers de pierres. Des lampions étaient disposés contre les murs et le sol s'éclairait en fractales mouvantes. Enthousiaste, Ignatius montrait chaque élément du doigt, en expliquant parfois qu'il avait participé à un morceau de la création ou du moins regardé comment les sors fonctionnaient. "Le balcon se dévoilera pour le feu d'artifices et tout le monde terminera la soirée dans les jardins..." conclut-il, les yeux brillants.

L'heure avait cependant vite tournée pendant qu'il étalait sa fierté sur les murs en parlant et le manoir avait ouvert ses portes aux marchands et artisans qui en profitaient pour venir s'installer à côté du marché des fleurs et de la collecte de fonds. Essoufflé, le majordome d'Ignatius brisa la magie en venant les informer d'un premier problème. "Je vous promets d'avoir tout essayé ! Ils ne veulent pas entendre raison..." Le pauvre être semblait particulièrement paniqué. Il faut dire qu'Antonius cédait facilement à l'anxiété lorsqu'il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours et que l'amont de travail à réaliser était plus grand que ce qu'il était humainement capable de faire. "Calmez-vous mon ami, voyons." Ignatius prit le chemin des cuisines -un raccourci pour rejoindre la cour plus vite- dans lesquelles bouillonnaient une cinquantaine de serviteurs. "Tenez, un café, et une chaise avant que vous ne vous écrouliez par terre. Et un café pour moi aussi tant que nous y sommes... Grand mère, vous aussi ?" S'emparant de la carafe brûlante, le magicien sortit autant de tasses que nécessaire. Il connaissait l'endroit par cœur et avait plus d'amitié pour la plupart des personnes présentes ici que pour sa mère... "Nous allons nous en occuper. Vous ne rejoindrez après votre pause, d'accord ?" Sans plus attendre, Ignatius reprit le chemin de la cour. On entendait de loin le marchand de fromages et le libraire hurler au sujet de l'emplacement de leurs stands respectifs, qui semblaient malheureusement se trouver au même endroit. Connaissant les deux bougres, ce n'était qu'un prétexte de plus pour eux pour agrandir leur ressentiment l'un envers l'autre. "Messieurs voyons..." commença Ignatius, se tenant à distance respective car l'envie de recevoir un fromage sur son beau veston était peu tentante. Il tourna la tête, distrait. Une jolie créature se trouvait de l'autre côté du parvis et embellissait toute la place en chantant un air populaire d'une voix cristalline.

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Bellada Ward
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Bellada Ward
Dim 14 Oct 2018, 21:20


« Oh oui ! Je meurs d’envie de voir à quoi ressemble la salle de réception ! » Depuis son arrivée, la grand-mère n’avait pas eu le loisir de visiter les lieux -après tout, elle était déjà venue à maintes reprises et Diane ne lui avait pas fait la courtoisie de lui montrer l’intérieur du manoir. « Heureusement que tu es là, mon grand. Sans toi, j’aurais pu attendre encore des lustres avant que ta mère accepte de me faire entrer… « Occupe-toi donc des stands », qu’elle m’a répondu ! Je suis certaine que j’aurais découvert le lieu en même temps que les invités, si ça ne tenait qu’à elle. » Sans doute aurait-elle dû garder pour elle ce genre de querelle, afin de ne pas agacer davantage le compte, mais la vieille femme connaissait déjà la relation tendue qui existait entre Ignatus et cette femme. Et puis, il était un grand garçon maintenant, cela faisait depuis longtemps qu’il avait perdu les illusions d’enfants concernant la comtesse -quoique, Bellada se demandait parfois s’il avait jamais eu quelconque espérance la concernant. « Mais bon, maintenant que tu es là, je vais enfin pouvoir me régaler les mirettes ! Je suis certaine que tout est magnifique. » Et en effet, dès l’instant où elle passa le rideau, la magicienne ne put retenir un bruyant « Oooh » approbateur. Comme elle s’y était attendue, son petit-fils avait encore une fois fait preuve de bon goût et la salle de bal était à couper le souffle. « Hoho, je suis certaine que tu n’as pas dû rechigner sur le porte-monnaie. Ta mère a dû te faire les gros yeux, n’est-ce pas ? Non en fait, tu n’as pas besoin de répondre, je connais déjà la réponse. » La grand-mère lança une œillade rieuse au brun, accompagné d’un sourire complice. « Avec ça, je suis certaine que toutes les jolies minettes voudront se faire voir à ton bras ! Mais je te préviens, tu as intérêt à me réserver une danse. » Se disant, la vieillarde mima quelques pas de valse avec un cavalier imaginaire. « A l’époque, ton grand-père et moi, nous allions à tous les bals dont nous entendions parler. Et je peux te dire que j’étais une sacrée danseuse ! »

La visite continua et la discussion dériva sur le clou du spectacle -le feu d’artifice et la soirée dans le jardin- lorsqu’un domestique essoufflé et de tout évidence encore plus chamboulé débarqua pour interrompre le duo. Une histoire d’exposants qui se crêpaient le chignon. « Oh bah, ce n’est pas un vrai marché s’il n’y a pas au moins quelques vendeurs qui s’envoient des produits à la figure, n’est ce pas ? » Bellada essaya de suivre du mieux qu’elle le put les deux hommes, sa silhouette large se dandinant dans sa robe en crinoline bleue -peut-être aurait-elle dû attendre la soirée pour mettre une telle tenue : elle avait manqué de jugeote. Arrivée dans la cuisine, elle déclina la tasse de café qu’on lui proposa. « Oh non, je suis déjà bien assez excitée ! Ma tête risque d’exploser, si je continue comme ça. » Quelques minutes plus tard, les deux organisateurs se dirigeaient comme deux tornades vers la querelle qui commençait à faire de plus en plus de bruit et à attirer les regards curieux. « Ho bon dieu, tous des enfants. » On sentait dans le ton que la vieillarde employait une pointe d’incrédulité, mais surtout une grande dose de savoir-faire. Après tout, la magicienne avait élevé à elle seule une tripotée d’enfants et la ribambelle de petits-enfants qui en avait découlé. S’il y avait bien une chose qu’elle savait gérer, c’était les enfantillages et ces deux là avaient beau faire deux têtes de plus qu’elle et avoir du poil au menton, leur dispute avait plus à voir avec une chamaillerie pour récupérer le jouet du voisin que d’une véritable affaire de marchandise. Comme si elle se préparait à tirer des oreilles, la vieille femme remonta ses manches et posa une main sur le bras de son petit-fils. « Bien, toi, occupes-toi de déplacer cette chanteuse un peu plus loin. Place son petit spectacle plus loin : s’ils se disputent pas pour être le plus près de la belle, je vends toutes mes dents ! Moi, je m’occupe de les calmer. » La vieillarde s’apprêtait à remonter des bretelles avant de se raviser et d’ajouter : « Oh, lorsque tu auras terminé, tu pourras me retrouver au stand de lecture ? J’ai une amie que j’aimerais te présenter. » Sur ce, la femme d’âge mûr se rapprocha des deux trouble-fêtes.

