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 [VI] - Égarements et rêveries [PV Laëth] [Flashback]

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Mar 05 Juin 2018, 15:22

Catégorie de quête : VI. Recherche
Partenaire(s) : Laëth Belegad [Priam]
Intrigue/Objectif : Nikolaz et Laëth doivent retrouver et ramener à l'enclos tous les bicornes qui se sont échappés.

Nikolaz, sac jeté sur l’épaule, ouvrit la porte de la maison et sortit sous le soleil écrasant de début d’après-midi. Sa mère, qui était courbée au-dessus des mauvaises herbes dans le potager, se redressa et tourna son visage tanné vers lui.
-Je vais garder les bicornes chez Tûl, répondit Nikolaz à sa question silencieuse.
Un air dubitatif se peignit sur l’expression de sa mère.
-Depuis quand Tûl te confie ses bicornes ? s’étonna-t-elle.
Nikolaz haussa les épaules et détourna les yeux.
-Il doit n’avoir trouvé personne d’autre, pour se rabaisser à embaucher un Ange, rétorqua-t-il. Je rentrerai probablement après le coucher du soleil. Ne m’attendez pas pour dîner.
Il rejoignit le sentier sans plus de cérémonie, tandis que sa mère replongeait la tête dans ses légumes. Il marcha d’un pas vif, ses grandes ailes blanches le parant d’une traîne chatoyante sous les rayons du soleil.
Comme toujours lorsque Vah touchait à sa fin et que Koor approchait, il se mettait à faire très chaud à Lummaar’Yuvon. Ça n’empêchait pas les paysans de s’occuper des champs avec la même assiduité que pendant le reste de l’année. Les habitants de Lummaar’Yuvon ne s’arrêtaient jamais de travailler. Ça rendait les gens comme Nikolaz assez peu productifs, en comparaison. Les Anges et les Démons qui vivaient à Bouton-d’Or étaient priés de travailler autant que les autres, mais force était de constater que c’était les Réprouvés eux-mêmes qui, souvent, ne voulaient pas de leur aide. Nikolaz détestait être désœuvré tout en sachant cela. Sa mère avait touché juste : Tûl faisait partie de ces éleveurs qui éprouvaient une méfiance naturelle à l’égard de la nouvelle génération, née avec les mauvais gènes. Il devait être vraiment désespéré pour se tourner vers lui.
Heureusement que Kobalt, le père adoptif d’Anîhl, avait cédé au harcèlement de sa fille et laissait Nikolaz travailler dans son champ à sa guise ; ça donnait à l’Ange la sensation d’être utile, en plus de lui permettre de passer le plus clair de son temps avec son amie grincheuse.
Nikolaz était trempé de sueur lorsqu’il arriva à la ferme de Tûl. Selon la géographie du territoire, sa propriété était isolée et rassemblait plusieurs bâtiments ramassés. Déjà de loin, Nikolaz pouvait entendre le concert de bêlements des bicornes.
-Ah, tu es là.
Interpellé par le grognement bourru, l’Ange tourna le regard vers Tûl, qui s’avançait d’un pas pesant dans sa direction, un sac sur l’épaule. Le fermier leva rapidement ses petits yeux vers lui, sans la moindre sympathie dans le regard.
-Bonjour, Tûl, dit Nikolaz en faisant mine de rien.
-Je dois y aller, lâcha l’intéressé. Affaire urgente de famille au village. Je serai de retour dans la soirée. J’ai intérêt à retrouver mon troupeau dans le même état que celui dans lequel je l’ai laissé.
Il jeta un nouveau coup d’œil suspicieux vers Nikolaz, qui serra les dents mais se contenta de répondre d’un ton calme :
-Je vais faire de mon mieux, ne t’inquiète pas.
-Je vous ai à l’œil, maugréa Tûl en tournant déjà les talons.
-Vous ? releva Nikolaz, surpris.
-La petite Laëth va t’aider, répondit le Réprouvé par-dessus son épaule en s'éloignant. J’ai vraiment pas eu de chance, d’embaucher deux Anges d’un coup, bougonna-t-il pour lui-même.
Nikolaz se sentit tout à coup plus léger. C’était une bonne surprise que Laëth soit de la partie. En plus de diviser le travail par deux, ils pourraient discuter de leurs plans.
Leurs plans pour l’avenir, loin de Lummaar’Yuvon.
Nikolaz quitta ses rêveries et se dirigea vers l’enclos des bicornes. La nuit, ils étaient parqués dans un immense hangar sombre et étouffant, mais dans la journée, ils paissaient tranquillement dans un enclos un peu à l’écart des bâtiments. L’Ange inspira un bon coup, posa son sac à l’entrée de l’enclos et retroussa ses manches. S’occuper des élevages n’était pas la partie qu’il préférait dans la vie à la campagne. Il s’affairait bien plus volontiers dans les champs.
-Bonjour, mes gros, lança-t-il malgré tout gaiement en ouvrant le portail de la clôture.
Le surnom n’était en fait qu’un euphémisme. Les bicornes étaient d’immenses bêtes musculeuses et cornues, qui pourraient réduire une ferme à l’état de tas de bois sous leurs sabots si l’envie devait leur en prendre. Mais, heureusement pour les habitants de Lummaar’Yuvon et pour Nikolaz qui devait les garder, les bicornes étaient également des êtres paisibles.
Au milieu d’un concert de hennissements et d’ébrouements, Nikolaz fit un tour des animaux. La tâche de les garder ne serait pas très difficile, à l’exception du moment où il faudrait les rentrer dans leur bâtiment.
Il n’était pas entré depuis longtemps dans l’enclos qu’il entendit qu’on le hélait. Il se retourna, un sourire déjà affiché sur le visage par joie anticipée.
-Laëth ! lança-t-il en se frayant un chemin entre les bêtes.
Il s’arrêta devant son amie.
-Quelle chance d’avoir tous les deux été embauchés par ce Tûl grincheux !

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Priam & Freyja
~ Ange ~ Niveau III ~

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◈ Parchemins usagés : 3911
◈ YinYanisé(e) le : 02/02/2018
◈ Âme(s) Soeur(s) : La bière et le saucisson | L'adrénaline et les problèmes
◈ Activité : Berger [III], traducteur [II], diplomate [I] | Soldat [III], violoncelliste [I]
Priam & Freyja
Mer 13 Juin 2018, 22:29


Catégorie de quête : VI. Recherche.
Partenaire(s) : Nikolaz.
Intrigue/Objectif : Nikolaz et Laëth doivent retrouver et ramener à l'enclos tous les Bicornes qui se sont échappés.

« Priam, faut que j'y aille. » Les bras croisés sur le torse, Laëth toisait son frère, presque en tapant du pied. Il était couché à même le sol de leur chambre et tâtonnait sous l'un des lits. De petits moutons de poussière s'étaient échappés du couvert du sommier et vagabondaient à travers la pièce. Elle suivit l'un d'eux des yeux, en espérant que Priam ferait le ménage lui-même. En rentrant, ce soir, elle serait trop fatiguée pour ça. « Attends, je le trouve pas. » Elle soupira. « C'est qu'il doit pas y être. » Il poussa sur ses bras et sa tête réapparut, ses cheveux noirs maquillés de poussière. « Si tu m'aidais, peut-être que ça irait un peu plus vite. » trancha-t-il. « Je t'ai dit que je suis pressée ! Tûl ne va pas attendre cent ans que je daigne arriver. » Il leva les yeux au ciel et marmonna quelque chose qu'elle ne comprit pas. Elle s'apprêtait à lui demander ce qu'il avait dit, lorsqu'il déclara : « Eh ben vas-y, roh, je finirai de chercher tout seul. » Au demeurant, ce n'était pas comme si elle servait à grand chose, actuellement. Elle le faisait exprès, il le savait, simplement pour qu'il accédât à sa requête et la laissât tranquille. Il ne voyait pas l'utilité de batailler. « Merci ! » fit-elle dans un grand sourire, en passant une main délicate dans les cheveux de son aîné. « Je t'aiderai ce soir... si tu l'as pas retrouvé d'ici là ! » Et sur ces mots, elle sortit. Parfois, elle le fatiguait plus qu'une journée entière de labeur dans les champs en temps de canicule.

