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 Apprendre avec méfiance... [PV Namus Mileth]

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Ven 19 Déc 2014, 18:26

Chaque individu est unique. C’est à partir de cette idée qu’il est possible de s’adonner à l’exercice qu’est celui de faire passer un message codé à un seul destinataire parmi les oreilles indiscrètes. Il faut pour cela jouer sur les traits de la cible qui le différencient des autres et qui lui sont propres. C’est en soi un excellent moyen de tester jusqu’à quel point on connaît quelqu’un et de définir au mieux les rapports entre soi et l’autre… ou les autres ?...


J’étais accoudé aux barrières de bois qui protégeaient les passager et les empêchaient de tomber à l’eau. La mer était calme et il en allait de même pour moi. J’étais paisible et apaisé sur ce navire qui avançait tranquillement, se frayant un passage à travers le liquide bleu qui s’étendait à perte de vue et que chacun appelait Océan.

Namus n’était pas encore réveillé. Si je lui imposais un rythme strict et tenu, je ne pouvais ignorer le besoin qu’il partageait au moins avec tout sorcier de devoir se reposer. Il avait donc son moment de paix comme chacun le nécessitait et je m’interdisais de l’en extirper moi-même. Il valait mieux qu’il soit en pleine force pour déployer au mieux son potentiel.

Slydr, fidèle et intéressé par mes récents agissement, était posé sur mon épaule, me faisant clairement comprendre qu’il avait pour intention de me surveiller jusqu’au bout de ce voyage… Jusqu’à ce que mon chemin se désolidarise de celui de mon nouvel apprenti.

Apprendre avec méfiance... [PV Namus Mileth] 6114267501572edwe38jpgcopie

Tout était allé très vite. En sortant de la Taverne, j’avais refermé la porte assez rapidement. Dès lors, j’avais commencé à compter les secondes puis minutes pour avoir une idée du temps qui s’écoulait et évaluer les risques que chacun de nos agissements impliquaient et devaient supporter. Nous étions accusé de meurtre et l’agression de la patronne de la Taverne nous avait définitivement débarrassée du bénéfice du doute. Il nous fallait fuir. Dans de telles circonstances, nul doute que me faire oublier quelques mois suffiraient largement à me libérer de toutes les poursuites judiciaires qui risquaient d’être engagées à mon encontre sur le Continent du Matin Calme.

C’est dans cette optique que j’organisai notre fuite.

Je sortis rapidement une fiole de sang d’Yshäel de mon manteau. Tout en versant quelques gouttes sur le sol, je me mis à réciter à voix basse et rapide :

- Viens à moi Yshäel. Traverses les voiles de la réalité et rejoins ton maître !

Aussitôt, une faille à la taille raisonnable s’ouvrit devant mes pieds et les pattes du Thêor en surgirent, s’agrippant aux rebords du sol. Prenant appui, l’animal s’extirpa finalement tout entier en dehors de la zone de transition magiquement créée et celle-ci se referma dès qu’il fut tout à fait sur la terre ferme.

Il ne me suffisait que d’un mouvement de bras et d’une direction pointée par mon doigt pour qu’Yshäel comprenne où je voulais qu’il aille : le port. Ainsi, je savais que Slydr trouverait son chemin en trouvant ma monture car je pouvais tout à fait invoquer cette dernière sans soucis ce qui me libérait de l’inquiétude d’informer constamment le Thêor de ma position. En revanche, il me fallait bel et bien conserver ce sentiment lorsqu’il s’agissait du Sirif qui n’avait autrement nul moyen de me retrouver.

Aussitôt l’animal parti, je m’élançai en de grandes enjambés mais en restant dans un pas de marche vers une ruelle sombre.

Un coup d’œil en arrière me permis de m’assurer que Namus et son compagnon de voyage m’avaient suivi. Alors, tout en sortant de mon manteau la précieuse Carte d’Ambroisie, je lançai à ce dernier d’une voix assez basse :

- Ne prononce pas un mot. Le temps des questions viendra plus tard. Pour le moment, contentes-toi de rester attentif et écoutes-moi.

Bien que je ne savais pas précisément où aller, je continuai d’avancer dans la ruelle sombre tout en ouvrant le morceau de parchemin. Dans le même temps, j’offris quelques vagues explications à mon nouvel élève.

- Les différentes villes de notre monde possèdent toutes des Catacombes pour y enterrer les morts qui n’ont pas assez de mérite pour trouver repos dans un cimetière. Afin de servir le dessein d’être effacé de la réalité des autres pour conserver la plus grande liberté, il peut s’avérer préférable d’user de ces souterrains difficilement accessibles au commun des mortels. La liberté est le premier pas vers la survie. Celui dont la vie dépend des autres la risque à tout moment. Inutile de préciser qu’un lieu ou réside des morts est toujours source de puissance pour des nécromanciens.

Je me tus un instant, continuant de chercher sur ma carte. Puis, marmonnant vaguement, je conclu mon propos.

- Bien entendu, il faut encore savoir trouver une entrée pour accéder aux catacombes.

La Carte d’Ambroisie m’en révéla bien vite une et c’est en appuyant sur la pierre d’un bâtiment que je parvins à ouvrir un passage vers le lieu souterrain. Il s’agissait d’un mécanisme discret qui faisait basculer tout un pan de mur entre deux habitats pour laisser apparaître des marches d’escalier en pierre mal entretenues.

Marchant avec énergie, j’ouvris le chemin que m’indiquait la carte à travers les couloirs des morts.

Là, le silence se fit et seuls nos pas résonnaient à nos oreilles. Un coup d’œil me permis d’étudier rapidement l’attitude de Namus. Il était inutile de le lui révéler mais j’attendais de lui qu’il mette à profit le temps de silence pour être attentif à son environnement. Comme une sorte d’épreuve qui visait à évaluer ses capacités et ce que je pouvais lui apprendre.

Dans ma tête les minutes s’écoulaient et j’avisais l’état d’alerte potentiel des gardes. À une telle allure, j’avais dans l’idée que nous pouvions arriver au port avec une avance de quelques dizaines de minutes sur la propagation de notre avis de recherche.

Un long couloir… Au croisement, à gauche… Au suivant, deuxième à droite… Les catacombes n’étaient pas réfléchies pour être arpentées avec son sens de l’orientation pour seul aide. Sans la Carte d’Ambroisie, non seulement je n’aurais pas su situer les différentes sorties mais je n’aurais pas même été capable de les atteindre !

Tout était différent lorsque l’on pouvait s’appuyer sur un morceau de parchemin conçu magiquement pour donner des informations avec la précision la plus parfaite sur l’organisation du monde et son agencement et c’est au détour d’un dernier couloir que la sortie se présenta à nous. Pour un homme non-averti, c’était un cul-de-sac. Pour moi, je voyais clairement notre entrée vers le port.

« Il suffit de tirer ce crâne vers l’avant et… »

Le mur pivota de la face à la tranche devant moi et la lumière du matin vint envahir l’antre des morts. Sans la moindre hésitation, le temps continuant de s’écouler avec fatalité dans ma tête. Un coup d’œil en arrière me confirma que Namus et Alain Connu avaient eu le temps de traverser le passage avant qu’il ne se referme.

La suite s’enchaîna avec rythme et dynamisme, le tout avec la précision la plus rigoureuse.

Un, deux, trois. Trois pas et j’étais à la hauteur du marin qui gardait cette partie du port avant même qu’il s’en soit rendu compte.

Quatre, cinq et six. Mon poing fermé s’abattit violemment contre le visage de l’homme. Ce n’était pas suffisant pour le neutraliser mais pour le perturber, oui. Mes mains s’apposèrent sèchement sur sa poitrine et son dos, entourant l’endroit où battait son cœur. En une seconde, Lux in Tenebris se déchaîna, enserrant l’organe sanguin au creux de son torse. Aussitôt celui-ci s’interrompit dans son travail et le crise cardiaque eut raison de cet innocent qui venait de contribuer malgré lui à ma survie et peut-être en partie à celle de Namus.

D’un mouvement du bras, j’indiquai silencieusement un navire plutôt petit et qui conviendrait parfaitement pour trois personnes.

D’un pas vif, je m’élançai pour intégrer mon « emprunt » du jour. Tout en montant, je lançai à l’attention du jeune nécromancien :

- Si tu ne sais pas déjà naviguer, il va falloir apprendre à présent, et vite !

Rapidement j’indiquait la drisse de la grand-voile au Sorcier et lui expliquait en quelques phrases simples comment hisser. Pendant qu’il se débattait avec les cordages – ce à quoi je m’intéressais d’un œil discret tout en prenant garde de donner l’impression contraire – je mettais moi-même en place la voile d’avant.