« …et que tu vas nous enfumer avec tes odeurs puantes de fromage pourri ! » « Mais tu n’y connais rien ! Peut-être que tu y connaitrais quelque chose si tu sortais un peu plus le nez de tes bouquins ! » « Hum-hum, messieurs… » « Ou bien c’est toi qui a le cerveau ramolli à force de renifler tout ça ! Vu l’aspect, ça doit bien être nocif ! » Le fromager commença à ouvrir la bouche, prêt à répliquer, mais la magicienne fut plus rapide : inspirant le plus d’air possible, elle hurla par-dessus leur voix. « Nom d’une chouette à plume vous allez vous calmer ou faut-il que je vous mette au coin comme des enfants ?! » Circonspects, les deux hommes se turent et se tournèrent vers ce petit bout de femme. Elle n’était pas imposante et n’attirait pas vraiment l’attention, mais elle dégageait cette aura d’autorité propre aux femmes ayant été mère de nombreuses fois. « Nous sommes sur des terres magiciennes, vous devez donc savoir ce qui nous tiens particulièrement à cœur ! La Paix et la bonne entente ! C’en est donc assez de vos jérémiades ! Vous voulez savoir jusqu’où vous pouvez aller ? Très bien, je vais clarifier les choses. » La dame fit quelques pas avant de se baisser pour ramasser un bâton. D’une démarche lourde, elle se mit alors à tracer une ligne sur le sol terreux pour délimiter la moitié entre les deux stands. « Voilà, vous resterez de ce côté de la ligne, et vous, de celui-ci ! C’est bien compris ? » Les deux hommes se lancèrent un regard menaçant mais, sentant sans doute les yeux courroucés que leur lançait l’organisatrice, ils hochèrent la tête puis repartirent dans leur coin.

Fière de sa réussite, Bellada s’en alla jusqu’au premier stand organisé par ses camarades habituelles. « Félicia ! » « Oh Bella ! Dis moi, tout cela est merveilleux ! Ces gens ont une collection absolument remarquable ! » Les deux commères continuèrent leur discussion jusqu’à ce que le maître des lieux ne les rejoigne. Après de brèves présentations, l’ancienne bibliothécaire montra le cercle de chaise qui avait été installé. « C’est le stand de Lecture. Félicia lira aux spectateurs l’un des livres que nous avons empruntés. Elle a un talent remarquable pour tisser des illusions des plus réalistes. Si tu veux, elle peut te faire une démonstration. »

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Lun 26 Nov 2018, 06:03





Ohoh. Il connaissait ce remontage de manches... Un sourire idiot apparu sur la tête du comte. "Tu as l’œil pour les bêtises, comme toujours." Le nombre de fois où il avait lui-même essayé de berner la magicienne lorsqu'il était plus petit était ridiculement grand, et il n'avait jamais réussi à en tirer quoique ce soit d'autres que des jérémiades bien placées. Finalement, le jeune homme ne retint qu'une petite partie de la tirade de son aïeule. "Ah oui, une amie ? J'espère que tu ne vas pas comme Mère, chercher à ma marier à toutes les femmes aisées du pays. Quoique tu serais bien capable toi, de me trouver quelqu'un à mon goût !" ricana-t-il en faisant demi-tour. Il n'était pas sérieux, évidement... Le mariage lui semblait être la pire des choses que l'on pourrait lui imposer.

Tout en écoutant d'une oreille distraite et amusée le discours de Bellada, Ignatius ramena la chanteuse vers le stand de lecture, où elle ne tarda pas à être entourée d'enfants curieux qui criaient si fort que le comte peinait à se faire comprendre. Dans toute son incessante liste de compliments mielleux et de politesses, il n'avait pas eu le temps d'inviter la belle à les rejoindre au bal du soir. Pourtant il avait encore une foule de questions en tête, comme lui demander depuis combien de temps elle chantait, d'où elle venait, et enfin, si elle était encore célibataire. Au moins était-il certain qu'éloignée des autres idiots, l'on ne risquait plus vraiment de se battre pour elle et comme le stand était à côté, il aurait tout le loisir de revenir lui parler. Ne jamais rien faire sans réfléchir à ses intérêts, n'est-ce-pas ? Oh, ce n'était pas très glorieux comme façon de vivre, mais le jeune magicien s'en contentait allégrement. Après une œillade appuyée à la dénommée Diomède -qui n'avait pas que le chant de remarquable, il chercha des yeux sa grand-mère, particulièrement fier d'avoir réussi à faire rossir des joues.

"Me revoilà !" Comme d'habitude, il avait du mal à retenir les prénoms de toutes les amies de son aïeule, cependant il fut ravi de découvrir le programme prévu. "Ah oui ? C'est super, à mon tour d'être ébloui !" Quoi ? Personne n'avait précisé qu'il ne pouvait pas s'agir d'une compétition. L'organisateur qui réussira le plus à étonner l'autre pourra gagner de la fierté, ou de l'orgueil dans son cas précis. Le magicien retourna une des chaises et s'installa à califourchon dessus dans une position si relâchée et avachie que la comtesse en aurait fait une crise. Heureusement il y avait désormais trop de monde et d'agitation autour d'eux. Le jeune homme avait cette stupide manie de retrouver ses anciennes manières d'orphelin en présence de sa grand-mère et ne se gênait pas pour redevenir un simple gosse à ses côtés. S'il n'était pas particulièrement intéressé par la magie des Illusions, le magicien trouvait toujours cela particulièrement beau et divertissant. C'est avec des yeux d'enfants qu'il assista à la démonstration. "C'est déjà terminé ?" souffla-t-il, déçu de devoir s'arracher à sa contemplation. Après une brève moue presque boudeuse, il gratifia l'artiste d'un sourire joyeux. "Je pense que l'on ne pourrait pas trouver quelqu'un dans le royaume capable de ne pas apprécier vos lectures !"