La jeune Ange descendit l'escalier en trombe, attrapa son sac au passage, et fila à l'extérieur. Elle avait déjà prévenu ses parents. Ils ne s'inquiéteraient pas de ne pas la voir chez eux - voire de constater qu'elle raterait le dîner. Elle prit tranquillement le chemin qui menait au domaine de Tûl, sous un soleil écrasant. Elle marcha d'un bon pas, dans la crainte d'arriver vraiment trop en retard. Au bout d'une dizaine de minutes, elle aperçut la silhouette du corps de ferme. Elle accéléra encore un peu - bien qu'elle fût déjà fatiguée, couverte de terre et de sueur. Pour mieux distinguer son environnement, et surtout pour trouver son employeur, elle mit sa main en visière. Cependant, elle ne vit pas sa silhouette trapue à l'horizon. Seule une touffe de cheveux blancs se dessinait, près de l'enclos des bicornes. Nikolaz ? Elle s'approcha. « Nikolaz ! » appela-t-elle, en lui adressant un grand signe de la main. Un large sourire fendait son visage. Elle ne savait pas qu'il serait là. Quelle bonne surprise ! Son ami se retourna et vint vers elle, souriant. « Oh que oui ! » A deux, au moins, cela passerait un peu plus vite. Ils auraient l'occasion de discuter... ils avaient certainement des tonnes de choses à se dire, des milliers de rêves à se raconter, des projets à construire sur l'hypothèse chancelante de leur départ. « Il est déjà parti ? » Comme son ami approuvait, elle soupira. « J'avais dit à Priam que je serai en retard. Il tenait absolument à retrouver un de ses gants, pour aider maman à entasser du bois. » D'ailleurs, par tous les Zaahin, pourquoi le cherchait-il dans la chambre ? Les Belegad rangeaient tout le matériel nécessaire à l'extérieur dans une petite grange attenante à la maison. Elle haussa imperceptiblement les épaules. Il devait avoir une bonne raison. « Bref, désolée. » conclut-elle en lui adressant un sourire navré. « Ça fait longtemps que t'es là ? »

Elle tourna la tête vers les énormes bestiaux, qui la dominaient de toute leur taille. Leurs grands yeux bruns étudiaient tantôt ceux qu'ils prenaient pour des visiteurs, tantôt la terre battue, dans l'espoir de trouver quelques brins d'herbe à se mettre sous la dent. Quand elle était enfant, elle était si impressionnée par leur carrure qu'elle restait pétrifiée devant ; son regard mêlait alors l'admiration à la crainte. Dès qu'elle s'en éloignait, elle clamait à ses parents qu'elle voulait grimper sur leur dos. Ils n'avaient jamais été d'accord, et pour cause : les Bicornes n'étaient pas faits pour cela. Elle tendit la main vers l'un d'eux, qui vint souffler contre sa paume de ses larges naseaux. « C'est qu'ils seraient presque plus aimables que leur propriétaire. » Ils avaient encore un peu de temps à tuer avant de devoir rentrer le troupeau dans son étable. Elle jeta un regard autour d'elle, avisa une souche assez large pour les accueillir tous les deux, et finalement, s'assit dessus. On voyait parfaitement l'enclos des animaux. L'Ange se tourna vers son ami, et lança le sujet qui lui brûlait les entrailles : « J'ai pas encore trouvé de carte qui aille au-delà de la région. Et comme j'en ai toujours pas parlé à mes parents..., elle grimaça, je ne leur ai pas demandé s'ils savaient où en trouver. Du nouveau, de ton côté ? » Ses iris glissèrent à nouveau vers l'enclos. Elle se figea. « Nikolaz... la porte ! La porte ! » Dans leur enthousiasme, ils avaient totalement oublié de refermer la clôture, qu'il avait ouverte pour pénétrer dans l'enclos. Et déjà, l'un d'eux était sorti. Lorsque Laëth se leva d'un bond, la bête, qui broutait paisiblement, se redressa vivement, poussa son cri caractéristique, et détala vers les champs voisins. Avant qu'elle eût eu le temps de faire trois pas, d'autres avaient suivi le fugitif, et galopaient vers lui. « Il faut fermer avant qu'ils ne sortent tous ! » Aux côtés de son ami, elle courut vers l'enclos.