L’instant d’après, je mis en place le gouvernail pour le départ et indiquai à Namus comment corriger la trajectoire et à quel moment pour parvenir à sortir du port. Bien entendu, j’aurais pu confier la tâche à Alain connu plus tôt histoire de simplifier les choses, mais c’était les compétences du jeune Sorcier que je mettais à l’épreuve, nullement celles de son compagnon reflet.

Je descendis du navire et lançai rapidement aux deux autres le signal que je leur avais indiqué. Larguant l’amarre, je saisi le cordage qui me permettrai de remonter sur le bateau après qu’il soit parti.

En cinq minutes, nous étions libéré des attaches qui nous liaient encore au Continent Calme, installés sur le pont du transport maritime volé, Slydr sur mon épaule et Namus à mes côtés. Le navire partait à présent en ligne droite et plus rien ne risquait de nous entraver. S’il avait fallut corriger quelques erreurs de mon nouvel élève, je l’avais fait rapidement si bien que notre départ n’avait souffert d’aucun retard.

Me tournant vers le jeune nécromancien, je dis d’une voix calme :

- Si tu as la moindre question, c’est le moment.
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Lun 22 Déc 2014, 13:39

Lorsque les trois individus, Romulus, Alain Connu et Namus Mileth finissent tous par sortir de la taverne, les choses commencèrent à s'enchaîner d'une vive allure. Pour l'instant seule la taverne était alertée de nos sombres agissements mas d'ici quelques temps, ce sera tout la ville issu du continent du matin calme qui sera au courant et des avis de recherches seront postés partout avec une patrouille de gardes plus fréquentes. Il fallait à présent trouver un moyen rapide pour s'échapper du continent pour continuer à agir en toute liberté. Namus et Alain ne pouvait pas se permettre le luxe d'affronter face à face les gardes, bien trop entraînés dans ce genre de situation et surtout relativement nombreux. Il fallait encore un peu plus d'expérience pour pouvoir prétendre à affronter une escouade. Le soleil était levé, Namus était gêné par la lumière du soleil, malgré le fait qu'il portait une capuche d'un léger drapé noir. Un légère nervosité pouvait être ressenti auprès de l'apprenti mais dans ce genre de situations là, il faut résister et poursuivre sa route. De multiples rues et chemins se présentaient auprès de l'équipe et il fallait absolument retrouver son chemin. Le maître avait un rapace sur son épaule et Namus se demandait si c'était pas un animal apprivoisé ou autre chose que cela. Tout d'un coup, le maître Romulus jeta quelques gouttes de sang au sol avant d'incanter à voix basse  :
    «  Viens à moi Yshäel. Traverses les voiles de la réalité et rejoins ton maître !  »


Une faille d'une taille relativement raisonnable s'ouvrit sur un sol recouvert de dallages, laissant passer une monture qui semblerait tout droit venir d'un autre monde. Namus et son compagnon voyaient plus ou moins les choses en accéléré que ils n'avaient pas le temps de mémoriser ou de regarder la forme d'Yshäel, la fière monture de Romulus. L'ensemble du groupe était dans une ruelle à pente descendante où on pouvait apercevoir de loin le Port. Le maître pointa le port avant que son rapace et sa monture partait vers cette direction. Il sortait de son manteau sa carte d'Ambroisie avant de dire  :
    «  Ne prononce pas un mot. Le temps des questions viendra plus tard. Pour le moment, contente toi de rester attentif et écoute moi.  »


Il se tût un instant, le temps de regarder la carte pour donner quelques vagues explications  :
    «  Les différentes villes de notre monde possèdent toutes des Catacombes pour y enterrer les morts qui n’ont pas assez de mérite pour trouver repos dans un cimetière. Afin de servir le dessein d’être effacé de la réalité des autres pour conserver la plus grande liberté, il peut s’avérer préférable d’user de ces souterrains difficilement accessibles au commun des mortels. La liberté est le premier pas vers la survie. Celui dont la vie dépend des autres la risque à tout moment. Inutile de préciser qu’un lieu ou réside des morts est toujours source de puissance pour des nécromanciens.  »


Namus dévisagea son maître, ayant l'air intéressé par ce qui dit avant de regarder son compagnon Alain. Un court silence se retentit avant que le maître dise  :
    «  Bien entendu, il faut encore savoir trouver une entrée pour accéder aux catacombes.  »


Nous regardons à grand yeux ouverts la carte d'Ambroisie qui allait nous révéler un passage auquel il faut appuyer discrètement une pierre issu d'un bâtiment qui était en fait un mécanisme secret situé entre deux habitations, basculant un pan pour faire apparaître des marches d'escaliers mal entretenus et rognés par le temps, probablement dû à l'humidité et à l'érosion. Les différents murs de crânes et de squelettes en tout genre formait les limites des différents couloirs des catacombes de la ville du continent calme. Ils marchèrent à un rythme un peu moins soutenu mais ils tournent régulièrement avec le même type de dynamisme. Namus ressentait un renforcement temporaire de son pouvoir qui était pas négligeable et en plus se sentait largement mieux qu'à l'extérieur. L'apprenti pensait aux mouvements des gardes et leurs éventuelles mises en garde  :
    *Alors si j'ai bien vu la carte de mon mentor, le quartier général des gardes de la ville est relativement éloigné du port, même si il y a un avant-poste qui s'occupe des différents navires amarrés dans le coin. Va falloir que je réfléchisse aux cordages si nous devons pas perdre trop de temps avant que les gardes arrivent.*


Le rythme des pas devait accélérer de plus en plus tout en ayant une endurance à toute épreuve. L'apprenti et son compagnon suivait le mentor avant de pouvoir atteindre ce qui certaines personnes pouvait penser à ce que ce soit un cul-de-sac mais qu'en réalité, c'était une ouverture pour accéder au port. Romulus tira un crâne qui ouvrit brusquement un accès au port et dont le groupe de trois passèrent rapidement avant que le passage se referme. Namus avait stocké une grand partie de l'énergie qu'il pouvait acquérir aux Catacombes pour faire face aux différentes situations qu'il allait faire face. De multiples poltrons et ivrognes traînaient au port, soit pour faire du commerce, du marchandage ou tout simplement vagabonder en ayant une figure d'idiot. Tout s'enchaînait très rapidement, Romulus prenait d'assaut un marin qui bloquait vers le port tandis que Namus fait bousculer un autre marin près du bord du ponton vers l'eau, en disant  :
    «  Tiens  ! Tu me dira si l'eau est fraîche  ! HA HA HA  !  »


L'apprenti voulait plaisanter un peu mais Alain lui fit un regard déplaisant, signifiant que ce n'était pas le moment de faire de genre de conneries. Le mouvement de bras indiquait le bateau auquel le groupe de trois personnes devait prendre pour s'échapper du continent du matin calme. Le navire était assez petit d'apparence mais assez grand pour stocker pas mal de choses. Le mentor lui dit  :
    «  Si tu ne sais pas déjà naviguer, il va falloir apprendre à présent, et vite !  »


Le groupe se précipita vers le bateau et évidemment, il y avait une notion que Namus pouvait assez bien maîtriser  : les cordages. Il montait vers le poteau maintenant la voile et défaisait quelques nœuds pour déployer la grande voile qui malgré cela, restait bien tendu. Une fois l'histoire des cordages réglé, il ne manquait plus qu'a diriger le gouvernail pour faire en sorte que le bateau puisse sortir du port sans la moindre égratignure. Tout le monde était à bord  : Le mentor Romulus avec son rapace, Namus l'apprenti sorcier et son compagnon Alain Connu le reflet. La brise de la mer, envoûtante et charmante entouré du doux et tendre bruit des légères vagues de l'océan retentissait dans l'esprit de Namus avant de secouer la tête un instant. Le mentor disait d'une voix calme :
    «  Si tu as la moindre question, c’est le moment.  »


Namus semblait vraiment comprendre l'importance de poser quelques questions, il s’assoit sur le bord du bateau, protégé par une barre pour éviter les chutes inopinés, d'un air calme, il dit  :
    «  En y pensant... vous ne vous êtes pas présenté... Qui êtes vous  ?  »


Les questions commencèrent à fuseler dans la tête de Namus, comme un feu d'artifice, une propagation du pouvoir issu des catacombes à travers le corps de l'apprenti sorcier, il demanda  :
    «  Où allons nous  ? Est-ce que on a assez de ressources pour tenir jusqu'à notre destination car nous deux, Alain et moi avec notre léger drapé noir, on se les gèle quoi.  »