Voyant que tous les marchands avaient finis de s'installer à leur place attitrée, le compte s'autorisa un soupir de satisfaction. "Eh bien mes chers amis, il n'y a plus qu'à ouvrir et débuter les festivités ! " Antonius s'était déjà rendu à la grande porte pour accueillir les premiers arrivants. Brûlant d'envie de le rejoindre, Ignatius vérifia mentalement que tout était bien prêt. "Ah ! Avant que je n'oublie, je te donne le double des clés passe-partout pour le Manoir. Normalement tout est ouvert pour aujourd'hui, mais on ne sait jamais avec tu-sais-qui... Tâches de ne pas te perdre dans tous les étages ! Si tu as un problème, tu n'as qu'à chercher du côté des jolies filles, je serais pas loin probablement." Sans se le cacher, le comte avait bien pour intention de passer le restant de l'a journée à glaner ci et là des noms, des sourires et des bisous, sans rater plusieurs parts de gâteaux de sa grand-mère. Il avait remarqué qu'être frivole mettait sa mère en rage et ne pouvait désormais plus s'en passer.
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Bellada Ward
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Bellada Ward
Jeu 25 Juil 2019, 07:12

Bellada partit dans un grand éclat de rire. « Les jolies filles hein ? Tu cherches encore à faire râler ta mère ? » Il était de notoriété publique que madame Worth tentait tant bien que mal à arranger le mariage de son fils, bien trop frivole selon son goût. Là où la comtesse cherchait une occasion d'assurer sa prospérité et un mode de vie confortable, le jeune héritier souhaitait simplement profiter de sa liberté. Il semblait s'évertuer à faire tomber à l'eau toutes les tentatives de sa mère pour lui trouver un bon parti. « Tu as bien raison, profite donc de ta jeunesse, mon Loustique. » En réalité, elle ne comprenait pas vraiment ce comportement. Elle-même avait eu la chance de tomber sur l'amour de sa vie dès sa jeunesse, s'était mariée dans leur nouvelle maison et avait fondé sa famille aussitôt installée avec Gilbel. Ce schéma lui semblait être le plus évidant et elle regrettait parfois que son petit-fils n'ait pas à cœur de se poser également. S'il continuait ainsi, elle craignait qu'il ne finisse vieux garçon, comme sa sœur Hortanse. A force de faire la difficile, la défunte avait fini sa vie seule, si l'on excluait le petit qu'elle avait recueilli lors de ses dernières années... Enfin, elle se faisait sans doute du souci pour rien : Hortanse avait toujours refusé les avances des hommes parce qu'elle n'y avait vu aucun attrait. Ignatius, en revanche, collectionnait les conquêtes. Lorsqu'il serait lassé, il se rangerait de lui-même et prendrait épouse. Seulement, cela se passerait quand lui l'aurait décidé, pas quand sa mère le lui aura imposé. Bellada adressa un clin d’œil au garçon et récupéra la clé qu'il lui offrait. « De mon côté, je serai sans doute en train de m'assurer que le stand de nourriture est bien fourni. » Ça, ou elle resterait embusquée quelque part, cherchant à découvrir de nouveaux potins dont elle aurait l'exclusivité. « Allez, file. Va accueillir les jolies filles, comme tu dis. » La vieille dame adressa un dernier sourire à son descendant avant de féliciter son amie pour la démonstration qu'elle avait fait.

Bellada se remit en marche, continuant sa patrouille pour s'assurer que tout allait pour le mieux. Le petit marché qui avait été installé était constitué de divers commerçants, comme ce poissonnier ou ce libraire qu'elle avait dû gronder, mais les plus gros stands étaient là pour mettre en avant les fleurs du comté. On y vendait des bouquets d'hortensias ou de simples graines à pouvoir planter chez soi, dans l’espoir de rendre son jardin aussi beau que celui du manoir Worth. Lentement, les visiteurs arrivaient après avoir fini le circuit tracé pour admirer la végétation, se déversant dans la petite cours où la magicienne avait posté ses activités. En plus de son club de lecture, une scène de fortune avait été montée -bien moins grande que celle des jardins mais suffisamment imposante pour qu'on ne la manqua pas- et une troupe d'amateurs interprétaient les pièces de théâtres les plus connues, ou récitaient des poèmes oubliés qu'ils souhaitaient remettre au gout du jour. Certains avaient même le privilège de faire découvrir pour la première fois leurs compositions personnelles. On proposait aux spectateurs curieux d'essayer des costumes ou de se joindre directement à la représentation. Le jeu de certains était des plus comiques et ils mettaient avec bonne foi leur humour au service de la scène avec une bonne humeur contagieuse. Bellada était aux anges. Elle saluait ses connaissances, ravie de pouvoir montrer avec fierté le fruit de son dur travail. Elle leur conseillait d'aller à tel ou tel stand, dans l'espoir de voir ses activités prises d'assauts par les visiteurs. Le stand de calligraphie pour recopier d'anciens ouvrages avait peu de succès mais celui de brocante pour les livres semblait plutôt populaire. Les gens d'ici semblaient généreux et n'hésitaient pas à verser quelques sous supplémentaires dès l'instant où ils apprenaient que les fonds récoltés iraient pour la conservation des livres et des bibliothèques des terres magiciennes. La vente de gâteaux était également là pour rassasier les plus gourmands.

Le temps fila et la Ward passa plusieurs heures à flâner entre les stands pour s'assurer qu'aucun incident ne venait troubler la collecte. Lorsqu'elle aperçu son petit-fils, la magicienne s'empara d'une part de tarte à la citrouille et s'empressa d'aller le rejoindre. Une fois à sa hauteur, elle lui adressa un sourire quelque peu fatigué et lui tendit la petite assiette où elle avait déposé le gâteau. « Alors, tout se passe comme tu le veux ? » demanda-t-elle. « L'heure du bal se rapproche à grand pas. En fait, c'est presque l'heure d'y aller, non ? » La vieille dame n'avait pas prit de montre avec elle et devait donc au choix se repérer avec le soleil déclinant ou demander l'heure à des passants. Elle n'était pas très douée avec la première option et n'avait pas souhaité déranger les gens, la rendant quelque peu perdue dans les horaires. « En tout cas, j'ai hâte ! » conclut-elle en remontant ses lunettes sur son nez.
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Lun 12 Aoû 2019, 18:15






«Oh tout est parfait, grand-mère !»
Ignatius n'osa pas lui demander si elle était fatiguée, à cause d'une peur stupide de la vexer. En même temps, l’aïeul Ward semblait avoir plus d'énergie que la moitié de la salle de bal réunie. «Oui oui ! Antonius, tu voudrais bien faire le tour de la cour pour enjoindre les retardataires à nous rejoindre ? Il faudrait aussi faire allumer les lampions dans les jardins et sur la terrasse, puis fermer les portes principales.» Il prit Bellada par la main et l’amena dans la salle du bal, au milieu de la piste de danse. A l'approche de la nuit, une petite centaine de personnes étaient déjà regroupées à l'intérieur pour zieuter le buffet ou les potentiels cavaliers et cavalières. Le bal étant ouvert à tout le monde, il s'y trouvait toutes les classes sociales confondues et beaucoup de têtes connues des villages alentours, qui faisaient partis intégrante de la vie du Manoir. «Mesdames et messieurs ! Une petite minute d'attention, je vous prie ! Dans quelques minutes commencera le bal de cette Fête aux Hortensia, qui sera suivi d'un feu d'artifice et de divers spectacles. La famille Worth vous remercie chaleureusement de votre venue, c'est grâce à votre bonne volonté que le comté peut continuer de vivre ! Aussi, je tiens à remercier tout spécialement Bellada Ward ici présente à mes côtés, pour son énergie, sa joie de vivre et ses efforts ! » Le comte lança les applaudissements, puis fit un signe aux musiciens qui se tenaient prêt à commencer. «J'ouvre donc le bal avec la plus méritante d'entre nous ! Bonne soirée mes amis !» Le magicien fit un clin d’œil à sa grand-mère. Il avait le chic pour attirer l'attention et se donner en spectacle, c'était certain.