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Mar 03 Juil 2018, 23:22

Heureux de voir son amie, Nikolaz écouta Laëth avec un sourire accroché sur les lèvres. Comme à son habitude, Laëth parlait beaucoup et surtout de son frère, Priam. Connaissant lui-même l’aîné de la jeune fille, Nikolaz savait que ses plaintes régulières à son encontre n’étaient pour moitié que de l’affection mal cachée.
-Je viens d’arriver, rassura-t-il Laëth, qui s’inquiétait de son retard.
Nikolaz vit le regard de son amie devenir plus sérieux et il comprit aussitôt de quoi elle allait parler. Oubliant instantanément les bêtes qu’ils étaient supposés garder, il la suivit vers la souche d’arbre et s’assit à ses côtés.
Depuis des semaines, Laëth et lui rêvaient à la vie hors des frontières de Lummaar’Yuvon. Plus que simplement effleurer cette ambition, ils avaient commencé à échafauder des plans pour leur départ. Ils comptaient rejoindre les Jardins de Jhën et les Anges qui y vivaient.
La plupart des Anges natifs de Lummaar’Yuvon quittaient tôt ou tard leur famille pour rallier les Jardins. Ce n’était un secret pour personne que la dernière génération, celle qui n’était pas née avec les bons gènes, n’était pas faite pour vivre éternellement avec les Réprouvés. Ces derniers semblaient trouver eux-mêmes que ces départs entraient dans l’ordre des choses.
Mais Nikolaz et Laëth préféraient échafauder leurs plans dans la discrétion, sinon dans le secret. En effet, Laëth était très proche de son frère mais leur principal point de désaccord se situait sur leur vie future : Priam faisait partie des rares Anges à vouloir faire sa vie aux côtés de sa famille. Laëth semblait donc vouloir éviter le sujet de son propre départ en sa présence. Quant à Nikolaz, il avait déjà fait part de ses plans à ses parents qui, sans surprise, l’avaient soutenu dans sa décision. La facilité avec laquelle ils le laissaient partir donnait d’ailleurs à Nikolaz une impression douce-amère.
Mais Nikolaz rechignait à parler de son départ à Anîhl. Il redoutait sa réaction, qu’il pouvait déjà imaginer d’ici. Anîhl n’était pas bonne à exprimer son attachement, mais le jeune homme avait compris depuis longtemps qu’il se traduisait par une certaine possessivité. Il doutait qu’Anîhl soit du genre à croire à l’amitié à distance. Il n’était même pas sûr qu’elle puisse en imaginer le concept.
Laëth n’avait pas trouvé de carte du Territoire Magicien ; Nikolaz rendit sa grimace à son amie, déçu. De son côté, il en avait déniché une du Continent Naturel, ce qui était bien joli mais se révélerait inutile lorsqu’il faudrait tracer un itinéraire pour rejoindre les Jardins de Jhën. Les Réprouvés de Lummaar’Yuvon n’étaient pas de grands voyageurs. Ils n’avaient pas besoin de cartes précises. Cela rendait la tâche difficile à ceux qui voulaient quitter cette vie sédentaire.
Nikolaz n’eut pas le loisir de répondre à Laëth. Un juron lui échappa malgré lui en découvrant le bicorne qui avait emprunté la porte de sortie, négligemment laissée ouverte par les deux Anges. Nikolaz se leva d’un même bond avec Laëth et se précipita vers le portail, ce qui effraya les autres bêtes et les poussa d’un commun mouvement vers la sortie.
-Fermons l’enclos, vite ! s’exclama Nikolaz avec panique.
Il imaginait d’ici la réaction de Tûl si toutes ses bêtes n’étaient pas dans l’enclos lorsqu’il rentrerait. Paniqué à cette simple idée, Nikolaz attrapa Laëth par le bras et la tira à travers le pré. Il referma le portail, enfermant les quelques bêtes qui n’avaient pas eu le temps de s’échapper. Il se retourna ensuite vers celles qui en étaient sorties.
Sur les vingt-trois bêtes, douze étaient dehors et les plus agitées d’entre elles s’éloignaient au petit trot, ce qui était déjà une cadence bien trop élevée pour les deux Anges.
Sentant son cœur s’emballer, Nikolaz s’efforça de réagir efficacement.
-On va aller chercher des harnais et des longes dans le hangar, suggéra-t-il après un moment de réflexion. Si on arrive à ramener ces quatre bicornes dans l’enclos, ce sera déjà ça.
Il désigna les quelques animaux qui n’avaient pas paniqué et se contentaient de regarder d’un œil attentif ce qui se passait autour d’eux.
D’un pas pressé par l’urgence, Nikolaz entraîna Laëth vers le hangar, se retournant à tout instant pour vérifier que les bêtes n’étaient pas en train de s’éloigner à leur tour. Poussant un souffle d’effort, il fit coulisser la lourde porte du bâtiment et s’enfonça dans sa pénombre poussiéreuse. Après avoir fureté çà et là, il finit par dénicher les longes et les harnais. Il enfila les mètres de longe autour de ses bras et en donna à Laëth en passant. L’angoisse et l’effort l’avaient déjà couvert d’une pellicule de sueur.
Il trottina à nouveau vers les bicornes. Merci aux dieux, ils n’avaient pas bougé.
-Bon, à nous, marmonna-t-il en faisant basculer le matériel de son épaule vers le sol.
Nikolaz choisit l’un des bicornes et entreprit de l’approcher à pas lents. L’animal leva sa tête cornée d’un geste brusque et renâcla nerveusement. Nikolaz était certain qu’il pouvait sentir sa propre tension et il s’en molesta intérieurement.
-Sois gentil, mon gros, dit-il à voix basse en s’approchant toujours aussi précautionneusement. Je ne veux pas mourir sous les coups de Tûl. Ni sous les tiens, d’ailleurs.
Ses yeux glissèrent involontairement des immenses cornes pointues aux sabots larges comme des roues de charrette du bicorne et il déglutit.
Il n’était plus qu’à quelques mètres, désormais. L’étalon manifestait toujours de la nervosité, mais il n’avait pas bougé. Sentant son cœur battre dans sa gorge, Nikolaz tendit une main vers l’encolure du bicorne. Il lui flatta précautionneusement le flanc. La bête souffla et sembla se détendre, de concert avec l’Ange qui expira profondément l’air qu’il avait retenu dans ses poumons jusque-là.
-Allez, c’est parti, dit-il après un moment, s’adressant autant à l’animal qu’à lui-même.
Avec une boule d’appréhension au ventre, Nikolaz présenta le harnais au bicorne. Face à son apparente confiance, il osa le lui enfiler. Le bicorne fit un mouvement récalcitrant de la tête, ce qui faillit envoyer Nikolaz au tapis. Mais il finit par réussir à attacher correctement la bête, puis il tira doucement sur la longe.
-Il est temps de rentrer chez toi, lui adressa-t-il en donnant un peu de mou à la corde.
L’animal ne broncha pas pendant un moment, malgré l’insistance grandissante de Nikolaz – ce dernier doutait que le bicorne ait seulement senti les secousses qu’il lui donnait par la longe – mais il finit par se mettre en mouvement. L’Ange faillit lancer un cri de joie.
Le bicorne regagna l’enclos sans plus broncher. Mis en confiance, Nikolaz ramena une deuxième bête dans la foulée. Puis il se tourna vers Laëth, qui s’affairait un peu plus loin avec le reste des bêtes.
-Tu t’en sors ? lui lança-t-il en jetant un coup d’œil dans sa direction.

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Priam & Freyja
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Priam & Freyja
Mar 16 Oct 2018, 10:01


Dépitée. Douze bicornes avaient tracé leur chemin en dehors de leur pré. Énervée. Juste parce qu'ils avaient oublié de fermer cette satanée clôture. Laëth n'aimait pas que les choses lui échappassent, elle n'aimait pas être interrompue dans ses projets, elle n'aimait pas être contrariée ; les bicornes évadés avaient mis un terme à leur discussion qui s'annonçait passionnante, et la contrariété barrait son front quand la frustration grignotait ses entrailles. Le fait que cela fût de leur faute ne faisait qu'ajouter à son agacement. Et maintenant, ils étaient là, les bras ballants, la tête en vrac, à se demander comment corriger leur sottise. « Ouais. » lâcha-t-elle sèchement avant d'emboîter le pas à son ami. Nikolaz restait étonnamment calme - en apparence, en tout cas -, se contentant de marcher vite et d'afficher une inquiétude mesurée. Elle ne savait pas trop si elle devait le prendre en exemple ou s'irriter de ce qui pouvait ressembler à de l'inertie - il lui rappelait un peu trop Priam, là, tout de suite, Priam et sa sérénité habituelle qui achevait de la mettre hors d'elle dès que la colère lui chatouillait le nez de sa plume aiguisée. Elle chassa l'image de son frère et décida de se concentrer sur l'essentiel : ramener les bêtes dans le troupeau. Au milieu de la grange éclairée par un rai de lumière offert par l'ouverture de la porte, elle s'empressa de prendre les longes et les licols que lui tendaient l'Ange, et de les charger sur ses épaules. Comme son ami, elle repartit en courant vers les quatre individus, qui observaient toujours les environs avec la curiosité ancrée à la rétine. Laëth ne conserva qu'un harnais, et s'approcha du bicorne le plus proche.

C'était une femelle, haute et au brillant pelage bai. Elle posa sur elle un œil attentif et suspicieux. On avait toujours dit à la jeune Ange de ne pas aborder un animal avec le cœur bercé d'émotions négatives. Ils pouvaient les sentir, et réagissaient souvent en adéquation avec celles-ci : l'agacement leur insufflait la méfiance. Elle le savait et faisait tout son possible pour retourner à un état d'esprit plus apaisé, cependant, elle avait du mal à ne pas s'en vouloir, d'avoir commis cette bêtise si facilement évitable. Désormais, ils allaient devoir courir derrière les bêtes, essayer de les attraper, et supplier les Zaahin pour qu'aucune d'entre elles ne se blessât gravement. Elle ne le leur souhaitait pas, ne voulait pas avoir cela sur la conscience, et ne voulait pas non plus devoir affronter les réprimandes de Tûl après cette mésaventure. Des quelques Anges qu'elle connaissait, seul Priam parvenait à trouver véritablement grâce à ses yeux. Sûrement parce qu'il était doué pour ces choses-là, ou à tout le moins parce qu'il faisait des efforts considérables - les efforts étant toujours regardés avec sympathie parmi la communauté. Elle en faisait aussi, mais peut-être pas autant, parce qu'elle ne voulait pas rester, parce qu'elle avait d'autres projets ; et finalement, les habitants de Lumnaar'Yuvon devaient s'en douter ou le percevoir sans savoir de quoi il s'agissait exactement.
Elle pensa aux Jardins. Elle pensa au futur. Elle pensa à sa vie. Doucement, son agitation se dissipa. Ses objectifs redevenus clairs, son esprit désembrumé de colère, elle s'avança calmement vers la bicorne. Lorsqu'elle fut à moins d'un mètre, celle-ci émit un ronflement puissant et esquissa un mouvement de recul. La brune s'arrêta immédiatement. « Doucement, ma belle. » Tendant la main vers elle, elle osa faire un nouveau pas. L'animal approcha son large museau de sa paume et souffla dedans. Laëth lui caressa le chanfrein en lui parlant doucement, puis ouvrit le licol pour le lui enfiler. La bête se laissa faire, et elle put la reconduire jusqu'à son enclos, passablement soulagée. C'était une petite victoire, mais c'était une victoire. Elle répéta l'opération avec le dernier bicorne, qui se montra encore plus coopératif, puisque tous les autres - qu'il pouvait voir - étaient retournés dans leur pré. « Oui, c'est bon. » répondit-elle à Nikolaz en attachant le licol et en emmenant l'animal vers son lieu de vie. Elle ouvrit la barrière, le fit entrer et le libéra. Il rejoignit ses congénères d'un trot leste.