Il se tût un instant, reprenant une partie de son souffle, admirant les terres du continent du matin calme se rétrécir de plus en plus à vu d’œil et contempler l'horizon avant de se reprendre à Romulus et dire  :
    «  Qu'est-ce qui vous a convaincu de me prendre vous votre aile, vous auriez très bien pu refuser.  »


Namus voulait être certain si le choix de son maître était réfléchi ou non, si cela valait la peine d'apprendre la magie noire et différentes choses auprès de lui, il dit éventuellement  :
    «  Sinon... Est-ce que vous connaissez un certain Jaman Lonath  ? C'est un blond aux beau yeux avec une allure super charismatique à vu d’œil mais en réalité, c'est un homme froid qui ne pense qu'à sa propre personne.  »


Ah. En y réfléchissant, Namus savait finalement que le mentor allait dire non à tous les coups, si il devrait mentir et même manipuler son propre apprenti. Il était à l'affût auprès de sa future réponse au niveau de cette question bien précise. Il réfléchit un court moment avant de dire  :
    «  Avez vous différents contacts dans le Yin et le Yang  ? Je ne pourrais pas traîner uniquement avec vous. Et aussi, est-ce que vous connaissez pas un endroit où je pourrais établir mon foyer temporaire  ? Car en réalité, je suis littéralement à la rue.  »


Namus avait posé suffisamment de réponses et il avait hâte de connaître le résultat.
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Jeu 08 Jan 2015, 11:03

En sortant des catacombes, l'action fut rapide et pourtant je pris le temps de noter des réactions de Namus que je n'avais pas envisagé.

Un moment il sembla efficace puisqu'il se débarrassa d'un marin, nous faisant gagner du temps, qui plus est en usant de son intelligence – ce qui me satisfaisait tout à fait – puisqu'il profita de l'environnement proche de sa cible pour gagner en efficacité en le faisant tomber directement dans l'eau. Le moment suivant, il perdait en finesse en lançant une phrase à l'humour douteux de façon tout à fait inutile.

Mais, en l'instant, tout cela m'importait peu et, à vrai dire, j'accélérai volontairement le rythme autant pour réduire le temps que Namus aurait pu consacrer à faire des erreurs dont nous n'avions pas besoin que pour nous éviter les gardes de la ville ainsi que d'autres marins.

Hisser la grand-voile. Voilà un travail dont il prit la charge avec efficacité et c'en était rassurant. Quand il s'agit du gouvernail, il sembla assurer presque tout autant. Je n'étais pas certain que la navigation ait été une habitude chez le jeune Sorcier, mais je ne rejetais pas la possibilité.

Aidé par moi même et poussé par le vent qui gonflait la grand-voile et la voile d'avant complètements choquées* - ce qui n'était peut-être pas forcément le départ de port le plus simple mais assurément le plus rapide - le bateau reculait lentement. Au fur et à mesure, il prit de la vitesse et, conformément à mes indications, Namus corrigea l'orientation des safrans* à l'aide du gouvernail un peu simpliste de ce navire peu imposant.

Je sentis le bout* tirer dans mes bras. J'attendis en comptant lentement les secondes.

Un… Deux…

Trois.

Lâchant toutes résistances, je me laissai tirer en avant par le cordage, m'élançant au-dessus de l'eau sans pour autant la toucher. Mon corps suivi l'effet de balancier de l'amarre accrochée à notre nouveau moyen de transport et rapidement je dépassai le point le plus bas pour remonter. Lorsque le cordage m'amena près de la balustrade du bateau, un rapide mouvement de bras me permit de la saisir et il me fallut être rapide car je savais que je n'avais pas la force de supporter longtemps mon poids dans mes bras.

Finalement, je parvins à me hisser sur le pont et me redressai calmement. Là, Namus et Alain m'attendaient. Slydr était là, lui aussi. Posé sur les rambardes de bois, il patienta le temps que je me redresse avant de venir se poser sur mon épaule.

Je pris le temps de vérifier notre route. Dans la cabine, sur le tableau de bord, je trouvai sans problème une carte maritime me permettant de tracer dessus notre route. À l'aide d'un compas de relèvement, je parvins bien vite à déterminer un cap et quand ce fut fait, j'indiquai à Namus comment tenir son gouvernail avant de m'installer à l'avant du bateau, boussole en main, et regarder l'étendue bleue qui s'offrait à nous.

Ce n'est qu'au bout de cinq minutes de calme et de répit que je permis subtilement à Namus de me poser des questions par une phrase introductive pourtant très explicite.

- En y pensant... vous ne vous êtes pas présenté... Qui êtes vous ?

Ah ! C'était la question. Et j'étais surpris qu'il ne me l'ait pas posée plus tôt !

Néanmoins, je lui répondis avec une touche de mystère dans mes propos.

- Mon nom est Romulus Eternam. Je suis issu d'une grande lignée de Sorciers et Magiciens aujourd'hui presque éteinte et qui a perdu toute la gloire qu'elle avait dans le passé. Je suis probablement le dernier représentant…

Un instant de calme ponctua cette remarque qui ne m'affligeait pourtant pas le moins du monde.

- Je ne suis que le résultat du soupir d'un Aether capricieux qui constate la vie des hommes. Le jour où son souffle s'éteindra, je m'éteindrai avec et c'en sera tout de la vie de Romulus Eternam…

Tant de sous-entendus dans cette métaphore et pourtant tant de complications à les comprendre pour un esprit non entraîné…

- Tu aurais du te poser cette question bien plus tôt, jeune Sorcier ! Quelle folie t'a poussé à suivre un inconnu dont tu ne connais même pas le nom ? Tu as de la chance que je ne compte pas te réserver un sors non-enviable. Il te faudra être plus prudent dans le futur. Conserve dans ton esprit que la première chose à savoir sur quelqu'un est son identité. Et par identité, je ne te parle pas simplement de son nom et de son prénom. Il s'agit de comprendre ton interlocuteur et d'apprendre un maximum d'informations à son sujet. Son histoire, sa façon d'être et de penser, son avis sur ta propre personne… Et dans ce cas précis, il est évident que la vérité a bien plus de valeur que de simples hypothèses comme beaucoup ont tendance à les élaborer face aux inconnus avant même de les avoir questionné.

Ma première leçon était dispensée. Je ne voulais pas lui signaler qu'il s'agissait là d'une part de l'apprentissage que je comptais lui dispenser. L'intégralité de notre relation, de par la présence même du compagnon de Namus, serait basée sur un certain nombre de sous-entendus. Il fallait espérer pour lui qu'il les comprendrait assez vite.

Je me pris à penser à un certain répit que pourrait engendrer l'arrêt des questions du jeune nécromancien. Mais je me ressaisissais aussitôt. Je voulais que celui-ci me questionne. Je favorisai toujours la curiosité, trait de caractère essentiel pour moi chez un être vivant.

La question suivante était on ne peut plus sensée. Il s'agissait pour eux de s'inquiéter de leur survie jusqu'à l'arrivée à destination. Mais ma réponse n'était probablement pas exactement ce qu'ils attendaient.

- Nous nous rendons au continent dévasté. Quand à savoir si tu as suffisamment de ressources dans ce bateau pour résister à la faim et au froid, c'est à la fois le bon moment de se poser cette question et en même temps une réponse que tu devras trouver seul. À l'avenir, tu ne pourras pas te permettre constamment de demander à autrui où trouver de quoi subsister. Tu dois savoir te débrouiller pour en trouver en toutes circonstances. Finis donc de me poser tes questions après quoi tu pourras partir chercher ce que tu cherches. Je te donnerai cependant un indice vis-à-vis de tout cela. Fais fonctionner ton intelligence. Tu dois te douter que j'y ai pensé avant toi et que je n'ai pas choisi ce bateau au hasard. Tu as déjà du remarquer que c'est un navire facile à manœuvrer seul. Ce n'est pas un hasard. Il est temps de te poser les bonnes questions et d'en tirer les bonnes conclusions.

Une autre question finement posée. Décidément je n'étais pas déçu de mon élève. À défaut d'être fins, il savait réfléchir et j'en étais agréablement surpris dans un sens. Rien ne m'avait démontré jusque là une telle capacité, mais à présent j'en étais certain. Je ne me fis pas prié pour le lui faire de nouveau remarquer.