La mélopée commença lentement sur des airs mélancoliques alors que la voie lactée reproduite au plafond s'animait en conséquence et que d'autres couples de danseurs prirent peu à peu possession de la piste de danse. Le buffet venait aussi d'ouvrir pour les plus gourmands, ou les assoiffés. Lorsque Bellada manifesta la volonté de se reposer, Ignatius se débrouilla pour voler un verre de champagne sur un plateau et pour le lui offrir en chuchotant. «Petit secret, grand-ma' : c'est de provenance sorcière... Il faut bien avouer qu'ils savent au moins faire du bon champagne ! Si tu savais comme j'ai galéré pour me le faire parvenir ! Et ma mère en mourait si elle apprenait que ce qu'elle boit par dépit a été fabriqué par des Mages Noirs.» Cela semblait être une sorte de fierté hilarante à ses yeux. Le comte sautilla jusqu'à la terrasse, surexcité par l'ambiance festive, les couleurs chatoyantes de la salle, les jeunes femmes sous leurs plus beaux apparats et enfin, l'alcool qu'il avait déjà ingurgité... Il sursauta presque lorsque son serviteur lui toucha l'épaule pour lui parler. Antonius avait l'air particulièrement perturbé et nerveux. «Comte Ignatius ! No-nous avons un problème !» Le Magicien le dévisagea avec un sourire niais. «Oui en effet ! Vous n'êtes pas habillé pour danser et vous sembler horriblement manquer de compagnie féminine mon brave ami ! Je vous dispense de la soirée, allez-vous amuser par Sympan !» Le blond ouvrit la bouche, consterné et surpris. Cela n'était ni la réponse qu'il s'attendait à avoir, ni celle dont il avait besoin ! «Merci je- Non mais attendez ! Il y a une jeune femme qui-» Peut-être que les Sorciers avaient un peu forcé sur leur alcool, finalement. Les bulles lui montaient à la tête. «Ah oui ? Une jeune femme ? J'en étais sûr. Comment se dénomme l'heureuse élue ? Racontez-moi tout.» Le comte attrapa la main de son serviteur pour faire quelques pas avec lui, attendant une réponse. Cependant son attention fut distraite par la propriétaire d'une robe délicieusement pourpre. «Oh. Vous aurez plus de choses à me raconter demain matin, pardonnez moi !» Et il s'enfuit sur ses mots, courant après sa proie. Antonius resta pantois, puis essuya la sueur de son front avec le dos de sa main. Il faisait horriblement chaud dans cette bruyante salle et surtout, le comte n'avait pas voulu écouter son problème ! Le serviteur fit les gros yeux. Son regard finit par tomber sur Bellada. «Madame Ward ! Je vous en prie, je suis désolé de vous déranger m-mais le comte est occupé... Enfin ! Vous savez, il a refusé de m'écouter mais. Hum ! Pardonnez-moi pour ce que je vais dire : une jeune femme presque nue au corps recouvert de peintures bigarrées vient de toquer à la porte du Manoir. Elle est horriblement maigre et s'est évanouie dans la cour. Nous l'avons ramenée dans les cuisines mais j'ai peur de ne pas avoir les compétences médicales pour l'ausculter correctement. Il nous faudrait un médecin !»

Post III | 820 mots
La jeune femme nue, c'est Hohni :
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Bellada Ward
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Bellada Ward
Lun 12 Aoû 2019, 22:03


« Oh ! » fit Bellada lorsqu'elle comprit que les applaudissements lui étaient adressés. Un sourire ravi lui étira les joues et elle accueillit les encouragements avec un petit geste de la tête afin de remercier ceux qui la félicitaient pour son dur travail. Elle aurait sans doute retourné les compliments à son petit-fils -après tout, c'était grâce à lui et sa généreuse participation que tout cela était possible- mais le jeune homme ne lui en laissa pas le temps, invitant la foule à investir le plancher de la salle de bal. C'est d'ailleurs eux qui commencèrent les festivités, glissant en rythme avec la musique tour à tour calme ou endiablée. La magicienne aimait les mélodies entraînantes qui lui rappelaient sa jeunesse, elle se prêtait alors à des chorégraphies bien trop extravagantes pour son âge avancé qui lui rappelait que son corps n'était plus en mesure de la suivre dans ses folies. Fort heureusement, son descendant la préserva d'un tel sort et la guida sur des danses plus adaptées à ses capacités, bien que la vieille dame l'ai accaparé durant au moins trois danses différentes avant de lui signifier l'envie de prendre une pause pour se reposer un instant. Une fois hors de la piste, le brun lui tendit une coupe de champagne que la magicienne se hâta de goûter, laissant un petit bruit de contentement lui échapper : « Mmh... » fit-elle, ses yeux souriants derrières ses lunettes. Suite à la révélation de l'organisateur, son visage se fit néanmoins surpris voire même choqué, avant qu'elle n'explose de rire. « Oh oui, mieux vaut garder ça secret ! En tout cas, il faut reconnaître que nos chers ennemis font d'aussi bons champagnes que nous faisons de bons vins ! Même les arbres les moins feuillus peuvent parfois donner des fruits surprenants ! » conclut-elle avec une pointe de malice, pensant se rappeler d'un vieux proverbe de jardiniers.

Encore une fois, le jeune Worth s'en alla papillonner, laissant sa grand-mère seule au milieu des convives. Non pas que cela dérangea la concernée : ces moments de solitudes lui laissaient tout le loisir d'exercer son activité favorite : la recherche de potins. Elle laissait flâner ses yeux sur les visages, essayant de repérer les comportements suspects, les nouvelles alliances et relations cachées. Parfois, elle s'approchait discrètement pour épier des conversations, prétextant s'approcher d'un buffet pour manger quelque chose en particulier ou encore en faisant tomber un bijoux qu'elle s'empressait de ramasser, mais prenant tout son temps pour remonter. Une technique douteuse selon certains mais qui avait pourtant fait ses preuves à de nombreuses reprises ! C'est grâce à cela qu'elle avait découvert que Gustave avait lapidé tout l'argent qu'il devait à Colette et qu'il prévoyait de prétexter un voyage pour partir loin et ne jamais revenir ! Ou encore que Clodette s'était faite surprendre avec de nouveaux amants par sa cousine Eliana, qui avait toujours eut des vues sur son mari et qui s'était empressée d'aller raconté ces mésaventure au malheureux qui en avait eu le cœur brisé.