Elle revint à l'Ange aux cheveux blancs, désormais plus inquiète qu'énervée. « Il en reste huit à récupérer, c'est ça ? » De ses yeux verts, elle scruta l'horizon. Heureusement, ils avaient l'air d'être tous partis dans la même direction. De là où elle était, elle croyait distinguer une ou deux silhouettes. « On devrait peut-être prendre de la nourriture, tu crois pas ? Ce sera sûrement plus facile que de leur courir après... d'autant plus qu'ils courent laaargement plus vite que nous. » Tandis qu'elle parlait, elle avait pivoté vers l'Ange et le dévisageait d'un air inquisiteur, le sourcil relevé. Elle allait ajouter quelque chose lorsqu'elle entendit un hurlement indistinct. Elle s'avança un peu : en contre-bas - la ferme de Tûl se situait sur l'une des collines de Lumnaar'Yuvon -, un bicorne dévorait les carottes entreposées dans une des charrettes du voisin, prêtes pour le départ. Pour la discrétion, c'était raté. Tûl en entendrait parler. Elle blêmit un peu, avant d'attraper un autre licol et de dire, pour essayer de dédramatiser la situation - ils allaient certainement avoir droit à un savon : « Plus que sept à trouver, du coup. » Elle attrapa Nikolaz par la manche et l'entraîna au bas de la pente, prête à affronter les réprimandes du Réprouvé dont la récolte de carottes diminuait à mesure que le bicorne se régalait.

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[VI] - Égarements et rêveries [PV Laëth] [Flashback] 1628 :


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Mar 20 Nov 2018, 17:32

Nikolaz regarda avec admiration Laëth ramener les deux autres bicornes dans l’enclos et refermer le portail derrière elle. Il s’apprêtait à suggérer une stratégie hasardeuse pour ramener les bêtes encore en liberté lorsqu’un cri leur fit tourner la tête à tous les deux. Nikolaz sentit un frisson glacé lui descendre le long du dos en découvrant la scène qui se déroulait en contrebas. Ne pouvant retenir un juron, il se vit déjà en train de se faire incendier par un Tûl éructant.
La remarque de Laëth lui arracha un vague sourire et un bref rire nerveux lui échappa.
-Bon ben, je crois qu’on n’a plus qu’à courir, lâcha-t-il, résigné.
Laëth sur ses talons, il s’engagea dans la pente et la dévala à toutes jambes, en direction du potager victime de l’appétit du bicorne. Ce n’était pas comme lorsqu’il courait avec Anîhl et qu’il assistait à ses explosions de joie, et qu’il se sentait merveilleusement à sa place ; présentement, ce n’était que la boule d’angoisse dans son ventre qui agitait ses membres.
Hors d’haleine, il finit par arriver au bas de la butte et ralentit sa cadence afin de ne pas effrayer le bicorne et de provoquer encore plus de dégâts. La bête retournait le sol avec son mufle à la recherche de carottes, indifférente aux cris de la propriétaire du potager saccagé. Cette dernière remarqua la présence des deux jeunes Anges et se tourna vers eux, furibonde :
-Aidez-moi à chasser ce crétin de bicorne ! Je sais pas à qui il est, mais il va entendre parler de moi !
Terriblement mal à l’aise, Nikolaz fit de son mieux pour réguler son souffle et répondit avec le plus d’aplomb dont il était capable :
-Ce sont Laëth et moi qui nous occupons du troupeau. Nous avons eu un problème…
-Ah, ça c’est bien les Anges ! l’interrompit la fermière avec colère, et Nikolaz battit des cils. Dépêchez-vous de me débarrasser de cet animal !
Nikolaz, mâchoires contractées, ne répondit pas tout de suite. Il jeta un court regard à Laëth, qui se tenait à côté de lui. Il connaissait le fort caractère de son amie et savait que les remarques désobligeantes que les Réprouvés se permettaient envers les Anges la rendaient particulièrement sensible. Il la comprenait et avait parfois envie de se montrer aussi acerbe qu’elle vis-à-vis des gens qui tenaient de tels propos, mais cela menait inévitablement à des confrontations, ce dont ils n’avaient certainement pas besoin maintenant.
Pour couper court à tout risque, Nikolaz se tourna rapidement à nouveau vers la fermière et lança :
-Nous sommes sincèrement désolés et allons ramener le bicorne. Nous paierons des réparations.
La femme grogna une réponse inintelligible.
Le jeune homme reporta son attention sur l’étalon. Il paraissait vraiment disproportionné dans le potager large de quatre enjambées et même si quelque part au fond de lui, l’Ange ne pouvait s’empêcher de trouver la situation cocasse d’absurdité, il s’inquiétait avant tout de la tournure que pourraient prendre les événements si l’animal décidait soudain de faire un petit trot de digestion.
Nikolaz tendit la main vers Laëth et attrapa le licol qu’elle lui tendait, puis il entreprit de franchir la clôture. Répétant les gestes qu’il avait déjà effectués sur la colline, il s’approcha parcimonieusement du bicorne en surveillant la moindre réaction nerveuse de celui-ci. Mais il semblait moins énervé que ses camarades car il se contenta de relever son énorme tête lorsque l’Ange posa sa main sur son encolure et de le regarder d’un œil vitreux au rythme de ses mastications bruyantes. Doucement, Nikolaz lui passa les rênes autour du cou.
-T’es un bon, mon gros, soupira-t-il en flattant sa joue.
À ce moment, un grondement du tonnerre s’éleva au loin, accompagné de cris aigus. Les oreilles du bicorne pivotèrent. Sentant un terrible pressentiment plomber son estomac, Nikolaz tordit le cou en direction du bruit, qui s’approchait de plus en plus et devenait un véritable vacarme. Les yeux agrandis par l’effroi, l’Ange vit soudain deux bicornes passer devant l’enclos à toute vitesse, escortés d’un nuage de poussière. Nikolaz serra très fort le licol en priant pour que le troisième animal à ses côtés ne soit pas tenté de rejoindre ses comparses, même s’il se doutait qu’il serait emporté sans mal dans la course lui aussi si jamais cette situation devait arriver. Mais l’étalon, après avoir renâclé une ou deux fois, ne fit que regarder lui aussi la course passer devant le potager.
Une fois l’hébétude passée avec les deux animaux, Nikolaz se reprit et lança à Laëth :
-Il faut les faire regagner l’enclos ! Tu crois que c’est possible de les suivre en volant et de les orienter dans la bonne direction ?
Ce plan de fortune lui paraissait risible mais il n’avait aucune autre idée dans l’immédiat, mais il fallait agir vite s’ils ne voulaient pas que la course endiablée ne fasse de ravages sur son passage.
-Je vais ramener celui-là au champ de mon côté, indiqua-t-il en indiquant le mâle qui attendait toujours sagement à sa suite.
-Mais vous avez vraiment semé ces monstres aux quatre coins de Lummaar’Yuvon ! intervint la fermière, rouge et gonflée d’indignation.
Nikolaz marmonna une énième excuse et s’empressa de sortir du potager, licol à la main.
-Dépêchons-nous, lança-t-il à Laëth en passant devant elle, les joues rouges de honte.