- Encore une excellente question, Namus. Et pour une fois je serais honnête avec toi. Tout Sorcier a pour devoir d'enseigner aux plus jeunes. Sans cette règle de vie primordiale, les générations ne seraient pas renouvelées assez rapidement et nous perdrions notre force très vite. Ne l'ayant jamais fais jusqu'à présent, je me devais d'accomplir ce devoir racial sans quoi les portes des hiérarchies supérieures me resterons à jamais fermées. Cependant, je pourrai comprendre que cela n'explique pas pourquoi toi. Il existe un grand nombre de sorciers à travers le monde et en trouver un qui aurait eu besoin de recevoir un enseignement n'aurait pas été difficile. Alors pourquoi toi… ? Parce que tu as eu le courage de venir me voir pour me le demander, tout d'abord. Je refuse d'enseigner à ceux qui n'ont pas soif d'apprendre. Ceux à qui il faut tendre une carotte pour qu'ils acceptent de vous suivre et d'avancer ne m'intéressent pas. Ensuite parce que j'ai perçu en toi un certain potentiel. Tu ne m'as pas encore révélé tes intentions et motivations de vie mais je sens que tu es mu par des intentions qui t'enfonceront tôt ou tard dans les méandres de la magie noire. J'ai pour seul rôle de te permettre de trouver ta voie le moment venu, mais je pense que ce sera une bonne chose. Par ailleurs, et selon ce que tu m'as dis, je sais déjà que je pourrai compter sur toi à l'avenir. Je n'ai confiance en personne, mais je sais quelles sont les plateformes qui sont les plus stables et tu seras probablement l'une d'entre elles. Enfin, tu es un nécromancien et, pour une question de simplicité, j'aurais eu du mal à enseigner à n'importe quel sorcier d'une des deux autres branches…

La question suivante était dans la continuité. Il s'était intéressé au passé qu'il ne connaissait pas, le mien, au présent, et à présent à son futur. Visiblement il poursuivait quelqu'un. Un certain Jaman Lonath…

- Non, fut ma seule réponse.

Il était tout à fait inutile de mentir à ce sujet. Cela ne m'aurait avancé à rien… Mais j'étais curieux cependant. Mon nouvel apprenti passerait par l'interrogatoire tôt ou tard… Mais ce n'était pas le moment. Je voulais le lancer dans son premier exercice rapidement car un second l'attendait déjà et notre organisation dépendait aussi de notre route maritime.

Je lui accordai une dernière question qui fut aussi fine que toutes les autres.

- Une fois le pied posé sur terre, nous nous rendrons à Prison, le fief des Sorcier. Là-bas, je t'obtiendrai une chambre. Tu auras donc ton propre local dans la tour des Sorciers. Ce n'est pas un endroit agréable à vivre, loin de là, mais cela suffit généralement au Sorciers comme nous. Quant à mes différents contacts, je t'en parlerai le moment venu, soit sans craintes. À présent, fini les questions pour le moment. Hâtes-toi de trouver de la nourriture et de quoi se tenir chaud. Je ne te donnerai pas la réponse c'est à dire que si tu ne trouves pas et que tu dois mourir de froid ou de faim, tant pis pour toi. Allez !

D'un signe de main, j'encourageai le jeune apprenti à se lancer dans l'exercice qui n'en était pas un. Quand il fut partit, je vins lentement m'installer au gouvernail pour m'assurer de notre route…


(*) :
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Dim 05 Avr 2015, 16:46


Namus et le reste de son équipe avait enfin quitté le continent du matin calme. Le flot n'était pas encore agité , signe que la mer était clémente avec nous mais d'autres signes pourraient faire changer le destin des deux sorciers. Chacun avait ses propres motivations mais l'essence la plus commune qui liait les deux hommes, c'était l'accès au pouvoir et à la haute hiérarchie. Chaque personne veut atteindre le sommet mais seuls les plus entraînés peuvent réclamer leur place, laissant les faibles et les idiots de côté. Ce n'est pas non plus le destin ou la chance qui influençait votre position dans le monde mais la volonté. Certains sont trop idiots pour comprendre, d'autres sont intelligents mais trop fainéants pour l'atteindre et parmi tous ces gens dans le monde du Yin et du Yang, seules quelques rares personnes avaient atteint le sommet de leur existence, sachant que leur nombre pouvait se compter sur les doigts des mains. Seuls les plus méritants pouvait atteindre cette place très convoité mais le chemin pour escalader vers le sommet est tumultueux et pas facile d'accès. De nombreuses épreuves attendaient Namus et ses compagnons pour que d'ici un avenir lointain, que Namus Mileth accède au trône de la suprématie.

Une fois après avoir échappé au pire, Namus profita d'une petite pause pour admirer leur nouveau bateau dit « volé » certes petit mais possédant un charme particulier. Le bois utilisé pour constituer le bateau était d'une couleur brun foncé ayant subi plusieurs couches de protection, lustration comprise pour éviter que le bois pourrisse à cause de l'eau de mer. Le bateau avait plusieurs compartiments. Il y avait une cabine composant un bureau et une chaise avec une carte maritime pour bien voir où il faut s'orienter. Dans cette cabine, il y avait aussi une petite armoire regroupant certaines affaires de l'ancien propriétaire ainsi que quelques livres issu de plusieurs écrivains inconnus et aussi une très petite baie vitré tout en haut de la poupe. De l'autre côté du bateau, vers la poupe se trouvait un petit dortoir capable de contenir deux lits jumeaux qui ne sont pas très larges mais qui sont assez longs pour accueillir des personnes de grandes tailles. Le dernier compartiment se situant au milieu du bateau était la zone de stockage où la plupart des cordages supplémentaires, ravitaillements en nourriture et en munitions (flèches en particulier) étaient présents. Dans cet endroit, il y avait du cordage si ceux qui sont utilisés finissent par rompre mais pour ce qui est de la nourriture, il y avait quelques fruits secs, à peine de quoi survivre pour une journée mais pour survivre durant tout le voyage, ce n'était pas suffisant. Il y avait un filet de pêche dans la cale du bateau pour pouvoir récolter du poisson en cas de pénurie alimentaire ainsi que quelques rares ustensiles de cuisines cachés dans un petit recoin de la cale. Après avoir fait le tour du navire, Namus remonte sur le pont. Namus avait posé plusieurs questions à son mentor Romulus dont il ne connaissait pas son nom auparavant, même si il sait à quoi ressemble physiquement le sorcier. Les réponses du mentor furent relativement surprenantes.
    « Mon nom est Romulus Eternam. Je suis issu d'une grande lignée de Sorciers et Magiciens aujourd'hui presque éteinte et qui a perdu toute la gloire qu'elle avait dans le passé. Je suis probablement le dernier représentant… »


Le mentor marquait une pause, impactant la phrase dite par Romulus. Namus répliqua quelques secondes après en répondant à son supérieur :
    « Je comprends. Mes parents ont disparu il y a quelques années mais je ne suis pas du tout sûr que je suis le dernier représentant de ma lignée. En y parlant de cela, je ne fais pas du tout parti d'une puissante famille qui à hérité des postes importants mais plutôt des individus sans histoires où peu de voyageurs venait nous rendre visite. Seule ma volonté et ma réflexion pourra guider mes pas vers un avenir plus prometteur, même si pour l'instant, les dés ne sont pas encore jetés. »


Il s'arrêta un instant, contemplant d'un regard vif l'horizon de la mer et ses alentours dans le but de vérifier si il n y a pas de bateaux susceptibles ou louches qui se dirigent vers Namus et Romulus. Il jeta un regard à Romulus avant qu'il poursuive sa réponse.
    « Je ne suis que le résultat du soupir d'un Aether capricieux qui constate la vie des hommes. Le jour où son souffle s'éteindra, je m'éteindrai avec et c'en sera tout de la vie de Romulus Eternam… »


Namus n'avait aucune connaissance des Aethers et préférait se taire pour ne pas éveiller les soupçons de son maître. Il hocha la tête discrètement en faisant mine de comprendre et le laissa poursuivre.
    « Tu aurais du te poser cette question bien plus tôt, jeune Sorcier ! Quelle folie t'a poussé à suivre un inconnu dont tu ne connais même pas le nom ? Tu as de la chance que je ne compte pas te réserver un sors non-enviable. Il te faudra être plus prudent dans le futur. Conserve dans ton esprit que la première chose à savoir sur quelqu'un est son identité. Et par identité, je ne te parle pas simplement de son nom et de son prénom. Il s'agit de comprendre ton interlocuteur et d'apprendre un maximum d'informations à son sujet. Son histoire, sa façon d'être et de penser, son avis sur ta propre personne… Et dans ce cas précis, il est évident que la vérité a bien plus de valeur que de simples hypothèses comme beaucoup ont tendance à les élaborer face aux inconnus avant même de les avoir questionné. »