C'est lorsque la vieille femme se relevait de l'une de ses fouilles qu'un jeune blond l'apostropha, l'air affolé. Elle dût attendre plusieurs secondes avant de reconnaître le blond comme étant le serviteur d'Ignatus. « Nue ? Et évanouie ? » répéta Bellada, incrédule. « Oh, mais quel polisson, celui là ! » pesta-t-elle à l'encontre du comte. Néanmoins, elle ne perdit pas son temps à essayer de le chercher. « Bien, allez trouver un médecin ! S'il n'est pas encore parti, essayer d'envoyer Monsieur Darégont Barthélemy, sinon essayer de trouver quelqu'un pas trop loin ! Moi, je file voir ce que je peux faire en cuisine. » déclara la vieille femme en remontant ses manches et en enfonçant ses lunettes si haut sur son nez que l'on aurait pu croire qu'elle tentait de les faire fusionner avec ses orbites. Aussitôt, la dame se mit en marche et trottina aussi vite qu'elle le put jusqu'aux cuisines où elle avait été conduite un peu plus tôt. Là, elle trouva un groupuscule de domestiques attroupés autour de la jeune femme, toujours inconsciente. La Ward fut rassurée de constater que quelqu'un avait eut la bienséance de la recouvrir d'une couverture. L'inconnue était allongée sur une table que l'on avait dégagé. La mage blanche s'approcha et s'assura qu'elle était toujours vivante -sa poitrine se soulevait à rythme régulier, lui semblait-il, au fur et à mesure de sa respiration. Une fois rassurée, elle se tourna vers l'un des domestiques. « Vous, je veux que vous alliez me chercher mon petit fils ! Ne revenez pas sans lui ! Dites lui que c'est moi qui l'appelle, et que s'il ne ramène pas ses miches ici en vitesse, je m'assurerai personnellement que plus aucune jolie fille ne veuille s'approcher de lui avant trois décennies ! » Une menace à ne pas prendre à la légère lorsque l'on savait ce qu'une réputation bafouée pouvait provoquer. Bellada se retourna vers une autre personne pour donner de nouvelles instructions. « Vous, allez me chercher un linge propre et une bassine d'eau. Quant à vous, je voudrais une cruche d'eau, un verre et quelque chose de sucré afin de la faire manger dès qu'elle aura repris connaissance. Oh, et puis vous, allez lui chercher des vêtements un minimum décent ainsi que d'autres couvertures ! S'il vous plait ! » ajouta-t-elle soudainement, se rappelant des bases élémentaires de la politesse. La vieillarde s'approcha du corps inanimé dont elle prit la main tout en touchant son front. « Mmh, on dirait qu'elle a un peu de fièvre... » commenta la vieille dame, la mine soucieuse. « Mais où donc est passé ce médecin ? » s'impatienta la magicienne.

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Mer 21 Aoû 2019, 20:30





«Comment ça, une femme nue ? Un minimum de décence est tout de même demandé au sein du bal ! Quant aux suites et chambres, je me doute bien que... quoi ? Mourante ?! Mais c'est absolument horrible !!» Le comte marchait à grands pas dans les couloirs, sur les talons d'Antonius, qui l'avait tiré de force d'une danse endiablée et si réussie... Toutefois on ne se rebellait pas contre les menaces de Bellada. Ces dernières, en plus d'être terrifiantes, avaient le don de se réaliser en cas de refus. Non seulement donc, avait-il dû laisser sa dulcinée en proie aux autres cavaliers voraces, mais en plus son serviteur lui décrivait mot après mot de quoi gâcher toute la soirée. Pour lui, comme pour les invités si cela s'apprenait ! Oh sa belle fête ! Il avait mit tant d'efforts pour que cette année soit la meilleure ! Le Magicien voyait déjà les grands titres des journaux de la semaine "Quelqu'un vient mourir à la porte du Manoir Worth pendant le bal des Hortensias" ; "La réputation et la gestion du Manoir Worth laissent à désirer : assassins !" Quelle horreur ! Cela ne pouvait définitivement pas être vrai. Ou bien un Sorcier les avait maudit ! Fulminant, le jeune homme débarqua dans la cuisine et regarda la scène avec des yeux furibonds. Par réflexe, il obéit directement aux ordres de la vieille femme qui était en train de parler lorsqu'il arriva, et alla chercher des couvertures réservées aux serviteurs, qui se trouvaient dans une réserve non loin d'ici. «Un médecin ? Mais pour quoi faire !» lança-t-il néanmoins dans un élan d'égoïsme. La fin de la phrase mourut dans sa gorge car il avait un peu honte. Mais en même temps ! Appeler des secours médicaux, ce serait répandre le bruit de la terrible nouvelle ! Cependant, le Magicien se dit soudainement qu'il pouvait aussi en profiter pour se faire passer pour un héro et un grand sauveur altruiste. En plus, cette inconnue était peut-être vraiment en train de mourir ! Ignatius s'intéressa enfin de plus prêt à sa nouvelle invitée. Il aurait préféré arriver plus tôt, lorsque les couvertures n'étaient pas encore là. Quoique sa maigreur l'aurait sûrement inquiété. Elle était jolie de visage d'ailleurs, d'un charme assez exotique. Son maquillage était très extravagant pour les normes magiciennes, sans parler de la coiffure et des bijoux. C'était nullement perturbant pour le compte, au contraire même... «Je vais tenter le bouche à bouche en attendant le médecin ! Je me sacrifie !» s'écria-t-il alors, sans attendre l'avis médical de sa grand mère pour avancer son visage au dessus de celui de la jeune femme, tout à fait ignare des bons gestes à adopter en cas d'évanouissement. Il ne s'intéressait qu'à ces lèvres charnues. Cependant, le comte n'eut pas le temps de poser ses lippes sur celle de la jeune femme, que celle-ci ouvrit lentement les yeux.