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Mer 28 Nov 2018, 20:05


Courir. Bonne idée. Il fallait espérer qu'il leur resterait du souffle pour échapper à la colère de Tûl. Elle emboîta le pas à Nikolaz pour rejoindre le potager le plus rapidement possible. Arrivée en bas de la pente, elle ralentit. Son cœur tambourinait et sa respiration était bruyante. Le bicorne grattait le sol de ses larges sabots et remuait la terre à l'aide de son large museau, crachant la poussière de ses naseaux à intervalle régulier. La fermière était furibonde. Laëth prit bien garde à rester tout près de son ami. Elle lui jeta un regard en biais quand il avoua leur faute, en songeant que, peut-être, dans cette situation, un petit mensonge n'aurait fait de mal à personne. Elle regretta d'autant plus son honnêteté lorsque la Réprouvée tourna vers eux sa rage joliment décorée d'un racisme à peine couvert. De quel droit se permettait-elle ? Chacun pouvait faire des erreurs, Ange, Réprouvé ou Démon. Ils n'avaient pas fait exprès. Ils n'avaient peut-être pas fait de leur mieux, et la faute leur incombait très certainement, mais ils n'avaient pas fait exprès et mettaient des quantités de bonne volonté et d'efforts à essayer de rattraper ces fichus bestiaux. C'était à cause de gens comme cette femme qu'elle serait heureuse de partir. Les sourcils froncés, l'Ange lui jeta un regard noir, prête à lui faire part de son avis avec véhémence ; cependant, Nikolaz, qui la connaissait si bien, anticipa en s'excusant et en promettant qu'ils paieraient des réparations. Ah bah sûrement, tiens ! Ainsi, ce fut à son tour d'être frappé par les iris noirs de colère de Laëth, un sourcil levé en supplément.

Ô combien trop énervée pour essayer d'attraper l'animal, elle tendit le licol à son ami qui se dirigea vers la bête, sous le regard attentif de l'agricultrice. La jeune Ange avait finalement décidé de l'ignorer. De telles personnes ne méritaient guère sa considération. Les bras croisés sur sa poitrine, le menton relevé, elle lui tournait le dos, sans se rendre compte que son potentiel de ridicule augmentait. A dire vrai, elle s'en moquait. Comme Nikolaz avait réussi à attraper le bicorne, elle fit un pas vers lui pour qu'ils regagnassent le haut de la petite colline. Le ciel sembla alors se mettre à grogner. Vivement, elle leva la tête, pour voir deux des animaux échappés de l'enclos galoper à fond de train jusqu'au bas de la descente et poursuivre leur course plus loin dans les terres. Hébétée, elle pivota vers son compagnon d'infortune. S'ils s'amusaient tous à courir comme ça, ils n'auraient jamais fini avant la fin de la journée. Fort heureusement, il eut une idée de génie - ou presque, mais ils ne pouvaient faire qu'avec ce qu'ils avaient. « Oui ! Oui ! Et une corde, on n'a qu'à tenir une corde, chacun un bout, et essayer de les rabattre avec. » Elle lança un regard autour d'elle, sans succès. Néanmoins, il lui semblait que Tûl en gardait toujours dans sa grange. Elle irait en prendre une pendant que Nikolaz remettait l'étalon dans son pré.

La voix de la Réprouvée la fit frémir et grincer des dents - elle l'avait presque oublié. « Bonne journée, madame. » lança-t-elle sèchement avant de suivre l'Ange. Ils remontèrent la pente et elle fila vers la grange. Elle fouilla pendant quelques secondes avant de trouver une corde entassée sous une grande bâche. Elle l'attrapa et la traîna à l'extérieur, tout en essayant de la démêler un peu. Tûl n'était pas connu pour être un maniaque du rangement ; elle aurait pourtant tellement aimé qu'il en fut un, à cet instant ! Elle continuait de marcher et, lorsqu'elle eut rejoint Nikolaz, la corde était suffisamment démêlée pour servir. Elle lui en tendit une extrémité. « J'espère qu'ils sont tous partis dans la même direction. » Dans un éclair d'ingéniosité, elle noua la corde autour de sa taille - les deux mains libres, il serait plus aisé de guider ou attraper les bicornes. « Et qu'ils sont tous au même endroit. Mais bon, c'est sans doute un peu trop demander, pas vrai ? » Elle fit un effort pour sourire. Puis, elle prit le temps de réfléchir un peu. Il fallait qu'ils prennent chacun un licol - pour attraper, ce serait plus facile. Elle en saisit deux et en tendit un à son ami. « Comme ça on en ramènera au minimum deux. » Laëth s'avança vers la pente. « Prêt ? » Comme il acquiesçait, elle prit son envol en même temps que lui, et ils avancèrent vers les premiers bicornes qu'ils pouvaient apercevoir - quatre silhouettes noires égarées dans un champ de blé. « Ça c'est de l'opération d'envergure, hein ? » Elle réalisa comme ils devaient avoir l'air étranges, peut-être même idiots, perchés dans les airs et rattachés par une corde. Comme ils approchaient du groupe d'animaux, elle fit signe à l'Ange de braquer vers la droite pour pouvoir les contourner et ne pas les effrayer. « On se pose pour commencer à les rabattre ou on reste dans les airs ? » demanda-t-elle. C'était son idée, il en avait probablement une conception bien plus claire qu'elle...

Post III - 891 mots




[VI] - Égarements et rêveries [PV Laëth] [Flashback] 1628 :


[VI] - Égarements et rêveries [PV Laëth] [Flashback] 2289842337 :
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Jeu 29 Nov 2018, 12:10