Romulus avait énoncé quelque chose d'important à Namus, l'identité et la vérité des choses. C'est une chose précieuse qu'il avait évoqué plusieurs d'une manière explicite lorsque le groupe était encore dans la taverne. Le meilleur moyen de juger les gens était de connaître aussi leur caractère, leurs habitudes, leur apparence physique, son histoire, etc. Namus à rapidement compris qu'il fallait savoir le plus de choses sur les gens pour avoir un meilleur aperçu de leur réaction et de leur attitude en prenant compte si les informations données sont vrais ou pas. Tout dépend des gens auquel il faut faire face. Avec toutes les informations récoltés, on peut obtenir une vision général pour adapter ses réponses et son comportement vis-à-vis de son interlocuteur. Alain Connu est devenu à de moment-là qu'un simple pion pour Namus, il ne restait plus à surcharger le reflet de questions pour faire en sorte que le reflet ne porte pas atteinte à Namus lui-même. Alain Connu n'était une partie de Namus lui-même et de ce fait, un légère brisure se creusa dans l'âme de Alain, comme si le lien qui unissant les deux individus devenait de plus en plus instable. Alain comprenait une petite partie des sous-entendus du mentor et restait plus ou moins stoïque à ce qu'il pouvait entendre tout en continuant de marquer un regard passif visé vers son ami Namus. L'apprenti sorcier sortait une autre question, s’inquiétant des ressources disponible dans le bateau. Romulus répondit :
    « Nous nous rendons au continent dévasté. Quand à savoir si tu as suffisamment de ressources dans ce bateau pour résister à la faim et au froid, c'est à la fois le bon moment de se poser cette question et en même temps une réponse que tu devras trouver seul. À l'avenir, tu ne pourras pas te permettre constamment de demander à autrui où trouver de quoi subsister. Tu dois savoir te débrouiller pour en trouver en toutes circonstances. Finis donc de me poser tes questions après quoi tu pourras partir chercher ce que tu cherches. Je te donnerai cependant un indice vis-à-vis de tout cela. Fais fonctionner ton intelligence. Tu dois te douter que j'y ai pensé avant toi et que je n'ai pas choisi ce bateau au hasard. Tu as déjà du remarquer que c'est un navire facile à manœuvrer seul. Ce n'est pas un hasard. Il est temps de te poser les bonnes questions et d'en tirer les bonnes conclusions. »


Namus dénombra beaucoup de sens caché à travers la réponse donnée par Romulus. Il devra explorer les recoins des différents endroits et choisir les bons outils pour créer tout ce qu'il a besoin. Que ce soit un filet, des planches de bois, un objet magique, une potion, et cætera, il faut chercher le plus de choses possibles tout en les notant les informations trouvés dans des bouquins vierges pour pouvoir atteindre un seuil où il sera plus facile d'exploiter et de créer des choses indispensables pour la survie de Namus et de ses compagnons. L'apprenti sorcier posa une question intelligible à son maître et celui-ci lui répond :
    « Encore une excellente question, Namus. Et pour une fois je serais honnête avec toi. Tout Sorcier a pour devoir d'enseigner aux plus jeunes. Sans cette règle de vie primordiale, les générations ne seraient pas renouvelées assez rapidement et nous perdrions notre force très vite. Ne l'ayant jamais fais jusqu'à présent, je me devais d'accomplir ce devoir racial sans quoi les portes des hiérarchies supérieures me resterons à jamais fermées. Cependant, je pourrai comprendre que cela n'explique pas pourquoi toi. Il existe un grand nombre de sorciers à travers le monde et en trouver un qui aurait eu besoin de recevoir un enseignement n'aurait pas été difficile. Alors pourquoi toi… ? Parce que tu as eu le courage de venir me voir pour me le demander, tout d'abord. Je refuse d'enseigner à ceux qui n'ont pas soif d'apprendre. Ceux à qui il faut tendre une carotte pour qu'ils acceptent de vous suivre et d'avancer ne m'intéressent pas. Ensuite parce que j'ai perçu en toi un certain potentiel. Tu ne m'as pas encore révélé tes intentions et motivations de vie mais je sens que tu es mu par des intentions qui t'enfonceront tôt ou tard dans les méandres de la magie noire. J'ai pour seul rôle de te permettre de trouver ta voie le moment venu, mais je pense que ce sera une bonne chose. Par ailleurs, et selon ce que tu m'as dis, je sais déjà que je pourrai compter sur toi à l'avenir. Je n'ai confiance en personne, mais je sais quelles sont les plateformes qui sont les plus stables et tu seras probablement l'une d'entre elles. Enfin, tu es un nécromancien et, pour une question de simplicité, j'aurais eu du mal à enseigner à n'importe quel sorcier d'une des deux autres branches… »


Tout ce qui composait la réponse de Romulus était des critères précis. Namus posait la question si son mentor Romulus connaissait ou pas le maître de guilde Jaman Lonath et son interlocuteur ne semblait pas connaître cette personne. Namus posa une dernière question, s'interrogeant sur la suite des événements. Enfin, le mentor disait donc :


    « Une fois le pied posé sur terre, nous nous rendrons à Prison, le fief des Sorcier. Là-bas, je t'obtiendrai une chambre. Tu auras donc ton propre local dans la tour des Sorciers. Ce n'est pas un endroit agréable à vivre, loin de là, mais cela suffit généralement au Sorciers comme nous. Quant à mes différents contacts, je t'en parlerai le moment venu, soit sans craintes. À présent, fini les questions pour le moment. Hâtes-toi de trouver de la nourriture et de quoi se tenir chaud. Je ne te donnerai pas la réponse c'est à dire que si tu ne trouves pas et que tu dois mourir de froid ou de faim, tant pis pour toi. Allez ! »


Le plan était à peu près tracé. Namus doit trouver une solution pour trouver quelque chose à manger pour stabiliser la faim de l'équipage et vérifier si il y a dans ce bateau une tenue, une couette ou un large morceau de tissu qui peut réchauffer Namus et Alain pour résister au vent glacial de l'océan. L'apprenti sorcier tentait d'utiliser le filet de pêche à l'arrière du bateau mais le vent restait relativement fort et il était impossible d'attraper des poissons avec un filet lorsque le bateau est en mouvement. Namus vérifiait la cale et pas un seul morceau de tissu excepté des petits sacs en toile ne pouvait pas couvrir le corps de Namus contre la froid. Il décida donc de recourir à une méthode un peu plus extrême. Il prend une longue corde moyennement épaisse et l'attacha un côté vers un poteau se situant au bord du bateau et l'autre côté à la taille de Namus. Il retira son drapé noir, prenant soin de le retirer à l'intérieur du bateau pour pas qu'il s'envole. Il prit une pose voyant qu'il allait s'apprêter à plonger dans l'eau. Namus disait :

    « C'est peut-être quelque chose d'irraisonnable mais je vais attraper des poissons à main nue. »


L’apprenti attendait une réponse sensé de son mentor.
Message Alacon:
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Ven 12 Juin 2015, 16:41

Namus était partis. Il obéissait calmement et cherchait dans le navire de quoi se sustenter. De mon côté, j'observais l'horizon, Slydr posé sur mon épaule.

- Honnêtement, je l'ignore, m'exclamai-je, répondant à ce qui me semblait être une question silencieuse de l'oiseau noir des enfers. Il m'a l'air intelligent et débrouillard, mais pas forcément assez fin pour réussir l'exercice. Mais… Soyons honnête. Je ne suis pas là pour lui mettre le pain dans la bouche. Il faut qu'il se batte s'il veut apprendre et je m'assurerai que ce soit le cas. Cela évitera aussi à son insupportable compagnon muet de comprendre forcément les enseignements que je lui transmet. Le reste sera à sa discrétion, mais j'espère être en mesure de lui faire comprendre que les secrets des sorciers doivent rester… Secrets…

Comme s'il approuvait mes paroles, l'oiseau brailla avant de battre deux fois des ailes. Il retrouva immédiatement après un calme rassurant.

Comme la mer était calme ces temps-ci. Pas un remous. Le vent soufflait avec une uniformité confortable, comme semblant tenter de créer un appui d'air sur lequel je pouvais m'adosser avec aisance. Le bateau filait tranquillement à travers les vagues délicates qui se divisaient pour lui laisser la place.

L'horizon… L'horizon était effrayante. Vide spatial, je sentais que tout point de celle-ci était un lieu qui m'attirait, avait un potentiel à me voir y débarquer pour en déceler les mystères. Mais je me sentais aussi minuscule et surtout incertain de notre direction. Cette dernière pensée m'engloutit et je fis me redressai rapidement après pour faire volte-face et aller trouver la cabine du capitaine où des cartes maritimes étaient bien rangées dans les coffrets prévus à cet effet.