Hohni analysa avec difficulté l'endroit où elle se trouvait. Avoir la tête d'un inconnu à quelques centimètres de la sienne l'effraya pendant de longues secondes, avant qu'elle ne réalise qu'on ne semblait pas s'en prendre à elle. Au contraire, elle avait chaud sous ces couvertures et on lui donna de l'eau sucrée à boire. Au début, ce fut difficile pour ses lèvres et sa gorge enflées d'accepter le liquide, mais petite gorgée après petit gorgée, le breuvage fit son effet. Faiblement, elle demanda alors avec un fort accent à la fois chantant et haché. «Où... A-aidez-moi...» Son esprit encore nébuleux se souvenait de sa longue descente vers la misère la plus absolue et de son voyage en terre magicienne. Elle ne pouvait plus faire autrement que d'appeler au secours les habitants de ce lieu, devant son impuissance. On disait de ce peuple qu'il était bénéfique, ainsi le croyait-elle entièrement avec une grande naïveté. Elle avait été bannie de chez elle et son ignorance du reste du monde était bien trop grande pour qu'elle puisse y survivre par elle-même. C'était d'ailleurs seulement pas chance qu'elle était encore en vie en ce jour. «Edel... remercier Edel.» murmura-t-elle encore avant de sombrer dans un long sommeil.

Post IV | 724 mots


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Bellada Ward
Jeu 10 Oct 2019, 08:05


« Elle est en vie ! » s'exclama de joie la magicienne. C'était une phrase bien maladroite, sans doute aurait-il été plus correct de dire Elle s'est réveillée ! ou Elle est consciente ! Pourtant, c'était cette phrase qui était sortie de la bouche de l'aïeule. En réalité, même si elle avait au préalable vérifier son pouls, Bellada n'avait pu s'empêcher de ressentir cette crainte de s'être trompée. Cette inconnue était dans un état si inquiétant que la grand-mère n'avait pu se rassurer avec un simple geste, surtout lorsqu'il venait d'elle, qui était loin d'être une experte. Mais la voir ouvrir les yeux fut une preuve suffisante pour que l’aïeule puisse retrouver son calme et sa sérénité. « Vite, donnez lui de l'eau sucrée, qu'elle reprenne de l'énergie ! » répéta-t-elle à l'un des domestiques. « Ne vous inquiétez pas Mademoiselle, vous êtes entre de bonnes mains... » Elle n'était pas certaine de cela, en démontrait la tentative de son petit-fils de faire une séance de bouche-à-bouche avec cette inconnue, mais au moins, elle était sur un terrain bienveillant. « Vous êtes sur le compté Worth, en terre Magicienne. Nous allons prendre soin de vous à présent. » expliqua la vieille dame d'une voix rassurante. Elle ne connaissait rien de cette étrangère mais la tenue -ou plutôt son absence- et les bijoux que la demoiselle portait lui indiquaient qu'elle n'était pas de la région, sans doute pas de leur peuple. Il avait dû lui arriver de drôles de choses pour la faire venir jusqu'ici. Peut-être même ne savait-elle pas où elle se trouvait, et Bellada avait jugé important de la rassurer en lui expliquant où elle se trouvait désormais. « On va vous trouver des vêtements, et vous donner un bon bain avant ça. Après, vous pourrez revenir manger un morceau, et - Oh, vous avez tout bu, c'est bien. » La magicienne récupéra le verre vide et le donna instantanément au domestique à côté d'elle. Pendant ce temps, l'étrangère se mit à parler, d'une voix faible qui déchira le cœur de la vieille femme. « Oui bien sûr, nous allons vous aider. » confirma la matrone avec un petit sourire. Lorsque la demoiselle évoqua Edel, la femme mûre fut prise au dépourvu et elle glissa un regard à son petit fils. Peut-être était-ce devenu particulièrement à la mode de prier cette AEther, peut-être les jeunes faisaient-ils quelque chose que Bellada n'avait pas l'habitude de faire ? Il était tellement difficile de suivre les tendances, de nos jours. « Oui d'accord, nous la remercierons aussi. » finit par dire la plus âgée, juste avant que la malade ne s'évanouisse de nouveau.

« Bien, on ne peut pas la laisser dans les cuisines, comme ça. Maintenant qu'elle a prit des forces, on peut se permettre de la bouger sans trop d'inquiétude en attendant qu'un médecin compétant arrive. » Bellada se tourna une nouvelle fois vers Ignatius. « Y a-t-il des chambres disponibles dans le manoir ? Si elles sont toutes prises, nous n'auront qu'à la porter jusqu'à la mienne. » dit-elle. Finalement, la matrone frappa dans ses mains pour attirer l'attention de tout le monde. « Bien, il me faudrait une planche en bois et quatre volontaires pour la porter jusqu'en haut. » Quatre domestiques s'avancèrent. « Quand à vous autre, reprenez vos activités habituelles ! Il ne faut surtout pas que les invités se doutent un instant que quelque chose se passe ! Apportez leur à boire, à manger, et assurez-vous qu'ils ne viennent pas trop par ici pendant que nous déplacerons la jeune femme. Oh et personne ne parle de ça en dehors des cuisines. C'est bien compris ? » Les uns et les autres acquiescèrent et se remirent aussitôt au travail. « Ignatius, pour être certain que personne ne vient par là, que dirais-tu de retourner dans la salle de bal et d'organiser une petite activité pour capter l'attention de tout le monde ? Un tango endiablé ou que sais-je encore : je sais que tu trouveras l'idée parfaite pour divertir ton public. Mais pas le feux d'artifice ! Je veux être là pour voir ça. »

Les quatre domestiques mirent ensuite la jeune femme sur le brancard improvisé qu'ils avaient dégoté, puis Bellada partit avec eux pour emmener la convalescente dans un endroit plus calme. Une fois dans la chambre indiquée par le compte, Bellada fit installer l'inconnue sur le lit puis demanda à ce qu'on lui apporte une bougie blanche ainsi qu'une tenue de nuit et une bassine d'eau avec un linge propre avant de congédier tout le monde. Une fois seule avec la dame, la magicienne commença à lui appliquer une toilette sommaire avant de la glisser dans la robe de chambre. Elle la glissa ensuite sous les draps. Finalement, la magicienne s'empara de la chandelle où elle grava le nom « Edel » puis alluma la bougie qu'elle déposa sur la table de nuit.
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Mer 23 Oct 2019, 22:13




"Non non non ! Ma chambre n'est pas prise ! Voyons grand-mère vous n'allez pas dormir sur le paillasson, c'est indécent." s'écria le Comte. Sa chambre bien sûr... Ce n'était pas sans intérêt qu'il la demandait. L'idée de cette femme au charisme exotique dans ses draps... L'alcool commençait peut-être à lui monter à la tête ! "Oui ! Oui ! Dans mon lit, elle sera bien ! Motus et bouche cousue et je t'attends pour le feu d'artifesse." Oui, le champagne c'était traître. On dirait du sirop à bulle et puis dix verres plus tard on tombait par terre avec un sourire débile. Quoiqu'il en soit, sa grand-mère gérait la situation, sans surprise. Il n'y avait rien que Bellada ne puisse pas surmonter, pensait le Magicien. Elle avait raison, comme toujours d'ailleurs. Il ne fallait pas laisser les invités seuls aussi longtemps. Le Comte regagna donc bien vite la salle de bal. Les musiciens jouaient leur dernière symphonie. Après un tonnerre d'applaudissement, Ignatius s'éclaircit la gorge. "Mesdames et Messieurs, j'espère que votre soirée se passe pour le mieux ! Avant le feu d'artifice, j'aimerai vous faire part d'un spectacle imprévu mais charmant. J'aimerai donner l'occasion aux étudiants présents de faire leur preuves avec la Valse Créatrice afin de nous offrir un divertissement bienvenu. Le buffet va être renouvelé et vous pourrez sortir dans les jardins, qui ont été spécialement éclairés pour l'occasion ! " Cela tombait bien, plusieurs de ses amis étudiants ou jeunes diplômés lui avaient souvent demandé une telle opportunité, surtout ceux qui voulaient se lancer dans des carrières artistiques. Eh bien, l'improvisation devait faire partie de leurs qualités !