Luttant contre la vague de panique qui menaçait de les submerger tous deux, Nikolaz mena le bicorne jusqu’au pré, tout en se retournant régulièrement pour scruter le paysage à la recherche des autres bestiaux, sans succès. Tandis que Laëth courait vers la grange pour récupérer corde et licols, le jeune homme ouvrit l’enclos et invita l’étalon à y entrer. Il referma ensuite soigneusement la porte derrière lui, se maudissant une énième fois pour son étourderie qui leur coûtait cher.
Laëth et lui se rejoignirent ensuite et l’Ange ne put retenir un regard d’admiration pour son amie lorsqu’elle eut la brillante idée de lier la corde à sa taille. Il l’imita avec empressement et prit son envol de concert avec elle, tentant de masquer du mieux qu’il pouvait ses maladresses – il ne savait pas très bien voler et en était très complexé. Dans le sillage de Laëth, il fouilla le paysage du regard et repéra en même temps que la jeune femme les quatre bicornes éparpillés dans le champ. Tentant d’oublier les dégâts supplémentaires occasionnés sur le terrain du Réprouvé à qui il appartenait, Nikolaz tâcha de réfléchir à la suite des opérations car manifestement, Laëth se sentait aussi désemparée que lui et espérait qu’un éclair de génie le frappe.
-On va… commença-t-il, criant pour couvrir le bruit du vent. On va aller vers ces deux bicornes-là, puisqu’ils sont groupés. On va perdre un peu d’altitude et voir leur réaction.
Joignant le geste à la parole, Nikolaz se pencha vers l’avant et piqua vers le sol. Son cœur tambourinait à toute vitesse dans sa poitrine et l’ensemble des scénarios catastrophe dans lesquels la situation dégénérait défilaient dans son esprit.
Les deux animaux finirent par remarquer que les Anges étaient en train de se diriger vers eux par la voie des airs et ils se mirent aussitôt à s’agiter. L’un d’eux se mit à ruer et heurta son comparse, ce qui déclencha la panique chez l’un comme chez l’autre.
-Oh, non ! s’exclama Nikolaz lorsqu’impuissant, il les vit se mettre à galoper de manière désordonnée, droit vers les deux autres bêtes qui paissaient un peu plus loin. Il faut les suivre !
Accompagnant Laëth dans son mouvement, le jeune homme vira à droite et poursuivit les animaux, qui n’étaient plus très loin des deux autres bicornes.
-Tant pis pour les licols ! cria-t-il à l’intention de Laëth. On va orienter leur course vers l’enclos !
Cette idée était extrêmement risquée mais au point où ils en étaient, Nikolaz ne voyait pas quoi faire d’autre. Battant des ailes avec toute la force dont il était capable, il rattrapa les bicornes, qui étaient désormais tous en train de galoper, emportée par l’élan de groupe.
-Il faut encore perdre de l’altitude ! lança Nikolaz, hors d’haleine.
Il suait à grosses gouttes et sentait ses muscles le brûler mais il serra les dents et s’approcha encore du sol, jusqu’à faire du rase-mottes. Il jeta un coup d’œil à Laëth. La corde était tendue entre eux et la jeune femme avait le visage tendu par la concentration. Nikolaz ne s’attarda pas sur cette vision et tourna à nouveau la tête vers les bicornes. Les deux Anges s’approchaient petit à petit et les animaux, affolés, tentaient de les semer. Par chance, ils demeuraient groupés et les Anges pouvaient les orienter vers la colline. Le vacarme des sabots sur le sol et du vent sifflant à ses oreilles était étourdissant mais faisait grimper l’adrénaline en Nikolaz.
Ils remontèrent la colline sur les talons des animaux. Nikolaz luttait contre les crampes qui l’assaillaient de toutes parts. Enfin, il vit se dessiner l’enclos entre les pattes énormes des bicornes.
-Je vais me détacher ! hurla-t-il par-dessus le tapage. Je vais ouvrir l’enclos !
Il n’était pas sûr que Laëth l’avait entendu mais il n’attendit pas pour joindre le geste à la parole. Il défit le nœud autour de sa taille puis battit des ailes pour s’élever à nouveau au-dessus des bicornes. Il donna toute l’énergie qu’il avait pour les dépasser et prendre de l’avance sur eux pour avoir le temps d’ouvrir l’enclos.
Tremblant de fatigue, il se posa et déverrouilla fébrilement la clôture. Il entendait le vacarme des sabots s’approcher un peu plus à chaque seconde et il se voyait déjà écrasé par plusieurs tonnes de bicorne lancé à toute vitesse. Ahanant sous l’effort, il tira sur la porte pour l’ouvrir en grand. Juste au moment où la porte atteignait l’angle droit avec la clôture, les animaux entrèrent en trombe dans l’enclos, Laëth sur leurs talons. Nikolaz referma le portail à toute vitesse.
Le jeune homme demeura immobile quelques instants, sa poitrine se soulevant et s’abaissant à un rythme démentiel. Puis Laëth se posa à côté de lui et il s’effondra sur le sol labouré par les sabots des bicornes.
Il y eut un long silence, seulement brisé par leurs lourdes respiration. Puis Nikolaz lâcha avec lassitude :
-Bon, plus que trois.

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Priam & Freyja
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Priam & Freyja
Jeu 13 Déc 2018, 12:21


Malgré le vent, la voix de Nikolaz lui parvenait clairement. Elle jeta un oeil aux bicornes qu'il indiquait et suivit le mouvement - tant bien que mal, car elle ne possédait guère une dextérité remarquable - en piqué que son ami initia. A mesure qu'elle se rapprochait du sol, elle déployait ses ailes pour ralentir sa course en douceur, comme le lui avaient appris ses parents. Les leçons de vol qu'ils leur donnaient lorsqu'ils étaient enfants, Priam et elle, avaient parfois été difficiles ; cependant, a posteriori, elle n'en regrettait aucune. Elle aurait sûrement même dû insister pour en prendre d'autres.
Plus ses ailes s'étendaient, plus son ombre s'agrandissait, si bien que les deux bicornes qu'ils visaient les repérèrent. Un filet de panique les effleura, et la ruade de l'un acheva de les emprisonner dans les mailles serrées de la terreur. Ils détalèrent à vive allure... vers d'autres bicornes. L'adrénaline fusant dans ses veines, la jeune Ange braqua à droite. Elle espérait de tout cœur qu'ils n'effraieraient pas les autres bêtes, en dépit de la peur qui guidait leurs attitudes et de leur instinct grégaire prononcé. Raté. Les autres rejoignirent leur course désordonnée. Laëth acquiesça à la directive de Nikolaz. C'était très certainement le plus malin à faire, bien qu'elle commençât à avoir du mal à voler. Les muscles de ses ailes la brûlaient. Elle n'était pas habituée à fournir un effort aussi prononcé. Elle avait l'impression que l'air de ses poumons lui échappait. Sur son visage empourpré coulait une sueur fine, qu'elle chassa d'un revers de main - la sensation était désagréable. Malgré ses difficultés, la jeune fille persévérait. Ils réussirent à rattraper les bicornes. Elle profita d'un vent ascendant pour se laisser porter, perdant l'altitude nécessaire par la même occasion. Dans le sillage des deux Anges, l'herbe frémissait. Laëth ne parlait pas, ne disait rien, se contentait de faire comme Nikolaz, toute sa concentration et toute son énergie dévouées à la tâche qui leur incombait. Bientôt, elle ne put plus compter sur le courant d'air qui la portait. A nouveau, elle dut battre des ailes pour remonter la pente de la colline. Les bêtes d'élevage filaient devant eux : un nuage de poussière les suivait, qui maculait les deux Anges de terre. Ils y étaient presque, ils y étaient presque...

Soudain, la tension qui tenait la taille de Laëth s'évanouit ; surprise, elle se déporta du côté vers lequel elle-même tirait. Elle manqua de percuter le sol, se rattrapant de justesse. Redressant la tête, elle vit que Nikolaz s'était détaché pour ouvrir la porte du pré. Vite ! Allez ! Enfin stabilisée, l'Ange continua de pousser les animaux vers leur champ. A son grand soulagement, ils y entrèrent sans causer d'autres ennuis. A l'instant même où le dernier d'entre eux passa la barrière, l'Ange relâcha la pression qu'elle exerçait sur ses muscles. Délicatement, quoi que fébrilement, elle se posa près du jeune homme aux cheveux blancs, avant de l'imiter et de se laisser tomber au sol, la respiration aussi tremblante et profonde que la sienne, ses ailes étendues. Plus que trois... « J'en peux plus. » souffla-t-elle entre deux grandes bouffées d'air aspirées. Ses poumons la brûlaient et lui paraissaient comprimés, comme s'ils étaient incapables d'ingurgiter tout l'oxygène dont ils avaient besoin. Elle se tourna sur la tranche, en appui sur un de ses bras - qui tremblait - et toussa un peu, gênée. Puis, elle se remit sur le dos et passa ses mains sur sa figure moite, laissant ses doigts remonter dans sa tignasse nouée en queue de cheval. Son crâne était trempé. « J'crois que j'vais mourir, là. » Un sourire vague effleura ses lèvres. La jeune Ange n'était pas en état de poursuivre leur effort. Elle avait besoin de reprendre son souffle et ses muscles de se reposer. Le lendemain, elle aurait de terribles courbatures, elle le savait. « Si on agite un sac de céréales, tu crois que ça va les faire venir ? » demanda-t-elle d'une voix presque plaintive. Elle savait que Tûl leur en donnait une ration le matin et le soir, mélangée à un peu d'eau. De l'eau... elle avait soif. Poussant sur ses bras, elle s'assit et jeta un regard circulaire aux environs. Elle avisa un baquet d'eau près de la grange.
Péniblement, elle marcha jusque là-bas, ses ailes poussiéreuses traînant derrière elle, pour revenir avec le seau - il n'était pas trop plein, aussi elle parvenait à le tirer sans trop de mal. Elle s'agenouilla près de Nikolaz, joignit ses mains et les plongea dans l'eau claire. Elle but jusqu'à n'en plus ressentir le besoin puis s'aspergea le visage. La fraîcheur de l'onde fut sans doute le plus grand délice de sa journée. Ses yeux verts glissèrent sur son ami, silencieux. Il semblait peiner autant qu'elle « J'envisage sérieusement le sac de céréales. Sinon... » Elle suspendit sa phrase, incertaine, avant de reprendre : « Faut qu'on demande de l'aide. Je pense pas que la fermière soit d'accord pour nous aider, hein, mais peut-être les autres voisins ? » Laëth détestait devoir abandonner, mais elle devait se rendre à l'évidence : ni l'un ni l'autre ne pouvait poursuivre les derniers bicornes comme ils venaient de le faire. Leurs forces avaient été englouties par cette course. « Ou nos parents...? » Elle grimaça. Elle n'avait envie ni que sa mère lui tirât l'oreille ni que son père lui accordât quelques remontrances bien senties.