Me saisissant de l'une d'elles dont les annotations me permettaient de déduire qu'elle correspondait à notre partie de l'océan - ou tout du moins celle sur laquelle nous naviguions -, je commençais à faire quelques tracés avec la règle de cras. Me saisissant du compas de relèvement, je sortis en trombes de la cabine pour faire quelques relèvements. Dès que ce fut fait, je fis de nouveau quelques tracés, en déduisais notre position et, par extension, la direction qu'il nous fallait prendre. Fort heureusement, aucun paramètre n'était à changer, nous allions simplement trop lentement, mais rien de bien grave en définitive.

En ressortant, je vis Namus, affairé à se préparer à quelque chose qui ne me semblait pas encore tout à fait évident. Je me contentai dans un premier temps de l'ignorer et je choquai un peu les voiles. Lorsque ce fut fais, je me permis de m'aprocher du jeune sorcier pour lui demander :

- Que t'apprêtes-tu à faire ?

Il me répondit avec toute la simplicité du monde qu'il avait pour projets de se jeter à l'eau dans l'espoir d'attraper quelques poissons pour se nourrir. Courageux, mais peu viable, en vérité.

- Je t'en prie, fais comme bon te semble…

La vérité était qu'au vu de sa constitution et de la vitesse du bateau, il risquais tout bonnement de se faire balader par le courant sans pouvoir y faire quoi que ce soit. S'il avait de la chance, il ne se cognerait pas au bateau. Autrement, il risquais de revenir avec un certain nombre de bleus.

De plus, l'océan était vaste et il y avait peu de chance d'y trouver facilement du poisson sans appâts, encore moins près d'un embarcation filant à vive allure.

Posant ma main sur l'épaule de son compagnon reflet, je me contentais de lui glisser :

- Tu ferais mieux de rester à ses côtés : il risque d'avoir besoin d'aide pour remonter…

C'était une façon subtile mais claire de lui expliquer qu'il ne pouvait compter sur mon aide pour le hisser sur le bateau une fois qu'il aurait plongé.

De mon côté, je fis quelques pas en direction de l'avant du bateau avant de me glisser à l'intérieur de la cabine. En vérité, et ce que Namus n'avait pas encore compris et qu'il devait apprendre à déduire pour continuer à étudier auprès de moi, c'était que les seuls bateau facilement décelable dans un port qui soient adaptés à la navigation pour une seule personne ou deux étaient les chaloupes. Ces petites embarcations servaient aux pêcheurs pour se rendre au large. Dessus, non seulement on y trouvait généralement du poisson fraîchement pêché et pas encore débarqué, mais aussi un filet servant à combler les besoins, si jamais le stock n'était pas assez important, ainsi que des cartes et couverture pour survivre si jamais la mer était peu clémente et empêchait les entrepreneurs de la mer de rentrer sur la terre ferme.

Au fond de la cale, il était une trappe et c'est en ouvrant cette trappe que l'on trouvait le stock de poissons. Namus était probablement passé à côté. Il faut dire que s'il ne savait quoi chercher, il ne risquait pas de continuer indéfiniment.

Je tendis un des animaux de mer à Slydr qui l'attrapa dans son bec, leva celui-ci au ciel et, d'un coup de tête, projeta la nourriture dans sa gorge, l'avalant goulûment en un seul morceau.

Je me saisis ensuite d'un poisson pour moi-même et commençai à le manger, bon an mal an, avec les mains directement. Ce n'était pas la façon de me nourrir qui m'était la plus désagréable, mais c'était néanmoins ce qui m'était le plus familier, ayant passé un certain temps de ma vie à voyager et donc à me nourrir sans nécessairement avoir autour de moi de quoi cuisiner ou au moins des couverts.

Une fois rassasié, puisqu'il m'en fallait peu pour me nourrir, je retournai sur le pont du bateau et, tout en me débarrassant des restes de mon déjeuner en les envoyant pas dessus bord, je partis rejoindre l'endroit où j'avais laissé Namus.

Avait-il eu le courage de sauter et si oui, comment s'en était-il sortis ?


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Ven 09 Oct 2015, 21:34

Le bateau parcourait tranquillement la mer et pour l'instant, il n'y avait pas de terre ou d'autres bateaux vers l'horizon. L'aura magique de Namus s'affaiblissait légèrement, signe qui pourrait présager plus ou moins qu'une chose horrible va se produire. Ce détail était difficilement apercevable à l’œil nu, étant donné que l'essence magique de Namus était encore trop faible mais assez visible par des magiciens ou des sorciers plus expérimentés qui sont capables de détecter plus facilement une aura. Namus regardait en bas du bateau, admirant les lignes harmonieuses de l'océan. L'adepte sorcier semblait un peu nerveux de vouloir plonger mais il voulait à tout prix prouver à son maître qu'il pouvait attraper au moins un poisson à la main, même si les chances de l'attraper étaient minimes. Quant à Alain, il jeta un regard de méfiance envers le maître, comme si Romulus pourrait très bien avoir l'intention de tuer Namus ou alors de le torturer par la suite. Il détourna son regard pour ensuite regarder de nouveau l'adepte qui s'apprêta bientôt à plonger dans l'eau. Namus décida d'attacher la corde autour de la taille et de bien serrer pour éviter qu'il se noie si il manque d'oxygène. Namus tend les bras en triangle vers le haut puis plongea avec la corde attaché des deux côtés. Le bruit du plongeon se laissa entendre à travers le bateau. Namus avait le regard floué, c'est à dire qu'il avait beaucoup de mal à percevoir l'environnement aquatique autour de lui. Il apercevait quelque chose de gros et qu'il n'était pas de couleur bleu. Il fut terrifié qu'il oublia de respirer et ouvrit accidentellement sa bouche, jaillissant des bulles à la surface. Alain qui était encore sur le bateau aperçut rapidement les bulles et tirait la corde pour ramener Namus à la surface. Namus fut émergé de l'eau, cognant du pied la structure du bateau ainsi que la tête contre le bord. Alain tira autant qu'il peut pour que l'adepte brumeux soit sain et sauf. Namus revient vers le pont, le corps mouillé et soufflant plusieurs fois, essayant de retrouver son souffle. Le sorcier vomit l'eau salé qui l'a avalé par dessus bord et se leva lentement. Namus secoua la tête et se rend rapidement compte que le bateau choisi par son maître était conçu pour la pêche et que son action de plonger était complètement inutile. Après que le sorcier fut retiré des eaux tumultueuses, Il aperçoit de loin une énorme créature qui jaillissait de l'eau un court instant juste avant de replonger vers les profondeurs. Les gouttes d'eau de mer coulait à travers le corps de Namus, déjà épuisé par l'effort fourni. Alain et Namus sont resté assez mystérieux depuis un bon moment mais bientôt, la vérité ainsi que la confusion va bientôt revenir auprès du duo d'aventuriers qui se connaissent depuis l'enfance. Pendant ce temps là, l'adepte respire à une allure alarmante et tout d'un coup, Namus tombe au sol comme une misérable serpillière et ferme légèrement ses yeux. Alain, pris de panique se dirige vers son ami et tente de l'interpeller :
    « Namus ? Namus ! NAMUUUUUUS ! »


L'adepte ferme complètement les yeux avant d'avoir une sorte de flash, comme si il entendait quelque chose issu d'un autre endroit. C'était un flashback. Namus habitait à l'époque dans une petite maison près de la forêt des murmures et il n'était encore qu'un enfant. Ses parents était dans la maison, la porte entrouverte en train de discuter. Le jeune Namus et son ami reflet espionna les parents pour écouter ce qu'ils avaient à dire entre eux-deux. Le père était un homme sombre, les cheveux assez courts, légèrement hérissés et une allure musclée. Il ne postait pas de robe mais plutôt une chemise boutonnée et un simple pantalon. La mère, elle portait une large robe noire comme celle que porte les sorcières d'habitude. Elle avait de long cheveux bruns, une silhouette affiné quitte à couper le souffle. Elle semblait charmante à première vue mais l'enfant décida de ne plus porter attention au physique des amants. Il écouta plus attentivement et parvient à comprendre quelques phrases :
    « Cet enfant nous empêche d'accéder au conseil de sorciers de maître Edgard. Il faut qu'on s'en débarrasse le plus vite possible !»