Hohni n'eut pas vraiment la force de répondre à la femme âgée qui lui parlait -d'ailleurs, elle n'avait pas saisi la signification de tous les propos, mais elle avait compris qu'on ne lui voulait pas de mal et qu'une certaine bienveillance l'entourait, de façon générale. Ce fût l'essentiel. Elle sentit qu'on la transportait dans de longs couloirs en bois, puis un escalier brillant, puis un couloir feutré et enfin un lit dont la douceur l’émut. D'autres éléments du décor lui échappait. Des bruits aussi, des discussions, une lointaine musique dont elle ne connaissait pas les mélodies. La jeune chamane facilita du mieux qu'elle pût les gestes de la vieille femme et frissonna au toucher du vêtement léger, propre et doux. Ses yeux se posèrent sur la bougie et, après un long moment d'absence, elle sembla revenir à la réalité et adressa un petit sourire de remerciement à son hôtesse quant elle vit les lettres gravées dessus. Elle en était sûre maintenant, elle était ici en sécurité.

Lorsque Bellada réapparût sur les lieux des festivités, Ignatius put enfin mettre une fin à ses supercheries. Après les spectacles improvisés, il avait relancé les danses en compagnie de la noble Marianne Ambre. Une jeune femme de son âge, célibataire, riche, qui éconduisait tout ses prétendants avec une arrogance palpable. Elle aimait cependant jouer avec eux avant. Il ne sût comment ils finirent en tango sulfureux sous les yeux friands de ses invités, mais c'était un fait. L'ivresse était coupable, probablement. La Comtesse, sa mère, paraissait à la fois horrifiée et heureuse du spectacle. Si son fils était en train de se ridiculiser avec cette danse sulfureuse, Marianne n'en restait pas moins un excellent parti à ses yeux. Heureusement pour Ignatius, sa grand-mère était de retour. Le Comte tapa dans ses mains pour signaler le départ du feu d'artifice, qui clôturait la soirée. Il attrapa la vieille femme par le bras, plutôt pour s'empêcher de tomber que pour la guider. "Viens Grand-ma', nous ferions mieux d'aller sur les balcons privés qui seront plus tranquilles." C'était très amusant quelque part, d'avoir quelque chose à cacher avec sa grand-mère dans le coup. Parfois, il redevenait vraiment gamin. Il chuchota d'un air suspect après avoir regardé tout autour de lui. "Comment va-t-elle ? Vous l'avez bien installée ? Le docteur est venu ?"

Une fusée siffla puis éclata dans un coloris multicolore au dessus du Comté, bientôt suivit par de multiples cousines et petites sœurs.

Post V | 723 mots


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Bellada Ward
Mer 15 Jan 2020, 06:20


Bellada regarda la belle inconnue un instant, répondant à son soulagement par un sourire. Avec un instinct tout maternel, la magicienne approcha sa main ridée du visage fatiguée de la belle femme et replaça une mèche rebelle qui était venue s'égarer sur son front en sueur. Elle remonta ensuite les couvertures jusqu'au menton de la malade et lissa les plis des draps. « Bien, il faut vous reposer maintenant, d'accord ? » dit la vieille dame avec une voix douce et apaisante. « Si vous avez besoin de quoi qu ce soit, n'hésitez pas à me le demander. Je ferai ce que je peux pour vous le donner. » La grand-mère scruta encore quelques secondes le visage de cette pauvrette, le front plié en une mine soucieuse, puis elle s'éloigna dans l'idée de se poser dans un coin pour veiller en silence sur la convalescente. Malheureusement, ses yeux se posèrent alors sur le désordre régnant dans la chambre de son petit fils. Elle retint de justesse un soupire excédé et se pencha pour attraper un vêtement qui jonchait le sol. Sans vraiment être surprise, elle réalisa que le bout de tissu appartenait autrefois à une dame -à moins qu'Ignatius ne se prête à des activités farfelues, ce qui n'aurait pas été si étonnant non plus. Pour ce garçon, tous les prétextes étaient bons pour faire enrager sa mère, cette dernière le lui rendant bien. La mamie continua son rangement sommaire -rassemblant et pliant les linges qui lui semblaient descend, n'osant s'approcher de ce qui ressemblait aux dessous intimes- jusqu'à l'arrivée du docteur qu'un domestique avait enfin réussi à retrouver. Inquiète, Bellada se rapprocha du lit pour écouter les commentaires du médecin. Elle était toujours ainsi : une vraie tornade qui courait de droite et de gauche mais qui, dès que l'un de ses petits protégés se portait malade, ne pouvait s'empêcher de rester au chevet du malade jusqu'à ce qu'il aille mieux. « Déshydratation et fatigue extrême. » conclut le professionnel de santé en refermant sa valise remplie d'outils d’auscultation. La vie de cette pauvre âme n'était plus en danger mais elle aurait besoin de beaucoup de repos et de beaucoup d'eau afin de retrouver ses forces. Elle aurait sans doute besoin avant d'être sur pied, il ne faudrait pas la brusquer. La magicienne hocha vigoureusement la tête aux explications du docteur qui la reconduisit hors de la chambre. « Mais, ne vaut-il pas mieux que je reste auprès d'elle, pour m'assurer qu'elle boive ? » protesta vaguement la dame mûre. Le médecin assigna alors le domestique qui l'avait conduit jusque là à la surveillance de l'inconnue, pour s'assurer qu'elle s'hydrate dès qu'elle en avait l'occasion.