Post IV - 923 mots




[VI] - Égarements et rêveries [PV Laëth] [Flashback] 1628 :


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Dim 06 Jan 2019, 11:28

Le temps que Nikolaz reprenne quelque peu sa respiration, Laëth était revenue avec un seau d’eau claire et avait goulûment plongé les mains dedans. Nikolaz la regarda faire quelques instants, traversé par la pensée que même couverte de sueur et rougie par l’effort, elle était jolie. Puis il s’approcha d’elle et entreprit à son tour de se désaltérer. Sans un mot, ils burent de tout leur soûl, puis Laëth déclara soudain forfait dans leur course au bicorne. Nikolaz ne réagit pas tout de suite. Il était lui aussi épuisé et tenté par l’idée de baisser les bras, car il était vidé de ses forces et découragé de se dire qu’il avait encore trois bêtes à rattraper, alors qu’il lui semblait avoir passé toute la journée à courir après les bicornes.
Un regard vers le ciel lui donna d’ailleurs raison. Midi était passé depuis longtemps et il ne restait plus que quelques heures jusqu’au soir. Comme pour souligner le drame de la situation, le ventre de Nikolaz émit un grognement sonore. Il n’avait rien mangé depuis le matin.
-Nos parents ? réagit le jeune homme vivement à la proposition de Laëth. C’est hors de… Je veux dire, ils seront sûrement d’une grande aide, mais leur demander… Je ne sais pas.
Il essaya de s’imaginer la scène où il devait demander à ses parents de l’assister pour réparer son erreur et aussitôt, une honte aiguë tordit son estomac. Il était presque prêt à reprendre leur chasse au bicornes sur-le-champ pour éviter ce scénario.
Il tourna la tête vers Laëth. Elle avait vraiment l’air épuisé. Il se sentit un peu coupable. Il savait que son amie entretenait un rapport similaire à ses parents et qu’elle avait par-dessus le marché une fierté bien plus manifeste que lui-même. Elle devait donc être profondément découragée pour lancer cette proposition.
Nikolaz hésita plusieurs minutes, durant lesquelles seuls le bruit de leurs respirations et ceux des bicornes remis en captivité interférèrent. Puis le jeune homme finit par déclarer :
-Mangeons un bout. Ça nous remettra les idées au clair et nous redonnera de l’énergie. Reste assise, je vais chercher mon sac. J’ai ramené du pain et des fruits.
Il se leva péniblement et fit quelques pas vers son sac, abandonné contre l’enclos depuis le matin. Il avait la sensation que son arrivée sur le terrain de Tûl remontait à une éternité. Il se rassit à côté de Laëth en laissant s’échapper un léger grognement de ses lèvres, puis il sortit ses victuailles de son sac.
-Frais de ce matin, indiqua-t-il en rompant la miche de pain en deux.
Il en tendit une moitié à la jeune fille et mordit dans la sienne, attrapant d’une autre main deux pommes.
Ils mangèrent sans parler beaucoup. Mastiquer avait la remarquable propriété de vider l’esprit et Nikolaz oublia un peu les bicornes encore en liberté le temps de son repas. Il laissa son regard se perdre dans le paysage doré qui s’étendait en-dessous d’eux à perte de vue. La lumière à Lummaar’Yuvon était exceptionnelle. C’était un spectacle dont il ne se lassait jamais.
Une fois leur repas fini, Nikolaz jeta son trognon de pomme dans l’enclos des bicornes et but une dernière fois dans le seau, puis il se tourna vers Laëth. Il se sentait un peu rasséréné et espérait que c’était son cas aussi. Il n’avait pas plus envie qu’avant d’aller voir leur parents mais si Laëth en éprouvait le besoin, il se rangerait à sa décision. Dans tous les cas, le temps leur était compté : s’ils voulaient que tous les animaux soient de retour dans l’enclos avant le retour de Tûl, il ne leur restait. plus qu’une ou deux heures au maximum.
-Ça va mieux ? s’enquit-il auprès de son amie.
Il alla reposer son sac à son endroit initial et revint vers Laëth. Il l’aida à se relever d’une main puis lui demanda :
-Tu veux qu’on aille voir nos parents, du coup ?
Comme elle ne répondit pas tout de suite, il ne put s’empêcher d’ajouter avec un petit sourire :
-Si on a besoin d’aide, on peut toujours demander à Anîhl et Kobalt, sinon.
Il réfléchit quelques instants puis rectifia avec une grimace :
-Quoique, mauvaise idée. Kobalt me fait peur et Anîhl n’arriverait sûrement qu’à disperser les bicornes aux quatre coins des Terres. Les Zaahin nous en préservent !
Il laissait s’échapper un petit rire en tentant d’imaginer la situation.

Post V
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Priam & Freyja
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Priam & Freyja
Sam 04 Mai 2019, 22:13


Sans surprise, l'idée de demander de l'aide à leurs parents répugnait aussi Nikolaz. Laëth soupira. « Ouais. » Ses yeux quittèrent le beau regard bleu de son ami et se fixèrent sur un point infini du ciel. Elle n'eut pas la force d'exprimer sa joie lorsqu'il parla de nourriture, mais son cœur effectua un bond plus important que les précédents et une vague de gratitude déferla sur son corps. Lorsqu'il se rassit et rompit le pain, elle tendit la main pour en récupérer la moitié. « Merci de toute mon âme, tu nous sauves la vie. » théâtralisa-t-elle. Sans attendre, elle planta ses dents dans la croûte croustillante. La mie moelleuse lui parut être la chose la plus merveilleuse qu'elle eût jamais connue. Le pain terminé, elle croqua dans la pomme avec avidité. Il n'y avait plus rien que le bruit de leurs mastications, les souffles des bicornes qui paissaient, la caresse du vent et la tendresse du soleil qui trônait. Elle songea qu'elle aurait pu s'endormir, tout de suite. Néanmoins, la position de l'astre lui rappelait que, s'ils désiraient ramener tous les bicornes avant le retour de Tûl, ils ne devaient pas perdre trop de temps. Elle ferma les yeux, puis les rouvrit lorsque l'Ange, à ses côtés, prit la parole. Elle confirma : « Beaucoup mieux. » Se relevant grâce à son aide, elle s'épousseta et rajusta son pantalon. Appeler ses parents à l'aide lui coûterait, tant en ego qu'en temps perdu en remontrances inutiles. Toutefois, à l'alternative proposée par Nikolaz, elle ne put s'empêcher de relever vivement la tête et d'écarquiller les yeux. « Carrément, il est pas rassurant du tout. Et Anîhl, c'est même pas sûr que tous les bicornes s'en sortiraient en vie. » ne put-elle s'empêcher de railler, sourire aux lèvres - usuel, entre les deux jeunes femmes, de se chamailler et de se moquer l'une de l'autre. Elles ne se détestaient pas ; elles ne s'appréciaient pas outre mesure non plus. Elles se côtoyaient essentiellement parce qu'elles tenaient toutes les deux à Nikolaz. S'il n'avait pas existé, leurs deux forts caractères les auraient probablement conduites à se taper dessus, tout en éprouvant l'une pour l'autre une forme de respect.