    « C'est vrai ! Il nous bloque l'accès au pouvoir depuis trop longtemps. Je crois que nous devons partir d'ici sans laisser de trace. Si nous restons avec lui trop longtemps, il pourrait un jour nous tuer pour prendre tout ce qui y a de plus précieux à l'intérieur de nous deux. »


    « Bien. Préparons nos affaires et tirons nous d'ici le plus vite possible ! »


L'enfant avait tout entendu. Il savait à présent que ses parents ne l'aimait pas. Il s'éloignait avec son ami de sa maison tout en pleurant de chaudes larmes qui coulait sur ses joues. Son ami Alain le prenait dans ses bras pour le réconforter. Les sentiments de Namus était bouleversés par les paroles de ses parents. Alain levait les yeux et voyait des nuages en train de cacher progressivement le soleil. Après qu'il ai séché ses larmes, ils marchèrent lentement vers la forêt des murmures, juste avant qu'il pleuve. La vision devient de plus en plus floue jusqu'à ce que tout devient noir. Quelques heures passèrent progressivement et Alain, ayant remarqué qu'il respirait encore, le dépose sur un lit improvisé, quelque part à l'intérieur du bateau. Il se réveilla lentement, tout en ouvrant les yeux progressivement et remarque qu'il est allongé quelque part mais pas dans le même endroit qu'avant. Il se presse de remonter vers le pont avant de remarquer que la destination des sorciers est visible de loin. Namus était encore dans le brouillard mais il apercevait le léger sourire de son ami Alain, qui aperçut que son compagnon s'est enfin réveillé. Le reflet court vers son ami pour lui faire un câlin, malgré le sourire gêné de l'adepte brumeux. Namus ne savait plus où mettre sa tête. C'est à dire que il avait du mal à reprendre une conscience complète. Alain qui est en forme originel aperçoit le continent se rapprocher progressivement du bateau. Namus semblait terriblement troublé, comme si il avait vu l'incroyable, l'impossible, une vision très floue lui traversa la tête , tel une évidence, un coup d'éclat, comme une étoile qui commençait à briller de mille feux mais avec une couleur plus sombre. La mystérieuse aura de Namus, serait-ce en train de réagir ? Namus secoua la tête pour retrouver ses esprits. Il ouvra grand les yeux : la côte est proche. Il regarda une dernière fois Romulus, d'un air interrogatif.
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Ven 13 Nov 2015, 11:00

Il a sauté…

J'étais consterné… Comment avait-il pu avoir une idée aussi absurde ?

J'étais de mauvaise foi, ça parait à présent évident. Le pauvre enfant était jeune et il était par ailleurs incorrect de ma part de présumer de l'intelligence d'autrui. Néanmoins, je m'étais attendu à plus de finesse de sa part. Ai-je été trop exigeant ? Me suis-je fourvoyé dans mes espoirs en m'attendant à l'impossible ?

Ruminant mes sombres pensées, je rentrai dans le bateau pour me nourrir…

Quand je revins sur le pont du bateau, le partenaire de Namus venait visiblement de le sortir de l'eau. Comme on aurait pu s'y attendre, le jeune homme s'était assommé dans sa folle entreprise et il était à présent allongé sur le bois dur et sombre du navire, inconscient et trempé jusqu'aux os.

Sans sourciller, je commençai à me pencher vers lui tout en lançant à son compagnon de voyage :

- Aides-moi, veux-tu ?

Il s'agissait de transporter le jeune sorcier à l'intérieur. Demander à mon élève de se débrouiller seul était une chose peut-être difficile mais réalisable. Attendre de lui qu'il survive trempé et évanouit sur le point d'un bateau était tout bonnement impossible. Autant le jeter par dessus bord directement et ce n'était pas là mon intention.

Portant difficilement le garçon, bien qu'il ne fut pas bien lourd, je le traînait jusqu'à l'intérieur, le débarrassant sommairement des couches d'habit qui étaient les plus imbibées d'eau avant de l'allonger sur une banquette et le recouvrir d'une couverture de laine. Ce n'était pas de la haute couture mais il était certain qu'à défaut de confort, il ne manquerait pas de chaleur et ne risquait donc pas de mourir de froid. Après quoi je m'éclipsais en silence.

Oui… J'en avais probablement trop attendu de mon premier disciple. C'était incorrect de ma part. Et il avait fait preuve d'un certain courage appréciable. Il n'avait peut-être pas les même qualités que moi en tant que sorcier, mais n'était-ce pas justement ce qui permettait la diversité et donc la force de notre race ?

Les heures passèrent et le vent nous portait toujours à vive allure. Aussi étrange que cela pouvait paraître, à cette vitesse, nous finirions par rejoindre le continent dévasté en peu de temps…

Et en effet, les contours de la terre, au loin, commencèrent à se dessiner tandis que depuis la cabine des bruits de pas contre le bois se faisaient entendre. Je devinai que Namus était en train de sortir. Il s'était enfin réveillé et il me rejoignit du côté de la balustrade du chalutier.

Je restais ferme. Il était hors de question que je lui fournisse de la nourriture. Puisqu'il n'en avait pas trouvé sur le bateau, il devrait en trouver sur terre.

- Nous arrivons. J'aurai voulu te faire plus travailler à bord du navire mais puisque tu étais plongé dans le coma, tes exercices de magie et de personnalité commenceront sur terre, lâchai-je d'une voix grave en réponse au regard interrogateur de mon élève.

Je pris le temps de jeter l'ancre. Aussi petit était notre moyen de transport maritime, il ne pouvait se permettre de simplement s'échouer sur le sable. Il me fallait l'arrêter au large et rejoindre la côte à bord d'une chaloupe.

Nous prîmes rapidement place sur la petite embarcation et je pris l'initiative de ramer, heureusement suffisamment peu de temps pour ne pas abîmer mes bras peu habitués, jusqu'à ce que le bois aille heurter la plage.

Nous étions enfin sur le continent dévasté et je me fichais bien à présent du sort de ce chalutier.

Prenant les devant, je commençai à avancer avec maladresse dans le sable. Je détestais cet élément inconfortable… Enfin, les grains de quartz se firent de moins en moins nombreux jusqu'à laisser leur place aux arides et rocheuses terres de l'Antre des Damnés…

Nous marchâmes incessamment pendant près d'une heure. C'était tout ce que nous pouvions espérer faire comme trajet tandis que le soleil fuyait à l'horizon et je préférais consacrer ce temps à avancer plutôt qu'à nous entraîner. Nous aurions plus de temps le lendemain pour ce genre de choses.

L'atmosphère, au fur et à mesure que nous nous enfoncions dans les terres, était rude et sèche, pleine d'une brume assez transparente mais néanmoins gênante. C'est alors que je l'entendis.

- Pas un mot, plus un geste, plus un bruit, ordonnai-je soudainement avec force.

Tendant l'oreille, je finis par concrétiser mon pressentiment : des loups. Les loups de l'Antre des Damnés étaient féroce et particulièrement imposant. Je préférais ne pas avoir à tomber sur eux… Leurs hurlement ne pouvait signifier qu'une chose : ils étaient en chasse et ils avaient une proie. C'était elle… Ou nous…

- Approches-toi Namus, lançai-je alors à mon disciple. Quelqu'un va arriver. Quelqu'un que tu ne connais pas et qui sera probablement affolé et apeuré. Tu vas te jeter à son secours. Tu le ou la prendra dans tes bras et tu la rassureras en lui disant que tu vas bien, que tu es là et que tu vas l'aider. Puis tu relâcheras Lux in Tenebris, de toutes tes forces sans la moindre hésitation. Tu lui soufflera alors toutes tes souffrances et ton histoire comme s'il s'agissait de la sienne. Pose-lui les questions que tu te poses constamment, ne donne pas de détails : qu'as-tu fais ? Pourquoi l'avoir abandonné ? De toute façon il ne t'a jamais aimé. Comment pouvais-tu penser une telle chose ?

Ces phrases… Les mortels étaient tous les mêmes, moi y compris. Soumis aux mêmes vices, incapables d'y résister, de leur échapper. Ces phrases génériques étaient sorties de mon esprit à la suite de mon passé torturé, mais je n'étais à n'en point douter pas le seul à les avoir entendu résonner dans ma tête et je savais que nombreux étaient les autres humains qui vivaient avec ces maudites questions et affirmations semblant vraies, tourbillonnant dans l'esprit… Mais la magie noire… Elle avait le pouvoir de saigner les pensées, de les rendre si sensibles et violente, fatiguer le mental jusqu'à ce qu'il se laisse influencer plus que de raison par toutes ces idées si agressives… Celui qui avait beaucoup à se reprocher, sous l'effet de Lux in Tenebris cédait. Il ne pouvait plus tenir et s'écroulait en espérant la mort, quitte à devoir la provoquer de lui-même…

- Au moment où tu sentiras cette personne, enlacée dans tes bras, affaiblie à un tel point qu'elle pourrait se donner la mort elle-même, tu l'égorgera rapidement et en lui épargnant le plus de secondes de vie en trop avec ceci.

Je tendis alors la dague Eternam à mon élève. J'étais assez fier de pouvoir lui transmettre l'espace d'un instant un héritage si longuement et précieusement conservé…

- Va à présent et ne me déçoit pas.