Une fois Bellada de retour dans le feu de l'action, l'hôte déclara qu'il était temps de lancer les feux d’artifices. Une distraction bienvenue pour la vieille dame qui ne pouvait empêcher son esprit de retourner au troisième étage, là où la convalescente prenait repos. La magicienne recula en grimaçant lorsque le comte s'approcha pour lui faire des messes basses. Il avait l'haleine emplie d'effluves alcoolisées. « Oh toi, tu es tombée dans la bouteille ! » reprocha-t-elle. « A croire que tu tiens sa de ton grand-père. » Gilbel possédait également un certain amour pour les boissons magiciennes et, lorsqu'il s'en approchait, il était rarement capable de se retenir. « Mais oui, la pauvrette va bien. Fatigue et manque d'eau. Un domestique s'occupe de la surveiller. » informa-t-elle sur le même ton des confidences. La vieille mage les conduisit jusqu'au balcon où quelques âmes s'étaient aussi rassemblées, bien que la majorité soient descendus dans les jardin. Bellada agrippa avec fermeté un pan de tissu de la tenue de son petit-fils. Elle craignait qu'il se rapproche trop du bord et tombe par dessus la rambarde. Au cas où il se mettait à tanguer, cette prise lui permettrait de le tirer dans un périmètre de sécurité. Un sourire aux lèvres, l'organisatrice observa les gerbes d'étincelles qui se dessinaient sur le ciel obscure, représentant tour à tour des créatures fabuleuses ou des scènes romantiques tirées de romans. Mais bien vite, les yeux curieux de la commère se perdirent dans la foule de spectateurs. Avec un plaisir jubilatoire, elle surpris les messes basses coquines, les baisers enflammés, les regards jaloux et quelques silhouettes qui s'esquivaient aux festivités pour trouver des coins plus intimes. Le lendemain, elle aurait de quoi jaser avec ses copines, c'était certain !

Lorsque les feux d'artifices furent terminés, Bellada les reconduisit dans la salle de Bal où une musique, plus calme que les précédentes, redémarra. « Tes fêtes ressemblent-elles toujours à celle-ci ? » demanda-t-elle. « Si c'est le cas, je t'inviterai au prochain concours de tricot que j'organiserai ! »


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Sam 25 Jan 2020, 16:53





Ignatius voyait le feu d'artifices en triple et les explosions des pétards le perturbaient bien plus que d'habitude, l'empêchant de goûter à toute la magie et la beauté de la scène nocturne. Elles lui faisaient mal au crâne et défonçaient ses tympans à chaque boum, l'obligeant à fermer les yeux par peur. Quant aux coloris, ils étaient si vifs et nombreux qu'il en eu la nausée et que sa tête se mit à tourner. Heureusement, quelqu'un le retenait pour l'empêcher de trébucher par dessus la terrasse. Il n'était définitivement pas en état d'assister à un tel spectacle, magnifique pour des personnes sobres ou tout juste pompettes, mais définitivement horrible pour un homme rond comme une pelle. « Oui ! Suis tombé dans la bouteille, aha ! » Cette expression saugrenue le fit rire aux éclats. L'image qu'elle évoquait était très amusante. En plus, il était content d'être comparé à son papi, même si ce n'était pas forcement un compliment. Il aimait bien, tout comme Bellada, même si ce n'était pas son vrai grand-père, il valait mieux que tout les autres. Les portraits des hommes Worth dans le hall d'entrée étaient tous vieux, ringards et moches, l'air beaucoup sérieux et méprisants pour être au goût du jeune homme. Il préférait de loin la bouille rigolote de Gilbel Ward, même si les embranchements généalogiques qui permettaient de remonter jusqu'aux aïeux Ward étaient obscurs pour lui.

Le Magicien était encore suffisamment éclairé pour constater que le spectacle plaisait aux invités et que la journée se clôturerait d'elle-même dans les draps d'un lit, seul ou à plusieurs. Malgré quelques incidents pour certains prévisibles pour d'autres... étranges, la Fête des Hortensias paraissait avoir été un véritable succès, encore une fois. C'était certainement plus grâce à lui qu'à la Comtesse, c'est pourquoi son ego s'agrandit encore un peu plus dans la vanité. Il avait déjà hâte d'être à l'année prochaine, pour la nouvelle édition, où il prévoyait d'inviter encore plus de monde, des différents comtés autour du siens. Le marché sera encore plus grand et le bal encore plus riche, tant pis s'il devait vendre sa mère pour arriver à collecter suffisamment de fonds. « Je fais en sorte de ne jamais m'ennuyer, tu sais bien. En plus j'adore ce qui brille ! » répondit-il à la question de sa mamie. Ce n'était pas tout à fait la réponse attendue, mais il se comprenait lui-même. Le luxe l'attirait, l'argent et la gloire aussi. Il était un véritable m'as-tu-vu en devenir et il était trop avancé dans le processus pour que ce soit réversible.

Son esprit dérivait souvent vers la chambre où était couchée la jeune étrangère. Il s'imaginait mille scènes, romantiques au début et obscènes à la fin. Il n'y pouvait rien. Le peu qu'il avait vu de cette femme, même dans un état misérable, le fascinait complétement. « Il y a des jolies femmes à ton concours de tricots ? » Intéressé, il voulut en savoir plus, histoire de tirer son épingle du jeu. Il ne fallait jamais laisser passer des occasions de se faire valoir, pensait-il, en véritable opportuniste assumé. Peut-être qu'il n'aurait pas demandé cela à sa mère -quoique pour l'enrager...- mais il pouvait se le permettre sans gêne avec Bellada. Un sourire taquin perlait sur ses lèvres, alors qu'il attendait une blague ou une énième fausse remontrance. « Tu es la bienvenue à toutes mes fêtes de toute façon. Ce n'est pas la corneille empaillée qui pourra t'empêcher de venir. » Puis son regard s'inquiéta brusquement. « Mais tu devrais aller te reposer, mamie. Il faut te ménager et la journée n'a pas été reposante ! » Il s'en voudrait de causer quelque soucis à la santé de la vieille femme. « Viens, je vais t'accompagner dans ta chambre. J'y ai déposé une série de livres qui te plairont, je suis sûr que tu ne les as pas encore lus... » Non, il ne l'était pas. Il avait déniché quelques exemplaires de romans à l'eau de fleur, qui décrivaient le quotidien des personnalités du monde dans un univers parallèle en y ajoutant des liens autant romantiques que croustillants, ainsi que de multiples événements dramatiques. En connaissant le goût de Bellada pour les rumeurs, il était probable qu'elle connaisse déjà cette maison d'édition, mais peut-être n'avait-elle pas pu mettre la main sur toute la série, et il comptait y remédier. Le Comte tenta de monter les escaliers pour montrer le chemin à sa grand-mère, ce qui ne fut pas un vif succès. Après de multiples trébuchements, il finit par la laisser devant la porte après l'avoir serré dans ses bras.

Post VI | 815 mots -  Ce sera mon dernier post du coup. :D Je prendrai +1 en charisme pour la quête  nastae
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[XI - XII] La passion des livres | Ignatus & Bellada

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