Laëth renifla en se frottant le nez de l'avant-bras pour chasser la démangeaison qui s'y faisait sentir. « Bon. Priam travaille aussi, et puis si c'est pour qu'il me lâche un de ses regards qui veut tout dire, c'est même pas la peine. » bougonna-t-elle. Son frère avait un don pour lui offrir des œillades plus éloquentes les unes que les autres et, considérant la situation et son niveau de fatigue, elle n'avait aucunement l'intention de les supporter dans le calme - de toute façon, elle ne les supportait jamais dans le calme. Elle planta ses iris dans ceux de Nikolaz. « Crois-moi, j'ai vraiment pas envie de demander à nos parents, mais je crois que là, on n'a plus trop le choix. » Embêtée, elle se gratta la nuque, en se tournant à demi pour embrasser du regard le vaste paysage d'or. « On n'a plus beaucoup de temps, et je sais pas pour toi, mais moi, je suis toujours fatiguée... » Elle avait à nouveau pivoté vers lui. Un peu agacée de devoir admettre qu'elle n'était pas capable d'y parvenir seule. « On n'a qu'à passer chez moi. » Au moins, Nikolaz serait tranquille. Et peut-être qu'elle le serait à moitié, au moins pour les quelques heures à suivre ? « Avec un peu de chance, il n'y aura que mon père. Je crois que ma mère avait un truc à faire, cet aprèm. » Sur ces paroles, elle fit signe au jeune homme de la suivre et partit vers sa maison.

« Comment ça, échappés ? » Il avait la même voix que lorsque, enfant, elle commettait une bêtise. Forte, sourde, grondante. Elle se sentit toute petite. Cependant, pour faire bonne figure devant son ami, elle déroula l'histoire avec le plus d'aplomb possible. Evidemment, la première réaction de Vrael fut de disputer les deux jeunes. Cependant, il accepta de les aider et, hélant un voisin sur le chemin - Laëth eut le sentiment qu'il cherchait à alourdir la honte qui lui écrasait les épaules, bien que ce ne fût son intention -, ils rejoignirent tous les quatre le terrain de Tûl. Le voisin, Kaor, un grand homme roux, s'enquit, poings sur les hanches : « Alors, ils sont partis par où, vos bicornes ? »

Post V - 772 mots
Hésite pas à jouer le voisin comme le papa du coup <3




[VI] - Égarements et rêveries [PV Laëth] [Flashback] 1628 :


[VI] - Égarements et rêveries [PV Laëth] [Flashback] 2289842337 :
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Priam & Freyja
Sam 09 Nov 2019, 14:35


« Par là-bas. » indiqua la jeune fille en désignant la direction prise par les bêtes. « Il en reste combien ? » Elle leur répondit, sûre d'elle mais pas moins honteuse. « Bon. Vous restez ici, on s'en occupe. Surveillez bien les autres, qu'ils ne bougent pas de leur pré. Tu viens, Kaor ? » Ce dernier hocha la tête, et les deux hommes s'envolèrent. Ils étaient amplement plus rapides et plus forts que les deux novices. Laëth s'appuya contre l'un des poteaux qui servait à clôturer le champ et croisa les bras. Nikolaz n'en menait vraisemblablement pas plus large. Ils demeurèrent en silence jusqu'à ce que leurs aînés, quelques minutes plus tard, revinssent avec les bicornes. Ils les conduisirent dans la pâture sous le regard des Anges. « Vous avez de la chance, ils n'ont pas saccagé les cultures. » précisa Vrael en fermant la porte. Cela fait, il se tourna vers Kaor : « Merci, je te revaudrai ça. » Le concerné appliqua une franche tape amicale dans le dos du brun. « Y'a pas de quoi. Ça fait partie des aléas quand t'as des gamins, j'imagine. » Il n'en avait pas ; lui et sa femme attendaient les prochains qui émergeraient du sang des ennemis. Ils échangèrent un regard entendu. « T'imagines même pas... » Un vague sourire tira les lèvres de l'homme. Laëth, boudeuse, se détourna et serra ses bras contre elle. Elle ne bougea pas tout de suite lorsque son père l'interpella : « Allez, viens, on rentre maintenant. Laëth. » Une moue défigura ses traits, puis elle consentit à emboîter le pas à son paternel. Elle adressa un bref signe de la main à son ami, accompagné d'un regard désolé.

Le trajet s'effectua sans qu'aucun des deux ne prît la parole. La tension demeurait toutefois palpable. Elle ne parlait pas parce qu'elle avait peur de le voir entrer dans une colère noire ; il ne parlait pas parce qu'il préférait ruminer que de s'emporter au beau milieu du bourg - il connaissait sa fille, elle répliquerait et cela avait le don de le faire sortir de ses gonds. Aussi, quand la porte claqua et que la voix de Vrael monta, la jeune Ange faillit sursauter. « Tu iras présenter tes excuses à Tûl. » - « Quoi ? Mais il est pas au courant, je vais pa- » - « Tu lui expliqueras. Nikolaz fera de même. » Il retira ses bottes et les plaça contre le mur. Sa fille restait sur le seuil, crispée et bouche-bée. Elle n'avait absolument aucune envie d'aller raconter à ce vieux grincheux à quel point elle avait failli perdre toutes ses bêtes alors qu'il leur en avait confié la surveillance. Il allait s'énerver, et ce serait au moins aussi terrible que de subir l'ire de son paternel. « Mais... » - « Pas de mais ! Tu n'auras qu'à faire plus attention la prochaine fois ! Vous avez eu de la chance, tous les deux. Les bicornes auraient pu détruire des champs, se blesser ou vous blesser ! » Elle serra les dents et les poings. Il avait raison, évidemment. Elle le savait. Elle savait, aussi, qu'elle devait demander pardon à l'éleveur. C'était la moindre des choses. Lui cacher la vérité n'avait rien d'honnête, et c'était d'autant plus idiot qu'il finirait par l'apprendre. Toutefois, Laëth était incapable de supporter à la fois sa culpabilité et les remontrances de son père. Elle rouvrit la porte et sortit. « LAËTH ! » Elle ignora l'appel. Tout ce qui l'attendait, c'étaient d'autres cris - dont les siens -, ou pire, un coup. Elle attendrait qu'il fût calmé pour réapparaître. Le son cru d'un objet qu'on brise répandit un long frisson dans son dos et lui conféra le sentiment qu'elle faisait le bon choix. Elle courut.

Le soleil avait largement décliné. Il baignait l'or de rayons rougeâtres. Laëth s'était assise sur un roc. Elle avait ramené ses genoux contre elle, bras autour, et son front était appuyé sur leur sommet. Elle avait arrêté de pleurer de colère et de frustration, et la trace des larmes sur ses joues asséchait sa peau. Les yeux fermés, elle respirait lentement. Elle en avait assez. Tu prends les choses trop à cœur, lui aurait dit Priam. Mais il ne comprenait jamais. Personne ne comprenait jamais. Blessée par sa propre erreur, l'Ange se martelait ces paroles. Dans un soupir, elle releva la tête et planta ses yeux verts sur la ligne de l'horizon. Tout irait mieux quand elle serait partie.

FIN

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