1214 mots
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Jeu 30 Juin 2016, 13:08

 
Le continent, voilà ce que pouvait apercevoir de loin l'apprenti. Le bruit des vagues retentissait de moins en moins et le vent dégageait un souffle bien différent de celui du véritable océan lointain et profond. Le sentiment de trouble disparaissait au fur et à mesure et Namus reprit ses esprits. Son drapé noir a pris assez de temps pour sécher, bien qu'il reste quelques traces d'humidité réparties d’une manière homogène. La forme originelle de Alain était visible, il avait tous les attraits d'un nécromancien : ses cheveux étaient dégagés, en forme de pic et son visage était maquillé d'une substance noir et blanche. Il portait aussi de vieux grigris comme une poupée de magie noire ainsi qu'un collier en bois sans valeur. Il porte aussi un drapé noir mais il est beaucoup plus déchiqueté que celui de Namus. Le sorcier et son ami se regardèrent un court instant avant de reposer leur attention vers le continent. Il n'avait pas remarqué qu'il y avait une caisse de poissons dans le chalutier mais peu importe, il devrait se contenter d'avoir le ventre vide. Il pose son regard vers Romulus et il lui dit :
 
    « Nous arrivons. J'aurai voulu te faire plus travailler à bord du navire mais puisque tu étais plongé dans le coma, tes exercices de magie et de personnalité commenceront sur terre. »

 
Après que le mentor ait dit ces mots, l'apprenti et le reflet se prépara à quitter le navire pour rejoindre la côte. Il prenait tout instrument qui pourrait lui être utile (une carte du monde et une boussole), bien que la place qu'il disposait dans ses poches reste un peu limité. Maintenant que les préparatifs pour quitter le navire sont terminés, le duo se pressa d'embarquer dans la chaloupe. Romulus était le seul à ramer et l'apprenti pourrait prendre un dernier moment de répit, juste avant d'atteindre la côte. Namus réfléchissait à toutes les opportunités auquel il pourrait saisir. La gloire, la fortune et l'immortalité... et dire que ces choses ont provoqué la perte de nombreuses personnes. Peut-être qu'un jour, il combattra un monstre légendaire ou alors, il croulera sous les pièces d'or ou bien l'immortalité lui tendra les bras. Namus secoua la tête, tout en se disait qu'il est très loin de cela. La barque a touché la côté et le temps de la rêvasserie a cessé d'être. Les trois personnes plongeaient dans les terres arides et brumeuses de l'Antre des Damnés. Le soleil disparaissait peu à peu et cela permettait à Namus de pouvoir dévoiler sa véritable nature. L'environnement devenait de plus en plus inquiétant mais personne ne portait attention à cela. Le groupe ne portait pas d'attention particulière au reste. Chacun était préoccupé à marcher et à faire ce qui est demandé. Namus sentait les ténèbres noircir son âme et son ombre. La culpabilité vis-à-vis de ces parents commençait à se faire ressentir. Tout portait à croire que même si Alain était présent pour accompagner le sorcier, il se sentait seul, isolé. Au fond de lui, il avait l'impression d'être enfermé dans une bulle. Durant toutes ces années, il a dû vivre sans ses parents. L'apprenti se sentait rejeté, incompris. D'un côté, la tristesse du sorcier se faisait ressentir. Mais d'un autre côté, une rage puissante l'envahissait.
Namus sortait quelques larmes et serrait son poing le plus qu'il pouvait. Alain interloqué par l'expression de son ami, se retournait pour lui demander si tout va bien. Le sorcier ne lui répondit pas. Finalement, chacune des personnes du groupe continuèrent à marcher tout en sachant que Alain et Namus ne connaissait pas du tout leur destination. Le stress était présent et nul des deux amis ne voulait connaître ce qui va leur arriver ensuite. Tout d'un coup, le mentor ordonna :
 
    « Pas un mot, plus un geste, plus un bruit. »

 
Le mentor avait entendu quelque chose mais Namus et Alain avait du mal à distinguer ce qu'ils ont entendu. Quoi que soit le bruit, quelqu'un se rapprochait du groupe. Namus avait enfin l'occasion de pouvoir démontrer ses compétences en tant qu'apprenti sorcier et aussi d’impressionner son mentor. Le disciple avait son katana accroché à sa taille mais pour l'instant, il n'avait pas l'intention de s'en servir maintenant. Alain garda tout de même un œil attentif auprès de Namus. Romulus dit alors à Namus :
 
    « Approche-toi Namus. Quelqu'un va arriver. Quelqu'un que tu ne connais pas et qui sera probablement affolé et apeuré. Tu vas te jeter à son secours. Tu le ou la prendra dans tes bras et tu la rassureras en lui disant que tu vas bien, que tu es là et que tu vas l'aider. Puis tu relâcheras Lux in Tenebris, de toutes tes forces sans la moindre hésitation. Tu lui soufflera alors toutes tes souffrances et ton histoire comme s'il s'agissait de la sienne. Pose-lui les questions que tu te poses constamment, ne donne pas de détails : qu'as-tu fais ? Pourquoi l'avoir abandonné ? De toute façon il ne t'a jamais aimé. Comment pouvais-tu penser une telle chose ?

    Au moment où tu sentiras cette personne, enlacée dans tes bras, affaiblie à un tel point qu'elle pourrait se donner la mort elle-même, tu l'égorgera rapidement et en lui épargnant le plus de secondes de vie en trop avec ceci. Va à présent et ne me déçoit pas. »

 
Et après lui avoir dit ses instructions, il lui tendit une dague. Namus la prend sans trop de problème. Le passé de Namus n'était pas complètement sombre mais assez pour pouvoir le corrompre et plier sa volonté. Soudain, Namus n’entendait pas un cri d'humain mais plutôt un cri de loup alpha. Ces bêtes en question paraissent redoutables lorsqu'elles sont en meute. Lorsqu’une bête est seul, alors elle devient le dîner de son prochain prédateur. Alain se mit en retrait tandis que Namus pouvait ressentir le regard oppressant de son mentor. Tout d'un coup, deux loups sortent de leur cachette et le fameux loup alpha bondit hors de la brume en direction de l'adepte. Les dés étaient jetés. Namus fut plaqué par le loup mais il tendait sa main d'une manière brutale vers le loup. C'est à ce moment présent qu’une magie obscure commencer à s'opérer auprès du sorcier. Une aura sombre légère commençait à entourer le disciple et ce dernier récita ses souffrances :
 
    « Pourquoi vous m'avez abandonné ? Dans quel but ? Comment as-tu osé penser une telle chose !? »

 
Une aura terrifiante s'intensifiait auprès de Namus et son œil brillait de la même couleur que l'aura : un violet sombre et maléfique. Le loup devrait attaquer voire même mordre le disciple mais toute cette souffrance se répercutait vers l'âme du loup alpha. L'animal tentait de résister tant bien que mal mais la mort parlait d’une voix plus irrésistible que la vie elle-même. L'aura qui se dégageait devenait alors de plus en plus incontrôlable. Cette puissance devenait de plus en plus grande mais elle risquerait d'emmener aussi le sorcier à la mort simple et futile. C'est à un moment extrême que le sorcier dit dans une langue ancienne et incontrôlée :
Apprendre avec méfiance... [PV Namus Mileth] Lux-in10
 
Le Lux in Tenebris se propageait alors sur la bête. Des traces de corruption et de ténèbres ne se dessinaient pas uniquement sur le loup. Une marque apparaissait sur le poignet du disciple. La marque représentait un cercle magique, imprégné d'une écriture particulière. Nul ne connaissait cette langue ancienne. C'était la première fois que cette langue fut parlée après des milliers d'années d'ignorance et d'oubli. Une fois cette corruption mis en place, une onde de choc magique surgissait du loup alpha. Peu de temps après cela, Namus poignardait de toutes ces forces le ventre du loup pour achever ces souffrances. L'aura maléfique cessa d'être et le cadavre sans vie du loup alpha tombait à côté du sorcier. Les autres loups, apeurés par la puissance du coup et la peur imprégnées dans leur tête, ils fuient sans hésiter. Namus avait utilisé une grande partie de son énergie. Il posa ses bras à terre mais il gardait la dague Eternam, prise en main droite et imbibé du sang du loup alpha. Ce même sang qui était rouge, est devenu noir comme ombre. Namus allongé, regarda le ciel comme si c'était sa dernière heure. Il ne voulait pas mourir comme un lâche mais il voulait se reposer, après ce combat d’une courte durée. Alain comptait se précipiter vers lui mais le reflet voulait regarder la réaction du mentor. Serait-ce la fin de toutes choses ?
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Apprendre avec méfiance... [PV Namus Mileth]

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